‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 76 sur 159 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Topographie pittoresque et historique.

Avant de développer le caractère d'un personnage, nos écrivains modernes ont coutume de peindre son extérieur, ses attitudes , son costume, son aspect; avant d'étudier la nature d'un pays , nous croyons aussi qu'il est bon de décrire ses apparences , son air , ses habitudes : nous commencerons donc par donner une description générale du Finistère. Le rapide voyage que nous allons faire a travers ses viUes et ses campagnes ne pourra nous révéler tout ce qu'on peut > trouver de curieux et d'intéressant à examiner, mais du moins nous tirheroos de ne rien oublier d'important. Ce chapitre sera comme un guide du voytigettr pour l'étranger qui viendra visiter noter merveilleux pays. Nous passerons rapidement «levant chaque objet, pirce que nou« faisons un vos âge et non un catalogue ; mais nous ferons tous nos efforts pour que notre brièveté ne soit pas de la uégligence. Nous trouverons le temps de nous arrêter au moins quelques instan* devant chaque site remarquable, ehaque antiquité , chaque monument digne de fixer les yeux du savant ou de l'artiste.

Afin de mettre un peu d'ordre «Uns notre péformation de touriste , nous procéderons autant que possible par ordre , en commençant par la partie la plus nord du Finistère.

\oyci-tous, au fond de cette »allée profonde, ce hameau romposé d'une auberge et de quelque* maisons ? t . . si le Pontbou ! D,'ja des

en haillons entourent la Toiture en répétant d'une

voix dolente le chant national :

Au toi got • va «tout , Ap mi go* • »«.

Ce #f lu tuUU . j V» fui, ,

et demandent quelque chose d cause du bon Dieu ! I n aveugle , sur le bord dn fossé , répète d'un accent clair et élevé le guerz ré-

l'endroit même on vous vom Ullons ne parlent plus que breton, et les paysans qui passent vous tirent leurs larges chapeaux en vous disant : tantt à vou$ ; vous voilà en pleine Aiwique , dans Cantique et véritable Bretagne : c'est au Ponthou que commence le Finistère.

Il en est temps , abandonnez ici la voiture qui vous a transportés et lancei-vous à pied à travers les chemins. \ olre pèlerinage va commencer.

Rendez -vous d'abord à Plooégat-Moisan , en

sous vos pieds sont les pbines fertiles de l'arrondissement de Lannion ; plus loin une *•< happée de la Manche , qui se courbe en arc et que les navire*» effleurent a» ce leurs voile* blanrlie» , ...mine des oiseaux marins; a l'horizon se montrent les points rulmiuans de l Arhés, et du côté

16 IWOCRAPIIÎE P1TT0REJ

des Cotes-du-Nord , le Ménez-Brée, demeure du v prophète Guinclan.

Plus loin tous trouvez Plouégat-Guérand. Suivez les murs de son parc , qui ont plus d'une lieue de long , et jetez un regard sur son château magnifique qu'entourent des prairies, des eaux, des bois , des jardins , mais qu'attriste on air d'abandon, de délabrement. Naguère cette demeure royale retentissait du joyeux tumulte des fîtes ; ces taillis, dont les ombrages rampent honteusement à terre , s'élevaient en majestueuses forêts, et l'on en entendait sortir par rafales , vers le soir , les sons étouffes du cor et les aboiemens des meutes égarées : mais la révolution a ôté à ce lieu toutes ses pompes ; le château do Guérand , tombé aux mains d'honnêtes bourgeois , menace ruine, et vous ne verrez plué que l'ombre de ce qu'il était autrefois. Seulement peut-être , en -passant près du seuil de quelque ferme , les chants d'une jeune femme , occupée à filer devant la porte en tr 'ouverte , viendront frapper votre oreille comme un écho du passé , et vous entendrez lé guerz du marquis de Guérand, célèbre dans tout le canton.

» La merquis da Guérand disait nn jour a ms gens : —

• M*» gens , aUe* dortoir, car je retu écrire nne lettre pour

- tu* femme , qui esta Paria.

■ Quand la lettre lui arriva , elle était dans un salon ,

• joyeuse et prenant son plaisir arec beaucoup de jeunes

- NgPtl». '

• Et en lisant la lettre aes larmes tombaient snr le papier » Minime la pluie dans nns firirre.

• Et i l'instant elle dit à sou cocher : — Attelé* dis che-

• «aux à mon carrosse, car je veux être cette nuit a Plourgat-

• Guerand. •

■ Et ta marquise disait, lorsqu'eUc paàaait dans les vrlh Liges : — Comment va le marquis ? lis lui répondaient tous

tendu rten de

» nouveau , madame , Dieu merci.

• La marquise dit, lorsqu'elle passait a Plouégat-Goé- » r.ml ; — Bonjour, plégautaii, comment va le marquis ?

• — Guillaume Kaucber lui répondit : — Continuel , ma-

• liante , ear il ne fait que Vous attendre.

- Et quand la marquise entra au cbiteau de Guéraud ,

- elle demanda ou était la chambre de son mari. Ou lui ré- . pondit qu'il cuit au-deatus de la cuisine , entouré de mé-

• decint.

- Oh ! bien dur eût été U cceor qui ne se fut paa fondu

• en larmes en entrant an «bateau de Guéraud; bien dur le

QCE ET niSTORlQlE.

■ le cœur qui ne sa fut pas troublé à voir le mari et la femme

■ se demander pardon.

• — Pardon, mon mari, pardon de touj avoir quille.

• — Ce n'est pas à tosi à demander pardon , ma feuirat .

■ car je vous avais donné occasion ! Approchri-vou* , bm

> femme , car je vais faire mon testament.

■m i Dieu et aon corps s. la terre dn cimetière. — J'ai doue

• domestiques chee moi ; nn habit noir i chacun d'eux. Us a les choisiront eux-mêmes , et ce sera vous qni les paieres*

■» Je donne cent éens a Plonégat en l'honneur de Saint - » Dégât ; j'en donne autant i Notre-Dame , et je le donne . du fond du cceur; autant a Lnsivilt, dont j'ai été le fon-

• dateur.

• Des orgues neuves à Pie» tin , .pour que l'église résonne

• de doux sons ; cent écos a Saint-Michel , et autant a Sainl- » Michelin-Grève. — Uélas ! mon Dieu! mon mari , je ne

• suis paa iu« riche pour tant donner.

« — Approcbex-vons , ma femme , voici la clef de votre

• cabinet , je n'y ai rien touché. ^

m La marquise était emprise quand^elle rouvrit la porte de

- son cabinet de voir tout l'or et tout l'argent qui était reste

■ au Guérand.

- vous l'aves dit De plus , il y aura un jubilé pendant trois

- semaine». •

» — Et voue , mes enfans , je ferai fonder, en votre nom . « nn hôpital dans le bourg de Plonégat, afin que les pauvre*

• prient Dieu pour votre père.

m On mettra dans l'hôpital doute pauvres , à présent et

> pour toujours. —Ht anra 11 doûte panvrea et un prêtre

> poor les eoulagcr. -

Maintenant, continuez votre route, vous allez arriver à (a grande; terre ( Lau-meur). Ces hommes dont le costume vert est relevé par une bordure rouge sont les babitans de la ville que vous allez visiter;' car Lanmeur est une ville, tous vous le diront , et vous vous garderez de le nier , si vous êtes prudent. Visitez l'église de Saiut- Melair , dont Cambry Vous a patlé (1). Descendez dans son crypte , où vous trouverez la fontaine sacrée qui donna autrefois à la ville le nom de Kerfeunteun ( ville delà fontaine ). Voyez aussi l'église de Kernitron , bâtie au dixième siècle ; admirez surtout les grilles de chêne sculptées qoi séparent le chœur de la nef, et déplorez, avec tous les amis de l'art, les dégradations qu'elles ont subies , l'abandon et le délabrement de l'édifice sajnt , dont les murs sont verdis par la mousse.

On vous fera voir au*si l'ancien hôpital des aliéné» do Lanraeor. Lorsque le choléra tondit sur le Finistère , tous les gardiens de cet étato!iv***riH*iil ptf rirent ït les Tous r^sl^ncnt sîmis secours, livrés a là maladie et à la faim. La plupart succombèrent.

Hetencz maintenant vers la mer, à I>ocqiiirec. De là vous voyes l'Océan s'étendre jusqu'à l'horizon, mouvant et bleuâtre; des rochers, des Iles se sèment de loin en loin; quelques voiles, à demi perdues dans les vagues, lâchent ça et li son azur ; à l'horizon , dans la brume , c'est l'Angleterre !

a anme, une grève nianciie se uepinie , cpm Saint-Michel qui, chaque année, étend pins avant son linceol de sable et mange m morceau do rivage. A gauche, l'œil s'arrête sur les pointes avancées de Guimaec et de Primel. Ici tout est riche , ombreux , fleuri. De vaste* champs de blé ondulent su loin , d'antique* manoir» élèvent leurs girouettes au-dessus des arbres touffus, et de petites vallées, semblables à d'immenses serpents endormis dans la campagne , s'alongent toutes vertes et taclietées de genêts teuris. L'une de ces vallées vous conduit a Saint -Jean -du- Doigt , gracieux village |mt<Iu

verez oih> des tours les plus élégantes du pays. Différente par sa construction de la plupart de nos clochers , elle est entièrement couverte en plomb. La fontaine, composée de bassins superposés qu'entourent des têtes d'anges, et surmontée par une .statuette de Saint-Jean , est un monument plein de légèreté, de boa goût et de délicatesse. Tous les détails de cet ouvrage charmant sont de plomb comme le clocher, mais l i légère couche de mousse qui les recouvre leur donne l'apparence de pierre. Ne quittez pas Saint-Jean sans prier le curé de vous montrer le calice et la patent, présents de la reine Anne, H ont l'auteur du Forage dont te Finistère vous a donné une description «acte et curieuse (I).

L'édifice gothique que l'on aperçoit près de l'église est un .caravansérail élevé par la reine Anne afin de recevoir les pèlerins qui venaient a Saint-Jean-du-Doigt pour se guérir

I* jour de la Tête patronale de Saint-Jeau-dti- Doigt, douze mille pèlerins au moins se rendent à ce pardon renommé. I n prêtre est continuellement occupé, pendant plusieurs jours, à l'aire toncher aux fidèles l'étui qui renferme le doigt de Saint-Jean, et à le leur appliquer sur U partie malade.

De Saint-Jean à IMongasnou vous avez à peine ■ne demMieue. Vous passerez ' près d une construction singulière, élevée au milieu d'un champ, et que dans le pays on appelle f Oratoire. Là sont suspendues des chevelures de (pûtes couleurs offertes à Marie par les jeunes filles qui veulent se marier dans l'année. Cette superstition gauloise se perd comme toutes les vieilles croyances de la Brelagoe , et le nombre des offrandes appemiues à l'Oratoire diminue chaque année. L'église de Nougasnou n'a rien de remarquable , mais du sommet de la tour l'œil, embrasse un admirable asjiecf. De l'antre cAté de la rade de Morlaix , au-delà du château du Taureau , on aperçoit Saint-Pol , qui lance dans l'air ses tours dentelées , 111e de Calot avec ses magasins blancs qui brillent au soleil , Pempoul et la rivière ombreuse de Pensez ; un arc immense d'Océan borde ce panorama varié et s'étend de Plie de DaU jusqu'aux Sepl-lles, près de Lannion.

Reprenant la route, de Plouézoeli pour vous rapprocher de Morlaix, vous traverserez des campagnes fertiles et parsemées de fermes qui se cachent à demi sous des fréues et des noyers. Ici tout est mouvant, tout e»t animé. Dans tous les chemins creux vous entendrez le fouet des charretiers et la* sonnette des chevaux. Remarquez *n passant l'élégance de ces attelages de cuir blanc tout brodé d'arabesques coloriées : vous allez traverser Ploujean , l une des commune* les plus riches de l'arrondissement. ^ isilez les bois et le parc de Kerauroux , appartenant à M. le Comte de U Fruglaie Dans ce parc se trouve le tombeau de Cilles de Lauoé , sire de Couespeur, qui y a été transporté du chiteau.de Prnnclan dans les Cotes-du-Nord. Vous arrivez à Morlaix, vieille ville qui dort au **rd de sa paisible rivière, sous une couenne de jardius et de feuillages (2;. Vo» visiterez son hôtel de ville , ses dent églises de Saint Mathieu et

(.) en. «».

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TOPOGRIPHTE PITTORESQUE ET HISTORIQUE

de Sainl-Melaine. Ne manquez pas surtout d'admirer le rapide et long escalier de celle-ci , escalier au milieu duquel une administration pudique a fait élever un bastion de granit épais de douze pieds pour intercepter tout regard iiiiliscrct quand les dames descendent. Allez voir aussi tes Jacobins , la fontaine gothique des Carmélites , la vieille abbaye de Saint-François, qui cache dans les arbres sa chapelle en ruines , remplacement du château , dont on a fait une promenade charmante et qui vous montrera la ville entière capricieusement étendue sur le penchant de ses deux collines. Mais si vous êtes curieux de ce qui rappelle le moyen âge, n'oubliez pas surtout les vieilles maisons de la rue du Pavé, garnies de sculptures grotesques représentant des moines, des joueurs de bigniou, et percées de croisées aux vitrages plombés; celles de la rue des Nobles, ornées de caryali- I« gantes et expressives, parmi lesquelles vous remarquerez un Saint-Jean-Baptiste, un Evéquc et une Vierge ; passez sous la singulière galerie des Lances, qui forme une partie du quai de TréguieY, et surtout, s'il vous est possible, entrez dans uue de ces maisons à lanternes , éclairées par le haut, et dont les escaliers, soutenus par des colonnes cannelées, et entourés de galeries merveilleusement travaillées , offrent un des spectacles les plus étranges , les plus fantastiques que l'on puisse concevoir. S'il vous reste encore quelques instans , demandez l'entrée du parc planté par M. de Kerdrell , qui domine la rive gauche du port. La Morlaix vous apparaîtra sous son aspect le plus pittoresque. Des quatre fenêtres d'un pavillon vous le verrez s'encadrer sous ses quatre faces , dans tout le désordre de ses antiques constructions , avec son mélange de verdure , de rochers , de flots et de maisons blanches qu'entourent des vignes découpées. Vous pourrez enfin, si vous êtes industriel, visiter une manufacture royale qui produit le plus mauvais tabac d'Europe, et une exploitation agricole ( celle de M. Félix , à Launuguy ) qui peut être comparée aux meilleures fermes-modèles de France.

Quel dommage que celle ville, si piiloresquemenl assise aux liante de deux coteaux , soit nne parfaite reproduction de la petite ville de Picard ! Quel dommage que toutes les étroites et mauvaises passions, que l'esprit de dénigre-

ment et de jalousie y habitent ! Pourquoi y trouve-t-on des épiciers en gros jouant au soldat avec le hausse-col de garde nationale , des courtiers parlant politique, et des marchands de suif jugeant les livres sans savoir l'orthographe ? Heureusemeul que là comme partout s'élève, derrière cette population ignorante de la république ou de l'empire, une nouvelle génération plus loyale, plus sympathique, et surtout plus capable de comprendre le progrès et d'y aider.

De Morlaix prenez la roule de Brest; vous traversez la paroisse de Sainte-Sève, alternativement aride et cultivée , et vous arrivez à Saint- Tliégonncc , dont l'église mérite d tire \ isitée pour sa chaire délicatement sculptée, son reliquaire élégant , et son calvaire , moins compliqué que celui de Plougastel , mais d'un effet général plus surfaisant. Le costume des paysans est ici plein de noblesse. Il est entièrement noir et consiste en un grand chapeau , une large culotte plissée, un habit carré à la française , uue ceinture rouge ou bleue, et des souliers à boucles; les femmes porteut un habillement irès-gracieux , mêlé de noir et de blanc , qui rappelle celui des religieuses.

A Laudivisiau, une église gothique, dont le portail , entouré de sculptures élégantes , contient les statues des douze apôtres.

Hasardez-vous maintenant dans la traverse, par Plougourvest , Guiclan. Délo urnez: vous vers Plouvoru , dont tous admirerez la belle église, construite au seizième siècle. L'ne fouille, exécutée près du bourg il y a quelques années , fit découvrir un sarcophage en pierre de la forme d'une auge , rempli de cendres et de charbons , parmi lesquels on trouva un bout de lance en brouze , la lame d'un poignard d'airain éx une pointe de flèche en silex. Ces objets, qui appartenaient saus aucun doute à un guerrier celle, sont actuellement entre les mains de M. le comte de La Fruglaie.

De Plouvorn dirigez-vous sur Lambader, an- ( ieiiue i iiiiimandei ie «le Templiers. Voyez comme cette tour carrée est belle avec sa balustrade aérienne, sa flèche pyramidale el ses quatre clochetons. Ce débris de muraille que vous apercevez contre le clocher entourait la commanderie ; car chez ces moines guerriers le sanctuaire même était une forteresse, et la croix sainte servait de lance pour suspendre l'étendard.

Mais eulrez dans léglise; dites , ne vous semble-

TOPOGRAPHIE PITTORCSQrE ET HIsToniQl r.

t-il pas respirer ici je ne sais quel parfum du IF 4M Tots sentez-vous pas transportés à cette i M de poésie où les grandes croyances de si grandes chose»? Regardez ce jubé en boi* sculpté, l'un des objets d'art 1rs plus précieux que nons ait laisses le moyen ige. Ne dirait-on pas un point de Malines brodé dans le cbéne ? Et ces fers de captifs suspendus dans h ehcrar , et qui tous rappellent les croisades ; ces wtraux colories, dont les penoanages portent le costume da seizième siècle; cet homme aux longs cheveux , qui prie , un chapelet à la main , près de la porte , avec son costume de cerf : tout cela i»e vous saisit-il pas? tout cela ne vous cause-t-il pas l'effet d'un rêve ? ne tous croyez -vous pas devenu contemporain d'autres hommes et l'homme d un autre siècle ?

De Lambader vous vous dirigerez, par des chemins de traverse, vers b rivière de Penhoal ( tite du bois ) , dans la commune de Guiclan ( le ' malade ) , et l'une des vallées les plus déi du Léon nais s'ouvrira devant vous. Entre deux coteaux, alternativement couvert» de taillis verdoyans , d'ajoncs eu fleurs et de rouges bruyères, s'étendent des prairies parsemées d'iris, de renoncules sauvages et de centaurées. Des bouleaux, des unies, des peuplier*, liés entre eti par des guirlandes de chèvre-feuille et de houblon, forment un long berceau qui serpente dans la vallée et dessine le cours du ruisseau. A l'extrémité de la coulée ombreuse apparaît une ruine solitaire, c'est le château de Penhoal, dont la tour élève au sommet d'une colline ses débris de lierre. A la forme ovale de cette à ces deux tours dont vous voyez les , vou» pomez reconnaître un monumeul ir an treizième siècle. Si l'on en croit la », Guylhure , contemporain de Sainl-Pol, une habitation dans ce lieu même.

Les seigneur» de Penhoal étaient chevaliers banuerets.

Avant de quitter ces pittoresques débris, montez tusqu'à U tour, allez vous asseoir i la large fenêtre que Ion y trouve encore, et regardez le frais pavsage que vous avez sous vu» yeux, enle cintre gothique comme le tableau

Ici plus d'ombrage, plus de rertes prairies; continuez jusqu'au bout de la dune . l'Océan encore devant vous. Vis-à-vis, l'Ile Calot fera sortir de | Vau sa blanche chapelle , d.'di.'-e - Damc en mémoire de la victoire remportée |iar Rigb-\Val Mur-Mar-Com contre les normand:. , commandés par Corsole ; les mille récifs de l'entrée de Morlaix se découperont devant vous en figure* bizarres, et derrière, Saiul-Pol , la cité sainte, apparaîtra de nouveau calme, brillante et somptueuse.

Un bateau peut vous conduire de la à RoscofT (1) , petite ville jetée en avant dans la mer comme un navire à l'ancre. Son nom veut dire tmtre du forgeron (i). De la pointe avancée sur laquelle se trouve la chapelle de Sainte-Barbe vous avez un des plus beaux aspects de mer que l'on paisse voir. Un peu plus bas , contre une batterie , se trouve un rocher que l'on ébranle avec une seale main, quoique son volume soit énorme. Il serait difficile de dire , ru la place où il se trouve , si son équilibre est le résultat du hasard , ou s'il faut voir dans cette roche une de ces pierres druidiques dont on consultait les oscillations, et que les anglais ont appelées des routiers. Au bas de l'église de Roacof , dans des cadres grossiers , se trouvent sept basreliefs en albâtre extrêmement curieux. On y voit U naissance, le supplice et la mort de Jésus -Christ Le tableau qui représente la conception est surtout extraordinaire. De U bouche du Père Éternel sort an souffle visible sur lequel se trouve un Saint-Esprit, sous la forme d'un pigeon ; la vierge Marie ouvre la bouche pour

(.) Cmmb.j . Pf- 4» , (s) Mma «roi ibn lan

Si.

conta.

om U Mil, «M du cWtxjiM aiou qoa It t éVt «if i mm /mrgmrmm ; Mu m rtrmologw , >)Ui art .1 attira»* jaou&aa par I indu terrais »ur laajawt m Inni l iahw Ro.coll ,

Nous êtes ici dans I, commune de Guiclan ; et b mer vers Caranlee. Caraulec , c'est irg qui se dessine sur la pointe avi

20 TOPOGRAPHIE PITTOI

le recevoir , tandis que l'ange Gabriel , à genoux devant elle, lient à la main un lis, entouré d'une légende sur laquelle ont lit : ave Maria.

On voit aussi dans le cimetière de RoscofT un tombeau élevé par le clergé du Finistère à une dame qui rendit d'éminens services aux prêtres fugitifs pendant la révolution. Ce tombeau , d'un granit rose, quoique soumis à un poli imparfait , donne une idée du parti que l'on pourrait tirer de nos carrières , si l'on voulait en travailler les pierres.

Un lai de mer assez considérable a été endigué près de RoscofT , pour le compte d'uu négociant de Rrest , par M. Friraot, ingénieur des ponts et chaussées.

Au jardin des Capucins, à RoscofT, se trouve un figuier qui couvre trois cours, et qui est soutenu par une énorme charpente. Deux cents personnes pourraient être rangées sans peine à l'abri de son feuillage. Le tronc de cet arbre prodigieux est d'un volume peu considérable.

De RoscofT à l'Ile de Balz le trajet est court , et nullement dangereux. Vous vous rappellerez les légendes racontées par Carabry à propos de cette ile (1). On vous y montrera l'endroit d'où Sainl-Pol ordonna au dragon de se précipiter dans la mer, et la fontaine qu'il (il sortir de terre en la frappant de son biton.

Prenez maintenant la route qui conduit de RoscofT à Sainl-Pol-de-Léon. A mi-chemin vous apercevrez la chapelle de Saint -Pol ( c/tapel Pol ) , peu remarquable par elle-même , mais près de laquelle se trouve un men-hir de sept pieds de haut et un dolmen mutilé. De grosses pierres répandues dans les environs pourraient faire croire à l'existence d'un cromlec h ou enceinte druidique. On trouve également un dolmen à demi enterré, plus près de Saint-Pol , dans le voisinage du manoir de Keravel , et au milieu d'un champ que les paysans appellent encore Parc-ar-dolmen ( le ctmmp fie la table de pierre). On a trouvé sous ce monument druidique une épée, une hache d'airaiu et plusieurs de c*s coins creux , garnis d'une anse , dont on n'a pu encore deviner l'usage. La plate-forme de ce dolmen eu remarquable en ce qu'on y aperçoit le déversoir «iesliné à laisser couler le sang des victimes-

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IQtT ET HISTORIQUE.

Nous voici à Saint-Pol (2). Courez à ia cathédrale d'abord , admirable construction gothique

que l'on n'a pu gâter encore entièrement ; voyez les sculptures des stalles qui se trouvent daut le chœur , et la rose placée du côté de la place. En sortant visite/ hors ville le cimetière et les niches bizarres qui y sont placées; mais surtout n'y entrez que la tète nue et l'air recueilli , si vous voulez éviter les insultes des habitaus. De là , la merveilleuse tour de Kreisker vous apparaît dans sa frêle et élégante beauté. Vous regardez à travers celte dentelle de granit . et vous voyez passer les images de l'autre coté comme de fantastiques visions. Quatre piliers caunelés , dont l'un contient l'escalier , soutiennent seuls celle admirable tour , haute de 370 pieds.

Faites une promenade an champ de la rive, près du petit village de Pempoul ; la mer offre là un admirable tableau.

En quittant Saint-Pol dirigez-voos vers le sud , l'espace d'une demi-lieue seulement ; vous arrivez au manoir de kerangouez. Voyez ces portes en ogives , ces fenêtres à croisées de pierre , celle tour hexagone à la base et ronde a son sommet , ces 'ornemens à demi effacés qui se rclieffent encore au-dessus de l'entrée principale ; ne reconnaissez-vous point là un manoir du quinzième siècle?- Et celte devise au-dessus de la grande croisée : Mutoudez (taisez -vous!) n'estce point là une devise vraiment bretonne? Moulez à la tour,' le long de cette vis de pierre qui sert d'escalier; accoudez-vous au balcon qui la termine , et là pensez aux légendes d'Albert de Morlaix et aux belles chroniques de d'Argentré.

Entre le, manoir de Kerangouez et la métairie de Kerivin se trouve un dolmen de dix-huit pieds, de long sur huit de hauteur.

En partaut toujours de Sainl-Pol , comme rentre de vos excursions , allez visiter le manoir de Kermor-ruz , ( manoir de la mer rouge) , construit sans doute au retour des croisades et en souvenir de quelque événement auquel le propriétaire de ce domaine avait pris part. Un des Penfeunteniou, ué dans ce manoir, devint général de l'ordre des.Cordelicrs , puis évéque des Césarée. Il a écrit un traité sur le point d'honneur en matière de duel.

[ij Cjiubrj . pjgc il.

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TOPOGlUPIIir PITTORESQUE ET HISTORIQUE.

Voyez aussi le manoir tic Pontplancoel , à un quart de lieue de Sainl-Pol , près du chemin de Ptonescal; sur le penrhanl de la colline ..il il séltw vous trouvera un julien ( pilier de pierre ) auquel on donne le nom de pierre du diable. Ce nom rappelle une Mie légende que tous racontera le pitre qui garde ses vaches près du peulven ; la voici : Ln jour le diable , qui faisait son dimanche , était allé se promener à Cléder ; il aperçut de loin les tours de la cathédrale de Saiot-Pol , que l'on bâtissait alors et qui commençaient à «'élever dans l'air. Furieux , il saisit uu rocher et le lança dans la direction des tours , comme un polisson aurait lancé un caillou contre l'enseigne de son maître d'école ; niais le rocher n'atteignit pas le but , il tomba au lieu ou on le voit maintenant , et ce n'est autre chose que le peulven <le l'ontplancoet. Si vous doutez de cette histoire, on vous fera voir encore , sur l'un des cotés de la pierre , de petits trous qui sont évidemment les

traces des griffes du diable.

Cette légende Tut sans doute inventée par quelque fldele croyant pour détourner les faibles da eulte druidique et transformer en objets odieux la pierre qui avait autrefois reçu les témoignages de leur respect. Ce fut la même intention qui lit poser des croix en difléreiis endroits -ur les men-uirs , et dédier à des saints ln huitaines consacrées. La premiers missionnaires , qui ne purent rendre odieuses la idoles en la présentant eomrae des objets de terreur ou de haine , les baptisèrent et en tirent des objets vénérabla. Us vc. pu rent de l.i succession ,\,-s druides tout ce qu'ils ne purent refuser ; seulement , ea déménageant les ustensiles d'un temple pour les approprier à l'autre , ils les timbrèrent a leur cachet et leur donnèrent de nouveaux noms.

Sur la colline qui se trouve vis-à-vis Ponlplancoet vous pouvez visiter le manoir de Kerchojnt, dont les propriétaires avaient pour devise : sur mon honneur.

I.VglLsedc Sil.iril contient le IoiuImmu de Jean de kerouzéré , échanson du duc Jean V. ta statue étendue sur la pierre tombale représente un

chevalier armé de toutes pièces, avant a I.

gauche une large épée nue, à deux tranrhans , «ntre les jambes le jacquemart, et a sa droite sa dague ou miséricorde. La statue a les pieds appujés sur un lion qui ronge un os, et la téte

sur un oreiller que soutiennent deux anges. Sur le ceinturon du chevalier on lit la devise des seigneurs de Kerouzéré : tist , tist ( laissez , laissa ). Ce tombeau est en pierres de Lcrsanton , et sculpté avec beaucoup de soin.

En quittant le village de Sibiril dirigez-vous vers la mer , et vous arriverez au chiteau de Kerouzéré (1 ). La la souvenirs historiques vous entourent de toutes parts. Démantelé , après un long siège , pendant la Ligue , il fut reconstruit presque en entier sous Henri IV. Pins récemment , cette demeure , où retentit si longtemps le fracas da arma, est devenue un paisible sanctuaire d'études et a été transformé en collège. Aujourd'hui c'est une maison bourgeoise qu'habite le propriétaire , et derrière les profondes fenêtres des tourelle- mois |>ouvez apercevoir les rideaux à franges da chambra à coucher.

A Cléder , non loin de Sibiril f et dans la direction du nord au sud , il existe un carneittou ( cimetière celtique ). C'est un amas de pierres énormes disposées sans ordre. L'une des pierres obstruait le chemin qui conduisait à Ploueseat; on l'a (ait sauter au moyen de la mine , et l'on a trouvé dessous des haches en bronze et plusieurs instrumens en cuivre d'un usage inconnu. Non loin du carneillnn se trouve un men-hir de quatorze pieds , et tout auprès un dolmen

C'est aussi dans la commune de Cléder qu'est le chiteau de KergournadecTi , qui du milieu de vastes ombrages élève ses ruines majestueuses. Ce chiteau , qui semble avoir été détruit avant qu'il eùl été achevé, était de forme carrée, et flanqué à chaque angle d'une forte tour que surmontait une tourelle et da cheminées trèshautes. La devise de la maison de Kergournadech, dont l'anoblissement remonte, comme on lésait, à l'époque où Saint -Pol- de -Léon délivra Me de Ratz du dragou qui la ravageait , était : en Dieu est.

Assez près du chiteau vous verrez la cha pelle de Saint-Jean-Kerhan , toute noyée dans les ronces et le feuillage. Dans un catcau de cette chapelle se trouvait le tow'^au d'un chevalier portant l'armure du icmps de Louis VIII.

Avant de quitter S*int-Pol allez voir , à deux

22 TOPOGRAPHIE riTTO

lieues de la ville, le vieux château de Kermillin , entouré d'un rempart de grauit et défendu par deux grosses tours. Sous la tour du côté gauche MM d'horribles souterrains , destinés à faire subir la torture aux captifs. La niche où le patient était placé pour subir les cruautés du bourreau s'aperçoit encore dans la grande salle ronde et voûtée qui termine ce souterrain.

Plouescat est un gros bourg à une demi-lieue d'un port où peuvent entrer des navires d'un faible tonnage. Visitez, dans les environs, le château de Maillé, remarquable par ses grands bois et sa .situation pittoresque.

Entre le bourg et la mer vous rencontrerez deux men-hirs , l'un haut de quatorze pieds, près du hameau de Lanneiieu ; l'autre de viugt-et-un pieds , près de la métairie de Kcrouara. Ce dernier est percé de deux trous, que les habitaus prétendent avoir été faits par deux boulets d'un navire anglais. Tout auprès est l'anse où la Bclle- Poulc vint mouiller après son beau combat de 1778, contre la frégate anglaise YÀréthuse.

A une lieue de Plouescat vous pourrez voir le château de Kerliviri , auquel ne manquent ni la porte gothique , ni les tourelles à meurtrières et culs-de-lampe , ni le cachot à lit de pierre sans barbacanes et sans fenêtres. Cet édifice est du seizième siècle. La devise des seigneurs de Kerliv iri était : y oull Doue ( la volonté de Dieu ). Dans la cour on volt une fontaine de pierre remarquable par sa belle cuve de granit , qui est d'une seule pierre et d'une énorme dimension.

De Plouescat dirigez-vous sur Lochrist , en suivant la belle digue au moyen de laquelle M. Testard a transformé depuis peu en un terrain fertile le dangereux passage qui s'éteodait jusqu'au moulin du Husquet. Jetez les yeux en passant sur un dolmen renversé. Continuez en longeant l'anse de Goulven. Au sommet d'une colline vous apercevrez une pyramide grossièrement taillée dans un ancien men-hir, et que l'on 3 surmonté d'une croix, \oici Lochrist; ces deux men-hirs de huit pieds que vous voyez au-dessus de vous marquent pour ainsi dire l'entrée du v illage. (Testa Lochrist ( lieu du Christ ) qu'en f 01 Fragan , comte de Léon , vainquit les barbares à la tète de ses bretons , tandis que Saint- Coulveu , placé sur la colline, et les mains étendues vers le champ de bataille , comme un aulre Moyse, priait durant le combat. Pour consacrer le

IESQCE ET HISTORIQUE.

souvenir de cette victoire , une église de bois fut élevée sur le lieu même ; mais elle fut reconstruite en pierres dans le douzième siècle , et le clocher et le porche actuels sont les restes de cette construction. En fouillant le cimetière on y a découvert des tombes fort anciennes. Vous pouvez voir contre l'abside l'une des pierres ainsi retrouvées. C'est une auge dans laquelle la place de la tète du cadavre a été marquée , et que l'on a percée d'un trou pour permettre aux liquiderésultant de la putréfaction de s'écouler. Ce genre de sarcophage appartient au huitième siècle. Dans l'église de Lochrist remarquez une tombe plate , sur laquelle la figure d'un chevalier est gravée en creux. Son armure indique le treizième siècle. Le nom de Kermavan se lit sur cette tombe. Les kermavan , ou Karman , portaient sur leur éeusM.ii : Dieu avant , devise dans laquelle il ne faut pas voir , comme quelques auteurs , l'expression d'un orgueil insensé , mais le souvenir d'une piété désintéressée. En effet, le château de karman ayant été incendié pendant l'absence du seigneur, celui-ci averti accourut à toutes brides , et se précipitant dans la chapelle pour sauver avant tout les vases sacrés, il s'écria : Dieu avant ! De là v ieut la devise de sa maison.

On trouve encore à l'église de Lochrist une ancienne cuve pour les baptêmes par immersion, qui provient certainement de la chapelle primitif construite par Fragan.

Ne quittez pas Lochrist sans visiter la chapelle, qui étale aux pieds de la colline ses ruines couronnées de lierre, et la fontaine sainte que protège une arcade gothique. Cette eau n'a rien perdu de ses vertus , et les paysans viennent encore la boire, comme aux temps des druides, pour guérir leurs souffrances les plus cruelles.

De Lochrist à Lesneven vous rencontrez le village de Pont-ar-C'hastel ( pont du château ), dont l'église gothique mérite d'être visitée. Pendant ce long pèlerinage que vous avez fait depuis votre départ de Saint-Pol-de-Léon , vous avez traversé un pays qui pourrait occuper la vie de vingt paysagistes. Rien d'accidenté, d'étrange , de sai* sivsant comme les mille horizons qui s'offrent successivement à la vue. Ce sont des vallées si fraîches , qu'on croirait les voir au premier jour de la création ; des coteaux si arides , des lointains si sauvages , que l'on se sent pris à leur aspect 1 d'une sorte de peur et de malaise, comme si

l'on se trouvait subitement transporté «Uns quelque région déserte. Dans l'espace d'une lieue vous rencontra vingt sites opposés, et vous croyez vingt riions différentes. La mer 1 tontes ces variations, tous la voyez de loin , paisible et bleue , encadrée dans des collines de verdure semblahle a on lac de Suisse ; tantôt écume use , Tulle, mugivrante , tourbillonnant autour des récifs noirâtres, et rongeant do sa vague les promontoires désolés.

A Lesueven, cette variété de paysages cesse subitement Vous entra dans une petite-ville laide, triste, malpropre. Vous pourrez voir cependant, si vous tenez à ne rien omettre, la maison de retraite, ancien couvent des Irsolines , et ta de Sebastien Barbier, sieur de Keri , qui se trouve daqs la cour de cet édifice. Poussez aussi vos promenades Jusqu'au château des lies , situé a une demi-lieue de la ville , au bord d un étang , et à l'abri de grands bois.

vos excursions, regagnez la grande route qui conduit à Saiut-PoL Vous trouverez Latihouarnetm , on Landhuvarne ( terre de Sainl-lluvarné , m Hervé ) , dont l'église massive , mais travaillée , mérite d'être vue ; examinez surtout son reliquaire ruiné et le porche que décorent les statues des douze apôtres ; le château de Morissur, antique coustruclion du huitième siècle, qui con-

butte factice, du chemin.

lien en, joli village, dont vous admirez le cloclier , qui s'élève au-dessus de trois platesgranit. I uc sorte de jubé en maçonnerie, percé •le trois arcades, et du haut duquel le prédicateur f<ul faire entendre sa parole au peuple , est placé de cette église , en levant les yeux vers le pignon de I abside, vous eussiez aperçu des statues qu'un muçoo effronté avait introd uiles d ans la construction de l'édifice sacré. Kl les représentaient des personnages dans l'altitude la plus cynique. On a voulu irouver dans ces caryatides grossières les débris «l'un temple à Priape ; mais il ne Tant y voir sans qu'une de ces bambochade* ridicules et causes dont les artistes du moyen âge se plai-

A cm il un une iicwc uc uenca,

min communal à gauche; il vous conduira au

bourg de Saint- Vnugay, d'où vous vous rendre; . par une langue avenue, vu château de Renean , immense construction , dont Louis Mil disait dan* des lettres patentes de ICI S : ■ Que le chalemi de Qucrjan estoit de si belle et si magnifique structure qu'il estoit digue de son recueil et séjour si ses affaires 1 appclloienl en Bretagne , estant l'une des plus belles maisonsde sou royaume, o ( 1 ) l>e château de Kerjeau est en effet le Versailles de la Ilretague ; ses constructions couvrent trois journaux treize cordes.

usez ia (lescripuon que nj. vnorcec ne ivenianei fait de ce cbiteau , et suivez-en les détails sur les lieux mêmes.

• Cette forteresse se compose de deux enceintes carrées.

• La première est celle des remparts, autour desquels règne un fossé a fond de cuve. Le rempat t a quinze pas de largeur; il est revélo de pierres de taille , et percé , dans l'intérieur, de plusieurs casemates propres à recevoir de l'artillerie (2;. A chacun des quatre angles est une toor carrée garnie de mâchicoulis. Le portail et le guichet , du coté de l'esplanade « sont pratiqués dans une tour carrée plus large que les quatre précédentes. In pont-levis donnait entrée dans le château. U y en avait un autre dn coté du. grand» parc ; mais on ne voyait la ni tour earrée , ni meurtrières.

• La seconde enceinte comprendte chiteao proprement dit, autre grand carré ainsi distribué :

• En (ace , en entrant , une galerie découverte, soutenue par des arcades, et servant do point de communication avec les deux ailes latérales du château. L'aile droite , surmontée d'un petit clocher, a on étage long et vaste, aodessous duquel étaient les anciennes remises et les écuries , voûtées en plein cintre. L'aile gauche , parallèle à la première, est a peu près détruite. Elle avait , au rez-de-chaussée , des hangars , un pressoir , avec chambres au-dessus. A Extrémité de cette aile, et contre la galerie décoo-

fit Looi» XUI cngM b tan»* K«*j*»B *• -*r^t«i f ») A I'cjmjm 4* U otoUm , M, y mur^o*.* fi— •j( un prêtre* <W c*ooci il ub i»n rro* c*libr« ; «lira m forral roW»c«-t, U 14 |«Bm 1790, •» inoipuil«N 1 lm-

24 TOPOGRAPHIE P1TTM

verte , est la chapelle , qui se distingue encore par son petit clocher et d'autres ornemens. ÉHe avait autrefois un beau lambris et des vitraux peints , chefs-d'œuvre d'Alain Cap , artiste de Lesneven (1). "

• Pour compléter cette enceinte , et lui donner la plus grande majesté, venait le vaste corpsde-logis , avec ses deux pavillons ou donjons qui , sauf quelques saillies particulières , se liaient aux ailes latérales comme à tout le reste de l'édifice! Le corps-de-logis dominait donc ces deux ailes , et se trouvait dominé , à son tour , par les donjons , dont l'un fut ruiné dans le dix-septième siècle. Ce fut un grand dommage pour l'honneur du château.

» On entre dans le corps-de-logis par une grande porte que précède un beau, perron , à deux rampes. Non loin de là on rencontre le puits* dont la forme , et surtout les colonnes qui soutiennent le dôme , font l'admiration des plus h** biles architectes. L'intérieur de ce corps-de-logis était immense , avant les nombreux ravages qu'il a soufferts. C'étaient de vastes cuisines , de vastes offices, des salles, des chambres énormes, des cheminées grandes comme des salles, le tout à l'antique et sans régularité : fenêtres hautes , fenêtres basses, grandes, petites, moyennes, etc. On montait aux divers, appartenons du premier, fil du second étage ■ par un escalier en pierres de la plus grande beauté. Ce grand escalier se changeait, dans les «étages supérieurs, en une es]>èce de tourelle qui faisait saillie du côté du parc , et du sommet de laquelle on jouissait , comme on peut jouir encore , du point de vue le plus étendu , des sites les plus variés.

« En dehors des deux enceintes , et après avoir l>assé le second poul-levis, on entrait dans le parc et les jardins , qui , suivant le vieil expert que j'ai cité , contenaient cinq journaux dix-huit cordes , sans y comprendre le verger , bien que le verger fût lui-même dans cet enclos. Nous en verrons le motif.

r Dans la distribution du parc on avait voulu imiter «lie de l'enceinte du château; car, eu face , se présentait , comme pour simuler la belle galerie, une magnifique avenue de marronniers, dont le feuillage et le* fleurs , au printemps ,

(i) Mbrt du» celte »ilie, le { "»»il i6tf, à lïge ,1e

produisaient l'effet le plus pittoresque. Les ailes latérales étaient représentées par de superbes avenues de hêtres et de châtaigniers. Dans l'intérieur du parc, et plus bas que les marronniers , on rencontrait le parterre , dont le dessin était dû an bon goût' de Le Nôtre , créateur des jardins de Chantilly , de Saint-Cloud , de Versailles et des Tuileries.

» Plus loin que le parterre était le labyrinthe, tracé par le môme artiste , et dans lequel , après mille circuits délicieux , on arrivait dans nne enceinte ronde palissadée de charmes, et recouverte par les vastes ramifications d'nn châtaignier dont la tige sortait de cette enceinte.

> Après le labyrinthe venait un bois trèsrégulier, et plus bas une esplanade qui s'abaissait vers l'étang , admirable nappe d'eau , au-delà de laquelle était un autre bois qui s'étendait an loin vers la- grande route de Lesneven à Saint- Pol-de-Léon.

» En sortant de toutes ces enceintes , on pouvait parcourir les avenues , les bois immenses qui entouraient cette demeure vraiment royale. Comment décrire cette belle avenue du Colombier , et les avenues latérales qui formaient l'éventail au-devant du château ? Comment dépeindre encore les avenues des Justices v celles de Plougar, de Lesneven, de Landerneau, et surtout les avenues de l'Etang et de Saint-Yougay. où les rayons du soleil pouvaient à peine pénétrer? et ces vastes jardins, et ces vergers, et les prairies , et les autres merveilles du château, et celte fontaine et son vivier avec l'ormeau et l'énorme pin qui l'ombrageaient? »

Voilà ce qu'était Kerjean avant que des dégradations et des constructions modernes ne l'eussent défiguré. Aujourd'hui vous le trouvez à demi détruit et privé des grands bois qui s'harmonisaient si noblement avec ses somptueux édifices ; mais tel que les hommes et les siècles l'ont (ait, il mérite encore tout votre intérêt. Le temps a jeté sur les remparts extérieurs son manteau de lierre , comme pour en cacher les blessures , mais leur masse imposante se dessine sous ce voile verdoyant. Parmi les objets dignes d'attention que présente Kerjean , ne manquez pas surtout de visiter la partie ruinée du corps-derlogis , dont les immenses cheminées, ornées de sculptures coloriées , se relieffent encore sur le pignon.

Ce qui frappe surtout dans l'aspect générai du

chileau de krrjean , c'est la masse des édifices et 1rs sommes énormes qui oui été nécessaires

Au commencement du quinzième siècle ,

les seigneur* de kerjean n'occupaient qu'un petit manoir que rendit célèbre l'agoni un* rapportée dans

16, aventure dont M. Alfred de Mu*set a fait sa comédie de la Qurnonitie de Barbvrine , insérée dans la èitfii? des deux Mandes. Ce ne fut que vers le milieu du seizième siècle que l-ouis llarhier et llamon llarbier construisirent, sur la ruine de l'ancien manoir, l'immense château que l'on voit encore aujourd'hui. Ils trouvèrent des ressources pour cette roo»lru< lion dans leur fortune fonriere , qui était considérable, et principalement dans les l»Wllces dont jouissait Hamon Mariner, Itéiiéficcs qui étaient si nombreux qu'à sa mort il se trouva plus de quarante vacances , et que le pape étonné demanda si tans les abbés de Bretagne étaient morts le

Topocn aphte PiTToimsorx et insTOftujrr.

Un antre jour , un huissier se présente chez die pour affaire; après avoir attendu long -temps , pendant que la châtelaine lit dans l'embrasure dune fenêtre des papier, qVji i„j a mois, il veut s'asseoir et se couvrir. Ij marquise s'en aperçoit , et entrant dans une grande colère :

— Apprenez, s'écrie-t-elle, que jamais les bu Usiers ne se sont couverts ni assis en ma présence

— En vérité . dit l'homme noir, celaient des gens qui n'avaient ni cul ni tête? j'en a^is autrement.

Kl il resta assis et couvert (1).

Les seigneurs de ktrjcan étaient anciennement attachés au lief des seigneurs de Maillé. Ils étaient obligés déporter a renwi, chaque année, à Lan-

cel.ruf et de le servir, Maillé.

bas , au sire de

La dernière propriétaire de kerjean fut madame Suzanne de Coatauscours , exécutée à Brest , le 9 messidor an 9 ( 27 juin 1794 ). Cette dame était aussi renommée par son luxe et son orgueil aristocratique que par sa beauté. Klle tenait le château de Kerjean sar le pied militaire. Les créneaux, les rossés, les remparts étaient garnis d'artillerie ; les portes et les herses étaient en état ; on exhaussait les ponls-levis tous les soirs , et tontes les clefe, même celles de la poterne, déposées sous le chevet de la marquise.

On raconte que 1

évéque de l,éon ,

étant venu un jour visiter madame de Coalan «cours avec six ou huit curés du voisinage , celleri ne mit à sa table que le prélat , et 01 servir les curés a l'office. M. L> aperçu , prit son coorert et se leva.

- Où allei-vous? lui demanda la

avec mon clergé , lui répondit lé- 'équa.

Madame de Coalanscours rougit et or mettre à sa table les couverts des enrés.

IHCXliUC PaRTlt.

ru4 jf KrT(.|,ji„m; !r tkileau Je Kerjeam Je (WtMKNn . ™ ;" r" * "« Je U HMutieet. tel ni U titre d uo

rt>mjD brrjfin . rn<r>r» auttOMrit . caaapoaa par ht. h*— . •ic Jlrcit . f-.r! rcaau in pailolofaaa caiajqoaa par m* dtadaa appro/ooiiin %at Ut U uti.rtwtM le plia dr «M

I n uILc«, J* y trurunirc un lotoaoo «jai Irar (àt voir W «•n r»r.ioic llint. ifc uni que njnirv H |riir di>iin« rn oatat as grand nombre da tn> ififutiiiciii ior lj Uagum et U» coatomea bratooaaa. t^o> If r.mn .)<• IVutieijrn , cri inconnu vient a apprendra que «a» cl ctuk de lu/Bcicr Ae surine oal avrvi aalrvroie ru II. U «ait no.

<l* Krvjvaa 1 racontar aoa biatotre a ■ araaa ta aaeood* parti* «V l'oawage.

da Coaaaaaroari ; oaavaat prf .lu ion para tm-jfsar, il foi éleva ftta cvtoacle ,» Kerjean mime , pa« en«uvr • llrunr., où il coaiplna aoa cdooatioa., toat le» aoapicoa de L»oj ornai*. Il prend pari «m troabie* d* Renne*. , part pour Pana , oà il entend et jafv Mirabaaa , Ltfiirtta . I *U>« Maory . Ma. D prvod raaait* da arrviea , m iroavo au wrr< 4a NaMca. oo il taara U pMùa-filtc dW Caawtl «t <U U r»alnaoanim. oat allait p*nr. Plaa tard , il l'ap*aaa. apaaa avoir aarTi d*m» la Nord août Momu , « il rrjo*ai aaïaaa

nomme irptrKaunt, n mb fila aa raad i l'atin ; ataia lia rrtour rn Utettfae . aprr» VV.irrK.o . il r»i pourtom p^r l'nptil d* pjlti . prrwrat* par m propr» (étudie, H pn.J

ptaa d'à* prrtra , ^ai I* caaaata , rt <l baM à aùi< d« pr«»- Ljlrrr on» drax-orr rturnubtr .

y troBTral nur flttie tin homme' itluttrn de U l<n»|U'

avac W rHaraa aar i'

Ca lin* m àevit va brrloa par et -ici» . la gr»od ■■■ara d« U.ta *1 i» nom» a< •)<-[.««•« q«« .1 a»rtiinaaja U rr«.lr>l

TOPOGRAPHIE PITTORESQl'F ET HISTORIQUE.

Avaul de quitter Kerjean , faites-unis conduire à la chapelle ruinée de Lauveu , qui est peu éloignée. Elle a été bâtie sur nue fontaine qn'adiraieut les anciens celtes. Les eaux sacrées traversent le saucluaire en sortant par une arcade , cl vont se jeter dans une cuve de pierre, ( t lté ruine était admirable avaul qu'on l'eût dépouillée des grands bois qui l'environnaient. Maintenant elle est seulement remarquable par les idées que réveillent ce rapprochement de deux cultes et celte usurpation du christianisme se greffant sur les vieilles croyances, et tournant pour ainsi dire les habitudes payennes eu modifiant les objets d'adoration cl en les transformant eu mouuiucus catholiques.

De retour à Lesncven , préparez- vous à une excursion à l'antique ville d'Occismor, découverte , en 1629, par M. Miorcec de Kerdauet. Elle était bâtie sur la route de Lesncven à Landiv isiau , à une lieue et demie de Lesneven , sur le plateau qu'occupent les villages de Kerilien , de Coatalec et de Kergroas. Ij route môme qui y conduit élail remarquable, il y a encore quelques années, par des pavés, des trottoirs, des débris de colonnes milliaircs. Cette roule était sans doute la prolongation de celle qui se dirigeait de Poitiers sur Nantes, Vannes, Carhaix, et elle devait avoir des ramifications qui conduisaient vers Tolente (sur les bords de l'Aber-Vrac'h , dans la commune de lMouguerneau ), le port idogan ( l'anse du même nom entre le Complet et Saint-Mathieu ) , cl le promontoire de Gobée ( la pointe Saint- Mathieu ).

fort instructif. Le but de l'auteur, en IV. nv.mt , • rte surtout «le combattre l'esprit arriéré et royaliste de plastron ouvrage* bretons politiqurs répandus dans nos campagnes , tels que le Poème Je la Brrnlutinn , les lamentations Je Jirimîe, la fie Je Cathelineau , la Mort Ju duc Je BerrL II a voulu ichaliilitrr la rrvoiohon et ses idres dans l'opinion de nos paysan*.

On assure que M. L*** a encore en portefeuille on autre «wivrape faisant le pétulant de celui-. i , le l ieux Marin , et «ne • amrdie intitulée le Gentillâtrc Bai-Breton. II devait sutu Ifaitet les sujets de Gilles Je Laral et de Gur BJer de lîraumamotr f \r |..-,„,cr ,onv le titre Fléau Je Dieu et Jet hommes, et le second m*»* celui du Brigand Gentilhomme ; mat* de» occupations nouvelles p|„( .mêmes l'ont sans

Joute drtuurnr , au ni s pour quelque temps , de ce*

rrudra curieuses dont il serait à desirei que le public put jouir.

M. Miorcec de Kerdanel ayant remarqué que les champs de Coatalec et de Kergroas étaient couvertsde débris de briques. \ ht des fouilles el

-Mira que dans un rayon d'uuc lieue il n'existait pas un seul petit espace qui n'eu fut rempli. Il trouva en outre des fraguieus de vases antiques ornés de fleurs et de guirlandes, « Poussant plus loin mes recherches , dit-il dans le mémoire qu'il a publié sur sa découverte, j'aperçus dansqoelques-uns de ces champs des reslcs d'édifices dont l'ancienne distribution m'était encore iudiquée car le gazon qui couvre letm ruines. Ici c'était la trace d'une maison élégante avec sou petit jardin; là s'offraient à nia vue les vestige* d'un hôtel avec son corps-de-logis et ses ailes latérales. Je découvris ensuite l'emplacement du temple de la cité, près de la fontaine d'icol (1); plus haut, l'ancien forum ; à quelques pas de là, la place des Constance. Je découvris également, non loin de la croix et du petit ruisseau qui sépare les deux communes que j'ai citées plus haut, le cimetière d'Occismor, dans un champ appelé Diribin. Là , dans un seul jour, le 8 mai 18*29 , je trouvai •21) urnes remplies de cendres et d'ossemeos. Je possède plusieurs de ces urnes , qui ressemblent parfaitement à celles dont Montfaiicon , Grevius et les autres antiquaires nous ont donné les dessins. Lïlcs sont de fabrique romaine , en terre cuite

plus ou moins line, d'un gris clair ou foncé

les

unes unies , les autres ornées de raies simples ou croisées eu losanges , du reste moulées arec soin, et même avec une certaine délicatesse. La plus haute a 10 pouces. Lllc élail placée, avec cinq à six urnes plus petites , au milieu du champ , où toutes réunies elles semblaient former une espèce de tombeau de famille. Les autres urnes étaient disséminées au bas du champ. On en déterra une en verre très-épais , assez semblable , pour la forme, aux globes de nos lampes; elle ne contenait que des débris d'ossemeus calcinés. •

M. Miorcec de kerdanet ayaut interrogé les paysans, apprit d'eux que l'on trouvait souvent dans les lerres de Coalalec el de Kerilien, principalement dans les champs de Brézale et de Bodoue , des débris de vases en bronze couverts de figures ou de caractères , des médailles , des haches , des épées , des palères , des bagues, des

(t) Ce lira s'appelle encore Àr.C«»-lIn , Viffim •*»dite , ou I église payenne.

PiironEsorr. rr nwomoir.

chaînes . des bracelets. f.cs paysans ajoutèrent que , d'apre» la tradition orale «lia pays , une ville opulente s'élevait autrefois dan* ce lieu , et il» montrèrent un endroit qui avait conservé le nom île Cmskcr '. milieu de la Mlle J. Us apurèrent que les pavés qui traversent les villages de KrrtJifil H de OoaUiler , dont une partie se perd

cette tille , dont lune s'appelle encore la rue des Constance. IN montrèrent aussi à M. Mioreec. des tuiles ;i rebord , ou tr^iilus hamnUr , dont

interrogé* sur le notn que priait cette tille, les paysans répondirent qu'on l'appelait i>rorln' ta mer ( iVli-ar-mor , «oui et iidrntiqtie arcr relui d'Oecismnr.

rilé découverte par M. Minnvc éuil une fil<1 romaine , et que l'on du il y toir l'ancienne Ocriv 1 : eu elïet, c'est le seul endroit ou les notices IViiipirc placent une Irgiun romaine . et tes , , le» médaille*, les vases Iront és dans ruines attestent que ce n'est pas nn<* * i ile celliqur. César laissa des garnisons ou lé^mns chez: et U s ocrisiniens, W ans fut sau

fondé, I,a ville existait ciieoi e en 1 .tS , puisqu'on a trouvé dans ses mines des mérl.iii!e\ <| Adrien et d'Antonin . et même t u Mi et en Mil , mjus le règne des Constance , puisqu'une, rue a runsené leur nom; entiu en VU , puisque la notice «le l'empire dressée a celte époque met a (!<-- UQ préfet et des lri>ll|<es. Celte \j||e ne •détruite qu el, 105» , lorsque les arsou levèrent cuire les préfets et s établirent eu république.

*i>u» ne terminerons pas sans rapporter «ne in- C^mense remarque de M. Mionvc de kenlanel. Oti sait que les t..ile< d UccUmor étaient rares , et qui* cetie ville Cm vit un ^rand d<* tLvsus de lin; nr, l'un des t illapes construits «<ir les mines de la cité >'a[i|K>lle Kerilien , mi Ker-al-lieil , \ il!'' <fi' (n tuitr f dans rot cniplase ir<>tjs an sans noiue ie quartier oucou I ou Vnrriipait sp.Viale.nenl de relie Ci brrr al mu.

!►»■ rHoiii iV I esnotrn , pousse/ v titre pCimiejtrsqu au Kol^iat , qui %e trouve j \ ,inc i

miment (I). Nous ajouterons seulement que, dati% une dmiièrc v i •> i le que nous avons laite au Folgoat depuis la publication des premières livraisons .le sou ouvrage , nous avous vu dans le haut de l'église . et appuyé c mitre le mur , une statue imiùlée dont les insignes annoncent une effigie rotale, et que nous ne serions pas Hoigné de croire que celte statue est celle de Jean V , pta> V autrefois sur le portail de l'entrée principale , statue qui n'était point équestre, comme nous l avons dit , par erreur , dans notre première

f des journées entières a examiner ce monument dan» toutes ses |<arlics ; quelle que soit votre atleo lion, mille détails rltarnians, mille enjolivures prodigieuses de patient

on ne s accroupisse une caryatide, pas une gargouille qui ne se dessine en grotesinie, pas un angle ou ne coure quelque flamlmyanlc arabesque montant hardiment le long de l é.

feu d'artinre, cl s épanouis* liant d<*s fotiiielies l>u reste, le Folgo.1t résume parfaitement Its défauts et les beautés de tous les unis reltsteiiT du Fini aère. La comme

l'igrinrancr du de>*in , la profusion e\,af;éi>Sr et sveti^le; mais voii> verre/ l'arl bncloii dans toute v,i tene, dans tout son ca|»rire . dans Joule sa

plus karlure , vi>us aperretrrf p.irfoi» nue vlinrelie de ^éiiie qui érlaltr sous la pierre rl perce >on emrloppe f ro^iereraent taill.V.

Kn tous dirigeant de |>estieieii »erv h partirîti littoral qui se iront. e au nord , tou> reneon- Inv Treffle/ . prés de l'anse de (lniihen , »ii t.Mi* tisiliT''/ ki reriiNi.i , [iropriélé de M- K.m<^e.iL , l'un des pfiifjiilrojies les pliis instriMts du il.'- C'est le plus grand lai de mer en-

Wi quart d- l.eu. de l:« t .Ile. N„Ufca*(,Ti> dit ; r.

Ililll (!• <llti- l'on «.'1(1 i\ir>- jUJM 1/t<liiriKt ;

di};ifé dans le Finislere. \ i*ite/ etisirile le t il lace d>- (>>M|!ten , dont <iii t.»it de lotii le fw*;ltl r|iv|ifr s'élancer dji»^ les:iir* t . .*>l i' i la p»itrie dr Saititt.ouheti. Ne sorte/ p.w <W iv-dv sans toir fe

tirii»rie»\ m»u dunlut oui In- noriiwniU , • n lialol a la Ijoijx \J\ , <>n perruque et en «1m- («ran jalonné. ( n lieliaven , on haut

TOPOGRAPHIE PITTORESQrE ET HISTORIQTE.

trouve près du village , à l'entrée d'an taillis. Des Touilles faites en ce lieu par M. de Frérainville ont donné deux urnes grossières et vingt haches de bronze longues de 4 à 5 pouces.

Près de Plounéour-Trez, placé presque à l'extrémité du promontoire, vous verrez deux dolmens. La longueur de l'un est de 14 pieds , sa largeur et sa hauteur de 7; il est derrière le village; l'autre; situé près de la mer, a vingt pieds de longuet cinq de haut. Continuez vers Pontusval ; saluez en route , près du village des rochers ( Kerroo'h )f les ruines d'un immense dolmen de 34 pieds de long sur 15 de large, que l'on appelle/» danseuses. Les habitans du pays vous diront que ce sont de jeunes filles ainsi transformées pour avoir continué à danser quand le Saint-Sacrement passait Vous trouverez également un grand men-hir de 25 pieds, ayant la forme d'un triangle isocèle; puis enfin le men-hir de Pontusval , dont Cambry parle dans son Voyage : il a 30 pieds de haut. Une croix de granit a été posée à son sommet et une autre gravée sur la pierre même. Tout le territoire de Plounéour et de Pontusval a conservé le nom de Land or pagan ( la terre des payens ).

Dans la paroisse de Kerlouan, non loin de Pontusval , voyez les manoirs de Kerisquillien et de KeryvoU, le premier placé au bord de la mer, ilans un site aride , le second construit au seizième siècle, fortifié de deux grosses tours unies par une courtine, et portant dans son ensemble le cachet de cette époque rude et guerrière où la Bretagne entra en éruption comme un volcan et se couvrit de bruit , de cendres et de débris.

Près de Kerisquillien vous trouvez aussi deux men-hirs de 15 pieds, une pierre vacillante ou roulters de six pieds d'épaisseur sur douze de largeur.

En descendant vers la commune deGuicquelleau vous visiterez le vaste manoir fortifié du même nom, et vous remarquerez tcsdécorations élégantes de son portail gothique.

Devant le château de Guicquelleau on aperçoit un monticule au milieu duquel s'élevait autrefois un grand chêne. Asseyez-vous sur ce tertre, et écoutez l'histoire qui s'y rattache. C'est une ballade que le» pitres de U cote chantent encore quelquefois en ramenant leurs moutons noirs le long des dunes.

Marhcc, possesseur de Guicquelleau . était un jeune gentilhomme beau comme le jouRet cou-

rageux comme un lion. Quand U paraissait aux pardons et dans les aires neuves des châteaux, les jeunes filles nobles devenaient rêveuses et cessaient de parler aux autres jeunes gens. La penherès du marquis de Penmarc'h vil Marhec, et comme toutes ses compagnes elle sentit son «rur s'en aller à lui ; et le soir, quand elle se trouva seule dans son retrait, devant son prie-dieu , elle se mit à pleurer et elle se dit :

— Jamais je ne serai heureuse si Marhec ne devient mon seigneur et maître.

Cependant Marhec, de son côté, avait vu la penherès de Penmarc'h , et il s'était épris d'amour pour elle. Bientôt les amans surent qu'ils s'adoraient , et le jeune gentilhomme demanda la jeune fille en mariage ; mais le marquis de Penmarc'h était un seigneur dur et orgueilleux. Il repoussa de bien loin la demande de Marhec, en lui disant que c'était grande outrecuidance à lui, simple éciiyer , qui avait seulement un fief de la mouvance de la haute bannière de Penmarc'h , d'oser prétendre à si noble héritière ; puis il le renvoya.

•Mais Marhec sentit son amour croître devant un si dur refus; et un jour que le seigneur de Penmarc'h était absent , il entre au château avec quelques-uns de ses gens, enlève la jeune fille et se sauve avec elle dans la campagne.

Au retour , le marquis furieux assemble ses vassaux et se met à parcourir le pays , en jurant de ne faire quartier ni à Marhec , ni à ceux qui lui donneraient asile. Les deux amans , chassés de manoir en manoir, échappèrent pourtant pendant quelques mois à la recherche de leur persécuteur; mais enfin il les surprit au château de Lestourd'hu, et ayant fait enchaîner le jeune gentilhomme sans respect pour son rang ni poor les larmes de sa fille , qui était enceinte et se roulait à ses pieds en lui criant merci , il ramena le ravisseur à Guicquelleau et le fit pendre au chêne qui s'élevait en face de la porte d'entrée. Non content de cette cruauté , il ordonna par testament, à ses héritiers, de renouveler cet arbre quand il viendrait à mourir-, afin de conserver le souvenir de sa vengeance aux générations futures. Cette clause fut exécutée fidèlement, et en 1789 on voyait encore s'élever un vieux chêne devant le seuil de Guicquelleau ; mais a la révolution, le besoin de bois s'étant fait sentir, onj mil la cognée ^Cfiied du vieil arbre , et ù

topographit rrrroncsocE et mstoriqce.

n'existe plus que le tertre sur lequel il était

Du reste, le chiteau du marquis de Pcnroarc'h , dont la vengeance fut si funeste à Marhec, existe encore a une lieue de Lesneven. Vous ponrres He corps-de-logis flanqué de deux > , m tourelle pour la galte, et sa tour crénelé surmontée du («effroi; vous pourrez vous peocher aui fenêtres , ornées dans le gout du quatorzième siècle, qui décorent toul le château , et y rêver de la belle jeune fllle qui s'y accouda si souvent autrefois eo pensa ot a l'écuyer de liuirqucllcau. • Les seigneurs de Penmarc'h avaient pour devise : ( il est prêt ).

maintenant la terre de l'église ( Lannilis ) , et faites-en le centre de vos nouvelles explorations.

Là coule la rivière de Benoit ( lAber-Benolt ) , ainsi nommée de Benouic , cbef breton et père du fameux Ijncelot du Lac Si vous avez du loisir, parcourez ses rives délicieuses , en pensant aux siècles de chevalerie el aux héros de la table

zilv, et contemplez le vous avez sous les jeux.

L'église de Lannilis n'a rien de remarquable. Dans le cimetière on trouve le tombeau de Français Ou Corn, mort dans le milieu du seizième siècle. Sur la route de Brest »ous remarquez la sou ire de Saint-Trouberou, autrefois adorée par les celtes, et maintenant placée sous la protection de la vierge. Tapissée de mousse, entourée de feuillage, cette fontaine offre un aspect charmant. En la voyant on se sent malheureux de n'être pas peintre et de ne reproduire l'humide fraîcheur de ce site

Non loin de là est la chapelle romantique de Saint-Taricc, sur les vitraux de laquelle ou aperçoit encore les écussons coloriés de plusieurs Vous verrez dans celte chapelle un fort curieux par des sculptures et des caryatides grossières. C'est eelui d'Olivier Richard , docteur en théologie; il date du seizième siècle. Rien de pittoresque , rien de frais comme le pays

villa, des bosquets, de ym\ s'étendent des prairies où mugissent des troupeaux , des collines ou les pitres Tout résonner d'avoine , des vallées ou retentit le

traquet monotone des moulins. L'n peu pins loin coulent les rivières sillonnées par des barques nonchalantes, et pins loin encore la mer et le ciel 1 On s'oublie au milieu de cette nature fertile et splendidc, on se sent mieux vivre, on est plus fort, plus heureux et meilleur. On est saisi de longs et irrésistibles désirs de ne plus quitter ces lieux, de couler sa vie sous un de ces toits qui percent à travers les feuillées, et d'y attendre I l'heure de mourir.

La rivière qui forme le ( l'Aber-Vrac'b ) est peu éloignée de Lannilis. Avant d'y arriver visiu-z le bourg de Ijndéda, dans l'église duquel on voit le tombeau deSimoodeTromeuec, de la sculpture la plus barbare. C'est aussi dans le reliquaire de Landéda que se trouvent les restes d'une frniuie centenaire connue par sa sainteté, et dont le cadavre s'est tellement conservé dans la terre qu'on l'en a tiré sous la forme de momie et sans qu'il ail subi d'altération notable. Vous traverserez ensuite la rivière d'Abcr-Vracu et vous arriverez sur la paroisse de Plougucrneau.

Descendez sur cette grève que la mer vient d'abandonner, et arrêtez-vous. Vous foulez ici l une des plus opulentes villes de l'Armoriqoc. Cette plaine qui s'étend sous vos yeux belle et unie fut autrefois couverte d'édifices. 1* murmure du peuple, les cris des marchands, le bruit des chamois, les appels des marins ont retenti sur cette plage où la mer seule (ait entendre maintenant son murmure monotone et solennel. Sous ce linceul de sable donnent les débris de la Tyr armoricaine; là fut la ville du détroit de lient ( Tolente ), doot les vaisseaux couvraient autre lois l'Océan (1). Les normands y débarquèrent un four, le fer et le feu à la main, et quand ils repartirent la riche cité n'était plus qu'une ruine. Depuis, la mer, comme jalouse de cacher les crimes de ses favoris, a étendu ses vagues sur la ville détruite et en a effacé jusqu'aux moindres traces. Peut-être que des fouilles faites à marée basse pourraient cel>endant produire quelques découvertes, mais OU n'en a tenté aucune.

L'auberge de l'Aber-Vrac'b est établie dans l'ancien couvent des Anges, et les jurons du matelot font retentir aujourd'hui ces mur tant de fois les saints cantiques.

Au-dessus de l'auberge, sur

( i ) V&rm La |>r»m.<T» ftrtkt , p*çt ■

TOPOGRAPHIE PITTORESOIE ET HISTORIOIP.

>erie de bois, vous voyez an vieux manoir gothique presque détroit C'est là que pendant la Ligue habitait le Fontenelle du Léonnais, Simon de Tromenec, qui, à la tête d'une troupe d'aventuriers, parcourait la contrée rançonnant les châteaux et les chaumières , tuant les hommes et enlevant les femmes. Un ionr il osa pénétrer jusqu'aux terres de l'évôque de Léon, et y commit quelqoes dégâts. Tout le clergé s'émut à cette audace; l'évéque appela h lui ses feudataires pour punir l'impie. Le sire de Kermorvan , avoué de l'église de* Léon , provoqua Tromenec en combat singulier, sûr d'être, le champion de Dieo ; mais l'événement ne justifia pas sa sainte confiance, il (Ut tué parle farouche Simon. Vous pouvez voir encore son tombeau dans la chapelle du manoir de Tromenec. La statue du chevalier est grossièrement sculptée sur le sarcophage de granit.

De retour à LanniTls vous vous rendrez à Plabenuec, en passant par Coat-EIez, le Drénecet Plouguen, on Plouvien.

Le château du bois des Anges ( Coat-EIez ) est peu de chose; il date seulement du seizième siècle; mais le nom même du lieu se rattache à une légende touchante. On raconte que, fuyant un époux irrité qui la croyait adultère, une nouvelle Geneviève s'était réfugiée dans ce bois épais, lit Dieu prenait soin d'elle ; lès anges venaient la distraire par leurs chants , et chaque nuit les pâtres des alentours entendaient une musique céleste sortir de la forêt mystérieuse, aussi nul n'osait y entrer. Mais un jour le comte Even, chassant la bête fauve , y pénétra ; il découvrit au milieu de la forêt une femme dont il s'éprit à la première vue, car alors les amours étaient faciles. Il voulut la saisir dans ses bras, mats la jeune femme s'enfuit. Even la poursuit , l'atteint et veut la soumettre à ses désirs; mais au moment où il porte sur elle ses mains profanes, deux anges apparaissent près de la sainte éplorée , et la coutrent de leurs ailes. Even ébloui et saisi d'effroi tombe à genoux. Alors une voix céleste lui dit que la femme qui est là sous ses yeux est l'épouse »!•• Siffwri , un de ses seigneurs; que soupçonnée injustement par son mari , elle vit dans cette forêt depuis quatre années, et qu'il faut que lui Even la ramène à son époux el qu'il porte témoignage de son innocence. Le prince tremblant promet d'obéir; il prend par la maiu la jeune femme, la conduit à la cour el la remet à Siffroi.

Ce fut en témoignage de leur réunion que les

deux époux construisirent dans le bois des Anges le château que l'on y voit aujourd'hui. Le paysan qui passe devant ses ruines se signe encore en souvenir de la sainte femme qui l'habita , et le soir les pâtres attardes croient souvent entendre sortir de ces bocage* des chants étranges qui inspirent à la fois de la joie et de la terreur, comme le son de voix venant d'an autre monde. ;

Pour se rendre de Coat-EIez à Plouvien on passe par le lieu de Marie ( Loc-Maria ) , dont l'élégant clocher pyramide an milieu des arbres qu'il surmonte. Du reste, faute d'appui, il croulera sous peu d'années , car les murs de la chapelle dont il faisait l'ornement sont écrasés. Les fougères et les ronces en couvrent aujourd'hui les murailles; les piliers de la nef ne supportent plus de voûtes , et les bestiaux ruminent sous les arceaux gothiques que lient seules désormais entre eux de longues guirlandes de lierre. A rentrée du cimetière on aperçoit une croix en kersanton admirablement travaillée et fort peu altérée. L'église renferme aussi un bel autel dans le genre de ceux du Folgoat.

A l'embranchement du Drénec et de Plabenoec ,

près de la croix appelée croix des trois Recteurs , parce qu'elle est plantée sur la limite des paroisses de Plabennec , de Ploudaniel et de Kersaint-Plabennec , se trouve un rocher rond , de huit pieds de longueur sur six de hauteur , qui porte une inscription en caractères inconnus, mais fort antiques. Les paysans , s'imaginant que cette inscription indiquait un trésor caché dans la pierre , y ont fait de profondes entailles.

A un quart de lieue de la croix des trois Recteurs on aperçoit , dans un champ de genêts , un men-hir à demi renversé.

Cest aussi à deux lieues de Lannilis , à peu de distance de Plouguen , que se trouve le tombeau de Saint-Jaoua.

Saint-Jaoua, rapporte la chronique, était hybernois de nation ; sa mère était propre sceiir de Saint-Pol-ftlirélian . premier évèqnc de Léon. Touché d'une véritable vocation , il quitta son pays et vint dans la Bretagne Armorique recevoir les ordres. Il fut nommé à la paroisse de Braspartz, par Saint-Juduhis , abbé de Làndevenncr. Peu après , se trouvant en certain monastère avec tous les supérieurs 'des abhnyes de CorwtnaihV, il |iensa périr sous les coups du seigneur du

ToroGRlPBlE PlTTOKCSOtE ET HISTORIQUE .

Faou , payen cruel , qui se précipita dans le monastère avec ses gens et tua Saint -Jodalus et Saiut-Tadee, qui disait la messe , au moment où

pecoatoribus.

En punition de ces cruautés , ledit seigneur fat sur r heure possédé d'une légion de démons , si bien qu'il fallut lui lier les membres, et on monstre marin , plus semblable à un dragon qu'à un poisson , ravagea le pays du Faou. Saint-Pot lut supplié de venir au secours de la population. Il vint avec Saint-Jaoua , promit de délivrer le pays si tous ceux qui l'habitaient voulaient se faire chrétiens , et , sur leur promesse, appela le dragon à lui. « Le monstre se rendit incontinent au commandement du saint, la gueule béante, les yeuxroulans, et, froissant le pavé de ses écailles , se coucha aux pieds de Pol , lequel loi lia son estolle au col ; et ayant fait a Saint- Jaoua ficher son bourdon en terre » il y attacha b bête , qui ne fit aucune résistance , demeurant la aussi paisiblement que si elle eut été privée ou domestique. » Saint-Po) guérit ensuite le seigneur du Faon qui , pour expier son crime, fonda , au lieu même où il avait tué Saint-Tadec et Saint- Juduios , un monastère qu'il appela l'abbave des deux meurtres ( Daoulas ).

Saint-Pol et Jaoua s'en allèrent ensuite en Léon, traînant après eux le dragon. I n paysan uni dire que le serpent avait laissé dans sa lannière an faon bientôt aussi redoutable que lui. Saint- Pol délia alors la bête , lui commanda de la part de Dieu d'aller chercher son faon , sans faire de mal a personne , et le serpent obéit ; en mémoire de quoi le bois situé entre Land-Pol et Goi-milliau, dans lequel Saint-Pol détacha le dragon , s'appelle encore Coat-ar-Sarpent. 11 conduisit ensuite ces deux dragons à l'Ile deRalz, et les attacha à son bilon , où ils restèrent jusqu'à ce qu'ils ne fussent morts de faim. • Pour ce que Saint-PoJ avait ainsi donné pour barrière a deux bêles furieuses un simple bourdon , fut appelée cette Ile, lie du Bâton ( Enez-Balx ). .

Saint-Jaoua étant mort dans son presbytère de Brasparti , selon sa volonté , son corps fut mis sur une charrette , dont la direction fut abandonnée a la volonté de* bœufs, qui la conduisirent le long du grand chemin de Brasparti jusqu'à un certain lieu nommé Porx-ar-Chraz , ou die se brisa. On éleva à cette place une croix.

lia peu plus loin, la charrette se cassa loul-è-fait , d c'est là que fut enterré le saint , dans une église qui a été rebâtie au seizième siècle , et qui renferme son tombeau. Le sarcophage, qui ne

remonte qu.t l'époque ib IV^lis»- actuelle . c »l en lerotiLoii décoréd'arrades ;,'<illiiim>'vSui la pierr ■• , Saint - tonii;i «M n prévenir eu commue * piscji^l. Ir monument est environné d nue p ille de f. t fort vieille, que l'on ouvre les jours de pardon pour pernirllre mu fidèles de s<" guérir d<' leurs maladies en Idui liant la statue du saint.

l e bourg de l'I.oirien nest éloigné de Sainl- Jaom que .le quelques ivnts pas. Son t'élise uollie ri»'ii de remarquable.

Plabeiiucr c-l un ^rand bourg bien baii , bi< u aligné ; ou se rrnirait à cent lieues de la Dretagne. Tout ici sent le conseil municipal et l'école mutuelle ; l'église est toute nouvelle , crépie au dehors, peinte au dedans. Les anges sont bien dorés , les vierges habillées à neuf, et les christs datent d'hier : passons.

Si vous avez quelques inslans à tous , allez voir l'étang du Uuban , qui n'est pas éloigné. Il faut une heure et demie de marche pour en faire le tour.

A un quart de lieue de Kersainl-Plabennec , près des ruines de la chapelle de N.-D. de Lesquellen , on voit, sur une butte factice revêtue de pierres de taille, haute de trente-cinq pieds, et formant un circuit de cinq cents pieds, le* débris de la tour où Saiut-Thénéuaii se retira (I; pour échapper aux persécutions des peuplades environnantes, qui étaient payennes. On distingue encore dans ces ruines beaucoup de maçonnerie, un puits et l'entrée d'un souterrain. Cette fortification date du septième siècle ; elle est entourée d'un fossé assez profond.

De Plabennoc à Gouesoou vous avez une grande route. A l'entrée du cimetière de Gouesoou se trouve une croix d'une exécutiou correcte et expressive ; le porche de l église ne manque point de grâce; une porte en bois, placée ti>-à-ti» le grand autel , au bar de l'église , mérite au>*i d'être remarquée pour ses sculptures. Mais ce qui l einporlr »ur tout le reste , ce sont les gargouilles extérieures reprévutaol de* dragons.

(') Vj.n ti tic Jt> e-t".-'- ■ »'•>■ '*

f d.t.on

TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE

Ces gargouilles en kersanton sont si pleines de hardiesse, de nerf et de caprice, qu'on les prendrait pour des moulages en fonte. A gauche en entrant dans l'église de Gouesnou se trouve en latin celte belle inscription :

O qu'il est redoutable ee lieu! Ce lieu, c'est la maison de Dieu , la porte du ciel !

On trouve encore à Gouesnou la pierre où le patron du bourg se coucha sur le relus qui lui hit bit d'un asile. Hommes et femmes , le Jour du pardon, s'y étendent et s'y frottent. Sa vertu est de guérir les douleurs. Une fontaine près de l'église a le privilège de guérir les maladies eu. Un nées; il suffit d'y plonger le membre malade.

En sortant du bourg, à main gauche, est une petite chapelle dans laquelle on a renfermé un monument fort ancien, selon M. de Fréminville. C'est une de ces pierres percées qu'adoraient les celtes , et auxquelles ils allaient demander des guérisons. Les traditions, dit-il, avaient conservé dans nos campagnes cette superstition, et la pierre percée de Gouesnou , qui était placée il y a quelques années dans un champ près de Kerangallet, y était encore- visitée par les blessés, qui plaçaient leurs membres estropiés dans le trou tout-puissant pour obtenir leur guérison. I n curé de Gouesnou fit enlever la pierre, la fit renfermer dans la chapelle où elle se trouve main" tenant , pour mettre fin à ces pratiques superstitieuses.

Telle est l'explication du savant antiquaire; maintenant voici celle fournie par la tradition locale : Sainl-Gouesnou, voulant s'imposer une pénitence cruelle, fit percer la pierre en question et s'imposa l'obligation de laisser chaque jour, pendant plusieurs heures, son bras immobile dans le trou qui y avait été pratiqué. De là les vertus miraculeuses de cette pierre, qui, loin d'être un monument payen , est une véritable relique sanctiflée par l'attouchement de Saint-Gouesoou.

Choisissez entre ces deux versions. La première est plus savante, mais la seconde n'est-elle pas plus vraisemblable?

Quoiqu'il en soit, cette pierre est presque ronde; elle a environ quinze pieds de circonférence, et le trou percé dans la masse a près de deux pieds de profondeur sur six pouces de diamètre.

Le château de Mesléan , défendu par une galerie à mâchicoulis garnie de deux tours avec des meurtrières pour l'infanterie, s'aperçoit à gau-

che au milieu des arbres, à environ un quart de lieue de Gouesnon.

Vous arrivez à Saint-Renan. De Saint-Renan rendez-vous au village de Lanriouaré, placé sur

le bord de la route qui conduit à Ploudalmézeau , et visitez-y le cimetière des sept mille saints dont tous a déjà parlé Çambry. C'est un petit carré pavé de dalles et entouré d'un mur particulier. Là, dit la tradition, reposent 7777 saints. Aux pieds d'une croix on aperçoit sept grosses pierres, qui ne sont autre chose que sept pains ainsi transformés pour punir un boulanger qui avait refusé l'aumône à Saint-Hervé. Tout auprès des sept pierres vols verrez une bûche de ebéne dont les fidèles enlèvent chaque année des parcelles pour se préserver de l'incendie. Les paysans n'ont coutume de circuler dans le cimetière des 7777 saints que les pieds nus et la téte découverte.

Le vieux château in pont du cfiâleau (Poolar-C'hastel) n'est éloigné de Saint-Renan que d'une lieue. Son enceinte, flanquée de quatre tours, s'aperçoit encore, entourée de feuillage, au milieu d'un étang couvert de Joncs. Là fut la demeure de ce Thibault du Pont qui combattait , sous les ordres de Duguesclin, armé d'une épée de cinq pieds de long et pesant douze livres.

C'est aussi près de Saint-Renan, sur la route de Brélès , que se trouve le château de Kergroadez, dont nous avons parlé dans la première partie (1) , et qui est connu dans le pays sons le nom de château de Roquelaure.

Faites-vous guider ensuite au beau château de Kerveac'htou , en passant par le moulin de Chanan, où l'on vous montrera, près de la rivière, une pierre sur laquelle Saint-Renan a laissé son empreinte en s'y étendant. Traversez la route qui conduit à la bourgade de la vue ( Plou-ar-Zel ).

Vous êtes en face du plus beau monument druidique du Finistère. C'est un men-hir de trente-trois pieds, en granit brut et d'un seul bloc, comme tous les raen-hirs. Appuyez-vous sur cet obélisque sauvage et séculaire; regardez autour de vous ces bruyères rougeàtres, ce ciel gris, ces hommes à longs cheveux et à vétemens étranges qui descendent là-bas la montagne; écoutez la rumeur confuse des flots qui vous arrive par raffalcs à travers les laudes abandonnées , et dites-

[\) Cambrj, page 3o-

e tt ni.STomçri:.

Moi M tous ne vous trouvez fias saisi «l'une impression va^iie cl profonde, dites-moi s'il 11c vous semble ps respirer un air d'une mitre époque, ri m le fantôme, du p**' ne scieve pas dftint les yen* «Je voire pensée comme une évoraluMi solenuelle et tunebre ? lit , sons* us pieds, donnent plusieurs générations ; cette lande iro-

Je nom sonore, et triste de Kcr-gfoos ' le lien de la douleur). Ce iu>'ii-lnr immense est peut-être

1 A II Mil l^1 f |t* t|(ld(|UC C*|j(*l* t*4?tt lij tlO fil Il \ tl 311 S

, et dont on \otilui immortaliser le snii- ■; peul-élre aussi élnil-ce un de tes ir-mrittuls < longues pierres du soleil qu'adoraient nos pëfe-». l'ideles a la tradition , les habilans de tes Ont Conservé encore pour ec monument une de respect crainhf, et des pratiques su pères sont restées en usa^e dans le pays.

Snnent, à la nuit toinbanlo, vous voyez deu* jeune* t!pou\ se diriger vers l:i pierre mystérieuse, ►urs vtMrroens, et appuyer leurs bosselures <pii se relieflent sur le* deux fores du meti-liir. Après s'y être frottés tpielipie temps, ils reprennent leurs telemens et s'en retournent jo\eu\, 1 épouv. sur de n'avoir ipje ries tlls , et l'epoiis,- heureuse de penser ipie son

De flrélcs à kersaiot le chemin est rourt et facile. Dans ce dernier endroit vous trouverez

pré» ita l'Hôpital. Le» irai* première* fouruiaaenl pluiieun «arirte. de grau.l . Joui U tailla mi plu ou mou» facile , et dont quelquca-vnm kju! »u»ceptible» de timoir an Ina-breu poli , amu qu'on peut le »oir dan» le* colounce d* U e**e« pelle 4* | uopital oeuf de U mutin* et U piédeaul de U Cobeulair*. Duoe h quatrième ou trouve ao« belle pierre d'un gr»-Um tre»-foac* , lécUe • tailler, et qui ■ été emplojrr •M ornrmeti» de aculplun de b**oroup de noi éguan go-

Très de l'loiiar/c) est un autre men-hir de vin^l sept pieds de haut sur divin ni de circonférence. C'est aussi non loin de la. dans la paroisse de riourui, ipie l'on Iront e le vieux manoir de krr^adioti , dont le portait a demi ruiné est llaiepié de deux loiiivlles a meurtrières.

[•n revernnl de l'Ioinr/el , colove/ les nord» rharmai.s de la rivière de lAber-IMnt. l'ancien fleure C.iHùlon . on aboi o < f.onau Mérialec .i son arrivée d'\ni;leti'i'iv. Yii;uére encore ou apercevait sur m's bords un vieu\ eastel appelé le cfuttitta de M. fiwfff ; nuis depuis divans ces restes liisloriipie^ ont disparu sons h piorlie des* entrepreneur, ipn s eu sont sem pour lutin Un moulin.

C'est au Uts de la rivière de I Abci -IMut qu'ont

M exploitées ces mas^ irnpo>i s do granit

d«tiné« à fonnrr le piislolal et !e te de I obé-

I r g! «oit de l'iber ofllrc Ix-aucoup de trttrmUUnct avec celai de l'obrluquc de Lasor; c'e»t re qai a drculc te joo-

Le* bloc» qoi y teroot eaaployrt ai aioaa, le de tartout. que l'on paejt regarder comme la pla* couedérable qui ja*qa'« préecal ait cle «sploite eo Kraajrc

pLir-f^rtne ri tic trottoir , etda cinq bloc* poor te pir<lr»ul. Cca cinq bloca tout deatiaee è forai ec : i* U aocla , cahaajt

1 1 eaeltca 414 nail ,cl peaMt )o,t; 1 kit; )• le Je, cobeal ); aaétrea 6J» atil. , al peaaot 101,606 kiL ; 4* U eorruebe , cab*M6 aièlae> ylliaul , H pcMnl 1 bit j 5* l'acrolcfe,

cabaot 5 nctre* 10e , et peteol 1 J,: ;o kiL U poid* loul Jo ptédeatal eet dooe de tôt, )i8 kilogramaae*.

l'oe rorbe untqot, tintée deo* le port de l'-kber-tlJa! , a fooioi troU d» bloc* du p^cdeUil le de, U corniche et l acrntrre. Pour trnervr crt bloc* on t'ett e^rri de ta barra .1 ■aine rt Jia rma. On a conturacc par foncer une rainure a»«s; le marteau ; pui» , aeeç de» barre» Jr 6 » ; rratimc-lrr* de Jieatclre , cm e perce mw «rrie «le trou» tree>rapprorbr» , dont U profonJrur tmutit de t. » 7 nrlre»; et es enfantant, à coup» de iuiki , de» coin» es frr das» le» inteoalle» de ce» trou» , ou r»l p«rrrou « doiaee la roche eunanl le» ligne» tracée» à I mnOce. Arec le marteau 00 a taille ce» I Irur donner U fonue pmmlr.

La ba»c et le k»c1« ont rlr exirjiU 1 particuUrre, à une deeni-lieoe de l'Aber, tur le bord de la mer. Il a Mlu le» trjioer de leur camrre reapaenre 1 la griee. et de t< le» tranaporter par mer dane la port de l'Aber. La preroicia op^rjlioo • eu f4ii« eu aooletjM le* bloc* a l aide de pakuu a«aul leur poiul d'apput aur le roebee mèeue, pour le» poaer tue de» rouleju en bois; pua» , à l aid* d'autrua pila»» hontontaus , ou le» a coudait» à la grée». Alor» , au de» rirea eaut d cquiaoa* , ou a r«booe deu> ga-

^t) te» catrii r«-» lr. pln« hn|>om.iuIc> il*» tu» m>iii Jr r.rcii

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