DISTRICT DE MORLUX EN
nus , et font présent à son é|H>use «Je unit evaux dc carrosse , • afin ( «lit un acte qui » sultsistail «'il 1 7KS . que madame puisse venir à • ia paroisse «l'une manière convenable.» Ce fait eut lieu dans le ileroier siècle (1).
Les princes de Léon combattirent long-temps contre les rois cl les dues de Bretagne, qui prétrndaienl aux droits de bris sur les eûtes du Leonnais. Il pamil que , dans les temps les (dus recules , leur cour brillante , leurs riebesscs . !.» position «le leur pays, leur donnèrent un éclat dont les traces sont conservées dans nos anciens romans. (Jui uecouuall Tristan le Léon nais , la belle Iseult , ces scènes de bravoure , de loyauté , de géuérosité qui peignent les mœurs de nos pères? Sans les souvenirs de la féodalité , qui n'aimerait à se rappeler la galanterie, les tournois, la pompe «le l'antique chevalerie Klle régna dans tout son lustre à la cour des rois de Bretagne. Lisez les AmadLs, les laucelot du Lac , les romans de la Table ronde , vous y verrez , non les caprices de la poésie , nuis d'anciennes traditions , ce que conserva la mémoire des mœurs de nos premiers aïeux. Ce ne fut pas chez les romains maîtres de la Gaule , chez les gaulois devenus romains , chez ces sauvages francs , sans amies , sans habits , sans arts , que les romanciers du douzième , du treizième et du quatorzième siècle puisèrent les descriptions brillantes . les idées pures et délicates, la magie des fées , le palais d'Appollidon , la sagesse , la puissance des solitaires retirés dansles Iles de l'Océan, dans le creux des rochers ou dans les forêts druidiques ; ils écrivirent ce que dc vieilles chansons, des poèmes conservés par les bardes, et les récits île leurs aïeux, leur rappelaient de la Celtique et de la Gaule.
Je me rappelle une de ces traditions, reste de la philosophie celtique , tradition qu'on répétait dans les veillées des vieux châteaux.
Un enfant, beau comme l'amour, (Ils d'un prince
(0 Le château de Kerjrroadet eiiale actuellement dent le paroisse dc Ploann. Ces! une raine d'an atpect eue* remarquable , qui offre au singulier mélange de l'architecture du sciuemr tiède et dc celle du airclc de Louis XIII. On y «ait □ne belle g alrrie , deui loara et de vaste» appartemene . aa uiilica deaquel» pooMent de» arbres déjà élevé*.
Ce chàleaa ne date que de itSi3 ; mais ilfatalort bâti tnr le* ru mei d'an antre beaucoup plut ancien. Il wn il J hôpital, pendant la révolution , pnur recevoir lea maladet du camp de Saint-Renan. U a été entoila horriblement dégrade, et chaque jour bile aa destruction.
«lu Léonuais , s'égare. Il erre , abandonné de ses ^eus . de son gouverneur, sur le rivage de la mer. Lne affreuse lempéte . les liurleniens des animaux sauvages, h- sifflement du vent, le bruit «les vagin s.
une grêle é| vauta|de, l'obligent à ( lier, lier un
asile dans une caverne que l'éclair lui fait découvrir. Il avance ; ses babils , ses pieds sont déchirés par les pointes aiguës des cri-taux , des granits qui lapisMMil cet antre obscur. Enfin une lueur se fait apercevoir et lui rend le courage qui commençait a lui manquer. Il arrive dans une grotte immense , éblouissante d'escarboucles, de diamans, de topazes el de rubis , et voit, sur un massif de marbre, une divinité majestueuse. Sa taille est gigantesque. I ne couronne d'étoiles éblouissante environnait ses cheveux blonds ; le zodiaque était gravé sursa ceinture d'or, relevée par des émaux; une tunique blanche, un manteau pourpre, un voile bleu brodé de fleurs de couleur hyacinthe,ilesbroiletpiiuscouleurd'azur formaient son noble vêtement. Elle aperçoit notre malheureux prince , ensanglanté , mourant et se traînant à peine. Bel enfant , lui dit-elle , eu lui tendant la main , malheureux enfant , que viens-tu faire dans cet asile des tempêtes et des orages ? Il y règne un instant de calme; mais lu n'as qu'un moment à vivre, si mes enfans fougueux arrivent de leiu scourses accoutumées. Tu seras déchiré, divisé, décomposé par eux, comme l'écume du rivage l'est par un vent impétueux. Cache-toi clans les cavités de ce rocher; je ferai mes efforts pour te sauver la vie. Il obéit, et se couche en tremblant sur un lit dc plantes odoriférantes. Un bruit affreux se fait entendre , toute lumière disparaît, un froid mortel se répaud dans la caverne , la terre tremble , les voûtes sont ébranlées: sans l'abri protecteur que lui prétait le corps île la déesse , notre enfant n'existerait plus. Il est témoin des liurleniens, des fureurs, de la brutalité d'un monstre. Ce monstre était le vent du nord , las des horreurs de sa journée. Le vent du midi lui succède , et notre aimable enfant se sent mouillé dans sa retraite. L'ouest impétueux, armé d'une double puissance, vint à son tour dans la caverne, ou bientôt l'est bienfaisant tempéra les rigueurs du froid et de l'agitation «le l'air. Le repos n'est pas fait |H>ur cette espèce de démons. La lerre, le ciel et la mer sont les éternels jouets de ces divinités cruelles... nourries d'une espèce d'ambroisie préparée par leur mère; impatientes , elles parlent et recommencent leurs ravages.
Le malheureux prince de Léon avait eu peine à
IMSTniCT Ut MOULUS es 1794.
résister aux violentes commotions . au froid mortel qu'il aiait éprouv és. II ne pouvait agiter ses membres glacé» ; vin «ril était éteint, miii joli v isage décoloré, quand nnr douce chaleur , un parfum délii ieiix .
■ agréablement ménagée, un bruit srm- • a relui des feuillages que balance un souffle ' , le rappelèrent à la vie. La fée bienfaisante le M sur M» genoux , l'enveloppe de , le rassure, le tranquillise. Ne crains plus rien, bel •-nf.ini \ oiri le plus jeune, |p plus aimable 4e mes ils ; il sera ton ami. la» ralme qui nous enuroonr non* annonce vtn arrivée. Zépliir , porté sur un nuage d'or , In aile* surrhargées «le poussière de mes, de jasmins, d'œillets, de fleur d'orange , vole dans les bras de sa mère. Klle l'rm- >, le cvom. T'était l'enfant gâté de la nature, i «ril Itrillant, son attitude gracieuse, vin viurire ■r, tout inspirait la ronflant r. Il arrueillit le prime de I nm . prcvpi'aussi I«mu ipie lui , mais I nature moins subtile : les demi-dieux ressema de l air rondeur1 . mélangé d'or, de proupre rt de lumière. Bientôt une tendre amitié 1rs réunit. Zépfcir conte à va mère 1rs merveilles de sa journée, le» brureui qu'il a faits, tout re qui s'est passé dans In r hmals qu'il a parcourus; ses courses dans l. ni. % l~» sphère» . dansl ranus, .I.uin le soleil et lalune, au-<Ma du cercle borné ipie ih>ii- nommons le zodiaque, ses nVils sont si wfs.si piquans, si brillans, que notre prince est en extase. I j nuit s'avance , le fuit ; les fatigues du jour s'oublient ; la > «le son boulteur ; nuis, aussi prudente que r , «lie le» forer à rberrher du reims. ( > fut en vain. la* prince . nichante . curieux . insatiable , tanguait île questions vm nouvel ami . qui lui promit rata de le porter dans les lieux où ses caprice» acci>otuinc* l'entraîneraient. Il se tut acette promesse. « t » endormit dans les bras du /éphir . sur un joli UptsdeiHBW.
A la pointe dn jour . au lever de l'aurore, ilss'é- I atmosphère. Par une opératiou ina- . le prince avait perdu sa terrestre enveloppe ; «ml une subtilité qu'ils n'avaient pas la veille ;
des corps célestes se fait entendre, tj-s incertaines qu'il vov ait sur la WTreerrer vius de nuage», lui semblent des année» agitées, par le» venu. C'est mi amas immense , île (emmes el d'enfans ; ils se pressent . . k'élanrrut . tombent , se relèvent ; le» uns ; d'autre», fondant eu larmes . tendent les la terre qu'il» quittent ; d'autres mé-
ditent profondément. Ils volent i riers, et, par leur influenre, augmentent le courage ou frappent de terreur. <> sont eux qui , la nuit , dans l'obscurité , dans les forêt» silencieuses , effraient les mortels par de longs liurlemens , |wr de» apparitions et des lumières trompeuses. Participant encore aux passions terrestres , ils s'unissent aux passions «les hom s. On reconnaît leur influence dans les songes , dan» le» terreurs paniques ; ils vint lessvlphcs. les nudiiis , les gnomes, le» salamandres. Ils font de vains efforts pour quitter l'atmosphère; une force invincible , une muraille desaphir s op|Miseiil au vol qu'ils voudraient prendre vers le» sphère» plus pure» qui roulent dans l'immensité. Dès qu'un corps s'est organisé , impatiens . ils s'y joigueul . ils l'habitent . ils l'animent. Cm ombres , qui n'ont |as atteint la pureté qui les réunit au vdc il ' génie de leur s\ sterne . cirent sous la forme de» divers animaux qui |ieuptcut l'air, et la terre et les mers.
Le prince de laton, ébloui parla variété des objets ajpj se pressaient autour de lui , quittait cet amas confus de démons, de chimères , et déjà parvenait dans le tourbillon de la lune.
( 'est là que des milliers d'ombres piles , prrvpic inanimée», errent sur des plaines de glace , mm autre sentiment que celui de l'existence. La sont les réservoirs du premier principe «le la vie, de l'ame , qui n'a de sensation que quand elle s'unit au corps. C'est la qu'elle perd le» idées du pa»*é , îles longs vov âges qu'elle a faits dans imis les globes , et qu'elle »a recommencer. I >n \..n , . » aines réunies tomlier en masse sur la terre par les long» tube» d'Obscurité formée par ce qu'on nomme éclipse. L'étincelle qui le» anime au moment de leur contact a\ee la terre |>art du vdcil . amas brillant d'intelligences . dont les émanât s \iulienl |e svslrme
terrestre. < '.'est du principe générateur , humide et froid de la lune, frappée de» ravons du soleil, que naît et se maintient la vie chex tous le» êtres su- Idunairrs.
Nos deux amis, entraînés par un vol rapide,
montaient vers le soleil. Le prince s'en approchait avec fraveur; il se faisait l'idée d'une fournaise ardente . et pressait leiéphird éviter celte demeure. Zephir s,,nrit de mui inquiétude; elle « tait .1. p dissipée. < elui qui rouuut les plus douces sensations d'un amour pur, délicat et subtil, dan» le» hratu jour» de sa p-uiKw ; celui que la harpe des barde» enc ha nia sur les rives de l'Océan . à la chute
DISTRICT l»E MORLAIX l \ 1794.
.l'un jour d'été: l'homme fortuné qui consomme sa vie dans îles actes de bienfaisaiu <• : l'etiv qui retrouve un ami . n'ont pas l'idée douces émotions, de la délicieuse pression, de l'eiu hautement , de l'ivresse qu'éprouva le prince de 1 A>n , en Rapprochant du di-que du soleil. Cette masse prodigieuse uVsl qu'un amas d ames célestes et pures qui se confondent . qui nagent dans un océan de délices. Ufflr CM extatique ne peut élre décrit; c'est un mélange de toutes les sensations, de l»us lis senti mens, de toute espèce de jouissance. Toute espèce de bien , de félicité, dans la sphère immense qu'il éclaire , qu'il pénètre , qu'il anime , émane du soleil. C'est la demeure des bienheureux, des sages, des amis de l'humanité
Le prince de Léon sentit avec regret la force irrésistible qui l'entraînait vers Sirius, où zéphir lui promet de nouvelles merveilles. C'est la demeure des éblistes, espèce de demi-dieux purifiés trois fois dans le soleil ; qui ne peuvent descendre et parcourir encore la chaîne des globes et des astres , nageant dans une atmosphère moins épurée; c'est le centre d'un nouveau tourbillon qui, par tous les points de sa surface , touche à des milliers de mondes diiïérens , dont les bornes sont l'infini. Il est un point , à quelques milliers de lieues de Sirius, plus merveilleux encore , que je vais vous décrire , car il échapperait à vos sens trop grossiers.
— Imaginez
I* conte n'est point fini ; je ne l'achèverai pas : ce serait substituer mes conceptions aux données des anciens druides , que de longues méditations avaient instruits des merveilles de l'univers. 11 est certain que , dans les anciens philosophes de l'tflrurie, de l'erse et de la Grèce , on aperçoit des restes de la théologie dont les bretous ont encore conservé des traces. Ils sont la base du récit que je viens de vous faire , avec toutes les erreurs de ma mémoire et de la tradition.
Je me hasarde à joindre deux autres chants celtiques. Ils compléteront ce que j'ai dit plus haut; ils feront mieux sentir les déductions que j'ai voulu tirer.
Cil ANT CELTIQUE.
• Tu me fuis en vain , Comanna ! je le suivrai » jusque dans les bosquets sacrés, jusqu'au pied » de ce chêne antique , emblème de nos dieux au- » gustes....
» Si des exhalaisons , si des feux souterrains , si » la foudre me frappent, je périrai du moins sans » honte sous les coups des dieux toat-puissai».
■ Ne crois pas encore m'échapper. Mon âme , » errante dans les airs , troublera ton somme! I par » les sons lugubres de l'orfraie , et tes promenades » solitaires par les cris aigres des corbeaux.
> Mais . non 1 je serai le linot que lu chéris , que » tu caresses de tes doigts longs et délicals , que tu » presses amoureusement de tes lèvres couleur de » rose.
» Comanna ! sur la terre , dans les airs et dans » les cieux, homme, oiseau , piaule ou reptile.... » insecte, insensible ou géant.... je ue puis être sans » t'aimer ! •