REDEVANCES EXIGÉES DE CHAQUE VILLAGEOIS JUSQU'A L'ANNÉE
Piastres Asp.
Impôt qui se payait en quatre trimestres 12 n
Rassoures ^ 60
Coutribiition pour rontretiea des postes * »
Gragedika et rassonmatcs 7 90
Rassoiunates 7 «
Dépenses pour les amendes dites tribotés , etc 3 n
Corvées évaluées approximativement 4ii »
La perception de contributions aussi compliquées donnait lieu, on le croira sans peine, à une foule d'abus, car le produit des impôts entrait dans la caisse du prince , qui n'en rendait compte à personne. En outre , le paysan était tenu à des prestations en nature, à des réquisitions pour les relais de postes, pour les écuries du prince; enfin à toute corvée qu'il plaisait au plus infime agent de lui imposer.
Le sort du contribuable , dont cette nomenclature , d'ailleurs incomplète , peut donner une idée , était aggravé par des exemptions et des immunités accordées à plusieurs classes d'habitants, et par des privilèges cumulés en faveur des familles de boyards influents. Ces immunités injustes atteignaient un chiffre assez imposant pour qu'il soit intéressant d'en exposer le tableau , aujourd'hui qu'un tel régime n'est plus qu'un souvenir historique.
Les classes qui jouissaient de l'exemption des taxes sous le régime des princes grecs étaient nombreuses ; il suffisait qu'un membre d'une famille fût compris dans l'une des branches des services que nous allons énumérer, j)our que la famille entière fût aifranchie. Chaque district comptait ainsi d'amples catégories d'exemptés. L'impôt
YASSY. — MOLDAVIE. — BESS AU A l'.l F„
n'atteignait jamais les familles des gens attachés à quelque titre que ce fût :
A l'ispravnitzie du distiict ;
A la vestiarie ;
Aux capitaineries;
Au service de la Letmauie;
Au sei-vice à cheval de la police ;
Au service des salines ;
Au service des poste* ; Les gardes des frontières ; Les fournisseurs de bois ; Les charbonniers ; Les postillons. .
Le district de Yassy et l'administration de la ville portaient encore plus loin le privilège des immunités. Outre les classes ci-dessus spécifiées , l'exemption s'étendait à Yassy :
Aux employés des chancelleries;
Aux employés du divan ;
Aux gardes du Pruth;
Aux pompiers;
Aux porteurs d'eau ;
Aux surveillants des fontaines;
Aux courriers;
Aux gens du service de salubrité;
Aux voitnriers de la cour;
Aux hommes de peine de la cour
Aux manouvriers ;
Aux employés des douanes ;
Aux menuisiers;
Aux maçons.
Il résultait de cette imprévoyante et inique distinction accordée à de minces services, que la masse laborieuse du peuple était inhumainement opprimée, tandis que dans les seize districts le nombre des familles affranchies s'élevait à 7,985; c'est-à-dire, en adoptant le chiffre 5 comme moyenne pour une famille, à 39,925 individus, placés ainsi dans la classe privilégiée, aux dépens des laboureurs. Mais ce n'était pas tout.
Indépendamment de ces privilèges déjà si exorbitants, il était passé en usage que chaque boyard eût le droit d'exempter de toute taxe un nombre d'individus proportionné au rang dont il était revêtu. Ces malheureux privilégiés étaient nommés socotelniks, et distribués de la manière indiquée ci-après:
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