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Uire», de ao tonneau 1 chacun*, à droit* et à gjoebe da U pierre. Ou a rvum lea dent jpbarta par de» vergue» et de» mût» de boue de fr*g*le , prt'tr» par le port de Itérai. Ou a fut paeaer de» chaîne» en fer Moi U pierre , de mmirre • b uiwr dan» ton» le» «eu» ; ce»
TOPOCIUPHIE PITTORESQITC IT lUSTORIQtE.
moi m tous ne vous trouvez pas saisi «l'une impression vague et profonde, diles-moi s'il ne tous semble pas respirer un air d'une autre époque, et si le fantôme du passé ue s'élève pas devant les yeux de votre pensée connue une évocation solennelle et funèbre ? La , sous vos pieds , dormeut plusieurs générations; cette lande i iu-
le nom sonore et triste de Ker-tfoas ( le lieu de la douleur). Ce men-hir immense est peut-être la tombe de quelque chef celtique fameux dans sa tribu , et dont ou voulut immortaliser le souvenir ; peut-être aussi était-ce un de ces ir-meniuis ( longues pierres du soleil ) qu'adoraient nos pères. Fidèles à la tradition , les habitait* de ces ont conservé encore pour ce monument une de respect craintif, et des pratiques superstitieuses sont restées en usage dans le pays. Souvent, à ta nuit tombante, vous voyez deux jeunes époux se diriger vers ta pierre mystérieuse, ae dépouiller de leurs vêtemens, et appuyer leurs poitrines aux bosselures qui se relieffent sur les deux (ace* du men-bir. Après s'y être frottés quelque temps , ils reprennent leurs vêtement et s'en joyeux, l'époux sûr de n'avoir que de penser que
des Itls , et l'épouse mari lui sera soumis.
son
Près de Plouarzel est un autre meu-bir de vingtsept pieds de haut sur dix-neuf de circonférence. Cest aussi non loin de là, dans la paroisse de Ptourin, que l'on trouve le vieux manoir de Kergadiou , dont le portail à demi ruiné est flanqué de deux tourelles à meurtrières.
En revenant de Plouarzel, côtoyez les borda de la rivière de l'Aber-Il.lut. l'ancien Gilïulon , ou abord» Conan MériaJecà son arrivée d'Angleterre. Naguère encore on apercevait sur ses bords nu rieux caste! appelé le château <le UMiulec ; mais depuis dix ans ces restes historiques ont disparu sous la pioche des* entrepreneurs, qui s'en sont servi pour Iwtir un moulin.
C'est au bas de la rivière de l'Aber-lldut qu'ont été exploitées ces masses imposantes de granit destinées à former le piédestal et le dé de l'obélisque de Luxor (1).
( I ) La* carrii rm le» ptn» importante* dm environ* de Rrc»l
bc.rJI a* l'Océan , rt cela* d* hccvuxloa, au fond «U OUI MÉWE PirVTIt.
De Hn'les à kersaint le chemin est eoart et facile. Dans ce dernier endroit vous trouverez
pré* da l'Hôpital. La* trou première* fo*vtiiaecut plnaieur» earictee de grjnit, donl la taille «al plua on moin* facile, et doit! quelquet-utir, »oni laaceptible* de rerevoir au tira-bran
poli , ainai qu'on peut la *oir àWna le* colonne» da U i pelle 4a l'hôpital nrnf de U met». .1 |. p.c<W*Ul de U < euleire. Uaot J* qttattièraa ou troure nue belle pierre d'as gru~bl*u tre»-foocé , facile à tailler , et qoi a été emplojrr de aculptore da beaucoup de no» é^litei go-
La granit da l'Aber ofTre beaucoup Ce rcMruiLLnre avec celai da l'obélisque de Luxor ; c'eel ce qui a décidé la goa-
Le» bloc* qui y aeront employé* auront de lrr»-fottea duneaaiona, la de anrtoat, que l'on peut refarder comme U plu qui jttaqu'* prêtent ait elè exploité en France
j plate» foeme et de trottoir , ct-de cinq bloc* pour la piédeatal. Ce* cinq bloea «ont ttmtiaé* à former : t» le *od* , cubant
Il metree *»{ nul , et peaanl Jo,S;i kiL;î* la da, cnhenl i; mètre* 63a mil . al peaanl tôt, 606 ad. ; 4* la corniche, enb*a(6 mètre* v;5nul .et pe**al 1S.7S1 id j i* I accoure, cubent I mètre* 10e , et peuut tî.:;o kil.Le poida tout da piédestal c»t dune <!e aoS, ait Vii..-rjmiii«*.
I'm roche uaiqae. aitué* daaa le port de I'AbaMbinl , a fourni troia d» bloc* dn p.rde*lai le de , la corniche el l acrolrrc. Pour irperee ce* bloc* 00 • e*l servi de la barra m<ne et d» coin. Ih» a commence par former nae ramnre
de diamètre , on » perce nue mcic de troo* tre*-r*pprocUr» , donl U profonJrur cariait de <• 4 7 mrtre». cl en eufonrent, • coup» Je ma**r* , de* coma en fer ilaa* le* inlerralle* de ce* trou* , oa e»l p.nmu 4 dituer 1* roche turraM le* ligne* tracée** l'etiacc. Arec le leur donner U forme pmrrilr.
La b**c el le rocle onl «te eilrut» 1 particulière, i une demi-lieue da l*\bcr, aar le bord de la mer. Il a f dlo le» Usiner d* lenr carrier* reapectirc • la gre»e. et da U 1er Iraaaportor par mer daaa la port da l'Aher. La premier* opération •'*•! fana en ra*ln>tl le* bloc» a l'ude de pelen* ayant leur point d *pput »ar le rocher mèroe, ponr Ic* poser mit de* rouleaux en hoi»; puia , a l'aida d anima
n> xiirnl de* crvaa eaux d'ci|Uinov • oa a <\booe déni gahuv*, de *o tonne* o a etuenaa, à droite et à gJtacb* de la pierre. Oa a rennt le* dru» c*berc* par dea eergue* rl de* mût* de bnne d* frégate , prx'lr* par le port de Itrrt*. Oa a fJ(t patacc de* cluine* en fer »on» la p»ecr« . de manu re a 1a
TOPOGIUPIIIK PITTORESQUE ET HISTORIQUE
une des ruines les plus anciennes et les plus riches en souvenirs de noire pays , le château de
bloc , rendu aolidaire avec elle*. Ensuite lool l'appareil a été haie à la louée du» le port de l'Aber.
Les cinq blocs ae trouvant ainsi réunis dans le port de l'Aber, oa les a taillés avec soin pour les polir. On a employé 1rs deaz procédés de polissage que nnas allons exposer. U pierre nne foie dressée avec soin , on commence par détenir* 1rs aspérité* en la frottant avec da sable de grés an moyen de gnensea eo foule. On se sert ensuite de l'émeri avec de» frottent» en plomb ( on sait que l'émeri est une poudre qne l'on obtient par La pulvérisation d'une sous-espéce de corindon rbomboidal ). Enfin la dernière opération consiste* employer nu rmeri beaucoup plus fin , et l'on se sert, pour frotter, de bouchons de toile. C'est dans cette dernière opération que le f nuit prend tout le brillant dont il est susceptible. Le second procédé consiste i ne pas employer U sable de grès, on ae sert immedi.itemrnt de l'émeri et de frotteora en plomb. La dernière opération est la même qne dan* le premier procédé. Tour polir nne pierre de 3*Sosnr »"8o, on a mi» vingt-cinq jours par le premier procédé; le mètre carré a coûté 3a fr. 1 5 centimes.
Par le second procédé on n'a an* qne vingt jours ponr polir nne pierre de même dimension , mais le mètre carre a coûté 5 9 fr. g S c.
Il est vrai de dire qne par le second procédé la pierre était un peu miens polie que par te premier.
Tontes le* pierres ont été polie* de cette manière; il ne reste plot qu'à leur donner le brillant en le» passant an bouchon de toile. Ponr préserver les arête» da dé", on a laissé car deux arêtes opposée* un bourrelet de o.oS d'épaisseur.
Restait maintenant 1 embarquer les ciuq blocs a bord de l'allège le Lux or. On a commencé par échouer le navire sur nne cale construite 1 cet effet. Le bâtiment reposait sur ses cinq quilles. On a scié l'avant du navire, et, ponr enlever la tranche, on a disposé à droite et i gauche drux bigars , munies chacune de deax forte* csUorncs. A l'aide de palan* horizontaux, dont le» corde* passaient par le* écubier* da navire , on a sorti la tranche de ton écart de quille. Cette opération était très-délicate; il (allait, eu remuant cette masse de 18,000 kilogrammes , éviter de briser l'écart de quille , qui n'avait qne 0,06 d'épaisse or. La tranche nne fois parée de son écart de quille , on l'a soulevée 1 l'aide de quatre cabestan* , pour la transporter i coté du navire. Afin d'empêcher que celte tranche ne pût se déformer pendant son mouvement, on l'avait Misie fortement par des chaînes en fer.
A partir de l'entrée du navire jusqu'au bloc le plus éloigné, on a construit une cale en charpente pareille à celles qui seivcnt au lancement des vaisseaux. Celte cale avait O,o5 par mètre de pente, et 6o mètres de longueur. Elle était composée de longuerinrs et Iraversines joiatives, recouverte* par <lr* madriers ; sur cette cale on a construit un ber , composé «le quatre loaguerincs , reliée* par de* traveninei Sur ce ber
Trlmazan. Relisez ce que nous en avons dit dans
noire commenta ire sur Canibry (1).
Côtoyez le rivage en gagnant Porisal. Quelle vue d'Océan I comme elle est belle cette couronne neigeuse de brisans qui cercle l'horizon ! C'est debout sur la pointe du Guiliguy, appuyé a un dolmen, et les yeux filés sur U mer, qn'il Tant aller méditer quand la vie droite du monde vous blesse: c'est 11 que l'âme s'élève, que l'esprit s'agrandit, que les blessures du cœur te cicatrisent. On devient forl à cet air de l'Océan qui vous coule dans la poilrine; on se sent retrempé et vivace. lui socitHo* parait si petite en face de cette eau et de ce ciel 1 U semble qu'on la couvrirait d'une main- Et qu'est-ce en effet que ce peu de mouvement et de brait qu'on appelle la vie et que l'on a laissé derrière soi? quel moyen de voir et d'enteudre encore le monde, quand la voix grande et calme de Dieu parle par les soupirs de la mer?
Portsal conduit à Ploudalmézeau, et Ploudalmlzeau ramène à Saint-Renan. De cette dernière ville vous faites route vers le Conque! , tout-àv fait a l'ouest du département.
K'lh4JB*a?
on a posé les cinq blocs, suivant l'ordre dan* lequel il doive»* être posés à Paria. Ainsi venait d'abord l'aerotère , pni» la corniche, le dé, 1a base et le aocle , et les morceaux de plate-forme. L'ensemble de ces bloc* formait an poids de ilo.ooo kilogramme». U» bloes ont été amenés sur le ber général a l'aide de rouleaux, a l'exception du dé, dont le transport a exigé «ne cale et an ber particulier.
L'intérieur de l'allège a été disposé suivant le plan de le cale, en fixant des chantiers sur les cinq carlingues. L'arriére
dont deax extrémités ctjirnt amarrée* sur deux ancre» de frégate mouillée» à la grève. A chacun de» antre» bonis étaient fixée» deux calioracs. La corde de ces caliornes passait sur deux autres caliornes fixée* au ber , de U aur nne poulie de renvoi, et allait ('enrouler *ur le train de quatre cabestan* placés à l'arriére du ter. Chaque cabestan avait to barre», et trois
bestan, » un signal donné, ont amené le ber avec le» cinq bloes dans l'intérieur de l'allège. L'opération eut lien le S septembre i8S5, et dura 55 minute*. La tranche a été eueuilervaus* en place; le» bordage» c carré» ont été remplacé» , et an boni de quinze jours la Luxer flottait. Il fat conduit i la toaée en rade de l'Aber-Hdnt , où le bateau à vapeur le Spkmx le prit i la remorque et le conduisit an Havre, en 36 heures, l'a autre bateau a vapeur le conduisit du Havre a Rouen ; et Je Rouen i Paris, il a été traîné 1 la cordelle par de» chevaux. ( Jwmair* de Bml tt du Fini>ifrr pour tS|6. J (i) Canibry, page io5.
par ks normands et les pirates, elle fui incendier presque «i entier par 1rs an^l^i^ ai I.VI7. Ij potmoit dti <^>nqurl est pittoresque , el m»ti entrée offre on Uhi«u charmant lorsquon v arrive a nro-liaiur. Au nord dti port , dans la presqu'île de krrroonan, existait autrefois un saiifhi «ire druidique *|n«* l'on a détruit en partie pour construire.
Du Conque! a Saiul-Malliieu il n'y n guère plus d"iJDf lieue. On détourne a gauche pour rejoindre Loch ris t , dont la (le. lie gracieuse sert , a*ec k pliare établi près d« l'ahUiy, a gni.br le» navires dans les passais d«> lïroise i-i du Four. On remarque dans l'église le lonif*.™ de Michel LeISoldetx, dernier missionnaire du Hirisliaaismedans la Itasse-Hrelagne. el «pu. on ditseptieme siècle, acheta de comcrlir le» habitons J« cotes , encore adonnés .tu paganisme.
Le cap Sainl-Milliieu termine lr confinent ; nos ancêtre» |c nommaient /./>*-- V/ir<( Je /ernr. De la la tue s'ét,md a plusieurs lieues mer. On a devint soi |<-s j|«s Molrne, el Ourssanl ; à droite 1rs rrsr.ls du passage du Finir ; a gauche h pr,iiîl. alorigéV du Raz-de-Sen , qui se (M<rd dans la brume. La cote offre partout mille a> r ohns, mille fissures, raille croasses dans lesquelles la t^urmu-it. a» moment de la marée montante surtout. Ou entend le flot courir dans les grottes snuteri\iincs creusées au-dessous de labbavc avec un roulement si lugubre que l'on seul malgré soi un effroi sourd qoise glisse j„sqU lame. Ce terril.le murmure de l'Atlantique . re spectacle i ni rue n se de la mer, ces récifs étin< élans qui épanouissent au leurs jet» d'écume, (oui ton» jetie d.ms une d'anéantissement extatique; mu» «ou» sente/ écrasé en prés ure .lit tableau sublime qm s'étend *OU5 vos \,.u,; to„t ,„,re être, comme saisi de !.. conscience de sa la i blesse , sair,ii»s<-, tous uni.
plus petit pur limite de tolre peliys»e. votre téle sViorjrdit au milieu de ta il de liniils Ixarrao nie n v ni» ni scdcnnrl» ou terrible*, w» \eui ■* rerment éblouis de tant de splendeur. mus ton* sente/ ivre» et I'.im iio-s, et quand vous retenez , vous n'axa rousené de <>• ipie mus aie/ m que nr soutenir, cette impression ,|V.\,Mrrn.-ril
rl fJt'K li'i -mt toute* I,-» emuliMiis. ri.ldiors
■I* l'eiislence vulgaire.
«►<■ conçoit l'mllmncc qu'un tel »|N-i IjcIc tou-
jours présent aux reparus dut avoir sur des religieux qui ataieul renonce à ta we, et qui n attendaient sur re promontoire désolé qu'une lontlie Iwllue par l'oude aiuere. La présence des moines de Saint- Mathieu manque maintenant à ce sublime paysage. Lu passant devint ces ruines séw res on regrette de ne point en *oir apparaître derrière quelque rolonne degraml, connue des lanlomr'.s qui nous montrent les »icu\ tableaux des f;rands maîtres, a%ec leurs rolies blanches, leurs figures lûtes immolnles t'»"'»- ^nrail
un missel sou» le bras, semblables à des statues de pierre descendues de leurs nulle»; on regrette, quand la nuii descend sur la nier et que le vent d'ouest soulTle dans l abhave désoNV, de ne point toir le f.u tremblant des cierges briller à traders le» Mtr.inv colorié, de l é^li»e, el de ne pas entendre les liMunes saintes sYletcr tout-àcoiip entre les soupirs de la mer qui battent le promontoire : l;.
Nous atons Tait dans nos commentaires sur fjnibrv les observations d'historien et d'antiquaire relative» j l'abbave de Saint-Mathieu. Nou» nous co.iteuterous d aiou'ler ici la description eiactc que fait mnirsieur Krnesl Me ru rd de cette ruine, dan* »oii roman de Iltidic M tu.
m L'architecture de cet édilice remontant ,i la . naisvince du sMe o-ual était souple et sét. re , . simple comme le. homme» qui I liaient choisi
• pour retraite, sétere connue le lieu ou ils
• l'avaient plare. S'pt arcs de tonte, voileinis sur » de» piliers de granit , régnent encore depuis . la porte principale qui fait face • l'Océan in-jn'i » la ditision formée par deux pnilonijeuieiis qui » s'étendent en forme de croit. Des galerie, de ■ granit existent ao-des-siis i|r la nef. qui est » ac tueJlenu .it rie. , inverti'. \ .Ir.^ite est nu kis- . ciiié; celui de g un hé a été rmahi par d«
• halimeiis accès vdres eoiuuitJiii<piant à lin-
• ter leur du coûtent. Ou n i toii au< un orneuient, » |ii>iut de ui.iiistiev |jidi'ij\. d .irai >es<| ne* bi/arn^f, ' île .lente] uns éb -au les. Hé rar.^
• laissaient pénétrer a regret quelque » d'un jmir dniileu\; la |derre puissante, grise - et nue » oflrnit partout s» \ regards, lr n^ueil- . lemeut el la p.é(é det aient stisir l ame dans . ce bel éd. lice d on toute ntiiiv fnt.fe a, ail élé . baunie, on Tari était
TOPOGRAPHIE PlTTOItESQUE ET HISTORIQUE.
11 faut a)oater à cette description que l'architecture de l'abbaye appartient par son ensemble au treizième siècle, mais que certaines parties, comme nous Tarons déjà dit dans les notes sur Cambry, appartiennent à des époques antérieures. Du 'reste, il est facile de les reconnaître par leurs ouvertures à pleiu cintre. L'abbaye de Saint-Mathieu fut fondée par Tanguy, au septième siècle, accrue au dixième et au treizième, puis fortifiée au seizième siècle. Elle fut plusieurs fois prise et dévastée.
On trouve au Conquet des barques pour les Iles Béniguet, Molènc et Ouessant.
L'Ile Béniguet (Ile bénite ) faisait partie de cet archipel sacré dont les druides avaieut fait le sanctuaire le plus reculé de leurs mystères. Elle se trouvait vis-à-vis la côte occidentale de tArmorique, dans cette position où existait, selon Pomponius Mêla, des collèges de druidesscs,' non loin des Iles des Groac'h ou vieilles Sorcières ( lies de G rois), de Sert ou des Vieillards ( Ile connue encore sous le même nom ) , de Heussa (1) ou de la Terreur ( lie d'Oucssant ). L'Ile bénite était sans doute un lieu consacré à quelques cérémonies particulières du culte, et si l'on en croit les restes que l'ou y trouve, ce devait être un cimetière. Peut-être était-ce là que les druides et les druirlesscs recevaient la sépulture. Quoiqu'il en soit, M. liesse, naturaliste distingué, y a vu en 1835 plusieurs grauds tombeaux celtiques formés de pierres brutes jointes côte à côte, et recouvertes de grandes dalles non taillées et également juxta-posées. Chacun de ces tombeaux présentait la ligure d'un rectangle d'environ dix pieds de largeur sur quinze de longueur. Le cultivateur qui habite Béniguet lui dit avoir ouvert deux de ces tombeaux; il les trouva remplis d'ossemens humains. Mais ce qui le frappa surtout, c'est que l'un d'eux ne '•ontenait que des squelettes d'enfans. Une ligue
(t. M. Miorcec de Kerdauet trouve dans le nom de t'ile d'OaetttUt les deux mot» celtiques Doue tant, Dieu «mi. Otte élvnaulogic n'a qu'un vice, col de Lire entrer la puticale accidentelle d" dans U composition du mot , • «rutne si elle faisait partie du radical; le nom de l'ile est Outsmnt , et non Doiieiuint. Ou reste, les litres antiques dans lesquels on voit l'altération soctessire du mot Hcutux en celai d'Ouetsnjtt prouvent évidemment qu'elle est la véritable riyo.olog.e de ce nom.
de peulvcns assez élevés traverse l'Ile. Les blés, qui étaient hauts, empêchèrent M. H esse de (aire des observations plus détaillées. Mats «es seules indications suffisent pour (aire reconnaître l'établissement du coite druidique à Béniguet. Ce pouvait être le cimetière des druides , ou le lieu dans lequel se déposaient les restes des victimes immolées aux dieux dans l'Ile de la Terreur, qui était voisine.
L'Ile Béniguet est cultivée par une famille chez laquelle vous recevrez la plus franche et la plus loyale hospitalité.
L'Ile Molènc , qui est peu éloignée , a aussi des habitans. Leur principal moyen d'existence est la cendre do varec'h , qu'ils brûlent : ils la transportent sur le coutinent et la vendent an cultivateur comme engrais. Ces cendres, où la soude domine, communiquent à la terre une force végétative très-puissante mais fugace. La misère a conduit les habitans de Molène à les altérer en y mêlant ta terre de leur Ile , qui est grise, friables et qui , sans avoir aucune des qualités de la cendre de varec'h, lui ressemble parfaitement. Cette fraude a été poussée si loin qu'on a été obligé de la dénoncer à l'autorité, en l'avertissant que les molenoais transportaient en détail leur Ue sur le continent. On était effectivement menacé de voir ainsi la légère couche de terre qui couvre Molène entièrement enlevée par la cupidité frauduleuse des nurchauds de cendre, ce qui eût entraîné l'abandon forcé de l'Ile.
Ouessant se trouve un peu plus au nord ; nous ne pouvons que renvoyer à ce que nous avons dit de cette lie dans nos commentaires du V 03 âge dans le Finistère (2).
De retour an Conquet, vous reprendrez la route de Saiut- Mathieu en longeant les cotes et vous dirigeant sur Brest.
Détournez-vous un instant pour voir Plougonvelen, village ombragé d'ormeaux , où vécut Jean Causeur, dont Cambry parle dans son Voyage, et qui mourut à l'âge de 137 ans (3).
Plus loin , vous trouverez l'anse de Bertheaume avec son château pittoresque lié au continent par un pont de cordes qui s'écroule; puis la Trinité, remarquable par sa fontaine où s'épanchent trois sources, nombre mystérieux et symbolique qni
(i) Cambry, p*$e toS 9 (Il l.tem, page t3.
TOPOCRiPIIIK PITTOBI-SQrE KT uiSToniQtii:.
semble s'accorder avec le nom «lu village; puis | haute des Sepl-Saints cl neuve de» Sepl-Saints; endu Saial-IHerre-Quilbiguon. Toute cette route c'était là toute la Tille à l'époque dont il s'agit, el
ce fut feulemeot tous le mioislcrc de Richelieu
qu'elle reçut de notables accrotssemcits (3;. Avant d'examiner le port de Brest, parcourez
et d'admirables aspects de mer. Vous voyez l'entrée de la rade de Brest avec tous a» forts, le goulet et la roche Men-Cam. La elle-même tous apparaît dans toute sa •; au loiu, la ville s'étend en aroplulhéàlre, dominée par les fortifications du vieux château, la halle et la tour de Saint- Louis; vous passez la porte de Recouvrance, vous desiu quai, vous voilà à Brest, avons déjà dit dans dos commentaires sur Camho I j, que Brest était, selon toute probabilité, la Gesoctibates des romains, (^e qui semble le prouver, c'est que Gesocribates se trouve précisément sur l'Itinéraire d'Anloniu à la même distance de .Nantes que Brest s'en trouve aujourd'hui. M. de Fréminville nie cette origine de notre grande viUe maritime , sans apporter toutelois d'autre preuve à l'appui de sa négation que quelque* injures coutre les commentateurs de cubinet. Vous pouvez donc choisir eutre une présomption raisonnable et l'opinion sans motif de l'antiquaire chevalier. Quoi qu'il en soit, il est certain que 1* Baud s'est trompé en donnant Brest pour l'ancien Occismor, el eu en faisant le siège d'un ancien évècbé, qui Tut transporté plus tard à Saiul-Pol-de-Léon. Cependant M. de Fréminville se trompe aussi en disant que l'histoire ne lait aucune meut ion de Brest avant 1210. Des l'année 106ô, Couan deuxième, duc de Bretagne, augmenta la ville et y flt bâtir l'église de la Trinité (.>;.
Nous avons parlé ailleurs des faits historiques qui se rattachent à Brest, qui uefut qu'un château fort entouré de quelques chaumières jusqu'au quatorzième siècle. Ce fut alors seulement que le comte de Mootfort flt enclore le hameau et le joignit à la citadelle, et en flt ainsi une espèce de petite ville fortifiée. On aperçoit encore aujourd'hui un débris de cette muraille de défense au bas de la rue Royale, à gauche, un peu plus bas que la grille de l'arsenal, et l'on remarque même l'arcade à plein cintre d'une vieille poterne. Ce rempart enveloppait on espace ■•rrupé aujourd'hui par les rues Charrouicre,
ii).
la ville elle-même, dont quelques parties méritent d'être visitées. Voyez d'abord le cours d'Ajot, planté eu 1769, par M. d'Ajot, officier du génie et directeur des fortifications de Brest. Ici la rade se présente toute entière comme un lac immense. Montez sur le parapet; ces belles cotes qui éteudent devant vous leurs lignes ronge* 1res , toutes diaprées de gencls en fleurs et de quart/ plus blanc que l'albâtre, sont les côtes de Plougasfel; plus loin, apparaît la rivière de Chiteaulin et les grèves de Crozon. Le tableau qui s'oUre d'ici aux regard* a deux aspects entièrement diflérens : à gauche , vers l-andernesu , tout est calme, bleu etriaut; les flots appaisés se déroufenl mollement dans le» golfes sinueux , et vont se perdre dan» la coulée ombreuse de ITJnrn, que les barques de kerhnrre, UMdlemen au roulis, dorment aux pieds des promontoires, ou Klivtttil mollement sur les ondes scintillantes. A gauche, au contraire, tonle>l austère, immense, menaçant: cV»l la mer avec sa couleur glauque, ses grande» values moutiieuses el son retentissement solennel. A l'horizon s'ouvre le goulet, semblable «le loiu à un.- porte gigantesque dont le seuil est formé par l'Océan cl le linteau par le ciel. Çi et la des navires de guerre dansent à (a lame tout festonnés de leurs voifes à demi carguées; el plus près de remboucbiire du |«ort, le lourd Orion (4 , pareil à une citadelle dé-
(î) Lr*fv*re «e aont permet pu Je r*pp«Het un tout le* faits rtttl.f» m font: tm f-iU ne )»-ut<-i'M In-mer pl»fc que d*a» une hntoire pjM.rulirrt <!• rut* »i!tr. < >n p»ot do mKcouallrr !« premier Tolwue Je* .luti-j'.itrt Vu /W./err et le >V*Wi >-r rHi.tviir <h tmr p»r M IWia, oarrige lier— ml critique per II de rri-nnofillr, i|t>i j • pn» nàsaoicn une fool« de remetf-vernene. , qtioiqae,
Icrteu*.
(4) Le T*u»r*u écolo La ncmJVe de» «Inn n'nt p«% domaine, il »»ric rt^que mnc«. Le tti%t**n rcole eu po»» •eJe prt»rnt«Briil 97 , duai î 1 ooatraui . iitnu, m 1 8 J , rl (fi proTcoeal de l'aiiamiitta dr iS'i, lr».jir!» rnlrnl encore poor f«ire Irt» ie*»o<lc f| ■Irrnirre iumc — te rr,.l. « l.mimi, *o 18ÎÎ. » ,U*t» de
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
menietée, élève au-dessus des flots ses paisibles iMtteries et son poot couvert d'enfans qui regardent l'Océan avec désir et la terre avec
regret.
Du reste, l'aspeet que présente la rade de Brest varie à l'infini, selon l'heure du jour, la pureté plus ou moins grande de l'atmosphère, le calme on l'agitation des flots. Hais elle offre surtout un tableau merveilleux lorsque la brume couvre la mer : les navires apparaissent alors à
traversée d'un rêve
e, et l'on croit les voir glisser dans les nuées comme de fantastiques visions. Le spectacle n'est pas moins étrange, le soir, lorsque la lune prolonge sur les flots ses longues traînées de
brise de nuit qui souffle dans les arbres, le sou des cloches qui marquent le quart à bord des batimens à l'ancre, mille rameurs qui montent des aufractuositée du rivage, forment une sorte d'accord sauvage et harmonieux dont rien ne peut rendre la mélancolie douce et fascinante. On est pris d'une espèce de vague rêverie, et l'on resterait la nuit entière les yeux sur cette baie murmurante, pensif et à moitié endormi dans un extase délicieux.
Cette magnifique promenade du cours d'Ajot appartient au génie de terre, qui menace de temps en temps d'en abattre les arbres, comme il l'a déjà fait sur les remparts; la ville se trouverait alors sans promenade publique. Celle du cours est du reste envahie une partie du jour par les troupes de la garnison, qui y font l'exercice et la rendent impraticable. C'est là un des mille désagrémens que Brest est obligé de souffrir comme ville de guerre.
Du cours d'Ajot descendez au vieux château.
Nous en avons donné ailleurs une courte description (1), nous ne la répéterons pas ici.
Nous vous engageons seulement & voir en détail toutes ses parties, à descendre dans les deux souterrains découverte en 1832. Arrélez-vous surtout devant cette vieille tour du côté du quai; c'est la tour d'Azénor. A cette tour se rattache Tune des légendes les plus touchantes de notre histoire.
La voici :
« Vne des illustres maisons de la Bretagne Ar-
moriqne , dent l'antiquité se remarque dans l'histoire, c'est sans contredit celle des anciens comtes de Goëlo et Tréguier, si puissante en Vannée 493 que le roi Hoél premier de ce nom , ayant la conduite d'une partie de l'armée du grand roi Artur son oncle , en la mémorable bataille de Langrcs , de tous les princes de son ara» Chunaire , comte de Tréguier et Goëlo, assaillir le bataillon du sénateur Lucius Iber , tieutcuant de l'empire romain , dans lequel l'ardeur de son courage le porta si avant qu'après avoir fait merveilles d'armes, et jonché le champ de corps de romains , il se trouva enveloppé et accablé de toute I armée , qui était accourue au secours de son général , où deux mille bretons de sa compagnie lurent taillés en pièce sans pouvoir être secourus de leur gros ; et notre généreux comte s'opiniàtrant au combat, à côté des seigneurs Jagus Iticlioinarcb et Bodloi (qui combattaient à ses flancs ) , fut tué d'un coup dé pieu , le visage tourné sur l'ennemi, mourant au lit d'honneur, au regret extrême des rois et de toute l'année, qui se sentit notablement affaiblie de la perte d'un si généreux capitaine et de si vaillans
» De cet excellent capitaine naquit un seigneur si puissant et considéré que l'histoire en ce lieu rappelle roi , soit que de la fainéantise du roi Hoél 11 les princes et hants barons de Bretagne se fussent donné la licence d'usurper ce titre majestueux , ou soit que les grandes altérations survenues dans l'état , après la mort d'Hoel I , et les étranges révolutions du siècle, eussent porté leur ambition à désirer ce titre souverain , aussi bien que leur convoitise à entreprendre su ries étals de leurs voisins ; soit encore { ce qui a plus d'apparence) qu'étant issu du sang illustre de Bretague , et ses comtes étant sortis en apanage de la maison royale, il eu eut aussi voulu retenir le titre ; quoi qu'il en soit , ce seigneur fils atné du comte Chunaire ( que nous appellerons désormais comte de Goelo, l'histoire nous ayant célé son nom propre ) , quelque puissante maison, i ché partout , arrêta ses yeux et ses affections sur la princesse Azénor, Aile unique du prince de Léon, issue du sang des anciens rois de la Grande- Bretagne, mêlé depuis en leurs descendans avec celui de l'illustre et ancienne maison de Bobjn , ensemble d'onze maisons royales dans lesquelles
TOPOcniPHii. pirromsQrE it nisTonioi r.
lesdits seigneurs de Rohan , prince* de Léon , ont pris alliance.
» Cette princesse, dont la beauté el les rares perfections l'emportaient au-delà de toutes les dîmes de son siècle, blessa le cœur du comte et l'engagea a sa recherche. Elle était de ricin? taille, droite comme une palme, belle comme un astr ; mais cette beauté extérieure nVtail rien en comparaison des belles qualités de son ame , qui la rendaient d'un naturel doux et bénin , encline aux œuvres de piété et religion , discrète , chaste , aecorte , respectueuse , obéissante a ses paréos , amie de la retraite el solitude , ne s'estimant moins seule que lorsqu'elle se trouvait éloignée de la fréquentation du monde pour jouir plus librement des délices et consolations qu'elle rencontrait en l'oraison , et des visites el caresses intérieures qu'elle y recevait de son époux céleste , auquel elle desirait entièrement se donner, vivant au reste parmi les délices de la cour comme Job sur son fumier , sans arrêter son affection aux choses périssables. Aussi avait-elle été dès son enfance élevée en la piété el bonnes mœurs , el louables exercices séant à sa qualité et i la grandeur de son lignage.
» Le comte avant fait choix de cette maîtresse, et formé le dessein de sa recherche, dépêcha deux des principaux de ses barons vers le prince de Léon , qui tenait alors sa cour en la ville de Brest ( ce qui fait que l'histoire ici l'appelle roi de llresl ) , avec charge expresse de lui faire offre «k son amitié et alliance , et lui demander en mariage la princesse sa 81 le. Ces ambassadeurs furent courtoisement accueillis du prince, lequel fui bien joveux de leur proposition , qui loi ofrait une belle occasion de se fortifier de i'allianre d'un si puissant voisin, qui lui pourrait servir pour maintenir la possession des conquêtes •le ses prédécesseurs. Les ayant entretenus quelque temps, il les Ut conduire en l'hôtel qu'il leur avait fait préparer , et alla trouver sa Mie , pour loi donner avis de leur armée et du sujet d'icetle , la priant de leur donner satisfaction , loi représentant combien ce parti lui était avan lageux et l'utilité, qui eu reviendrait a ses état».. Elle se troubla de prime-abord à cette nouvelle , 1 el une honte pudique parut sur son ti*age quanti elle outt parler de prendre un mari , dont elle pria son père de la dispenser , attendu la résololioo qu'elle avait faite de passer a vie au
service de Dieu en une parfaite chasteté ; qu'elle se tenait fort honorée de cette recherche , mais que d'ailleurs il savait bien que
bonne maison et douée de plus belles parties qu'elle. Son père, qui l'aimait tendrement, ne la voulut importuner davantage pour ce coup , moins encore la contraindre en chose de lelhv importance, où le choix et l'élection doivent être libres; seulement il chargea ces ambassadeurs d'assurer à leur maître qu'il tenait sa reche0 cbe à honneur el ferait tout son possible pour fléchir l'esprit de sa fllfe à son contentement , et porter ses volontés a cette alliance , leur permettant de la voir avant leur retour et d'apprendre par sa bouche ce qu'elle en avait résolu. Entrés en la chambre de la princesse , ils la saluèrent , et lui firent savoir ce dont ils étaient chargés ; à quoi elle fit réponse qu'elle serait toute sa vie très - humide «riante «lu romte
éternel de la bonne volonté qu'il lui témoignait ; mais pour l'épouser , elle le priait de porter ses affections ailleurs , vu la résolution constante qu'elle avait prise de ne se jamais marier. Celle réponse oule , ils prirent congé d'elle et du prince son père , et s'en retournèrent en Goekv.
• Le comte attendait leur retour avec tm|ulieece; mais ayant appris d'eux la résolution de la princesse , il en fut extrêmement affligé, et s'élant enquis ce qu'il leur semblait de celle (il le, ils avouèrent n'avoir jamais envisagé telle beauté , ni entretenu si sage dame. Le désir qu'il avait de réussir en m recherche Ut qu'il ne se tint |K>inl entièrement refusé pour ce coup , et résolu de poursuivre sa pointe , il dépêcha une seconde ambassade plus magnifique que la prrcédciuc , avec des préseos de grand prix pour offrir de sa part h sa maîtresse, comme gage de l.i sincérité d<- son affection. Os ambassadeurs forent accueille à Brest avec tout I honneur et ei'ilité qu'on eut |>n souhaiter, et s'élant raffrah lus eu leur botvl , forent conduits avec réreuuMiie ter* le prince , qui, leur créance entendue , leur lit réponse : Que bien qu'il reeotuiiit que sa tille n'avait du toat point d'inclination an luanage , néanmoins la persévérance de leur maître méritait qu oi lâchât de lui donner toute la satisfaction] possible; quil connaissait
sa fille si respectueuse en son endroit et si obéissante a ses justes volontés , quil ne se pouvait persuader qu'elle l'eût voulu éconduire s'il lui commandait absolument d'aimer le comte et de l'agréer pour mari, et se promettait de gagner ce point sur elle , et leur en donnerait résolution dans le Jour.
» Les ambassadeurs remercièrent le prince et se retirèrent, et lui, dès ce pas, alla trouver la princesse sa femme , qui se chargea de traiter cette affaire et ménager les affections de sa fille pour son serviteur; ce qui lui réussit si heureusement que la prineesse, pour ne contrevenir a la volonté de ceux auxquels clic avait appris à déférer , postposa ses sentimens au devoir de l'obéissâuce , se mit le joug au cou , et consentit ( quoiqu'avec répugnance) d'épouser le comte, dont elle engagea sa parole auxdils ambassadeurs , qui s'en retournèrent bien joyeux porter cette nouvelle à leur maître ; lequel , plus content de cet heureux succès qu'il ne l'eut été de la conquête d'un royaume , dressa en peu de jours son équipage si somptueux et magnifique qu'il ne se pouvait rien voir de plus riche. Il fit monter à cheval l'élite de sa noblesse pour l'accompagner , et étant arrivé à Brest , alla descendre au château , salua le prince et sa femme , et , avec leur permission, alla faire la révérence à sa maîtresse , avec les olhres de service qu'on eût pu espérer d'un amant fidèle. 11 était beau, jeune, de belle taille , brave , bieu couvert , et mieuK disant, adroit, courtois, et tellement aimable que la princesse Aiénor ne se repentit de l avoir fiancé. Apres cette entrevue , il «voua franchement aux seigneurs de sa suite que tout ce que la renommée lui avait appris de la beauté , bonne grâce et perfections de sa maltresse, n'était rien au prix de ce qui en était. Le contrat fait de I un et de l'autre parti ( qui s'éjooissaient de cette alliance, dans laquelle ils «oyaient germer tontes les espérances do leurs états;, les noces furent célébrées , et n'y fureul oubliés les festins, les danses, les tournois, les naumaclnes et feintes navales sur le goHe et dans le port . «H tontes sorte» de passe-temps pour témoigner la réjouissance publique, l'espace de quinze jours ,,ue dura la Rte; lesquels expirés, le prince, assisté de toute la noblesse de 1-éon . fut rendre le* nouveaux mariés en leur terre , on la comtewr fut reçut de ses sujets et des pareus de
ET
son mari avec tout le respect dû à sa qualité
et à son mérite.
» Ils choisirent pour séjour et demeure ordinaire un beau château , assis sur une petite colline élevée dessus une agréable vallée, ceint pour bonne part d'un bel étang , qui fortifie les fossés et est de très-bon rapport pour la pèche ; lequel , pour avoir été autrefois bâti par les rois Audrcn, en a retenu le nom de Chastcl-Audreny situé justement entre les deux comtés de Tréguier et Goëlo , dont la ville qui est an pied en est encore aujourd'hui capitale. En ce lieu ils menaient une vie autant douce et innocente qu'on eût pu souhaiter, si elle eût été de plus longue durée. D'un si heureux commencement de nouveau ménage tout le monde présageait «les prospérités éternelles h ces deux époux. Mais, hélas! c'est en vain que la prudence humaine s'efforce de pénétrer dans l'avenir. On cueille peu de roses parmi beaucoup d'épines, et une once de douceur et de contentemeut est souvent suivie d'une livre d'amertume et d'affliction. J'avoue que les roses qui naissent dans les jardins des princes sout ce semble plus odoriférantes que les communes, mais aussi leurs épines sont bien plus piquantes , et leurs grandes pointes blessent plus vivement, comme histoire vous le fera voir. A peine la inière année s'était écoulée , que la tranquillité de leur repos fut troublée par la nouvelle du décès de la princesse de Léon , mère de la comtesse ; perte qui lui fut si sensible qu'elle en fit prendre le denil à toute sa cour , et s en alla avec son mari consoler son père et assister aux obsèques de la défunte , lesquelles finies , elle s'en retourna en sa maison. Quelques mois après , le prince son père, ne pouvant supporter la solitude d'un triste veuvage, épousa nne dame de grande maison , mais qui a\ail l'esprit malicieux, noir, swnbre et malin, laquelle le sut si captiver qu'elle possédait absolument s et ses volontés, n'agissant quasi que par elle. Le diable qui s'était servi de la malice «i une femme pour miner nos premiers parens, se voulut aussi servir de cette marâtre pour perdre notre vertueuse comtesse, et ticher à lui rarurn justement la rie et l'honneur tout ensemble. Mais Dieu , qui se sert de la malice des niéebans pour perfectionner ses élns , comme les e» riques fiant des serpeus , auxquelles ils
Torociimni: riTTORt^Qti: it uisTotiiQrr.
la UHc pour en composer le rontre-puison , fil - la wali-nilc de celte femme à I utilité de i«, qu'elle Iront a (Vi ine «online un rocher que lis v oui s de la tuluil.ilioti ilfcrmirent plulôl que île l'ébranler, el lis Roi* île h persécution poliront sans lo poumir miner.
• Olle pervers créature ne pouvant s» p porter l'érlal dis vertus dont la comtesse était ornée , i|iii élaicul autant «le condamnations Licites île ses dissolution-, , , jalouse d'ailleurs de I amitié que lui lémoi^iaunt .-un pore cl son mari , et du tejrieot el Uni vouloir que lui portail tout lo peuple, prit nui: résolution désespérée <l<! s «mi défaire à quelque prix que ce lui . aux dépens de sa vie el de sa réputation. Un «lit qu'il n'y a meilleur miel ni pire aiguillon que de-, abeille-. ; aussi u'v a-t-il meilleure amitié ni pire inimitié que i viles des femme». Die .savait bien que la nniUe-.se n'avait qui' Irop de beauté pour rire aimée, mais «Ile n i-m.rail pas aussi qu'elle u eut trop il ho.itielrté pour le permettre a autre qu'a sou ui.jii . el de urlu pour se Coijmtht toute entière a celui qui ne la de» ait pwti#-r aur personne. Si e>t-re .pie fermant les veux, a toutes os considérations, elle rc-olnl de faire entrer le comte m «léliance de <a fidélité; rt sari u ut bien «pie l';i(T«viii>it e\e«-s»i»e eu la
d'tiuo beauté qui u a pa> sa pareille aisément eu jalousie , elle nuirut une «pitance certaine de l'y taire tondu r; <'l , eu te dessein, lui t'omit un petit billet d avis île Irois ou quatre lignes , eu ces termes :
• Monsieur, ayant I honneur de vous ëlir si alliée, je ne puis tu «lois .supporter
lilage le désordre que cause dans \olr< maison U malversation «le votre femme , dont l'impoilitité cl alxmdonncmenl pas>e <ti scaml de publie, i luire préjudice. Si je m'en taisais, en avant «les preuve* si mmilot. s , je ne nie pourrais jamais justilkr envers vous d'une ^mude ingratitude , Jii m exempter d'encourir Je Maine d'une punira Ide connivence el dissimulation. Au reste, si vous
luVile/ à m'en eroire , j<> v eu-, I ome,,,, des
ptrutci :d évidentes que vous naine* plus lieu d'eu douter.
» (Vêlait assez cl trop dit pour donner martel en bute à et pauvre prime, auquel elle lit porter .M lettre par un de sis ^en.s, a qui elle a» ait fait le bec, tandis qu'elle fui faire le même rap-
rumi.
perc.3 le e« ur du triste père du glaive d'une douleur lres-s.mrl.le, qui lui inlerdil la proie quelque temps. Il aimail uni.|uemei.l cette lllfe , «ounne sa traie image , la dé-posi triée de sou < «eur el le soutien de sa maison , el ne se pou- »ail pei suad«T qu'elle >e fut ot|ldi<>o jusipj'a ce ,n.int. Ce néanmoins la créam e qu'il a»ait en va I lemme , et les sermens exécraldes quelle faisait pour allintior la vérité de son aeeusatinn, le lui lirctil croire et n'soudre a en faire nu cliâlimeot exemplaire, sans Kw ni misérii^rde , el l cavoyer eu I autre mande par ai Kl de jiistirc (Jue ne pi'dt une auie perlide el désespérée pour la subversion des simples 4S que ne fait «me MJali. iet.se A nime, depuis «punie fois elle possède I esprit trop crédule de >on mari:1
le me*sa«or arrivé a la cour du
(«mie lui rend la li'tlre de sa perlide maîtres*!', laquelle avant lue, il demeura élonué.l iminohile , ertmme s'il eut été frappé de la foudre. IWs«miii de n i ét..iinemeut , il ne poutail eroire a ses yeiu , relit la lettre, et s'étonne encore plus d ouïr de sa femme ce dont il ne se fin jamais détié. lit promut celte calomnie pour une vérité, ilinnxea iniit-à-ioup l'amour qu'il lui avait porté en une haine et «lédaiti eiln'iiie, lui n-tranehj tniile tnHiiiéle liberté , lui interdit le- eoinpapnjps , fais.ni épier si s allées et venues , examiner toules ses pandes o| allions, dont les plus Murons el mu,,, emes étaient interprétées tout au rebours de sis intentions , et selon le soupçon de < e pauvre prince, si puissamment prévenu de la e.iloiniiie ; laquelle le forlilia tellement en vi fausse créa née . qu'il Ut oi.ll n arrêter la comtesse el l'enfermer en une <4iainhrc d'une des lours du clialeaii «pii regardait sur l- larij:, l'y faisanl sio^ileiiscmcnC garder, a»er défense de la lai*vvr visiter a qui que ce fut , que par son onlre et (> fut <>u ce n-iiroiitre lesse eut Ivsoiii de tmile sa vertu . aussi y Itl- « Ile |>ai\iit s.i patienee admtralde ; el comme elle a»ail l.Mipmrs voeu san> amliilimi , aussi porta- 1- elle h* changement île sa fortune a ver un* grande «'^alité «lespril, sm> (aiuais ou»nr la
l.uin he | r v plaindre «lu tort qu'on lui faisait ;
au rouira ire, s ejm
de se voir afflué* «le
pour I amour duquel elle endurai) , se résinant entièrement a sa sîiute volonté, se recoin mandant de loul sou cicur à la saiute »ior^o Marie, irai
TOPOGIUPIIIE riTTORESQCE tT niSTOKIQïF..
asile des affliges , et à saiote Brigitte , vierge irlandaise , sa patronne , dont Dieu eo ce tempslà manifestait la gloire par les grands miracles qu'il opérait à son tombeau.
» Tandis que l'innocente Azénor boit patiemment ce calice d'amertume, sa marâtre, pour achever ie sacrifice de sa cruauté et l'accabler à force de calomnie , pratiqua des gens perdus et sans ame, auxquels, à force d'argent, elle ferait dire tout ce qu'elle voudrait contre la comtesse. On ne saurait trouver une plus dangereuse baine que celle des femmes coutre des femmes, quand la jalousie s'est une fois emparée de leur cervelle. Le comte , d'autre côté , ayant assemblé ses barons et ceux de son conseil dans la haute salle du château , pour prendre leur avis sur ce qu'il serait expédient de faire en cette occureoce, commanda qu'on tirât sa femme de cette prison , et qu'on la conduisit en ce parquet de justice , où il eulra quelque peu après tout transporté de fureur, et si hors de lui qu'encore bien qu'il tachât le plus qu'il pouvait de dissimuler sa passion , néanmoins rongeant son frein avec difficulté , il écumait si étrangement que toute la compagnie vit bien qu'il était en une furieuse colère, et que son dessein était d'exterminer la comtesse. Ayant pris sa place, et fait seoir l'accusée sur un petit escabeau au milieu du parquet , il commanda i son procureur fiscal de proposer les chefs de l'accusation , ce qu'il lit , exagérant avec une grande véhémence les plus petites circonstances du crime supposé vers elle , la sommaut de répondre à ce qui lui serait objecté. Cet homme ayant ainsi parlé, toute l'assistance craignait déjà pour la princesse accusée; mais elle, qui avait autant d'innocence que de simplicité, se voyant chargée de cette tempête de paroles de feu , qui avait mis toute rassemblée en effroi , se prit à pleurer amèrement; toutefois, craignant que son silence la rendit coupable, elle se leva pour devoir parler; mais plus elle taisait d'efforts , plus les sanglots étonnaient sa parole. Enfin , reprenant ses esprits, elle fendit la presse des soupirs et dit, en peu de paroles : Que si c'était chose arrêtée d'opprimer son innocence par faux témoignages , il n'était pas besoin de tant de formalités où la force faisait la loi ; que la vie et la mort lui étaient choses indifférentes , n'ayant jamais eu tant d'attache aux délices de cette vie qu'elle
ne s'en dépouillerait aussi aisément que. de sa robe , lorsqu'il plairait à Dieu , à la providence duquel elle avait parfaitement soumis la conduite de sa vie et de toutes ses actions. Au reste , qu'aisément ils lui pourraient ôter la vie , mais jamais lui ravir l'amour inviolable qu'elle portait à sou seigneur et mari, et la réputation de princesse d'honneur, qu'elle ferait passer jusque* aux cendres de son tombeau , malgré la calomnie et les artifices malicieux de ses ennemis. Ayant ainsi parlé , elle fit une humble révérence à la compagnie , et fut ramenée en la prison ; et les juges ayant été long-temps aux opinions, il fut enfin arrêté que le comte Tirait rendre à son père et poursuivrait envers lui réparation de cet affront, pàr toutes sortes de voies dues et raisonnables.
■ Dès le lendemain , le comte la fit de rechef tirer de la prison et jeter dans un carrosse bien gardé d'archer^ et soldats , pour la conduire en sûreté vers son père, auquel il la rendit, avec des plaintes et reproches tels que la violence de sa passion lui pouvait suggérer. Le prince , voyant sa fille garrottée comme une esclave et accusée d'un crime si détestable , jeta un cri comme un rugissement de lion , qui perçait le ciel et faisait fendre le coeur des assistans de compassion de ce pauvre vieillard , qui , s'arrachant la barbe et sa perruque chenue, jeta une pitoyable œillade vers son innocente fille. Le comte l'aperçut , et craignant qu'il la voulût sauver , il entra dans des fougues si désespérées qu'il semblait vouloir enrager. Et après avoir vomi une infinité d'injures contre sa femme et son beau-père, mettant main droite sur les gardes de son épée , jurant son grand serment que si on ne lui faisait prompte justice il eu tirerait raison par les armes , il voulut sortir; mais le prince l'arrêta , et , le tenant par la main , tâcha de l'apaiser, lui promettant en foi de prince que si sa fille était trouvée coupable de ce crime , il l'en châtierait si sévèrement qn il en serait satisfait , le priant de s'en retourner qu'il n'eût été témoin oculaire de la rigueur dont il voulait user à venger cet outrage, elcoownanda qu'on la serrât en une grosse tour qui regardait sur la mer, tandis que l'on travaillerait à son procès.
• Le comte se contenta de ces offres, et la pauvre innocente, ayant essuyé les injure* de ses ennemis et de ses (dus proche» , et ( ce qui lui
fat plus sensible ) les insullalioiis de sa marâtre , qui lui avait dressé cette partir , fut traîne*' par des satellite* en celle chartre cl élruitemcnl par-
ure, Ml» IUX iniin- "I . ... HiMlllliri,
nuis d'ailleurs assistée de la prare rit* Dieu, avec lequel clic s'entretenait en l\»i*ai*>n . vivant dans ce cacln>l en austérités et pénitences . s'armant par re* beaux exercices contre la violence de la persécution , avec une «.««nliatnv lili.ile en la miséricorde de Dieu , qui lui taisait espérer de remporter la victoire des ennemi* conjures de sa
fie , de son I rieur et de mmi salut.
» l e pri • lui avant donné des jn-es , le
comte prévoit le jugement , sollicitant nuit ri jour contre sa femme, la» procès instruit avec toutes les solennités et formalités, s'eiMimt seotcuce, portant que : La jadis «oint. -.m: de Tréguier el Coelo , atleiule ei convaincue d'adultère et infidélité envers son mari, était rundamnée d'être brûlée vue et le* tendres jetée.-» en la nier. Ce jugement an été . le-, jn^cs eu donnèrent avis au prince, pour .savoir ee «qu'il en ordonnerait. ( Jugez quel compliment de défémue a un père affligé! ; Néanmoins, pour contenter son geudre et ne contrevenir a son serment , il akmdoona sa fille a la rigueur de la justice, cl voulut que la sentence sortit son plein et enlier ellel , et l'emova loulà-Huurc signifier a la prisonnière.
, non moins ne je troubla de
UVlX-Ult , ... J. ... ,..r.i,T,,, ,
»'élant jeléca genoux, le* veux arrêté* sur un crucifix qu'elle tenait eu sa main, émula paisiblement la langue suite de tant de paroles fndc sa mort , sans que sa conparùl aurum-meut ébranlée. Lv vertu est comnii' If cube; de quelque part qu'un la !, se trouve toujours sur sa bas*. Celle lecture faile, elle baisa son crucifix . et levée, dressa se* Ihm«x veux vers le ciel , ri dit d'une voix forte et assurée :
» Mon IMcu , mon .Seigneur, qui connaissez les plus secrets replis de ma conscience . je
de tortiller mou anic de votre ^race eu re dernier période de ma vie; et puisque les hommes NlSI OIJ Uflll AU li'llfui^iin^r t\ç mon UIIMKt'iirc ^
calomnie et aux malices aflilicîeutcs de mes ennemis. Et portant sa main droite sur le crucifix qu'elle tenait eu sa main puern», elle jura et protesta hautement que , sur le salut de son aine , jamais elle n'avail raidi a l'endroit de son seigneur et mari. I.ni pardonna sa mari, et aussi à son père , à sa marâtre et aux témoins qui avaient
vers les commissaires, leur dil : Je vous assure, messieurs que tout le regret que j'emporte hors du monde n'est que de voir que la rigueur .le voire justice , takvnl mie trop hardie saillie hors des homes de la juridiction, enveloppe celui qui est manifestement innocent dans le supplice de celle que vous avez ju^ée comme criminelle, el puuil une créature de mort temporelle et éler-
qualrv mois: mon enfant est vivant el bougeant» et vous le prive/ de baptême et de vie |K>ur le crime supposé a sa mère, l'ensez-y bien , je vous en prie , et cependant envoyé* -moi des d émise p«ur mettre ordre au Tait de ma
• l^s commissaire* ayant fait ee rapport , les juges rrovant que ce fut une feinte pour pro- # longer sa vie de cinq mois, pn«cédant d'une pusillanimité féminine, ordonnèrent qu'elle serait visilée des ma I m nés ; le -qui -Iles avant, par leur rapport, confirmé la vérité de sa grossesse, les ju-es étaient d'avis de surseoir levée ulion , jusqu'à ce quelle se lut délivrée de son fruit, et eu lurent conférer avec le> princes. Son père y consentait . mais le comte itisjsta , cl qu'on se dépêchât au phis lot de la mère et du fruit. I,*s j„Srs tn.in.mt trop de cruauté eu cette prelipilalion. voulant toutefois di.niier quelque satisLulnnici cet homme, révoquèrent la preinirre sentence , el par une seconde la condamnèrent
et jetée en pleine mer à la merri des vents , des ! ondes et des éiiieil*. Celle seconde sentence lui f^i<^ 1 1 roi it^iiCi'i* « il r r'*»i u \ !4i^iPCDt
d'elle el Ki h-renl : puis elle rétlèra sa confe*-"
dont elle recomiuauda l'execuliun a son n)?rr.
■ L'heure venue qu il fallait aller au supplice, on lui vint dire qu il était temps. Mors elle
lu supplice , et la perle qui ta
pures el déli-
4 la I cate*
pa-
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
ratlre le ris sur son front., en dépit des larmes qu'elle versait ordinairement au plus fort de sa dévotion. Ce fut un spectacle de compassion de voir passer celte belle princesse le long de la ville, depuis le château jusques au port, entre les bourreaux et satellites , conduite des officiers de la justice , suivie d'une multitude confuse de peuple , dont les uns déploraient son malheur , les autres détestaient son crime , selon les diverses passions dont ils étaient agités.
» La pureté de sa conscience avait tellement charmé le sentiment des cruautés de son supplice , que comme elle avait ouvert son cœur à l'amour diviu , aussi ouvrit-elle de rechef sa bouche au pardon de ses ennemis , et au dernier temps ( qu'elle croyait ) de sa vie , pria pour eux d'un cœur amoureux et d'une voix toute aogélique, ajoutant : Qu'elle espérait qu'enfin ce beau jour viendrait qui ferait voir son innocence éclipsée sous les cruelles nuées de la perfidie. Cela dit, elle monta dans le navire, qui se mit incontinent à la voile ; et étant éloigné de terre de quinze à vingt lieues , on lui commanda de se disposer à subir l'exécution de la sentence. Elle se mit à genoux, recommanda son * ame à Dieu, remercia les officiers de la peine qu'ils prenaient pour elle, les chargea d'assurer son père et son mari qu'elle mourait innocente des crimes dont on l'avait accusée , et dans le devoir de bonne fille et fidèle épouse , pardonna à ses ennemis , et s'étant munie du signe de la croix , entra courageusement dans le tonneau funeste que la malice des hommes avait préparé pour son naufrage , mais que la providence divine avait disposé pour lui servir d'arche , afin de la sauver d'un déluge de tant de misères.
• Sitôt qu'elle fut dedans le tonneau , il fut bouché et fermé, puis jeté dans la mer. Quoi fait, ils s'en retournent à Brest en assurer les princes. Le comte satisfait de la bonne justice que lui avait rendue son beau-père , prit congé de lui et s'en retourna en son pays.
• La perfide et déloyale marâtre, qui eut mieux mérité de passer par les mains impitoyables d'un bourreau , poar avoir , par ses sanglantes impostures , prostitué à l'ignominie du supplice celle que jamais l'amour lascif n'avait surmontée , triomphait de ce succès et s'é jouissait de s'être levé celte épine du cœur. Mais la providence de
Dieu , qui avait déjà préservé notre innocente du feu , la délivra encore de cet autre élément , non moins formidable , pour lui donner sujet de chanter un jour en son honneur c Nous avons passé par le feu et par l'eau , et vous nous avez conduit en lieu de rafraîchissement.
• Son petit vaisseau , ballotté sur les ondes , servit de jouet aux vents et aux marées cinq mois entiers , qu'il côtoya les rivages de la Bretagne, de l'Angleterre el de l'Irlande , en danger continuel de mille naufrages humainement parlant inévitables, si la main du Tout-Puissant ne l'eût préservé de la furie des vents, de la violence des tempêtes, du choc des rochers et du bris des écueils.
p En cette effroyable solitude et cruel abandonnement , la pauvre princesse n'avait autre espérance qu'éh la miséricorde de Dieu , qui n'abandonne jamais ses serviteurs. L'esprit ( dit Philon ) doit avoir un petit consistoire domestique où , déchargé des sens et de la masse des choses sensibles, il s'étudie à la connaissance de soi-même et à la recherche de la vérité. C'était en ce consistoire intérieur que notre sainte solitaire s'entretenait avec Dieu , dont elle recevait des caresses et des consolations qui charmaient l'ennui de ses misères. On ne lui avait donné aucune provision, ni vituaillcs , de sorte qu'en peu de temps elle fut pressée de disette et nécessité , nourrissant seulement son ame dn pain de l'oraison t détrempé en ses larmes , tandis que son pauvre corps exténué s'en allait entièrement défaillant. Que faire en telle extrémité? O merveille de la bonté et miséricorde de Dieu ! O abtme des secrets incompréhensibles de sa providence adorable !
La pauvre Azéoor gisait adossée aux flancs de son tonneau , les yeux levés vers le ciel, faisant rouler de grosses larmes, comme autant de perles liquides sur ses joues. pudiques, recommandant à Dieu sa pauvre ame , qui , succombant à tant de misères, s'en allait déloger de son corps, lorsque ses yeux mourans furent subitement frappés d'une clarté céleste qui pénétra le bant de son tonneau et lui fit voir un ange qui de sa seule présence convertit ce lien infect et étroit en un petit paradis de délices , et la saluant aimablement , l'assura que ses prières étaient agréables à Dieu , qui ne l'abandonnerait jamais en cette affliction ; qu'elle espérât toujours en sa raisé-
rieorde , et qu'il ferait paraître an jour ton innocence aT«c plus d'éclat qu'elle n'avait enduré d'ignominie , à la confiuioo de ses ennemis. Puis loi présenta des vivres à foison , lui commandant d'en manger. Elle obéit, et ayant rendu grâce* à Dieu et à son réleste gardien , prit sobrement son. repas, et incontinent son pauvre corps reprit ses forces et son cœur sa première vigueur. L'ange disparut sur l'heure, mais il ne faillit désormais de la visiter et lui apporter Journellement tout ce qui lui était nécessaire pour sa nourriture et entretien.
» An bout des cinq mois de sa périlleuse navigation , elle accoucha heureusement d'un flls dans cette étroite cabane , sans sage-femme , ni autre assistance que celle qui lui venait du ciel , de son ange et de sainte Brigitte , sa bonne maltresse et patronne, qui la visitait souvent avant et après ses couches. Quand elle eut mis son enfant au monde , elle le prit entre ses bras, fit le signe de la croix sur lai et loi fit baiser
baptiser , et le pressant contre son sein pour l'échauffer, le baisait tendrement, versant quantité de larmes sur ses petites jours , puis le recommanda à Dieu , disant : Seigneur, qui avez délivré les trois enfans innocens de la fournaise en Babjlooc , et eu soin du petit Ismaèl abandonné dans la solitude d'un désert stérile ; qui avez préservé votre prophète du naufrage au milieu des mêmes abîmes, et fournisse! abondamment aux petits corbeaux les nécessités de leur vie , je recommande à votre paternelle providence cette petite créature, affligée pour le crime supposé a sa mère ; ne permettez , mon Dieo , qu'il soit traité en coupable, parce qu'il est né malheureux , et puisque vous avez daigné avoir soin de la mère , n'oubliez aussi d'assister son «•nfaiit , afin que régénéré du saint baptême et enrôlé dans le catalogue de vos eufaua , il glorifie éternellement tolre saint nom et publie vos miséricordes. Ayant achevé , Dieu , pour sa consolation, loi fit connaître par on signe visible qa'il avait exaacé sa prière, déliant la langue da petit enfant , lequel voyaot sa mère si affligée pour n'avoir le moyen de l'assister comme elle ent désiré , la regarda fixement , et soa-
ehére mère, nom ne devons rien craindre : puis-
de notre voyage et proches au temps de la consolation que Dieu vous a promise par son ange.
• La comtesse fut bien étonnée de celte merveille, mais bien plus* quand elle vit le même jour les effets prodigieux de la prédietioo oY son entant. Car ne sentant plus son t ou Dean branler sur les ondes, m repousser le ettoe des flots, elle ju^ea «rue Die» huait conduit*" en i|nel.pie rade, ce <|in ve \rou\A i.'iiublc. Son t xiix-a i fol preiinereiiii-nl aperrii d nn Mtla^eois. 4 1 1 1 1 atait -a nuUon prix lie de re h.im* homme HruuPort . a raisini d une riche abbaye de ce nom .|iii était là auprès en lïle d'Irlande. U paysan descendit [<romptenieut cd la gré>e vuir ce que c'était , et croyant que re fût un tonneau de xin ou d'autre hoivsnn rc-,lé du débris de quelque navire . que lei boules et marées auraient nmusé au rivage, il y allait donner du mnml"'lt'l : mais Dieu. redoublant sis mmeille*. délia de r^ bel la petite Janpue de l'enfant , qui défendit a reparu de pa^er nuire, lui touimanda.il d aller |r.»m*r l'abbé de Heau-Port . sei^nnir de crtte c.»|e , et lui donner avis dit ee qu'il axait (routé.
» \je pauvre homme , épouvanté de cette voit / obéit , et s'en alla trouvrr l'abbé , lui raconta ce qu'il avait vu et oui , le priant de se transporter sur les lieux pour voir re que pourrait être. Il alla , accompagné de quelques religieux et des plus apparens habilans de son bourg , fit faire
otnenure ou l 'imeju , ou n iroina une ikih jenne femme qui tenait un petit eofànt de deux jours , lequel de son souris et par ses gestes enfantins le semblait courtoisement saluer. 11 les mena au bourg de son abbaye , les lit revêtir et rafraîchir, et ayant entendu tout à loisir le récit de leur fortune, il rendit solennellement grâce à Dieu , et dès le lendemain baptisa M petit prince en la présence d'une multitude de peuple , qui était venu voir cette merveille. Kt afin que son nom exprimai en quelque façon sa fortune, il le nomma sur les saints fonds Buzruc , pour avoir été , par des miracles si propréservé de tant de morts et de périls humainement inévitables. La comtesse s'habitua en cette bourgade, et y passa le reste de ses jours, assistée des charités et aumônes de l abbé et des gens de bien ; et, poar éviter l'oisiveté, elle s'employait à laver k> drap» avec d autres lavandières ,
TOPOGRAPHIE PITTORESQrE ET HISTORIQUE.
gagnant sa vie à la sueur de son visage, distribuant aux pauvres le peu de gain qu elle lirait de ce métier vil et humble , réservait ce qui était précisément nécessaire polir sa nourriture el l'entretien de son enfant , qu'elle élevait soigneusement an l'amour et crainte de Dieu ; et dès qu'il fut en âge capable des lettres, l'abbé de Beau-Port le retira en son abbaye et se chargea de son instruction. Or laissous ici nos deux saints, et repassons la mer, pour voir comme tout se porte en la cour de Tréguier.
» Si la comtesse trempait en une grande disette après tant de misères et de périls, le comte ne souffrait pas moins dans les horreurs d'un crime qn'il n'avait commis que par trop de crédulité. Les deux années de l'absence de sa femme n'étaient encore écoulées , quand l'amour , que la - calomnie semblait avoir éteint dans son cœur , se ralluma tout d'un coup et le jeta dans un cuisant repentir du traitement impitoyable qu'il lui avait fait; ce qui le rendit si chagrin et pensif qu'il ne reposait ni four ni nuit ; il ne trouvait rien à sa fantaisie , tout lui déplaisait, les visites mêmes de ses amis lui étaient importunes, et se laissa gagner à une sombre mélancolie , qui le conflua dans une' triste solitude où , tirant des sanglots du profoud de son cœur , il pleurait continuellement son désastre el délestait sa trop grande crédulité , cause de la perte d'une des plus aimables créatures du monde.
• Ses serviteurs et ceux qu'il approchait de plus près tâchaient en vain de le divertir par toutes sortes de récréations et passe -temps, lui remontrant qu'il ne se devait laisser accabler a ces pensées mélancoliques , qui ne servaient qu'à troubler le repos de son esprit ; au reste , qu'il n'avait point de sujet de regretter l'absence de la comtesse, qui l'avait ingratement éloigné de son cœur et de ses affections , qu'elle avait laissé embraser à des flammes si préjudiciables à son honneur qu'on n'y pouvait seulement penser mus exécration. On avait beau dire , tout cela n'était pourtant capable d'effacer de son esprit l'image de celle dont la vertu et honnêteté se présentaient continuellement à ses yeux et lui reprochaient sa trop grande précipitation; et quelque devoir que l'on fit pour le retirer de ces pensées pleines d'inquiétude, si faisaient-elles toujours quelque impression dans son esprit.
» Tandis que le comte se repent à loisir de
sa faute, le temps qui découvre tont mit en évidence son erreur, l'innocence de sa femme et la malice de sa marâtre, laquelle, étant tombée malade, fut en peu de jours désespérée des médecins. Ce fut un rude coup de tonnerre, qui éveilla puissamment cette déloyale , lorsque moins elle s'y attendait , et la jeta dans des étranges appréhensions. D'un coté , elle voyait sa vie terminer en angoisses ; et d'ailleurs elle avait devant les yeux l'horreur de son crime , et à ses oreilles la voix du sang innocent, qui criait vengeance de ses impostures. Enfin , alarmée de toutes parts, ne pouvant plus endurer le bourellemeut de sa conscience , elle déclara publiquement les arlilîces dont elle s'était servie pour ruiner la comtesse : petite satisfaction pour une si grande faute. Le prince l'ayant ouie parler, tomba évanoui , tandis que la misérable rendit l'esprit. Revenu de pâmoison , il la voulait étrangler ; et sachant qu elle était décédée , à peu qu'il ne déchirai si charogne à belles dents.
• Le comte ne tarda guère à avoir avis de cette palinodie, qui le frappa si vivement que de la tristesse il passa dans la fureur , et de celle-ci dans la raga , s'arrachant les cheveux et la barbe , renversant tout ce qu'il rencontrait; mais quand sa mémoire lui faisait ressouvenir du cruel traitement qu'il avait fait à sa chère et innocente épouse, il entrait en tel désespoir qu'il eut volontiers pardonné à qui l'eût tué, pour se voir délivré de tant de furies qui le persécutaient partout où il allait. U maudissait tantôt la perfidie de sa marâtre , tantôt il se prenait à soi-même, puis détestait sa promptitude et précipitation; bref, ce n'était qu'épouvantables imprécations et sermens exécrables de tirer cruelle vengeance des auteurs de celle per-
» Enfin , ne pouvant plus supporter taut d'inquiétudes, il s'avisa d'aller chercher le remède à sa douleur, et voir dans les Iles et côtes septentrionales s'il pourrait apprendre quelque nouvelle de la comtesse , que Dieu pourrait avoir ( comme innocente ) sauvée du naufrage, il communiqua son dessein à ses plus a Aidés serviteurs; et ayant pris de l'argent autant qu'il jugea lui être nécessaire , se mit en chemin, courut toutes les côtes maritimes de la Bretagne , Normandie, Picardie, Pays-Bas et Flandre, sans trouver aucune chose de ce qu'il cherchait. U passa en
lOPOGiiM-iiii: iMTToni.sncr rr
la Grandr-liretagae et les Mes adjacente* , y lit les mentes perquisitions , mais eo vaiu ; ce qui le 01 résoudre à s'en retourner eo Bretagne, désespérant désormais de son entreprise.
• Sur le point de son embarquement , son bon génie l'inspira de passer en Irlande , ce qu'il S! ; et étant arrivé à Beau-Port , il déclara à l'abbé le sujet de son voyag* et ce qu'il cherchait en ce pays. L'abbé ( à qui peu de jours auparavant le petit prince Bndoc avait prédit cette arrivée de son père ) , voyant l'accomplissement de la prédiction de son petit saint, embrassa aneetueusemeot le comte , l'assurant qn il était le très-bien venu , et que celle qu'il cherchait n'était pas loin de là. A celte nouvelle le comte ressuscita comme de mort à rie , et sans plus
voir sa femme , que l'abbé fit invenir avec son fils.
• Quand la comtesse vit son cher mari en sa prince , elle demeura immobile comme une 1 , sans pouvoir dire mot , considérant l'adprotidence de Dieu qui , par des voies si considérables , commençait en Ho à justifier l'innocence de ses déporlcmens. La batterie n'était que trop forte pour enlever son cœur, qui n'avait jamais écarté ses affections de son mari , même dans les plus cuisantes angoisses.
» Encore que tant de misères et langueurs nivwsl beaucoup ruiné la première beanté de la comtesse , si est-ce qne son mari la reconnut , et se laissant tomber sur son col, lui donna mille baisers amoureux , et , la tenant étroitement embrassée, versait un déluge de larme*», ne pouvant quitter celle qu'il avait tant regrettée et si long-temps cherché*. Est-il possible C disait-il ) que ce soit ici ma chère Aiéuor, que j'ai tant pleuré* comme morte , et tant cherché* depuis notre triste départ ? Oserai -je bien regarder cette innocente, qui a trouvé sou salut dans Us animes, ia sûreté dans la violence de» tempêtes, la furie des vents et les précipices des écueils ? Que pour le moins j'embrasse les pieds , cher* moitié , puisque je ne mérite de te regarder en face. Puis, se tournant vers I* polit prince Budoc , son tils , I* prit entre ses bras , el le caressant mignardement , s'empierrait de lui des circonstances et particularités de leur fortune ; et avaul entendu avec admiration l*s miracles que Dieu avait Lut* en leur laveur, il en rendit grâces à la bonté divine, qui ne dénias* jamais ses bdeles sen ifcurs.
» Le voyage du comte ayant eu une issue si heureuse , il fit équiper un grand navire pour repasser avec sa femme et son fils en Bretagne , résolu d y vivre désormais palsiblemi en ses terres. Néanmoins Dieu en In ifient : car . soi» que la fatigue de ses voyage» l'eut ir.ip travaillé, soit atiw qui- \3 longue lriste>se et mélancolie IVtil accablé , soit aussi
q « t air grossier el srpteutrional eût altéré sa
cornplcxion et son lempêrauiem iialurel . il tomba malade d une langueur qui ne lui permit pas de se mettre sur nn-r , |"ndant laquelle la comtesse lui rendit tout- sorte d assMaitre ; ce qui ltii perçait leeoMir. la voyant avoir si parfaitement oublié le mauvais traitement qu'elle avait reçu de lui.
» l.riliu , ta longueur de m maladie , qui l'afhihlisoii de j..ur a autre, lui faisant qu elle en serait I in, ne, il voulut de I uieitrt ordre au Lut de sa conscience, se confessa généralement a I'uMh- , reçut les saints ssrremens de l'eucharistie el dcvti éinc-onclion , de m and i pardon à sa femme . donna sa bénédiction à s(in tils, passa paisiblement d-* cette vie a l'antre. Son corps fui pmié dans l'église abbali île de Beau -l'orl, ou . se obsèques, solennellement .v|é1.rée> , ,| f„t enterré en li.ti honorable
. I.a roiTHeNse devenue veuve perdit Icitvie de revenir m Sun pays . cl voulut passer le reste de sa vi-" mi ir pauvre ullagc , ayant parfaitement oublié le tde et t ce qui )e iofj-
«vrne. I»rs qu'elle eut congédié 1rs serviteurs d* son défunt m n i . elle s'adonna plus que de coutume aux mures de péiuleoce «l un>rlifir ition . redoublant *c-s charité* envers I,* pam ré* . selon la porté-»» de suj p.-lit j*oivuir. I.fb- recevait II II singulier root ente nient de >c voir d>- riche coin te-»v devenue pauvre lavandière; de princesse dr vi ii g ilhisire eJiéiive femmelette , inconnue des hommes; de grande dame honorée cl suivie de train et serviteurs, veuve retirée, seiiletlr. m+pi i-.ee du monde et abandonnée de se» pareils. Sou exercice «udoraire celait l'oraison, y employant toiil le temps .pi elle pomni dérober à sou irai ail. fréquentant I Vgh«- on était enterré son mai i . dont « lie ar riérait le loinlvju d'ahondaiji e de larmes, i l soulageait l amcile v*% prières.
, avant de mourir,
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ITT HISTORIQUE
de voir le prince saint Budoc , son fils , fouler généreusement aux pieds les grandeurs passagères du monde , et , dédaignant de recueillir les riches
sucerions de ses
faire heureusement
échange des possessions temporelles arec l'héritage éternelle, lorsque humblement prosterné aux pieds de l'abbé de Beau-Port , il reçut de
l habit de religieux
l'éclat
de son cercle comtal à l'humilité d une couronne monacale , et son écarlate à un simple et pauvre froc, pour s'assurer un jour de la robe d'immortali'é. Certes , notre comtesse se trouva alors au comble de ses souhaits , et pouvait dire , comme sainte Monique quand elle vil son OU Augustin entièrement converti à Dieu, qu'elle ne désirait rien plus en cette vie, puisqu'elle voyait son cher enfant si avantageusement appointé en la cour du rot des rois, ne souhaitant désormais aucune chose avec plus de passion que de se voir déliée de son corps et être avec Jésus-Christ. Le ciel agréa ses désirs, et Dieu voulant récompenser ses travaux et sa patience de la couronne d'immortalité, l'appela à soi après une légère maladie , pendant laquelle elle eut le loisir de se disposer à ce passage , recevoir ses sacremens et donner sa bénédiction à son (ils , lequel l'ensevelit près de son défunt mari , en son monastère, et s'acquitta de prier Dieu pour le repos de son ame. » (1)
Le château de Brest était imprenable à une époque où l'artillerie était inconnue ou niai dirigée ; aujourd'hui il ne pourrait supporter un siège en règle. M. de Fréminville observe seulement fort judicieusement qu'il serait très-utile pour maîtriser la ville en cas de révolte !
Outre le château de Brest , on peut visiter la salle de spectacle, commode, mais peu élégante; l'église Saint-Louis, remarquable seulement parle tombeau de Ducouédic , qui y a été déposé ; la halle, dont la charpente hardie et légère est un chef-d'œuvre de construction.
Urest est la ville de France où il pleut le plus fréquemment, et où régnent les vents les plus violens et les plus continuels ; aussi les hommes n'y sortent qu'enveloppés dans des manteaux vernissés , les femmes dans des capes brunes. C'est une population de toile cirée et de cuir bouilli, qui vit les pieds dans la pluie et la tête dans
; i) AWe» Saints Je BrtWgne , par Albext-le-Gread.
la brume. Cependant, malgré l'humidité du climat, Brest manque d'eau (I).
Maintenant, pour gagner le port , descendez du château au fer à cheval et au quai de la mâture. Arrêtez-vous près de la cale de la Bose , et la contemplez l'admirable spectacle qui se déroule sous vos yeux. Au premier plan, à droite, s'élève le cbâteau , comme une vieille sentinelle d'un autre âge; au-delà, la machine à mâter , si légèrement élancée dans les airs ; plus loin encore, la longue rangée d'édifices qui, commençant à la tour du contrôle et s'éteodant en demi-cercle, vont finir à l'hôpital neuf.
Ce qui vous saisit à l'aspect de cette grande ligne de bâtimens, c'est une expression de la force et de la puissance. Il y a quelque chose d'imposant dans ces édifices sans fin entassés l'un sur l'autre comme 'des montagnes : on dirait no ouvrage de géants. Le côté gauche du port est plus varié et moins sévère. Le bois des Capucins, dans le fond, forme un conlrast riant avec le long toit bleu du bagne, qui occupe la partie opposée. La cale couverte, soutenue sur des piliers qui de loin ne laissent pas que d'avoir une certaine
(i) La «oie eoarce qui alimente pompes vient da dehor* , an moyen d'an aquednc qui traverse 1rs fortifications. En été, le manque d'en a se fait si vivement sentir qne les gens dn people qai ne peuvent se rendre à la fontaine pendant le jonr, à cause de leor travail , aont fréquemment obligés d'attendre nne partie de la nuit prés de la pompe qne leur tour arrive. Cela a lien surtout i Recouvrance. Les baiua qui s'alimentent d e*» potable sont alors également obligés de ebomer. L'administration de Brest , après avoir fermé l'oreille pendant quinte ans aux réclamations des habitans , vient enfin d'aviser sas moyens de leur fournir la quantité d'eau rigoureusement neecsiaire pour les premiers besoins. Le cipal s'est enfin aperçu, en ,835, que la a b ville nne certaine quantité d'eau en d'un terrain qui lui avait été antérieurement cédé par celle-ci- De plus, la aonree dite dn Trémflliau, en dehors des rempsrta de Reconvrance, a été acquise. Quatre cluiteaux d'eau ont déjà été construits pour recevoir les eau provenant delà marine et celles de Tréniillien ; la source de la rue des Sept-Saints, qui alimentait le quai de Brest, a été fouillée et avivée; une antre do côté de Recoovrsnce, perdue depuis plusieurs années, a été retrouvée, et enfin on en a découvert nne nouvelle dans la ras dite de la Fontaine. On peut donc espérer qo« d'ici a peu de temps Brest aura moins i souffrir dn manque d'eao qni a'y fait ai vivemeut sentir depuis long-teœp»
TOpoGRiPMi: MTTonr-sçir. r.T insTonion.
ouverture formée dans la par les bassins de Itecon- >: pavillon de (artillerie, avec son luit en pvraioide tronquée ; la caserne des M.irins , suspendue au sommet d'une roche , forment la parlic pitlnresquc du lahh>au ; tandis qm» le milieu , orn.pt' par le cours de la l'emeld ? prévoie .ses navires de toute iq>eie couvrant les <'.ih\ du tlfin.ï depuis v.mseau à trois ponts juNijn' j la vole légère qui fend r;» }j i< U"iii en t
de di\ rameurs.
l'intérieur du port.
A mesure que l'on avance et ijue l'on voit de plus près les détails, mu' émotion d'un antre K«nre se fait sentir; à l'iuliiiiratiori »ienl se in<-lrcr|iielquc cIhm- d indélinissahle qui le rcrur cl maîtrise son élan. Les quais, i-hrir^és de canons rangés symétriquement sur b-urs chantiers, de piles d ancres de louu-s 1rs dimensions, de ràMes-chaii» s , il- gueuses , sont presque partout revilus pour ainsi dire <1 un aspect de fer. 1>» mouvement de 4,th>i) ouvriers dans une activité continuelle; le i.ruit des maillets des calfals sur les flanc> des navires, des mai te. m v sur les enclume ; ),s toitures rouies des Mi^e.iux amarrés dans le port ; les matures élancées et 1rs grtVnints raidis «le ceux qui vont prendre j la mer ; les -raudes lignes Main lies de ]cur> ' toileries, interrompues seulement p.,r eamms des sahonls. tout transporte. létr.in-cr ilaiis tme ' sphère d'idées in.n ouilumécs. \ chaque p.is il (
trouve arrêté par un spectacle noii>e.iii pour lui. han.s res grands lupins de radoub, c est un vaisseau que l'on canne, cl |.< nannrie qui presse ses flancs, depuis la quille jusqu'à l.i préceintf , lepaisse fumée qui s'échappe . lui Tout croire à un vaste incendie. Sur ces chantiers , rosi quelque énorme pièce de Lois que | ou élevé puiir eu faire une do membrures ,|u |M. que l'on j construit. Ll en vovanl cette machine de guerre a son berceau . on
eu de lointains pays; il lu ave les lempélcs, il >e bat, et finit souvent , comme l'homme, par
mentes; et quand, revenant dans le port après avoir accompli « | u+>l e| cm* jjrand œuvre, il rentre dans la f'>ule, sa gloire lui rWe; on le montre, on le nomme comme ou montre et comme on nomme le bri^ \'/nromtan{ qui raiiieu i Napoléon de l'île d'Klhe, oti les triples lutteriez du di>yen de nos vais^aux, qui perdit, en 171)2, son vieuv nom des lUais <lc Bourgogne pour prendre celui d Oa an, nom qu il a s» corisi ru«r ^orieux dans le* cnmltaL> de la révolution et de IVmpire.
Ce qui contribue a donner ail port de lirest un aspect encore plus séicre, c'est le j;raiid
I on >
[i.i>. ( n \ \i seiitimeul de répiiKio» e| de cr.iinte s'empare l.nij >urs de l'étranger à la >ue île ces liahiLs couleur de sanj; , au hmit de d's rha lues qui ré^,mient si lusuhreitieiit sur le pa»é des quaU; et cependant ou >eut lire sur ces ligures (lélries quelques traces des pavsion.s qui le» ont aniiiiéo ; ou cherche 4 entendre une de res »oi\ qui ont prononcé autrefois de terribles parohs de r-.lere et de unurlje : car tel est l'homme! il aime ce qui est étrange, ce qui le réunie, ce qui IVpou>.iiite ; 011 \a >oir l s forçats i inunic
ces |i , |fs I,-) s > n i .i-o ilout les ru^issi'iiiejis
causriil un etîtoi nn lé d „![,•,,■[ et de curiosité.
I.'étnnneno-ot qu,. r.til n.nlre le pari de llrcsi se chinai- en nduiiratiou , >j I on »ienl a réfléchir an\ travaux ^ipaulesqiics i^u'a niVcsités « création. Ouand ou se n pi-rle à I époque ou la |Vn-
l« vétérans de l.i fltttle. ado|>tant un nom, connue If'tigrtt/n ou \fturnp>: on .unie a se di inaruh-r ce qu'elle oVwrinIra dans le cours de sa vie aventureuse ; car un bâtiment ol ptc>']iie un ttre vivant; il a un nom, une patrie; il la • piilt, vl marche dans le monde docile eoiiune un c1.1ij-s.0T a la v.iiv qui lui cniiim.unb-; il >a faire admirer «*> tormen tiubles ou gracieuses } i,Li\h>iL 1 nuit.
l'H niaient s,-, rues, et que l'on s? dil que la main de l'humne a tout aplani, qu'il u'j reculé devant aucun idis.la.cle pour mettre a la place son uuvre. tout c- <pi .l peut v avoir de .1. o-n'aMe dans la disposition de quelques édifices cesse de frapper, cl l'on devient indulgent par admira lion.
il 11^ i'' [] fil ItSI lll'l*!] I] t 1 1*\ 1" ll il Us II' I N kl IJ î i\iy
vue de leur utilité présente.
1 cher de remarquer que les excavations , j »icurs endroits, n'oul pas éle étendues asseï loin I des rives, i|r sorte que les q il lis xtirt Irop étroiU : cela iloinio 1 1 ♦ DsembU-del arxmal un a^|Kvluii |m u ccrav1. < .cl encaisse ment, du r\*sle , ainsi ipt<nmiibreiix coinles que forme Je roui» J. la 11viere , corilribuvut a la sûreté du p-Tt. l-i for' e des vcl)l> et Celle de la lame >onl 4uj>i rompue^ ,
TOPOGRAPHIE P1TT0RESO.CE ET HISTORIQUE
et sons on climat si rude , dans an pays où les coups de vent sont si violens , cette disposition des lieux était nécessaire pour donner un abri complet aui vaisseaux. Cependant les excavations peuvent être encore continuées sans danger, et l'on s'en occupe activement, comme je le ferai remarquer plus loin.
Pendant long-temps le port s'est terminé aux deux tiers de sa longueur actuelle. Deux tours , la tour Noire du côté de Brest, située au bas de l'extrémité de l'Hôpital Neuf, la tour Blanche du côté opposé , fermaient la fortification qui lui servait d'enceinte. Transportée, à la Qn du siècle dernier, à la hauteur du Point-du-Jour , famèregarde se trouve maintenant vis-à-vis la clôture de la fortification du Bouguen et celle de Kéliverzan. La longueur comprise entre la chaîne de l'avantgarde et celle de l'arrière-garde est de 2,700 mètres , sur une largeur moyenne de 80 à 100 mètres. Mais toute la partie comprise entre cette première chaîne et le vaisseau amiral est réputée port de commerce , quoique toujours soumise aux mêmes règles que la partie militaire pour, tout ce qui tient à la sûreté et la surveillance, et l'état y conserve même des postes de vaisseaux. Sur toute cette longueur, la profondeur de l'eau, dans les plus basses marées , est au-dessus de 25 pieds , profondeur plus que suffisante pour le mouillage d'un vaisseau à trois ponts. Cet espace est divisé en trente-cinq postes de vaisseaux, sans compter ceux de l'amiral et de l'arrière-garde; et comme dix au moins de ces postes peuvent être doublés, le port peut ainsi contenir quarante-cinq vaisseaux, line trentaine de frégates de divers rangs, démâtées de leurs beauprés, peuvent en outre prendre place à leurs côtés, ainsi qu'un nombre plus grand de corvettes, de brigs, de transports, et tous les bàtimens nécessaires au service d'une armée navale formidable.
Voilà le port dont la nature a doué la France , et cela à l'entrée de la plus belle rade du monde 1 Mais tous ces avantages sont d'une faible importance quand les institutions ne viennent pas les seconder, et malheureusement le défaut d'un système large et grand , tel que sut en concevoir le génie de Colbert, porte une atteinte mortelle à la prospérité de la marine française. Nos législateurs , peu au fait de ce qui se rattache à cette source de puissance nationale, se laissent dominer par les idées de quelques ambitions tracas-
sières. Puissent les perturbations continuelles apportées dans les institutions qui régissent nos arsenaux ne pas achever de perdre la marine française !
Qu'on me permette maintenant de donner quelques détails arides, mais essentiels, en indiquant, dans une course sur les deux rives, la destination des principaux édiâces qui les bordent, dressant ainsi l'état des lieux de notre capitale maritime à la fin de 1835.
En entrant dans le port , par la grille du bassin, on s'arrête d'abord nécessairement pour examiner la belle forme qui se présente à la vue. C'est la plus ancienne, non-seulemeut du port de Brest, mais encore de tous les ports de France. A son extrémité est un bâtiment d'une belle ordonnance, qui renferme les ateliers de la ferblanterie et de la serrurerie, et les magasins de la quincaillerie. Eu montant le long du bassin se trouvent la chaudronnerie , l'atelier des boussoles et l'école de maistrance.
A la suite, et parallèlement au cours de la Peufeld , viennent les bureaux de la direction des mouvemens du port, et au-dessus ceux du détail des travaux, puis le magasin général et 1 atelier de la pavillonnerie.
Derrière ces bâlimens existe une grande cour triangulaire, fermée du troisième côté par la hante muraille de rochers qui supporte le jardin de Keravel. A l'une des extrémités de cette cour sont la plomberie et la bibliothèque (1).
(i) La b&liothéqne do port de Breat contient enviroo 9.000 volumea. EUe «t bien tenue et convenablement ditposée. Mai» aa position la rend presque inutile ; Ici habitant de Breat qui délireraient en profiter ne peuvent la fréquenter uns one permission d'entrée dans le port , et lea employé» de la marine , occupé* ton* lea jour» , ne pourraient y aller qu'ans benreaoù on la ferme; aussi est-elle presqoe toujours déief te.
Il aérait indùpeuaable qu'une ville de l'importance de Breat offrit des reaaourcea d'étude* et d'instruction ; mais l'Administration municipale, qui est peu littéraire, ne se décidera sans doute de long-temps a former one bihliotbèqoe ; c'eat tout an plus ai elle a bien voulu accepter In ouvrage» que le ministre de l'intérieur lai a fait parvenir de son propre mouvement L'incurie avec laquelle on a laisse dépérir la volumineuse collection qui avait été déposée a la municipalité de Breat en 1794 , collection long-tempe ceapillée, et dont lea débris inaignifiana n'ont été enlevé» aux r^t» que depuiann an, donna la mesure du goût que le» duenes
lettres. Mais à défaut de bibliothèque spéciale, la ville p.iarrait do moio» preodr* de* arrangement avec b) manne pou/ loger
Au-delà du magasin général régnent trois grands corps de bitimens symétriques, occupés, le premier par la Toilerie, le second par la garniture, et le troisième par la salle de coupe des cordages et des gréemens. Les rez-de-chaussée serrent de magasins pour les gréemens confectionnés et pour d'autres produits d'ateliers. Le dépât de toiles a voiles est aussi renfermé dans le premier de ces bitimens. Cette partie des quais est eooverte de gueuses et de canons. En sortant de la salle de coupe on se trouve sur l'esplanade du bagne et en face de la porte de la cordrrie haute. Au-dessous, et sur une ligne parallèle , est l'ancienne corderie basse , qui sert maintenant de magasin de eibles-chaines et de cordages. L'usage des chaînes pour remplacer les cibles en chanvre ramené la suppression de l'une des corderie*, et la haute seule suflt aux besoins du service. Elle a 360 mètres de longueur. Sur le quai sont rangées , par grandes piles , des ancres de tontes les dimensions, depuis celles du poids de 5,000 kilogrammes Jusqu'à celles d'une goélette, dont le poids ne dépasse pas 300 kilogrammes. A l'extrémité des corderies sont les magasins aux goudrons et aux essences , et un dépôt de chanvres.
Sur le terrain élcté qui les domine se présente l'Hôpital Neuf, divisé, du coté du port , en trois grands corps de bitimens d'un bel effet. Deux machines à vapeur, de la force de six chevaux, y élèvent de l'eau de la mer et aussi de l'eau douce qu'elles puisent dans un grand réservoir »itué un peu plus loin. Elles doivent servir en outre à taire marcher deux scieries, dont l'une j pierres et l'autre à bots. Ce réservoir est de II contenance de MO mètres cubes, et reçoit les eaux de Coolic+I-Léas, et bientôt celles de l'anse San pin.
Je retiendrai pins loin avec détails sur les eaux douces que possède le port.
nant toute l'anse de la tonnellerie. Dans cette anse elle-même se trouve un \asl* platin où se Bit l'examen des bois de construction présentés es recette, et sur le qui à droite sont de* f.»se* pour le sciage des bob; a l'entrée, les
b Ubliothrajoa 4* rrll* <Ur>i<-r* dm* on lira rratrtl «t ■«■••••Va • «■ T joignant U» lirra» qa'rll* potaeJ* ; par ra
deux rives communiquent par un pont à quatre volées, le seul , }e crois, construit en France sur ce plan. Le premier édiOce que l'on rencontre est un vaste magasin de chanvres, puis les caves de la direction des subsistances, des magasins de bordages, et, à l'extrémité, l'atelier de la poulieiie: de l'autre roté sont l'atelier de la tonnellerie et k dépôi des caisses a enu.
U 1-riMin qui domine la tonnellerie, et qui est continu a la forti'kaliim du llotiçuen, renfermait, il v n quelques années, le joli jardin du Point-du-Jour. A relie époque, le* principaux chefs .h's.-nuv jouiraient de fi>rl beaux jardins appartenant a la manne. Os pri villes abusifs , qui nècessii.iieiit d'asxe/ grandes dépenses . ont élé supprimée, et h-s protêts maritime-» ont seul* rwwni celle faveur. Le PoiiU-diKloiir a été liaii>fuiiné en un chantier de pierres de taille, et I'ihi y élève les pierres au m») eu d'une grande machine a treuil.
En continua»! celte promenade le long do quai . on arrne a ta hourfierie, le dernier cumlissement de ce c.Mé «lu port- Deux cales de construction ont été récemment faites dan» le jietit enfoncement qui la précède ; mm» un >aste projet doit, dit-on, élrr mi- à evéetilioii. Il confie à élargir les quais depuis ci I endroit jusqu'au l'oint-du-Jotir, en faisant di «pari lire les roch'Ts qui les bordent , et a y élahlir neuf autres cale-».
A cOlé de la boucherie es4 le parc au bois à brûler, et derrière se trouve le platin à démolition , situé dans la partie la plus reculée du port , comme pour cacher ce qu'il y a de triste dans l'aspect de ces grands débris protenant peut-être de quelques-unes de nos illustrations navales.
A partir de ce point il n'y a plus de quais proprement dits, mais seulement un chemin étroit, bordé par l'ancien Jardin du Bocage, et l'on arrive promptement à la lia du port, qui se trouve fermé par la fortification du Bongoen.
Passons maintenant sur l'antre rive, et descendons le cours du fleuve. Nous y trouverons d'abord de beaux fours a chaux et à briqnes , et des fourneaux où l'on fabrique depuis peu de bonne pousolane avec les sables provenant dn enrage du port. Lu peu plus loin est le grand parc à charbon de terre de Kéliverzan.
Jusqu'au magasin de la mâture l'on ne rencontre sur le quai que le hangar du canot du roi. Le magasin se trouve séparé du grand bâ-
TOPOGRUMIIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
liment qni sert d'atelier de la nature, mais qui I est insuffisant, par un espace qui doit être bientôt recouvert d'une citarpente réunissant les deux édifices , et sous laquelle les ouvriers pourront travailler à l'abri.
Devant la fortification élevée qui s'avance en pointe sur le quai, et que le génie militaire n'a jamais voulu consentir a abattre, l'on a creusé depuis quelques années le bassin du Salou , et en avant on a établi un vaste ptatin pour la réparation des chaloupes et des canots. Le hangar où on les construit se trouve au-dessus , sur le quai. Le bassin du Salou a cet avantage sur les cinq autres bassins de Brest , que son radier étant très-haut, il peut s'épuiser tout seul cent jours par an, sans le secours des pompes; mais il ne peut recevoir que des frégates, tandis que des vaisseaux à trois ponts entrent dans les autres.
Un terrain de grande étendue s'élève en amphithéâtre rapide devant toute cette partie du quai. La portion la plus rapprochée de la fortification de Kéliverzan , qui autrefois formait le jardin d'un des chefs de service, est destinée à être excavéc presqu'enlièrement , et les travaux s'exécutent déjà avec activité. L'autre est couverte par une plantation de pins de Riga qu'y fit faire M. de Caffarclli, avec l'intention de les utiliser un jour pour le service de la marine.
Nous arrivons aux quatre cales de construction de Bordenave, qui ont le défaut d'être trop rapprochées ; ce qui , joint à leur exposition au nord , et à leur adossemeot contre ta haute muraille de rochers qui les domine , les rend humides et expose les bâtiraens que l'on y met en chantier à une prompte détérioration.
Derrière ces cales est un petit atelier de forges, puis trois grands hangars , trop près du rocher, qu'il serait utile d'excaver davantage , et servant pour l'installation des mats , pour la confection des cabestans, et pour celle des hunes. Au-delà un même corps de bâtiment réunit le musée maritime, où sont déposés quelques modèles de navires et de machines , l'école élémentaire des apprentis , et les ateliers de la peinture et de la sculpture. Dans les combles de cet édifice, quelques ouvriers confectionnent ces beaux modèles que l'on admire au musée naval de Paris.
Viennent ensuite l'atelier de la menuiserie; au rez-de-chaussée, quelques magasins et les bureaux de la direction des travaux hydrauliques et de
| celle des constructions navales. Derrière ces derniers l'on a créé depuis peu un atelier pour la réparation des machines à vapeur; il est bien insuffisant, et l'on s'occupe à en construire un autre.
Depuis les cales de Bordenave jusqu'à ce poiot, le quai est dominé par un terrain élevé où existe un beau bois dépendant de la caserne des Capucins. Sur le quai s'élève la cale couverte; une cale ordinaire lui est adossée.
Nous voici rendus à l'anse de Pontaniou , où ont été creusées quatre belles formes , pouvant toutes recevoir des vaisseaux à trois ponts, et communiquant entre elles par un système de syphons ; de sorte que leur épuisement peut se faire simultanément, au moyen d'une pompe mise en action par une machine à vapeur.
Parallèlement à ces formes règne un long édifice dont le rez-de-chaussée est occupé par l'atelier des grandes forges, et l'étage supérieur par celui de l'ajustage. On prolonge maintenant cet édifice vers Pontaniou, afin d'y créer un atelier convenable pour la réparation des machines à vapeur, et d'y réunir encore quelques autres ateliers à métaux dépendante de la direction des constructions navales.
Ici le port parait fermé par la haute muraille qui s'élève à l'extrémité des bassins; mais le terrain présente une disposition toute particulière , dont on a su tirer habilement parti. Cette muraille soutient une large chaussée qui sert de communication entre Recouvrante, la caserne des Capucins et les rues du quartier de Pontaniou. La prison de Pontaniou et des magasins appartenant à la direction des travaux hydrauliques supportent une partie de cette chaussée, sous laquelle passe aussi un chemin qui conduit dans un vaste enclos nommé la Magdeleine. C'est là que sont réunis les ateliers à bois et à métaux de la direction que nous venons de citer , ainsi que la vitrerie et son atelier de peinture.
En revenant autour des bassins l'on trouve , du côté opposé à celui des grandes forges, un dépôt de vieux fer et le bâtiment qui renferme l'approvisionnement général des fers et des clous. La salle des gabarits en occupe l'étage supérieur.
De ce poiut une rampe assez rapide conduit à la porte rouge, et est dominé par la caserne des Marius , qui revient en retour au-dessus du magasin aux fers.
rr
Sur le quai «'élève no grand pavillon , connu tons le nom de pavillon des chantiers , et renfermant une partie des bureaux de la direction d'artillerie; puis Ion trouve un petit dépôt de dur bon de terre, lacoqucrie, et l'on arrive a un |>etil pavillon où sont encore des boréaux de la même directioo.
Les biUmens qui suivent servaient autrefois de
pares, et l'on voit au-dessus des "portes les noms à demi e Racés des vaisseaux auxquels ils appartenaient. Maintenant, au rez-<le-cliaussée , se trouve la clouterie des constructions navales , et au-dessus différens magasins.
Il est fâcheux de dire que voilà quatre ans que l.i ruine qni suit vient attrister les regards , et cela presque à l'entrée du premier port de France. Le 25 janvier 1832, la flamme dévora cet édifice, qui datait de 1672, et qui renfermait la salle d'armes et la limerie. Le feu dura toute la nuit , et sa violence était telle que si le moindre vent s'était élevé, le port entier était menacé de devenir la proie des flammes. Derrière celte masure sont des forges , et au haut du rocher qui la domine , près de la porte rouge , la fonderie de l'artillerie.
Ln grand et beau bâtiment , dont le rez-dechaussée est voûté et renferme l'atelier du charronage, se prolonge presque jusqu'à la grille de l'arsenal, qui n'en est séparée que par les des gardes d'artillerie. Dans ee
est la salle de la garniture; la salle d'armes y a été aussi placée provisoirement depuis l'incendie de 1832. Les quais de cette partie du
Lo projet important doit bientôt être mis à exécution et changer l'aspect de ces lieux. L'arsenal brûlé , la clouterie , doivent disparaître ; tout l'espace qu'ils occupent, et celui qni régne josqu'au pavillon des chantiers , sera couvert par deux grands corps de bilimens construits sur le plan de l'atelier du charronage, où seront commodément installés le» ateliers de l'artillerie, qui maintenant sont trop a l étroit.
En sortant par la grille de l'arsenal l'on parvient sur le quai de Reeouvrance; mais l'on n'a pas cependant visité (oui le port de Brest; il reste à voir le pare aux vivra et quelques de l'artillerie.
A l'entrée du parc aux vivra l'on trouve la boulangerie et les magasins qui lui sont nécessaires. Quelques appentis dans les cours servent d'ateliers pour la fabrication de la choucroute et de l'oseille confite. Au-delà est on magasin pour les vivres de retour, et enfin le magasin aux salaisons et aux légumes.
l n peu plus loin , sur le quai , se trouve un parc à boulets, et sur le plateau qui domine la pointe sont les ateliers de l'aprété et des artifices , ainsi que quelques magasins appartenant à l'artillerie.
d'indiquer , dans une nomenclature un , et dans laquelle je n'ai rien omis d'important, la destination des édifices qui bordent les deux rives de la Penfeld, depuis l'entrée du port jusqu'à la chaîne de I arriére-garde. La marine possède encore quelques élablissemeus au-delà, en remontant le cours de la rivière. J'en parlerai tout à l'heure ; mais avant de quitter l'arsenal, je vais donner quelques renseignement généraux sur les ateliers et les magasins qu'il renferme.
Dans l'état actuel des choses , les établissement du port de Brest peuvent suffire pour l'armement immédiat d'une flotte formidable. Les
tenir les approvisionnement nécessaire* au service courant de plusieurs années. Les ateliers sont assez bien disposés , a»sez étendus pour renfermer les nombreux ouvriers qu'il faudrait employer si des armement considérables étaient ordonoés simultanément. <>|>endanl des améliorations importantes s'effectuent journellement . <>u sont en projets. Ainsi le prolongement du bâtiment des grandes forges permettra de réunir plusieurs ateliers à métaux de la direction «les constructions navales, ce qui accélérera beaucoup d'opérations.
Ijes dépendance* de l'artillerie sont loin de suffire à ce service, qui ne possède pat avtej de magasins, et qui est obligé ilempltiver à cet usage des bâtiment flottant. J ai indiqué le projet qui remédiera à ce mal.
Ij direction des subsistances peut se plaindre de ce que la boucherie est trop éloignée de son centre d'action. Cet établissement est d'ailleurs mal disposé. Il faudrait construire un abattoir entre la salle dite desviugt fours et le magasin des salaisons. Il existe là un bel emplacement qui
SI
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET IllSTOniOTE.
est tout disposé pour recevoir celte destination. Les établissemens qui dépendenfde cette direction peuvent cependant satisfaire aux besoins d'une escadre nombreuse. Ainsi , lors de ta réunion à Brest, en 1802 et 1803, des flottes combinées française et espagnole, il y avait 45 vaisseaux de ligne, presqu'autant de frégates et beaucoup d'autres bâtimens légers. Le service de cette armée , joint à celui des troupes de la marine à terre et sur les batteries de la cote, et à celui de l'hôpital, du bagne et des autres établissemens, donnait un eflectirde plus de 50,000 rationnaires à nourrir journellement.
Le magasin des salaisons et des légumes n'est pas assez considérable. Depuis long-temps on demande, pour augmenter ses ressources, la reconstruction d'un magasin incendié situé auprès de la grille de la batterie royale, et dont U n'existe plus que le rez-de-chaussée.
Les trois salles de la boulangerie contiennent 45 fours, qui peuvent être employés indistinctement à la fabrication du pain et du biscuit. Une seule de ces salles, qui n'a que 14 fours, est plus que suffisante pour le service ordinaire.
Il n'existe pas de caves proprement dites au port de Brest. Jusqu'à présent on a donné ce nom à des hangars placés sur le bord de l'anse de la tonnellerie , qui n'étaient fermés qu'avec îles planches mal jointes, et qui viennent enfin de l'être par des murs. Ils sont du reste très-bien situés, au nord, et disposés aussi convenablement que possible pour le logement et la conservation des liquides. Us sont au nombre de quatre, et peuvent contenir de 14 à 15,000 barriques. La moitié de cette quantité assurerait le service de six mois de campagne pour 13,000 hommes.
Le port ne possède pas d'ateliers pour la préparation des salaisons. Celles de lard viennent de Cherbourg et de Nantes, celles de bœuf de Rochefort et de Bordeaux, où la marine possède de très-beaux établissemens pour cette fabrication. La qualité inférieure de nos porcs et la petite taille de nos bœufs s'opposent à ce qu'ils soient employés à cet usage.
La direction des mouvemens du port et celle des constructions hydrauliques n'ont, je crois, rien à désirer.
Je viens d'indiquer rapidement la situation présente des divers services du port, faisant ressortir les améliorations qui doivent leur être
apportées. Encore un mot sur ce point. En général , les machines n'y sout pas assez employées. Cet inconvénient se fait sentir dans beaucoup d'ateliers , et sera , dit-on , bientôt réparé.
Actuellement il n'existe dans le port que quatre machines à vapeur. Celle de la Madeleine, de la force de cinq chevaux , fait marcher les tours à métaux de la direction des constructions hydrauliques ; elle a été construite dans l'atelier même qu'elle sert, d'après le système de Maudslay. Celle des bassins de Recouvrante sert à leur épuisement ; elle est de la force de dix chevaux , et sort des ateliers de Landerneau, où elle a été construite par M. Friraot. Les deux autres , qui élèvent de l'eau à l'Hôpital Neuf, sont de la force de six chevaux , et proviennent de la fabrique de M. Saulnier. Mais il est question d'en placer trois nouvelles aux grandes forges, dont deux serviraient de moteur à la soufflerie, et l'autre à un martinet. Une quatrième mettra en monvement les tours à métaux de l'artillerie; enfin une cinquième remplacera la lourde et vieille machine hydraulique de la poulierie.
Eo parlant des machines existantes en ce moment au port de Brest, je dois citer la belle presse hydraulique située dans la cour des grandes forges; elle peut produire une force de 300,000 kilogrammes, et sert a essayer les càbles-chalnes, les fers, les crémaillères à ridages , etc. Elle provient de la fabrique de Charenton. Je ne puis non plus passer sous silence la machine à commettre le cordage de M. Hubert; mais il est triste de la voir traîner à bras d'hommes, tandis que la mécanique pourrait facilement lui donner un moteur plus économique et plus régulier.
La marine, comme je l'ai déjà dit, possède d'autres établissemens en dehors du port, sur la rivière de Penfeid. A droite, on achève, près de l'anse Saupin, une vaste buanderie où le linge sera séché au moyen d'étuves chauffées par la vapeur. A gauche, les magasins de Kcrvallon viennent d'être achetés , il y a quelques mois , et ont été immédiatement utilisés pour renfermer des affûts de canon. L'Ile factice élevée sous l'administration de M. Caflarelli possède de grands hangars où sont placés des bois de construction, des planches et des bordâmes. On y dépose aussi des bois de démolition. Enfin , au fond d'une petite anse , se trouve l'usine de la Villeneuve, qui, depuis quelques années, a pris beau-
TOPOGR IPIUF PITTOHESQIK irr HISTORIQUE
coup de développement Kl le est spécialement destinée à travailler les vieux fers, à réparer les
séde des martinets, une fonderie ni vieille fonte, cl un laminoir à plomb. Succursale «les différriij service», elle pourvoie aux besoins imprévus de tous, ou à ceux pour hsquels ils ne trouvent pas assez de ressources «lacis leurs propres ateliers. Ccl établissement est dune grande, utilité polir le port de lires l ; mais il réclame qtn'l«iues améliorations : il n'.i qu'un moteur bylraulique, d'une rhule de ciu(i à six nuire», el d'un produit tniiiimuiii de 6,0* M) metrc> culi.s d'e:m par 21 heures; ce moteur ne -sullil pas pour les travaux qui s'y exécutent , el l'on <li.it y élaMir deux machines à vapeur <pii sont réclamées avec instance. La Villeneuve lie communique avec le port que par la rivière, de sorte qu'il faut protlter de la marée pour se rendre d un jiomt â On a le projei, afin d'utiliser les prodes excavations du port. île faire un chemin sur la rive, de Kervallon jtwiu'.j l'usine.
IVpuis l'extrémité nord de l'ile factice jusqu'à la Villeneuve et le vilJa-c .le IViifcld , le lit de la mure mtI de dépôt de hois de coiisli urtion et de petites mature*. Il y on a pour .les valeurs
considérable», el le mélange journalier qui s y opère des eaux douces des ruisseaux et de Celles de la mer font ri bue a leur conservation, en empochant le ver marin qui les perfore de pouvoir y exister. Mais le dépôt de Kertmon est encore plus considérable. C'est une grande anse à deux lieues de Jlresl, dans la rivière de Landenicau , dont la stirfare submersive est de 36 hectares ; elle est fermée du côté de la mer par une digue 1*11 maçonnerie M par une écluse établie de telle sorte que l'eau de la mer y pénétre, et cependant qu elle peut à volonté se remplir entièrement d'eau douce. KHc renferme pour pins de dix millions de bois de conslnn lion et de grosses tnâtures; on vient d'y transporteries bois de l'anxde Hostellec. qui n'était plus d'aucune utilité.
Il est iiuitilenaiil intéressant de connaître le nombre des ouvriers de toute condition que le port emploie dans «s nombreux ateliers el sur ses chantiers. Voiri quelques chiiïres sur ce sujet pour l'année IK.H.
l-i direction des constructions navales a en deux mille huit cent vingt ouvriers civils, avant donné huit cent quatorze mille sept cent quatrevingt-onze journées de travail, et avaut perni un salaire de 1.333,6*2 fr. '21 cent.
Celle des mouremeus du port
C^edelWiaierie,SoavrîereciVh-. - • ( ouvriers militaires.
Celle des constructions hydrauliques. . .
Celle de la Villeneuve
Celle des subsistances.
Le magasin général et la direction des anus , supprimée en 1835.
Ce qui donne un total ( d'ourriers ).
Ayant travaillé ( journées )
El ayant ensemble reçu pour salaire.
La journée moyenne des ouvriers c vils s'est trouvée fixée à.
1,333,642 fr. 17 c.
La direction des constructions navales, celles des moureroens du port , des constructions hydrauliques et des approvisionnement, ont en outre employé 1,447 forçais, ayant donné 380,630 journées, et ayant reçu pour salaire la somme de 67 ,«44 fr. 90 c.
Cainbry s'est plaint, avec raison, de ce que le port de Brest ne possédait pas d'hôpital bàli spécialement pour celte destination. Il en existe enfin un, qui a été ouvert il y a on an , et qui porte le nom à' Hôpital iXruf. L'emplacement choisi pour sa construction est resserré entre les fortifications
5C TOPOGRAPHIE PITTOH
de la ville el les corderies, et n'a pas permis de lui donner tout le développement nécessaire. On lui reproche d'avoir des cours trop étroites,» humides el froides. Le manque de promenade pour les convalescens se faisait aussi vivement sentir , el malgré le peu d'étendue de la grande cour, on vient d'y planter quelques arhres. Jusqu'à présent il a servi aux hesoins du service pour un personnel de 18 à 19,000 hommes susceptibles d'y être admis; mais une épidémie, ou le retour d'une flotte importante en cas de guerre, forcerait de recourir à l'hôpital Saint-Louis , qui probablement sera entretenu pour cette éventualité. Celui de Ponlanézcn a été aussi évacué; on cesse même de le réparer; mais une guerre le rendrait encore nécessaire.
Ces trois hôpitaux peuvent recevoir :
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Sur 3 rtt :
L'Hôpital Neuf.
malades.
.Saint-Louis. . .
id.
Pontanézen. . .
id.
TOT il. . .
Le lazaret établi sur l'Ile de Trébéron pourrait aussi en admettre cent quatre-vingts.
Près de l'Ile Trébéron se trouve l'Ile des Morts, où sont élevés trois grands magasins servant de poudrière, et pouvant rontenir ensemble 12,000 barils de poudre de 50 kilgrammes. Deux autres à la Pointe en peuvent prendre près de 3,000 , et celui qui existe sur la hauteur de Bordeuavc ?,G00 ; cet approvisionnement peut satisfaire dans tous les cas de guerre.
Indépendamment de ces dépôts , la marine possède encore une grande poudrière sur l'Ile d'Aruu , près du l'a ou.
Je dois aussi parler des casernes. La plus importante et la plus belle est celle du quartier de la Marine ; ce beau bâtiment est malheureusement gâté par l'observatoire qu'on a eu la bizarre idée de lui superposer. D'après une mesure toute récente , le système des hamacs a été adopté au port de Brest pour le couchage des équipages de ligne à terre. La moitié des chambres de cette caserne out été disposées de mauière à recevoir des hamacs ou des lits , iudifléremment. Elle peut loger environ 3,000 hommes. Elle est occupée maintenant par uii bataillon de la garnison de la place ,
•01 I ET IIISTORIQIT.
par deux compagnies d'artillerie de la marine, et
par quelques compagnies des équipages de ligne. Les bureaux de la majorité générale sont placés dans le pavillon du sud, el ceux de la division dans le pavillon du nord.
Du côté de Brest il y a encore deux autres petites casernes, destinées aux compagnies de garde-chiourmes ; la première est à l'entrée du bagne, l'autre dans le bâtiment de la manufacture de toiles à voiles, supprimée depuis quelques années; elles peuvent contenir trois à quatre cents hommes.
Les autres casernes sont du côté de Recouvrance. Celle des Capucins est située dans une position admirable, sur le terrain élevé qui domine les bassins de Pontaniou et qui s'étend jusqu'aux cales de Bordenave. L'n beau bois de haute futaie y est attenant et formerait une promenade charmante en été si l'accès en était permis. C'est un ancien couvent de capucins , el les bons pères ont fait place à la compagnie des ouvriers de l'artillerie et aux deux compagnies de mousses , qui l'occupent actuellement. Celle dite caserne des Marins est aussi dans une position élevée de l'autre côté des bassins de Pontaniou. Elle peut contenir 1,200 hommes, et est destinée aux équipages de ligne.
Je mentionne aussi en passant celle des Urselines à Landerneau , où est le dépôt des régimens coloniaux , el dans laquelle 900 hommes peuvent être casernés.
Cambry a donné une description si complète du bagne de Brest, extraite du mémoire même de M. Choquel-Lindu, que je n'ai besoin d'y rien ajouter. Je dirai seulement quelques mots de sec hahilans. Du 25 août 1749, époque de l'arrivée de la première chaîne, jusqu'à la fin de 1835, k bagne a reçu 49,371 forçats. Depuis quelques aunées le nombre de ceux qui y sont renfermés s'élève à environ 2,800, dont M à 1,500 à perpétuité. Pendant que M. Hyde de Neuville était ministre de la marine, en 1828, il crut dire beaucoup pour leur amélioration morale en les dirigeant sur les différens bagnes, suivant la durée de leurs peines. Brest et Rochefort furent destinés aux hommes condamnés à perpétuité ou à dix ans au moins de travaux forcés ; Toulon dut recevoir ceux condamnés à une moiudrc peine. Dans l'intérieur des bagnes, des catégories furent établies entre eux , d'après la nature de leurs crinief et
topographie PmonrsQci: r.T msToniQrr leur conduil*. Mais celte partie de l'ordonnance n'a jamais M exécutée a Brest, et ne pourra jamais l'être. It y aurait trop de dangers a laisser dans une même salle les 600 plus mauvais sujets du bagne; ce serait une réunion telle qu'on pourrail en concevoir difficilement une pire, et l'ar- «enal ne aerail vraiment pas en snrelé contre les projets qui pourraient fermenter dans de pareilles tetes. ll faut tempérer, par le mélange des bons , la violence des méchans, au risque de sacrifier le retour au bien des premiers; telle «t la fatale nécessité des bagnes. Ce n'est pas ici le lieu de n'élever contre cette institution qui remonte à une époque où les idées contre la répression des peines n'étaient empreintes que de violence et de brutalité; mais je dois cependant dire que les bagnes sont une des hontes de la France, et que leur situation dans les ports tend constamment à démoraliser la classe si nombreuse des ouvriers. Le baKne a son hôpital particulier, qui contient SOI lits.
Je ne peux terminer cette description du port de Brest sans parler des eaux qu'il possède.
Une conduite en tuyaux de fonte de fer, d une longueur de 3,400 mètres , va bientôt amener les eaux de l'anse Saupin dans le grand réservoir qui se trouve au pied de l'hôpital, et que j'ai mentionné pins haut. Ces sources, très-abondantes, donnent un produit moyen de 10 pouces de fontainier.
lue autre conduite amène au château d'eau qui se trouve à l'extrémité nord de la terrasse du quartier de la Marine, les eaux des sources de l'Harteloire et de Siivclou, qui sont situées a environ 1,000 mètres de la ville, et dont le produit moyeu est de 7 pouces et demi.
La source de Poullic-al-Léas, derrière la poulierie, d'un produit moyen de 3 pouces et demi , »erse ses eaux dans le réservoir qui reçoit celle de l'anse Saupin.
Celles du coteau de Kerinou, qui sont conduites à l'ancien hôpital Saint-Louis, ont un produit
neot des rochers situés derrière la Toilerie, ne sont pas d'une bonne qualité. Cette de la cour du magasin général a, au contraire, des eaux excellentes, mais die ne donne qu'un produit d'un pouce. Enfin dans l'intérieur du Bouguen existe encore une bonne source qui donne de l'eau à la
lent ; on lésa vues s'élèvera 16 pouces, mais elles ont cessé de couler pendant la sécheresse de I83Ô. I l-es trois fontaines suivantes ont leur source I dans l'intérieur de la fortification , et sous re rapport sont d'une grande importance. La fontaine t Jflarelli , décorée d'une statue d'Amphilrite , que Coisevox fit pour les bosquets de Marly, a un produit assez abondant; mais ses eaux, qui vieo-
Passons du côté de
La belle source de Pontaniou , dans la rue Sainl-Malo, a aussi l'avantage d'exister dans l'intérieur de la place. Son produit moyen est de S pouces d'eau, qu'elle verse autour des bassins et sur le mole qui s'avance près des bureaux de la direction du génie. Celle du Carpont, en dehors du rempart, qui alimente les fontaines de Pontaniou et de la caserne des Marins , est d'un produit d'un pouce et demi. Elle a tari en 1835.
Enfin l'ancienne source de Trémillian, dont la ville possède les deux tiers , fournil de l'eau aux vitres et au parc d'artillerie. Son produit total est de 6 pouces.
On voit que les eaux de Becourrance ne sont pas aussi abondantes que celles de Brest; mais de nouvelles acquisitions viennent d'être faites, qui permettront bientôt de satisfaire à tous les besoins du service.
Je n'ai pas cité quelques autres petites sources sans importance, qui n'ont pas de conduite, et qui existent encore sur les deux rives.
Je viens de faire une description complète du port de Brest, certain de n'avoir rien omis d'essentiel dans cette longue étium< ration de richesses, si ce n'est les édifices que possède la marine dans I intérieur de la ville, tels que l'hôtel de Saint-Pierre, où réside le préfet maritime; l'hôtel de l'ancienne intendance, et quelques autres bureaux. Il est intéressant de savoir à quelles sommes elles sont évaluées; je trouve ce chiffre dans le compte du matériel de la marine pour IR32, présenté aux chambres pendant la session de Ih li
Au 31 décembre 1832 , la valeur des édifices terminés ou non terminés s'élevait à 2."i,600,000 fr. Celle des approvùionnemens de toute espèce qui s'y trouvaient contenus, a 79,300,000 fr.
Ce qui donne un total de . . . IO4,900,<mo fr.
Dans cette somme n'est pas comprise la valeur des bitimens flottant, ni celle du matériel d'armement qui existait à leurs bords. Si on la compare à la
àè TOPOGRAPHIE PtTTOR
somme portée au même compte pour la valeur totale des édifices et des approvisionnemens de tous les ports , qui se trouve être de 323,000,000 fr., l'on voit que le port de Brest possédait à lui seul, à la fia de 1832, le tiers des richesses de la marine.
Les forts et les batteries de la rade et do goulet avaient en outre un matériel de 1,900,000 fr.
Avec une telle importance, l'arsenal de Brest doit nécessairement employer une forte part du budget de la marine; aussi la moyenne de la dépense, pour les 8 années 1826-1833, a été de 16,837,000 fr. , presque le quart de celle des budgets; mais en 1831, 1832 et 1833, la dépense a toujours été en diminuant et au-dessous de la moyenne; dans cette dernière anuée,ellc ne s'est même élevée qu'à 13,370,000 fr.
Les environs de Brest sont généralement moins pittoresques que les antres parties du Finistère.
Cependant on se promène avec plaisir sur la route de la terre des lépreux ( Lambezellec ). A voir ce coteau à contours arrondis, couronné de bois, de jardins et de blanches maisons de campagne, on croirait se trouver dans la haute Bretagne, devant un des agrestes et doux paysages qui environnent Bennes. Le village de Lambezellec lui-même, (rais et riant , tout parsemé de bastides à jalousies vertes , dont les tonnelles de rosiers et de chèvre-feuille regardent le chemin, vous fait croire que vous êtes hors dn Finistère et de ses villages boueux. Cette prospérité de civilisation et cette élégance de bien-être sont dues en partie à la proximité du grand port, en partie à l'administration habile du maire de tombezcllec. Du reste, les bourgs qui avoisinent Brest sont tous plus ou moins remarquables par un air de propreté et la grâce de leurs guinguettes. Guipavas, sur la route de Landerneau , rap|iclle les environs de Paris; on dirait un de ces joyeux villages qui se sont groupés aux cent barrières de la grande cité. De Guipavas si vous continuez votre route jusqu'à l'auberge appelée la Croix de la Lieue, qni se trouve située une lieue avant Landerneau, vous apercevrez à droite une route de traverse qui vous conduira au fameux château de Joyeuse-Garde, appelé dans le pajs château delà Forêt (1). Ici vous foule/ une terre sainte et poétique. Le
C'iiiibrT, p..-.
OPE ET niSTOIUQOB.
castel dont vous n'apercerez pins que le portail couvert de lierre (ht le berceau de la chevalerie. Dans ces routes ombreuses que vous parcourez a retenti le cliquetis des armes des compagnons d'Artus; c'est au milieu de cette forêt rapetissée maintenant comme les souvenirs qu'elle rappelle , et qui rampe en humble taillis, que l'on rit un soir passer comme une visjon , au galop de son palefroi de guerre, un chevalier aux armures noires tenant entre ses bras une jeune femme tremblante qui murmurait des paroles d'amour ; et le lendemain le roi Anus chevauchait furieux sur les traces de Tristan le Léonnats, redemandant sa chère Iseult qui lui avait été enlevée. Toute la poésie du moyen âge est ici; on la respire dans l'air, on la lit sur les feuilles, on l'entend dans les brises. Le murmure de l'Elorn au bas de la colline, la clochette du cheval qui va trottant le long des coulées, le chant du pâtre qui se perd sur les rochers lointains, tout semble vous parler de ces temps de poésie primitive, tout vous rappelle les romanesques aventures ; et tout palpitant de souvenirs au milieu de cette nature sauvage, vous marchez rêveur, le cœur goùflé d'émotions et tout enivré des parfums du passé.
En continuant à côtoyer l'Elorn , vous visiterez le manoir de la Palluc, quidaledu quinzième siècle, et plus loin, à on quart de lieue au-dessous de Landerneau, la chapelle de Beuzit, dans laquelle se trouve le tombeau d'Ollivier de la Pullue. Ce monument , en kersanton , est entouré d'arcades gothiques et d'écussons; ofe a représenté sur la pierre du tombeau un chevalier recouvert d'une cotte de maille», les mains jointes et les pieds posés sur un lion.
Traversez Landerneau, jolie petite ville , également remarquable par sa situation pittoresque et son air d'industrie et de bien-être; entra dans son église , dont vous admirerez le portail et la tour bizarre. Jetez en passant un coup d'œil vers la vieille maison de la sénéchaussée , bâtie sur le pont, et revêtue d'une inscription gothique qui avertit qu'elle fut bâtie en 1518, par puissant Jacques, vicomte de Rohan, comte de Porhoct, seigneur de Léon, de la Garnache , de Beauvoir sur mer , et de Blain.
Faites ime excursion du côté de Floudiry , vers le bourg de la Martyre. L'origine de ce bourg est ancienne et historique. Salomon, roi de Bretagne , fut assassiné par ses sujets révoltés près
TOPOGRAMME PnTOnES^Ci: ET HISTOR1QIT.
de l'Iouiiiry : une chapelle fui édillée sur le lieu du im. mire pour en perpétuer la mémoire, et In habitans du pays lui donnèrent le nom de Er- Verseur ( la place du martyre ). La rhapelle à'Er-Merzeur est celle du bourg de la Martyre. C'est dans cette t'élise, voûtée et décorée d'un grand noiul>re de sculptures hi/arres. ipic lût enterre" Sjl<»mon. Se* anciens sujets venaient chaque année , |>our ex|M>r leur crime , adresser leurs prières au ciel sur sa tombe ; ils y passaient HUM plusieurs jours, ce qui conduisit a ce lieu désert et sauvage beaucoup de marchands. L'habitude de se rendre à la Martyre se jmtpétuant , on y construisit bientôt des maisons , et ce Tut ainsi que le bourg prit naissance. On y établit ensuite une foire de bestiaux qui durait quinze jours, et qui maintenant ne dure plus que trots. C'est la plus considérable du Finistère ; oo y voit quelquefois jusqu'à 12,000 chevaux.
A Saint-l rbaio , commune peu éloignée, l'on trouve le vieux manoir de kerdaoulas, habité par M. de Goèsbriant , célèbre poète bas-breton.
Kn revenant de la Martyre à Landemeau , visitez la petite église de IVucran , chef-d'œuvre de goût et de délicatesse, et tout auprès l'ancien château de l.esgueru , remarquable par sa situation.
Prenez ensuite la grande route de Morlaix jusqu'au château de la Hoche-Maurice, situé à une lieue de Ijnderneau.
Cette ruine est une des plus belles du Finistère. Du haut des décombres qui ont comblé la principale tour, le regard plonge dans une campagne délicieuse toute bordée de prairies , de bocages el de champs cultivés. On suit au milieu de la \a||ée tous les contours de l'Floru . * demi voilé par les osiers et les saules. Le murmure rieur des cascades, le Iraqtiet des moulins, le iréiuisM-mcnl du feuillage, forment une rumeur mélodieuse et confuse qui monte du vallon jusqu'à vous; tandis que la cloche unir, derrière, dans la tour aérienne, et mêle a toutes ces harmonies sa voix frêle et mélancolique.
I i chapelle de la Roche-Maurice mérite d'être visitée pour son clocher tailladé à jour et son portail orné de pampres el de ligures en kersanton assez correctement exécutées. On voit dans I intérieur un jubé en bois fort habilement sculpté, et qui serait encore plu* beau ai le
pinreau du |.«u -bouilleur ne lavait point denguré. Dans le rlurur, des deux cotés du lutrin, se trouvent d'immenses coffres qui servent de kuirs, m.iis qui n'appartiennent pas évidemment à la cha|ie|le actuelle, et qui doivent remonter aux premiers temps du christianisme, si l'on eu juge d'après leur forme fruste et massive.
Le reliquaire de l'église de la Roche est un édifice d'ordre corinthien et d'un travail trèssoigné. On aperçoit sous le soubassement dix compartimens dans lesquels se trouvent des figures représentant les diverses professions de la vie. Du coté gauche de la façade se trouve un bénitier , au-dessus duquel on a scnlpté la mort tenant une flèche i la main. File semble menacer tous les parwagM sculptés à sa suite, el au-dessous du squelette terrible on lit CCI mots : Je tous tue tous. On voil que celte série de figures forme un véritable poème : c'est un abrégé de la fameuse danse macabre.
L'église de la Roche- Maurice est du seizième siècle, ainsi qu'on le voit par le nom de l'ouvrier auquel on doit la voûte en bois de la Mf, les corniches sculptées elle jubé. ./ : Rolland.
tUN
l.e reliquaire est de 1639.
Les vitraux de relie église, bien conservés, sont aussi très-remarquables.
Quant au rhiteau de la Roehe-Maarice, que l'on appelle dans le pays castel ror'ti Morvan. il fut fondé en 819, par Morvan, roi de Léon et de C.ornouaille. Mais un autre château existait précédemment dans le même lieu, ainsi que nous l'apprend la légende de Sainl-Riol.
Névenler et Derrien , guerriers de la grande Rrrtagne, passant un jour près la riTlère de Dour-doun ( eau profonde ) , qui sépare le lyonnais de la Coniouaille, virent le seigneur de la forteresse qui dominait cette rivière s'y précipiter du haut de l'une de ses tours. Ils l'en retirèrent, et apprirent de lui que le pays était ravagé par un dragon avec lequel Rristokus , roi de Rrest, avait fait un accord, moyennant lequel on lui livrerait tous Vm samedis uu homme tiré au sort. U seigneur Llorn avait été chom tant de rois par le hasard qu'il avait mkks.iveinent livré au dragon, en son lieu et place, tous ses domestiques et vassaux, si bien qu'il ne lui restait plu» que sa femme et son Lis RioL. Ne
Topographie pittoresqce et historique.
voulant pas les abandonner an monstre, il avait préféré se donner la mort.
Derrien et Néventer le consolèrent et lui proposèrent de le délivrer du dragon , à la condition que son (Ils Riok embrasserait le christianisme; ce à quoi Elorn ayant consenti, les
deux guerriers se rendirent à la caverne du dragon , qui était long de cinq toises , gros par le corps comme un cheval, la tête faite comme un coq , retirant fort au -basilic , tout couvert de dures écailles , la gueule si grande que d'un seul morceau il avalait une brebis. Derrien le blessa mortellement; son compagnon et lui le conduisirent à Brest , au roi Bri&tokus, puis ils sé rendirent à Totente, où ils s'embarquèrent pour l'Angleterre. Ce fut en mémoire de cette aventure que la rivière de Dour-doun fut appelée Elorn.
De retour à Landcrneau, vous pouvez vous diriger de nouveau vers Brest , en suivant le cours de l'Elorn.
Vous voici vis-à-vis la cote de Plougastel (I); le bateau de passage vous y transportera. Montez la butte qui conduit au bourg, puis détournezvous : la rade de Brest, la côte de Saint-Marc, les mille sinuosités du rivage, ces énormes rochers que vous avez a vos côtés sur le premier plan, et qui servent comme de repoussoir au paysage, forment un spectacle ravissant. Vous le perdrez bientôt de vue en continuant votre route jusqu'au village.
Le cimetière contient l'un des monumens les plus curieux de notre département. C'est un calvaire en kersanton orné d'innombrables statues représentant la vie de Jésus-Cbrist. Celte composition rappelle, pour la naïveté et l'originalité poétique de ses détails, les meilleures conceptions du moyen âge. Elle est cependant presque moderne, car une inscription placée sur le calvaire porte qu'il fut achevé en 1G02. Mais il ne faut pas oublier que le
(i) Le bameao «tas» lequel on descend, en arrivant »nr la cMt de Plougaalel, «'appelle Ir Passage. Sa chapelle, qnelqnei onaeenx , la viens manoir du Coeqner, loi donnent on aapeu agréable. Ceat dana la cour do Coaqner que »e trouve le pair* cita par Cantfoy, dont l'ean moule quand 1a mer te retire, et a'abaiete quand elle monte; tetlc eau ctl potable et uni aucun goût
moyen âge dura pins Jong-temps dans notre province qu'ailleurs. Quoique la sculpture du calvaire de Plougastel manque de correction, comme toutes celles de nos églises, U est impossible de ne pas admirer la verve et la fécondité de l'artiste rustique qui l'a exécuté. L'entrée de Jésus-Christ à Jérusalem au son du bigniou, la tentation et l'enfer, sont des scènes que l'on croirait empruntées aux grotesques et terribles gravures de Cal lot M. de Fréminville dit que le calvaire de Plougastel fut élevé par un seigneur du pays pour accomplir un vœu qu'il avait (ait pendant une épidémie ou peste, comme on disait alors, qui avait ravagé la Bretagne en
Si cela est, on a lieu d'être surpris de ne trouver, dans aucune des inscriptions qui accompagnent le monument , le nom et les titres de ce seigneur, formalité à laquelle les nobles et orgueilleux fondateurs ne manquaient guère, l/absence de cette indication , et les noms des curés et des membres de la fabrique, gravés sur ce calvaire , nous feraient croire que cet ouvrage a été érigé au moyen des quêtes et avec les ressources de l'église , plutôt que par un seigneur du lieu. Quoi qu'il en soit , un hasard heureux nous a conservé le nom du picoteur auquel nous devons cette œuvre bizarre. Il s'appelait A. Corr, ainsi qu'on peut le voir dans une des inscriptions.
Le costume des femmes de Plougastel est l'un des plus pittoresques de l'Europe. Celui des paysannes de la campagne de Rome est plus riche, mais non plus gracieux. U est déilguré, comme le costume suisse , et comme une foule d'autres trop vantés , par un corsage très-court qui donne a la taille quelque chose de lourd et de contrefait. L'habit breton , au contraire , suit les formes et leur laisse tout leur naturel , toute leur souplesse , toute leur allure. Noos
voulu consacrer sa vie à étudier cette race forte et belle , qui revêt un costume . si noble et si expressif, et n'ait cherché à révéler par les formes sa poésie intérieure. Mais nous croyons que nos souhaits à cet égard vont enfin être remplis. La Bretagne , qui depuis quelques années a eu son poète et son historien , aura enfiu son peintre : elle avait son Camoëus et son Macpbersoo , il ne
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Cap
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lui manqnail que son Lfapold pérous qu'élit l'a trouvé (I).
Il n* faut point quitter Plougaslct sans monter
de l'église; le
qu'on dé-
couvre de ce lieu élevé est sublime. On a devant soi la rade de Orcsl toule entière , le poulet, llertiVaume, Ou*on, le cap de la (lucvrc, Quélern, les rivières d'Aulnr , de ttaoulas. cl*» | Hôpital, Tires! , Sa>ntMarc et Sainte-Barbe; de l'autre cillé le paysapeeM moins élendu, mais aussi merveilleux : on a|HTÇoit l'fcloni avec ses fralrhex prairies . les énormes rofhefs qtii tardent sa ri»e , les bois de :, la chaîne de I Arl.es; enfin, a l'I.oi f le château de la Hoche- Maurice.
Non loin de IMon^astel se home l'anse de I^olM-rtae'li , où l'on se rend de Hrest , en été, pour faire des parties de ramp^ne. Li rh.ipelle et le vallon de Saint-Adrien riiérilet.l d'être visités pour leur position agreste et poétique.
I j chapelle, de Saint-Jean , sur les bords de l'Florn , au sein du pavsa^e le plus riant, e>l rVIelire par son pnrdvn des oiseaux. Tous les juins du voisinage y arrivent avec- des ra^es , et toute l'ornithologie du département se trouve représentée à relie .singulière foire.
I>e l'Iongaslel a haoulas on suit une roule diflicile. Mlle est extrêmement moutiiruse. niais aussi 1res- pittoresque jusqu'au bourg de L ip. rltel. la? vieil v manoir de l'éiiaiirun, celui de lVnh..al, sont les olqeLs 1rs plus remarquable» du put sage.
Les abords de Ihoulas sont calmes et harmonieux; la vue se repuse doucement sur dfx ho»-
>i l'on en croil les légendes , un dragon ravagea autrefois ce pays en puuilioii du double meurlrc 1 >MDinis |*ar un seigneur du rjiMi du bourg du lltlrc ; sur Saii.1- ladec et sur Judulus. Afin
i M. SiinlJ.riniiiti , tp, n* p...* ni J-ncir. .I.a. I«* ,.itl r*«*U qu'il * )U»'JO j-jimrql loin »u |.uI>Îl. Li niriur' «Je lOb titrât , imil (lira il Jt.tiur » <lf.|ilti,i L l'rrljgDr
M Ur.lrtU Vt f„t j»-h îfi irri Sun! toi u .mit i lu.l.c
I'" S< ""«■ «D<c ilnrw-cL.nl* jn. I- Irt lr.«-a« 1 ■'• M S*iru- l,cfin,,b . »0i, nnm ^ir^.i .Jr;, rU Ir- • n, „ i ..^nf .(„, I,., J, „„,,., rl .,„. |U1 .,!.,., nl , .,
• - Ir» ..,11., r, , ,„>„„,,„„„ JU,| J
d'appaisrr la colère de Oîeu , le meurtrier se lit rhrélien , el érigea dan» le lieu mciue une abbnve qui reçut le nom de Oaoïi-tfas Cdeux meurtre» ,
le
Ceci se passait au sixième siècle ; six cents ans plus tard, l'abbaye, qui tombait eu ruines, fut presque en entier, puis réparée de nouau quinzième siècle : les ruines qui existent portent le cachet de ces différentes époques. Ainsi la façade a pignon , où l'on apep'nil hti portait rond juin* à l'nii.sl de l'«^lis^ . les piliers et les arrades de la nef. appartiennent évidemment a l'édifice primitif, l/cs bis-rotés de l'église . au contraire, le porrhe el le portail latéral, sont du quinzième siècle. Onant au cloître, il ev| du stvk lomhard le plus pur et le plus élé^atil II fui ron^lruit en 1174, par (ïuvoinarc h, t ironiede Léon , pour expier la mort de \oti <iiu-|e I binon , cvèqilc de Ia!ou t qu'il avait tué de propre main.
(^>nlinue/ votre pèlerinage à travers les vallée^ de la rote. Iri rien ne vous avertit ijue la pnnide mer est Miisme; votii êtes en Arradie, au mifieu des ruisseaux ^arouillans , tlk** xer^er> oiubra- -eam le» f.,iitai[.- s . des hocaf;e> .m Menlit la trompe de Kiirean des (vitres. Le village de I Hôpifal -( Jiifront, que vous ivuroulre/ mit voire mule, ist une afirietiiie ro m nu rider te des chrvaliers de M^lihe. Ij façade de w„n éj,^ mérite d « Ire vue pour ses ornemens |>la/oi:nés.
Lnlre le moulin à mer et le ImUr^' de l'Ilùpil.il- (Udfioul, on voit des carrières de Cetl.- Inile pieriv de kirs,Milon qui a -ni h u e.instrurliori de toules IKK
Non» yuiti au Kaou. Ici
f>rinrij| une rue unique el une pknv ; r'nl la vieille r ifir titt ifi (i?. I^lenq» a i]uLti> iireu^ meut effacé la plupart d« > srulohire> qui i miiiaiciil l« %
nu ril.iil d'élre visitée |HHir<i fnv<\ dmit on aurait pu faire une tléi oral imt j»our un lenqde de l'riape. I.eriisoon du propriéiairv- primitif de celle habil.it ion élaiî supporté par deu
rnetil rnii's. qui Iruaient d une i de ll 'iir* et lit-juntd.' l'aulrr un f;fste indécent. I i > ^uirlaiol< % >e prolongeaient et élaienl alta- . -liée* a dis li l.s de In.ucs , sv mboUv
v.ttd,
TowK.r.APim: pittoresque et historique.
scène ; de nouvelles guirlandes les joignaient aussi aux télés de boucs. Pour accompagner ce singulier monument, il existait, il y a quelque vingt ans, comme soutiens du toit de la maison, deux énormes cariatides portant de gigantesques phallus, et que le sculpteur avait représentés commettant le péché d'Onam. Ces figures sont disparues depuis long-temps, et le deruier propriétaire a tait enlever la frise, qui se devine cependant encore , malgré l'herminelte et la hache du charpentier.
Cette bizarre production était sortie de mains exercées, car les têtes avaient de l'expression, et le dessin était plus correct que celui de beaucoup d'autres sculptures qui décorent les monumens bretons. Du reste, si nos bons aïeux passaient devant cette maison sans honte et sans mauvaise pensée, leurs descendans ne témoignaient pas moins de naïveté et d'indifférence. On ne voyait aucun regard curieux chercher ou fuir avec affectation ces sculptures; l'ancienne habitude de les voir avait même empêché le plus grand nombre d'y faire attention, et l'étranger qui la cherchait traversait souvent le Faou sans trouver une personne qui pût lui indiquer la maison dont nous parlous.
Le Faou était défendu par une forteresse féoilale dont les ruines même sont disparues. Cependant on nomme encore le Château un lieu on se voient quelques traces de fossés, et I on trouve dans la ferme voisine une immense cave dont la voûte a au moins vingt pieds de haut , et qui a 'dû, sans nul doute, appartenir à uu édifice considérable.
\a chapelle de Rumengol est située à une demi-lieue du Faou. C'est un des pèlerinages les plus célèbres du Finistère. L'église est élégante et ornée intérieurement d'une profusion de sculptures dorées, parmi lesquelles on doit distinguer les vertus théologales. Ce monument date de 1536, comme le prouve une inscription placée près de l'angle de la façade. M. de Frérainville croit qu'au lieu où s'élève aujourd'hui l'église existait autrefois une pierre druidique, et il en trouve une preuve dans le nom même de Rumengol , qui , selon lui , signifie pierre rouge de la lumière ( Ru-mein-gol ). Nous laisserons aux lecteurs le soin d'apprécier cette étymologie ; nous ajouterons seulement que l'on croit généralement que le nom de Notre-Dame de Rumengol vient de
celui de Remed-oU ( Notre-Dame de tous remèdes). Le curé de la paroisse nous a même assuré que , dans les titres déposés aux archives de la fabrique, il était facile de voir les altérations successives qui de Remed-oU avaient fait RumengoL Ce qu'il y a de sûr, c'est que la vierge adorée dans l'église porte aujourd'hui même le nom de yirgo omnium remediorum.
Il y a quatre pardons par an à Rumengol , et ces assemblées offrent- un spectacle aussi curieux qu'animé. La procession sort de l'église avec les bannières, les croix d'argent et les reliques, qui sont portées sur des brancards par ceux qui eu ont acheté le droit. Tous sont revêtus d'aubes, ou de chemises blanches, ceints d'un rnban de couleur vive, et portent sur la tête un bonnet de coton blanc. La foule des fidèles se précipite pour • toucher ces précieux talismans, que les porteurs tiennent à cet effet le plus bas possible ; ils sont escortés de gardes costumés comme eux, et qui frappent du penbas ceux qui ne s'inclinent pas assez vite devant les reliques; à la suite de cellesci on porte habituellement des saints sculptés que l'on a fixés au bout de bâtons coloriés; enfin une multitude d'enfans précèdent et accompagnent la procession avec de petites cloches qu'ils agitent de toute leur force.
On rencontre à nne demi-lieue de Rumengol la forêt du Cranou. Ici les indications deviennent impossibles. Que le voyageur s'abandonne au hasard et à son caprice pour parcourir cette admirable vallée ; de quelque coté qu'il tourne ses pas, il trouvera de la verdure, des eanx murmurantes, des fleurs et du repos. Du haut de la montagne placée a la droite du Cranou , la vue s'étend sur une contrée dont rien ne peut exprimer la sauvage beauté. Les ruines druidiques <, ombragées par des ifs sombres et de vieux nom , parsèment de tous cotés l« sol. Le manoir de Kimerc'b montre à mi-côte ses deux piquons ruineux, et plus bas, au milieu de grands arbres, on voit s'élever la fumée d'un paisible village endormi à l'ombre de son clocher.
De retour au Faou , un bateau de passage vous transportera à l'abbaye de Laodevennec (1). Cette chartreuse bretonne était située au conflueot des rivières du Hêtre et de la Peur (du Faou et d'Aouu, par corruption Aulne), dans une posi-
(OCrabtT, paf« «47.
Topo&nipnu: pirronrsoi t » t HisTontqw,
lion cliarmanlc; mais , hélas! || n>n existe plus I que quelques ruines. Les restes de l'égtise méritent pourtant d'être ru*. On y remarque un portail composé d'une arcade à plein cintre, soutenue par des colonnes ornées d'entrelacs et de Igures singulières; puis les débris du chœur et de l'abside, formant un rond point flanqué de fgalement rondes. Us portes et les fesoat toutes à plein cintre.
Ia' cloître de Lindctennec a été complètement détruit ; il forme au|ourd nui uu des quartiers de la «ille de Brest, connu sous le nom de
L'abbaye de Ltndcveniiec |H)W«Liit un grand nombre de chartes, de poèmes bretons et de manuscrits de tout genre du plus grand intérêt ; le tout fut mis dans des futailles en 1793, et envoyé à la direction de l'artillerie du port de Brest, qui eu flt des gargousses. Ou détruisit aussi à celte époque les tombeaux du roi Gralon et de Saiot-Guénolé, qui se trouvaient tous deux à Lan-
Saint-Guénolé naquit au chitean de Lesguen (la cour blanche), en la paroisse de l'Iouguin , dans le Léonnais. Il résolut de bonne heure de sa consacrer an service de Dieu , et fut confié a Saint- Corentin, qui l'éleva avec Saint-Tugdin et Saint- Jacut. Plus tard, étant devenu célèbre par sa sainet ses miracles , Gralon , qui régnait dans la s, le nomma abbé de Landevennee, qu'il venait de fonder. Ceci se passait dans le cinquième siècle. Guénolé et Gralon se voyaient souvent. Lu four que celui-ci se trouvait dans sa grande ville d7*. devenue célèbre par son luxe et les débauche* de Dabut, fille du roi, Gnénolé se présente et l'avertit qu'en punition de ses crimes la cité allait être engloutie. Gralon se hata de fuir et échappa seul à ce grand désastre (!,.
Oh ! quel charme an milieu des ruines mélancoliques de Landevennee , devant sa mer si calme, a côté des bois silencieux , d'écouter les traditions racontées par un paysan dans sa langue antique ! Quel charme d'entendre ces noms romanesques de Gralon, de Dalmt, de Guénolé, inetés à des récits! de voir les lieux où ces hommes ont marché, où se sont passés les miracles! Malgré soi on te sent pris à une crédulité d'enfant pour ces naïfs d'un autre ige; on remit daus sa
(0 Cmhrj, w .:9.
pensée ce monde de merveilles, on croit y être ; on écoute le gémissement de la vague, le murmure du vent dans les feuilles , avec une sorte de saisissement superstitieux. On regarde autour de soi si quelqoe grande figure de solitaire ue passe point derrière les ruines; et quand le son d'un cor se fait entendre au loin dans la foret, on se demande si ce n'est pas le roi Gralon qui annonce sa venue, et qui arrive à son ancien rendez-vous de chasse.
Si de Landevennee vous dites une excursion vers lanvéor , von* aurez à visiter le sanctuaire druidique de LtuulaottJec , placé dans une lande qui avoisine le chemin de Lanvéoc au manoir de Lescoat, près d'un moulin à vent.
Ce monument est composé d'une avenue de pierres implantées, conduisant à une enreinte triangulaire. I ne seconde enceinte, défigure rarrée, est adjacente a celle-ci et a un coté commun avec elle. De l'extrémité sud de ce cAlé commun |iart une ligne dejiierres formant un demi-cercle. L'étendue générale de ce temple druidique est de 175 toises. Daus le voisinage on rencontre plusieurs men-hirs de 8 ou 9 pieds, et deux autres alignemens , dont l'un à une demi-lieue dans l'ouest, près du manoir de Lettré.
In eheraiu horrible , que l'on qualifie de grande mute, conduit de LmoWnnrc à Crozon. Ce bourg, qui est considérable, n'a rien qui mérite d'être visité, si ce n"e>t l'église, lourde et disgracieuse ; mais du sommet de sa tour on jouit <Tun magnifique point de vite. la rade de Brest, les rivières qui s'y jettent, le goulet, Quélern, Berlheauinc, Saint- Mathieu , Ouessant et les fies à l'ouverture de la Manche, le pays de L;on, forment un des aspect* de ce merveilleux panorama , que complète le spectacle de la baie de Donarnenez, de la cote du Baz. du Ménez- Hom, de Loeronan, de l'irhès et de* montagnes Noires. Vous ne quitterez pas l'église de Crozon sans voir un reliquaire en orfèvrerie, rhef-d^ruvre du quatorzième siècle , qui représente une église gothique avec tous ses détails, toutes ses ciselures , et dans lequel sont renfermées des reliques de dix mille m a ri m.
\s lieux manoir de Gouandour, transformé en ferme comme la plupart de nos habitations nobles , domine la vallée de Crozon. Il est entouré d'un mur que flanquaient de petites tours rondes l«s longues et étroites fenêtres* la mal-
TOPOGRAPHIE PITTORESQEE ET HISTORIQUE
son féodale sont à moitié voilées par une vigne qui a étendu ses vertes guirlandes sur ces murs crevassés, couronne riante jetée par le temps sur ces ruines comme une fleur sur un tombeau.
Les excursions à faire aux environs de Crozon sont nombreuses, car les monumens antiques et les beautés naturelles abondent dans celte presqu'île.
Visitez d'abord les grottes de Morgat. Elles sont en grand nombre ; mais l'une d'elles surtout mérite une attention particulière. On ne peut y parvenir qu'en bateau , et l'entrée en est assex basse pour qu'on ne puisse se tenir debout lorsqu'on y pénètre à mer baute ; mais la voûte s'élève presque subitement et monte Jusqu'à une hauteur de 30 pieds. La grotte entière a une profondeur de 120 pieds environ, et 45 pieds de large. A gauche s'étend une sorte de corridor obscur qui se prolonge sans doute fort loin, et dans lequel on entend la mer s'engouffrer, mais où personne n'a osé pénétrer. Au milieu de la grotte se dresse un immense rocher que les pécheurs de la côte appellent l'autel. Au moment où l'on pénètre dans la grotte de Morgat, une obscurité subite vous enveloppe ; la barque glisse silencieusement dans la nuit; l'air devient plus rare, et l'on n'entend autour de soi que le sourd clapottemeot des flots et le bruit monotone et régulier des larges gouttes d'eau qui tombent comme des larmes du haut de la caverne. Mais quaud le premier saisissement est passé, et que l'œil s'est habitué aux ténèbres, la grotte semble .s'illuminer lentement, et l'on en distingue tous les détails. La voûte et les parois offrent l'aspect des pierres les plus précieuses et les plus variées; ce sont des marbres , des porphyres , des jaspes , des granits du poli le plus beau et présentant les couleurs les plus vives. Une sorte de vitrification semble avoir enveloppé la grotte entière. De loin en loin, de larges traînées d'un rouge sombre descendent de la voûte jusqu'aux flots, semblables aux* suintemens d'un sang encore humide; puis des veines d'un jaune éclatant, d'un vert tendre ou d'un blanc rosé , courent ça et là dans la pierre , imitant les marbres les plus rares.
Ijc moindre bruit produit dans la grotte de Morgat un retentissement semblable au roulement du tonnerre. A droite, on rencontre un petit pau de maçonnerie dont il serait impossible de dire l'origine. Si l'on en croit la tradition, celte
caverne a été autrefois le rendez-vous des fidèles aux époques de persécution, et c'est depuis que le rocher placé au milieu a conservé le nom d'autel.
La formation de la grotte de Morgat pst facile à s'expliquer. La lame, en déferlant contre le rivage, aura usé et enlevé successivement toutes les parties de terre, de gravier, ou de schiste peu compacte, creusant toujours ainsi en avant jusqu'à ce qu'elle ait trouvé une carcasse plus dure de granit contre laquelle elle aura épuisé
C'est aussi à quelque distance du village de Morgat que se trouve la caverne appelée Queo Charivari ( cave du Charivari ). La voix fortement accentuée y produit l'effet d'un tonnerre , , par la répercussion de l'air dans les anfractuosités de la grotte. On voit, non loin du même lieu , la cheminée du Diable, espèce d'entonnoir creusé dans le roc ; on y pénètre en bateau.
En continuant à suivre, à l'est, la route que nous avons déjà parcourue pour visiter les grottes de l'anse de Morgat, nous arriverons à la petite 1 rivière de Saint-Laurent , à l'embouchure de laquelle se trouve un Ilot qui contient les restes d'une de ces tours isolées, forteresses imparfaites que les chefs venaient chercher, aux premiers siècles de la féodalité, non comme une habitation, mais comme un refuge lorsqu'ils ne pouvaient tenir la campagne devant l'ennemi. Cette tour était pentagone et entourée d'un fossé; il n'en reste plus aucun débris ; on distingue seulement, sous les terres amoncelées, le tracé des vieilles murailles. Ou donne à ces restes, dans le pays, le nom de château de Mur; l'Ilot s'appelle Ile de Rozan. Il est probable que cette tour avait été construite vers le dixième siècle, pour défendre l'entrée de la rivière Saint-Laurent contre les pirogues normandes.
En traversant la rivière, on rencontre, près de la petite ferme de Raguenez, un sanctuaire druidique formant un rectangle ; plus loin , près la métairie de Kerglintin, il exige encore nue ligne de sept pierres, dont deux onFdix pieds de haut.
Repassons maintenant la rivière et dirigeonsnous dans l'ouest, vers le manoir deTrébérou. Près de ce manoir nous , rencontrerons une tombelle connue sous le nom de tombeau a*Arlu$. C'est sans doute la sépulture de quelque chef célèbre. Vis-à-vis ce tumulus sont un carneillou ,
TftPOCB»Pmr PlTTORFSQrr. IT HtSTOlUOCE.
deux dolmens dont l'on est brisé, et à quoique distance un mcn-hir isolé , pierre d'avertissement
Nous voici retombés à Orozon. Très du bourg même il existe an dolmen incliné de six pieds, et un men-hir un pru plus liau(.
De Crojon au Ik»c de la Chèvre mus aurez sans cesse sous |*»s yeux une terre inculte et sauvage. Le rap de la Uievre est un des points extrêmes de la baie de Douarnenez, qui se prolonge a cinq lieues dans les terres, et qui, renfermant nne nappe d'eau de vingt-cinq lieues carrées, Ta se terminer a la pointa du Rat.
Le bec de la Chèvre est, avec la pointe de Penmart o , ce que le Finistère offre de plus aride et de plus désolé. On marche sur un sol de granit, sans un arbre à l'horizon, sans un peu d'herbe verte sons ses pieds , ébranlé par lé vent qui balaie le promontoire, et étourdi par la mer qui rugit à sa base. On comprend que de pareils lieux durent convenir au culte solennel , terrible et mystérieux des druides : aussi cette langue de terre est-elle couverte de leurs monumens. Vers le nord-est, après le village de Rostndel, vous apercevrez nn dolmen de dix pieds de long et de six pieds de haut. Un peu plus loin , dans la même direction , est le sanctuaire de Àerco/h'oc'h, dont les lignes s'étendent entre la pointe de Sainl-Hernot et celle de Morgat. « Le principal
• de ces alignement a onze cents pieds d'étendue
• vers l'ouest; il forme un angle obtus et aboutit » a une autre enceinte trapé/iforme avant une
• avenue de pierres. Tout a côté, et hors de rang,
• ble rang de pierres plantées, très-serrées les
• unes contre les autre» , et assez élevées. Cette » enceinte, la seule que nous connaissions a dou-
» de maison du cuti'. (> nom esl-il du a une
• ancienne tradition? un druide aurait-il habile » ce lieu , et les premiers chrétiens auraient-ils
• substitué le nom de cuti} à celui de (ituiife ,
• gioo (1)?
(Continuez maintenant votre excursion en vous détournant vers (minaret , au nord-ouest de Cn> son , et eu cherchant la baie de Dînant. Vous
(i) D» ri4M*ilb , ^Myatfr * 0r*Mfw , «. t, fs «1. OtlVJtMl PARTIE.
rencontrez encore, près de l'anse de la Pallue, un rarneillou. deui alignemens pi un inen-hir d'avertissement qui a douze pieds de haut; un autre men-hir isolé, qui a 15 pieds, existe près du village de Goulien.
Toute la cote qui conduit do cap de la Chèvre au Toulinguet, vers lequel nous nous dirigeons, est coupée à pic. Elle a une hauteur de 90 à lôO pieds, et la mer en bat le pied avec fureur. Mais à l'anse de Dinanl, ce mur de rochers s'abaisse tout-à-coup et forme une baie assez large, mais peu sure.
Le château de Dinant est un rocher bizarrement découpé qui surgit des flots. A l'une des extrémités de celte baie, il est joint à la terre par une sorte de pont naturel percé de deux arcades, l'une ogivale et l'autre à plein cintre. Cette dernière n'a pas moins de 50 pieds d élévation. La nier a creusé sous ces voûtes des grottes profondes qui présentent les mêmes beautés et les mêmes lariétés de couleur, que la grotte de Morgat. Il est seulement assez difficile de descendre la cote pour les visiter, car les rochers ont été polis par l'action continuelle des flots, et semblent couverts d'un verglas éternel. Ce n'est qu'au moment de la marée basse, et par un temps calme, qu'il est possible de visiter les cavernes du château de binant; le vent a sur cette rôle une tdle violence que I on ne pourrait y descendre, lorsqu'il souffle , sans s'exposer à être enlevé et précipité dans l'abîme. Sur le promontoire même on a peine à se tenir debout, lorsque b brise s'élève; la mer |>asse alors sous la grande arche avec un grondement terrible , pour aller remplir la baie, et vous couvre en passant de sa pluie d'écume.
La cote jusqu'à Camaret offre sans interruption le même spectacle de grandeur terrible et de désolation sauvage. De la pointe aux Pois la vue s'étend sur des brisans innombrables qui forment djfis la mer mille dessins , et r outre lesqueU b vague se brise sous mille formes capricieuses. Tantôt elle s'épanouit en gerbe et retombe en pluie scintillante; tantôt elle s'avance en élevant sa léle houleux, e| monte le long des pentes de* promontoires t semblable à une cavale manue qui sortirait des eaux; tantôt, comme uue avalanche, elle roule avec un bruil horrible et engloutit sous sa masse recueil isolé qui s'élève au loin pareil à une tour ; Unlôl en tin elle court svette,
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
longue et rapide, el s'enfonce ainsi qu'un projectile dans les profondes fissures du rocher, où on l'entend éclater.
Jusqu'au Toulinguet ( passage d'Inguet ) les mêmes tableaux se succèdent sans interruption ; mais là ils se réunissent tous dans l'espace que peut embrasser le regard : aussi cette pointe estelle la plus curieuse de toute la Bretagne. La parole s'épuise à raconter tant de sauvages merveilles , et l'on renonce malgré soi à les peindre. Il faut avoir vu ces hauts caps de granit, tapissés d'une rare bruyère que parsème de loin en loin quelques gazons marins et qnelques roses paies; ces vieux forts qui découpent sur le gris du ciel leurs murs jaunes , et où dorment , couchés dans l'herbe , les canons sans affûts ; ces flots , dont l'éternelle écume brode au loin la robe bleue de la mer et frange le rivage; il faut avoir entendu, pendant plusieurs heures, les géinisM-mcns tristes de la raffalc sur les dunes, avoir été étourdi par le hurlement des vagues ; il faut avoir éprouvé par soi-même quelles choses se passent aux yeux et aux oreilles sur ces dernières limites du vieux monde, que ronge le vieil Océan, pour que des mots puissent vous rappeler quelques traits de cet inexprimable spectacle.
La pointe de Toulinguet a sans donte reçu son nom d'une roche trouée qui se trouve à quelque distance dans la mer, et que l'on aperçoit du rivage. Un homme , nommé Inguet , l'aura visitée , et l'on aura ensuite donné à cet endroit le nom de trou ou passage d'Inguet. C'est du moins là l'explication étymologique donnée par M. l'amiral Thévenard.
Il existe , entre le Toulinguet et Camaret , un monument druidique fort curieux. Il est composé de trois lignes tellement disposées que l'une d'elles semble posée sur les deux autres comme sur deux jambes , et que l'ensemble du monument présente la coupe d'nn banc & deux pieds.
Le men-hir d'avertissement et un dolmen se trouvent en avant de la grande ligne , qui a 1 ,800 pieds de longueur.
Les pierres qui composent ces trois alignemens
sont plantées debout , et leur hauteur varie de quatre à sept pieds. Elles sont brutes et informes.
La destination du monument celtique de Toulinguet n'est pas plus connue que celle de tous les autres monumens du même genre. C'était probablement une enceinte religieuse destinée à des assemblées. Il est seulement à remarquer que le dolmen placé hors de l'alignement principal a consené dans le pays le nom de pierre du conseil.
Camaret est une petite ville importante comme port de relâche , mais nulle à tons autres égards. Sa baie contient quelquefois jusqu'à trois cents navires caboteurs, et offre alors un coup d'œil magnifique. La route de Camaret à Quélern suit la grève. On trouve à mi -chemin deux rochers isolés qui s'élèvent sur le sable du rivage comme deux men-hirs. Cet endroit a reçu le nom de mort anglaise , parce que les anglais et les hollandais y firent une descente, en 1694, dans l'espoir de surprendre la ville et le port de Brest. Mais le maréchal de Vauban s'y trouvait alors , et fit toutes ses dispositions ; il désigna M. de Langeron pour commander les troupes détachées à Camaret , et à peine le premier détachement ennemi fut-il débarqué qu'il fut attaqué par ces troupes , les gardes-côtes et des paysans. Il ne put résister à la bravoure des assaillans , et fut contraint de fuir vers les vaisseaux qui l'avaient mis à terre. Mats la marée avait baissé , les embarcations ne flottaient plus , et presque tous les ennemis furent massacrés sur la plage. Les anglais et les hollandais étaient commandés par Barcklay; ils perdirent 1,800 à 2,000 hommes dans cette expédition , ainsi que plusieurs batimens de guerre et des transports.
La presqu'île de Quélern est fortifiée avec le plus grand soin : c'est le boulevard du port de Brest. Pendant les guerres de la Ligue , les espagnols venus en Bretagne pour soutenir Mercœur , qui résistait à l'autorité de Ilenri IV , s'emparèrent de cette presqu'île et construisirent un fort à l'extrémité , an lieu appelé encore maintenant la Pointe-Espagnole. Ils dominaient ainsi le goulet et bloquaient le port. Le maréchal d'Anmont , qui commandait en Bretagne pour le roi , vint assiéger cette citadelle , soutenu par L800 anglais que commandait le colonel Norris. Il s'en empara après un siège opiniâtre , dans
TOPOCRAPSIF. FITTORESQrT ET MtSTORIQCt.
le général des espagnols Pravede fut tu.1 , après de* prodigua de valeur. Tdle fiait la fureur il< > ,i>m. vans qu'il* massacrèrent tout ce qu'ils trouvèrent dans le fort , même les femmes , qui fuient en aussi grand nombre que les soldais, dit la chronique. Cependant, après le premier emportement du combat , les français Lâchèrent de sauver ceux des ennemis qui avaient échappé; naja les anglais, qui se rappelaient encore de la défaite de Craon , qui leur avait coulé ai Cher deux ans auparavant , tuaient les vaincus jusques dans les bras de leurs protecteurs.
Le corps de Praxède et celui de Romégou , officier gascon qui avait contribué plus qu'aucun autre a la prise de la citadelle , furent inhumés ensemble dans la chapelle des Sept-Saints , à Brest
La cote de la presqu'île de Quélern qui loagn le goulet oflre un grand nombre d'aspects admirables. Ixs rochers du fort de la Fraternité méritent surtout d'être visités. Leurs masses schisteuses, rongées par les flots, présentent mille figures bizarres , et I écume de la houle qui bouillonne autour de leur» dentelures noirâtres y multiplie les effets curieux et inattendus.
Sur aucun autre point de nos rivages la côte n'offre un aspect aussi miné, aussi détruit. Il semble que la presqu'île, pressée des deux cotés par la mer , réduite à un squelette de pierres rongées , doive un jour craquer de toutes parts et se démolir comme un navire échoué sur nn récif. D'immenses fissures se font tous les ans dans le terrain qui se trouve élevé a plus de pieds au-dessus de la mer; elles sélar- Bl lentement, formant des abîmes sans fonds, coupes en coups de foudre et fort dangereux, l-ne patrouille de nuit y a déjà été engloutie il y a environ cinquante ans. Au bout d'un temps plus ou moins long, les partie» du terrain ainsi séparées de la presqu'île s'en détachent complètement et tombent dans la mer. Lu de ces éboulesMoa gigantesques a eu lien il y a un siècle.
De la Pointe-Lspagnole, qui forme l'extré-
mité de la presqu'île de Ouélern. l'orfl se mené sur toute |j rade, qui - ■ mi droite comme un grand lac avec ses pointes I. mineuses, ses baies que le soleil argenté, et les mille rouqui moireut sa surface. Il est iaspoanaue
de ronretmr quelque chose «le plus calme . de plus mélancolique , de plus solennel que ce spectacle. A gauche, au contraire, ton» apercevez le goulet , ou la mer se précipite avec turbulence; la roche Men-Cam avec ta balise courbée par les vagues, et an loin la rote de Bert heaume; \is-à-\is enfin Brest, étage en amphithéâtre, sa belle promenade, ses toits ardois. et son grand château, dont la tour blanche domine de sa masse les autres édifices.
Longeant la presqu'île, du coté opposé à celui que nous venons de suivre, on tombe à Rnsranvel, )oli petit village biti dans la fonte d'une colline et caché dans les feuilles. Vis-avis on aperçoit l'Ile des Morts, sur laquelle ont été établies de \astes poudrières, et l'Ile de Trébéron, qui renferme le lazaret. Cet établissement , beaucoup trop petit , ne pouvait être plus mal situé. Les malades qui y tout déposés après de longs voyages oui pour seule vue des rochers stériles et la mer, sans un arbre, sans une fleur pour réjouir leurs yeux. Il a souvent été qaestian de transporter le lazaret sur l'Ile Longue , et il est à désirer que ce changement se lasse le plus tôt possible. Là du moins il y aura un peu de verdure et d'ombrage, oo
«-•ra sur la terre, et n<>n mit le roc, c nie >
Trébéron. Généralement on songe trop peu, dans les éublissemens laa il tirai français, à I tes ces conditions as guérisoa; ai trop le traitement, et l'on né-lige mal a propos l'action directe tur lame. L'élément est souvent un remède plus sur que tous fournis par le coffre à médicament.
Des bateaux partent régulièrement de Rescanvel pour Brest. Revenu dans cette ville, tous vous dirigez sur Chiteaulin , en prenant la toiture qui passe par Landerneju. Rieu de remarquable sur votre route, si ce n'est le paysage. Vous remarquerez la situation gracieuse et gaie de Port-Launay, au bord du canal.
L'aspect de Chiteaulin est très - pittoresque. Noas avais déjà indiqué dans nos cosssaentaires sur Cambry les objets à visiter; ils se réduisent aux débris du estasse*. Hait vous ferez de cette ville le centre d'excursions fort
vert Braspartz tous verrez d'abord qui entourent la petite ri-
les sites
TOPOGRAPHIE P1TTORESQCE ET HISTORIQUE
vière du Buis. Le village du même nom est bâti entre deux montagnes escarpées couvertes d'épais taillis. On entend de tous cotés les eaux murmurer sous les feu i liées , et on les voit sourdre à travers la mousse et les ronces, formant mille cascades argentées. La rivière limpide au milieu des prairies, des bâà voiles roses voguent sur les eaux pures, et le Ménez-Hom couvre ce tableau de son ombre gigantesque.
De Lopérec à Kimerc'h la route est facile et variée. Au sommet de la montagne du Bot on jouit d'un spectacle merveilleux. Sur la droite, on a Rumengol, la forêt du Cranou, Hanvec avec ses montagnes tristes et pelées; au-dessous de soi, la petite ville du Faou et les campagnes qui l'envirooueat ; à gauche, Lan. devennec , couvert de ses épais taillis ; en (ace , la rivière du Faou, la rade de Brest, les Iles qui bordent ses rivages et les ruisseaux qui viennent s'y jeter.
Kimerc'h et son église sont cachés dans des arbres touffus ; c'est à peine si la pointe de son clocher se dessine au-dessus du bois qui l'entoure. Cette église, construite vers le milieu du seizième siècle, présente des détails délicatement travaillés , entre antres ceux de l'entrée principale. On trouve sur les hauteurs qui le bourg de Kimerc'h les vestiges ancien manoir de ce nom; il ne faut pas le confondre avec le grand et beau château de Kimerc'h qui se trouvait à un quart de lieue de Banailec, e( quia été détrait depuis quel-
De Kimerc'h à Braspartz on parcourt des chemins creux et ombragés, impraticables en hiver, mais délicieux en été. Ils roulent et se développent sur le penchant des cdteaux rapides ou dans de charmantes vallées. Partout de l'eau, du feuillage, des villages ombreux environnés de vergers, de blés jaunissans et de fraîches prairies. Le costume des paysans luimême est plus élégant et plus soigné.
Le bourg de Braspartz est fort ancien , puisque, d'après les légendes, SainWaoua, neveu de Saint-Pol-de-Léon , et son successeur à cet évéebé , en fut le recteur. Cette bourgade professait donc le christianisme au sixième siècle. Malheureusement, aucun monument , aucun débris ne rappelle maintenant cette époque. Bras-
partz est un bourg industrieux qui devra prendre une grande importance lorsque la route de Quimper à Morlaix y passera (1).
A mesure que l'on s'éloigne de Braspartz , la route devient plus aride. On est ici dans la partie la plus élevée des montagnes d'Arhès. En se détournant un peu de son chemin , on rencontre Saint-Michel , qui est le pie le plus haut de cette chaîne. Sa cime conique, surmontée d'une chapelle, s'aperçoit de presque tous les points du Finistère. Un chemin sinueux y conduit. Le spectacle qui s'offre aux regards du haut de Saint-Michel est le plus vaste et le plus beau que présente toute la Bretagne. Aux pieds du mont se déploient les vallons de Botmeur et de Saint-Rivoal , dont la verdure diapré les flancs arides de l'Arhès; au loin , les tours de Carbaix et de Uostrenen s'élancent dans le ciel; au sud s'étend la forêt de Laz; à l'ouest il y a la presqu'île de Crozon et la mer. L'ensemble de ce tableau magnifique , presque entièrement encadré par les rochers et les montagnes , a 15 lieues (2) !
Sizun est un des bourgs les plus populeux et les plus comtnerçans des montagnes. A son approche vous rencontrerez en foule ces marchands de fil, de toile, de beurre, de sel, qni, montés sur de petits chevaux au poil fauve , parcourent jour et nuit les sentiers impraticables de l'Arbès, colportant leurs denrées d'un village à l'autre, et établissant les seules communreations commerciales qui existent entre ceux-ci et les villes. L'église de Sizun ne date que de 1724; mais le portail qui donne entrée dans le cimetière , et le reliquaire, sont des monumeus plus anciens, comme il est aisé de le voir à la délicatesse de leurs détails et à la richesse de leurs sculp-
De Sizun vous gagnerez Guimiliiau , en passant par Locmélard, Saint-Sauveur et LamboJ.
Saint-Sauveur n'offre rien qui mérite d'être cité, si ce n'est la ruine d'un château fort construit par Chandos, adversaire si redoutable de notre Duguesclin. Cette place soutint un siège en Î394. On reconnaît encore l'emplacement de la fortification ; on peut en suivre l'étendue , trouver remplacement des tours et d'édifices
(t) Cinibry, page »îv (i)Cjinbrv, page» »Jo cl »Jl.
TOPOfcfUrill» PlTTORtSQM. ET ■LSTOfllQCE.
I ne chau»- • l-i.n <h. ,h^. <- - i » .||.|ement construite, qui mené «lu chemin vicinal au château , a échappé aux ravages du lemp».
A Lambol, assez gros bourg, vous verrez l'un des clocher» les plus élevés du Finistère , quoique la foudre en ail déiruil la pointe si légère , ai effilée.
Entrez dans l'église, œuvre de la lin du seizième siècle, une singularité tous y frappera , c'est que tous les autels y sont dépourvus de tableaux peint*. Il» sont remplacés par des sculptures, figures en ronde bosse, dont les plans sont habilement dégradés et forment , du point perspectif, une scène entière i laquelle chaque figure concourt.
Remarquez-y le principal bénitier, qni s'élève sur un socle de granit. Au-dessus de la cuve qui renferme l'eau sanctifiée, l'apôtre Saint- Jean verse sur la léte du Christ le sceau de l'alliance nouvelle. Deux d^mous, en partie hors du bénitier, se contournent dans des positions bizarres; l'un de leurs pieds semble repousser un obstacle qu'il* ne peuvent vaincre, tandis que l'autre, plongé dans le bénitier, est entortillé dans les replis du serpent tentateur qui tapisse le fond de l'unie sacrée.
Ces figures sout énergiques, et le travail de l'artiste n'est pas sans quelque mérite. Sous le rapport du dessin , elles sont de beaucoup supérieures aux œuvres qui se rencontrent dau* nos églises bretonnes.
L'église de Goimilliau mérite aussi d'être visitée. Elle porte des dates différentes sur le porche, le clocher, l'ossuaire et la croix du cimetière. Le portail est couvert de sculptures singulières. On y voit Eve sortant des cotes d'Adam; le buste est déjà formé, tandis que le reste du corps est encore confondu avec celui du premier homme. Ij croix, fort n impliquée , est du seizième siècle. Elle est chargée de figures représentant les différens actes de Jésus-Christ. L'ossuaire et les cartels qui décorent l'église sont également couverts d'une pro- IMoa de sculpture» exécutées avec le plus grand soin , et qui accusent dans le picotmr qui acheva ces ouvrages une verve et une imagiii.iln.il prodigieuse.
Ce n'est pus éaat une vive surprix qu'au milieu de ces chefs-d'œuvre barbares on aperçoit le buflet d'orgues et le baptistère, oeuvres
correctes et élégantes du siècle de Louis XIV. Le baptistère est orné de huit colonne» corinthienues, que surmonte une corniche ciselée. Au-dessus de la corniche s'élève un dôme léger, sur lequel est placé Saint-Jean , baptisant le sauveur des hommes. Lue multitude de statuettes , toutes également remarquables par leurs potes et leur agencement , couvrent ce gracieux ouvrage. Le buffet d'orgnes, décoré par le même artiste inconnu , n'est ui moins orné , ni d'une exécution moins habile. On y aperçoit, parmi des moulures, le soleil , emblème du grand roi, avec la modeste devise : Ncc pluribtu impar , deux bas-relief» représentent, l'uu David jouant de la harpe , l'autre uue des batailles d'Alexandre, par le Brun. Les mille figures de l'original y sont toutes reproduites dans un espace de six pieds de long sur deux pieds de hautrur : hommes, chevaux, éléphant», tout est distinct. Il est de tradition a la cure que ces deux ouvrages ont autrefois coûté 30,000 francs à la fabrique de Guimilliau.
Si I on continue a longer l'arrondissement de Morlaix , en tendant vers l'est , on parcourra successivement le» communes de l'Ievbert- Christ, le Cloître, Plougonveu. Cette route est accidentée et présente une grande variété de sites.
Dans cette course vous admirerez la vallée ombreuse, couverte d'usines, de maisons de campagne, qui conduit de l'Irvbert-Christ à Morlaix ; vous donnerez un coup d'œil au vaste et beau château de Loquiiliou , habitation charmante que couvrent et qu'environnent de» bois épais ; vous n'oublierez pas , au Cloître, de visiter l'ancienne abbaye du Mec , dont l'église, aujourd'hui abandonnée et presque ruinée, reçoit cependant encore un nombreux oooeours de pèlerins , qui y sont attires par la dévotion à la vierge, sous l'invocation de laquelle était cette église. Les vieux cèoobites avaient placé leurs demeures au centre de montagnes élevées, dans un frai» vallon qu'ombrageaient de nombreuses futaies dont on) m trouve plus que les débris. En passant à Plougonven, vove/ son église, vaste et soinbre, propre à inspirer le recueillement ; examinez la crois , artistemeut travaillée , qui orne le cimetière. Il n'eu existe plus que le soubassement, couvert de statue» assez ddicatemeut travaillées. La croix
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
Je pierre qui le surmontait ne surgit plus au milieu de ce monument ; elle est remplacée par une croix de bois, qui, par sa simplicité, le fait davantage ressortir.
A Bolbsorel vous êtes sur la limite orientale <lu Finistère. De la hauteur sur laquelle ce village est bâti on découvre un immense horizon qui s'étend jusqu'à la mer, et à l'extrémité duquel ou aperçoit les clochers de Saint-Pol , éloignés de six à huit lieues. Des vallons tapissés d'une fraîche verdure et couronnés de grands arbres environnent la colline.
Le bourg de Gucrlesquin se compose d'une immense place carrée, au centre de laquelle s'élève un édifice gothique à quatre faces et à tourelles, qui semble appartenir à la fin du quinzième siècle. Il servit autrefois d'auditoire et de prison.
Les chemins qui mènent au Gucrlesquin sont impraticables pendant la moitié de l'aunée. Ce bourg, très-commerçant, et où s'achètent la plupart des beurres que l'on prépare à Morlaix pour l'exportation , aurait besoin que l'on réparât les Toutes et que l'on ouvrit de nouvelles voies de communication. Nous citerons comme les plus importantes à ouvrir : 1» on chemin dirigé sur le Poulhou ; 2 ' un autre sur Cal lac ; 3° un troisième sur Carhaix, en passant par Scriguac et venant rejoindre à Poullaouen la route de Morlaix.
Lannéanou est une triste bourgade isolée au milieu des montagnes ; passez sans vous arrêter. Autrefois on pouvait visiter son église à jours douteux , à vitraux peints , à ogives légères , à moulures dentelées ; aujourd'hui vous ne verriez plus qu'un rectangle de maçonnerie, espèce de halle où l'on adore Dieu comme on peut.
Traversez rapidement les arides communes de Bola7.ec , de Scrignac et de Berrien ; vous voilà au Huelgoat. Ici tout change : tout est frais , ombreux et riant. Ici le peintre , le poète, l'antiquaire et le savant trouvent également de quoi éveiller leur admiration; nous recommandons sur» tout au premier la cascade de Saint-Herbot et l'admirable église du même nom , la singulière masse de rochers connue sous le nom de Ménage de la Vierge , le gouffre où se précipitent des eaux dont on ignore la source , enfin la promenade le long du canal qui conduit l'eau à la raine.
Le bourg du Huelgoat présente par lui-même
peu d'intérêt. Ce lieu fut jadis fortifié , et l'ou aperçoit encore quelques traces des anciennes fortifications. Un peu en avant du bourg , sur un monticule et à l'ombre de chênes séculaires, s'élève la chapelle de Notre-Dame des deux , dont les corniches de bois sculpté sont fort curieuses. L'église du bourg ne mériterait aucune attention , sans un lutrin fort ancien , sur le piédestal duquel existent des bas-reliefs singuliers. Voici la description qu'en donne M. de Fréminville, dans son second volume des Antiquités du Finistère:
« Ce piédestal est à trois côtés ; sur le premier » est représenté un très-jeune homme à chevelure
• longue et flottante , ayant les bras et les jambes
• nus, et du reste vêtu de la saye ( sagurn ) des » anciens gaulois. Il porte sur son épaule droite » une espèce de longue massue. Cette figure est
• placée dans une espèce de niche , environnée
• de branches de guy ; on ne peut douter qu'elle
• ne représente effectivement un ancien celte.
» Sur la seconde face on voit une femme , qui > parait être une espèce de bacchante ; elle a le » sein et les bras nus; sa robe, longue par
• derrière , mais très-courte en avant , laisse apera cevoir à nu une de ses jambes. Elle a sur la a tête un voile rejeté en arrière. Dans sa main a gauche elle tient par l'anse un vase en forme a d'amphore, et dans sa droite une coupe à pied a qu'elle semble porter vers ses lèvres.
» La figure de la troisième face de ce piédestal a représente évidemment l'amour sous les traits a d'un jeune homme presque nu , ayant seulea ment la tétc coiffée d'une légère draperie qui a tombe en arrière et qui, ramenée ensuite par a devant , y remplace la feuille de figuier. Dans a sa main droite il tient une torche enflammée, » et de l'autre une flèche qu'il semble prêt a a lancer.
a I, 'exécution de ces sculptures est du style le a plus barbare, sans correction, sans goût, a sans dessin. Je l'avouerai, si elles eussent a été laites en pierre, je n'eusse pas balancé à a les regarder comme très-au tiques et à les attribuer a aux celtes du troisième ou du quatrième siècle a au moins ; elles portent si parfaitement , en a apparence, le cachet des mon u mens de celte a époque, qu'on n'eût pu raisonnablement émettre a sur elles un autre jugement. Mais le piédestal a de bois dont on les a ornées ne peut être
TOPOGRAMME PfTTOnESqrE ET ■1STOBIQCE.
• Lien ancien. "Se seraient-elles pas une copie
• fidèle faite par un artiste du seizième ou du
• dit llfrttir siècle, d'après quelques moou- . mens gaulois eÉfeÉ Bocore .1 relie rpo.pie
• auprès du lluelgoat. ou sur l'emplacement » même de l'église actuelle du bourg ? •
Kn suivant le chemin qui conduit à la mine «lu lluelgoat, on aperçoit sur le sommet dun rocher le Cattd. Gui M, une de ces tours isolées romiiM MM » avons déjà \u dans lile
4e Rozan.
IV l'autre coté, sur une montagne, est le camp d'Artus, fortification en terre dont les retranchemens ont 1S pied» de haut , et qui forme un trapèze de neuf cents pieds environ dans sa plus grande longueur. A l'une des extrémités, une tour isolée, dont 00 toit encore les débris, était bitie sur une hutte artificielle environnée d'un fossé.
L'histoire du pys ne nous apprend pas ce que pouvait être celte étrange fortification, ni quel est l'Artus qui y établit autrefois son camp. M. de Fréminville suppose , et cette opinion nous semble probable, que ce retranchement servit d'habitation à quelque jarle guerrier puissant du cinquième siècle, qui occupait la tour avec sa famille, tandis que des homme* de guerre habitaient des baraques de bois disséminées dans l'enceinte fortifiée.
C'est à lluelgoat que se trouve le plus beau roufrrs ou pierre branlante de Bretagne. Cette masse, qui pèse au moins deux mille milliers, peut être mise en mouvement par un seul homme. On sait que les «vil»*-, (-(insultaient leosri liât ions des rvulers et en liraient |i. >ages.
L'église gothique de Sainl-llerbot s'élève près de la cascade du même nom : elle date du seizième siècle. Les sculptures en bois de son ch.rur et de son jubé, et le tombeau du pieux ermite Saiut-llerhot, qui vécut long-temps en ce lien, et en l'honneur duquel l'église a été construite, méritent l'attention. L'anachorète est représenté, sur son sarcophage, en robe, avec un mraail rabattu, les cheveux tombant, la barbe langue, son bourdon a la main e| le hrétiaire suspendu à la ceinture. Il est difficile d'imaginer un site plus romantique que celui dans • lequel s'élève l'église de Saint-llerbol. Assis sur les bords du précipice, on écoute le mur-
mure de la cascade, on voit la vieille église dessiner dans le ciel ses élégantes ogives; puis autour de vous et au loin tout est silence et solitude. Vous n'entendez que le bruit mélancolique d'un oiseau de bruyère qui de temps en temps retentit près de la chapelle; vous ne voyez, que quelques chèvres demi sauvages qui courent le long des rochers tout tapissés de ronces et de fougères. Vers midi , le tintement d'une cloche se lait entendre, pais le son des cornes des bergers y répond, et ces bruits mélancoliques s'étendent et se perdent dans l'espace comme les voix des génies dans l'air! Ah! qui ne s'oublierait au milieu de ces poétiques harmonies, qui ne perdrait la le souvenir du monde, de ses devoirs, de ses agitations, pour sa laisser vivre quelques heures de cette vie enivrante que fait la rêverie.
Le lluelgoat peut vous servir de rentre p.. m quelques excursions. Outre la mine , qui mérite la première visite, on peut voir le vieux cbiteao du Rusquec, au sommet de la montagne de Saint-llertMt ; puis Lahaye, dans la commune de I-œmaria , 0ù demeure M. de Kersausie , le parent le plus rapproché de l^atoor d'Amergne. On y voit le portrait du premier grenadier de France , en habit de soie , avec l'oiseau d'obligation sur le doigt et le bouquet à la boutonnière. On conserve aussi a Lihave les hottes et l'épée de Corret. C'est chaussé des premières et ceint de relle-d e*M M. de Kersausie se présenta, en 1814, pour saluer Louis XVIII, qui ent besoin d'une explication pour comprendre re singulier accoutrement. La maison de lahaye possède aussi le arur du héros breton mort a Neobonrg. Par un jugement récent de la cour rov aie de Paris, les Lalour d'Auvergne lauraguais , qui le conservaient, ont du le remettre a M. de kersausie, dont la femme était la plus proche parente du brave Corret, dit Latonr d'Auvergne.
Du lluelgoat on peut aussi faire une course jusqu'à l'abbaye du Relec. Après a»oir traversé le versant septentrional de l'Arhès, on aperçoit tout à-coup une fraîche vallée au food de laquelle se trouve le Relec. Cette abbaye était de l'ordre de Citeaux , et fut fondée, I ce que l'on croit, par les vicomtes de I>on. L'église est lombarde, et doit dater du dixième siècle, si ' l'on en juge par les colonnes de la nef. Le
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
clotlrc fut bâti plus tard, comme le prouvent ses arcades en ogives.
Un chemin conduit de Huelgoat à Poullaoucn, où se trouve la seconde mine de plomb; vous trouvez ensuite la grande route de Poullaoucn à Carhaix.
11 nous reste peu de choses à dire de Carhaix , après les détails de Cambry et ceux déjà donnés dans notre commentaire (1). Nous rappelons seulement au voyageur qu'il devra visiter l'église de Sainl-Trémeur , avec sa tour massive que le lierre couronne; l'église de Saint-Pierre , peu distante de la précédente , et dont le clocher est fort beau; l'aqueduc romain situé sur la route de Callac, à deux cents pas de la ville. Nous avons vu dans la rue des Augustins, parmi les débris du couvent qui lui a donné son nom, un autel presque complet, d'une construction gracieuse, et orné de sculptures d'assez bon goût; les quatre colonnes de marbre qui le soutenaient servaient à attacher les chevaux des paysans qui s'enivraient à l'auberge voisine. Il existe encore à Carhaix, comme dans presque toutes les villes du Finistère, plusieurs maisons Tort anciennes, à corniches saillantes, à toits élevés et pointus. Ces corniches sont couvertes de caryatides représentant des guerriers, des prêtres, des femmes, des moines, des paysans, tous dans le costume du temps.
Ne vous éloignez pas de ce pays sans avoir Tait une excursion vers la limite qui sépare le Finistère du Morbihan, et après avoir gravi la montagne de Gourin, dont la cime sépare les deux départemens. De ce sommet, par une belle journée, vous pourrez apercevoir la moitié de la basse Bretagne; vous l'aurez étendue sous vos yeux comme une carte en relief. Vous pourrez suivre les deux grandes arrêtes qui la traversent, les montagnes Noires et les montagnes d'Arhès; là s'élèvent le Méncz-Hom et le Saint-Michel, le premier abaissant ses versans vers la rivière de la Peur (l'Aon) et la baie de Douarnenez, le second dominant de son cône dépouillé les hauteurs de Pleyben et de Braspartz. Le Ménez-Brée, demeure du prophète Guinclan, se dessine dans les Côtcs-du-Nord , tandis que le terrain plat du Morbihan se déroule aux pieds de la montagne où vous vous
(«) Cambry , p*g< m.
trouvez. En parcourant du regard cet immense panorama, vous pouvez deviner le cours de l'Aon, de l'Hyèrcs, du Buis, du canal de Nantes à Brest* en suivant les contours des fraîches vallées où coulent leurs eaux; mais aucun détail ne se détache de cet immense tableau. Carhaix, que vous apercevez, se distingue à peine; Gourin, plus près de vous, semble un point dans l'espace : mais ce qu'aucune parole ne peut exprimer, c'est l'immensité sublime de l'ensemble, cette variété de plans successifs, ce relief des montagnes, des collines, qui déploient sur leurs croupes multipliées de longs tapis de verdure et de moissons, tandis que leurs cimes chauves n'offrent à l'œil que des rocs décharnés. De la hauteur du Gourin on peut prendre une idée complète du terrain ondulé de la Bretagne, de ces milliers de vallons qui la coupent. On plane sur une telle étendue de pays que l'œil se fatigue à l'embrasser. De là vous pouvez désigner la place des villes, des bourgs, des villages de trois départemens; vous pouvez montrer du doigt les lieux où les grands événemens se sont passés. Là , entouré d'une nature sauvage et primitive , vous pourrez rêver long-temps aux siècles écoulés , sans que le bruit des hommes viennent vous troubler, car la solitude est partout; à l'orient seulement, du côté de la route qui conduit de Carhaix à Gourin , vous apercevrez peut-être d'heure en heure un voyageur isolé qui passe, ou quelque pâtre conduisant ses moutons noirs sur la bruyère en chantant un cantique du pays.
De Carhaix à Cléden-Poher la route est agréable mais montueuse. L'église de Cléden date du seizième siècle ; la maltresse vitre est fort belle , et l'on voit dans le cimetière une croix décorée de statues représentant la passion de Jésus-Christ.
Au pont TrifTen a lieu la jonction des rivières d Aon ( vulgairement appelée Aulne ) et d'Ilyères; c'est de là que s'aperçoit le château moderne de Pratulo , bâti dans un site enchanteur , à l'extrémité de vastes prairies.
Le bourg de 1-andelleau n'a de remarquable que la tombe du seigneur de Chàteaugal , dont parle Cambry, et qui nous a fourni l'occasion de citer dans nos commentaires le guerz de l'héritkre de Keroulas (2).
(») Cambry , p***
TOPACIUFHIF IMTTORESQrr. ET niSTOHIOrT..
\jm nrints de l'ancien manoir <I« Chateangal encore à une lieue de l jndcleau ; elle*
de lierre; c'est autsi dans le* cm irons que se trouvait le château du Cranec, I un des rc|»aire* de Fontenclle le ligueur.
Faon est détruit ; on aperçoit en rare la trace de fondations sur un coteau qui domine la rivière d Aon. Au revers du même monticule on rencontre la cha^llc de Notre-Dame des l'orles, dont le nom venait probablement de sa situation près de l'entrée de la forteresse. \jt. portail de ce monument e«,t couvert de sculptures charmantes; les croire* sont d une e\éeiition fort délicate, cl le huilier placé près de U port« est admirable de beauté cl de travail. On voit dans relie chapelle un morceau de sculpture fort singulier. ^ Kleniel , assis , et coiffé d'une espèce de mitre , lient dans bru ouverts Jésus cruriuV, taudis que le Saint- Esprit t posé sur sa barbe ; ombrage de ses ailes la ligure du Christ.
Canilir) a parle1 du magnifique aspect que l'on pouvait embrasser du haut de la colline de fiotre-Dauie des l'orles; sa description est au-dessous de la rcaliléX-
Le château de Trévarei e>i niooernc cl ne mérite aucune aient ion; on y voit ee|>ci)<latil un assez beau tombeau , celui de madame la baronne
sur
distingue
De dutrauncuf-du-Faou dirigez-vous Pleyben. L'église de hevheii se par son étendue, la richesse de ses détails et la variété de son anime, lure , ou le gothique pur est mêlé au sl)1e de la reoaivsauce. F.lie est surmontée d'nne haute tour carrée, percée de longues fenêtres qui lui donnent de la lége-
s'élère une sorte de lanterne. La co miche supérieure est entourée d'une galerie, et au\ quatre augles s'élèvent des cl.* lieton» qui se lerminenl eu dome comme la Unième. Le portail qui lient à cette tour carrée eu d une rare élégance; Je* statues des dou<e apôtres, qui le décorent iuUrieurcmcul , oui éc Juppé à la de»-
Il nivto sur la façade
fi) l«»kry, pig* iJG.
r»nnc.
|oinls entre eut par des arcades. Le plus rapproché de la grande tour est plu» haut, mais ntoini
merveilleux de force, de scieur Les fe ni très de l'abside, du plus sont d'une admirable hardiesse*
liere est probablement antérieur à l'église, un délicieu\ monument qui méritait d'être conservé, ne fut-ce que pour llmloirc de l'art; mais l'administration a jugé plus convenable de ïutiiiscr en faisant boucher ses charmantes arcades pour le transformer en t'eote primaire .' Nous recommandons celte preuve de progrès et de
Il exi-ite également dans le cimetière de Plexben un de ces curieux calvaires si communs dans le Finistère. Celui-ci est monlé sur un svuuasM me m pire*, a aogies uroiw par ues amies qui communiquent entre elles. Los figures y sont moins nombreuse* qu'à Flwugastel , mais mieux dessinées , et drapées avec plus de grâce. Ce calvaire ot di, au ebeau d uo Ozanne , famille dans laquelle le talent semble s'être per|M;tué. » • , ,1
("est près de Meyben que se trouvait le vient château de Tré/igiudv, et à la place duquel s éleve une bourgeon. Nuiis recommandons pourtant ce lieu au vovngeur pour son d Argenlré, un Tréiiguidj se des Trente ; mais M. de Frémimille avoir prouvé que l'Historien breton a été immpé l»ar la ressemblance des noms; suivant lui, il frandrait lire deui 7*otiguUx au lieu d'un TrtsiffûJr.
Nous voila de retour a Chileaulin , après avoir parcouru la pointe la plus remarquable de son arrondissement ; dirigeons- nous luaîutenant vers Ouin.pcr.
Il nous reste peu de choses à dire ior Quiiu^r après Cambry *t le* chrome nLairw dont
U04LS ayppa f * M>ïl ItliC
ville ;3, , de U cathédrale , de
j rl »airinU<-
(V J'»« Jil 'î»» Am»/~*r , oo A^mp-c . ufinfu l «ici a r .îij- A «1.
Saint-Mathieu, du couvent des Cordeliers , surtout d'être visité pour les admirables ruines de son église, de son cloître et la maîtresse vitre qui donne sur la rue Saint-François ; du prieuré de Loc-Maria. Près de cette église
résidence du roi Gralon., si célèbre dans dos chroniques. H> ne reste de la demeure primitive du prince breton que quelques pans de murs que l'on aperçoit en dedans de la porte d'entrée;
idmtoe breton; mai* cr n'est point per, et, de plu, la premier radical Krm n'a juti signifié1 esnV, station. On
cation. M. de Fréminrille réfute ce qao jo n'ai p*» ait; ce qoi pcutetrc commode, mais ea oui est pan concluant 1J Agissait de nier que Zamp-er ne ponT»it lignifier Camp de l'aigle ; malheureusement cela était difficile. M. de FréminTilla convient que er signifie aigle, et pour te mot Kamp ( camp ) , noua le renvoyons an dictionnaire du père Grégoire de Rosirent n.
J'avais ajouté qne Qoimper avait reçu dans le» premier* siècle* le nom de Ctvitat AquiUt, qui aemblait ceobWr mon clymologie. M. de Fréminvitle me repond à cela qne oe n'est pas la tille de Qoimper-Corentin qoi est désignée par cette dénomination latine, mail bien
cation douteuse ; mai* qni ne sait qne la boorg de oc Maria est l'origine de la ville de Quimper, le riens Kimprr pour ainsi dire ? qni ne sait qne ce village fut antérieur à notre chef-lien actuel? Qu'y aorait-il donc d'étonnant à ce que aon nom eût passé i la ville nouvelle? Ne voyona-nona pas tons les jonrs des choses semblable* ? te petit Hnningne n'est-il paa élevé a cote d'nn antre Hnningne? le nonvean Nevrbrissac près de l'ancien? En tons «es, il tant an morne reconnaître qoe M. de Freninavale a mil un pas. Dans aon premier volume, il traitait de /aùenri d'érudition, do maniaques et tl'bonimr* absurdes , ceux qui prétendaient trouver une
^Murant que lea romains n'étaient jamais venus en Cor» nouaille. Aujourd'hui il veut bien qu'ils aient pénétré jusqu'à Loc-Maria, et il admet l'origine romaine pour ce bourg. Qoe M. de Frétoiuville y prenne g^rde; voilà son système bien menacé; l'ennemi est i se* portes; letymologie latine dea maniaaiet gagne im terrain et serre de ai pria aon Mfmber, que je crains fort pour Ja signification adoptée par lui, d'autant pins qne cette de deux rwUrtt ne e'accorde pas avec le nom de tempérèrent, en Tregnier , qui se trouve à la source d'une rivière; ni avec ccloi de Kemptr-G urttititec , où il n'y a paa de rivière du • ont. J'avais déjà fait ces
le reste de \'<
est nnc
Quimper peut devenir le centre de plusieurs excursions importantes. Voyea d'abord Laairon , ancienne habitation d'été des évoques de Quimper, dont les jardins furent dessinés par Le Nôtre , et qui présente encore aux yeux son léger fronton soutenu par des colonnes ioniques assises sur un perron élevé. .
On trouve dans la paroisse de Ploguffan, à une demi-lieue de la ville, et sur la colline de Kercaradec , une fortification celtique fort curieuse. Elle est bâtie de petites pierres et forme une enceinte circulaire de près de quatre cents pieds de diamètre; le retranchement a huit pieds de haut et cinq de largeur à son sommet. Quatre portes y sont percées, deux à l'orient, deux à l'occident. Les ruines d'un dolmen qoe l'on remarque au milieu de cette fortification semblent en désigner les celtes pour constructeurs; la nature de la construction, laite de pierres entassées et sans aucune maçonnerie, corrobore cette opinion.
Au-delà d'un marais appelé étang de Rohan, qui baigne les pieds du château de Kercaradef ( c'est ainsi que l'on désigne dans le pays l'oppidum celtique) , on aperçoit une tour isolée semblable à celles dont nous avons déjà parlé. Plus loin, sur les limites des paroisses de Pluguffan et de Plomelin, se trouve le manoir de Kerdour, flanqué de deux tourelles et assez bien conservé. Dans une prairie voisine de Plomelin on aperçoit deux men-hirs d'environ quinze pieds de hauteur.
On peut aussi visiter, à une lieue de Quimper, et sur la droite de la route qui conduit à Cbileaulin, le manoir de Coat-Bily, édifice qui ne date que de 1517 , mais qui présente l'aspect le plus pittoresque au milieu d'un paysage charmant.
Nous citerons enfin pour mémoire l'élégante «I chapelle de la Mère de Dieu, monument dn seizième siècle, parfaitement conservé, dont le portail , la porte d'entrée, les fenêtres ogivales , sont à remarquer ; le vieux manoir de la Forât , qui s'élève au milieu de sapins sur les bords de l'Odet; le Moustoir, ancienne maison fortifiée, à mi-chemin de Quimper à Concarneau ; la l*Ue chapelle minée de Notre-Dame
Torociupiiir riTTonrsqrr rr histohioie.
de GuHen , sur la route d» Rosporden ; et enflu le temple de» faux dieux , dans la paroisse de Pruhar*. Ce monument est un chileau du treilièsua itfrlr qui mérite d'être vu pour les débris de son architecture et son aspect pittoresque. Un trouve dans le cimetière de Penbare un chêne dont cinq hommes ne peuvent embrasser le tour. C'est dans une maison de Penhars qu« Tut caché Louvel après la journée du 31 mai
Dirigez-vous maintenant sur Locronan. Ce bourg doit son nom à Saiol-Ronan , pieux ermite qui vécut long-temps dans la foret de Névet, au lieu même où s'élève la bourgade A sa mort, il s'éleva des querelles rclatiteraen'. à l'endroit de sa sépulture. Pour terminer ec différent, on plaça le cercueil sur un char train» par des bœufs, et on l'abandonna à l'instinct de ces animaux. Ceux-ci tirent le tour de la montagne comme Saint-Ronan le faisait ehaqu>iour, et, revenant au point du départ, le dur se rompit : témoignage «'-vident que Dieu voulait voir son serviteur inhumé dans ce lieu. On lui érigea donc un tombeau, puis une église, qui Tut reconstruite plus tard telle qu'on la voit main tenaut.
L'église de Locronan porte les traces de la décadence du gothique; cependant ses proportions sont vastes et ses détails habilement tritaillés. Ine flèche hardie dominait autrefois l'édifice sacré; mais il fut frappé de la foudr eu 1808, et écrasé jusqu'aux galeries inférieures. Ainsi dépourvue de son clocher, l'église de Locronan offre actuellement un coup d'œil singulier"; il y a dans ses formes lourdes et arrondies quelque chose du minaret oriental, line de ses chapelles particulières renferme le tombeau 6V Saint-Ronan. C'est une table en kersanton, sur laquelle est eouebée la statue de Saint-Ronan. en costume d'évéque. 11 foule aux pieds un dragon monstrueux, symbole de lïdolitrie qu'il détruisit en Bretagne. Ce monument, qui a environ twis pieds de haut, est parfait d'exécution mécanique , mais fort grossier sous te rapport d l'art
Lu vous dirigeant de Locronan vers Douar nenez, vous suivez des chemins ombreux a travers «les campagnes fertiles. Cesl seulement an \illage de kerlas que l'air de la mer se lait sentir et que la végétation te rabougrit. En
approchant du rivage vous apercevez de nouveau l'éternelle hruyère qui en tapisse les bords, et tous arrivez aux sables de Ris, dont la digue naturelle protège les prairies qui s'étendent juv|u'au bourg du Juch. Remontez le cours du ruisseau qui les arrose , arrêtez- vous au Juch , voyez son église, examinez, à vingt pas, sur un mamelon , les débris du chileau des seigneurs •lu Juch : quelques p.itit de mur» . une immense fenêtre , voilà ce qui reste sur le sol pour téin. ligner de l.i puissance dune .1rs plus anciennes maisons de la Bretagne. Vous rejoignez ensuite Ploaré , dont vous admireret la graciasse église si bien décrite par Cambry, et vous ue manquerez pas d'y chercher un tableau de la One et un Christ copié sur er lui de Unm.i I . De Ploaré à Douarnenez la distance est peu considérable* *
Il ne reste rien à dire après Cambry sur Douarnenez ni sur sa belle rade; relisez les curieux renseiguemeas qu'il donne et les U qu'il en conte (2). Le lieu où Gralon, saisi par les flou de la mer, laissa tomber sa fille Dahut, et que l'on appelait Poul- Dahut (abime de Dahut ), se nomme aujourd'hui par corruption Poul-Oaàd. C'est un bourg fort ancien qui se trouve à l'extrémité d'une miere de même nom. C'est à l'entrée de cette rivière que se trouve l'Ile Tristan, célèbre pour avoir servi de retraite a Guy-Eder Fontenelle, brigand fameux du temps de la Ligue, qui s'y était fortifié, et ravageait de la toute la Basse- Bretagne. Un ne trouve plus aucune trace de la citadelle qu'il y avait construite.
En traversant la rivière de Pouldavid à tua embouchure, devant le gracieux village de Tréhoul. et se dirigeaul sur Poullan, on rencontre trois men-hirs, l'un de 15 pieds d'élévation, l'autre de 11 , le troisième de .1 Près du bourg de Poullan, le chileau de kenénergan montre au milieu des arbres m cheminée et sa tourelle. Des conventionnels proscrite, en 1793, y trouvèrent un asile; on lisait encore, il y « une trentaine d'années, sur un panneau de cheminée, ses vers de Barba roui écrite M crayon par lui-même.
En se rendant a la pointe du Raz par Beuzec .
«K vW**«. • m .
(•)C~W,, (*; Omktf,
TOPOGRAPHIE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
reposez-vous un moment au joli manoir de Kerdanet , entouré de bois. Nous avons autrefois vu dans la cour de ce château une statue de Saint- Michel terrassant le démon , qui nous frappa par sa pose et son énergie ; nous ignorons si elle s'y trouve encore.
Détournez-vous de quelques centaines de pas sur votre gauche pour aller examiner l'élégante et svelte chapelle de Comforl, qui s'élève légère et gracieuse sur une Tasle lande. Elle appartint, dit-oo, auxchëvaliers du Temple, mais nous ne croyons pas que sa construction remonte au-delà du Seizième siècle- La pointe du Raz présente une des passes les plus tempètpeuses et les plus redoutées de l'Océan. Le nom de la baie voisine suffit pour donner une idée des dangers qu'on y court : on l'appelle la baie des Trépassas. C'est là en effet qu'après les orages viennent échouer les débris des navires brisés sur les rochers du Raz , et les cadavres des noyés. Au fond de cette anse s'élève une chapelle isolée. On y trouve toujours quelque femme de marin entourée de ses enfants à genoux comme elle, qui, le chapelet à la main et les yeux sur l'Océan , prie en pleurant la vierge de ne pas permettre à la mer de faire une veuve et des orphelins de plus.
C'est au moment d'une tempête qu'il faut visiter le bec du Raz. Quoiqu'élevé de deux cents pieds au-dessus de la mer, le promontoire semble à chaque instant prêt à s'engloutir sous les vagues; on dirait un navire qui tangue. La terre frémit sous vos pieds; une écume salée vous couvre, et les huriemens horribles des flots dans les cavernes des rochers vous étourdissent jusqu'à vous donner le vertige. Le bourg de Cléden est placé presqu'à l'extrémité du Raz. D'après le chanoine Moreau, qui a laissé une Histoire de la Ligue en Basse-Bretagne , on trouvait dans ces parages, à l'époque où il écrivait ( 1586), plusieurs antiquités fort curieuses. Il parle d'abord d'une ville appelée Jioc'h-Guencap-Sizun (la roche blanche du cap de la semaine), défendue, du coté de la terre, par une triple enceinte de murailles , et , du coté de la mer , par un précipice le long duquel on avait pratiqué un escalier étroit qui descendait jusqu'au rivage. Une autre place très-forte se trouvait près de Cléden et Plogoff; une grande muraille carrée, faite de cailloux noyés dans le ciment,
qui devait être une dépendance de l'ancienne ville d'Is, et près de laquelle on trouvait des auges de pierres ou cercueils, qui, d'après la description, devaient appartenir au quatrième siècle. Eniln le même chanoine parle de deux routes pavées conduisant du bec du Raz, l'une à Quimper, l'autre à Carhaix. Tous ces importa ns débris d'une époque reculée ont disparu. Il ne reste plus en fait d'antiquités qu'on menhir de onze pieds , placé près du mit des signaux.
La côte de Plogoff est admirable par ses récifs et ses coups de mer; l'enfer mérite surtout d'être
visité.
L'Ile de Sen est peu éloignée du bec dn Raz; elle est située à 1 extrémité d'une chaîne de rochers qui se prolonge à cinq lieues, et qui porte le nom de chaussée de Sen. Non loin de l'ile s'élève l'écucil appelé le grand Stévenec, contre lequel vint se briser le vaisseau le Séduisant, qui sortait de Brest pour l'expédition d'Irlande dont Hoche avait le commandement, E'équipage et huit cents hussards passagers sur le vaisseau furent sauvés par les habitaos de l'Ile.
L'Ile de Sen a toujours été désignée comme un centre de culte druidique. M. de Fréminville a inséré dans les Annales maritimes un mémoire dans lequel il établit que ce n'était pas un collège de druidesses qui existait à Sen, mais bien un collège de druides; il se fonde sur ce que le mot Sen, en vieux celtique, signitle vieillard. Selon lui, le collège de druidesses que Pomponius Mêla dit avoir existé dans une lie située visà-vis la côte occidentale de l'Armorique, et qui s'était rendu si célèbre par ses oracles, se trouvait dans l'Ile de Groas. M. de Fréminville se fonde encore, pour cette seconde opinion, sur le nom de cette dernière Ile, qu'il dit venir du mot groac'h, qui signifie en celtique vieille sorcière ou dmidesse.
De retour à la pointe du Raz, suivez la cote qui conduit à Àudierne. Près Primelin existe
dolmen couvrant une fontaine sacrée. Audierne n'a rien qui puisse arrêter le voyageur. A peu de distance se trouve Pont-Croix, petite ville peu intéressante. Son église est pourtant remarquable; le clocher est élancé, festonné, travaillé à jour, et le portail principal, d'une délicate exécution, atteste le ciseau exercé d'un artiste habile. Nous
TorotiupN»: rrrroRESOrc ET historique.
renvoyons pour celle tille aux détails donnés
pw Cambry (1).
Suivez la baie d' Audierne dans tout son contour jusqu'à Penmarc'h. Sur la pointe du Soc'h, près du poste des signaux, est une euceinte druidique formant un parallélogramme de 245 pieds de longueur sur 125 de hauteur. Les pierres qui composent cette enceinte ont cela de remarquable qu'elles sont plantées dans des massifs de maçonnerie sèche. I n |>eu plus loin, auprès du corps-de-garde des guetteurs, sont deux dolmns.
A quelque distance du sanctuaire du Soc'h , vers la crique de Pouhant, vous apercevez le plus beau dolmen du Finistère. Seize pierres verticales supportent sa table, composée de deux pierres plates (la troisième a été brisée). Il a quarante-trois pieds de longueur et six pieds et demi de haut. I ne seule des pierres posées horizontalement a vingt-quatre pieds de long et quatre et demi «l'épaisseur.
A Plovan sont d. ux^men-hirs, l'an de quatorze pieds d'élévation, l'autre seulement de sept pieds.
C'est entre Audierne et I Vnmarc'h que le vaisseau les Droits de l'Homme, commandé jiar le contre- Mini Lacrosse, fut forcé, au retour de la désastreuse campagne d Irlande, de se jeter à la cote pour échapper à une division anglaise. Ce fut aussi detaul Audierne qu'après un combat de quatre heures , contre trois vaisseaux anglais, et entouré d une escadre de quatorze navires de toutes forces, le brave capitaine l'Héritier rendit le vaisseau l'Hercule, qu'il conduisait de Loricut a Urest.
Penmarc'h, aujourd'hui désert et désolé, fut autrefois une ville opulente (i). Le graud nombre de mon u mens druidiques dispersés aux environs prouve même que, du temps des Celtes, ce point était un centre d'habitation important. On voyait encore en 1819, au milieu îles tuaisous même de Kerity, an dolmen qui a été détruit depuis. Près de la chapelle de Notre-Dame de la Joie se trouve un meti-hir, et au milieu de la plaine, entre la cha|K-lle de Traon-llouarn et de Notre- Dame du Huer, on en aperçoit un autre qui a quinze pieds d élévation, Enfin, auprès du bourg actuel de Penmarc'h , dan-« un champ qui borde
tarife» v
(.) C*mbrf, p.g„ ,|(, *) I M»Ui , ,„r, ,U, liy. .
la roule de Pont-l'Abbé, sont deux men-hirs de vingt pieds de haut. Il est probable que dès la plus haute antiquité la tille de lYumarc'h , va sa situation, fut tres-commerçaule. Dans le treizième siècle, elle faisait d'immenses salaisons qu'elle expédiait au loin. La pèche de la morue, ou plutôt du merlus, dont il existait un banc à quarante lieues dans l'ouest, avait enrichi les armateurs de Penmarc'h; mais la découverte de Terre-Neuve, en 1500, porta un coup terrible a la prospérité de ce commerce, qui fut presqu'entièremeut ruiné par une tempête horrible, dont la tradition a gardé le souvenir, et dans laquelle tous les navires pécheurs de Penmarc'h périrent. Cependant, eu 1550, celte ville comptait encore près de trois mille arquebusiers prenant part à l'exercice du papegaud. Mais les déprédations des jy rates qui infestaient nos cotes continuèrent à ruiner peu à peu Kerity-Penmarc'h, que Fonle— Ile acheva de ravager. Actuellement il ne reste plus que deux misérables hameaux , appelés l'un Penmarc'h, l'autre kerity; ce sont comme les deux extrémités de la grande tille d'autrefois, et d immenses amas de décombres entassés dans l'intervalle qui les sépare indiquent les quartiers qui ont disparu. Certains sentiers tracés au milieu de ces ruines ont encore conservé les nams des rues qu'ils ont remplacé ; on les appelle la grande rue, ta rue des argentiers, ta rue des marcltands, etc. Du reste, chaque jour on enlevé les débris du tieux Peiiinan li DMI hi fjmservir à de nouvelles constructions; de sorte que dans quelques années il n'en restera plus nulle trace.
Li preuve la plus frappante de l'importance qu'avait autrefois la tille batte sur cette poisse, est dans le grand nombre des églises que l'on voit encore presque intactes au milieu des décombres.
K.lles sont au nombre de six.
D'abord l'église de Penmarc'n , qui est la BSBt
grande : elle est dédiée a giU> H un de
ces s.uiits inconnus dont h Hretagne abonde, et auxquels la ton du peuple outrit le paradis et le calendrier sans I autorisation du pape. Cft édifice gothique, un peu lourd, mais construit atec beaucoup de soin, porte sculptés sur sa façade plusieurs tutires des quinzième et *i- /lemc siècles, qui attestent que son édilicalion est due en partie à la muuUkcucc des aégodtM
et des marins de Penmarc'h. Ces sculptures sont
TOPOGRAPHIE PITT0RE5QCF ET HISTORIQUE
cipite avec fureur dans ce
différentes formes des navires de cette époque. La maîtresse vhre derrière le chœur, et en général toutcslcsfenétres, méritent d'être remarquées. La grande statue d'albâtre (Saint-Jean) dont parle Cambry, et qui se trouvait à Kerity, a été transportée à Penmarc'h. On voit aussi an presbytère quatre petits bas-reliefs d'albâtre du quatorzième siècle, représentant la passion.
L'église de Kerity, presquecomplètementruinée, date du treizième siècle, et fut élevée par les templiers ; on reconnaît le caractère guerrier de ses fondateurs à la forme de la tour, moitié clocher, moitié forteresse. Après la destruction de l'ordre du Temple, l'église de Kerity fut abandonnée à la paroisse sous l'invocation de Saiut- Thumète, autre saint breton aussi inconnu que Sainte-Nonna.
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En se dirigeant vers le phare de Penmarc'h, ou rencontre l'église Saint-Pierre, dont la tour avait été construite pour servir de lieu de refuge et de défense, ainsi que le prouvent ses meurtrières. Parmi les caryatides qui sont placées aux angles de celte tour, on remarque une statue dans une pose et dans une action que nous ne pouvons nous permettre de décrire.
Un peu plus loin au nord se trouve la chapelle de Notre-Dame de la Joie , puis l'église de Saint-Guénolé , dont les magnifiques ruines, couvertes de délicates moulures, de clochetons et de sculptures gothiques , attestent l'ancienne splendeur ; enfin la petite chapelle de Saint- Fiacre, bâtie presque en (ace.
Qnant à la vne de mer que présente la Torche de Penmarc'h , on en a tant de fois parlé que nous n'essaierons pas de la décrire. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'une journée passée sur cette pointe vous jette dans une tristesse et une sorte de stupeur dont vous êtes quelquefois plusieurs :jours à vous remettre. La pointe de Penmarc'h est le lien le plus désolé, le pins sauvage , le plus navrant que nous ayons jamais visité. Flots , écucils , raines , votre œil n'aperçoit rien autre chose !
La Torche est un récif séparé de la terre par un espace appelé le saut du Moine. On raconte qu'un moine, ayant voulu franchir cet intervalle, tomba dans l'abîme et y périt. La mer se pré-
, et ébranle le
A une demi-lieue à l'est de l'anse de la Torche on trouve la chapelle de Traon-Houarn , bel édifice gothique , voûté en pierres , 'avec des nervures , des culs-de-lampe et des pendentifs. Tout auprès existe un calvaire dont le soubassement est couvert de bas-reliefs rongés par les lichens et la mousse. A peu de distance se voient les ruines pittoresques d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Buec; nous y avons surtout remarqué une croix fort habilement travaillée et un men-hir renversé.
Le chemin de Penmarc'h à Pont-l'Abbé vous conduit devant le vieux manoir de Gouénac'h, derrière lequel se trouve un dolmen précédé d'une avenue druidique. Quatre trous creuses sur la plate-forme de ce dolmen semblent avoir été destinés à recevoir le sang des victimes. Sur le bord même du chemin on aperçoit un second dolmen, dont la table a 7 pieds et demi de longueur et neuf de largeur. La hauteur de ce dolmen est d'un côté de 9 pieds, et de l'autre de cinq seulement. Dans le pays on l'appelle Ti c'homquet ( la maison des cliorrics ou nains ).
Pont-l'Abbé n'a de remarquable que son vieux château et le couvent des Carmes (1) ; encore nous nous trompons, Pont-l'Abbé n'a plus de vieux château. Vous y verrez seulement je ne sais qnel édifice inexplicable, plâtré de blanc, qui était autrefois une forteresse dn douzième siècle, et dont on a fait, je crois, une mairie, une caserne de gendarmerie. On a démoli les remparts ainsi que l'une des grosses tours de la façade; l'autre a été découtonnée de sa galerie, de sa flèche et de ses défenses. Quant au couvent des Carmes, fondé en 1383, par Hervé, baron de Pont-l'Abbé, aucune main barbare ne l'a encore défiguré ; son cloitre, environné d'arcades en ogives, est entier et charmant.
N'oubliez pas de vous rendre de Pont-l'Abbé à Loctudy, village situé au bord de la mer, et dont l'église lombarde date du sixième siècle; le portail seul est plus moderne. Toutes les arcades y sont à plein cintre; les chapelles latérales sont circulaires, ainsi que le
il*.
TOPOGRAPHIE IMTTOrUsVl »■ ET nisTOMQlE.
L'église de Locludy fut donnée aux iMfpttm, ni 1187, par Coran II, duc de Bretagne. Ou voit encore sur les chapiteaux de la nef et du cbcenr les insignes de leur ordre et deux figures
s HTM représentant, l'une (III (lk'\jlllT du
Temple couvert de sa cote de mailles, l'autre un chapelain.
Embarquez-* ous pour visiter le petit archipel des Glérans, groupe d'Ilots à peu de distance de la cote. Dans votre traversée vous jouirez de l'aspect des fertiles campagnes que la mer horde de Peumarc'b à Concarneau. Venei prendre terre à l'Ile Tudy, d'où vous pourrez admirer la richesse des paysages de la rivière de Pontl'Anbé. Visitez, en remontant l'Odet jusqu'à Quiraper , la chapelle de Notre-Dame de la Clarté* , cliapelle vénérée qui attire un nombreux concours de pèlerins.
Dirigez-vous sur Combril pour chercher le vieux chiteau du Cosquer, situé entre Uénodet et le bourg. L'une des façades de cet édifice appartient évidemment à la un du quinzième siècle : tours, fossés, mâchicoulis, ornement, gargouilles, tout le prouve. L'autre façade au contraire est dhier, ains <jue l'altesle ta nudité géométrique. Ce contraste est bizarre dans un même bâtiment , et nous n'en connaissons pas d'autre exemple.
Le chiteau du Cosquer est la propriété de la famille kersalaun. Dans la querelle des parlement , lors de la création du parlement Meuu- |hxi , M. de Kersalaun partagea les opinions , la prison et l'exil du procureur-général Larha- I. i.m. ; r.i|>|M-|.- .1 ses fonctions par l-ouis XVI, il revint visiter Quimper, et fut accueilli a»ec enthousiasme par le peuple , qui voulut dételer M>u ca rosse pour le minera bras; à la vérité, en 1791 , ce même peuple voulut l'assassiner. Cependant M. de kersalaun u'émigra pas, et traversa sans accident tous les orages de la résolution. •
Maintenant suivez-moi le long de cette «Mi couverte de gais villages et d'ombrages verts; irnersonscetélyséecliampélre. Voyez-vous la bas, au milieu du lierre et des ronces, cette petite cbnpdle? c'est la chapelle de liodivit. Ici aucun souvenir des anciens âges , aucune étude d'auli- •luaire ni de poète à faire; mais si vous aimez l'humanité, arrétez-Vons : dans cet humble cimetière que couvre la mousse dorment trois géné-
rations d'hommes vertueux qui furent utiles tant qu'ils vécurent , et laissèrent après eux des bienfaits sans laisser de gloire. Là sont les tombe* de la famille Le Dean , qui la première rn/roduitit la culture de la pommé de terre en Bretagne. Ils encourageaient les cultivateurs par leurs exemples; ils ont défriché de vastes laudes, planté des terres incultes, embelli des lieux sauvages : leur nom est déjà oublié dans la campagne, mais le bien iju'ils ont fait \oii» environne; après Dieu, ils ont tout créé dans ce pays.
Il est difficile de rien concevoir de plus frais, de plus charmant que la promenade qui lon^e la rivière depuis l'emliouchure de l'Odet jus qu'à Quimper. Dans la commune de llomelin vous rencontrez le Pérennou , délicieuse campagne de M. Dumarhallac h , dans laquelle l'art est venu aider à la nature sans jamais la défigurer. Les jardins anglais du Pérennou mériteraient seuls une visite de l'étranger , qui serait sûr de trouver dans son propriétaire un cicérone aussi instruit qu'aimable. Mais un objet plus curieux y appelle l'attention, nous voulons parler des débris romains trouvés depuis peu de temps à cette campagne.
Nous croyons ne pouvoir mieux faire , pour en donner une idée complète, que de joindre ici le mémoire écrit à ce sujet par M. Duwarlullac'h, (ils, mémoire qu'il a eu ( obligeance de nous communiquer :
■ En retournant quelques terres jusqu'alors en friche , la charrue avait arraché du sol des fragmens de ces briques à rebords dont les romains couvraient leurs édifices. La singularité de ces restes, au milieu d'un pays ou rien ne semblait justifier de leur emploi, devait exciter l'attention. Déjà quelques débris avaient fait pressentir à M. le comte de la FrugUye l'existence de ruines voisines, et nous devions à ses lumières nos premières notions à cet égard. L'apparition de nouveaux indices me décidèrent à tenter quelques recherches , et bientôt , au milieu d'un bots, je reconnus un massif d'arbres qui . r.. Usaient sur d-s de. ombres . et devaient an\ sels calcaires qu'ils puisaient dans leur sein l'activité de leur végétation. Les fouilles ne tardèrent pas à découvrir de vieilles masures que sillonnaient
TOPOGRAPIUE PITTORESQUE ET HISTORIQUE
les racines , el que des moitiés de souches respectées par les haches couronnent encore aujourdhui. Un cachet trop fortement empreint pour être méconnu les distinguait encore malgré les siècles, et suffisait pour révéler aux yeux les plus novices une origine étrangère.
• Quelle différence en eflet entre les constructions nationales el celte architecture exotique transplantée dans nos landes ! On sait ici qu'un art dépaysé lutte avec des matériaux rebelles et cherche encore sous un ciel Inconnu l'application de règles familières , mais devenue* difficiles.
• De larges pierres , carrément posées, donnent à nos monumens leur force et leur grandiose , et le cliaume de nos villages n'a le plus souvent pour appui que des murs où le moellon trouve à peine une couche légère d'argile. Le basbreton sur ses granits savait se passer de ciment, tandis que les romains sur leur sol calcaire pouvaient s'en montrer prodigues. Un séjour prolongé sur nos cotes les eût bien forcés d'obéir à la nature qui les entourait; mais trop neufs encore, ou trop dédaigneux, ils multiplièrent autour d'eux les difficultés plutôt que de sacrifier à de nouveaux usages. A défaut de leurs briques en pouzzolane , ils se servirent de petits cailloux anguleux que leur marteau n'a pas môme essayé d'attaquer. Us les alignèrent avec soin, les lièrent ensemble par un épais ciment , et l'on voit encore sur les murs l'empreinte du cordeau romain qui assigne environ six pouces de hauteur à chacune des assises. Telle est la méthode constamment suivie dans les constructions que je vais lâcher de vous décrire.
» Le premier édifice dont je vais m'occuper est ici représenté par le plan N. 1 : c'est un rectangle de 53 pieds de long sur 21 de large. La façade se trouve du côté est. Le mur qui la forme est interrompu , aux deux cinquièmes de sa longueur , par une ouverture 0 de près de cinq pieds de large , qui donne entrée dans le bâtiment. Le seuil de celte porte est élevé de vingt pouces au-dessus du sol , et l'on y monte par deux degrés. A la même élévation le mur subit un retrait , et les parquets de l'intérienr viennent s'appuyer sur la saillie qui en résulte. Nous parlerons plus loin de la formation de «es parquets.
• La première pièce qui se présente lorsqu'on
entre par la porte O est une sorte de vestibule D, large de 7 pieds et longue de 11. Deux pièces adjacentes, à droite et à gauche, les pièces C et E , servent comme d'antichambres aux appartenons des deux extrémités de l'édifice, la pièce E du bord donne entrée dans une pièce F destinée sans doute à servir de décharge. Ob remarque dans cette dernière une cavité R que le ciment n'a point recouvert, et dont je ne saurais indiquer l'usage. Une porte latérale
la partie postérieure de l'édifice, quatre pieds au-dessous de celle que nous quittons. En descendant cet escalier , on se trouvait dans la pièce G , qui n'est point parquetée , el qui contient des débris fortement altérés par l'action du feu. Ce sont les parties latérales d'un fonrneau ( représentées en KK' ) formées par quatre grosses pierres dont la base est à demi décomposée. La fumée a laissé plus haut des traces de son passage, et sur leur* sommet quatre entailles tapissées par la rouille trahissent les barres de fer qu'elles supportaient. Quelques briques inclinées montrent qu'un ouvrage en demi-cintre s'élevait au-dessus de ces supports.
» De la pièce G il faut revenir sur ses pas , repasser par les pièces F , E, D, pour arriver à la pièce C, qui forme antichambre pour la partie sud de l'édifice. Cette pièce C conduit dans une chambre A , d'où l'on arrive , en descendant une marche, à la pièce B; mais entre ces deux pièces se trouve une ouverture V , qui montre les deux pièces I et H ; toutes deux méritent une description spéciale. Elles sont placées C comme la pièce G ) à un mètre au-dessous de toutes les autres parties de l'édifice, séparées entre elles par un petit mur percé de deux arcades , dont le grand diamètre est de 25 pouces , le petit de 18 seulement. Vingt-quatre petites colonnes ont laissé sur le parquet l'empreinte de leurs bases , et nos efforts pour retrouver leurs débris ayant toujours été sans succès , il nous a semblé naturel de penser qu elles pouvaient être en bois , et que le temps les avait fait disparaître. Sur ces colonnes et les deux arcades dont nous avons parlé comme séparant les pièces 1 et H , un parquet s'étendait an niveau du seuil V , de plain-pied avec l'appartement A; ce parquet faisait par conséquent des pièces 1 et H un caveau souterrain d'environ 3 à 4 pieds de haut,
Topofciupim l'iTioRrsçt i: rr iiisioiuQt »;.
qui ne pouvait évidemment avoir d'autre usa^e que de servir de réservoir. Ce qui prouve encore do reste cette destination , c'est qoe ces deux crypte» 1 et H «ont revêtus d'un ciment si pariait qu'aujourd'hui même il résisterait à l'action de ïair et des eaux, et que l'on retrouve l'orifice d'un canal dans le seuil de la porte V. Ce canal , qui venait sans doute du fourneau et des baignoires , traversait la salle superposée aux cryptes 1 et II , passait sous la marche C , et se terminait a l'ouverture Z, qui est un déursoir pratiqué dans le mur et conduisant au canal extérieur L , qui allait à la mer.
• Telle est la distribution générale de l'édifice;
• Ce que ron doit surtout remarquer , ee sont les cimens mélangés de plusieurs matières dont les constructeur» se sont servi pour les parquets. On dislingue quatre variétés dans ces cimens: 1° le plus pur et le meilleur est Tonné de chaux et de sable de nos grèves ; l'abondance . des pierres à chaux que nous avons retioovées montre qu'on les faisait cuire sur place ; 2» " le second ciment contient beaucoup plus de sable et quelques débris de coquilles qui , prota Mentent , comme les calcaires , furent soumis à . la caisson; 3* le troisième ciment est aux deux tiers formé de briques réduites en poudre , et leur doit nue couleur rougeilre; 4° colin, la quatrième espèce est un mélange de briques et de cimens peinte noyés dans la chaux. Ce mélange forme une mosaïque grossière que lea italiens ont appelé tcagtiolat et dont Us font encore un fréquent Usage.
• La pièce D est parquetée d'an ciment de la seconde d -s espèces" que nous venons d'indiquer; C et É sont en scagtiola; l et il, en ciment de la première espèce ; G n'est point .parqueté. Quant à la pièce A, deux couches de ciment de 30 pouces d'épaisseur y supportaient nn parquet eu marbre de couleurs variées et de M espèces différentes. Les carreaux , diversement taillés , Cornu lent des dessins qui auront bientôt disparu complètement Jnsqu'a la hauteur de 18 pouces, les murs étaient recouverts de marbre blanc, surmoulés de corniches également en marbre , puis décorés de fresques qui n'ont pu, dans leur ensemble, braver les injures des siècles. Cependant quelques couleurs vertes, faunes, et rouges surtout , te fout encore remarquer
MtlUtM PâJITUC
par leur fraîcheur et leur éclat. Le marbre n'avait point été moins prodigué dans la pièce B; les
eo étaient complètement revêtus. Eofin, le parquet qui couvrait les cryptes I et 11 était composé d'un ciment très-épais, où sont encore incrustés quelques débris de marbre.
■ Tels sont les traits les plus saillans de l'édifice que je viens d'esquisser, et <|ii< l.pies-uns me semblent asvz caraeti'-i Miques pour qu'A soit facile de reconnaître sa destination. J'ai vu bien des maisons thermie-., et m je n'ai trouvé nulle part une distribution parfaitement analogue, celle-ci |»eut cependant en dvuuer une m» l ion complète.
> Les caves que j'ai mentionnées let II étaient évidemment les cryptes ou réservoirs contenant assez d'eau pour qu'en un instant plusieurs bains pussent être préparés. Au-dessus, l'apparteux-tii était sans doute partagé en deux pièces. La pièce placée sur la cave II , qui se trouvait près du fourneau , était le tudatorium où se prenaient les bains de vapeurs , et qui toujours était disposé de manière à concentrer une chaleur Irès-intense ; l'autre pièce conliguë au-dessus de la cave I servait sans dot/te aux bains chauds; lapparlement B , entièrement en marbre, était réservé pour les bains froids; puis, enfin, la salle A', ornée de fresques, devait être ïurtetuaritun. C'était là que le baigneur, essuyé par des esclaves, se faisait couvrir d'huiles et de parfums.
. On ne peut se défendre d'un vif intérêt eu voyant au fond de la Bretagne cet échantillon , tout méridional, d'un luxe inconnu sous notre ciel moins brûlant. Ce sont bien dans toute leur vente les liai m unes romaines , vierges emorc d'influences étrangères. Mais si nos envahisseurs répudiaient les mœurs primitives de notre patrie, ils semblent avoir mieux compris ce qu'elle offrait de gracieux et de pittoresque. Moins factice* que les jouissances qui naissent de la civilisation , celles que donne la nature vont au fcénie de tous les peuples , et nulle latitude n'en fut d«Slit'ritée
> Près du Péreunou, l'Odet forme un de ces ravissans tableaux prodigués sur nos cotes. Ses flots, emprisonnés par une ceinture de collines ,
Urarium ; on |m»u»jiI embrasser d'un regard ce lac chaogeaul que le flux de la suer anime sain
cesse. Sur l'un de ses bords sinueux et découpés les eaux se promènent lentement , et l'on dirait qu'elles aiment à s'enfoncer sous les festons de verdure qui s'inclinent au-dessus d'elles; puis, par un étrange contraste , l'autre rive, âpre et sauvage, n'offre à l'effort des courans qu'un front inflexible que leurs assauts ne peuvent entamer.
» Les thermes isolés dans ce riant paysage deva ien t faire présumer un établissement de quelque importance. De vagues traditions signalaient un champ voisin comme l'objet d'une superstitieuse terreur. On observait en outre que le nom de Keioper (Kamp-er), pourrait bien vouloir dire ville des aigles; Laniron (Lan-er), terre des aigles, et depuis qu'on n'en avait plus besoin les indices se pressaient en foule.
» En explosant le sommet de la colline au pied de laquelle se trouvaient les bains, mon père découvrit- sous le gazon des briques éparses, puis un tertre qui dominait le sol de plusieurs pieds, et sur lequel grandissaient ça et là quelques jeunes ormeaux. C'étaient les ruines de la demeure principale que nous cherchions, et nous recommençâmes les fouilles.
* Le second plan , que je joins ici (Fig. II), pourra vous donner une idée des résultats encore imparfaits de ces nouvelles recherches. Quoique les déblais ne soient pas entièrement enlevés, il est facile de reconnaître les proportions dn bâtiment qu'ils recouvraient Deux ailes , de 45 pieds sur 30, sont réunies par une .longue galerie, qu'on appelait Basilica, et l'ensemble de l'édifice présente un développement de 120 pieds.
» La construction des murs rappelle ceux des thermes; les mêmes cimens sont employés à former les parquets , et de nombreux débris , couverts de peintures, attestent à chaque pas que des fresques décoraient la plupart des appartenons. Sous les parquets, un lit de cailloux, peu sensible aux thermes, atteint ici jusqu'à 5 pieds de profondeur. Ges travaux préparatoires , que les romains nommaient Sternere, servaient à mettre leurs bâtimens d'équerre et à les élever au-dessus du sol. Ils pouvaient ainsi se défendre de l'humidité de notre climat , si fatale au genre de décorations qu'ils avaient adopté.
> La distribution des deux ailes de l'édifiée est à peu près semblable. Au nord sont deux vastes pièces D, H; viennent ensuite deux petites pièaes 1 cl K pour l'aile gauthe, C et D pour l'aile
droite, qui sont continues aux deux grandes pièces; à l'extrémité sud de chaque aile se trouve un second appartement , au-dessous du niveau desprécédens. Cette pièce M, pièce d'un travail fort soigné dans l'aile gauche , est à l'aile droite E d'une exécution plus grossière, et servait probablement d'écurie ou d'étable. On n'y. trouve qu'une seule issue s'ouvrant en dehors de l'enceinte intérieure.
» Un retour de la galerie R, A», G, forme andevant de chaque aile de nouveaux apparteruen*. A droite , c'est une longue pièce F; à gauche, le mur s'interrompt brusquement , à 14 pieds de l'extrémité sud, et l'on trouve une nouvelle pièce basse L, de plain-pied avec la pièce M et s'ouvrant sur la cour, mais enfoncée de 4 pieds au-dessous de la galerie. Une seule difficulté se présente : nous n'avons trouvé aucune ouverture sur les pièces I, K, H, B, C et D, de sorte que nous ne pouvons savoir de quel côté on y entrait
» Il me reste à vous parler des objets que nous avons recueillis au milieu des décombres. A chaque instant s'offrait une multitude de briques de ' formes et de couleurs variables. Les unes rectangulaires, d'autres carrées, plusieurs à rebords, couvrant des canaux ou servant dé toiture; les moins graqdes de 6 pouces, les plus longues de 18, la plupart rôugeatrcs comme les nôtres, quelques-unes cependant , d'une argile plus compacte , restées blanches malgré la cuisson.
» Les poteries que nous avons retrouvées sont en général de formes élégantes , mais- de terres souvent fort commîmes. Les plus grossières et les plus nombreuses, d'un argile brunâtre, sont à peirtte vernissées. D'autres, coloriées en noir, sont tantôt unies, tantôt couvertes de. dessins en relief. Les plus belles, d'un grès très-serré, sont ornées de vernis d'une grande. finesse et de reliefs^ parfaitement intacts. Sur l'un de ces vases on remarque de petites colonnes torses réunies par de légères arcades, et dans les divers compartimens une muse, un satyre, une baigneuse , et quelques figures d'animaux. On distingue encore le mot Mbinus , écrit en bosse au fond d'une nrne brisée; médaillon curieux qui nous révèle, après dix-huit siècles, le nom d'un de ces romains qui foulèrent le même sol que nous. Vers le temps où ils quittaient l'Italie pour imposer leur joug à nos pères, le Vésuve engloutissait Pompela, et, par un hasard singulier, l'une des premières inscriptions qui frappe
le* regards en entrant dan* cette ville renaissante, est le nom d Wlbinus gravé sur la porte d'un marchand d'amulettes.
» In respect religieux pour le* mur* qui nous restant ne nous a pas permis d'interroger leurs Nousavoos cependant retrou t é quelques en cuivre. Quoique fort difficile* a classer, un numismate habile, M. Clément de la Hubaudiere, a su retrouver ce que le temps avait lait disparaître, et je vais transcrire les qu'il a bien voulu nous donner.
« la premie/t médaille, trouvée dans les (hernies, est très-fruste, mais consenecepeodant encore assez de traces de la tète et du revers pour qu'à l'aide de celui-ci on puisse reconnaître de quel empereur romain elle est » (m ne peut douter , d'après l'examen du revers et la comparaison qoe j'en ai laite avec plusieurs médailles que j'ai en ma possession , que ce revers ne représente l'autel consacré à Rome et à Auguste par les nations gauloises, a Lyon , au confluent de la Saône et du Rhdne. Cet autel est entre deux coloqnes surmontée* de victoires portant des palmes. Ou distingue d 'ailleurs sous l'autel l'exergue: Homa et ÀitçuMo, qui se voit sur toutes les médailles pareilles.
• Ou côté de la lettre on ne peut distinguer de U légende qui e*l écrite a rebours ( le» lettres tournées en dehors au lieu de l'être en dedans ) qoe les lettres ERAT, partie do mot imperator, et le nombre VII, qui. indique le nombre des victoires de I empereur. Cette partie de la légende, qui se rapporte entièrement a celle dune médaille de Tibère que j'ai dans ma collection , ne peut* laisser douter qu'elle ne soit pas de ce prince, d'autant que presque toute* les médailles au revers de l'autel de Lyon ont été frappées sons son règne, de l'an Ma l'an 37. La première partie de la légende, qui n'existe plus, était :
• I ne seconde médaille, en moyen bronze, est de I empereur Claude I. D'un enté, sa lèle , atec la légende TI. CLAVDIVS, CESAR, A\G. I\ M. TR. P. Tiberiiu, Claudius,, Ca*iar, Aitgiutut pontifie*, Uaximus, trihunitia potestaie Au revers, une guerrière marchant , tenant ton bouclier sur le bras gauche, et le bras droit élevé , tenant an javelot dans la posture de le lancer. I*s lettres S. C , smatits consuUu, dans le champ, sans légende. De Tannée 41 à I an 54.
• l'ne troisième, en petit brome, est de Victoria,
• père , tyran associé a Posthume dans les Gaules ,
• lia l'an 364 à l'an 268. Sa téle est couverte d'un - diadème rayonnant, et pour légende: IMI>. C
• \ ICTORIM S. Le surplus, qui est fruste, devait
• être P. F. AN G. Imprrator, Cœsar, Ficto-
• rinus , prinerp s, rW/V, .insistas. Au. mers,
• la déesse de lu violé . ;ippt,\«'-e de main
• gauche sur une liante . rt tfiwtii de Ij droit** un
• serpent qui s'élc»'1 :iij-dc>MJs d'un pet il autel de » forme circulaire l-i Ir^' iid-- : S\l. \>. Dons te
• reste, quiest fru»!e, dvMil Oire WGC. Jugusto-
• rwn. Allusion ait père ei .m (il-, qu'il >'.i»socia. » » Je n'appellerai \>x* » «itr»* alteiitinii sur une foule
d'objets d'qrte impoiLiiMT ><■< <md.ike, lel* «î 1 a- ■ des fragmeés de verre, de iii.nreauv de plomb, des scories, etc.; nuis je ne puis ine dispenser de vous faire obsem r le f<n ■/»•.» reiiijrqiuMv d« ces constructions ri.in.iims. hm> <li>>iributi<>us
guère avec les noire* .pic des nipp^ru de différence. Leur peu d '!> 'talion , le» briques de leur toit, le» ciment qui rev.-i.iieul leurs murs, les fresques dont iUéuie.ii d,Y,.réN Ie„r donnaient lin air de gatté, une pjrun' de fêle ijin devait constraster avec r;ii>tcre rt *<deiiuel]e ^rj»ikde nos vieux mouuinenv
• De ces ruines riantes et profanes on découvre , sor l'autre bord de ÏOdet, un de «e» àtiSces aux- formes se». créa, une antique chapelle avec ses ogives et sou clocher gothique. Le» sites où ces divers débris sont jetés ne forment pas une opposilioo moins frappante que le style des deux architectures. D'un côté, une nappe d'eau mobile où se jouent des barques de pécheurs; des bosquets, des prairies, un amphithéâtre de verdure, et, daos le lointain , l'Océan qui firme l'horiion. De l'autre, la ruine du moyen ige, écartée, solitaire, s'élève entre deux Ûwi de montagnes décharnées, et nulle pensée jovense ne trouble la sombre majesté de sa retraite. Dans ses murs devenus silencieux, 1a toi rassemblait naguère une population chrétienne et libre ea dépit de ses oppresseurs des long-temps oubliés. Et maintenant que du haut de sa flèche U croix s'incline sur ses autels déserts, voilé qu'après tant de siècles cette grande ombre romaine se drrsv tout-a-coop devant elle! voilà qu'aux derniers connus de l'Europe se retrou» ent face à face ces
TOPOGîUPniE irrroitESQcE et historique.
qui ont le plus profondément remués les hommes et gravés sur la terre l'empreinte de leur sceau !
» Au milieu de ces ruines, où s'arrêtèrent tourà-tour, après avoir vaincu le monde, les soldats des Césars et les apôtres chrétiens, l'Odet aujourd'hui coule insouciant, et mêle à leurs grandes images les cascades du Pérennou et les coquetteries de notre art moderne, bien lâshionable pour être inspiré. »
De retour à Quimper , vous en partez de nouveau en vous dirigeant sur Fouesnant, célèbre dans tout le Finistère par la beauté de ses
A l'aspect extérieur de l'église de Fouesnant, on la croirait toute moderne; à l'intérieur, on en juge tout autrement. Les voûtes de cette église, qui sont à plein cintre, dénotent une construction du neuvième siècle. Ces voûtes sont soutenues par des piliers massifs à chapiteaux, décorés d'ornemens disparates , parmi lesquels se font remarquer des figures humaines grossièrement sculptées. Le jour qui vient de fenêtres longues et étroites donne un caractère tout particulier à ce monument
Voyez dans Fouesnant les riches aspects de côtes de cette commune; promenez-vous dans ses fraîches campagnes ; donnez un coup d'œil au beau château * moderne de Chcflbntaines ; portez même vos pas jusqu'à Bodiniau, allez admirer les sites multipliés de Kergos , et prenez les bords de la baie de la Forêt pour" gagner Concarncau.
Concarneau (1) dut être une ville très-forte. Elle est bâtie sur un Ilot , et ses murs d'enceinte sont en pierres de taille. Ils sont flamjiiés de tours et garnis de mâchicoulis. Otigucsclin assiégea cette place et s'en rendit maître. Plus tard, la reine Aune la répara. Sous Henri 111, quelques royalistes s'en emparèrent par surprise, mais elle retomba bientôt aux mains des ligueurs. Ce fut à Concarncau que le vaisseau le Vétéran , poursuivi par les anglais , et sur lequel se trouvait Jérôme Bonaparte, chercha un refuge. Des batteries furent établies sur la côte et une garnison mise dans la place pour la' conservation de ce vaisseau , qui resta quatre ans dans cette station et coûta pins à garder qu'il n'eût coulé à construire. Le brave capitaine Scgoud, qui s'était
(i) Umbrj , page 1C0.
illustré par ses combats sur U Loire, proposa de faire entrer le Vétéran à Brest malgré la flotte anglaise; mais quelques fournisseurs, qu'enrichissait la présence de ce navire à Concarneau , réussirent à faire repousser cette demande.
L'ancien Concaraeau^renferme plusieurs vieilles maisons fort curieuses. Les ruines de sa vieille église gothique, dont la maîtresse vitre était admirable, ont fait place à une église moderne, temple bâti sans goût et sans inspiration , comme tous les monumens religieux de nos architectes.
Nous voici arrivés au lieu où les antiquités gauloises abondent; nous sommes en pleine celtique. Gagnons ce village enveloppé d'ombrages du milieu desquels se détachent le clocher et le toit pointu du presbytère; nous sommes à Trégune ( lieu des larmes ).
Dans la bruyère qni se développe à. gauche et à droite de la route dfe Ponlaven, vous trouverez un carneillou ou cimetière celtique, couvrant - un espace de plus de trois mille toises carrées. A l'extrémité, près do village , sont plusieurs men hirs, l'un de ,25 pieds de hauj et de 37 de circonférence ; un dolmen , dont l'élévation est de* \5* pieds; enfin le fameux rouler s ou pierre vacillante. C'est une pierre brute de 11 pied* de longueur sur 8 d'épaisseur , posée eu équilibre sur une autre pierre pointue , jusqu'au ras de terre.
En continuant vers Ppntaven , vous trouvez le château de Rustéphan, dont Cambry a fait nue description exagérée, et qui n'est qu'un manoir élégamment construit et délicatement, œuvré" (2).
Ponlaven se montre dans le fond d'une étroite vallée coupée en deux parties par la . rivière d'Aven. Bien de plus gracieux que celte charmante bourgade, pleine d'ombre, de fraîcheur et de murmures. Le bruit des moulins nombreux qui couvrent la rivière anime cette solitude et lui donne je ne. sais quoi de plus champêtre, de plus doucement monotone. Ne quittez pas Ponlaven sans faire une promenade jusqu'à la mer, et sans visiler les mille" nids de verdure cachés dans tous les coins de cette délicieuse vallée. Ce fut pour défendre l'entrée de la rivière d'Aven que le château du llénau fut bâti , dans le quatorzième siècle. L'entrée principale de cette forteresse a deux portes, l'nnc grande, l'autre petite. Sur le mur règue une galerie à
P»6e aoi.
Toi-.x.mriur. rirroRtson it lusToniotr. g.1» mâchicoulis, et à l'extrémité s'élève une lonr I et U, les récils qui éeuneat , et la lame défor-
hevagnne. I>ans l'intérieur «le b cour se trome le logis principal et le donton , surmonté d'une galerie iréflée du plus charmaol effet, et que ronronne un lait pointu avec sa girouette. Une tourelle appliquée centre Je donton renferme l'escalier. A l'opposé de la |our d'entrée existe la chapelle, plus endommage que le reste de l'édifice.
On peut voir deux men-hirs entre Pontaven et le Hénan, l'un de 15 pieds, près de la firme de kerangosquer, l'autre de 17 pieds., dans la lande de hervéguélen.
Non loin du bourg de Nizon , sur le versant de la vallée d'Aven, vous rencontrez la forêt druidique de huum ou Lousouen ( bois des cendres). C'est la seule du Finistère qui, dégarnie presqu'entieremeot de ses arbres, ne présente plus partout que les emplaceinens des bois sacrés où les colles célébraient leur culte. On trouve dans la forêt de Lusuen une tour isolée < b t.int des premiers siècles de la monarchie franchise, et tout auprès deux dolmens. La plateforme du premier est d une seule pierre de 19 pieds de longueur sur dix de largeur, celle du second de 12 pieds sur 7. .
Au-dessous du manoir de kernudéona existe un troisième dolmen , de .10 pieds de longueur. A chaque extrémité de ce monument s'appuie on vieux chêne, et an troisième a cru dans une tente même de la pltte-forme. « A quelle époque . reculée, dit à ce sujet M. de Fréuiinrille,
• nous reportent ces vieux témoignages de la
• religion des celles? Ces chênes tombant de
• vétusté avaient vu s'écouler bien des généra-
• lions, et pourtant ils n'étaient que des enfans
• en comparaison de la vieillesse du monument
• qu'ils ombrageaient de leur feuillage toujours ■ renaissant, malgré les siècles • accumulés sur
lant sur la grève nacrée. Cette rivière qui coule à vos pieds est b rivière de Béton, célèbre
j»eut comparer que celles de l'Ile l'udy , à lembourhure de b rivière de Quimper.
Enfin nous voila arrivés à b rivière de Quimperlé, que forme b réunion de l'Isole et de l'Ellé. Ici les expressions manquent pour décrire les délicieuses campagnes qui se déroulent de tous cotés sous vos "yeux. Ce n'est plus b Bretagne, ce n'est plus b Franc»: c'est t'Arcadie, c'est une de ces vallées antiques décrites par les idyles où résonnent le murmure des eaux, le bourdonnement de l'abeille, les mugissement lointains des troupeaux. Ici le désir d aller vous abandonne; vous sentez le besoin da vous coucher dans les foins en fleurs, de dormir a demi sous les arbres en écoulant le grésillement des feuilles et les chants des oiseaux. Oh! la ville va sous être odieuse en quittant cet rhampétre; restons ici, restons encore. Là-bas, dans b forêt, n'enleudcz-vous nasales sous du hautbois qui se perdent, suaves comme une voix humaine ? C'est l'Ilomère du pays qui retient du pardoq; c'est Mathurin l'aveugle. Oh I comment partir, comment cesser de l'entendre, cesser de voir ce ciel, ces champs, ces forêts, ces ruisseaux? Dieu me pardonne, on se rappelle ici que l'on a fait ses éludes; on récite les ver* d'Horace que l'on a autretob copiés en ptnsutn :
Hoc «rat f ou» • atoAu âfri Bo« ils
Près de Kexambruno on dolmen recouvert d'une pierre 'unique de 12 pieds de long sur neuf de brge ; puis , près de kerroe'h, un autre qui a cinquante pieds de long, mais qui est à demi détruit.
Avant de quitter celte contrée , redescendez encore nue fois ters b mer , eu suit an t les cotes qui bordent b commune de Moeland; contentpiex encore qii«iqui\ irinp* ce uoieau varie, l'Uréau a l>«riroij , les Iles certes parsemées çà
Qhl pourquoi n avons-nous pas une maison blancjM au penchant de ces râteaux, quelque arbres de cette forêt, un coin de prairie pour
bleue pour y bisser couler une barque |«aresseuse ? Doux rêves , projets mille fois fermés et toujours remis 1 La vie est b avec «es besoins positifs, et la nccessilé, cette dure maîtresse, nous pousse l'aiguillon eu flanc et nous dit : marche ! Marchons donc puisquil le but : adieu nVurs adieu aux oi»eaux; Inversas» ce
aux
qui
de ce