‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 58 sur 159 · DISTRICT DE OU · texte numérisé non relu

DISTRICT DE OU

Le territoire de Nevez est plein «le monticules, fertile et parfaitement cultivé. Il fournit beaucoup <lc froment, de l'orge et peu 4e seigle (I). Cette commune donne sur la mer; cllecsl côtoyée par la rivière de Ponlaven (2) ; de grandes pierres de taille plates , longues «le sept à huit pieds , comme à Trégunc près Concarneau , comme celles d'ardoises près de la Feuillée, entourent les champs et les fourtils, ce qui produit un singulier effet. Point de bois dans INevez ; on prend dans Ni/on le bois de chauffage.

b's muitrs de tous les environs sont douces; l'ivrognerie c-t le seul vire qui y règne, chez les femmes même. On n'atrouvé depuis vingt ans, dans Nevez, qu'un seul enfant dont le père fut inconnu, lis habitans portent des culottes à la matelote, un grand gilet à capuchon , des souhrevestes ; presque tous sont mariés. La pêche est abondante sur la côte.

Bernard, homme qui, sous un extérieur agreste, avait la patience, le zele et l'amour de l'étude, qu'on rencontre rarement dans ces contrées , s'y dévouait au métier d'instituteur , servait de greffier , de municipal , faisait tout dans celte commune : il y mourut assassiné comme le malheureux Gourlaouen , à Quérien.

Ces deux hommes , sollicités par le disti ï< t , après de longs refus, cédèrent à la considération du hien public, en annonçant qu'ils seraient poignardés. Us y remplirent tout genre de fonctions, car, dans ces communes , l'ignorance de la langue française oblige à résidence quelque homme qui connaisse les deux langues, un commissaire qu'on charge de tout diriger. On peut , on doit les honorer comme des victimes qui se sont généreusemenl sacrifiées à leur patrie avec la certitude de périr. I-eur famille attend les faibles dédommagemens, et leur mémoire les hommages qui leur sont dus par la nation reconnaissante.

Gourlaouen fut forcé d'abattre l'arbre de la liberté; on coupa son corps par tronçons, comme l'arbre qu'il avait frappé; on les éleva par assise comme une espèce de trophée, en défendant aux habitans d'en approcher. Trois jours s'écoulèrent sans qu'on osai lui donner la sépulture , et ce spectacle déchirant , effroyable , fut sous les veuv des malheureux habitans de Quérien.

(i ) Un peu plu» hant , Cambrj dil tout le conliauc.

* (•) Lian ritirre d A»eo-

PERLÉ El 1794.

lis communes d'.Xrzano , de Quérien et de Guiligomarc'h , éloignées du chef-lieu du district , voisines du pays qu'habitent les chouans, sont

dans un état de terreur et de dénué ni tpii ne

leur permet pas de manifester le patriotisme que les autres communes ont démontré; avec quelles difficultés , d'ailleurs , peuvent pénétrer dans ces pay s sauvages le- principes . hases de la révolution ! pas un individu ne sait la langue française. 11 n'est pas d'état plus funeste, plus déplorable que celui de ces malheureni. S'ils obéissent aux lob républicaines, on les poignarde; refusent-ils de s'y prêter , on les met en prison. Une force armée les protège: mai- c'est la nuit qu'on assassine, et les soldats ne peuvent être sur tous les points d'un canton vaste , coupé de bois, de fossés, de rivières.

Les chouans ont , jusqu'à présent , lait de vaines tentatives pour organiser , pour faire lever le Finistère comme le Morbihan ; ils se borneut présentement à ravir les jeunes gens des campagnes , qu'ils arment contre la république. On ne connaît point de moy en qui puisse s'opposer à celte violence. Les bretons habitent des maisons isolées , sont privés d'armes , et ne peuvent offrir de résistance à six hommes qui les attaquent (3).

Sans dénigrer le patriotisme des autres communes , celles de Quimperlé , de Bey , de Moélan , de Clobars , montrèrent le plus de dévouement à la révolution. On ne joignit point à ce dévouement les crimes , les atrocités , la barbarie d'autres communes; on y désirait, sans secousses, sans violences , une réforme nécessaire , et , dans ces contrées écartées , on avait la bonhomie de penser qu'elle pouvait s'exécuter sans fureur , sans boulcversemens et sans vengeances.

Le district de Quimperlé touche , près de Scaër , à celui de Carhaix, et par une assez grande surface au district de Quimper ; le Morbihan le borne

p) Ce que dit ici Cambry «I de la plu» parfaite juatraar. Eo Bretagne , comme dira la Vendre , il »ufïit de quciqn** bandca d'bommea delerminéa |>oar aoulercr le paya, en aaeuaçant de U mort ceux qui ne marcheraient paa dan» leur» rang*. La) penr a rte dans l'oncat le plu» grand mobile de 1a chouannerie, lïoe foi» cetlr rie vagabonde et dramatique adopté* , beaucoup de no» breton» U trouveut attrayante et t'y. attachent : leur parease et leur imagination romaneaqne t'arrangent merveilleotemenl de cette a»entnreo»e e»i»tence , qui a'eotrelienl par le vol et «écoule an milieu de» alternatif» de joniaaanee» , de privation» et de peur : m u», primitircmrut , c'eat pre>']uc tonjour* la foicc qui lr» > jrtte.

district tac ounrutii; E.i 1731.

• l'est : la partie du sud touche la mer. Une barre, i espère de fleurs crauelli'sent un parterre ; les I

fini ijYxislail pas il y a quarante ans, s'est formée ao Peoldu , i l'embouchure du Laila. Des bancs de ub le, changeant de position à chaque marée , et des arbres lombes dans son lit , rendent trés-duTicile l'entrée du port de Quimperlé, «ilué par les cinq degrés cinquante-trois minutes dix secondes de longitude , et par les quarante-sept degrés cinquante et une minutes huit secondes de latitude. Jadis des barques de Cent tonneaux se rendaient jusqu'au quai de cette ville ; celles de cinquante y parviennent présentement avec peine (1). La mer s eine , tu quai, de sept a huit pieds dans les hautes marées.

Les communes maritimes de f.lohars et de Moélan ont de grands rapports, et par leur voisinage et

fortes sur la côte , couverte» de froment ; légères dans I intérieur. I>e l>étail est abondant , mais jielil dans ré canton. On s'y procure des chevaux dans *>ni -Croix, aux foins de hml-Duvid. Ou y nourrit peu de niouloa» ; o tres-graude quantité , dans tifs landes et de serpolet.

Toute la cote , à trois quarts de lieue dans les

mcaux. Ces* de tous les arbres du pays celui qui réunit le mieui près de ors mers : les sapins , les prusMcrs , y pourraient former des rideaux comme à kerjégu ; à leur abri , toute espèce d'arbres prospérerait.

Rien de curieux comme 1rs anses variées de cette ' , garnie de forts , de postes , do signaux. P... (J) et H... '3) soûl les deux plus agréables

terres contient vingt-deux métairies, entourées des rau\ de la tuer cl <l<* landes sauvages. On traverse landes semées de noirs rochers couverts de La mer s'aperçoit dans le lointain : vous ne plus trouver de terre végétale , tout-àcoup des fossés , des champs et des vergers fleuris , la plus riche culture et des prairies artificielles se vos yeux. Des allées d'arbres avec symétrie servent de promen oir muvariés du rivage. Toute

prnf«*l y

g unies les plus savoureux , les meilleurs fruit* , des milliers de melons , nés en pleine terre , ou sur des couches , la chair la plus délicate , les vins les plus recherchés, l'hospitalité la plu> aimable, vous attendent. Vous vives sous un toit fort simple ; aucune espèce de luxe ne règne dans cette retraite; elle n'est parée que de bassins de (leurs et des grâces d'une espèce d'enchanteresse, dont les (\euaud , les I loger , les Médor de Bretagne ont souvent essayé de triompher. — Elle a grand tort.

M. K... (4)sereUradanslacotnmune de Moélan. 11 y forma la terre qui conserve son nom, la planta, l'embellit ; sa veuve épousa M. *" (5j, l'un des sages de la révolution. On fit auprès de lui vingt tentatives inutiles ; il ne quitta point sa patrie, prévit le sort des émigrés, les plaignit saus les imiter , régla ses métairies , sut féconder des terrains infertiles , et fit du bien à tout k inonde. Dans les mesures générales qu'on prit contre les nobles, il eut pour défenseurs, pour répondus, tout le district et sa prudence. Ou essaya vingt fois de le troubler, mais ou trouva toujours le

C'est à K.... (6) qu'au retour de mou vos âge dans le Finistère je commençai la description que j'achève ; c'est dans la société douce, aimable de ses habilan* , c'est sur les rives de la mer , dans les jardins , dans les rians vergers du voisinage , que je nie reposai* et retrouvais les forces dont j'avais besoin pour surmouler les dégoûts et l'ennui nécessités par la révision de cent mille notes prises au hasard, a la volée. M.... (7; a servi , s'est distingué daus les guerres de Corse. Blessé, décoré de l'ordre militaire, il quitta son étal avant la révolution. C'est un de ces guerriers qui n'ont point dédaigné les muses ; son esprit est orné des plus jolis vers de nos poètes ; il lit avec facilité le Tasse , l'Arioste , Pétrarque et cette multitude de poètes italiens qui parent sa Jolie bibliothèque , près deTibule.de Juvénal , de Martial et de Virgile.

Tout homme qui voj âge, qui visite les cotes, est accueilli , reçoit des notes instructives , et part enchanté des hoirs de K ...

Si U commune de Moélan ne céda pas aux uu-

Sun».

il>j krfjrgw.

DISTRICT DE Ql'IMPERlÉ EU 1794.

pulsionsconlre-révolutionnaires ; dans la désertion d'une partie des gardiens de la côte, si ceux de Brigneau restèrent fermes à leurs postes ; si les impositions se sont payées avec exactitude , c'est à M... qu'on ledoit. — Ah! si les privilégiés a\. mut pris le sage parti de se retirer sur leurs terres , de renoncer à de vaincs prérogatives . ils y seraient heureux. — Que de sang n'aurait pas coulé !

Je veux donner une idée de ce qu'est une terre

enllretagne, et je choisis celle de k le ne

décris pas un palais , <(iiclque château de haut l'arage, mais une simple gentilhommière (I).

La maison principale offre une façade de la pins grande simplicité ; In chapelle , à droite en entrant . est placée dans une tourelle antique , dont les murs sont couverts de lierre. I.a cour est grande ; elle contient deux hàtimcns sur les côtés, . les écuries et la demeure des ouvriers. Une clairevoie laisse régner la vue sur le jardin , vaste, gâté par quelques ifs taillés pourtant avec recherche : «n l'aperçoit de la salle basse ; on en distingue toutes les parties des appartenons supérieurs. ta jardin , formé de grands carrés entourés d'arbres fruitiers en éventail , esl du meilleur rapport : les fruits y sont délicieux . les légumes parfaits ; les couches sont chargées, i, melons exeellens et de fleurs.

I ne charmille, des bancs de gazon . un bosquet de laurier , des fleurs , des plates-bandes , une corbeille , sont les seuls ornemens de ce jardin fécond.

Sur la gauche esl un bois . planté formerai et de charmilles , aligné avec symétrie ; il règne sur toute la longueur du grand jardin : c'est un lieu frais et solitaire , où la méditation , la lecture et l'amour trouveraient un heureux asile. Deux énormes figuiers, une tonnelle de coudriers , forment la principale entrée de cette retraite.

Une porte à claire-voie . à l'extrémité du jardin , vous conduit dans un beau verger, dont l'allée de pommiers précède une plus longue allée d'ormeaux ; elle règne sur une montagne , ne laisse apercevoir à son extrémité que le vague de l'atmosphère et du ciel.

Ce premier verger esl entouré de fossés , de haies vives, mêlées d'aubépines odorantes, dont les Oeurs . de couleur de chair , pourprées . ou d'un

fi) C««"« «>'*'M>o de («rnptgur ne»l plut habitée , « tlic •Jt d»o» un aLtfndon complet.

blanc de neige , se mêlent aux teintes variées de cent pommiers d'espèces différentes.

Si , sortant du jardin , laissant la grande allée , vous prcnezsurladroite, vous arrivez, par un tapis d'herbes fleuries, à la barrière qui ferme les champs cultivés; ils sont ( par un bois de sapins, de prussiers et de grands ormeaux , ) mis à l'abri des vents de mer. Il faut avoir vécu dans la Bretagne pour concevoir les agrémens d'une pareille promenade, les accidens de ces fossés , de ces globes de fleurs, supportés par des troncs noueux épars dans leschamps labourés. Des sentiers de verdure chargés de jonquilles sauvages, de marguerites, de glaïeuls humectés de rosée, entourent les fromens, les seigles, les blés noirs, les pommes de terre qu'on y cultive. Chaque saison varie ce coup d'œil enchanteur ; chaque disposition de l'âme lui prête de nouveaux effets : la tristesse , la mélancolie, n'y purent pénétrer qu'à l'époque où la France entière fut entourée d'un crêpe noir.

I .a clialeur du soleil vous force quelquefois de préférer le bois riant qui touche au manoir principal. On s'y rend par une allée double de grands arbres ; on se promène, on s'assied sur la mousse; on descend aux prairies, au moulin, dont les ombrages sont plus épais et plus frais.

Que j'aimais au printemps cepré, dont la barrière est en face de la porte principale de K.... — Il est couvert de foin terrien , dont le fond vert est de loin surmonté par un voile transparent de couleur violette, formé de têtes de jonquilles que le zéphir agile mollement. Il est coupéde boutons d'or , de perceneige, de marguerites, de plantes aux rameaux légers , et de fleurs odoriférantes. Des pommiers , des poiriers , placés sans ordre , surmontent ce riche tapis ; des cerisiers, des frênes, de* figuiers, d'énormes marronniers,des arbres encore sans feuillages , un grand cintre d'ormeaux , de frênes et de saudres, le bourdonnement des abeilles, léchant du coq dans le lointain, le vol des papillons, un ciel pur, un air vif, varient à l'infini les douces impressions que ce beau lieu fait éprouver.

De là vous parvenez , par un joli sentier , au bots qui conduit à la mer. Vous la voyez à travers le feuillage ; elle pénètre dans une anse quipeut porter bateau à trois cents pas de la maison. Vous suivez ses contours , et vous arrivez à Brigneau. C'est le siège d'un rorps-de-garde de signaux et d'une batterie de canons de vingt-quatre. ta vaste mer est sous vos pieds ; votre œil suit les sinuosités du ri-

en t7M.

Vï£e ; il aperçoit dans le lointain toutes les Iles des f.Jénaiis, en fare l'Ile «I** Ciroi x . Sur b ^atirhr . les trrre* qui forment l'entrée du port de hirient. le dernier rnml>nl «les an-lai'» et des IV.inçiis , wnts (.roi* . vp voyait de Uri'n'ilt • ni. L escadre anglaise . pendant «a station 3 Ouilirron . évoluait |i»u» les jour» sous nos \ en \ , pn^rpia la portée du canon. Ouand les «raùdes variétés de IMii. ses leinp^les , se* couleurs , les levers, les couchers du solnl . cessent de vous orruper . est-il d'amusement plus dou\ cl plus piipianl que de parcourir m i i- *j£e% , d'être témoin de 1 indiMi ic , des renl mille moyens que I homme emploie pour aider a sa subsistance.' L un, au milieu d u ne mer a [; née. isolé. mit un pic . une lipiea la main . letid tin appas perfide an \ rougets . aux grondins , a toute espère de i ; l'autre, armé d un Iridi ni . d'une e-prer , pammrl Unis les rren\ des nu hers. darde

îles puissions plnts , des écrev isves , d«*s homards ; des femmes délai ! le ul des liuilres . des hermines , o« rmieilleiil dans des paniers les mouillage*, variés qu'offrent les saldes ,.t les vases. Ce (puni fxtfuiDt //lancfi? </c roti/t<iu d.ms nos c.dnn< ts prend d'une manière assc/ particulière. Ou M ine du >*l Mir le salde; l'animal croit ipie la mer s approche , il uenl a la surface , ou le saisit. I' kiut

ce> ruvs , re>. petits travaux sur la cote . les pécheur* jellent leurs lilets , o(l les relèvent ; us spectacle si variés tout écouler les heures comme un moment, tl vous retourne/ au manoir, las, lurWs . mais pi np tant de repeter le lendemain rkaqut «vue de la journée.

On narre quelquefois les anses de ces rôles avec de fiwfis lilt ts de qualre-vin-t-div <>u mit M asses ; la mer d.-vend . ti.us les poi^,,,!* «pu se nai>rés dafis le*. I erre s sont arrêtes pir re> lilets : r>*l quelquefois I* pèche «le Saint-Pierre. Les huni- , les enfant, les pavN.insdu voisina;;.' . |>.iir.-iit avec de loties hâtons . 1» fwil.nt ,n,r les pied*, et furtcnt le poiss.m de céder ,i s.i cruelle de-liiMT. On tefaitiuille espiègleries.; les accideris, le» Huiles déterminent «les éelats de ru r ipie te, sau li.in répètent. ( ,•!(,■ K;n. t, !iniv.,rner.im; r lllél.imolnpie qui \enait Imulder v.in jdusirs, le madrigal hueineiix imi fade ipi'.iri préparait a M maîtresse . ,-fle rappelle m iiu.ude . a l.ivM-iété (e.sde.i\,lrrs,]i,i Luddiaunt. An : pour

«lU^I t'iUles p m ruées n-- • éi'i m lent- elles ; in

loin de la

friable , dérnmpo^ , découpé eu crêle de les crt*|nî!lag<*«. qu'on y Irouvo sont varias, de ( leurs »ivrs , mais tr^s-prtits.

I es rnehers (pii lourlient la mer Sf>nl rnnverls de lépns et de perce-pierre. Leurs sommets, ipii s'éle\ent ici de soixante a soixante - dit pieds, portent une terre assez légère , des hruyéres , de l'rolie . des tioliers saiiva^i-s . du serpolet, de l'éti nielle , des jacinthe* de toutes rntiVurs. Toli> ces terrains sont chargés de troupeaux,

On appelle tiaiirs de Diane , près de Plaçamen , une nuique deipiatre |itedsdeprnfnndeiir . iletretite a quarante pieds de dijimèlr»> . ronde . ré-ultere, musée par la nature au milieu de rochers -triés, ciiiic.inm'-s. ou l'un peut prendre un hain délit iem.

II existe sur la cote de Urif,ne«iu , sur la rote de ( Iidi.irs. des -l ottes curieuses, h ^.uilTre de I'. ilaii-. uel. de loruie coiiupie muerséc, 3 trente pieds de t;irj;e d.itis la partie la plus élevée, et < iii<pianle pieds de profondeur ; la mer précipile avec un hruit Lilfrettx , pai une voûte de >epl a lniit pi, .N de h.iutenr. Uaiis les -ratidsM uK, quand ce piuillre e»t rempli . l'onde, pressée par le llul «pli siii « nie . N'éIfXeqiiet<|ltefoisau t)|\ eau de la terre....

le n'avais pas a vous décrire n> grands pal.iis de l'Italie, un lw-anv jardiiiNde Pline, deScauius, de I in uthiN. où l'.n t parait a tous les im «.iivi;nieiis d'un climat sec . ai ide et lirlllallt , ou de loi^s néri-tileN . ,„| des salles , formées de m!. mues c.i| iu- Ihi'-imes . reroiivci toile v otites épais,es. n-uiplaç.iifdt ces li.ica^es frais el ci n |», oi\ ilém. s de verdure <gni hoiin ( h.irnii'iit a k . . l'e- nnlliei s

.1 , n. |.hi-n Noiunis n,. N.Tirnl p., nit à îles |d.lisir>

.pt'.iin un lrav.nl . .[ii'.iii. une laitue lie Tait valoir;

de v.kIcn Nul.Nti d, ti-.n rnnserveoT pas les poiN-

s..i;n «pi on rli.niv-r ; .m n'a point percé de ilîotita^rie pmir adirer d uin i|cn !».is~ins de m.irf't'e f. .m salutaire dr la mer: un n'a point revêtu de il Lui tes aral»es.pjes et de p--|l!tlllVN re- lier, Ikcn le. j,; ,,t:es dtl rivage . on Von elierelie le Ii.1|n; ijn-t ^errét lires ne si.nl point a n,» ordres [nuit lir,' Walon .

Moin<-i i rimte la nature a tout fut pour

I lloil.rile.

Notre iiitwW- . nos Imi ris sur un saMe doré . de* [i;< |n simples ci délicats. mijn de V'^iir rt d'\v . m prêt, r.it'les ,u 1 ait rue. .. lUIn-his. \U\ le . Mi>- !i.tc . ou \ ..|i.,uk-. lus par nuils , lii-ire M.. I . s, s.u . >, ..revenanl; son

< r» cou-» uni f.»nil«'i-H de ^r.imt feui!|. lé. i-i. , • é . 1 *'.».*,•

DISTRICT DE OllMPHlLt EN 1794.

qui l'aime trop; H.... (1), élancée comme un lis; M m », qui vaut seul tout un cercle de beaux esprits, qui se plaît tant aux champs, et qui savoure la campagne ; l'ingénieur II.... (2) , qui nourrit son esprit aimable, éclairé, elsa ligueur et M jeunesse, d'un pain toujours insuffisant pour son vigoureux appétit; les nymphes de la P.... N.... (3); la demoiselle de P...., qui n'accepte jamais la main qu'on lui présente ; un climat toujours tempéré , qui ne connaît ni les glaces , ni les chaleurs , rendent ce point du lïuistère un petit paradis terrestre.

J'ai trouvé dans un manuscrit chargé de pensées détachées et de pièces de vers , à K.... , quelques idée* exprimées avec concisions, que je \.n> transcrire :

« Si vous voulez plaire au paon , parlez peu de son plumage, vantez ses pattes. •

• Dieu seul peut se connaître , dit le théologien... et voici son portrait :

» On exagère ses imperfections pour faire passer l 'éloge de ses vertus, comme on montre une égralignurc pour étaler un diamant. »

« L'homme savant qui parle ressemble à l'homme généreux qui donuc : cependant le pauvre tend la m. un , et l'ignoraut ferme l'oreille. •

« Le suicide jette un fardeau qui l'accable, laisse son bien à ses héritiers , sa place a son survivancier, sert à de nouvelles combinaisons, développe de nouveaux germes.... Il n'a déduit que ses douleurs. •

« L'homme lier s'abaisse jusqu'à son inférieur pour se placer au-dessus de son égal. »

« Si l'homme fut créé le roi des animaux , convenons que le tigre et le lion sont des sujets bien indociles. »

« Pourquoi l'amour est-il communément si peu durable? c'est que plus on s'approche, mieux on se connaît. »

■ Les beaux jours sont là.... On ne les voit pas, on les sent. •

• Tout peut occuper l'a me ; l'amour et l'amitié l'eu . nt seuls la remplir. •

« Le génie produit sur le commun des hommes l'efTel d'une musique savante sur les oreilles d'un bollentot ; elle l'étourdit. >

(i) Rouot.

(») Bigot.

(î) U Poitt-NtUY».

« J'évite la plupart des hommes , nou par orgueil , mais pour le fuir. •

• l ne merveille pour un flatteur.... c'est un homme sourd à sa voix. •

« L'avare même c4 sensible à la flatterie , mais seul il ne lui paie pas un tribut. •

> Pourquoi les poètes ont-ils si peu de fortune? c'est que personne n'a besoin d'eux pour faire la sienne. On ne ramasse point de vermisseaux pour le rossignol ; on donne des chardons à l'àne. »

m Voulez-vous qu'on rende justice à vos talons • parais^/ pauvre chez le linancier, roturier chez les grands, s.mx grâce ;m\ \ eux des gens du mon de.... Il faut qu'on se reconnaisse un point de supériorité sur vous , pour qu'on vous en accorde un peu sur les autres. »

« Si les prétendus philosophes savaient aimer la médiocrité.... ils ne déclameraient par tant contre les riches et la fortune. »

« Tel homme prodigue les conseils pour vous apprendre à vivre , qui ne donnerait pas un écu [tour vous empêcher de mourir. »

■ Si vous voulez me rendre heureux , faites que ce soit à ma manière, et, s'ils blessent mon odorat , ne me prodiguez pas les parfums d'Arabie. »

■ Il ii\y a pas d'hommes qui ne devint savant, si l'on n'enseignait que les vérités nécessaires. •

■ La contradiction entre les mœurs et les prin- < ipes apparens des anglais s'explique.... Us pensent avec la sagesse des temps , ils agissent avec leur caractère. •

« Il est une époque où les nations laissent les détails et ne gardent que des résultats, comme d'\lambert avait oublié l'arithmétique, et Voltaire tes règles de la grammaire. •

• Je n'ai point vu de bonne réponse à de bons vers : c'est que le génie parle et (pue U complaisance ou le devoir répondent. »

■ Les |>assious pénétrent chez l'homme comme l'ami dont il ne peut se défier, ou comme l'ennemi qui le surprend. — Comment leur résister? »

« ta magnificence est le moyen d'uu fat pour attirer les yeux d'un sot. ■>

■ La poésie voyagea jusqu'en Laponic, pour consoler ses habitait: de l'absence du soleil. •

■ Toute déclamation contre la raison est suivie d'un paradoxe déraisonnable. »

• Contraindre la pensée , la plume , ou la langue de l'homme, c'est l'obliger à une fausseté habituelle , ou à un silence impossible. »

toWTBicr nr. Qcntrtnti 1794.

• I d <y*lèmc nouveau rh« les philosophas ne

produit guère plus d'euel chez moi qu'une

savee

■ Supprimez les lois voos nécessitez le rriine. •

• La loi qui fait couler le sang le sang. L'échafaud est l'école 4e l « me les boucherie* sont l'école des bourreaux. >

. L'instinct n'est que le résultat de nos premières expériences. »

• La foire du sang est le souvenir de nos premier* plaisirs , le premier acte de la reconuaissaoce. >

■ Le plus inconséquent des hommes est celui qui n'est pas indulgent. >

que parce qu'il conçoit avec facilité ce qu'ils calculent avec peine. •

> Newton , qui soumit l'univers à ses calculs,

« rot fias deviué les tours de Cornus O tète

de I homme ! •

. Nous échappons à la paresse , mais nous y revenons toujours. »

• \* rhéne le plus majestueux marque moins dans une foret qu'un baliveau dans un taillis , etc., etc. -

Il n'y a pasunelienede cette terreà laP...N... ( 1) lieu retiré, bien boisé, poissonneux, embelli par un bras de mer qui pas** par Rélon et pVnétrr au foin dans les terres. I.*s huîtres de Rélon sont les pins grandes de l'Europe. Celles de Dieppe , de Cancale, celles de l'Angleterre, du golfe adriatique, sont moinsbonnes. On en voit en Chine d'aussi grandes , mais elles sont moins délicates ; ces huîtres sont parquées , conservées dans les réservoirs.

Au-deJa de Rélon sont les cotes de Nevei , Flaguenei , où les anglais déposèrent l'année dernière deux ou trois mille hommes, qui gagnèrent le Morbihan ; plus loin est la rivière de Pootaven.

La commune de ce nom est à cinq quarts de lieue dans les lerres. Ce petit poil de mer est le séjour le plus capricieux, si je puis employer cette expression italienne. Il est placé dans l 'eau , sur des rochers , aux pieds de deux monts élevés , sur lesquels

semblent prêts à se délarher ; ils servent de pignons a des chaumières, de mur» à des courtib. — Ces

blocs, descend us des montagne», gênent le murs *V la rivière, qui bondit contre tant moulins » placés sur les rives , s'en sont < me d'appui , pour y placer l'essieu de leurs rouages ; des ponts de bois les réunissent. Les coteaux sont habités , boisés , et d'un aspect exinaire, singulièrement variés ; le bruit des eaux , le bruit de vingt cascades, étourdissent le voyageur , comme les moulins à foulon de Dom- Quichotte , 1

Des bilimens de cinquante à neatix peuvent se rendre tout chargés jusqu'à l'espèce de quai , pratiqué par les habitans , qu'il serait très-utile de réparer, de continuer jusqu'à l'Ilot , sur une distance de deux cents toises (S). Desbàtimensdereiit cinquante tonneaux pourraient alors se charger à Pontaven. Je n'ai rien vu de brisé , de rompu , de cahoteux , comme la rue qui

doot les blocs inégaux fout faire aux roues des rhutes de dix-huit pouces ; sans les efforts des hommes qni les conduisent , jamais les animaux ne pourraii'iil faire franchir à des voilures, mciue à vide, des pas si dangereux.

Le* batimensde sept cents tonneaux peuvent , à vide, mouiller a f embouchure de la rivière de Cette rade est foraine , nuis as*

Les cotes voisines de la mer sont en ce lieu de soixante à quatre-vingts pieds d'élévation : elle* sont défendues par d«'ux forts ; à la pointe de cet

isaut rir> , wt* ri* iirrs j iiriir ti eau j»M.MiM»j^riit

à plus d'un demi-quart de liene dans la mer. I»u rorj>s-dc-garde de Raguévérhen , on voit dans les (•lénans, file Verte et la c6le : près de ce

bhé d'indiquer la presse de Douémn (3: et la | de kerjégu (4). Il en existe une autre à la rive opposée . près de Hosbras : la dernière n'est |»as en anivtt*1 . malgré les magasins considérable» qui

s'y trouvent.

On voit , sur le rivage de Nevet , a prés d un quart de lieue de l'embouchure de la nv*re de

■ I duit «*îrr »rb#*e m

DISTRICT DE QIJMtPERLE El 1794.

Pontaven, les restes du donjon du très-ancien château de Poulguen , dont les murs sont de fortes pierres de taille. On y voit une auge de granit , de sept pieds de long sur cinq de large . et de trois pieds de prorondeur. Le château de Poulguen était au bord de l'eau, placé sur un rocher, entouré de bosquets et de taillis. Il avait droit de tirer à boulet sur les bateaux qui passaient sans payer le droit d'entrée dans lu rivière; il choisissait les poissons les plus beaux , les oreilles et les pieds de cochons qu'on portait à la ville; il dhnait en nature sur tous les objets oY . i , im»ii qu'on allait vendre à Ponlaven. Sur la même rive, on trouve l'antique château du llénan, remarquable surtout par une tour plate et bien travaillée , établie sur un roc, à vingt-cinq pieds au-dessus du rivage; ses alentours sont très-boisés (I).

Quand j'aperçois ces monumens, je parcours aisément 1rs siècles du gouvernement féodal. J'y vois de grands seigneurs, leurs dames , leurs rufans , enivrés d'orgueil , de prétentions , dominantsurun las d'esclaves qui lesi oiisidéraienl, eux el leurs rubans , et leurs plumages, et leurs voile, de gaze d'argent , grands veux ouverts , bouche béante ; qui ne leur parlaieut qu'à genoux ; j'y vois des troubadours, des scènes amoureuses, quelques tournois, des courses et des luttes. Mais que je voudrais pénétrer dans les temps reculés pour nous qui précédèrent l'arrivée des romains; les temps bien plus anciens où les gaulois , wailrcs du inonde , vivaient sous l'empire des druides ! Nous avons bien l'idée des mœurs générales de ces siècles . mais les traits pai lu ulier», les détails, la physionomie du temps, si j'ose ainsi parler, s'évanouissent dans les ténèbres.

Les grains, fromens, seigles, avoines, sont la base du commerce de Pontaven. Ils s'exportent à Lorienl , à Nantes , à Bordeaux ; on y vendait beaucoup de bestiaux , une grande quantité de dindons , de canards . de volailles de toute espèce.

Les mœurs sont pures dans ces cantons. En général , leurs habitaus sont raressans , hospitaliers pour les hommes qu'ils craignent; ils sont d'ailleurs durs et peu scrviables. Les hommes de

(t) Ce château r«t da 14* siècle. On y voit ane tour brxaroae , de* meurtrière* pour pincer de* Ciuronocaus. , une chapelle , uu donjon avant une galerie doul I* baei.ii.Mlr gothique cl taille* à joor e*t cuarmaulc. Tout e*t J..u» nn étal parLut de i ooscrvauois.

Nevez sont plus fortement constitués que ceux des communes terriennes.

Point d'hospice, point de médecin, point de chirurgien , point d'accoucheuse à Ponlaven. Des paysannes se chargent de cette dernière fonction , tuent l'enfant qu'elles arrachent eu estropiant sa mère. A la connaissance «lu ciloveu Dcseourbcs, maire de Pontaven, plus de cent cinquante mlans, en dix-huit ans. sont morts de cette manière. Les mêmes accidens ont lieu dans Hier et Mizon, dans toutes les communes environnantes (2).

Il y a douze foires à Pontaven , el cinquantedeux marchés par an ; ou s'y porte avec une telle aflluence , qu'il faut une heure , quelquefois , pour traverser cette petite ville.

U s cidres du pays , ceux de Riec surtout , sout excellens.

On sème les seigles el les gros fromens en décembre, en novembre les fromens tendra, et l'avoine en mars.... On cultive du chanvre , da lin (3). Les habitaus commencent à s'accoutumer aux pommes de terre (4).

Plus des trois quarts des terres sont en friche dans ce canton.

La rivière de Pontaven est poissonneuse. Elle abonde en saumons excellens , préférés à ceux même de Quimperlé. I>es meuniers se permettent un abus qu'un devrait détruire , en les punissant sévèrement. Ils prennent . dans des poches, une multitude de petits saumons, qu'ils nomment glésils , dont ils nourrissent les pourceaux (5;. Sur les rivages de la mer, ou trouve un genre de palourdes, espèce de petits cœurs striés, en telle abondance qu'on peut en prendre jusqu a \0 tonneaux par mois, t'.etle nourriture est Uts-saine.

La pèche des éguillettes se fait la nuit , avec des flambeaux : la lumière, qu'elles croient celle du soleil, les attire dans les lilels, qu'elles saveul éviter le jour.

La pèche des merlus se fait aussi la nuit , dans le plus grand silence ; on les amorce avec de U morgalte.

(a) flitc poiscdc quatre scrur* blanc bu, qui donnent leur* loin* à Pontaven , Riec et alentour*.

(3) Cambry *e trompe ; on ne cultive pa* de lin dans tonl l'arrondiuement de Quimperlé.

(4) Celle culture a pn» depuis 1 5 ans an accroissmscot piodigicux.

15 j Le iiicm* abus existe toujours.

MSTirtCT Dr qmmperu eu 1794

Le climat de Pont aven, Nevei , Riec, de ces omtrées, est tempéré, très-pluvieux ; le» vents d'ouest y régnent les trois quarts de l'année.

La rivière qui sort de l'étang de Balance court du nord an midi.

Des granits, des moellons , des pierres micacées, sont les principales pierres du pays.

On y trouve quelques perdrix blanches O n doit rcttr es[iècc , dil-on , a M. de Tinteniac (1).

l'imagination a ses rêves ici comme dans tout le reste du Finistère , avec les mêmes caractères

d'originalité, de bizarrerie, d'antiquité On

porte aux saints , pour obtenir la gnérison du mal qu'on a , ou de celui qu'on se suppose, des enilTes remplies de grains, qu'on dépose à leurs pieds.

On voit aussi dans ces cantons quelques caqueux ou cacoux , espèce de parias proscrits , qui vivent dans les landes , éloignés des halntalions , sans qu'on communique avec eux : on les croyait , au quinzième siècle , (uns d'origine , séparés par la lèpre des autres hommes. Ils font des cordes pour Mihsisler. Les évéques, àeettr époque, ordonnèrent que ces caqueux se tiendraient au bas des églises, sans sa mêler au reste dot fidèles. Le duc François Il leur enjoignit de porter une marque de drap rouge sur un endroit appamit de leurs robes ; il leur défendit tout commerce , autre que celui de Il , de chanvre , encore ne pouvaient-ils le faire que dans les lieux peu fréquentés. Ces hommes , séparés des hommes, furent l'objet de mille contes extravagans ; ils vendaient des sachets qui préservaient de tous les maux , jetaient de mauvais lents , donnaient des herbes dont la vertu f.uvni vaincre à la lutte , à la course ; ils vous prédisaient l'avenir. On dit que , le vendredi-saint , tous les rj queux «ersenl du sang par le nombril. Ces malheureux profitèrent sans doute de te stupidité , de ta crédulité de leurs voisins. Beaucoup parvinrent a défricher des landes, à cultiver des champs iikin- •ionnés, qu'ils fécondèrent ; ils plantèrent de» huit , des prairie». On voit sur le chemin de Placamen un fort |oli village de caqueux. Le préjugé n'rst |du> aussi fort qu'autrefois, maison ne soi lie point encore à leur famille.

On faisait dire a Saint-8urlot ,aSaiole-Curnélie, de» mette» pour le repos de sou mari défunt; on

r.;uiifr.t rAnm.

les payait quatre fois plus , s'il s'agissait de guérir ou sa vache , ou son veau.

On voit aussi , dans ces cantons , quelques mon 11 mens druidiques. — Des vieilles pensent que toute une noce fut cliangée en pierres , pour une faute qu'on ignore (2) ; d'autres que les membres d'un avare inhospitalier, insensible aux malheurs du pauvre, furent ainsi pétrifiés, pour servir de leçon à la postérité , et porter à la charité les témoins de ce grand exemple.

Je rev ieus à Pontaven. I*s travaux les plus urgens dans cette commune sont Ie le rétablissement du pont principal , dont une partie n'est soutenue que par quelques poutrelles placées il y a treize ans , avec épargne , par messieurs de Pontralcc et de kersalaun. Ce pont sert de communication entre Poutaven , Coocarneau , Qu imper et Quimperlé. Il est indispensable au commerce de Melgven , de Nizon , de Nevei , de Trégunc ; l'état du pont est tel que si l'ennemi menaçait 1rs cotes de Nevex , de Trégunc , les canons de Lorienl ne pourraient pas le traverser (3).

2* la direction du grand chemin , de marnera que, sans faire un coude dangereux, il se rende au pont en ligne droite ; ou la construction du pont un peu plus haut, dans l'alignement du grand cbeuiiu (4;.

3" La prolonRaliiH) du quai (h).

fi* La réparation du pavé qui conduit an quai. J en ai déjà parlé (6)

U destruction d un grand rocher qui gêne l'entrée du port.

6° L'établissement d'une route qui conduise directement à Balance , pour faciliter les moyens de

(•) Il rmiM* p**» d« PaMaaval «a» pmrm dm. J.qom a«* loa.pp*1W, 4mm ht pcji. U» émm~m*-, Oa prrtwmd «»• <*••

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district de QciMpniLÉ rt 1794.

communication avec Scaerj Morlaix, Rennes , Saint-Brieuc, etc. Ce chemin permettrait , en temps de guerre, d'approvisionner les Cotes-du-Nord, qui ne le sont alors qu'avec un grand danger, quand il faut traverser la Manche. — On n'a que trois lieues de route à percer, saus difficultés, pour opérer tant d'avantages (I).

Le port , près de la ville , a vingt pieds de profondeur. Quand la mer est basse, son lit est à sec , il n'y coule que de l'eau douce.

I.es environs de Pontaven , la ville surtout , offriraient cent bizarreries au dessinateur qui voudrait y faire des études. Du chantier du citoyen Auraon, on aurait sous les yeux vingt points de vue, des aciidcns inimaginables. On voit dans ce chantier un grand rocher , creusé par le mouvement éternel des eaux de pluie. Ce creux a trois piedsde profondeur, quatre de large; il estdeforme ronde très-régulière. J'ai parlé de pareils travaux du temps, en décrivant l'iledc Tristan , près de Douarnenez.

A la descente de quelques émigrés , et de trois mille paysans sortis de Quibéron, Poiilavcn fut un moment en leur pouvoir (2).

Depuis la révolution , le citoyen Decourbes , homme de mérite, aimable et plein d'intelligence, remplit les places principales de cette commune, dans laquelle il a su maintenir jusqu'à présent l'ordre et la paix, malgré les efforts qu'où a laits pour les détruire et le corrompre.

I.a route de Pontaven à Concarneau n'a rien de remarquable ; elle est en bon état. Près de Trégunc , on voit un bloc énorme de granit en équilibre , qu'un homme meut avec facilité , comme près de Tréguier , comme au lluelgoat (3\

Ricc esta peu dedistauce de la Porte-Neuve. Des

pour ce chemin , qui Mra achevé daus l ou 3 an».

(a) Quand celte descente eut lien , on habitaot de Pontaven , somosé de crier wfcw, on d'être fusillé , préféra mourir que de proférer ee cri. Jusqu'au dernier moment , il ne cessa de crier rive la république.

(J) C'est on rouler s , pierre druidique dont on consultait

qtuirrt peoeent jatn<|uee.epouva{entctre de* pierre* d'épreuve pour le* maris qui soupçonnaient ta fidélité de leor* femmes. Lorsque celles-ci les avaient trompés , la pierre restait nnsaoliile. le rouler» de Trrgouc a été cubé par MM. Jacob, entrepreneur , et le rspitsiue du génie Morvanl. Il cube t ,» Jo pieds, et prie ?M,ooo kilogrammes.

gabares de cent vingt tonneaux peuvent se rendre à une demi-Iieoe de cette commune. Ou a, du clocher de Riec , nue vue qui s'étend jusqu am montagnes de Las.

Les chemins de traverse sont impraticables dans ces contrées , comme dans tout le Finistère.

Il me reste à faire connaître la commune de Scaër , dont le nom est assurément peu fait pour la musique ou pour la poésie.

En s'y rendant, de Quimperlé par Kimerc'h, on traverse le riche pays qui dépend de Balance. Cette route est difficile et fatigante; elle est quelquefois dangereuse. On passe sur des ponts sans gerde-fous, ou la chute des eaux effraie les chevaux ; leurs pieds glissent d'ailleurs sur des tables de pierres polies par le temps et les pluies. Les fermes qu'on traverse , en approchant , sont nues et presque abandonnées (4).

Scaër est à cinq lieues de Quimperlé. Ce bourg considérable est traversé par un chemin assez beau ; il racourcit de dix lieues la distance de Brest à Paris ; mais le défaut de postes fait qu'il n'est fréquenté que par quelques rouliers , des gens à pied , ou des hommes qui voyagent avec leurs propres chevaux. -,

Avant qu'on eût détaché quelques portions de son terrain, pour les joindre à celui de Balance , il avait environ douze lieues de circonférence. Le dixième a> cette étendue est passablement cultivé. Le reste n'offre que des landes , qui cependant , par leur vigueur , démontrent que la terre est susceptible de culture. Le pays en général est mal peuplé. Des échanges répétées de grains , de bestiaux et de denrées de toute espèce, eau-de-vie, vins , etc. , en font subsister les babitans ; ils parcourent sans cesse les foires de Chat eau-Neuf du Faou , de Coray , du Faouet. Dans la commune de Scaër, peuplée' de 500 hommes, on n'en compte que trois qui labourent la terre. Le reste agiote, commerce, est ouvrier, fait des sabots dans les forêts voisines; il y a vingt-quatre auberges dans ce bourg.

Deux forêts considérables couvrent une partie du canton de Scaër. Celle de Coatloc'h , rendez-vous de chasse de la duchesse Anne, où l'on voit les débris d'un antique château, a six cents arpen* d'étendue. Elle est en coupe réglée depuis cent

(*) Il y a une route vicinale ; de laleoec à Scaër , a»»ri birn entretenue ; on ne paser plu* par hiowrc'b.

DISTRICT »E QUMPUUX Cl 1791.

MB ; elle fournil il«*s bois d'une grande beauté , chêne», hêtres, bouleaux; de la bourdaine en remplit tous letvides. C'est là qu'il fallait ordonner aui salpëtrien» du Finistère de Taire du salin, sans employer k» laudes, la genêts, les ronces de pays dépouilles, qui manquent de rbauiïages. Ou a quatorze coupes de cinq arpens à faire encore dan% cette superbe forêt ; mais les charrois y sont d'une telle ifcûïrulté que j'ai vu des bois équarris l*rdus dans les broussailles , abandonné par leurs propriétaires. Celte forêt était entourée d'un mur épais , dont on voit encore les ruine*.

La forêt de Cascadec , exploitée depuis très-longtempa, couvre environ sept cents arpens de terre ; ses renaissances, ses hêtres et ses chênes, sont de la plus bel le espérance; on pourra, dans quatre-vingts aas, y faire de nouvelles coupes (I).

Cerantou produit du seigle, des avoines: le blé noir v réussit rarement ; on n'y sème point de froment. Si les eaux des vallons étaient mieux dirigées, lesgelées n'attaqueraient pas les jeunes grains, rt I on aurait de meilleurs l'oins. Il Luit mouler au clocher de Scaer pour jouir d'une des vues les plus étendues de la Bretagne. I^s terres qui l'entourent s'élèvent en amphithéâtre el forment une «haine de montagnes couvertes de bois. L "horizon se termine au nord par le* montagnes de Las; au nord-rsl . |..it les moolagnes Ni ii rv |,i mout.igu«'(h' Sainl.--ll.irlN- . a lest . s» ■ ••■if<>tn| avre les nuages, plutôt par sa distance «pie par son élévation.

I jes autres points de vue sont moins étendus , mais toujours riches de verdure. î-a foré! de Cascadec est dans le sud-est , celle de Coatloc'h au sud-ouest.

De là l'on aperçoit l'étal déphtrable des rues «W Scaer ; une eau félide , infecte et verte , se putréfie dans «h- sales rigoles. — Dans le ctrur de I éiê même, une boue épaisse empêche de les traverser. LUirer , ce bourg considérable offre l'aspect d un nuraz» impraticable (2).

Presque toutes les mais«in< de Scaer sont c«»umtrs «h- paill. . imomuiod. s ,-t uni fahriqi:. avec les plus riches matériaux , les pierres les plus belle»!

On en trouve de quatre espèces dans les carrières

( t ) OU a rte r»W* rm «tin; elle ni muntmint raUilln 1 co»jit«i| qtulrr lorrli d*rulr ditli u I <J« (Juiiapri \r , |en du dcC*»kry, « rl.iml ctlln de GmMO , de Osiliuclt H« Siarrc'h et de Iwnht,

[%} In «urt de S««i moi «i.j. oid Lui ro BjvtiUui tUU

des environs : le granit à gros grains , micacé , friable sur la côte.

I ne espèce de schiste feuilleté , qui se travaille avec la plus grande facilité dans la carrière , et durcit à l'air en fort peu de temps. La maison de la citoyenne veuve Guéguin est bâtie d'assises allernatives de cette pierre noirâtre , cl d'une pierre de granit gris, à petits grains, qu'on trouve à Saint- Michel , à moins d'une demi-lieue du bourg.

La quatrième pierre, assez commune , est un quartz cristallisé , du terrain de kerambars et de Saint-Jean , à trois quarts de lieue de Scaer. On a découvert, dans un terrain appartenant aux héritie» keransquer, des cristaux hexagones de quatre pouces de long sur dix-huit de largeur.

La merveille de Scaer est la fontaine de Sainte- Candide, klle n'est éloignée de la commune que d'environ quatrecenl* pas géométriques; elle coule sur ho fond «le schistes, se divise eu deux branches: une d'elles arrose des prairies, et va se perdre dans l'Isole; l'autre, dirigée par un conduit de quatre pieds de largeur sur quatre à cinq de profondeur, passe à côté du cimetière , remplit une cuve de granit , de quatre pieds quatre pouces de large sur vingt et un pouces et demi de profondeur , »e rend dans les derrières du grand chemin el se perd aussi dans l'Isole.

Cette fontaine a soi xantr pieds de longueur, seize pieds de large, et sept de profondeur: en hiver, en été , elle couserve la même quantité d'eau ; on l'écoulé facilement ; alors une riiupiaulaiiic de sources sortent en bouillonnant du fond schisteux de la fontaine. jaillissent a trois ou quatre pMCft, ! et remplissent en vingt-quatre heures , et ce bassin . et ces canaux. Rien de limpide comme cetti- eau délicieuse ; mais les terres qui s'éboulent , les feuillages qui s'y cQrrom|>ent, en souillent la pureté : il est indispensable de faire couvrir el le caual et U fontaine.

Dans la commune, vous supposez qu'on réuuil cette eau dans un vaste I .-mu . qu'on U dirige pour obtenir un l;iv«»ir , un abreuvoir; que chaque particulier la giiitle dans son jardin , dans sa cuisine ? >on : elle se rend dans la cuve de granit «k quatre pieds dont je viens de parler. Il h- est a ÛVur de lern*; les animaux s'y désaltèrent, des femmes y lavent. C'est la seule fontaiue de Scaer. I es romains eussent fait faire nu aqueduc de Soixante mille pour se | rorurer celte eau si uégligée. Sauile-Caudide eu lit jaillir le» sources. Llk

guérit la fièvre, le mal aux yeux, dénoue les entons ; une maladie de langueur, nommée Barat, résultat d'un sort jeté qui conduit infailliblement à la mort, ne peut être détruite que par elle ; il n'est pas d'enfant qu'on ne trempe dans la fontaine de Sainte- Candide , quelques jours après sa naissance : il vivra s'il étend les pieds ; il meurt dans peu , s'il les retire (1).

■ L'église de Sainte-Candide est un recueil des plus risibles extravagances de l'imagination de nos bons aïeux. Au milieu de saints dorés, de christs, de vierges, de tableaux de la piété la plus superstitieuse, on voit sculptés en bois ou sur le dur granit , un lapin jouant de la musette et faisant danser un chien , un singe montrant le derrière , un renard mangeant une poule, des fables d'Ésope, etc., etc. » (2)

Je vis , à la porte de l'église de Scaër , une assez jolie femme dans une attitude d'humilité; elle attendait, après ses couches, la purification, la bénédiction du curé. Les femmes ne peuvent pénétrer dans l'église sans celte cérémonie, qui les purge de la souillure qu'elles contractent en mettant au monde un enfant.

On a trouvé des perles dans des moules de rivière, aux environs de Scaër; l'abbé Floid, curé de la paroisse, en a toit parvenir à Paris de la grosseur d'une petite aveline.

A Coadrix (3) , près de Scaër , on ramasse une grande quantité de ces pierres nommées pierres de croix par les naturalistes. lis pauvres les donnent, les vendent aux pèlerins, aux élraugers; il est peu de ménages où l'on n'en conserve comme préservatif, comme talisman contre les naufrages et les chiens enragés. On la croit propre à guérir des maux d'yeux ; des religieuses eu toisaient des sachets, qu'on suspendait au cou, qu'on portail dans sa poche.

Cette pierre est encore commune dans le territoire de Coray. Delille la rapporte aux genres de cristaux micacés; elle oe doit, suivant lui, cette

(l ) L'admirable fontaine de Searr rai loajoura dan* l'état ou la vil Cimbrv ; o» n'en prrnd aucun loin. Ca qne dit l'autr ur du f'ojrage de la fécondité de celle aonree eat encore an-druoa* de la vérité. Nom avons va celle fontaine ridée, cl de* jet* d'eau de la grosseur d'une barrique lortaient de la anorce.

(i ■ Calmlo/^ir.

(5) Lisri CojiIiiI.

DISTRICT de QrniMïuJ: wi 1794.

forme plus ou moins régulière, qu'à la réunion de deux prismes hexagones tronqués, qui se joignent tantôt a angles droits , tantôt en sautoir ou en croix de Sainl-\ndré. Le président de Robien , dans une dissertation sur ces pierres, les regarde comme des pyrites pierrenses, dont les parties sulphureuses, salines , \ilti<>liques et métalliques, s'étant évaporées, dissoutes, ont été entraînées par les lotions continuelles des pluies, des rosées , etc. , et n'ont laissé que la partie pierreuse et micacée, dont elles sont encore revêtues. M. Constedt les place dans le genre des basaltes (4).

On allume deux cierges, à Scaër , au moment du mariage ; on en place un devant le mari , l'autre devant la femme : la lumière la moins brillante indique celui des deux qui doit mourir le premier. L'eau et le feu , comme chez les anciens, jouent un grand rôle dans la Bretagne, comme cent faits nous en ont convaincus jusqu'à présent. Du côte de Guingamp, quand on ne peut trouver le corps d'un noyé , on met un cierge allumé sur un pain qin»n abandonne au cours de l'eau; on trouve le cadavre dans l'endroit où le pain s'arrête.

Il n'y a pas long-temps qu'à Scaër, on promenait, dans une charrette traînée par des hommes , le mari qui s'était laissé battre par sa femme.

On est ici dans l'usage, comme dans quelques endroits du district, de mettre aux arbres, k joir de Noël , une ceinture de paille pour les présener de la gelée. C'est peut-être un reste de l'usage ancien des gaulois , qui garnissaient ainsi le pied de leurs arbres fruliers, pour les mettre à l'abri des glaces de l'hiver , fait rapporté par l'empereur Julien.

Dans ce pays , la première nuit des noces est à Dieu , la seconde à la Vierge, la troisième au patron du mari ; celui-ci n'approche de sa femme que dans la quatrième nuit.

Dans le canton de Kcrncvel (5) , on donne des noisettes à la mariée pendant toute la première nuit de ses noces. La noix , chez les romains , était l'emblème du mariage, à raison de la double enveloppe qui renferme son fruit, image de celle

(4) Ce* pierre* ioni de* »ilicate* alominem double», 'dite* atanrotide» croiaée*. Elle* »e tronvrnt dan* le mica-icbialo (an Sainl-Cothard ; , dan* leachUte argileux pnuilif ( anx Pyrénée* ) . et dan* le» lehnle* argileux irrvrapproche» de» intermédiaire* (' en Bretagne V

(5) Lin) KtincveL

dîsttuct ne QttMPinLt n 1794.

dont I 'enfant est enveloppé dans le Min de sa mère, la dore enveloppe des noisettes offrait peut-élre on antre emblème aux celtes.

J'ai tu les courtes de chevaux qui sVxécnlent aux mariages de Scaér ; il n'agit , le premier , d'enlever un ruban placé près de l'auberge où se fait le repas de noces.... Les accidens sont fréquens ces courses.

■ , recul* dans les terres , d'un abord difficile , a conservé beaucoup des formes et des usages du temps le plus ancien. Des poètes , des discoureurs y demandent les filles en mariage. J'ai retardé jusqu'à présent à vous donner quelques notes sur cet objet (1).

L'n troubadour se transporte chez la fille qu'il demande en mariage pour soo ami ; il n'est reçu d'abord qu'a la porte. I n autre troubadour , prolecteur de la fille , est sous les armes. La dispute commence en vers de tradition , fort souvent impromptus , dont Je peux vous donner quelque

L'étranger (ail un compliment a tous les individus renfermés chez ta fille qu'il demande en mariage ; il implore pour eux les faveurs du ciel , des fours de rose et les délices d'une autre vie; il salue les prêtres , souverains sur la terre ; les gentilshommes qui , de leur épée, protègent la croix , la couronne et le pauvre.

Il finit celte exonle par s'excuser de ses faibles lalen» sur son séjour loin des grandes écoles, des villes et des gens éclairés.

Le disputeur de la maison lui dit en vers :

Vote» mint nous plaît , il charme Les vieillards M las jeooc»

n est Wn m-illieuresoe que ce que ion cherches ne te reouir [>lue dan» ces lirai; le eaee de pet t'un» a est plu*, n'aeoae que des pot» de terre à roos offrir : une în-

tdoLalnr ; art ange a fait eccnn-ut d'abandnouer Ir monJ* et eV consacrer à «on d**a , dene La si>I<tn<le du cloître . ri son twahear rt ta rtrgioitr ; elle rrq mct * I homme perlijr , 10cowbM rt Inilrr : l'ingratitude habite tnr la letre; on n'y rrror.ll* qae de» ptrurt.

Adsrn . eojea hearear. rt dans cr «oade h dam 1 «trroitr.

LE MLMA^AKVR.

Quand oos ce > rai s la chasse nol perda Ire premières sers , •triin chaserur qui tr retiic. Je rcrieosa la rbarrr, «t mni

demande aeee instance Tol.jrt d'as smoar étemel Ofni

qe. U reehrrrbc nés. p« <'•' r«« 1" °° >* «

(.; C* muge est

la terre e»e-e facilité , retourne rn un seul jour plu lie aillons qae troes d« ae* confrères ; Qnl ne loi résista k la latte ; U cerf n'a pas plue de legrcete. Quand la rnertetie m reneene en no carmin mal aplani, il Mil lool arul la retenir; il a cbaaec le malfaiteur qni menaçait d'altaqaer ton sillage , rt son béton a briser , a fait eoler an loin leors armes de fer

le Mirrrcca.

Celle que rona demanda n'»»ait pa» moins de mérite qna loi. (Joëlle toile fine et légère . qurlle étoffe forte rt solide elle fait sortir dn métier '. .. Si tous royiei arec quelle souplesse rllr pnrle » la tille . sans accident , le lait qu'elle-même a tiré ! Jamais jeaoe homme da «illa(e ne se natta d*a»oir oblena dVUfl un »*u« regard ; et qoand la danae rat commencée , elle tient iTone main aa mère , de l'antre aoa amie , et jeasaia na garçon qui pourrait la tromper. — J'en auts fiché , mait cette qne «<w demeodea n'est pins ici , < ailleora.

Pourquoi , qaanJ je roui indiquai la nrurième matin de ce jour , qoand je vote» lia sentir la motif de »m rieur , ru ares-roue laisse quelque eapéeanee ? Vous ror tronpre

village l'anrait ta , l'eut rr tenue» ^ L'if rst fait pour 1rs ctmetirre», pour les lirai écartes , nuis un beau lia est fait pooe Ira jardina. Ne me chargea point de paroles de drseapo.r , conduise» par la main celle que je déur*. la table ra se préparer , rt non» les aaaeoirona 4 coté l'un de l'antre , en pré-

Je cède à rot rire* toataaree , a eorra peraée rraaer ; |e reis »oa» présenter ce qne noea aeneas dans la maisnn , rt tous

grand père , et sons tons, levearooe , et eorra si celne s^1 pâlie cet c >onu |-.»-ir un hi>an-'tc li'imuie.

Apres une déchvalion des vieillards, le disputai amène un t

LC a>KkLCsBaXa.

A 1a figore reapectahle, à la pbrseonomir caisse . traoïaill* et jaie de cette femme , je j»je qa'elle a bera ceeapi sa terli» dans ce monde , et q«* son eaari . se» eafens . qoe tout ce qui «irait à cAlé d'elle était heorrna ; mais elle a termine ce qna l'autre doel i oeiraenrer i ce n'est paa elle qne t* seul.

( Le disputeurva lui chercher une Jeune veu>e ;

LK DMMTlta.

Oa ne prat iire plus jaH» ; cette fifare île sanie . de jra. arese, ce port deo.t , cette drmaerhe aisée, ■ inii'*aieut ans sier^c eoiisbte , <nei%. ra l'raansioaat arec attention ....ce dui^t B. .le (■ .lt n.eol me lait connaître qne foel sourenl «le a rlr.. - -Lu. an U.i de toire U bomuee qa ..:< daa>n-.t k

eh 1794.

( Le disputeur lui conduit un enfant de dix aus. )

ToiU ee qu'était , il y a huit ane , celle que je deeire. Un jour Ce bel enfant fera le» délices d'an époux ; miu elle doit retterencoce long-temp» ru l'etpalier , l'attire n'attend qu'ans

:.utU

Vous triomphée , rien ne eoue trooble Je recousait entre coD»Unce et Totre fermeté ; eoili ce qoe vous cherches, parée de toile de Hollande, d'ecartate et de rabane d'or et d'argent. Allée chercher celui qui l'aime, et nom Ici planeront tou* deux k table , an boni do banc. PuUsenl-iU être heureux ensemble , et mériter 1a bénédiction do prêtre et de Iran parent ! Allée, U promptitude de eolre retour noua prouvera l'amitié qoe voue noo* avez annoncée.

Toucbee-là , mon ami ; je prendrai place à vos cotée , et

Dans quelques autres morceaux do cette natnre on peut retrouver l'origine de caractères rois depois sur la scène , de ces jeux villageois qui précédèrent la comédie.

Quelquefois le disputeur est une espèce de matamore qui, parlant en son nom , s'identittant avec celui dont il propose la main, ne raconte que des exploits.

Il a )adis, avec nne mâchoire d'âne, fait mourir mille philistins ; les murs de Babylone furent détruits par lui ; il pénétra dans Troie à l'aide d'un cheval de bois; il commandait l'armée de Perse, quand elle s'empara d'Athènes; il remporta snr les romains la fameuse bataille de Cannes ; il fut le vainqueur de Pavic , etc. , etc.

Le disputeur ne voit pas a quel titre ce hardi conquérant veut l'emporter sur lui ; la science est au-dessus de la force des armes. «Je reçus du trèshaut la loi , sur le haut du mont Sinal ; je rétablis les livres saints perdus à la prise de Jérusalem ; je chantai dans mes vers les exploite des troyens , et je me Os nommer Homère ; en Sicile , je fis les vers qu'on prèïe au chantre Théocrite; j'étais Virgile auprès d'Auguste; je fis depuis des vers, étant

( i ) Noua u atout jamai» I retiré dent lea recneile de Bimou , que nom trot» eo entre le» maint , le dialogue qoe Carabry I retend ici traduire , et nom craiguont qoe ta eertion ne toit autre ebote qu'une iaait.tioo fort éloignée de l'oiigioel. En •ont cet, Ire idée» présentée, dan» le dialogne de Cambre tout peu pré, relie, eaprimér. dent ce» disputes poétique*. Noue eurt ( dont tri Jrrnirn Crrtoui ) une Irat d un dialogue de limeur,.

cet aimable Thibaut, jadis comte de 1a Champagne.

Mes derniers vers sont ceux que l 'on prête à Ronsard. .

Ces vers , sans doute , ont été faits par quelque curé de campagne ; ils n'ont pas l'originalité des premiers, mais, rempli de formes modernes , le cadre peut être très-ancien.

Barbe Dérien , femme aveugle, de quarante ans, qui de Scaèr, qu'elle habite , se (ait conduire aux foires du voisinage, pour y chanter de vieilles chansons, me chanta celle dont je vais vous douner le sens , en présence des principaux membres de la municipalité, chez le citoyen Keransquer. La scène eut lieu , dit-on , dans un moulin qu'on montre près de Scaër.

Un meunier, las de sa femme, aimable et jeune

cependant, s'adresse à sa servante , et lui dit : —

• Marguerite , Teai-tu paçner cinq cent, écua et dix pistolet d'or? reçoit-moi celte nnil prêt de toi dan» ton lit »

La Mcutttxa. — Je le protneB de ne pae dire un mot.

La proposition est acceptée.

Marguerite va trouver sa maîtresse, et lui dit :

vou» gagner cinq cwnte cette nuit dan. mou lit.

Elle lui conte alors la proposition de son traître d'époux , et lui prescrit le silence qu'on s'était promis de garder.

Transports du bon meunier, qui trouve tout nouveaux les charmes de sa femme, et las, quelques momeos avant le jour , se lève et trouve son garçon , jeune homme fort et vigoureux , qu'il aimait, et dont il était le parrain.

L'avarice succède à l'amour. 1* meunier trouve cher le plaisir qu'il a pris , et comme il était fort bon homme , il veut que son tilleul passe sur le marché. Celui-ci se rend au plus vite dans le lil,où Marguerite était censée couchée ; il étonne la ménagère par sa fougue et par son ardeur. Un mot découvre le mystère , et la meunière , en souriant , lui dit :

ï-t Micmin. — Tait-loi , mon cher Jrannot , taie-loi. Ce matin , je eeit i la foire du Ftoort. je te promeu on bon chapeau , car c'ett à toi de le porter. J'.cbèle un bonnet pour notre homme , du plut beau jaone de Dogen ( cornaid ) ; Marguerite tera eelue d'un habit neuf et ? iolet ; parmi nom , elle tenle en toge.

Des étrangers logeai»:! datis le moulin ; ilsde-

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