‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 36 sur 159 · DISTRICT DE BREST ES · texte numérisé non relu

DISTRICT DE BREST ES

et du cœur se mêlaient à des chants guerriers , a des hurlemens de fureur , à des grimaces empruntées chez les grecs et chez les romains ; où les idées les plus sauvages, les plus grossières, s'unissaient au nom de Bel loue , de Mars , de la vertu , de la raison et de la liberté ; où des coryphées , ivres et débraillés , hurlaient le verre en main , le sabre nu , des hymnes sanguinaires ; où , par un amalgame offert par nos désordres seuls , le plus lâche assassin figurait près de statues , sous des arcs de triomphes élevés avec goût et décorés avec

L'honnête homme, entraîné dans ces sales orgies , marchait entouré de bourreaux qui le suivaient , qui l'observaient , qui cherchaient à saisir une apparence de dégoût , un soupir , un instant de silence , pour le livrer à l'échalaud,

La mère y conduisait sa fille , et souriait , et la faisait sourire à des expressions qui , Jusqu'à cette époque , n'étaient jamais sorties des tabagies et des antres de la débauche : pudeur , vertu , modération , délicatesse , piété filiale, tout ce qu'elle avait adoré , tout ce qu'elle avait respecté, s'évanouissaient comme un songe , et n'étaient remplacés que par d'affreux blasphèmes et les caresses d'un

en groupe ces gens échap-

cavernes et des galères:

On voyait dominer pés des prisons , des chantres , ministres de la mort , au teint pâle , aux crins noirs, à l'œil ardent et louche; monstres jusqu'alors invisibles , retirés dans l'ombre des bois, dans le creux des rochers , dans tousles asiles du crime , qu'on ne voyait jadis que sur la toile à côté des victimes et des martyrs qu'ils immolaient.

O temps de désespoir ! temps de crimes et de sang , de lâcheté , de trahison , où la France devint le temple des furies , de satan et des euménides ; cessez de vous offrir à moi , vous déchirez mon cœur, vous bourrclcz mon âme ! L'homme , la vie, rae font horreur , et je ne vois partout que lâches s, que victimes infortunées, qu'hommes jusqu'alors qui , par faiblesse , il faut eu convenir , ont un instant cessé de l'être !

J'ajouterai, en terminant le district de Brest, quelques lignes que je copie dans un mémoire manuscrit du médecin Duquesne (deMorlaix) , adressé au déparlemeut du Finistère.

« I^*s épidémies sont rares dans le département

du Finistère.

• On y voit peu de marécages , et l'air est agité sans cesse et purifié par des vents violens.

» Brest, au retour des grandes escadres , peut être le foyer des épidémies les plus dangereuses. — Les navigateurs rentrent dans leurs familles avec les habits qu'ils portaient étant malades à bord — On vend souvent à Brest les vélemens des morts , sans les avoir lavés. - En 1780 , un jeune Léon débarqua du Pégase ,

d'une fièvre

maligne pestilentielle. — Sa mère touche ses vélemens., elle meurt; trente de ses paréos tombent malades , beaucoup d'entre eux perdent la vie.

• La fièvre pestilentielle apportée par l'escadre de Dubois-de-la-Motte , du général d'Orrilliers, de ViUaret, était une fièvre purpnrale , connue à l'Hôtel-Dieu de Paris. — Cette maladie est inflammatoire , putride , accompagnée de métastase laiteuse sur le système intestinal; elle vie par la gangrène , le quatrième ou le .

» 11 existe cependant quelques maladies épidémiques particulières dans quelques communes du département : dyssenteries putrides , pleurésies inflammatoires, fièvres pourprées , etc.— L'automne est l'époque de ces épidémies locales....

» Les remèdes que la saine médecine emploie dans ces pays sont : lémétique sous toutes les formes; les boissons farineuses miellées et acidulées ; les évacuans, les vésicaloires , les toniques indigènes et le quinquina. — Bégime et purification de l'air par le soufre. »

Les précautions sages qu'indique le citoyen Duquesne , pour prévenir le mal qu'il n'est pas facile de détruire, devraient êtres suivies partout. 11 conseille aux bretons des campagnes de ne plus vivre sous le même toit avec leurs bestiaux. — D'éloigner de leurs maisons les mares où pourrissent leurs fumiers. — De multiplier les bains dans leurs hôr pitaux; d'entretenir plus de propreté dans leurs vaisseaux ; de faire baigner les convalescens qui quittent l'hôpital ; de ne revendre les habits des morts qu'après

les avoir purifiés , etc. , etc.

gale

communes

les maladies scrophuleuses . sont en Krelagrfe , ainsi que les fièvres in-

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