CHOIX EW 17M
Douarnenez s'étend sur des rochers au-dessus de ces deux chaussées. Il est difficile de voir une ville plus mal tende , malgré l'aisance et le riche commerce de ses babitans. Le défaut de police, le défaut d'ordre laisse jeter sur le quai, dans les rues , les sardines pourries , des saumures corrompues ; il est impossible , même en hiver , de sentir des odeurs plus infectes que celles qu'on respire en approchant de la ville : elles sont insupportables , en été , pour celui qui n'y est pas accoutumé dès son enfance (2).
Quelques maisons bien tenues, bien situées, démontrent de quel agrément serait cette demeure, si tous les babitans suivaient l'exemple de leurs propriétaires, qui , sans luxe . sans fausses dépenses, n'ont été guidés dans leurs établissemens que par le goût et la simplicité.
Rien de ce qai peut rendre une ville saine, commode , ne se trouve à Douarnenez; mais, je te répète , rien de plus grand , de plus beau que la baie ai: fond de laquelle elle est située.
On compte six lieues et demie de l'embouchure de la baie à son extrémité la plus enfoncée dans les terres aux sables de Ris. 11 y a de Douarnenez à la ville de Crozon cinq lieues. La plus grande profondeur de cettebelle nappe d'eau est de vingtsept à trente brasses.
La largeur de son embouchure, du bord de la Chèvre à Luguené, est de deux lieues et demie. Lue suite de rochers partant de la pointe de la Chèvre s'approchent à près d'une lieue de Luguené. Au milieu dn chenal , on trouve trente brasses de profondeur.
Les terres voisines de l'embouchure sont les plus élevées de la cote; elles oui cent quarauie pieds de hauteur.
Du milieu de la baie, la vue s'étend sur un amphithéâtre dont les hauteurs les plus considérables sont celles de Menez-IIom et de la Motte. Celte côte, en général, est couverte de petits hameaux composés de deux , trois ou quatre maisonnettes; on en compte jusqu'à douze cents. Morgat, à une
par allège». Ton» ces iocouvéuieos nécessitent impérieusement
la construction d'un port.
surtout depuis 1 8J i , époque à laquelle le choléra y fit de grands ravages. Les tues sont mieux balayées , mais il sera toujours impossible de faire disparaître , dans le bas de la ville, l'odeur désagréable provenant de l'écoulement des ateroiues qui sortent des diffrrens ateliers de salaisons. •
Dirrr.inr or rovr-caort tu 1794.
de Oozon , est formé de vni^t maison»
ri d'une centaine de magasin» pour les sardines ; ils appartiennent a de* cultivateurs qui pèchent ils ont lenniné leur» travaux.
M cet rives sont coupées à pir . il est tresde s'y procurer du goémon. Les terres qui cernenl U baie de Douarnenez sont arides , en I, tres-peuplées : toute espèce de grains y , dans les partie* qui peuvent se cultiver. La rade pourrait contenir des bàlimens de toute grandeur , ancrés sur un fond de sable ; mais on ne peut en sortir que |>ar les vents d'est et de nord-est , et . dans l'hiver, elle u est pas sure pour de gros batimens.
La sardine est le principal objet du commerce de ce pays. La seule commune de Douarnenez emploie a la pèche de ce petit poisson jusqu'à quatre cents bateaux dans les bonnes années ; leur produit a quelquefois été de trente-cinq mille barils , |--miiI chacun cent cinqiunic livres , rt de quinze mille six cents barils d huile. On en exporte une (ortie pour Nantes, Bordeaux, U Roc In I e, Olèroo , Rocheforl ; le reste s'expédie pour l'intérieur de la France, ou se consomme dans le pat lùtUMMqui portaient ces denrées élaieut frétés a Douarnenez , I rapportaient îles vins de la Roche I • et de Rordcaux. La rogue nécessaire a cette pèche, appât an lequel on n'attirerait pas la sardine , leur vient de l.i \urvv ége ; 1rs lulmirns .|inl.i tr.insétaieot ehargés en outre de goudron et de ide sapins; Rayonne fournissait au pays les résines , le lirai, le liège, le goudron doul il avait besoin |>our sa consommation , sans qu'il en fit un objet de commerce.
le maquereau, l'anchois ou sprate, les merlans . les mulets , le» bars , les sole* , les turbots , des plies , des raies , U julienne . la morue , le merle , la poule de mer. le rouget, quelquefois des tons , des esturgeons, des grondins , le strelet , poisson de h Baltique, les loups marins, le homard, l'éem lise, des souffleur*, le chct.il marin, une prodigieuse quantité de marsouins, peuplent ces mers.
On se soutient d'une haleine échouée sur la lieue de grève. On en vit une , il y a soixante ans, dans la baie de Honarnenez.
La drague fut défendue de tous temps dans cette haie, I De6>ulcdebJtimensosjieiil,de|iiiisqti(-|ques temps, enfreindre les lois et l'usage ; le représen-
t *nt M lans sa tournée , a du remédier à cet
abu» Il naît au fond des canx une espèce de mousse
grasse et gl mineuse que la sardine aime beaucoup , les dragues l'enlevaient ; les pécheurs étaient menacés d'une ruine prochaine Jamais année ne fut aussi féconde , en sardine , que l'an II de la république-
I>es pécheurs de toutes ces côtes portent leur poisson à Brest , à Lande rneau , par mer ; relui qui passe à Quimper, à l'ont-Croix, à Loc-Ronan, s'y rend sur des chevaux.
les oiseaux qui fréquentent ces parages sont ceux que j'ai cités sur toutes les ro\e* du Finistère, les bancs de sardines sont accompagnés d'un grand oiseau semblable au cigne; il a l'extrémité des des ailes noire, et le bec pointu. Les marins le nomment loudat , ou mouscoul; c'est peut-être Yalbalros de Cook.
Il n'existe point ici de grands magasins communs a tous I es habitans; chacun a ses propriétés , ses ustensiles , «es magasins particuliers.
Nous sommes dans le climat des tempêtes ; les ouragans jelent quelquefois vingt bateaux à la côte, le cap de la Chèvre est si dangereux qu'on l'appelle vulgairement la mort du marin.
La nier monte de dix-sept pieds dans les grandes marées. L'ouverture de la haie esj, défendue par deux forts dont les feux ne se croisent pas ; l'un d'eux est placé sur la pointe de la Chèvre , et l'autre à I.uguené.
les mœurs sont généralement bonnes dans cette partie du Finistère. 1rs hommes y sont d'une taille moyenne, les femmes assez jolies. I.es enfans qui peuvent être utiles dans les bateaux de pèche , y travaillent dès l'âge de neuf à dix ans; les nuits qu'ils sont obligés de passer, les orages qu'ils evsuient , les peines qu'ils supportent trop toi , nuisent à leur développement. On ne pèche ici qu'entre deux soleils , depuis le mois d'avril jusqu'au mois de septembre.
Il y a quelques Ilots dans la baie de Donarnrnez I.'lle île lauvcrcsl un rocher de cinquante pieds de tour , à une demi-portée de fusil de la terre , en face du cap de la Chèvre.
Kn s'approchanl de Douarnenez , à une lieue de Luguené , on voit un rocher trois fois plus grand que le précédent ; son sommet est couvert d'herbages. On y trouve des «ruf* d'oiseau qu'où ta prendre dans le mois de |uin : il s'appelle Us a.
le Coulinec, Ilot habité, produit des herbes qu'on coupe dans les mois d'avril et de mai ; b«unvip d'oiseaux ma-in* y font |i«ur* uids.
Dis-rmcr in poirr-cnou eji 1794.
l.c sceau de Salomon , fleur odoriférante , espèce d'hyacinthe , y croll.
L'Ile Tristan , sur laquelle est établie une batterie de deux canons de douze , n'est qu'à fttelqaw portées de fusil de Douarnenez ; deux gardiens y demeurent eu hi\er. Ou y voit une maison et des magasins de sardine. Quand la nier est liasse . (»n s'y rend à pied sec ; elle peut avoir un quart de lieue de circuit. On y cultive des grains et fa léguincs; l'Ile est nue. On y voit cependant quelques sapins et quelques peupliers, et dans uuassezgraud jardin mur»1 , des arbres à fruit et des noyers. Des \ h lu s , dis chevaux trouvent à se nourrir dans les terrains non cultivés. Ou sommet de l'Ile ou a la vue descelles, de la Laie, des rivières de Trcboul , de Poul-David , du joli clocher de Flouaré , d'une multitude danses, de rochers , de montagnes ipii varient d'aspects à chaque pas que vous laites sur l'Ile. Fontenelle , ce fameux brigand qui dévasta, sous le régne de Henri IV, une partie de la lir. - Ugae , s'y réfugia , s'y maintint long-temps ; un ami de la solitude y vivrait heureux.
Henri IV, en 1699 j lit démolir les forts de Douarnenez et de I ile de Tristan Fontenelle péril sur l'échafaud ^il avait trempé dans la conjuration du maréchal de Biron.
« Il est certain qu'il existe sur l'Ile Tristan des pans de murs de trois ou quatre pieds carrés . indestructibles , restes de I iliUflM de la | lus haute antiquité. Ils sont formés d'un mélange de petits carrés de granit de cinq à six pouces sur toutes les faces , régulièrement assemblés dans un mastic formé d'un mélange de granit pilé , de pierres schisteuses, de coquillages , de quartz, de chaux et de sable de mer. Ils ne peuvent être les débris des fortilicatiuus que , par ordre de la cour , ou démolit après la mort de Fontenelle ; ce brigand n'eut ni le temps . m les moyens nécessaires pour se fortilier avec celle solidité. Si cependant ces masses é| aises ont été renversées a cette époque , elles tenaient a quelque balisée ancienne ; leur examen le démontrerait a l'homme le moins exercé dans l'étude de l'antiquité.
• Il est certain également que j'ai trouvé dans une anse de la baie de l'osgal . à dix pieds de prolondeur en lerre, des quartiers de maçonnerie de 1 '< spece de ceux que je \ iensd'iudiquer dans I ileTristan. l u pan de murailles tombé sur le rivage , et ions h-, jours battu par la mer depuis :?(> ans, n'a pas perdu de sa dureté, pas un cailloux n'en est détaché
par les vagues. Dans celle anse, au milieu d'éhoulemens qui se sont faits sous mes yeux, j'ai Irouvi de superbes In iques de dix-huit pouces de long sur q ii i i ize pouces de largeur , dont je conserve un grand morceau. Tous les environs de la baie offrent de semblables débris des époques les plus reculées.
» Il est certain que l'honnête Hcrléf.henay , municipal et pécheur de Douarnenez, trouve, à la pointe du Raz, des murs à quatre ou rinq brasses de profondeur. Son ancre s'arrête sur ces murs ; en suivant leur direction, il ne sent pas d'illégalités connue il en remontrerait sur des rochers . eu la laissant tomber des deux côtés. Il calcule que ces murs oui une hauteur de trois ou quatre brasses. Lu les suivant latéralement , son ancre glisse sans obstacle , ce qui démontre la vérité de ses observations , consacrées d'ailleurs par la tradition die/ tous les habitans de Douarnenez , des cotes et de Crozon , et par tous les pécheurs qui fréquentent i es parages. Il est certain que, dans les fortes tempêtes , quand les sables de llis sont enlevés par les fureurs de l'ouragan , ou aperçoit de larges troncs d'ormeaux d'une couleur noire, au fond delà baie; ils ont une apparence de régularité dans leur position.
» Mais un fait plus incontestable encore , c'est que, près de I lis, sous vingt pieds de lerre, à vingt pieds au-dessus du rivage , j'ai trouvé des débris «l u ne telle antiquité , d'une telle beauté , qu'aucune ruine de llulien'oflre un travail pluscurieux, plus solide , plus dur, et qui remonte à des siècles pins éloighés.
» Ce que j'en ai vu , par un temps abominable, sans instrument qui put m'aider dans ma découverte , est un parquet de dix-huit pouces d'épaisseur , espèce de marqueterie composée de petits carrés de pierres et de briques , couverts d'un bel enduit , dont le temps n'a pu détruire le poli , malgré des chutes d'eau qui l'attaquent sans cesse. Sur la gauche de ce débris indestructible est un mur très-épis , formé de carrés de granit , recouvert d'un enduit de ebaux , de brique et de sable de mer passé au tamis , aussi dur que le marbre , poli comme les stucs préparés pour la peinture dans les environs de Cumeselde l'ouzzole. Cet enduit a cinq pouces d'épaisseur.
» J'ai des montres assez belles de ces mines précieuses , qui m'ont prouvé, pour la millième fois, qu'il ne faut pas dédaigner les prétendues riWffin des peuples, sous quelque caractère de folie qu'elles
«e montrent , aVe quelque* plaisanteries, drfdain , quelque sourire qu'on k ▼oyngenri,
- Us croit des «tirons de Pont-Croix ont quelque chose de particulier. Elles portent sur drs massif* carrés ou triangulaires, de 10 à 12 pieds de large et de 7 on 8 de hauteur , ornes i et d'oroemens gothiques; ces massifs
• On trouve souvent, dans les environ!» de TV>«iarnenez , a quelque profondeur sous la terre , des espèces de fours en briques ( c'est sous ce nom qu on me les a désignés ); Je n'ai pas eu le temps d en mire découvrir. Ces prétendus fours pourraient être d'anciens tombeaux.
» Ij petite église de Plouaré , à un demi-quart d< lieue de Douarnenez, est fort Jolie. Ses roniirlies ont ii ne hardiesse, une grandeur qu'on nerencontre guère dans les hitimens gothiques. Elle est bien éclairée. Le baptistère est de marbre noir veiné de blanc. On ne peut voir un clocher plus leste , plus élégant. Dans une des chapelles de cette église, j'ai remarqué une rêne passablement peinte et d'un agn-ahle coloris. Grande variété dans les têtes dan» les attitudes. Cet ouvrage est tres-anacu ,
»u.t drmeaie eufoai iUtu tua c.ulogor , et .(g ug m-ojI.Uh
I avoir onblie Ko* antiquaire* devraient , d'an
> i taira de» recberc.br* dan* lu endroit* indique* ici par da > oyift. tl «I pmtublr qujb parviendraient * '. l.'aboti<lenre dn loilri , ce parquet «U Came* rt de Poaasol* , njne. ■■■Imwii .aei.u.r d»
ra.nc* roroaior»- Apec* celle* qui ■>■>• rte drtaiiTcitrt «u rnn«»u.p.i M. IhiiuactialUcb, tl n ni ploiperaiu de rc.rr
enperer «vec ration de deconvrw d *alre* trace» d« leur •»,'.« parai duo*. J'ai ti mm le* maint da directeur Je* dioane. d« Hrr*l on matrtsa dr marqueterie J, bu.. pou.™ <ki». qui avait rte trouvé lar U grève de bouarnenei , rt
d* parquet. Ce» ind militas * tW* «V ce coté de. tonale*»
I adn.trnU.
i, ■* cwn, espw « itcniiiuiir »u«n(« n* Ce*»**. Ce wwinii , qoi eal fort igean qiiilili . cet un don. da cardan*! fecb aa mul nardecia Laconec Celui-ci. qui n... breton. qn.tu Pan. et le. pnnec*. dont .1 eta.t le t»edrr.n , puer venu* m feukUr * l ui da p»jt dr Ij
nt 1794.
Le roeber de Flum'.nio , plus près de nene/ , rat jadis bahité par un ermite. On voit encore la porte et f,eax pignoos de sa cellule.
On a fait un cantique de l'histoire de cet ermite , dont voi ci le titre :
Cwdictpiriluetcomposrtgant an Uui JuUan.