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i8 VOYAGE
vers les bords d'un marais et des sources abondantes qui lalîmentent (i). Au-delà de ce marais se montraient les deux tertres qui séparaient par des portes les retranchemens des camps de Cassius et de Brutus.
Nous fûmes bientôt au pied du monument. Je ne tardai pas à voir dans l'inscription que c'était un trophée ; malheureusement elle n'apprend pas ^ quel est l'événement auquel il se rapporte. Il me surprit par sa forme et sa masse, autant que par sa simplicité, et par l'élégance de ses ornemens.
Il a été dégradé, non pas seulement par les injures du temps, mais par les calculs de l'ignorance, qui espère trouver partout des trésors cachés ; ou bien mutilé par l'esprit de vengeance des montagnards de l'Hémus qui , à la chute de l'empire , sont venus reprendre possession de leurs anciens domaines (2). Ces deux motifs peuvent avoir contribué à détruire ce trophée; on en a effacé un grand nombre de lettres, et il en reste néanmoins encore assez pour que ce monument atteste aux races qui le verront après nous la grandeur des Romains et l'ancienne gloire des Macédoniens. On peut juger de son état actuel par le dessin que je mets ici sous les yeux du lecteur. Sa forme est carrée ; il est construit d'un seul bloc de marbre du pays ; il a quatorze pieds de hauteur sur six et demi de large; il pose sur une plinthe composée de deux pièces de même marbre qui ne paraissent pas avoir été très-élevées au-dessus du terrain. C'est dans le même état de dégradation que Paul-Lucas l'a trouvé , lorsqu'il l'a examiné en ïyi6.
Si l'inscription était restée intacte, nous connaîtrions le fait
(1) Ce sont les mêmes sources qui avaient fait uonner anciennement à la ville le nom de Crénidès avant qu'elle fut appelée Phîlippi.
(2) J'aurai bientôt occasion d'observer que tous les habitans turcs des environs du mont Pangée m'ont paru avoir les mêmef mœurs que ceux qui habitent à présent l'Hémus méridional.
MKDAnXES A- MOM'ME.NT DE PHILIPPI.
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