‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 144 sur 159 · AGMCCLTCRE, MANUFACTURES, COMMERCE, ETC · texte numérisé non relu

AGMCCLTCRE, MANUFACTURES, COMMERCE, ETC

viennent des étalons du gouvernement; elles sont aussi fort souvent le résultat du travail exigé d'eux dans leur jeunesse, avant que leurs articulations aient acquis un degré sinTis.ml de solidité.

L'arrondissement de Grest possède une deuxième variété de chevaux de selle , qui est toute bretonne et se trouve dans toutes les communes de l'arrondissement; clic est le résultai du croisement des chevaux du pays avec les jumens de même espèce. Ces produits n'approchent pas pour l'élégance de la première variété; mais ils ont une belle liberté d'épaules [quoique les jumens soient généralement basses dans leur devant), ils sont dociles , remplis d'énergie, résistenl à la fatigue et s'entretiennent facilement. C'est à perfectionner celle espèce que les haras devraient s'attacher, en lui procurant des étalons étoffés qui au lieu de lui ôler ses bonnes qualités les conserveraient en lui communiquant petit à petit de plus jolies formes el de la taille.

2' Les chevaux de carosse et de cabriolet sont en plus pelil nombre dans l'arrondissement dont nous nous occupons el présentent aussi deux variétés. La première, que l'on ne trouve que dans les environs du Conquet el de Saiul-Henan , est aussi le produit des étalons que le haras de Langonnel envoie à la station de kermorvan. Les chevaux de celte variété sont sujels aux mêmes tares que ceux de selle de la première variété ; ils ont les membres grêles, le teudon faible; leur seul avantage esl une taille élevée, de I mètre 55 à GO centimètres sous potence (4 pieds 9 à 10 pouces). Ils ne peuvent dire utilisés qu'à l'âge de 6 à 7 ans, et se vendent en foire avec beaucoup de difficultés. La deuxième variété, qui esl le produit du croisement des espèces du pays enlreel les, se trouve dans presque toutes les communes de l'arrondissement , mais cependaut en plus grand nombre dans le Bas-Léon; elle jouit des mêmes qualités que les chevaux de selle du pays. Ces chevaux sont étoffés , près de terre, de la (aille de 1 mètre 50 a 55 centimètres sous potence (4 pieds 7 à 8 pouces ) , n'ont d'autres désavantages que la surcharge de poils aux jambes. Ils se vendent trèsbien dans les prix de 5 à (JOO francs, cl sont trèsrecherchés.

De même que la deuxième variélé de chevaux de selle , cette variété pourrait être perfectionnée par des croisemens convenables.

A* Les chevaux It'gers et lourds de trait sont tous le produit du croisement des chevaux du pays entre eux. Il y a 4 à 5 ans, le haras de Langonnel

avait envoyé un cheval de Irait à ivcnuui »an , comme il y donnait de bons produits plus légers que lui et dans l'espèce des carossiers du pays, on s'est empressé de le supprimer. L'espèce dont nous nous occupons offie de graudes ressources au commerce et au gouvernement pour l'artillerie. On peut la diviser en deux variétés. La première, qui est très-nombreuse, surtout en jumens, comprend les chevaux légers de trait propresà l'artillerie, aux postes etaux diligences;quoique moins distingués, ils jouissent des mêmes qualités que les chevaux de carosse el de cabriolet du pays. Ils ne dépassent guère la taille de I mètre 45 à 50 centimètres à la potence, else vendent terme moyeu dans les prix de 400 à 500 francs. C'est celle variété qui fournit aux différentes branches du commerce et qui forme la principale ressource de nos cultivateurs; c'est celle que l'on élève généralement partout comme la plus avantageuse. L'expérience nous a prouvé qu'il en sortait tous les ans du seul arrondissement de Brest de 4,500 à 5.000 de l'âge de 4 à 8 ans faits ( les 19/20' de ces animaux sont des jumens j. La deuxième variélé comprend les chevaux lourds de Irait; elle est aussi irès-nombreuse, propre aux services peu actifs du roulage et autres gros traits; elle est moins marchandeque la variélé précédente et a néanmoins plus de taille , 1 mètre 55 à 60 centimètres (4 pieds 8 à 10 pouces). Il en sort de l'ariondissemenl 2,500 à 3,000 tous les ans.

Celle variélé a des formes puissantes , elle est près de terre, chargée de poils aux jambes, trolle assez lestement , a de bonnes épaules, est sobre et d'un facile entrelien. Les poulains se vendent en grande partie à l'âge d'un an pour les déparlemcns pluscentraux, où l'éducation les change totalement. Les chevaux decetle variété conservés comme étalons et croisés avec de bonnes jumens de la première variélé, donnent des produits lestes, très-estimés en ce qu'ils ont plus de taille que leur mère.

4" Enfin les bidets sont peu nombreux dans l'arrondissement de Brest, où il y a plus d'avantages d'élever les poulains des espèces précédentes.

L'arrondissement de Morlaix renferme 25,000 chevaux de mêmes espèces que ceux de l'arrondissement de Brest; il faut remarquer pourtant que les chevaux de carosse el de cabriolet provenant des étalons du gouvernement sont sujels à moins de tares dans cette localité, ce qui tient à ce que ces étalons se rapprochent davantage pour les formes des espèces du pays , el à ce que les soins des

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éleveurs sont mieux entendit*, r.éiiéralemcnl . I«s chevaux on! plu* de taille dans l'arrondissement «le Morlaix ; les bidets y sont |.lus nombreux.

L'arroiidissrmciil de Chaleanlin nourrit vulement 1*2 à l*> mille chevaux, la culture se faisant «i grande partie avec des Iwi'ufs. On n'y trouve guère que deux variétés de bidels, les bidets croisés île rrnv du pays, la première vari« 'lé. qui se rencontre surtout dans les environs de (iarhaix, est le produit des étalon» de selle <|ij en» die dans celle station le haras de Liti^oniirlcl dis jumcnstiidi Iles du pays, <>* rroisrmens mal dirigé* n'ont donné •pie de* poulains grrlcs en incinUcs, sans corps, dnoiiMis, impropres a tout, et al >f i^uaiil à peine la taille «l'un mètre 40 a *i0 centimètre* sons potrnre < t pied* 4 à fi ponces . Il esl certain que si l'on avait coiutneuré par réformer la bonne rare bideltc primitive par le croisement des meilleurs

n'élevé en général que des bidels de |ietile taille ; il* vint au noinhre de \ î mille environ.

L'inspection que nous venons de faire de la population chevaline du département nous démontre, d'une manière évidente <|ue les arrouiJi\«.eii>ens de Rivst et Morlaix ofTreul plus de ressource* au gouvernement et au commerce que les trois autres : on devrait donc s'en occuper plu* particulièrement, pourvoir ce* arrondissemen* d'étalons convenables et appropriés aui jiimeit* de chaque localité, et il faillirait surtout que ces étalon* fussent nombreux. Ycst-il pas ridicule de voir que dan* l'arrondisse lue M de Brest, par exemple, on II à lî.tNiO lumens poulinière*, délace de 4 à lî ans, sont saillies chaque année, on n'envoie que quatre i tnUmi fHMtren iitmliorvr letp< ce ? encore, quel* sont ces étalons .' des chevaux souvent rebuté* de* autres lura» de France , et dont oo dote

sujets du pays, puisque l'on eut iloi né a celle rare par grâce le haras de Ijugonncf.

régénérée des étalon* aral.es, «m eut ohlenu des produits admirables d'énergie el lotil-i-fait propres à la cavalerie légère; mais on a voulu aller trop vile, et l'oit a détérioré la population chevaline au lieu de l'améliorer.

L'arrondissement deCbilrautin contient, outre les hidels miligcs dont non* venons de parler, des bidels du pays fort peu élevé* de taille ( ils n'ont que 4 pieds 3 a 5 pouces j, mais v igoureui , sobres , prompts et surs. Il peut sortir de cet arrondi*, sèment, y compris le* poulaius et pouln lie*, 2,000 à chevaui tous les au*. Le prix moyen est de 140 a I.VO franc*.

L'arrondissement de Ou imper renferme de I.S à 10 mille chevaux. On y trouve des cl>evaui de selle provenant de* bideltc* du pas s et des étalons du gouvernement : ils sont en général grêles et affectés de tare*: des chevaux légers de trait en tout semblables à ceux de Brest et de Morlaix ; enfin des bidels excellcn* en fort grand nombre. Plusieurs communes , telles que Briec, le draud Terrier, etc., élevaient des bidets de la taille de 4 pied» 7 a 8 pouces, jouissant a juste titre d'une grande répulatioo comme chevaux de »erv ice; celte race, qui était pure puisqu'elle avait pn se soutenir seule |»ar v* propres croisement pendant Ires loug-tcmp* , a été presque anéantie par les haras, car les bidet le* ayant été saillies parles étalon» du gouvernement, les étalons bidels du pays ont été aUndonnes.

L'arroodUsemeot de Ouimperlé ne cootient el

Les meilleur» élaloii* qui conviennent aui déni arrondikviuens de Brest et Morlaix M»nt *an* contredit les liant* carossier» anglais a large croupe, forte culotte, trottant le*le,ayaiil de bonnes épaules, et les bous chevaux cauchois, élégans et légers, avec les mêmes qualités.

Pour améliorer I espèce chevaline dan* le* trois arrondi -vemeus de (Juimpcr . Chaleaulin et Ouimperle, il conviendrait d abord de refaire la race pnqire au pa.v s el eo rapport avec les produits du sol. A cet effet, on introduirait de bous étalons de selle bien doublés, près de terre el sans trop de taille, alin que le» produits puissent être nourris facilement par les cultivateur* de ces arrondissemens dont le sol n'est pas tres-gr nérrux \ plui tard , on augmei.lerait la taille.

on devrait encore faire attention aux ressources locales que peut offrir le pas* en bon* tlalons; nommer une commission par airoodisvrmeut. dans laquelle entrerait un membre du conseil général , un membre du conseil d'arrondissement , et un vétérinaire : cette commission serait chargée d'autoriser les meilleurs étalon*, de leur donner des prime* d'encouragement el leur accorder le droit de concourir aux prix avec le* chevaux entiers provenant de* étalons du gouvernement. Par ces moyens d'encouragement continués tous les ans , oo ne tarderait pas à voir chaque arrondissement conserver se* meilleurs produits pour améliorer l'espèce, a« lie» de 1rs vendre poulain» et de ne

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garder que ceux dont il ne peul se défaire. On n'oublierait pas non plus d'augmenter les primes pour les chevaux entiers , ces animaux étant les principaux agens de la bonne reproduction, et ne pouvant être conservés chez les propriétaires que moyennant de grandes dépenses.

La commission dont il s'agit serait encore chargée de choisir les meilleures poulinières de l'arrondissement où il existerait des stations d'étalons; ces poulinières recevraient un bon gratis pour la saillie, et les jumens d'un rang inférieur et moins distingué auraient l'autorisation d'être couvertes par les étalons, moyennant la rétribution d'usage, mais avec la promesse de concourir aux prix des

Ce moyen nous semble le seul et le plus prompt d'arriver à un perfectionnement de la race bretonne dans le département. La commission rendrait tous les ans un compte exact des améliorations survenues, de celles à faire, et le gouvernement aurait des données positives sur les ressources de chaque arrondissement. Tandis que maintenant il s'en rapporte au dire d'un inspecteur général qui , ne paraissant dans chaque déparlement de Bretagne que tous les 6 ou 7 ans , vient examiner seulement 2 ou 3 produits passables qui lui ont été désignés comme provenant des étalons du haras, en prend note, et faisant un rapport sur ces produits, déclare qu'il y a une amélioration générale et sensible!

Qu'on nous permette une dernière observation. Le but que l'on s'était proposé de monter la cavalerie en chevaux bretons pouvait être atteint faci-

lement si l'on eût admis indistinctement des chevaux ou des jumens moyennant qu'ils fussent aptes au service auquel on les destinait. En effet, il nous est démontré par l'expérience que les 19/-20* de l'espèce chevaline des arrondissemens de îirest et Morlaixsonl des jumens qui offrent plus d'avan-

tages et s'élèvent à moins de frais, parce qu'on peut les nourrir à l'état de liberté; on devrait donc flierclier dans ce sexe , de préférence , les animaux propres aux diverses armes , les payer le prix du commerce, et admettre la taille de 4 pieds 6 pouces au lieu de 7 pour les chasseurs. Les chevaux bretons à celte taille ren liront plus de services que les chevaux normands à 7 pouces. En ordonnant qne les remontes se fissent en chevaux hongres , le gouvernement avait sans doute en vue de laisser à l'agriculture le plus de jumens possible pour la reproduction; mais quant au Finistère, celte précaution est inutile; les jumens bonnes à produire des chevaux de cavalerie ne restent pas pour cela dans le pays , elles sont achetées par des marchands étrangers pour être employées aux différent ser-

Nous terminons ces documens sur l'agriculture du Finistère par les tableaux des bois et forêts que renferme ce département, tableaux que nous empruntons k l'Annuaire publié en 1835 par la Société d Emulation de Brest.

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