‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 6 sur 159 · DISTRICT DE M OR LUX EU · texte numérisé non relu

DISTRICT DE M OR LUX EU

Ils consomment peu Je cidre; leur canton n'en produit pas. Ils ne boivent de vin que dans leurs maladies, oU quand ils font quelques marches (1).

En général , dans le district, les fruits sont rares et médiocres. Les jardins de Morlaix en bataillent de bonne espèce. La poire de roussette et la pomme de pigeonnet y sont parfaites.

J'ai déjà dit que le marché de |cette commune était richement pourvu de légumes de toute espèce , de ceux surtout qui naissent autour de la ville de Roscoff, qu'on peut regarder comme le jardin de la Bretagne.

On cultive, dans tout ce pays, une espèce de choux verts qui s'élèvent à 3 ou 4 pieds de terre. C'est une grande ressource pour les fermiers ; c'est la principale nourriture de leairs vaches.

La chasse est assez abondante dans ces cantons. On y trouve beaucoup de lièvres , de perdrix , quelques sangliers, une grande quantité de loups. Le département, par une sage mesure, vient de nommer le ritoyen Lasentière, pour les poursuivre dans toute l'étendue de son ressort. C'est un chasseur déterminé, actif, infatigable; la somme qu'on lui donne, pour l'entretien de sa meute, de ses pi- , queurs, de ses chevaux, etc., me parait insuffisante.

La côte fournit une grande quantité d'oiseaux de mer.

Les jours de ftte, dans les noces , le veau , le bœuf, le far au four, les vins de toute espèce, l'eaude-vie (*2) , quelque chère qu'elle soit , sont prodigués. Ou s'égaie, on s'enivre surtout, au son du l, des tambourins et des bfmbardes. On des chansons fort gaies , sur des airs pleins de vivacité , d'une mesure pressée; on danse avec un aplomb, une justesse d'oreille inimaginables.

Dans les temps passés, rien n'égalait la dévotion des deux sexes. Dans les églises, les hommes, séparés des femmes, à genoux, immobiles. comme elles, débitaient, sans les entendre, des prières qu'ils croyaient propres à guérir toutes les maladies, à féconder les champs, à chasser les démons , à se procurer des maîtresses, à ruiner leurs ennemis. L'espoir de ces succès leur communiquait un enne qui tenait du délire; il les énieuvait, t, chassait l'ennui. A présent, je les ai

remarqués partout languissans sur le pas i portes, oisifs, inconstant, ennuyas, n'ayant ni I»'.- courses, ni les luttes, ni la soûle des temps passés , privés souvent du vin qui les distrait : ils périssent inanimés. Ou rendez-leur les charlatans qui les agitent , ou donnez-leur d'autres moyens de dissipation, d'exercice tLàe mouvement. La raison peut suffire aux sages Wm ne suffit pas encore à nos bons paysans. Rien ne remplace encore des anges, des démons et des millions de merveilles; le purgatoire, le ciel et l'enfer; ces serpens punissant les coupables , en les rongeant jusqu'aux entrailles; ces chaudières bouillantes , où l'on précipitait les malfaiteurs, et ce paradis de délices, où l'on récompensait les justes. I n stnpide instituteur leur traduit , en mauvais breton , des décrets peu récréatfs ; un agent infidèle les insulte, les iujurie, leur arrache le fruit de leur travail , le résultat des sucres de l'année : les corps constitués , les agens , les juges les citent à leurs tribunaux , , les emprisonnent , les renvoient , et leur font payer largement le geôlier qui les fait coucher dans un cachot obscur , et sans paille et sans nourriture.

1rs bœufs qu'un vivrier ne leur a pas ra\i- MU mangés par les loups qu'ils ne peuvent chasser. Ils sout sans poudre , sans fusil. Et qu'est-ce encore que cet état , si vous le comparez au temps de Robespierre? \h ! ce n'est pas ainsi qu'on ramène des hommes, et qu'on parvient à lès guider. La douceur et l'honnêteté peuvent tout chez l'habitant de nos campagnes ; l'insulte , le mépris les irriteut , h s désespèrent. Pourrait-on les punir d une ignorance qu'on n'a pas su détruire, de désordres qn 'on n'a pas prévenus? Ils sont faibles, soutenez-les 1 ignorans, donnez-leur vos lumières! égarés, essayez de les ramener! Vous avez détruit l'esclavage en principe, qu'il disparaisse en n'alité. Espérez tout du temps, de la persévérance dans les sentiers de la justice; souvenez->ous surtout que, quand on a gâté ses enfans , on doit s'attendre à des sottises.

J'ai déjà dit que les maîtres essentiels, dans nn port de mer, manquaient à Morlaix. On peut trancher sur cet objet , et déclarer, avec la plus grande Write, que, comme ailleurs, l'éducation est entieremeul nulle dans celle commune et dans son arrondissement. Sans doute, dans la multitude d'instituteurs qu'on a choisis partout, il s'en trouve dont les lalens, la patience et le patriotisme égalent la sobriété; mais je déelareavec franchise que, depuis

nu t«»urnée dans UM de communes, le mot insti- | tuteur est [Htat* moi le synonyme d'ignorant et d'ivrogar. C.V>t au inities des fureurs des dëtion-

wiijMrt^ entorrclée* ou quatre individus savaient a P*ia* lire. Le lâche qui , par son alrocJjr , prêchait avec le plus «le rage l'assassinat ei le mépris des bis; le chef de bande que leau-de-vb, l'ivresse rendaient audacieux ; qui , soutenu |>ar If poignard des assassins, insultait le plus bruulemeul à toute espère de règle et de vertu»; l'impudent qui faisait passer des comptes frauduleux , eu menaçant l^a>rpsroa>lilué*, inlinnil es , montres au doiut . sacrifié» sons le couteau ; l'infâme qui trahit son ami, son ami de collège, qui l'appela chez lui, I VduiifLi dans son sein , qui le plaça dans sou propre lit ftpr le livrer à ses bourreaux ! voilà,

voila 1rs instituteurs établis pour rappeler 1rs vertus, tas wtas i les BMEurs dans ma patrie!.... RepréviiUns du peupb, organisez l'éducation publique, «« »o«s assassinez la liberté !

(bas les comptes rendus par lesagens nationaux, par les districts, vous lira, quand ils parlent des instituteurs : — ils sont |ton> |>atriotes p| ttonsrépuMirjtns ; ils sont pères de familles. — Qu'était un patriote dans le temps de leur élection ? Ils sont ■épnMicains , eux , ces êtres qui^adis végétaient d»u\ le> emplois les plus obscurs de l'ancien régime; si complètement ignorans,- si plats aux pieds de l'homme en place. chantant au lutrin du village , ils sont républicains? Quoi , 3o et 50 ans d'étude, à l'académie, chez Sociale, chez Platon et chez trùlate; des voyages en Egypte, en Sicile, en ItaV: des méditations dans la solitude, dans ta bUdintlirqw de IVrgameet d'Alexandrie, formaient a peine un homme , un législateur , et ces messieurs mxi! ton» républicains? Les mœurs, les climats, les rmpirr> leur sont connus? ils ont examiné quel est le gonv ernemcnt qui conv ient à tel peuple .etc. ?

laperons que cet affreux détordre va cesser, et que le peuple, instruit par ses malheurs, réparera, par de bon» choix , les crimes de son insouciance , de sa faiblesse et de son inexpérience.

Je irrminerai mes observations sur Morlaix par quelques notas sur les rêves de I imagination . sur les usages, sur quelques coutumes étrangères an r«-Je de la France. Il n'est point «le pays, même en \f tique, ou l'bomne soit plus suncrMiticau qu'il l est en Bretagne, irs prêtres, mut b révolution, i , pour ainsi dire radiés comme des «eux

s, mais quelles

ils ont pleuré

Le moment' actuel nous démontre assez leur iuv

s tâ niicnre. CiénérdleiiM'ut , les paysans n'ont regretté

ni le roi ni les' nobles, dHe^jmteur ils pas nue> , quelle taie d'eufcus n'ont-ils pas témoignée quand on les leur a rendus? Ib ont retrouvé leur soutien , leurappui ; leur tristesse s'est évanouie, leur ciel est devenu serein; ils ont senti renaître leur courage.

De tout trmp> la religion guida l'homme, dans ces contrées , avec plus d'influence encore que sur le reste de b terre. Le gouvernement tbàxratique des druides, les millions de génies dont ib peuplèrent les élémens , b puissance des sages sur la nature , tous les rêves de b féerie , b culte des ar-

les apôtres du catholicisme. On transporta sur les nouveaux saints les miracles des saints du temps passé. On ne voit , dans leurs légendaires, que solitaires chastes , sobres et mrtueux , v ivant dans les forêts, bravant l'inclémence des airs : ilsappaisent les tempêtes , fendent les flots de l'Océan , passent la nier a pied sec , voguent sur des urnes de pierre , métamorphosent en arbres leurs bâtons ; les fontaines naissent sous leurs pieds , les maladies se guérissent, l'air s'embaume à leur passage, les morts ressuscitent . et l'univers est soumis a leurs lois.

Les efforts d'une religion blouse, les lumières répandues dans l'Europe , b temps qui détruit tout , n'ont pu changer les rêveries de no» laboureur*. Us

, - . , , i , i un monde réel , < leur imagination erre sans cesse dans un monde de chimères et de fantômes. L'oiseau qui rtuole répond à leurs questions, marque les années de leur vie, l'époque de leur mariage > l\ Ln bruit fortuit, répété trois fois , leur prédit un malheur ; les burlemens d'un chien leur annoncent b mort ; le mugissement lointain de I Océan, le sifflement des venu entendus dans la nuit , sont b voix du noyé qui demande un tombeau. 1res trésors sont gardés par tles géans et par des fées. — Chaque pay s a sa folie ; notre Bretagne les a toutes.

Ikans les canton* environnant Morfaix . on rraiut des génies nommés Têtu, la? Trm^f-fx'utu-t v présente sous b forme d'un cbieu . d'une v ai lie ,

DK M0RLMX ES 1W4.

de la maison est exécuté par eux comme par nos follets. I

On parle du Cariqiiel-an- Ancou ( la brouette de la mort ). Elleest couverte d'un drap Manc , des squelettes la conduisent ; on entend le bruit de sa roue quand quelqu'un est près d'expirer. — Rappelez-vous les signes de Lusignan !

Sou* le château de Morlaix, il existe de petits hommes d'un pied de haut , virant sous terre , marchant et frappant sur des bassins ; ils étalent leur or et le font sécher au soleiL L'homme qui tend la main modestement reçoit d'eux une poignée de ce métal ; celui qui vient avec un sac , daus l'intention de le remplir , est éconduit et maltraité : leçon de

Les laveuses , or Cannerez-nos ( les chanteuses de nuit ) , qui vous imitent à tordre leurs linges , qui vous cassent les bras si vous les aidez de mauvaise grâce , qui vous noient si vous les refusez , vous portent à la charité , etc. , etc. (1)

Je m'étendrais beaucoup dans cet article, si mon projet n'était de vous donner les détails de cette

avons à parcourir.

On appelle Pardons, en Bretagne , une chapelle, une fontaine , un lieu consacré par le souvenir de quelque saint, de quelque miracle (2). On s'y confesse , on communie , on y donne l'aumône , on se soumet à quelque pratique superstitieuse , on achète des croix , des chapelets et des images qu'on fait

, son genou , son bras paralysé contre une i merveilleuse ; on jette des liants et des épingles dans les fontaines ; on y trempe sa chemise pour

son enfant pour le rendre inaccessible à ta leur*

On se retire après avoir dansé , après s'être enivré, vide d'argent , mais riche d'espérance. Ne retrouvezus, dans ces pratiques , les superstitions des

de

(i) Cambry défigure li ■lit, dan* U par», qoe cet i le* aider à tordra le liage ; nui» qo'«i

(t) Cctt t'anrmblee qui a lien prèa de la chapelle , de ta OD do tien cooaacré, que l'ou appelle Pardon, et > parce que cette «te rciigîcuM donne l'occation de gagner

âges les plus reculés, le culte des eaux, l'ancien usage des gaulois , qui consacraient dans leurs fontaines l'or saisi chez leurs ennemis , l'or de Tou-

Les mariages offrent encore d'étranges singularités dans fa Bretagne , d intéressans rapports. Le mari , dans certains cantons*, enlève sa f les vieux samnites. On la cache ailleurs. Le i la cherche souvent pendant trois jours. Dans beaucoup d'endroits, le marié ne s'approche de sa moitié que la troisième nuit après les noces. Les époux, les garçons et les (i Iles d'honneur couchent ensemble la première nuit (3). Un nsage encore pras bizarre a lieu dans le Morbihan : après avoir conduit dans le lit nuptial lesamansqui se sont unis, le garçon d'honneur, le dos modestement tourné , tient une chandelle à la main , et ne s'enfuit, ne disparaît que quand eHe lui brûle les doigts.

Dans le district de Morlaix , dans beaucoup .«"antres lieux de la Bretagne, on demande en vers les filles en mariage. Des bardes font assaut d'esprit et de génip, l'un pour obtenir, l'autre pour défendre une belle. Je ferai connaître ces combats et ces vers ; les jeux , le; courses de chevaux , mille usages enfin plus éloignés des moeurs du reste de la France que de celles de la nouvelle Hollande , des hotentots et

On ne jette plus de fleurs sur les tombeaux. Un petit bénitier, placé sur chaque tombe, aide à chasser les mauvais anges qui troublent le repos des morts. On les veille pendant quelques nuits, pour empêcher les diables de les emporter en enfer (A;. Dans le Léonnais, on dit à ceux 'qui foulent les toml>eaùx :

Quit a fia lesse divan va anaoun.

Mot à mot :

Retirez-vous de dessus mon trépas.#.

On a , dans ces contrées , une profonde vénération pour les morts.

Les femmes en deuil , dans ce pays „ portent une espèce de capuchon a queue ; les hommes, aux enterremens, sont vêtus de manteaux bleus. Si, dans ces notes , j'avais oublié quelque usage intéressant , il se présente» sans doute dans la suite de .mon

(3) Ceci eat inexact. Le» épou* , le garçon et neur m mettrai quelqaefai» l dernii-re»

lien d ru

personne» >e retirant peu api*», ne in ai cette »uper.tition a jamaia

exiité,

H n en

r*nt Passons à Suint-Pol-d>-Léon , a Rosroff, à Rte de Bm , dépendant da district de Morhrà.

,.13. — S A1NT-POL-DELÉON.

la roule qui conduire Morlaix à I>rm nt ne terre serbe et déserte , niais bonne. I ne petite chapelle entourée d'arbre» , quelque» anse» cm la mer pénètre, le» environs de doux ou

qui (.uis%nit recréer la vue, dam cet espace de fuur Iwue». L'aspect de Sainl-Pol est riant. Cette jolir ville est située sur une colline et sur le» rive»

le brillant clocher de Creisker , lui donnent un air d élégance qui contraste avec l'aridité du pays que ede parcourir. La nudité de* campagnes i, qui domine sur les beaux arbre», mu- 1rs penphers pyramidaux qui l'euvit et la décorent,

^«^«Vmiera.iMttlégco.

i, Or mm or. Elle s'appela, dit-on, Uffonensu-PogHt , sous les romains, d'où s'est formé le nom de Léon (i). Elle est située par les 6 degré» » min aies et 90 seconde» de longitude, et par le» 4* degrés 40 minutes 52 secondes de latitude.

Le district de Morlaii porte à 4,832 individu» la population de Saint-Pol-de-lA>n. Elle s'élevait, avant la révolution, a 5.400. Cette ville, pour son bonheur, nurque peu dans l'histoire, malgré sa haute antiquité.

En 421 , le roi Salomon abolit la loi qui condamnait à l'esclavage les enfans de tous ceux qui ne i : barbare coutume éublie

[•] On* ciTm,.lo(„ «t p»u prnlv>t>U. M. d« 1 trmin«,ll* nrc iwo* <]<M U non. <i* Uvm a du mit dr c*lai im mm* porUtt U nll« , ««Ion Crttf , «jui «pprll* In 1mbxiat im tm Irrriloir* 11» d i fTflii— ( ■ t Monun *t Oitismii. ! * t'.dnmi. d7Vm« - ' rt d» S*i»!.r.-;-J,- Um , u U mi Mai m dn«t. Il ;.,.„ . a'ipm M.

S.«r-il»rt , <|0\>a r'uasv rUrt plolùl «ylu< fkrrt d» I r«nr< ro , mm \m Um*m d* U fwnw d« PloinUn^l «t d* P!i>ao«~rro- •» . •»»» un lira oa 34 KrtiUnrt « (mari In tram d'an» (rmmAt «t». In Umm cm, •• cnHm.«MM da kh>m

. la révolte de

dans la

Le 10 mai 643, Alain, surnommé Lelnng, roi de Bretagne , ouvrit ses états dans Saint-Pot. Il s'occupa, de concert avec l'assemblée nationale, de la réforme des abus.

En 1163, le roi d'Angleterre rasa le etiitean de Sainl-Pol. Par ordre du roi Richard, eu 1189, lea cotereaui ravagèrent le pays de Léon.

Ou assure queConan de I >éon, surnommé Lerourt, assommait, d'un seul coup de poing, l'homme le plus v igourcui ou le plus fort cheval.

Le duc Jean I" , dit Leroux , voulut , en 1250 , jouir du droit de bris sur les terres du seigneur de Léon , et porta la guerre dans son pays.

En 1310, Pierre Boich , jurisconsulte célèbre, né à Saint-Pol-de-Létm . composa , %ur le* décrétâtes et •n r les clémentines, un lim qui (ht imprimé à Venise, en là?« ; on eu conservait le manuscrit dans la cathédrale de (ambrai.

Pierre (aruenge kenumgui, ou Eermengui, de l'ordre «l<> grands carme», docteur de Sorbonne , naquit dans cette ville. Il s'acquit une grande réputation datistaarieiirrs. Il nous a laissé une histoire ecclésiastique, l'histoire de son ordre, une critique

tles i oRSIIIUIIoIIn el il»s i

» , U tiO* d«

pnmtuta, - » «mui p- u

Il mourut en 1471.

trançoi» Eguiner Baron, natif de Saint-Polde-Léoo , enseigna le droit à Bourg. Le célèbre

Baron y mourut, eu 1550.

In de» plus singuliers droits que nous offre le gouvernement féodal , est celui de motte , attribué, au seigneur de Léou. Ses vassaux, appelé» serfs de motte , ne pouvaient quitter les terres du vicomte. S'ils le faisaient, le seigneur ou se» officier» pouvaient les saisir , leur mettre la corde au cou, le»

porelle ou pécuniaire.

BanslecattloguedesévéquesdeLéou.oodonnede

curieux deuils sur l'entrée de Philippe de Cari Lia dans son évéebé de Saint-Po|. en 1422. LrsrigiHiir de Kerinavan ( langui 1 tint U bride du cheval de l'éréque ; le chapeau bas , il soutint l'etrier. pour I aider à descendre. Le cheval et lout l'équipage lui i, selon l'usage. Quand ïévequr fut

. cl* d» I,

y iww

d. I r .„ . ri ». .on. fui

DISTRICT DE .MOULU \ K> i;;h.

i, If même gentilhomme lui ôta les Imites, les éperons , se saisit de son chapeau , de son manteau* « l garda le tout. Quelque mouiens après, l'évéque (il appeler les seigneurs de Kernia\an , Alain de

< oetivi cl(juiomarchde kcrveru.ci leurdil : « Qu'à « niv , comme vassaux de son église et iioldes » chevaliers , appartenait l'honneur de porter trois » des poteaux de sa chaire, en son entrée dans la » wlle épiscopale. » Ils répoiidirenl qu'ils étaient prêts à obéir. Plusieurs seigneurs se disputèrent le quatrième poteau. l.a querelle parut assez grave, assez importante. 1,'évcque n'osa prononcer. Il fit occuper cette place auguste, mais provisoirement, par Henri sieur du Lhàtel , et par le seigneur de kerazred (1).

Sainl-Pol-de-Léon était la v ille métropolitaine de l'évèchéde Léon. Son chapitre était composé de 16

< liauoiiies i l de \ dignitaires. On y voit les. anciens monastères de grands carmes, de minimes, d'ursiilines : un hôpital . une maison de retraite . un séminaire de lazaristes, un superbe collège, dont on «Wl l'aire un hospice pour la marine (2).

( elle v ille est un chef-lieu de canton. Quatre autres rommiines en dépendent : Koscoff, Plouéuan, Plougoulm et l'Ile de lias. L'arrondissemeut de ce canton contient 12,887 habitaus.

Les habitations de Saiul-Pol-de-laVm sont simples , assez mal bâties. Quelques maisons de gentilshommes et de chanoines sont construites de pierres de taille, précédées d'une petite cour et suivies d'un joli jardin. Presque toutes celles du reste des hahitans sont un mélange, sans proportion, sans décoration, de bols croisés, dé larges poutres, dont les intervalles sont remplis de pierres , de fatras recouverts de deux doigts de mortier. Ce que je dis de ces maisons peut s'appliquer à toutes celles du Finistère : je ne parlerai dorénavant que des édilit es de marque.

Si vous en exceptez Lorienl , je n'ai pas vu de

(i) La» quatre aeigneur» qoi portaient le* quatre pilier* de U chaire se partageaient le* ustensilrs de la cuisine épiscopale. l a ule» ce» cérémonie* »e renouvelaient à la rentrée de chaque évrqite. Ma outre , relui -ci , avant de péuélrar dan» la tille, jurait de conserver le* franchise* , le* liberté* et immunité* de l'égliae et de* habita».

()) 11 est reaté rollég e ; mai» , depnit la révolution de juillet , de» laïque* es ajant pr» la direction , le* jeunes pjytiua qui vccuieul t'y préparer a la prélnte I ont abau- Houuc , *t d te u uuve aujourd'hui ptctque detett.

ville mieux pavée dans la Bretagne (3). La nie qui conduit à iloàCoU devrait titre réparée. Ou amuail l'importance de ce passage. Il esl indispensable de mettre eu bon état la rue qui se rend au rivage on l'appelle Corre, je crois), et d'ouvrir celle qui descend de la place à la grande nié. Les rouliers y sont arrêtés . se luisent sur quelques liaraques avaneées, dont on dédommagerait à peu de frais les propriétaires ; elles tombeul en ruines.

Sur la grande place de la cathédrale est située la municipalité. F.lle s'est établie dans la maison du ci-devant évéque. On y dépose les foins, les grains de réquisition ; elle est le magasin desefleta séquestrés, lies administrateur» défirent fortement conserver un local si commode; ils y peuvent aisément tout voir et tout soigner. Ou en a loué le vaste jardin (4).

La cathédrale est un grand bâtiment revêtu de granit, qui n'a de remarquable qu'une rose assez délicate , quelques vitraux bien peints , et le beau monument de l'évéque Visdelou, que j'ai décrit dans la notice sur les monnmens du Finistère.

Ou lisait autrefois , sur une plaque de cuivre élevée de deux ou trois pieds, dans la cathédrale :

BIC JACET CoiAJCS, REX BKITO.VI M.

I .es chanoines l'enlevèrent; elle gOsait la marche dç leurs processions (5).

(V ) Le pavage actuel est détestable.

(4) La mairie est actuellement située *nr la même place, mai» non dan» l'et èché. Celui-ci sert de caserne, loraqn'il y a de* troupe* a Saint-Pol.

(5) Noua rrmédion* , antaot qoe poaaible, an laconisme de Carabry , en ajoutant ici ton* le» détail* qu'd a paaac* aooa »i trace.

La cathédrale de Saiut-Por-de-Lcon est construite ra granit. Elle fut élevée , daut le quimiemc *icclc , tuf 1rs ruine* antre égliw, qui avait elle- même remplace la cathédrale que Conan Mériadec éleva dao» ce lien , au cinquième tin Ir.

Dutrr la roat dont parle Cambry, on peut admirer , dan* la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon , le* arcade* de* ba* cotes , la nef, et rortoot le* boiseries du choeur rt de* atallcs. L'architecture générale r»t un pen loorde. Le* deux ciorlien ne sont qu'une groaaiére imitation de crin, de Graisser , mais il y a , dan* l'ensemble de l'édifice , une régulante qui a de la majesté , et dans les détail* , une délicatesse souvent plane de grâce. Le temps avait revêtu les ogires de l'intérieur d'uu.nionvte srrdàtie qui donnait à «es fantastique* arcades la couleur du lirons» l'n niiséi ahlr badigrntinage a racrepi le tout , et jiijourd'hui-Ucalhc'uadt de Saint-Pol-dc-Lcon est hlanihr,

msTHirr or. bobuh m 1794

Ct+ li qw> rcanaucal Le» candi» de Uetaiu a« Coaan Mcafedrc , doal Ceabry bit mWim, M. de Fiafrum HU croit l'avoir rctroare* dan. un nuaaif umf*T- 4* aacitc drpoec eoolre 1c aanr d'nt dre bu cote» , et

ontirat rnrorr an baptialrrr , oa nirr dr «*l *»'i1 •• eo»f*nrcW» d< r relie*. Caria cave eat drai- . «Il» U pirde j |>oac» de dianeu* , rt 1 S

<>a rrmerr|Br roforr, deaa U rathrdralr , prr» du ral-dr- »a«f» t une eoaie da ha» cou , aa-è-iieje dura* «i du cou •>rn^.ircatrè« dWdbeHU.aa* JLfare tnplc fort b>uttt I la tu fn aioti rittr» autour : ma Dvuet I fmom 0t4*'J

le aamuiDroi dr l'r»J<]0« Yudcloa. Voici ce ifuco

» »«" . dee» U eelbrdraje de PnWLéoa , «m boa tnct- «V aeerbr* bbror ; cet «lot de I ra /«par VaJrloti. Il ait «a 1711 , par >troU» de U O.lonpr.

Son attitude r«l aimplr. Se l'irujr , ■*■» e«oir rw-o dr nuLIr, iuu *tr* d une rarrutto* parfait» , parait ; rlle rat pleuar dr »rnle. Il t en çmlt rpie-

« «pu eeerr. 4 l'eatcar U diArabé <T obérer dr» inojonn difti<ilr». La draprfàf a'cal poimt trea* taai r 1 ; elle a a ae» ecace d'eatpWar. Lee brode*)»» tant Utfn et «Tan boa eijle. La atjtr* . oui m port* car rata, cet nrlw Sr tr,»»,] , un u<ip dr r»<brrtbr».

• La iniaU . J uk fortur oui a'* rica de mnarigiuM* , cat

Le* grvtr* dr I fir^ar août au tniln*u du tonil'rau , «tir dtjr «Jtr» tru dr m-*t , rsnbleaM dr U fierilitr d« graodrura dr

lïWgant Hocher der,rei*ke r a trois mil soixante

dit pieds dVIevadonfl). J'y montai pour ronnaUre la forme de la ville et les sites qui l emironiiffit.

On aiMT^oit , a l'ouosi . les *abl»*» blancs, la dit ri les clochers de trois communes Mir U edt* : Cl«er , Hougoulm et Sibiril. Au «d , la tue s'étend sur une plaine, au loin hunit'e par les montagnes d'Ares.

Le coup d'œil de l'est est magnifique. On y distingue les eontoars de toute la baie de Pempovl , Calot, le ^hiteao do Taurvau , la nier et la rote pr»l<*ngè> de Trfguier.

On voit ao nord la plus grande partie de la ville, despirdins, RoseofT. 111e de Bas, la Manche, etc.

J'ai dfa dit que le collège doit dluKpice à la mariin*. C,V*t un immen«i<" liâtinimt , t»i«*n aért , fort bien bati , ^ilide: il arfnt quarantrMirui piitU delo*rg*orvinglHiiKidelaige,rtdeux«e^|KTch de dit-huit croisées , sunnonttH d'un grenier Miperbe. Ses mur* ont deux pied* et demi dVpais- *eur. Les l rMilin*^ ont la menu* destination ;

dr Ut,r,wi

• Cm bran matinmnit a » pirdt * - p^da m pourea d rlr*at>»a. •

ratb^davlr <ir ^amt-PoJ- dr^ 1 «>n , U rtorbr qor kr rni Marr , najaaal tm AayWtacre, tifaaa a Saïai-Fol, La

«^a, kjintiil l'ilr dt IU< , dr» p/cliruri «pporlrrrnt au comlf

a> «ru d aa aaeeaae poiaaae daiu la gurulr du^urî a* Mr^r^^r». U rlocbe, oa. fat elo» doeaW. à

C«M ckxeai, d>t M. de rreMaiHe, cet recOreanil d un» >-i»» ar,t.,raitr fflr a U f..n»r d unr piramidr qnadraa-

. aonl p.. q;Max ; U y ea t « U Law A. m dr >n p.od» r.W. . ri 4 poa.

prt.l roia.FJkB aaoiolrtél Fil» rat de cuirrr rmuroaHédr t <-aoroop d arjroi On «tint nr rarorv aoioord'bai i carte dorbe dra rertaja ■

aau ab If alla qoi lai fftU» Oièabir ( aaâbra «V la » ceuar ilr aa powtinn,

»nCo«*roc, Hnsdtaïaa dmaaarb* 1 S.-«*ol , rit uar jruoa

fille oai IreveiUatt; ril* aat fat paaàr ra deamaui p«ra>yi<|ar

lot rrbiiil 1 uu|;r dr «r» urKlifrt , rt , à « jqw Jr rr nurai 1r , I* jroae CDe lui doaae aa m»aoa , aar Pr»plar raiml dr U- «a*IU d Util aa* rbeprBe ,-11 apprta X D. dt (W*r.

A la fiti dli <j»ali>rf"-mr %\rr\r , rllr rlail ra ruirw. ir*a IV ron«lrui«il «ur ara drbri» l'adoawablr i»ar qur I rm y imt ea-

til la limr dr Crriakar , tl dj| que r '»'«>; ii«rru/> /r AaraS f a'âl raV yauaaaa va. Teajt frabacr rrpoae , ea aftat , aar qoatrr p.het, d* g paed. 6 poacaa d* dif rare cbxaa. Uua» Paa d'eu ae iroaaa ) eecabrr.

Le aaattwaii >ilr* de Crciaber eal maanjuablr par b grtcàeaae déticaUeae de aea decoaaajrr».

Oalr* U raabrdial* et Crenber, W rorafew rainai doit . à Satnl-r*ol , aaabfoe* roior» «• l'aearaca roaarot dea oodr ra ots. a* eaaeal à I œaaai de U nUe

l r^lor Ciinlirn» phi»<riir« Ua»-crlir(« l.cunrv

iMSTiuei ut moulu* m 171M.

versent-ils pas, ne lavent-ils pas les nies i' Pourquoi desabreuvoirs . des lavoirs publics , des halles, des marchés commodes el bien entretenus , ne sont-ils pas établis partout pour la santé des habitons, pour le soulagement du |»auvre, pour épargner le temps si précieux ? Resserre dans des rues étroites et malsaines, le peuple devrait avoir à sa portée des promenades, des jardins pour se ranimer, pour se raviver un moment à l'ombre des ormeaux et des chênes. Si des bains publics étaient établis dans la Bretagne , cette affreuse maladie de la peau , si tenace , si contagieuse , disparaîtrait en peu de temps. Si des architectes entretenus veillaient aux constructions nationales et particulières , s'ils distribuaient des plans commodes aux cultivateurs qui voudraient bâtir, daus un demi-siècle les campagnes se couvriraient de maisonnettes aussi saines qu'agréables , que favorables a la population , à la croissance des enlans. Des médecins habiles attribuent la difformité des hommes , dans les grandes villes , à la petitesse générale ries logcmens ; la courte taille des bretons lient peut-être plus qu'on ne le pense a le forme de leurs tanières. Que savons- , sur l'éducation physique des hommes ? que

r.Ti<Ddn

4e l'omragv, «I août IdelVtpiUl'

' tonneau dan* )■ tu- amie partie >MrléUt

la distance de Brest à Saint-PoMe-I.éou est trop forte pour des malades , et l'air qu'on y respire trop vif pour des corn alesceos. • •*

L'IiApilal civil est absolument déoué des moyens ( de subsistance et d'entretien. Son revenu consistait en rentes sur le clergé et sur des émigrés.

Les prisons de SainJ-Pol sont infectes, malsaines. I«s latrines des prisonniers sont dans la chambre qu'ils habitent. Ils nc-sorteutde ce séjour, jaunes, pâles, défaits, que pour aller à l'hôpital. Ubàlimentn'apasdeconr.Enperçantunmur, on pourrait s'en procurer unesur un terrain dépendant de l'ancien évêché ; il appartient à la nation (\ ).

Par quelle bizarrerie , pendant des siècles , une eilénéglige-t-elle d'acquérir, d'établir, quand elle le peut, tout 'ce qui doit servir à la salubrité de l'air , à l'utilité de ses habitans? Pourquoi tant de communes en France, avec la facilité d'avoir des fontaines publiques, obligent-elles une foule dindividus à n'être occupés , dans le cours d'une journée, qu'à chercher l'eau dont on a besoin dans les ménages? Pourquoi des ruisseaux salutaires ne tra-

faisous«nous ponr donner à leurs membres la force ,

la souplesse qu'ils devraient acquérir? Sauvages «>»»e les irlandais, daus le «unième sifcle, bous méritons le reproche que Camtirettsts leur adressait à cette époque. « Peuple insouciant et barbare,

iontiezvos emansàtous

itueni

vivez

» les hasards de la nature , et ne I > leurs organes , ni leurs :

■ des bétes .féroces. »

' Il n'y a dans Saint-Pol-de-Léou el dans sa banlieue que quatre mauvais pu Us. Oo ue pourrait s'y procurer 1 eau nécessaire pour arrêter un incendie. Cette commune n'a pas une .pompe. La source de Kemenguy n'est pas éloignée d'un tiers de Iteuede la grande place ; elle y serait conduite avec facilité. L 'év éque D'Audignéavait en le projet d'y faire élever une fontaine publique ; il ne l'a pas exécuté. La belle source de Bonne-Nouvelle pourrait , en pas* sant i>ar la rue Aulin , aboutir à la même place.

L'abreuvoir actuel donne des tranchées , des avives aux chevaux. En 1779, l'escadron du Mestre de camp général fut obligé de leur donner de l'eau de puits.

Ou pourrait profiter des écoulemens de la fontaine publique pour augmenter les lavoirs de la ville, qu'il faudrait d'ailleurs réparer.

Au reste, l'air qu'on respire à Saint-Pol-de-l^éon est vif et pur ; ou n'y voit point d'eaux stagnantes, pas un marais. »

On pourrait , dans les jardins de l'évêché , de la retraite , on dans celui des ursulines, établir aisément un jardin botanique. Les secours de la médecine viennent ici de Morlaix. Le seul apothicaire de la commune est un homme à talent , de bonne mœurs, actif; mais il est sans fortune , et sa boutique est dégarnie (J).

Les habitans du pays de Léon sont réfléchis, laborieux , bru us detheveux , d'une taille moyetuK , mélancoliques , et très-intéressés. Us quittent rarement le sot qui les vit naître. Us sont- sujets à pen de maladies ; j'en excepte la gale et les humeurs froides.

Les femmes n'y sont pas jolies. Elles sont , sur la côte , basanées , robustes , taciturnes et superstitieuses. 1/es étrangères qui viennent habiter ces rivages y perdent en peu de temps leur fraîcheur et leur coloris. Les paysans du Léotmais sont doux,

(«) il 7 •

ix en 1794.

Mivrn»jb^*(4r rr«M»i*i«»nfT. sensibles aux uiau- | onm> jh>ui |ias donner ce titre a quelque faibles

» ji* procédés, tres-méchans dan» l'ivresse . morn<*s «bu* leur état habituel , intrépides , su rtout si le vin

iljii^tT. Ils s<>nt oltéissan*. bons soldats, ne reculent jamais: nuis il faut les Irailer avec douceur.

le.lialrev breton du l/tnmais est plus pur, plus tonore , plus élisant que relui «les antres cantons. H est a res contrée» ce que le saxon est à l'allemand . I r tangage «II* la < '-onmuaitle , de T résilier , est er>lewlu dans le l.éon ; on ne peut y comprendre relui «le sannes. Iri loti cent peu. lin imprime, a irrpuier. «ne mnllttiide de rhaitwius. d'historiettes, «le r>'-i itx , de miracles, etc. , toujours eu wrs. Ij-s

l>on et de Trégmer délestent l'habitant >, qui |>a\se riiez eux pour liruUl , fropfHtnt toujours sur le Imptéme la «rte. suivant leur eipressioii ;. Je connais un proverbe breton qui fait allusion , sans doute , à<|url-

L'n cornouaiilait , vieux et cassé , vainquit trois teonnais , jeunes et robustes.

Si les anglais sont hais des bretons eu général , ils le Mot encore plus de ceux qui usent sur les rùtes de U Manche. Celle haine ne date que d'un millier d'années. L'histoire des temps reculés, celle des premiers siècles de notre ère , démontrent l'union , I identité des peuples de ces deux contrées.

(Jwaod les taxons s'emparèrent de l'Angleterre, ra> itèrent nos côtes, ks liaisons avec l'Ile de Bre-

ptus, cnez les nouveaux propriétaires, que les vainqueurs , que les tyrans de leurs amis. Bientôt ils oublièrent jusqu'au nom de leurs frères , et donner» nt le nom de saxon { saozon ) à tous les habitaas de ITle, dont ils redoutaient les foreurs et le brigandage.

lr* observateurs ont remarqué qu'H existe une grande symnath ie entre les allemands et les bretons.

Le léunnais craint les ruses, la fourberie, la mauvaise foi des normands qui viennent acheter ses

Enérnutantparlerdanscescampagnes, ff croyais •-nti-iidre les finales et les accens de l'espagnol.

La course , U lutte , les autres exercices du pays disparaissaient avant la révolution. Ils ne se prauqoent plus dans toute la Bretagne. Ib renaîtront iiin* les |onrs du rupos.

Il n'est aucune tiianula< turc à Sainl-IVI-de- Léon :

« «nleries. Jadis les rordiers et les tailleurs étaient | traités avec un souverain mépris, comme ces gens qui font métier de dépouiller les animaux après leur mort. Il existe encore contre eux une telle répugnance que jamais un paysan riche et de bonne famille ne donnerait sa fille à celui qui vnrail d'un de ces métiers. Ij vie molle, casanière et féminine du tailleur devait déterminer cette répugnance da ils le* temps de chevalerie , de guerre , de combats. I ne idée délicate, sentimentale, dans les temps de subtilité, dans les temps druidiques, quand les prêtres étaient souillés , s'ils tiiucbaieul , s'ils apercevaient un cadavre, leur faisait éviter les écor- < -heurs inn-cts el teints de sang. la* «rordier* lllent

peuples pieux , qui n'aiguisaient jamais le couteau de ta justice, qui donnaient à leurs juges, pour les rappeler a la douceur, à ta modération , à l'indulgence , de fragiles baguettes «le Itnuleau. IVut-élre cet état , qui n'exige ni force, ni vertu , fut exercé par des lépreux. De la répugnance pour l'Ii

l-a v ie , I isolement de ceux qui la pratiquent encore sous le nom de ( Hcous, rendent cette opinion très-vraisemblable, i'r&iacatts sont, en Bretagne, ce que sont les Parias dans l'Inde : ils ne saillent qu'entre eux. L'entrée des églises leur était jadi* défendue. Ils passctit pour sorciers , vendent des laliMiuns qui rendent invulnérable , des sarliels a

la vie solitaire qu'ils mènent qu'il faut attribuer toutes ces rêveries : la solitude étonne , effraie toujours l'homme ; il y lrans|H>rle les fées , les onUur* ,

folies de l'imagination, toutes les illusions de l'ignorance. I.'èlre ivdé devienl jK»ur lui l'ami de hieu . Icrontidenl di> ses secrets, ou la créature du diable.

fi* y a {>-o<-AI, lr» p*Tvta< birton» Œtjicixiit In Lubb -, |ui »ui. Plulrgr fjt lr» nuur> . l«u>£tMjJ<3 jl «ffxrrad ikt u.»j>t.k p«. I<» h.. luur> C«i proyw tonjoio lui «("• I W.frrnx-, . ..u il u l'-p*t |rnii«<t ri>urtr» |nn>i nr<««i-

.|..B,..ar

VISTKICT DE MOKLAIX EH 1794.

„U n'est point de promenade publique à Sainli " ! de-Léon. On pourrait en établir une à un côté du mont Saint-Michel. On l'aplanirait aisément; des arbres la décoreraient ; on aurait sous ses yeux la Manche, des rivages rians; on y respirerait l'air le plus pur ; on y perdrait cette morosité que des hommes mélancoliques doivent souvent porter dans leurs maisons.

La halle, où l'on débite les viandes , est close, en bon état , à côté de la grande place ; mais les boucheries sont mal entretenues.

La place où se tiennent les marchés est commode. On a, dans cette ville, un marché par semaine, une foire par mob. Les achats s'y font avec simplicité, sans gages, sans cédules; on les termine avec lenteur. Que d'examen 1 quel bavardage! On s'aplielle , on se quitte , on revient ; une bouteille de cidre (1), un sou qu'on accorde ou qu'on refuse , rompent quelquefois , ou font conclure une affaire considérable. Tout se termine en frappant , en serrant la main de l'homme avec qui l'on contracte. Ces! un engagement sacré. 11 fut jadis l'emblème de la bonne foi ; les grecs et les romains l'adoplerenl sur leurs médailles avec la même signification.

Ij ville «le Saint-l\d-d«'-Léon était, avant la révolution . le pays de la paresse et de In hnmic chère, i Ile nourrissait dans l'abondance des chanoines, I évèquc et son clergé. Kien ne troublait leur sainte oiMvelé. Quelquesgenlilslinmuiesy végétaient tranquilles. I .a bourgeoisie paisible y vivait d'un petit commerce et dot dessertes de l'église. f>es professeurs, une foule de piètres, quelques gens «le jn>lire . et l'évèque surtout, y répandaient le goùl «les lettres. On y trouvait beaucoup de livres, qui depuis ont été transpor tés , dans des tonneaux . a Morlaix. Dans le moment actuel, on n'y voit pas un alnia-

IWeUgne. Oo désignait *oo* rr non drteaté In rordirr» , In tonnelier» , le* écorcheur» Je brie*. C<iubr\ a nuoo de dire <|ue le degoùl qu'il» inspiraient a beaucoup diminue; on peut même dire qa'il a duparu dan* l'arrondutnuc/il de Morlaix. Mai* il n'en e*t pa* partout ainai. l'n de no* ami* noua a dit aïoir m, à deux lieues de Lonent , un vt/lagr de Cacous. Il •r compote de us nu no m cl de drox cordrnr». Le* pay**n* de* environ* voient ce* C-acoui de maniai* ait , et le* accuaent de tout le mal qni *r fait dan* le pay».

(l) On ne bon pa* de ridre a Sajnl-Pol , Cimbry l'obtcrTe lui-même qurlqur» lignri |ilu> liai. Il n'r»t pa» exact non plut ■le dire que Ira marché» »e font »an» gages de» arrbr» aoot ilonarc» toute» le» foi» que la liriai*ou u'rtl pa» inuncdute.

nach. J'ai peine à crofre que le projet spécieux d'établir de belles bibliothèques dans les chef-lieux de district et de département ne fût pas un projet d'anéantir partout l'étude , les sciences et les lumières.

Otte commune, malgré son éloignement des grandes villes, n'a pas été tranquille dans les temps «le l'anarchie. Que) asile pouvait échapper à la fureur des bourreaux lancés sur la surface de la Ira net-, et «le mille valets . si \ lés , guidés par eux contre le patriotisme , l'honneur et la vertu ?

On voit très-peu de mendians dans la commune, mais beaucoup de pauvres cultivateurs dans Icseauipagnes.

Tonte la fortune du pays de Léon appartenait jadis.i l'évèque, au clergé, a la noblesse. Les habitaus de Morlaix ont ae<piis la presque totalité des biens nationaux de Saint-Pol-de-Lénu ; il faut en excepter des maisons , des jardins et quelques champs \oisins de la commune.

J'ai déjà dit que les campagnes de cette partie du district sont dépouillées, sans forêts, sans bois et sans arbres. Ou y remarque quelques chênes .

• les or aux. des rhàlaiguiers , des hetivs . trop

peu de pommiers pour qu'on y fasse du cidre. Les fruits des jardins réussissent , mais en petite quantité. Les prusses , les platanes y croissent , quand on les soigne avec précaution, l-es champs n'offrent à l'œil «pie des légumes , du grain , des rochers et «les landes.

On y sème fort peu «le chanvre , mais une grande quantité de lin. Il se file dans le pays, à l'Ile tte lias surtout ; il |>asse , ainsi pré|»aré , dans Tréguieret chez l'étranger (2).

Les légumes et le lin sont la base du commerce. l>ans les communes dépendante» de Saiut-INd . on ne travaille point la terre avec de» hu>uf». I.e» charrues sont trainées |iar trois chevaux, «I root, l'autre en arbalète. 1rs femmes aident a relever, à couper , à battre le blé. Peu «le foin dans le pays. Un y lie les muions de paille pour les empêcher d'être enlevés par les vents fougueux du nord et «lu

sud-ouest. |j rriture ordinaire «lu labouretirCfl

la bouillie d'avoine et «le blé noir. La soupe au l.n d est son mets favori. Il vend son poisson . qu'où ne

I» La plu* grande pallie dr ce fil ne mrt point de I arrondiMcmrut dr Morlaix. Il •< M au twaagr de» toile» irai » y I*bnqurnt.

Cl 1794.

«oit iamai» <uir sa table : (;. Dans les jours gras et «Uns les jour» de noces , on sert du far mêlé de . m* esprxe de Iourte de froment et de

Le mouton du pays est bon , assez commun. Celui de» cule> de l'Iougoulin est préférable a lous les

Ou y cultive de l'orge, du sarrasin , des panais, *i' gros navets, du trèfle, beaucoup d'avoine, point de millet, quelques pommes de terre (2).

Les ttTns MOri grasses, excellentes, onctueuses; gratclrusessur les coteaux, r-n formant îles rideaux •le prunier, , île platanes et de peupliers blancs , des bètre* , des frênes et des pommier» s'élèveraient i leur abri U chêne y crotldifacilemenL Les la»de» qu'on seine sur les fossés se coupent lous les trots ans. Elles servent de chantage. Ou eu pile ivxtrémilé pour la nourriture des chevaux. Les normand» enlevaient ordinairement douze mille rhevmx , par ao , pour les revendre à Paris (3;. J'ai vu , sur la roule de Moriaixi Sainl-Pol-de-Léoo , e (rois ans portant une paysanne et des » , «™ poil était liste et brillant, sa taille haute, sa pnibe fine ; son œil était éliiirelaiit : jamais , i les écuries de \ ersailles , de Chantilly , dans •* haras du grand duc de Toscane , Je ne vis un lu* fier . un plus bel animal (4).

< -elle race , la première de la France , peut-être, le point Je s'alùlardir. Treize cents jumens.

mune de Saint-Pol , mais sans étalons de choix. Ku 1790, on en It venir douze do Hobtein ; ils oui été a des étrangers.

1 croirr, d'apmrcqoa dit ici Caiot.rT , que U

- m Irro ■ U »rca« ; cala a a potal Ura. La» huatiac* r moê cota» , ob font Itar «UL U* itnJni Irur pnii*un , il H II atanfrnl «M It.rwju >W pa «ta dr/air*. Qaaat »u Uboarran propmu.nl S*, *• «'ta aarreot tfltebvanrat juuu tur Irur» table» (») I* raliarr de U ponunr d«- li-rrr a prit uni innniw

(j; Il Util Lira caliiJjr >|ur cri Jouir mille rbrviax toat nkin Jr lomt h Wouàlèrt , rl du» dit akatncl de Satat-M

Ut.

(;) ta beauté dea forme* n'rat pat pourtant r» qui div-

graMrralraaeol lourd,, rl pioprr* arulrairnt au Irait, niait, 1 1 mm kxu mil ilr U IVaaw-rWriif a* , il* «oal rofc»»«ii'« ,

Les rheiiiins de traverses sont affreux ici , comme par tous les Hépartemen* de la ci-devant Bretagne. Celui de l'Iouéuan ne |>eul être fréquenté l'hiver. On devrait établir une grande route qui , passant à l'Iouescat . se rendrait a larsnevrn , pour le service de la cote et la facilité des tran»|M>ri» mili- Uires (5).

l/*s maisons , dans les campagnes , sont moins sales , mieux entretenues, mien x meublées que dans le reste du district, quoique couvertes de paille.

sépare» des hommes.

Partout ici la terre est couverte de quartz , de maltares schisteuses ; ou n'y connaît point de pierres calcaires. 1 j côte est bordée de granits ; il eu est dont le grain Ires-Un est susceptible des plus beaux polis. On le» travaille avec difficulté.

Il y a , dans le canton, une belle carrière de Kersanton, cette pierre si Une, susxeotibled'tiu si beau poli et »i propre à la sculpture. Je l'ai vantée ilans la l*»rtie de mon ouvrage qui traile de* sciences et des art^l>u>can^e*lpr^deKertlssiec, à i de lieue de Saint-Pol (6).

La chasse n'est | romlisseinent.

Point de

ni dans les communes de son arroodiaaeaaent.

Les cuirs se tirent île lainpol , près de l-awlivisi.ni. Deux tanneurs les préparent a Saint-Pol (7 ). Dans cette dernière commune , il existe des marchands en détail , point de négocia n» eu grand. Il serait très-aisé d'y conduire les eaux «le la mer par uu canal qui traverserait des prairies tf«s-basses , sur l'étendue d'une portée et demie de fosil. On ne roucoit pas qu'un avantage si peu coûteux n'ait pas été procuré à ortie commune, ou par l'état, ou par ses ittltesevéques; par M. delà faairhe entre autres, dernier prélat de Pol-Léon , homme d'esprit , quoique x)umisaux méjugés dusarenUr et île U féodalité.

La

ait* u ni K.ro enlrelrocie r>r ju.qa . la lim.tr d» la roam.una dr hmtmu 1* rhrroni dt Pluuriian a rir rrparr.

(6) U Xeraanloa aat »a— «plibla dt raerroar oar ta.llr fine «i atorate, eoroo» on yrvt U rotr aa raifort; auia , poli, a aat kaaa »"•«>» «— ■ ■,»' jrao.fi.

DISTRICT Dt MORLAII ES 1794.

lettres y parvint tous les jours ; ce qui serait facile, .« l'aiile iVwn' /u'i/on qui tiendrait île Morlaix , où l'on jouit «le cet avantage.

Userait aussi nécessaire , parmi les hâlimens nalionaux , nombreux. dans rette > i lit* , il'eii choisir un pour faire une caserne. Le ci-devant Séminaire conviendrait à cette destination (1).

Il y a, dans celte partie du district, quelques étangs peu considérables, une petite rivière à Plougoiilm , et beaucoup de gros ruisseaux.

l*a voyageurs , en traversant les environs de Pol- L'on , doivent voir avec peine l'immensité de terre aride et dépouillée qui les environne. Ils ne croient ris terrains susceptibles d'aucune culture, d'aucun rapport , plaignent ses habitans de vivre au milieu d'un désert sans verdure et sans abri. ( !et aspect est trompeur. Ne jugez pas par le grand chemin l'intérieur des terres de ce pays. La nudité qui frappe le voyageurn'esl pas l'elTcl d'un mauvais sol : donne/ des liras à ces rniiirées , qui s'en privenl pour la marine ; augmentez l'industrie, et bientôt cestféserts nt couverts d'arbres , de fleurs , de moissons , de prairies.

J'en appelle à l'exemple «pie je vais vous citer. Il existe sur le rivage , à moins d'un quart de lieue de Sainl-Pol-tle-l/on , sur des sables . mie des terres les mieux boisées , les plus riches, les plus jolies que je connaisse. De vastes rjdeaux de priissiers . de pins , de sapins et de peupliers l'environnent et la mettent à l'abri des vents nuisibles. Tout genre de culture réussit dans celte vaste enceinte, où les rayons du soleil réunis, concentrés connue dans un lover . mûrissent les meilleurs légumes et les fruits les (dus délicats. Les gazons y sont verts connue dans la Hollande. On s'égare dans les bosquets de coudriers: on se promène à l'ombre d'allées longues, larges et sablées; on s'arrête dans des bocages dont le vert délicat contraste avec |P \erl foncé iIin arbres étrangers qu'on y naturalise. Vous trouvez de |olis boulingrins , des arbrisseaux , des fleurs , où jadis la lande sauvage, la ronce aride, des mousse* même ne croissaient pas. Allez près de la métairie , mois y verra des prés couverts de fleurs. Descendez au joli petit bois qu'on a planté sur le rivage . quel point de v ue ! quel vaste espace ! quel aspect imposant ! Li mer meurt à vos pieds, glisse sur le i nage, écume contre les rochers , frappe en fureur ce qui

■ le NIMII . <

(i) ("ni l'crrcbi uni «rrt .lr rjM-mr , a Sjmi.Pnt.ilr.Lroo , Inuqn'on j rflToir dr» liotipc» , connut noua l'»>on» drja dit.

gène son cours, étincelle de dianutu , et . dans la direction des rayons du soleil , paraît un fleuve de lumière. Vous arrivez au belvédère, et c'est avec stupeur que vous voyez l'aridité, la mort des rampagnesqui vous entourent. Xirisi IVus-llill fut enchanté par llamilton. Bénissons ces magiciens dont l'art embellit la nature : voilà les bienfaiteurs du monde.

Il me reste à parler du saint protecteur de Léon. \insi Paiisanias, en décrivant les neuf districts de l'ancienne Grèce, n'oublie jamais le dieu de chaque église, fût-il de marbre, ou de pierre, ou de bois; ne fùt-il qu'un tronc vénérable consacré par les premiers sauvages du pays.

Saint-Pol naquit en Angleterre, en 192. Les saints terminent leur carrière par des miracles; ils ne les commencent souvent qu'après leur mort, quelquefois même après leur canonisation. Notre héros, sur les liant s . au collège, eu lit qui ne le cèdent en rien à ceux de Moïse, de J. C. , et même à ceux de Saint- François. Des oiseaux ravageaient les champs de son maître , Saint-llydultus ; il les conduit au monastère. Le saint abbé , indulgent , généreux , les réprimande , L ui donne sa bénédiction : ilss'cnvolent reconnaissans. De ce moment, ils respectèrent les grains du saint homme de Dieu.

La sœur de Pol vivait dans un couvent que baignaient les eaux de la mer. Il commande aux llols de s'éloigner de 4,000 pas ; ordonne à sa souir, à ses noues de ranger de petits cailloux sur le rivage : ces cailloux s élèvent . grandissent : ils sont bientôt des rochers me uaçans , capables d 'arrêter la mer et ses fureur».

Pol, en 517 , délaisse sa patrie et, porté sur les floLs, arrive à l'Ile A'.-Eussa (2) ( l'Ile d'Ouessant . Il vient à l'Ile de Ras. Le comte detiuythureenétail le gouverneur , et demeurait alors dans un p ilais dont je n'ai pas VU les ruines. Saint-Pol s'ainiise. eu s'y rendant , à guérir trois aveugles, deux muets , un parai v tique , en les touchant de son bâton.

Le comte, en ce moment, s'occupait fort d'une do* chette que le grand roi Marc d'Angleterre avait la

(i) I.'île ■!//... i . , ...i.'.-.! ir i7r «V la terrtur. TVans In tilrra du inurmr tirtlc qui non» tout rot». t'Uc d'Onraaol r»t encore drsipnrr par cri ancien nom de limita ou Hcuuaf. Saiol-Pol oc put mlrr k Oontant , tu la barbant dr» babitan» lu ange rlaot rroo loi ordoonrr d'aller plua loin, il an Trmrucpj atrr »e» diariplr» , rl viol aborder au Krrnic , pr< •> tHourtrar: niai» ayant ru trvrlation d'arancrr rncorr , il vint enfin a l'Ile dr Pat , dool Irt habitant étaient drja cooicrti» au cbrulianitinc.

DISTRICT UE KIRI il\ EX 1794.

mal** dr lui refuser. Par ordre de Saint-Pol , un liuianii l'avale et l'apporte a celui qui la dédirait (I). I ri\r cloche d'argent était dans le trésor de la cathédrale de Léon. Au «on de cet instrument , 1rs maladie* **• guérissaient , beaucoup de morts ressusri-

II y avait alors un grand dragon «Uns l'Ile , qui dévorait hommes , chevaux , toutes les hétes du |u\ « ; ce qui faisait trembler le comte de (iuj thure. Sainl-l'ol se rend a sa caienie « dans vn babils ponlifkaux , accompagné d'un jeune gentilhomme de U paroisse de CJéder (i). la- saint ordonne au i de paraître. Il sort en sillonnant la terre de I écailles , en poussant d'affreux sifllemens ; nuis, 1 par une éiole , par quelques petits mois I , il marche tous la conduite du jeune genlil- >drUeo>r, jusqu'à la pointe nord de l'Ile , ou , d'un coup il triton , il fut précipité dans les gouffres de l'Océan (3). Ce lieu depuis s'appela Toidl-ttr^SarfHini. Je l'ai vu , je l'ai mesuré ; il a ru»q pieds de haut, et le dragon avait soixante pieds de kmg et pour le moins dix pieds de diamètre. La fontaine de I ile.celleque lauiercomre tf décoince a chaque narée , fut produite d'un coup de bàlon. Tout le monde avait soir, et le saint la fit paraître.

(i)0;iki iltrfiiioo da U Irgaade. Ce m'ttmil f>»' Gmr- •« are f ai l'occmfmtl de U clochette du grrnud roi Jfcacr , m Urm S*i»1-Fnl, qui avait dnsaadira doocrltr rlorbaa Marc, ■Mfa l'avait bapliv . rt qai >n J<Jii BJMJI un t.Mi laaa» rr taial armait j la roor dr (.ujthure, irt prebean apponwal ao comte m pouaoa qui Iratit dam u jurolr la UUUaUUi an qontion. Saml-Pol 1a moaaot , H Gu j taure la

'i) Ca java* bnaaaM dt deder terni \e tornoea de KerpaUUU dut . c'ait é dira qui me mu feu /tus . et oa lai ar- " eéé en outre d*« lerm tt «Va pneilrgea iransaaieetklee à Ma uentien. I a tira plaa remirqaahln rUil te\a, dt te prr traie» • t vflnade I rpèe aa r«it , ta bottn et ta rperooa dnm ,

îe J ha d'aprra In ocutrt d* Saiei-Pirnr et da Seial-

Pal. joaw d* 1a drdicare da I rgliae ratlirdrale dr Seial-Pol* aWUsU.

La £aa>ille dr Kergoornadrtli ni , comme on la toit , I an* " I l-i» innrDi.d .lr U Rretafoe. Le* niaUl '! I f>-''«u at la nom Ae cette famille enatrnl rnenre dan» U pavée d* tarder Cet rdifirr, rotoorr lia ko» , ae data qae i c i mat mini dn dii-arplirote tirelr; au» il lui

aat aar In laian d aa tbàina plaa a or ira. U an m da La avaiaoa d* fcerfoaraadcr. a tteit ra Dteu

, I) flapnt la Ufnwlr , lr drtfon te pimpila daat Ut flou , •»« • «edre Je Saial-Pol. Il d ni nulltmriil .|or.l,..i, J, ,„up

I* comte de lia) thurv, enchanléde son hoir, Un doiini' s.iii palais, et si* ivlir.-il.oiN l.t nié d'I )< cisnior ( Saint-Pol-<lc-l>on I . Il lui lit présent , en parlant, d'un manuscrit des évangiles, enluminé , copié de sa main, (.iiillaume de norhrfiirt, évéqur de létal , le couvrit de termeil , en 1352. On a dû le trouver dans les archives de la cathédrale (5).

I>e sou palais de l'Ile de Ras , Saint-Pol Ht un I" ni monastère ; mais comme il manquait d'eau . i| eut recours a son bâton. W produisit une fontaine.

Il fui depuis évéque d'Occismor, se rendit à Paris . s i t le roi r.liildebert , qui lui (U don de l'Ile d'Oiiesvaiit , pour le défrayer du voyage (6).

I as des hommes , il se retire a l'Ile de Ras , ordonne de l'enterrer dans la tille sacrée . dont il est évéque; meurt à 102 an* , en l'année ."MM. les habita ns de l'Ile veulent conserver ses dépouilles mortelles; ceux d'Occismor les réchmeut. I esdispulans enfin arrêtent de les placer à moitié, sur deux chars, l'un dirigé vers le monastère , l'autre vers le rivage. Le saint n'attendit pas la On de la querelle ; il disparaît , passe la mer , et se rend , par les airs , sur le rivage d'Occismor , qui , dès ce moment , fut appel' Pbl-de-IA».

Vous connaissez un saint de* bas-breton*. Con- Misjex-vous dans l'I nde. en \ rabie, chei Shéérasade, un plu* grand saint? Ir chapeau de Fortunatu* et la laguHIe de Moïse , le cor des frères Tangut , la |jm|*e merveilleuse , le petit lu ion d'Kbari* . ne valaient pas le lialon de ivotrr homme.

Si vous doutiez des faits que je viens de citer . consultez Prtnu dr natalibus, Htdttwu, / inrrnt <ls Rain ai'i , Antanid , Trithrmius . Continus et les légendaires manuscrits de l>on, deTréguier, de Nantes , etc.

Cest dans le pays de !>on que se passa la tfi ne des trois fermier*. M. de Kergroades devait cent mille «Vu* ; ses fermiers , instruit* du désordre de ses affaires, lui fournissent cette somme, gèrent ses lerres pendant quarante an*, lui laissent la moitié

(«) V.iift ce tfoe aoaa atoaa dit pirrrdnanral tar trOa optaioa . qui ftii da Sami-Pul-dt -Lroa l'astim (Vriitaar.

(5) C* prmraa avaaaarnl a tir prrda , ai au oa* it» ckat tn rl In wtKitn dr la ralhrdralr.

(6) Jada'al . rot dr IWrtagnt , rljil alon rrfa|.. i f.i i pm dr Qiildrbarl. Cm pitt dr Judutal qwr SaaaVaSl tmt ratott par In Iroaaaia atrr dn Itttrn doatl il ipmd U roairaa , rl qui priaient lr pi no dr lr lui aarrn rtrqur cr qu d fil . ti d doaaa aa taul l'U* d'Oui ttaal. U iSt d * Sri iiami et d «afin latt ra.

Page 1