‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 150 sur 159 · BRE · texte numérisé non relu

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Le premier des deux tableaux suivait» prévoie la situation des école» primaires du Finistère i l'époque du l*r janvier 1K35. Les doouées de ce tableau, rapprochée* du chiffre de ta population et de celui du nombre d éniai» de 5 an* a 12 ans, ont servi à déterminer les rapports des cinq dernières colonnes du second tableau.

Un y voit que , sur une population de 1,000 individus, il y a , dans l'arrondissement de Rrrst , 137 Milans des déni sexes, sur lesquels 38 reçoivent de l'instruction ; dans celui de Clialeaulin , 160 enfans et 9 élèves; dans celui de Morbix. 149 enfans et 28 éle*es; dans celui de Quimper, 153 enfans et 22 élevé»; dan» celui deOuimperlé , ! 37 enfans et 8 élevés , et moveutiemeot , dans le Finistère , 25 élevés sur 147 enfans.

t.omparanl le nombre des élevés à celui des enfans, on trouve que, sur 100 enfin* des deux sexes , le nnnibi e de ceux qui fréquentent le» écoles, est <]<• 2H liant l'arrondissement de Urest, de 6 dans erlui de Clwlt-autin , de 19 dan» celui »!e Morlaix, de 14 dan> celui de Quimper, de 6 dans relui de Quimperlé. La moyenne, pour l< département, «t 17 élève» sur lOOentaos.

Fnrto, le nombre toul des enfans âgés de 5 j

12 ans étant, dans le Finistère, de 77,412, et celui des enfans admi> dans le» écoles publiques de 13,054 , il v a doue , dans le département, 64,358 eufans privés du bieufjil de I instruction primaire.

(.'est devant de tels résultats ( qui ne sont point particuliers au Finistère), que Ion parle des propres immense* de 1 instruction primaire en France, et des seniors rendus par M. (iui/ot! Hais qui ne voit que le» mesures priv*s par ce ministre n'ont eu d'effet que sur le papier? Voua d'-ebre* qu il y aura uu instituteur par commune, une école normale primaire par département ; mais ferez-vous que les communes aient «les ressources suffisantes pour paver uu instituteur" reretvous que I on trouve des éle»es pour I ô ,,le normale primaire;1 sa.e*-vou> que le terme moven du traitement accordé par les tommunes du Kiuivlère a leur lusliluteur est de 472 fr. , cm-orr ne s 'agit-il ici que des communes les plus ri« lies et les plus populeuses, car les autres n'ont point cl écoles? S:ivei-vou» que sur 'J€ candidats qui se sont présentés a la commission pour être instituteur», la commission n'a pu en rrcetoir que 3 qui ne remplissaient meme pas b moitié des rom':. ;n roj quises? Qu'uo;>orle que tous ouvriez u;n- i..>'e

238 AMUNISTIUTIOII ,

normale primaire à Quiropcr? croyez-vous donc que l'on ait grand empressement à entrer dans une carrière qui ne vous permet pas môme d'échapper au besoin ?

Le décret organique du 29 frimaire an 2 portait le traitement, annuel des instituteurs primaires à 500 francs au moins, et cependant on ne put trouver des citoyens pour remplir ces fonctions. Un autre décret du 8 pluviôse an 2 ordoona , dans les communes où l'on ne parlait point français, l'établissement d'un instituteur qui devait recevoir 1,200 francs de traitement; cette mesure n'eut pas plus de résultats que la précédente , preuve qu'elle ne suffisait pas. — Et vous qui faites moins que la république ne fit dans les mauvais jours , vous parlez des services que vous avez rendus à l'instruction primaire , vous vantez les résultats obtenus! Vous avez fait une loi inexécutable pour les deux tiers de la France, à peu près inutile pour l'autre tiers, parce qu'elle ne s'occupe ni des moyens d'application, ni de la direction générale des études populaires; et vous dites que vous avez régénéré l'instruction publique! Vous avez régénéré l'instruction publique , parce que vous payez des inspecteurs, parce que vous ordonnez que \ auront des écoles ( il y a des , dans le Finistère dont l'actif monte à 50 francs ! ) parce que vous imprimez des programmes où vous parlez de faire apprendre la musique au peuple , parce que vous publiez des chiffres faux ou exagérés indiquant le nombre des élèves qui apprennent à lire.

publiques ,

Eh bien! moi je dis que l'instruction primaire n'a jamais été dans un état aussi déplorable, parce qu'autrefois du moins on savait qu'elle n'existait pas, tandis que maintenant il y a un simulacre d'organisation qui trompe. Je dis que l'on n'obtiendra aucun résultat tant que celle instruction ne sera point au compte du gouvernement au lieu d'être à la charge des communes, tant qu'on ne modifiera pas les moyens d'éducation publique selon les besoins de chaque département, tant qu 'on ne soumettra point nos écoles populaires à une idée générale d'émancipation intellectuelle et de moralisation , tant que l'instruction populaire enfin ne deviendra pas la première et la plus importante question politique de l'époque. Quant aux moyens provisoires que l'on peut employer pour améliorer dans notre département l'état de

1° Élever le traitement des maîtres, bien fournir un logement, comme au curé; leuraccorderdela considération ;

2° Faire distribuer des soupes économiques aux élèves qui sont quelquefois éloignés de plus d'une lieue des écoles, et qui ne peuvent aller prendre leurs repas chez leurs parens;

3° Composer des livres appropriés à nos localités, et dans lesquels on prenne l'intelligence de l'enfant au point où elle se trouve.

Mais, nous le répétons, ces améliorations ne pourront produire que des progrès lents et partiels.

Le système de l'instruction primaire est entièrement à refondre chez nous.

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