Tome ïl.Piiiie ii/i
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MO\?«OIKS PROtflTIVÏS DES ROIS I)E MACEDOINE.
dimension , leur poids, et ia radesse du travail , m'ont para frappées beaucoup plus tard , dans le mont Bertiscus ; du mains leur raplport avec ié n.^ 4» nonnaK primitive de ce pays» me le fait présumer.
li est^à remarquer que lantiquité noSré des monnaies d'un. si grand module et d'un travail si lourd qne dfuifi; cette oontrée ; il serait possible, difaprès eela» qu'eld» eussent été frappéea poik un prince qui axirait régné dans le mont Bertiscus » sur l'un cLeq deux peuples dont nous parlons^ cm sur les deux en même temps. Pour multiplier les objets de comparaison relativement i la grandeur de quelques-unes des pièces contenues.) dans la méine planche y, f ai jugé convenable d'ajouterà cette planché ia médaille si rare et^ epctracrdinaire du cabinet de iiiinter, àput ia iégpnde porte : BISAATIKON ^ tet qui pèse 44 ^ gi^^ns ; tandis que celles qui portent le nom d'AAESANÀPO pèsent à peu près dé 1 5 à 1 8 grains de moins seulement. Cette médaille est celle du n.* i6é
La légende AAEEANAPO, en toutes lettres , donne lieu à une observatioa, quç je drons neuve ^. sur lès; monnaies piimiti^es def rois de ia Macédoine : c'çst que ces monnaies n'indiquent jamais lie nom du roi sous lequel elles ont été érappée^. Celles donc nous parlons ne peuvent appartenir à Alexand» L^', qui régnait à une époque où les médailles » tsa général» ofirfnt bien rarement des lettres , et où celles de la.Mf cédoine n'en portent jamais, ainsi qu'on peut .s!en convaincre sur Ja! planche VI, . depuis le 1?.° I /jusqu'au n;^ <î- .
Ce £at . vraisembLbment AmyntisLy»:. père' d'Alexandre i/^ qui introduisit dans ses étais l'usage des [monnaies portant des lettres qui désignent des^noneis^ peo^^.: <^ toi, en ajoutant aux types employés par ses prédécesseurs laJethre*À/7eieva.de plus en plus Tid^ de sa puissance, et il ddona eh n^me eemps à- sa
monnaie un crédit plus sûr et plus étendu. Voyez le n.^ .7, où se "trouve la lettre A.
Par ce que nous venons d'exposer, on voit combien il eût été difficile , peu convenable , et même contraire à i'esprit de la religion, que le fils d'Amptas eût conçu l'idée d'aller pius loin que son père , en plaçant son nom en entier sur sa monnaie. On n'y voit réellement, par le n/ 8 , que les lettres AA, sous les jambes d'un cheval , monté par un cavalier macédonien , type conforme à celui qu'avait adopté Amyntas, en faisant en même temps usage , au revers de cette pièce , de la chèvre qui est sur le point de se coucher n."" 8.
Perdiccas , second fils et successeur d'Alexandre , fit un nouveau pas : il plaça sur sa monnaie les trois premières lettres de son nom, IIEP, et même IlEPAIK. Deux médulies du cabinet de Paris nous ofïrent ces deux légendes : on les trouvera aux n.** p et 10.
Jusqu'à présent nous ne connaissons aucune médaille de grande forme , comme celles d' Amyntas et d'Alexandre son fils , qui appartienne au même Perdiccas ; mais il est permis d'espâ*er qu'on en découvrira tôt ou tard quelqu'une, puisque nous en possédons de pareilles du père et du fils.
La première des deux médailles de Perdiccas II, de petite forme , dont je viens de parler , nous présente un type nouveau dans la série des anciennes pièces de monnaies macédoniennes : c'est la tête d'Hercule barbu , tel qu'on le voit représenté |us^ que sous le règne d' Amyntas III , et plus souvent sans barbe , sous Perdiccas III , Philippe II , et sous son fils Alexandre.
La seconde de ce$ petites monnaies offre au reverô un casque à mentonnière et à aigrette, dont j'ai déjà &it mention plus haut et dont je donne le dessin au n.^ t o.
Perdiccas II parait avoir eu beaucoup de débats , pour la suc-
DANS LA MACÉDOINE. ipj
cession au trône de son père, avec ses deux frères Philippe et Derdas. Ses discussions avec eux étaient entretenues par les Athéniens, avec qui ii s*était brouiiié pour s'allier avec Lacédémone ; et nous savons par Thucydide que ces contestations attirèrent dans la Macédoine la plus forte armée de Thraces qu'on y eût jamais vue (i).
Pendant ces troubles, Derdas avait conservé sa principauté de rÉmalle , et il est vraisemblable qu'il y fit frapper une monnaie : elle se distingue par un monogramme composé des lettres AEPA. Derdas , qui était en révolte contre son frère , peut avoir voulu faire en cela un acte de royauté; ce fait est d'autant plus croyable , que la vice-royauté de TÉmatie ne donna jamais le droit de monnaie. Xénophon parle d'un autre Derdas, frère d'Amyntas III, postérieur à celui dont il s'agit, et de qui nous ne possédons aucunes médailles , quoiqu'il administrât l'Ematie comme auxiliaire du roi son frère (2).
Archéiaiîs ne plaça sur sa monnaie que la légende APXE., comme on peut le remarquer sous le n."" 11, qui représente la partie antérieure d'un loi4> dévorant une proie , et plus souvent APXEAAO. , ainsi qu'on le voit sur la grande méddlle qui est au cabinet du roi, et sur la petite pièce où se trouve le casque dont j'ai parlé au sujet du serment qu'on était alors dans l'usage de prêter sur les armes de Caranus. ( Voyez Tite-Live ). C'est à cet Archéiaiîs que.se termine la gradation successive des légendes abrégées dont je viens de parler.
Du reste, je ne finirai pas l'article d' Archéiaiîs sans dire mon opinion sur une . médaille qui présente ce nom , et où l'on voit
(1) Thucyd., lib. 11, cap. xciv.
(2) Xénophon, G verres grecques , traduction deGail^ tom. V, liv. V, chap. il, pag, J04 et suivantes.
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d un côté la tête d'Apollon à cheveux courts » ceinte d'un strophium , et , au revers , im cheval nu dans un carré creux. Je pense que cette monnaie est d'Archélaiis, fils naturel d'Amyntas III. Il y a lieu de croire que ce jeune prince , de concert avec ses frères Aridée et Ménéiaiis, fît frapper cette monnaie pour favoriser son projet d usurpation. Les caractères de cette pièce me paraissent appuyer ce jugem^it; car, premièrement, la tête d'Apollon à cheveux courts ne se présente sur aucune médaille d'Archélaiis , fils de Perdiccas H, ni d'Aëropus, ni d'Amyntas II, ses contemporains les plus voisins; la monnaie dont nous parlons est, en second lieu, dun poids inférieur à celle d' Archélaiis , fîls de Perdiccas, et d'une forme diflérente; troisièmement, le cheval qu'on voit au revers dans un carré creux est le type ordinaire d'Amyntas III , père de cet Archélaiis; quatrièmement , cette médaille est d'une si excessive rareté, quoique notre cabinet royal en possède trois exemplaires, qu'on ne la peut voir dans aucune des collections de i'£urope , et que je ne lai moi-même jamais rencontrée dans la Macédoine. Enfin, cette médaille ressemble entièrement, des deux côtés, à une autre bien rare de Pausanias, qui ne régna que très-peu de temps pendant la tutelle d'Eurydice, veuve d'Amyntas Ilf. Ce sont ces motifs qui me portent à la donner à cet Archélaiis, fîls d'Amyntas III, lequel ne fut roi, ou ne prétendit l'être, qu'à 1 cpoque où il pouvait considérer Philippe lui-même comme un usurpateur.
Je ne passerai pas sous silence la dissertation très-érudite que le savant père FroelicU a publiée à Vienne, sur le médaillon d' Archélaiis I.**" (i), dans laquelle il s'attache à nier qu'il ait
(i) Froelich. , Regum vet. num ,, pag. 8.
existé un second Archéiaiis. Celui que je cite est le second usurpateur qui ait pu s'arroger le droit de faire frapper des monnaies à son coin, pour être distribuées à un parti qui ie SAvoTïsmU
Quant aux n.*^' 15 et 16, qui portent la légende MÛSSEIÎ ou I122EÛM» plusieurs personnes» guidées par l'insertion des lettres dans le double carré, ont cru que 1*M de la légende était toujours fa lettre finale du mot, et qu'il fallait lire fîS- ££I1M. Ce mot d'ÛXSEUM leur a paru le génitif du nom des habitans dune ville qui aurait porté le nom d*Ossa. Cette opinion ne peut être autorisée que par la géographie de Ptolémée, qui cite cinq villes dans la Bisaltique, savoir: Arohis, £uporia» Calliterae» Berta et O&sa* Les villes xiommées par Ptolémée étaient en efkt de la confédération bisaltique, mais Lété en était la capitale, et cette qualité de capitale, qui Tau-" torisait à frapper des monnaies au nom de toute la contrée , privait de ce droit les villes .secondaires. Enfin, la terminaison en QM, qui se rend en latin par VM et qui peut convenir k cette langue, est repoussée par l'euphonie grecque.
D'après cela, je proposerais, comme une conjecture, de lire, sur chacune des légendes : M02SEÛ , nom qui pourrait être celui d'un roi ou d'un magistrat de la nation barbare des Thraces.
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