‹ Voyage dans la Russie méridionale et la CriméeChapitre 14 sur 68 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

Vols et filouleries /i57

Vols avec effraction ou sur les grands chemins 2'i

Meurtres 5(5

Tentatives d'assassinat '20

ANNÉE i 830

Vols et filouteries 331

Vols avec effraction ou sur les grands chemins 23

-Meurtres GG

Tentatives d'assassinat 8

Il est à remarquer que le cas de préméditation se présente fort rarement dans les meurtres ; à très-peu d'exceptions près, ces sortes de crimes sont commis dans l'ivresse; le vin est très-abondant enValachie, à très-bon marché et franc de toute taxe, si ce n'est un très-modique droit d'accise à l'entrée des villes soumises au régime municipal.

Chez les Yalaques, l'âge de la majorité est fixé à vingtcinq ans ; mais le mineur peut être émancipé : 1° par le fait seul du mariage ; 2° par la volonté de ses parents lorsqu'il a atteint l'âge de dix-huit ans ; 3° par jugement du tribunal de première instance sur requête du tuteur, des parents ou du mineur lui-même , à l'âge de vingt et un ans , lorsqu'il est privé de son père et de sa mère. Ce jugement est porté à la connaissance du département de la justice , et soumis à la sanction du prince. Le mineur émancipé par cette dernière

132 \UKUil:; DANS LA IIUSSIL M EU IDIO.N A LE.

voie ne peut cependant faire aucun emprunt , aliéner aucun immeuble, ni disposer de sa propriété mobilière; il n'a que la jouissance libre de ses revenus.

Le divorce est permis dans certains cas prévus par la loi ; il emporte la nullité du contrat religieux , et les parties divorcées peuvent convoler en secondes noces. Le divorce peut être aussi sollicité pour incompatibilité d'humeur; mais en ce cas , les époux sont tenus à une épreuve de sept années : ce temps passé , lorsque tous les moyens de religion et de morale ont été épuisés , rien ne s'oppose plus au divorce.

Le ministère des cultes comprend dans son département toutes les affaires ecclésiastiques , et celles de l'instruction })ublique. Trois évéques, ceux de Rimnik, d'Argech et de Bouzéo, dirigent autant de diocèses qui ressortissent au métropolitain de Bukharest. La religion, qui est grecque schismatique, n'a pas, à proprement parler, un grand empire sur les esprits du peuple valaque ; mais ils en observent les pratiques extérieures , et nommément les austérités du jeûne, avec une exactitude scrupuleuse. On voit la population assister avec tous les signes du respect aux offices divins , et le grand nombre d'é^^lises qui existent en Valachie témoigne du zèle ardent dont le culte visible est fobjet. La principauté ne compte pas moins de 3,753 églises, dont 1 ,30 1 sont bâties en pierre. Il y faut ajouter 202 monastères, sur lesquels 133 relèvent des saints lieux. Ces établissements fournissent vraisemblablement des secours aux indigents des communes , car il est fort rare de trouver un mendiant valaque; ce n'est guère que la race des Tsiganes qui prati([ue cette ignoble et importune industrie. Les valaques sont naturellement enclins à la superstition ; ils croient assez volontiers aux sorciers et aux maléfices , sans que pourtant ces croyances, qui sont plutôt chez eux une poésie traditionnelle, aillent juscpùi troubler leur repos.

liLKlIAUKS r. — VAI- Al.llli:. i;}3

L'éducation publique donnait en 1837 les résultats suivants :

ENSEIGMEMENT PUBLIC

Elévps.

Bukharcst. Collège de Saint-Sava. Classes primaires Zi56

Humanités 26'2

Cours complémentaires. . 29

Succursales de Saint-Sava. . [ Amza 92

Classes primaires ..... I Saint-Georges-le-^euf. . . ii!x

Total 953

Écoles particulières établies au nombre de vingt-deux. . . 70û

Trois pensionnats de garçons /i9

Deux de demoiselles 39

Total des élèves à Bukharest I,7i5

Craiora. Collège aux frais de l'État. Classes primaires 1/iG

Humanités 8'i

Écoles particulières à Craïova, Saints-Apôtres 65

Pensionnat de garçons 18

Districts. Vingt-six écoles dont douze aux frais de TÉtat . . . l,72ù

'l'ûtal général des élèves 3,782

Indépendamment de ces établissements, le pope (chef de paroisse) ou le chantre de chaque village est tenu, en retour de quelque immunité légère, d'enseigner la lecture et l'écriture aux enfants des paysans ; de manière que dans quelques années il y en aura peu qui ne sachent au moins lire et écrire.

L'administration des finances de la principauté est confiée,

VSU VOK\(iK l)A.\S LA l'.LSSIK MEIU 1)1 ON A L E.

ainsi que nous l'avons dit, à des agents qui recueillent les taxes dans chaque arrondissement et qui les versent au trésor. Les recettes fixes de l'État se composent de :

riastres.

Capitation des laboureurs 8,210,670

Capitation des masiles (nobles d'ordre inférieur). . . 121,6/|5

Capitation des Tsiganes lZi7,860

Produit des patentes /i38,970

Ferme des salines 2,500,000

Ferme des douanes 1,605,050

Évaluation des droits d'octroi sur l'eau-de-vie, l'esprit-de-vin et le tabac, dans les villes; droits sur l'exportation des céréales, des bestiaux, qui ne sont point compris dans la ferme des douanes; droit sur les diplômes, etc. ; revenus éventuels 2,000,000

lZi,82Zi,195

Cet impôt est payé par 296,286 familles.

Les paysans sont soumis à un impôt annuel de trente piastres par tète, qu'ils versent à la caisse du trésor par le moyen du collecteur; ils ont, en outre, un dixième de cette somme à payer à la caisse communale établie dans chaque village.

Les dépenses de l'État se composent ainsi :

riastivs.

lloiiimag'(i annuel payé à la l'orti' l,/iOO,000

Liste civile 1,(500,000

•luslico , 2,158,/|/i0

Vdininistration intérieure 1,857, 480

Police 360,5/i0

Milice 2,750,000

 reporter. . . 10,126,660

nUKll AREST. — VALACIIIK. i;55

Reporl. . . . 10,120/100

Dorobantz ou gendarmes 179,2/iO

Postes I,107,/rl8

Quarantaines 600,000

Routes et Ponts 200,000

Pavé de Bukharest 48,000

Bois de chauffage 80,000

Prisons 70,ooo

Pensions 1,500,000

Mendiants et nécessiteux 100,000

Ermitages 22,000

Instruction publique. 350,000

Enfants trouvés 100,000

Hôpitaux 150,000

Ces trois dernières allocations ne sont point à la charge du trésor; elles sont supportées par la caisse centrale de la métropole, qui est alimentée par les revenus des biens ecclésiastiques.

L'excédant éventuel des revenus sur les dépenses forme la caisse de réserve, après avoir subvenu aux dépenses extraordinaires.

Les monnaies qui ont cours en Valachie et en Moldavie sont le rouble d'argent russe, le ducat d'or et le zwanziger d'Autriche, la piastre, l'aspre et le para de Turquie.

La piastre, unité monétaire des principautés, ne représente pas absolument la même valeur que la piastre turque. Elle n'a pas encore subi jusqu'ici la même dépréciation, bien que sa valeur soit extrêmement abaissée depuis vingt ans.

Vers l'année 1822, la piastre, en Valachie, valait encore 75 à 80 c; mais elle a beaucoup perdu depuis loi-s, et son taux moyen, à l'époque de 1837, peut être déduit du calcul suivant. Notons, d'abord, que cette monnaie est sujette à deux cours différents, l'un reconnu par le gouvernement, l'autre usité par le commerce et les particuliers.

i;U) \()^\(;k dws i, \ i'.iîssik \iki;i dion \ lk.

Dans les caisses du gouvernement :

Le rouble d'argent qui vaut exactement h francs de l-'rance est reçu pour 10 piastres et demie, ce qui fait iv. c ressortir la piastre à 0, 38, »

Le ducat d'or d'Autriche, qui vaut en argent de France 11 fr. 85 c. , vaut 31 piastres et demie; dans ce cas la valeur de la piastre est de o, 37, k'i

Le zwanziger d'Autriche, qui équivaut à 86 c. , passe en Valachie pour 2 piastres un quart, ce qui met la piastre à 0, 38, 23

Donc la valeur moyenne pour les caisses publiques est 0, 37, 82

Dans les transactions particulières :

Le rouble d'argent est changé pour 12 piastres, ce qui fait ressortir la piastre à 0, 33, 33

Le ducat d'or est reçu pour 35 à 36 piastres, soit

pour la piastre 0, 33, 86

Ou 0, 32, 92

Le zwanziger d'iVutriche représentant 2 piastres et demie, porte la valeur de la piastre à 0, 3/i, 80

Valeur moyenne pour le commerce 0, 33, 86

Taux moyen de la piastre pris entre les deux cours iv. o. officiel et usuel 0, 35, 8Zi

Cette unité, déjà si minime, se subdivise encore en 4^0 paras et 120 aspres.

Le commerce d'importation dans la Valachie comprend principalement les produits manufacturés à l'étranger ; on tire surtout l'huile, le savon et le café de la Turquie. La principauté exporte des grains, du chanvre, des peaux, des bestiaux, du bois, du miel, de la cire, quelque peu de vin, du sel, de la laine et un peu de soie, dont l'industrie commence à faire quelques progrès.

J'.LIvllAl'.EST. — VAJ.ACIIir,. I37

Le montant de l'importation s'est élevé, année moyenne, pendant les années 1831 à 1835, à environ 31,848,070 piastres ;rexportation, dans les mêmes années, a atteint le chiffre de 4-0,159,585.

L'industrie, il faut le dire, est encore presque nulle : à peine comptait-on jusqu'ici en Valachie quelques fabriques de chapeaux et de mouchoirs de toile peinte, bien éloignées de suffire aux besoins du pays.

On comprend facilement, au reste, que le manque de bras, et le peu de progrès de l'industrie et de l'agriculture, qui en est la triste conséquence, doivent être attribués à la langueur de ce j)ays pendant tant d'années de guerres funestes, menacé qu'il était sans cesse par les incursions des Turcs. C'est la même cause qu'il faut accuser de l'absence de tout commerce ; car les malheureux habitants ne pouvaient rien vendre qu'aux Turcs, et ceux-ci fixaient arbitrairement le prix des achats. Nous l'avons dit, l'administration intérieure était déplorable. Tout est changé depuis la dernière réforme, et fait espérer, désormais, pour ces industries naissantes, un avenir plus prospère.

Depuis quatre ans , 631 fabriques se sont élevées, savoir :

1 de Bougies.

32 de Chandelles.

184 Tanneries.

28 Fabriques de Savon.

22 de Mouchoirs.

15 de Cordons en laine.

180 Distilleries.

à Verreries.

69 de Poterie. 1 Fabrique de Faïence.

91 de Toiles ordinaires.

U de Chapeaux | 631

On compte en Valachie 2,299 moulins à eau, 0 moulins à vent et 9 moulins mus par des chevaux.

Jusqu'à ce jour, le sel est le seul produit minéral qui soit

exploité en Valachie avec un avantage appréciable. Nous

loS \()^ \(;K 1)\NS la KLSSIE MEI'.iniON ALE.

avons dit plus haut le rapport des salines; cependant, tout porte à croire que la Yalachie possède des richesses minérales assez abondantes pour que l'état de paix et des capitaux plus intelligents permettent, un jour, de les exploiter par des moyens plus sûrs et plus productifs. Nous pouvons énumérer ainsi qu'il suit, et d'après des renseignements que nous avons lieu de croire exacts, les différentes substances minérales dont les gîtes sont reconnus dans la Yalachie.

Or. — Les fleuves qui charrient de l'or sont tous ceux qui se trouvent depuis l'Oltez jusqu'à la Yalomnitza inclusivement; mais ce métal se rencontre plus spécialement dans la première de ces rivières, depuis le village Binzeni jusqu'à cinq lieues au-dessus de cet endroit. C'est dans cet espace qu'on trouve le sable le plus riche de la Yalachie : ces sables, d'un rouge noirâtre, entremêlés d'argile, de quartz et de jaspe, sont remarquables par la grande quantité de grenats qu'ils contiennent.il est arrivé, parfois, qu'on a trouvé d'assez gros fragments d'or natif sous de grandes roches au milieu du fleuve, quand vient la baisse des eaux. On rencontre encore des sables aurifères près du village d'Oësti, sur l'Argechi, à deux lieues de Kourté, à une lieue un quart du village loupanesti, sur la rivière Chouptane; près du village Magaleo-Maloulouï, sur la rivière Yalea-Kacelor; et, enfin, .^Uf la rivière Yalomnitza, près du village Bronesti, à deux lieues et demie de Firgovist.

Cuivre. — Dans le district de Mehédintzi, en petite Yalachie, le cuivre carbonate se trouve sur la rivière de Bourba, à une lieue du bourg Baja de Arama. On a autrefois exploité ce métal dans ces localités, comme on le peut voir par les traces des fourneaux, par les excavations qu'on remarque dans les montagnes, et par quelques déchets cuivreux qu'on rencontre jetés çà et là sur le sol.

Le cuivre pyriteux se trouve à Baja de Arama, et, dans ces derniers temps, on y a commencé \me exploitation; mais

B Ll K 1 1 A 11 K S T. — V A I , \ Ç H 1 1:. 1 ;',.. )

jusqu'à l'achèvement des fourneaux, on ne saurait déterminer bien exactement la teneur moyenne du minerai; cependant, si l'on s'en rapporte aux essais qui ont été faits sur quelques échantillons, débris de l'ancienne exploitation, et recueillis à la surface de la terre, on peut présumer que ce minerai est fort riche.

On connaît encore un autre gite de cuivre à trois quarts de lieue du village de Baja de Arama.

Mercure nalif. — Le mercure s'est montré près de la ville de Pelesti, district d'Argech ; il y était disséminé par gouttes dans une couche horizontale composée de sable et d'argile. Il s'est présenté seulement sur une petite étendue ; et dans les environs de ce gite d'autres fouilles ont été faites, mais en vain.

Houille. — Plusieurs points de la Valachie présentent des gîtes de houille ; la meilleure est dans le district- de Bouzéo, arrondissement de Peskovoulouï, à quatre lieues de Bouzéo, à gauche de la rivière Saratzeni, entre les villages de Berka et de Jossina.

Le charbon brûle avec flamme, il a une odeur de bitume et de soufre; l'incinération de cent parties de combustible laisse dix-huit parties d'un résidu de couleur rouge foncé. Cette houille forme douze couches d'un mètre environ dans un terrain argileux, et toutes ces couches sont superposées dans une épaisseur de deux cents mètres.

Lignite. — Ce combustible se rencontre dans plusieurs localités ; et principalement dans la petite Valachie , dans le district de Voutza-Plaïou, arrondissement de Montagne, près du village Armachesti, sur la rivière Tzernichoara ; il y forme de grands amas, couverts seulement d'une légère couche de terre. Il contient seize pour cent de parties terreuses; il brûle avec flamme et donne des cendres d'un rouge foncé. L'exploitation nen serait pas difficile : un seul homme pourrait en extraire plus de deux mille kilogrammes par jour.

l'iO VOVACE DANS T> \ UUSSIE MÉRIDIONALE.

Sel gemme. — Ce minerai forme, nous l'avons déjà dit, la plus grande richesse minérale de la Valachie. On le trouve à une lieue de la ville de Rimnik, et dans la grande Valachie, près du village de Slanik, (iistrict de Saboueni, et près du village de Fellega, district de Prahova, arrondissement de Kempina. La couche se rencontre depuis six jusqu'à cinquante-cinq mètres au-dessous de la surface de la terre ; elle présente une épaisseur de quatre-vingt-huit mètres. On exploite annuellement dans ces mines trente-huit millions de kilogrammes, et leur produit représente le quart des revenus de la j)rincipauté. Le sel de Slanik, dont l'aspect est cristallin , est réputé le meilleur de la Valachie.

Biluinc liquide. — Plusieurs localités produisent cette substance. La source la plus riche est située dans le district de Sakouïni, près du village de Pukouretza; on en extrait annuellement environ vingt-deux mille cinq cents kilogrammes. Les puits les plus riches peuvent donner jusqu'à quatrevingts kilogrammes par jour , et les moins riches de cinq à quinze kilogrammes; l'exploitation n'exige pas beaucoup de peine.

Soufre natif. — On le rencontre dans le district de Dombovitza, arrondissement de Dialoulouï, près du village Schiatingo; il a pour gîte une couche d'argile verte dans laquelle il apparaît sous la forme de globules jaunes.

(•renais. — On les trouve dans le district d'Argechi , sur la montagne Tchokan ; ils sont communément inscrustés dans (lu micaschiste. Quelquefois aussi, épars sur la pente de la montagne, et emportés parles eaux, ils se retrouvent dans les graviers, sur les bords de quelques rivières, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Surcin ou ambre jaune. — On le trouve dans l'arrondissement Despré-Bouzéo , près du A illage Koltza, et près du village Boilor , arrondissement de Kviskova ; son extrême fragilité le rend peu susceptible d'être travaillé.

lU Kll MîKS r. — V\l, \C.II IK. l'il

Outre ces gîtes minéraux , les eaux minérales abondent dans la Valachie; nous indiquerons les principales : ce sont celles de :

Bobotzi , district tie Dombovitza Source suirureusc.

Sfintzesti, id Sourcesulfureu.se.

Pibitchin, id Source ferrufîineuse.

Du même \ illage Source sulfureuse.

Du même village Source salée.

De Jîraza, district de l'raliova Source sulfureuse.

Pontchoussa, district de Dombovitza Source sulfureuse.

Kalimauesti Source sulfureuse.

Ilozia, près du monastère Source sulfuro-salée.

Olanesti Source sulfuro-salée.

Et du monastère de Glosova Source sulfureuse.

Il ne nous reste plus à ajouter à présent, pour terminer la série de nos observations et de nos renseignements, que quelques notes sur la constitution physique de Tintéressante contrée dont nous nous occupons.

Baignée à l'ouest et au sud dans toute son étendue par les eaux du Danube, la Valachie est bornée au nord parla chaîne des monts Karpathes, qui la séparent de la Transilvanie. Sa longueur de l'est à l'ouest est de cent lieues ; sa largeur moyenne, dans le sens du méridien , peut s'évaluer à cinquante. La moitié de cet espace , qui s'élargit vers la partie orientale, offre une suite de plaines traversées par des cours d'eau considérables ; l'autre moitié , c'est-à-dire la partie septentrionale, s'élève jusqu'aux hautes montagnes par un amphithéâtre de collines , où la grande abondance des eaux et la plus riche végétation se réunissent poiu' former les sites les plus agréables.

Aucune rivière navigable n'arrose la Valachie. Souvent, comme nous l'avons éprouvé, les crues du Bouzéo , du l?iinnik et des autres torrents , inondent subitement les plaines

l/l2 VOK\(ii: DANS LA l'iUSSlK M E T. I DION ALE.

qu'ils traversent; mais ces forces inégales et capricieuses ne sauraient jamais être utiles aux besoins du commerce. Des eaux limpides se précipitent des montagnes de la Valachie ; cependant elles ne sont pas également salubres , à en juger par les goitres qui défigurent les habitants de certains districts. Nous avons déjà fait remarquer que , dans la partie découverte du pays, les fièvres endémiques sont fréquentes; mais elles sont rarement pernicieuses.

Le climat de la Valachie est des plus tempérés : l'hiver n'est rigoureux que pendant deux mois ; le printemps arrive vite , et souvent trop vite , car il amène des inondations terribles. Si les vents du sud-est, cpii apportent les vapeurs de la mer Noire, régnent au mois de juin , des orages souvent périodiques portent le trouble dans l'atmosphère. C'était dans des circonstances pareilles que nous nous trouvions au milieu des vastes steppes dont la traversée peut devenir impossible lorsque les eaux ont séjourné quelque temps sur la terre.

Nous devons à l'obligeance inépuisable du prince Alexandre Ghika, la communication des renseignements météorologiques suivants , dont l'exactitude n'est pas douteuse, si nous en jugeons par l'aptitude reconnue des professeurs du collège où les observations ont été suivies.

RÉSULTAT DES OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES FAITES AU COLLÈGE DE SAINT-SAVA

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