DE LA BISALTIQUE ET DE LA CRESTQNIE
Quelques-unes des monnaies dont je donne ici le catalogue ont. été 9 comme celles du Pangée, faussement attribuées à Lesbos* Elles se distinguent cependant de ces dernières par* les types et par les légendes, en ce que celles de Lesbos sont en général touteis anépigraphes » et qu'on voit au contraire sur la plupart de celles de la Bisaitique et de la Cre^tonie des légendes complètes.
Je divise ces dernières en trois classes , savoir, les autonomes , celles des rois, et celles de la ville de Trailium , regardées jusqu'à présent cbmtne incertaines, et que je crois appartenir à la Bisaltique.
Planche V.
N.« I. Centaiire tourné à gauche enlevailt une fenjme.
Bf, Carré creux informe. ...... ...*,.... iR grahdeûr 4-
N.» a. Centaure tourné à gauche, un genou à terré, les deux bras élevés , et dont la main droite tient un globe.
K. Carré creux, semblable au précédent. . JSi gr.
N.o 3. Cheval debout , tourné à droite ; dans Taire ,
au-dessus du cheval , une feuille de lierre ,
^ - Ton,^ II. Paye iSo <■
MEDAILLfS PRIMTIVES FRAPPEES D.^NS LE MOIST BEKTISCl^'i
Sans iètfende-f. ^
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ÎJ^L/fra^i
HEDAILLKS DE TRAn.ItIM VILLE DE LA BISAI.TIQCE
DANS LA Macédoine. iSi
Bf . Carré creux macédonien , divisé en quatre carrés égaux , plus régulier que le précédent • . A grandeur 3 •
N.0 4. Homme nu , coiffê du bonnet macédonien , debout et armé de deux lances, placé derrière un cheval bridé seulement et marchant.
Br. Carré creux , divisé en quatre carrés égaux. . «^ gi** ^•
Cette médaille, que je place parmi les primitives de la Bisaltique , a , par le volume , le poids et le genre de travail , beaucoup de rapport avec celle du n.° 3.
'^ • s» Cavalier armé de deux lances.
Bf. Carré macédonien ^ gr- 3 •
v.o 6. OPE2KO IN, rétrograde. Homme nu, sans barbe, coiffé du piléus, tenant deux Iknces; pa* raissant retenir par une bride Tun dès deux bœufs qu'il conduit; dans Taire, le calice d'une fleur.
BL. Grand carré macédonien Mgr. 8;
N.0 7. OPPHDKION , rétrograde ; homme nu et barbu, coîâë du piléus, armé de deux lances, entre deux bœufs dont il parait retenir celui qui est à sa gauche.
Bf. Carré macédonien , plus grand que le précédent : -^ gr- 8/
N.0 8. Sans légende : centaure barbu , enlevant une
femme.
B[. Carré njacédonien M gr. 6.
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N ^ 9- ÛPHDXIÛN , rétrograde ; centaure dans ia même attitude et ia même action.
Bf. Carré macédonien • • ; M ff. 3.
N.o 10. HPHSKMIN, jeune homme nu, coiffé du piiéus, devant un cheval qui se cabre et qu'il retient par la bride.
Bf. Carré comme celui qui précède ^ ff* 4*
N.o II. nPHSKIÛN rétrograde; centaure comme les précédens.
Bf. Casque panaché» dans un carré ^ gf • 4*
N.o ,a. AETAKÎN, rétrograde-
Bf. AETAIÛN , même casque iR gr. 5.
N.o ,3. AETAWIN, même type du centaure, un ge- *
nou à terre et enlevant une femme.
Bf. Même casque que le précédent, dans le carré ^ gi** 5*
Il y en a une autre , publiée par Combe , avec la légende d'un seul côté. Cet auteur fa attribuée à Lesbos . . . • * '••..•««.. -^ gf • 5 •
Parmi ces médailles, quelques-unes ont des rapports avec celles du Pangée, d'autres avec celles de la Macédoine.
Le n."" I , qui est en or, est une médaille renoarquable en ce qu'elle est unique dans ce métal pour la Grèce en général , et pour l'époque à laquelle elle appartient. Cette médaille est dans ia collection de M. Borell, négociant anglais de Smyrne, qui l'a transportée à Londres. Son existence est un vrai phénomène, surtout pour laThrace, la Bisaltique et la Macédoine.
Ce ne fut que sous le règne de Philippe II qu'il circula dans ces divers pays des monnaies d'or de fabrique macédonienne.
Le type du centaure tenant un globe, imprimé sur la monnaie d'argent du n.^'Zf qui est sans iégende*, est très-rare.
Les divers peuples du mpnt Bertiscus s'approprièrent4e centaure, et ils i/>nt souvent reproduit, mais avec des iégendesL
La médaille du n.^ 4t <]w est également sans légende, me parait un plagiat de la monnaie d'Alexandre I/', ou de celle d'Amyntas II, son père» o\i bien de celle de '.quelqu'un de leurs prédécesseurs dont la monnaie était encore sans légende. Cette médaille est sans doute venue de la Bisaltique, si nous en jugeons par celle du n.^ 17, avec laqudle elle à la plus grande ressemblance , et qui porte la iégende Biialticon^ J'aurais pu faire aussi moption' de celle que cite Beger.(i), portant la légende BI2AATION , mais elle m'a paru suspecte.
Il me reste à parler des n.""' 1 1, 12 et 13 de la même planche, et qui présentent des casques panachés semblables entre eux.
Le n,* II est de la viUe d'Oreschia, les n."** 12 et 13 appartiennent à Lété.
Le casque de ces médailles , entièrement semblable à celui des monnaies de Perdiccas II et d'Archelaiis L^^, parait désigner im fait qui aurait intéressé à diverses époques les Macédoniens et les habitans du Bertiscus.
Les rois de Macédoine, qui voulaient avoir constamment pour alliés les Bisaltes et les Crestoniena , durent renouveler leurs traités avec eux à chaque règne. Il est vraisemblable que , sous Perdiccas II et sous son fils Archélaiis, le serment réci* proque fut prêté successivement par les deux rois sur un casque qui aurait dans ce cas inspiré un grand reiq^ect aux trois nations contractantes, et ce casque ne pouvait être que celui de
(1) SpiciUgium ûmiquitatis, pag. 32.
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Caranus. On n ignore pas que les anciens, pour rendre leurs traités plus solennels , juraient d'en maintenir fidèlement Texécution sur les iHonumens pour lesquels ils avaient le .plus de vénération. -Homère fait jurer Agamenwon sur le sceptre de son ancêtre Pelops. Dans un traité d alliance entre les Bisaltes, les Crestoniens et le roi Pcrdiccas » celui*ci aura juré d observer ce traité sur le casque du conquérant de la monarchie maoédo-^ nienne » et Archelaiis son fils -aura suivi cet exemple. Tîte-Live nous enseigne que les rois de Mftcédoine prêtaient leurs sermens sur les armes de Caranus (i). Il est naturel de penser que les descendans de ce prince avaient conservé et consacré les armes auxquellA ils devaient la conquête de feurs états.
On peut remarquer que la plupart de ces médailles n'ont point de légende, te qui semble annoncer quelles ont été frappées dans des solennités publiques , pour être distribuées au peuple.
Il me reste à observer, au sujet de ce casque , qu étant représenté de la même forme sur les monnaies d'Oreschfa et sur celles de Lété, il doit s'en suivre que ces deux peuples agissaient habituellement de concert, lorsqu if était question défaire des traités d'alliance avec les rois de Macédoine, et que, par conséquent, Oreschia était une ville du Bertiscus.
Si on supposait que les cinq monnaies qui portent la même légende' appartiennent à l'Orestide, située dans la Macédoine supérieure, cette classification ne serait pas seulement douteuse, elle serait encore contraire à toute espèce et probabilité, puisque ces médailles se découvrent toujours sur la frontière occidentale de la Thrace , et que le mot ÛPH2KIÛN ne peut pas être pris grammaticalement pour APHZTION; d'ailleurs^ fOres-
(i) Ttt,-Liv.
ûdtf constaxmnent soumise à des rois, ne; frappait aucune monnaie conmie province indépendante.
Ces mémmies ne peuvent pas lion plus appartenir, comme on l'a, dit^à iaviUe d'0];^ti&» située :svr i'£bre, et qui, sous Adrien, prit ie nom d^ HadrianopoUs. La difficulté serait d'aiiieurs toajouj» ia même pour les reconn^tre; il faut donc adopter d'autres idée^ auxquelles ces dernières monnaies nous conduisent. Au* jovrd'hui que nous pouvons comparer ensemble les pièces qui portent le ncnn de Lété ^ celles oà se voh le nom d'Or^escim, dont quelques-unes présentent les mêmes types et le même stjrle^ nous ne saurions nous refu^r à croire que ces monnaies n'aient été fripées par deu:^' nations très-voisina$ Tune de l'autre et habitueliement confédérées; nous sommes par conséquent obligés de fixer nos regards sur la Crestonie, pour y trouver une ville qui. ait porté le nom d'OrescÂia; et, quoique les an* ciens ne la nomment pas, il est certain quelle a existé, puisque nous possédons des > preuves matérielles de ce âtit.
L existence des médailles de.Lété et d'Oreschia nous prouve que les Bisaltes et les Crestoniens étaient des peu'pies libres , at nous pouvons aussi être certains que cet état de liberté fut quelr quefois troublé , dans les deux pays , par l'inquiétude des peuples barbares du voisinage , qui vivaient presque toujours sous le régime républicain ; et nous' verrons bientôt que ces peuples eurent parfois des rois.
La viile de Lété dev^t êti« la capitale de la Bisaltique , puisqu'elle avait le droit de faire frapper des monnaies.
Quant à la viUe à'Oreschia, les monnaies qui en portent le nom m'ont paru nous la faire connaître, d'autant plus que œtte ville , aiiisx qu'on le voit sur le catalogue qui va suivre, en fît frapper de semblables à celles de Lété ; circonstance qui me paraît concluante pour signaler deux départemens différens et II. ' A a
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voisins iun «de Tautre. Oresckia devait se trouver snr iapreifiière des routes que j'ai suivies pour me rendre' de ^alonqtte à Senrès , et je ne douie pas que iee raines de cette ville ne .soîent celles que jai parcourues $iir un granH plateau«entouqî de quelques pans d'anciens murs. Oreschia paraît avoir été placée en cet endroit et avoir défendu k défilé de Lahana» an haut duquel se trouvait la ville de Crestone.
Nous voyons dans tout cela que la fiisai tique et la Cresionie étaient des républiques souvent (éàérét% entre elles, et fermaient deux états diâéreas; .
Il n y a pas long-'temps que les dtux médaillons, n.^' 6 et 7, portant l'un et l'autre le nom A' Oreschia, sont connus* Le pre* mier a été publié par M. Mionnet, dans le troisième supplément de son catalogue» planche VIII, n."" 2. Cette|>ièce se trouve au cabinet du Box. Le second de ces médaillons m'a été corn mu^ nique par M. de Cadalvenne, qui en a n^pporté une empreinte de Londres, prise dan& le cabinet de M. Borell.
On remarque àaxxs cts deux pièces deux variété singulières , sort dans l'orthographe, soit dans la ferme des lettres* Le mé^ dailion de Paris of&e deux R primitif et un H pour un £, un sigma arrondi ou luné et rétrograde* Celui de Londres ne pré* sente qu'un seul JR , un £ au Ueu > d'un H et le âgma très^ouvert et rétrograde , comme celui de Parb. Mais la dernière syUabe des deux légendes est iaméme; elle se compose d'un, omicron et d'un N ; ce sont ces lettres finales qui en démontrent Tantiquité.
L omicron est, comme on sait, un archaïsme; il tenaitiieu de l'oméga et de la diphtongue QV , surtout au génitif pluriel d'un nom quelconque, comme dans APXEâiAO pour APXiAàOV, et comme dans SVPAKOXION pour £VPAKO£iaN.
Toutes ^es obsenratÂons ^ auxquelles donnent iseur; les demt
médiillM dànX ji imàsA^jpaxkt, b"^ 6 et 7^ scrhUent iiKliqùer ïépôqût de ida ûbkiatian. H né ^t pas remonter plus haut que ie règne de Pcrdiccas H cni:oèlin iTArchélAiis I/% son éls, pour f«cdnnahf e que les monneief de ia Bisaltiquiô et celles de 1% Creflroirie, qor portent éeà légendes sans abréviation, sont dii même temps.
Si nons ajoutons foi à Piatcm, à Thucydide et À Athexiée^ce fût sous le règne d'Ardhélaus I/'» pan/miu «1 tropevers i'an 4^^ avant notveère;, que; ie gcmt dëSi arts et des ^cientes commença à se répandre déns la Macédoine , et ce goût exerça dès ce mo*ment une notable influence sur ies institutions» qu Archélaiis s'âp^ piiqua à introduire dans ses états. La monnaie se ressentit de ces améliorations. Jusqu'alors elle n^avait présenté que les lettres initiales des noms propres : Archélaiis voulut que le sien y fût inscrit en entier. Je conclus de ce fait qu il n'est pas présumable que les Bisaites et les Crestoniens, peuples qui se montraient peu versée dans les arts , aient devancé Archélaiis dans cet usage de graver siu* la monnaie un nom en entier. On doit donc tenir pour certain, à ce qu'il me semble, que les deux médailles dont il est question et qui présentent une légende complète, ne sont pas d'une fabrication antérieure au règne d' Archélaiis ; et si , d'un autre côté , elles ne sont pas contemporaines , l'omicron empêche de supposer qu'elles soient de beaucoup postérieures. Les médailles de la même ville d'Oreschia, que j'ai citées sous les n.®* p, 10 et 11, et qui portent l'oméga, ainsi que celles de Lété, paraissent appuyer ma conjecture. Ces dernières monnaies offrent toutes un carré creux, ce qui prouve qu'elles ne peuvent pas s'éloigner beaucoup du règne d' Archélaiis , qui l'a constamment conservé.
Malgré ce que je viens de faire remarquer , d'après des auteurs graves , que le goût des arts et des sciences ne s'intro-
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duisit dans la Macédoine que soas. Archelaûs L^%.ti me parait quon ne saurait adopte^ cette idée sans modification. Archelaiis a bien pu contribuer à famélioration des routes , à une meilleure discipline dans ses troupes , et généralement perfectionner le système de l'administration ; mais nous voyons par les monnaies d'Amyntas I/' et par celles de son fils Alexandre , que ces princes avaient déjà de bons graveurs m(»iétaires. On peut en juger par les monnaies de ces. deux rois et par celle de Perdiccas H , père d' Archelaiis ^ qui lut le premier à faire graver, en très-beau style, la tête d'Hercule barbu sur la monnaie des rois de Macédoine.
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