CHAPITRE VII
Administration, Institutions Publiques,
Instruction.
Nous avons déjà eu occasion de présenter un grand nombre de rense ignemens sur les administration* du Finistère, dans les chapitres précédent. Ainsi nous atons donné dans le* prolt gommes K- tableau des électeurs et des jurés; celui des contributions directes, indirectes , et des débals judiciaires ; nous avons également désigné les divers maisons d'arrêt. Enfin , nous y avons joint le tableau des distances de chaque commune aui chefslieux de canton, d'arrondissement et du département. Au chapitre 4 , nous nou> sommes occupé» des hospices; au chapitre 6, de ce qui concerne (administration des eau s et forêts, etc.
Le présent rhapitre ne contiendra donc point tout ce qui concerne l'administration du déferlement ( «ans quoi il renfermerait un grand nombre de répétitions ), mais il complétera les documrns que nous aïons déjà disséminé» sou* les titres spéciaux auxquels ils se rapportaient directement.
Le département du Finistère fournit ail députés à notre chambre de» communes.
Outre les cinq tribunaui de
établis dans nos ciuq arrondissement , nous a» ou* trois tribunaux de commerce séaol à Brest , Morlaii et Quimper. 1 31 Causes ont été portées a ces rn 1K33.
ns le Finistère, &0
au tableau ; l'arrondissement de Cbateaulin n'eu a qu'un seul.
Le nombre des ecclésiastiques desserrant les
Pour l'arrondissement de Quimper , à . . Tour l'arrondi sèment de Brest, à . . . Pour l'arrondi vsement de Moriaix, 1 . . Pour I arrondissement de ( nateaulio, à . Pour l'arrondissement deQuimperié, a . . Ajoutez R clupellrs desservie» par de» prêtres. Vicaires gâteaux
Totju desec« lésiasti«|u.s rn fonction. . J03 Le cadastre n'est point »<hc\è dans le Finistère. Les cantoi.s cadastres, au commencement de I8j7, étaient : dans l'arrondissement de Brest, aux de Ploudiry , l.e*ocieo , haoulas, (.anderneau , Plabennec , Lambcxrllec et la ville de Brest ; dans l'arrondissement de MorlaiX , ceux de Sainl-l'ol-de- Léon, Si/un, I jnmeur , Taulé, I~an0msiau , Plouiévédéf Morlaix et Ploucscal; dans rarroo-
Plevben, Carhaix, Crotoo et le Huelgoat; dans rarron<lissemenl <\>- Quimper, les cantons de Coa- ■ amean, Briec, Rospordm, Plougaslel - Saiot - Germain, l>ouarnenei, Pont-I Abbé, Quimper et Poot-Croix; dans r arrondissement deQuimperié,
Al>MI"VISTIUTIOK , INSTITUTIONS PCBUQBES , INSTRUCTION.
les cantons d'Arzano, de Quimperlé, Scaër et Pont- Aven. Comprenant 212 communes.
Les propriétaires dans une des communes faisant partie des cantons cadastrés peuvent se procurer des extraits des plans cadastraux, états de classement et matrices de rôles. Les extraits de plans sont délivrés par le géomètre en chef; les extraits des matrices et états de changement , par le directeur des contributions.
Il y aurait beaucoup à dire sur les administrations locales du Finistère; mais cette étude nous entraînerait dans des questions de détail qui ne peuvent trouver place ici. Nous nous contenterons donc de compléter les renseignemens généraux que nous avons présentés jusqu'ici , par quelques documens sur l'administration de la marine dans le Finistère, ce sujet n'ayant trouvé sa place dans aucun autre chapitre.
Nous avons parlé du port de Brest dans le chapitre l«r, et nous avons indiqué les changemens que l'on projette; nous n'avons rien à jouter à cet égard.
Dans le cours de l'année 1835, Brest a eu 46 navires en armement, plus 3 bateaux à vapeur. L'arsenal a employé 4,720 ouvriers civils, militaires ou condamnés; ces ouvriers ont fourni 1,7*23,540 journées de travail. Le prix moyen des journées a été de 1 franc 286.
En 1836, le port de Brest comptait 34 navires de l'état, de différentes forces, en station dans son port, et 7 navires en construction. Dans la même année, le total des navires à flot pour tous les ports militaires de France est de 274, et le nombre des navires en construction 65.
Le bagne de Brest mérite une attention toute particulière. Cambry en a donné la description que nous ne répéterons pas.
Ce bagne peut contenir 4,000 forçats.
Depuis le 30 mai 1749 , époque de l'arrivée de la première chaîne au port de Brest, jusqu'au 1" septembre 1836, il a été admis au bagne 47,505 forçais, cequidonneunterme moyen annuel de 546.
En 1836, il s'y est trouvé. . . 2,754 forçats,
dont 1,382 à vie
et 1,371 à temps.
Ne sachant pas lire 1,647
Sachant écrire imparfaitement. . 803
Sachant bien érrire 273
Ayant reçu de l'éducation. . . 30
Ainsi près des trois quarts étaient plongés dans la plus grossière ignorance!....
1,703 Étaient condamnés pour vol, 472 pour meurtre, 679 pour d'autres crimes.
Ainsi plus des deux tiers étaient condamnés pour vol!....
Ce qui prouve que les principales causes des crimes sont ('ignorance et la misère.
1,738 Subissaient leur première condamnation ; 624 étaient en récidive de travaux forcés, 2 de boulet, 253 de réclusion , et 136 de peines correctionnelles.
Ainsi plus d'un tiers des condamnés avaient déjà séjourné ilans les bagnes et les prisons ! ce qui prouve la nécessité d'adopter un nouveau système de répression des criminels, et, en ne considérant même que l'intérêt de la société , il est probable que du jour où un bon système pénitencier sera établi , le nombre des criminels diminuera d'un tiers.
L'ignorance , la misère et de répression , sont donc les causes de tous les crimes qui sont commis.
La dépense, pour chaque condamné, monte à 328 francs 507, et déduction faite de la valeur de son travail , à 209 fr. 1277.
De 1830 à 1836, il y a eu 350 évasions; 14 évadés seulement n'ont point été repris. Sur les|350 condamnés qui ont tenté de fuir, il y avait 223 condamnés à vie.
Le Finistère ne possède qu'un seul piété, à Brest. Cet établissement a été doté i capital de 115,000 francs; 6,260 personnes ont engagé, en 1833, des objets représentant une valeur de 90,844 francs. Il n'y a eu qu'environ 1 emprunteur sur 30 qui a laissé vendre son dépôt. Le nombre des dépôts , par jour, est de 35 à 4a
Il y a dans le déparlement une caisse d'épargnes , à Brest, et trois salles d'asile, à Recouvrance, a Brest et à Morlaix.
Les octrois sont fort inégalement établis dans les diflérenles communes du Finistère ; il semble que le plus souvent le caprice seul préside a leur création. Ainsi , par exemple , à Qu imper , l'hectolitre d'alcool est soumis à un droit de 66 fr. 50 cent. , et à Brest ce droit n'est que de 15 francs. De petites communes rurales , telles que Cléder ,
AI»ÏII*ISTH1T|0* .
l'Ile-de-Bali , rte, mniI soumise» à un droit do 6 fr. par hectolitre de vin en cercle*, tandis que Brwl, Ouiinper ri Morlaix ne paient que 'A francs.
La petite ville du Faou . qui ne compte que 877 habita» , paie de* octroi» dont la moyenne est deux fou plus forte qu'a Ouimperlé, dont la population est sextuple. La consommation moyenne , en vin , par individu , est de 93 litre* a Brest . de 9 litrea à Chilejuneuf; re sont le* deux
Du reste, il est important d'obvner que la consommation a fléchi dan» le Finistère depuis IK2K , ce qui indique un étal de malais général.
Nous ne quitteron» point le sujet dont non* nous occupons sans faire une observation mm la division administrative du Finistère, lorsque rassemblée nationale décréta le partage de la France en département , district», canton* et municipalités, afin de détruire l'esprit provinciale, elle rendit un grand servirr au pay » ; mais malheureusement la division ne fut point faite partout av»>c iustesse , et le remaniement de Bonaparte , qui substitua h* sous-préfectures aux rhefs-lieut de districts, loin de rectifier les erreurs qui avaient été commises, en fit commettre de nouvelles; ce fut ainsi que Cardait cessa de former on district et releva de la sous- préfecture établie à Chateauliu. Or, cette ville est placée a une des extrémité* de l'arrondi, .ment, elle* administré* sont obligés de faire un voyage long et incommode , à travers des cbemiu» impraticables, pour armer à la souspréfecture. Nous croyons, cependant, qu'il ne faudrait point supprimer le cbeMiea d
sèment qui existe, mais bien en établir un nouveau a Carhaix. Ij ftous-prérertiire qui y siégerait embrasserait seule Carhaix , Huelgoal, une partie de Srrignar, ChJteauneuf-du-l-'aou et Courin, et aurait ainsi quatre à cinq lieues de rayon, ce qui serait suffisant. Maintenant le* administrés de ces
différentes commune* sont obligés de se rendre pour leur* affaire*, ceux de Carhaix à Guingamp, reutdefionrioàPonlivy, ceux de Scrignac à Morlaix , et ceux de ( jrhait à Cbiteaulin. On comprend toute l'incommodité d'une pareille division administrative.
( jrbait.sous- préfecture, deviendrait un centre; les lumières se répandraient plus facilement dans le* cantons voisins; il s'établirait un mouvement qui tournerait au profit du progrès, et l'administrateur qui habiterait re chef- lieu et qui connaîtrait les besoins de son arrondissement, y satisferait peu a peu. Ou pourrait espérer des route* depuis long-temps demandées, celle de lircsl a Rennes, celle de Quimper a Morlait qui prendrait à ChaV leauneuf , I embranchement de la mute de Qu imper i Saint- Itrieue.
L établissement d'une sous-préfecture a Carbait a été plusieurs fois sollicité par le» conseil» généraux et toujours combattu par i -haleauliu d on rulé et Hostreiien de l'autre; mais Carhait, auquel aboutissent su graode» roule», placé aux limite* de trois d<-p.irtemens, et centre important d'un pays peu civilisé , doit attirer sérieusement I attention du gouvernement. Il ne faut pas que de petits intérêt» privés empêchent k bien de se faire.
I* département du Fim>tére dépend de I dénué de Heune*.
Il y a dans re département cinq collèges, I Ooimper, a l,e*neven, à Saiiii-l'ol-de-léon, à Undemean et à Ouimperlé ; mais ces deux derniers ne dépassent point la classe de troisième.
L'élude de* sciences a fait peu de progrès dans resnnq établissemens qui forment peu d'eleve* distingués, et sont pres<|iir exclusivement consacrés aui jeunes paysan* qui *e destinent à la pr.lri*.
On peut ajouter a ces collèges le petit de Pont-Croix, dirigé d après les ripe*.
lirest n'a point de collège, à la bonté de son conseil municipal qui s'e»l montré plus préoccupé de convenances privée* que de l'intérêt généra! , et a voulu respecter de* position* particulières au détriment de l'instruction publique. On y trouve deux institutions de plein exercice et une pension; mais Huelqu uUles que soient ce» éublisseœcns .
236 u/omuiMiiun ,
qai rendent à la ville d'incontestables services, il y a toujours de grands inconvéniens pour une ville de l'importance de Brest à livrer son instruction publique à l'industrie particulière et à la concurrence.
Il est bien évident qu'une organisation complète et élevée ne pourra jamais s'établir dans des institutions qui doivent avant tout subordonner leurs dépenses, non aux besoins intellectuels de la localité, mais aux bénéfices réalisables. La concurrence a d'ailleurs le funeste résultat de diviser les ressources , de telle sorte qu'un personnel d'élèves et de professeurs qui suffirait pour constituer un excellent collège, partagé entre trois institutions, ne permet à aucune de prendre de larges dévcloppemens. 11 est évident que nous ne faisons ici aucune allusion aux personnes ; nous ne nous occupons que des choses. L'instruction supérieure ne pourra jamais être abandonnée impunément à l'exploitation privée, quelles que soient l'habileté et la moralité des explorateurs.
Ce que nous venons de dire pour Brest est moins vrai pour Morlaix peut-être, mais l'est pourtant aussi. Quelques pensionnats qui se sont formés dans cette ville ne peuvent remplacer un collège qui régulariserait les études et les systématiserait. Une eboseà laquelle, d'ailleurs, on pense trop peu, c'est que la création d'un collège dans une ville y établit sur-le-champ une sorte de centre intellectuel et un foyer de lumières dont l'effet se fait sentir autrement que par l'enseignement scolastiquc. C'est un moyen d'attirer et de réunir des hommes
, I.VSTHCCTIOlt.
instruits dont l'action se I Remarquez bien qu'en parlant de collège nous ne prétendons pas désigner des établissement formés d'après le plan universitaire et dans lesquels l'étude des langues mortes absorbe tout le reste; quoiqu'on ait beaucoup trop préconisé les institutions purement scientifiques et industrielles, nous croyons qu'il faut donner à l'instruction publique la plus élevée une direction pratique qui lui a manqué jusqu'à présent; aussi ne sont-ce point des collèges comme ceux de Saint-Pol ou de Lesneven que nous voudrions voir à Brest et à Morlaix , mais de hautes écoles dans lesquelles toutes les connaissances supérieures pourraient être acquises, et qui prépareraient les jeunes gens, non-seulement à être des marins, des militaires ou des ingénieurs, mais surtout à être des hommes , c'est-à-dire des êtres capables de suivre le progrès social ci d'y aider.
Puisqu'il s'agit d'instruction publique, noua ne devons point oublier les cours gratuits de la Société d'Emulation de Brest; ces cours embrassent la lecture, l'écriture, la grammaire, l'arithmétique, la géométrie, l'application de la géométrie descriptive, la mécanique, et la langue anglaise. De pareils essais pour l'émancipation intellectuelle des classes pauvres sont au-dessus de tout éloge, il suffit de les constater.
Le département du Finistère entretient dix-neuf élèves à l'école normale primaire de Rennes.
Les tableaux suivans révèlent la situation de nos écoles primaires au l,r janvier 1836.
Ti O.M