EXEMPTÉ
Stolniks
Postelnik*^
Souldiers
Pilars
Cbatrars
Agas
Gikiiitzers
2«s spathars
N. B. Des socotelniks étaieat aussi accordés à la métropole, aux évèchés, et à quelgues personnes de distinction.
Ainsi accablé de redevances et de corvées, tiraillé de toutes parts , en butte à la fois aux avanies des Turcs , aux ravages de la peste , aux réquisitions du gouvernement , aux exigences des propriétaires , le paysan moldave était privé même de l'espérance , la dernière fortune du misérable ; la propriété, cette sauvegarde des nations, était mobile et incertaine ; la perpétuité des procès entretenait dans les relations civiles un état d'hostilité permanent. L'inconstance des gouvernements , l'incertitude de l'avenir , excluaient toute entreprise utile et durable. L'intelligence restait abrutie, l'industrie étouffée, le commerce comprimé; et ainsi, pendant que tous ses voisins allaient en avant, cette pauvre terre moldave restait immobile dans sa misère et son esclavage.
A la fin , le traité d'Andrinople vint mettre un terme à ces maux; les principes fondamentaux stipulés dans cette heureuse trêve , dont les conséquences devaient être immenses en ce qui concerne la Moldavie , sont aussi bien que pour la
YASSY. — MOLDAVIE. — BESSAllABFE. 175
Valachie : le choix des Ghospodars indigènes nommés à vie; l'abandon des forteresses occupées jusque-là par les Turcs sur la rive gauche du Danube ; la restitution aux propriétaires légitimes du territoire enclavé dans le rayon des susdites forteresses ; la suppression de toute garde turque ; l'abolition des fournitures à prix imposé; la défense à tout mahométan de séjourner sur le territoire moldave; l'établissement d'une quarantaine sur le Danube ; l'institution d'une milice armée; enfin l'adoption d'un règlement organique, basé sur les principes d'une administration intérieure indépendante.
Ce règlement organique, voté par l'assemblée des boyards, devint le dépôt où les garanties de la nationalité moldave furent coordonnées et reçurent l'extension requise ; l'administration à jamais révérée du général Kisseleff, ce génie tutélaire des principautés, en rendit bientôt l'application possible, et les gouvernements continuent aujourd'hui à marcher selon ses sages traditions.
Nous exposerons en peu de mots le mécanisme et les effets de ce nouveau gouvernement.
Le régime réglementaire dont les traités ont doté les principautés peut être résumé ainsi qu'il suit :
Les pouvoirs administratif et judiciaire sont séparés. La partie administrative est confiée à un conseil composé du logothète, chef du département de l'intérieur, du vestiar ou chef du département des finances , et du postelnik ou secrétaire d'Etat chargé des relations étrangères.
La direction de la partie judiciaire est dévolue au logothète du département de la justice.
Le hetman est le chef de la milice.
Le logothète de l'intérieur concentre dans ses attributions tout ce qui a rapport à l'administration proprement dite : la police , les municipalités, les mesures destinées à assurer la subsistance publique ; la surveillance des quarantaines, l'en-
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tretien des voies de communication et les actes de l'état civil sont de son ressort.
Dans les attributions du vestiar sont placés la perception de l'impôt, la comptabilité, les^fermes publiques et le développement du commerce en général.
Le postelnik correspond avec les agents consulaires; il dirige tout ce qui a rapport aux intérêts des sujets étrangers; c'est à lui qu'appartient la rédaction des actes émanés du prince et de ceux du conseil.
Le conseil se réunit à des jours fixes pour vaquer aux affaires de l'administration.
Le logothète de la justice est le surveillant de la partie judiciaire. C'est par son organe que le prince communique avec les tribunaux, et réciproquement; il soumet au prince ses observations sur les vices de formes, s'il y.a lieu, ainsi que les jugements rendus en dernier ressort, qui doivent être revêtus de l'approbation du souverain.
Ces dispositions fondamentales ont nécessité une foule d'institutions importantes dont les principales vont être énumérées.
Les districts , autrefois au nombre de seize , furent réduits ci treize avec une nouvelle circonscription plus judicieuse. Chaque district est gouverné par un administrateur nommé ispravnik, qui reçoit des membres du conseil des ordres en ce qui concerne les attributions respectives de chacun. Un percepteur y réside dans les intérêts du trésor public, et un tribunal de première instance y est établi. Chaque district est divisé en plusieurs arrondissements, cinq ou six d'ordinaire ; et un fonctionnaire subalterne est préposé à chaque arrondissement sous le nom de surveillant.
La police de l'intérieur est exercée par un corps de gendarmes créé depuis l'introduction du règlement, sous le nom de stougitors; ils sont au nombre de 1,1200, dont 200 sont attachés à la police de la ville de Yassy et au service des
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différents ministères, et 93i sont distribués dans les districts , sous les ordres des ispravniks et des surveillants ; leur entretien est en grande partie à la charge des communes.
La police de la ville de Yassy a été organisée sur un ])i('(l plus régulier : un commissaire surveille chacune des quatre sections de la ville, et il a sous ses ordres trois employés subalternes. Grâce aux revenus de la municipalité, une compagnie de 100 pompiers a été formée , et cette utile institution n'a cessé jusqu'ici de donner des preuves de discipline et de courage.
Depuis l'organisation des stougitors, le brigandage à main armée, ce fléau dont nous n'avions pas parlé, a cessé d'infester les campagnes. La plupart des brigands étaient des étrangers , tels que des Albanais, des Serviens , des Transilvaniens. Les gens du peuple , en Moldavie , se livrent le plus communément à des vols domestiques ou à des vols de bestiaux; au surplus, la statistique des crimes et délits , dont on aura une idée par le tableau ci-après , parle assez haut en faveur de la moralité du peuple moldave.