L. Dcrien t imprimer
I-a m.'ere d'un jeune gentilhomme , ne pouvant le soMTrir , le chasse en Inî donnant trente éeus. Il part avec l'ordre de cacher son nom et de ne se présenter jamais dans la maison paternelle. L'enfant , le cœur serré , la larme à l'œil , entre dans une église ; il voit sur un autel l'image de la Vierge et celle de Saint-Corenlin. - Hélas ! je suis orphelin , leur dit-il , ayex,pitié de moi ; serrexmoi de père et de mère. — Eo quittant celle église, il trouve une femme affligée ; elle implore sa charité : son mari venait de mourir , et le curé, cruel , intéressé, lui refusait lasépulture. - Faites enterrer votre époux, pauvre malheureuse, lui dit l'aimable entant; teue/, v nila rues treuteécus. — Il la quitta , sans songer a l'atTiru, état dans lequel il allait se trouver. Manquant d argent , mourant de faim , il s'enfonce dans la forêt , résolu d'y passer la nuit.
I ne dame vêlne de blanc se présente; un prélat en habits pontificaux riiilerroge, le console et lui dit : — Rends-toi dans le manoir voisin, on t'y donnera du service. — Je suis gentilhomme. — Qu'importe? — Tout disparaît.
An point du jour, faible, glacé, l'infortuné jeune homme se présente au manoir; on le retient. Il montre a lire a la demoiselle de la maison ; il est aimé. la" père, très-bon homme, consent à lui donner sa IHIe ; il l'épouse. I n vieil ourle, orgueilleux et méchant , ne consent point au mariap-, qu'il crojaitsouiller sa maison ; il dissimule. Noire
qui l'a conduit an toeabren. Avant ta narart , il leaj ne • ton •fin* pemneiale ce bran cferut , dont «a
I] y a qnrlqae* année* qne la fondre frappe le rlorber d* Ptonarr (élevé de toopied* et *an* paratonnerre, conune loua
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jeune homme, heureux , bénil la Vierge et monsieur Corenlin ; bientôt son bonheur augmenta, sa femme mit au monde un beau petit enfant.
In jour l'oncle vindicatif invite à la rhasse du lièvre notre jeune homme conlianl. Les chiens les mènent entre Ris et Tresmalaouen ; la mer était courroucée, furieuse, et du haut d'un rocher nos deux chasseurs la contemplaient. L'oncle inhumain (qui le croirait?) précipite au fond des abîmes notre bon, notre généreux, notre nul heureux gentilhomme. 11 invoque dan? ce danger la Vierge et le bon père Corenlin : l'eau se condense , lui forme un lit doux comme le duvet , et le porte , sans le mouiller , près de Douarnenez , sur notre Ile de lluniiiiio.
Là , nourri par Saint-Corenlin , il fît pendant cinq ans des prières à la Vierge et à ce bon saint ; il leur bâtit une chapelle , pria pour les infortunés, songeant toujours à sa femme , à son joli petit enfant.
Son exil se termine enfin. On ignore comment il dura si long-temps ; mais, dans la conduite des saints , il faut du merveilleux qu'on ne doit ps tenter de pénétrer.
Quoi qu'il en soit, un soir, au coucher du soleil, assis au pied de sa chapelle , il vit avancer un vieillard à cheveux blancs, à barbe vénérable . qui lui propose de le passer au continent, mais luidemande une récompense. — Je vousdonuerai tout mon bien. — C'est trop, j'en accepterai la moitié. — On y consent, on part; fût-ce à pied sec? fut-ce dans un bateau, dans une auge de pierre? la mer , se desséchant , leur fit-elle un passage? la chronique ne ledit pgg. Ces manières de \n\af,er étaient communes du temps de nos pieux ancêtres. Ils arrivent enfin î le vieillard disparail. Celait l'ombre du malheureux que, pour les trente écus. on avait mis en terre.
L'oncfe était mort , dévoré par les rats , et son àme aux enfers expiait tous ses crimes. Son beau-
père , sa femme et son enfant étaient vivans et le pleuraient ; il arrive : transports , embrassemeus . excès d'amour et de bonheur.
Au bout d'un an, le vieillard qui l'avait délivré de sa prison arrive; on l'embrasse , on l'accueille.
1 rvlriir oc . pluMf-ur» poiuntu qui indiquent que t edilic* lui roeutruil par If proJuit Un prrkrt faite* »ut la lune de Don-
Après quelques mots vagues, il annonce qu il vient réclamer le paiement qu'en quittant Fluminio on était convenu de lui donner En un moment, l'or, les bijoux ,les meubles, tout ce qu'on possédait est partagé sans chagrin , sans murmure, avec reconnaissance. Vous oubliez, dit le vieillard, de me livrer la moitié dece liK qui fait partie de votre bien. — De mon enfant?— De votre enfant : obéissez, Dieu le commande. Souvenez-vous du père des crovans : quelque cher qu'il en coûte, on doit tenir à ses eii-.i-eineiis . mais les contracter avec prudetm,
Jamais la Vierge, jamais Saint-Corenlin n'arrivèrent plus à propos.
Ia Vierge lui dit en entrant : — Ta générosité, ta pitié , ton dévouement , méritent une récompense ; tu vas la recevoir.... — Le père expire, l'enfant meurt, \a mère , la tendre épouse qui les voit s'élever au ciel , dans le voile de Marie , soutenu par Saint-* iiretitin . en attendant le un-me MH . M retire dans un couvent. Le vieillard rentra dans sa tombe... La mère, privée d'héritiers, donna tous . ses bieus à l'église.
Priez la Vierge et le bon Corenlin ; faites l'aumône aux serviteurs de Dieu.
Cléobis et Biton reçurent autrefois une pareille récompense. Ces deux faits démontrent aux hommes que rien n'est plus gracieux que la mort; mais l'histoire bretonne , n'en déplaise a la (.rece orgueilleuse, offre plus de moralité que celle de Cléobis et de Biton ; ce qu'on démontrerait , par un long commentaire , si l'on pouvait s'écarter si long-temps du sujet grave que l'on traite. Un épisode passe , mais de la morale !
Il existe sur la côte de Crozon quelques autres Ilots ou rochers , sur lesquels on coupe une herbe excellente pour les bestiaux. On voit sur cette côte des grottes de trente-sept à quarante pieds de hauteur, dans lesquelles on pénètre avec une chaloupe pour en chasser les cormorans, les gods et les goélands. Us sortent en poussant des cris aigus ; on peut alors saisir leurs œufs et leurs petits. Les grottes, dans l'intérieur, ont soixante à quatre-vingts pieds de largeur , et trente à quarante de profondeur ; le jour n'y pénètre qu'à peine ; la mer, dans les momens d'orage, s'y précipite n bouillonnant, en couvrant le rocher voisin d'algues, de sables et d'écume.
L'hiver, ces grottes sont impraticables : mais
dans les jours calmes de l'été , les pécheurs quelquefois s'y mettent à l'abri , y font un repas sans
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appr.'t, y chantent d'uni* voix ou leurs amours» ou de*
I>ans les grottes il** Nizita , sur les revers du Paosilippe et sur la cote d> Pouzfole , les conquérjns iit> l'univers , avec moins d'appétit sans doute, fai suent des festins plus splendides et répétaient peut-être avec moins de plaisir les vers d Horace et de Virgile.
A la pointe de la Chèvre , on nomme une de ces eaweToes , queo charivari ( la cave du charivari ). I^rn», lessifOemens, les chants variés des oiseaux qui b quittent ou qui s'y précipitent , Tout bit im mimer ainsi ; on y trouve surtout des god*. Cet animal est beaucoup plus petit qu'un canard ; s<s ««fa sont deux foi* plus gros que les œufs de cet
J'ai déjà dit qu'à la pointe de la Chèvre oo trou- \*\\ »le* ru ines anciennes. C'est la qu'était , suivant h tradition , la supertie ville d is, gouvernée par le roidralou Je tais vous en donner I histoire Les iras graves ne me pardonneront pas d'avoir mêlé des contes, rte* merveilles, à une description du Finistère ; mais en décrivant les mœurs , l'esprit , l'état d'une race , peut-on ne pu sou , rte ses écarts , rte son imagination ? est mon modèle , lui qui nous a conté tant rte balitermn des Rires ! Je n'ai ni son génie , ni son style , .je parle de la liasse- Bretagne; il ■et d'Athènes a des grecs, à des
la superlie ville d is, c'est ainsi qu'en parlent le» légendes, les cantiques et les bardes de la Bretagne, était sous la puissance du roi Gralon ; tout* espèce de luxe et de débauche régnait rtans cette opulente cité. Eu vain les amis de Dieu , les plu* saint* personnages , y prêchaient 1rs mœurs et la réforme; Saint-Guenoié lui-même y perdait son lil i d « \ ^^Tv 1 1 I^oâfitit ^ A I Jv? m ro I t ^"*0 \} I o ni la pudeur et la modération naturelle à son sexe , y donnai! l'exemple de tout genre de dépravation. L heure de b vengeance arrivait; le calme qui
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U musique, l'amour, le via, loute espèce de spectacle et de délmuche, cuit raient , endormaient les habitaas endurci» de la grande Mlle.
I.e roi Gralon , lui seul , n*élait pas insensible à la voix du ciel ; il assistait aax saints oftees , H fréquentait les serviteurs de Dieu.