LE BARDE
• Sur re rocher noir que la mer a jadis séparé du rivage.... sur cette roche de Pen-March , près de laquelle un abîme sans fond reçoit les ondes comprimées et retentit d'un bruit épouvantable,
• Le barde Sindonx pinçait une lyre d'ivoire , enrichie d'or , présent des dryades de l'Ile de Sein. Tout était calme alors.... et la terre et le*
. et la voûte du ciel éclatante d'étoiles.
■ Ses élevés . assis , étaient autour de lui , la téte aue. Tue mirasse d'argent, sur un vêlement d*or et d'uur, et des souliers pentagoniques , étaient leurs simples vétemens. Ils écoutaient les merteille» du ciel , et suivaient la marche de» mondes.
• L'horizon s'obscurcit.... Des nuages épais, un veut impétueux ont troublé l'atmosphère.... L'amas d'étoiles qu'on suivait disparaît sous des toiles sombres.... La vague interrompit Ir chant
■bnme sur la terre , dit Sin-
• Tel est l'état de
dorix atec dédain..TDe massives vapeurs.... de grossières exhalaisons.... l'enveloppe matérielle qui comprime les élan* de Time.... ce poids qui nous raient sur ce glohe pesant.... tout comde le quitter pour des demeures plus
A «es surfis, il brise sa ly re et disparaît au fond
> Se» élèves , désespérés , le ch » jusqu'au retour de la lumière.
. Le
» sur
» Les druides de ce canton, les nymphes de la
• cour , les bardes , les vaeies et le peuple du voisi-
• nage firent pompeusement le tour de ce bûcher
• couvert de Beurs.
• L'un y jette une coupe d'amltre , l'autre une > harpe harmonieuse.... La nymphe y déposait ■ une houpe de ses cheveux .... la dryade , sou voile » ou son manteau de pourpre.... le i
» Mais ses jeunes amis , ceux qu'il dirigeait dès » l'enfonce, ceux auxquels il avait décrit les mer-
• veilles de l'univers et la mmiNtsitinn de» mou » des.... ils s'élancent comme l'éclair , et sont oe-
• vorés par les flamme».
• Pleurez leur mort un jour.... on l'accorde a ■ votre faiblesse.... c'est assez pour l'humanité.... - mais chantez a jamais , sur vos harpe* et sur vos
• lyres , ce trait d'amour et de respect.
» Que ne doit-on pas à ces bardes qui tous
• forment à la vertu , et
ClMttt H
• lai nuit . lorsque b lumière taciturne de la
• lune éclaire de sombres bocages , épiez . «lai* le » silence, les dryades et les courils . «Voulez Murs
• chansons et retenez leurs sers. Il» chaulent les
îles
» Leurs danses retracent les utout
• astres, soit qu'ils se leteut,
• paraisse un moi
• I ne de ces divinités guide
• de cette pierre aiguë . le
• suit en silence.... Le»
• autour du vieil.
hnllam qui i>
» D'antra* se croisent et se coupent, se quittent , ■ se rejoignent; elles dl»^gfcee«tpoursem<intn r » encore ; on les suit , elteTse dérobent... Ou ne » les revon puis — Ainsi ues miniers uc wurcics > frappent l'œil un moment, tracent mie courbe i et se cachent dans l'empyrée.* . •
• Zêta , Zéros , Éblis ont disparu. Uranus pré- » céda Saturne. Nous ignorons le nom des millions • de dieux dont le règne , un moment , influença
» Que cette ignorance coupable n'existe plus » dans nos collèges. Décrivons le tbême du ciel ; . qu'il se fixe dans la mémoire , à côté des faits des » héros. »
On trouvera , dans la suite de cet ouvrage, des chansons , des notes sur la musique , sur la poésie vraiment originale d'un peuple auquel le commun
avec légèreté, comme on prononce sur une médaille antique dont on ne peut qu'à peine déchiffrer les caractères ou deviner l'empreinte , effacée par la rouille et la lime des temps.
C'est aux Minimes de Pol-de-Léou qu'on a trouvé le grand tableau flamand dont il a été parlé dans le catalogue imprimé des Monumens épargné» dans le Finistère. On voit encore , dans cette commune, une copie passable de Rubens , ou d'un maître de son école. Saint-François est debout ; il étend son manteau ; des rois , des princes , des évèques , des impératrices et des femmes d'un haut parage le contemplent dans une attitude de respect et d'amour. Ils sont à genoux près du saint , qui foule aux pieds assez de couronnes , de sceptres et de cordons pour que l'orgueil d'un capucin en soit pleinement satisfait. Les costumes de ce morceau sont riches et lui donnent du prix. On voit , dans la même chapelle , une tète du Christ qui , sans avoir de dignité , a beaucoup d'expression et de caractère.
. Je quitte à regret Saint-Pol-de-Léon , ville agréable , pittoresque , dont le site élégant me charme ; mais nous avons quelques points du district à visiter encore.
Pempoul est le port de Saint-Pol-de-Léon ; il n'en est éloigné que d'un demi-quart de lieue. Les qui s'y rendent y portent les objets néà la cousominatiou de la commune et de
ses environs. Ce villages'étend sur la côte au milieu
de blocs de granit. La jetée qui facilitait le débarquement des denrées est presque détruite par ht négligence des habitans et les ravages de la mer. Le chemin qui conduit à Saint-Pol est impraticable. Tout est à réparer en France. Ce port est presque dépeuplé ; les marins qui l'habitaient sont mus sur nos vaisseaux (1).
Le riche point de vue dont on jouit sur le rivage s'embellit en avançant vers Plie de Sainte-'Anne. Saint-Pol s'élève avec majesté sur la cote , dominée par ses grands bâtiroens et par ses clochers. Vous avez, sur la droite, l'Ile de Calot, des terres avancées, le moulin, le clocher de Plougasnou ; au loin , au nord-nord-est , la côte de Tréguier , terminée par des rochers noirs. Ils se perdent à l'horizon. L'Ile de Sainte-Anne , en face , arrête votre œil ; c'est un rocher à l'extrémité duquel s'étendent , au couchant , des sables qui joignent la côte de Saint- Pol. S
Le joli bassin de Pempoul peut contenir une soixantaine de barques et quelques navires de cent trente à cent quarante tonneaux ; ils approchent à quatre-vingt-dix brasses du rivage. Le fond de cette rade est de galet. Le port assèche à toutes les marées , et la mer se retire à trois quarts de lieue de Pempoul. 4.
Vous doublez ltle de Sainte-Anne , masse de granit , sur laquelle est une batterie de trois canons de huit; vous découvrez la mer immense, coupée de rochers. Ces Ikts, piltoresquement disposés, nus, brisés, arrondis , battus par les tempêtes, sont couverts de mousse et d'oiseaux dont le sifflement , dont les cris vous suivent et vous étourdissent.
Vous avez sous les yeux Ros-Istan , Lèvera , la Tour-Blanche , des milliers de brisans défenseurs de nos côtes, et cet enfoncement si varié d'où sortent les rivières de Pondéon et de Penzé, et le noir château du Taureau, séjour de larmes et de désespoir ; la rade du Paradis , où sept ou huit vaisseaux de guerre pourraient inouille^ans un danger pressant ; l'embouchure enfin "la ri Tous ces objets sont réunis par le mers , coloré par un ciel d'azur. *
Paisibles babitans des rives de Genève, de Vevai, deTonon,deRolcet de Versoix; habitans de Paris,
(i) Le petit eillage de Pempoul «I tonjoor» dan* la i eut de dégradation , ainsi que ta chauMee <|ni forme le port. La chemin qui ; conduit aurait eoati beaoia de réparations.
ci 1791.
•eus que | ai renroalré* oberchaat , sur l'Apennin et sur le» Alpes . de grands a»peils, des |oiu>uare», fuvet ces pays fréquente» . senez errer wr no» nsages qu'aucun moderne n'a décrite, qu aucun \**W li a i hantés. Je \..iis promets «Je glands lablcMi et de» sensations Douilles.
Je mKDs a IVmpoul ; j'ai quelques obsersalinns a fairr sur ce petit port. J'ai parlé de l'Ile de Saiulr- Aaaw , qui le tenue au oord et qui , par une langue de mblr , l'unit au couùueut. Il eM indispensable , an plu» lot , de faire une digue sur cette jetée naturelle , m l'on >«*ut rouscrsrr lVin|M»ul.
Lf syndic de» marins a su île* héritages , sur la •Mr, qui dominaient toujours de trois à quatre pinte le uheau de la mer, il y a cinquante an». A présent, dk r*t presque rouserte dans 1rs grandes marées. I nfert risupde sent de nord, nord-nord-csl, pourrait ensevelir la commune sous le» sables et remplir la r»é>. I. exemple dont je parlerai bientôt , le» ra- C, «ont une leçon dont l 'homme devrait lis il ne profite de rien ; l'expérience de» est nulle |Hiur lui ; on dirait que la nature lui ■ prévoyance (I).
La digne qu'on demande ne serait pas d'une duVuV exécution. Il n'y a qu'une portée de fusil de Sainte-Anne a la pointe du continent, et le» matériaux sont a la portée des ouvriers.
Ijt sent d'ouest est très-las orable pour sortir de la baie de IVmpoul et gagner celle île M or lai \ , et le» lents de sud , quand on srul se rendre dans le canal de l'Ile de lias. Au reste , on entre , on sort j tous sente île ce [M.rt , j-our peu qu'ils ne soient
.Neuf ou dix barques apportaient, annuellement, à rVmpoul enriron trois cents tonneaux de vin et cm! tonneaux de sel pour l'approvisionnement du paya.
La pèche est ici très-abondante. Le poisson en •si excellent. On le prend aulourde ces aailliers de rochers noirs qui rendent si Taries tous les aspects <k ces rivages. On y trouve des mulets , des bars , des soles , des rougets . des anguilles , quelques turbots, des plies , de» ér revisses , des chevrettes et des homards , des huîtres ( préférables à celles de
(!) Il y • 4* ftm^iMÉan <Um <• <|«»» «tu ici <,..■'.. im t<*S"i 1I11M 5M courrai U m— mmt tW Subi -Foi m
W fmn 4» Nf— t Qwal • U Srut utorrlU d* vmn»- \mm . tWi tl pwla |>hu tuai , cD« rM fur! toltdt. Im difur
in '.
( jura le . des lieux , des s ieilles, des sardine*. X. l'Ile de Siek , on néglige la pèche , faute de bras, etc.
Les oiseaux qu'o» wjk sur la edia, sur les roclters »iirtout. m. ut lesgiN-lans. les héron». lesbernarhes, le» judeles ; des liasses . des !.. , .Usines : le rhesalier, le cormoran ; une quantité de canards sausages; des cignes dans les forte hivers, l 'oiseau qu'on appelle tarak est blanc , plus petit qu'un guelan ; sou hec et ses pieds son rouges ; il porte une tache noire sur la tète , ne vit que de poisson , bit ses petite dans le creux des rochers. Il parait en avril ; il s'éloigne en septembre.
Son arrivée prédit le te-au temps aux marins. Il aime la chaleur. On le trouve en Kspagne . sur le cap Finistère. I n peu moins grand que le pigeon . il a pins d envergure. S>n cri , qui! , qttil . »/ml . seul dire, en lias-breton : nous nous rn allons — (> n'est |sas asseï de prêter la langue celtique a tous 1rs peuple» de la terre , il faut que le» bêlent la parlent I
I es oiseaux le> pins rommunsdan» les campagnes soisines sont le merle . l'alouette , la grive . le hochequeue , le corbeau , le moineau , le rwlekt et U mésange ; on y voit quelques perdrix (3).
La chasse n'est pas très-abondante dans ce pays. On y trouve pourtant des lièvres, da lapin ; 111e de Bas même contient quelques garennes.
Cette partie de la llretagne n'est pas ravagée par les loups comme les autres. On en rencontre, mais rarement , dans les commanea de Plouénan et de IMougoulm.
Apres avoir doublé la pointe de Rloscoo , b batterie de Sainle-Flarbe , vous découvre! RoscotT, l'Ile de Bas ; vous pénétrez dans le bassin qui les sépare. Les deux rives assèchent à toutes le» marées; mais le lit du canal conserve toujours de singl-cinq a trente-six pieds d'eau. La différence de la marée haute a U marée basse , en ce lieu , est de singt-cinq pieds. 1> bassin pourrait contenir aa eonsoi de cent barques ou nasires , et deux ou trois frégates.
Les pilotes demandent . dans le canal , pour parer aux efforts de la lame de l'ouest , dans les gros temps de l'hiver , l'établissement de trois corpsmorts , dont deux seraient placés en affourrbe à l'ouest , et le troisième à l'est.
[*) Ct «ri MM (1) Noaa uoe ucaitholofi*
mUti , mMn , mB* t.
, ttio* I, trroowU parti* cl* Towmp,
DISTRICT l»C MOBUIX EN 17fM.
§. m. - ILE DE BAS.
Son étendue est d'une lieue de long sur trois quarts de lieue de largeur. Les brisaos qui la défendent sont d'un abord très-difficile à mer basse ; il but gravir sur des rochers trancbans couverts de goémon. Le pied glisse comme sur une surface huilée. i.a huile du moulin, de laquelle on domine sur la totalité des terres , n'a pas soixante
L'extrémité le plus au sud de l'Ile de Bas se nomme la pointe Gléguer ; c'est la plus voisine de Boacoff. La pointe du sud-ouest s'appelle le bec de Gratta ; le port, au sud , anse de l'Église.
L'est est montueux. On ne peut voir de rochers plus bizarrement groupes , plus anguleux et plus brisés que ceux de cette partie de 111e. Celle du
bien cultivée, mais presqu'au niveau de la mer. Dans l'est de la pointe de Gléguer est l'Ilet nommé ( maison des Anglais ). On avait proposé
la crainte d'encombrer le canal fit abandonner ce projet.
Il y a trois villages dans l'Ile de Ras : 1» Porsénoc , joliment bâti ; 2« Carn ; 3* Goualen , au nord. Quatre batteries , deux forts , l'un à l'est , l'autre à l'ouest , sur lesquels sont établis onze canons bien servis par quatre-vingts canonniers . la défendent (1).
Cinquante hommes de garnison en protègent les
cotes.
Celte troupe est logée dans deux chapelles et dans ileux maisons de particuliers; on ne peut leur fournir ni draps ni couvertures.
On compte cent cinquante maisons dans 111e ; elles donnent cent cinquante marins ou soldats à la
11 n'y a de remarquable ici que la
(i) Il n'y », i l"ile de Ras, que des batterie», el point de (ml*. Cet batterie* sont en bien plus grand nombre que ne le dit Carnbrr ; mai» ooos averti no ai , ane foi» pour tontes , qoe soja ne releeeroeu point ses erreur» à cet égard ,'tt cela parc* que preaqoe tontes noa bsttenea de mer aool actuellement démantelée» , abandonnées, et que beaucoup d'entre elle» ne serviront probablement plu». En cas de guerre, le aytleme gênerai de dçfrose de noa eotes .cran change ; celui qui enste eM condainur dtpuu long-temps, cl l'on naUend.pT.ur lai en snbiiituet ud nourrau , que l'occasion d'une gne rre.
Saint-Pol ; c'est la seule de- rite. Elle fuPproduita par ce saint. Cette fontaine est couverte de quin/e ou vingt pieds d'eau à toutes les marées. Quand la mer s'est retirée, on s'en approche ; elle fournit une eau limpide et légère , sans traces du mélange qui s'était opéré. Communément , on ne se sert que d'eau de puits.
L'Ile de Bas ne produit pas Un arbre. Quelques fougères , des mousses , de l'hortie, du mouron , une espèce de giroflée de Manon , sont les seules végétations produites sans culture. Je vis avec surprise un rossé couvert de tamarisques. ^
Les terres y sont médiocres et sablonneuses. On est souvent forcé de rétablir trois fois la semence dans une même saison ; la violence du vent la découvre et l'enlève. On y cultive beaucoup d'orge , peu de froment, peu de seigle , des choux, des navets , des pommes de terre. Les fruits n'y réussissent pas , malgré les soios qu'on s'est donnés pour en obtenir. Chaque ménage est obligé d'acheter sa provision d'avoine, quelque froinént et du blé noir. La volaille, le bétail qu'il vend, la façon qu'il gagne sur les lins qu'on lui fournil , servent à lui procurer ces denrées. Les hommes sont tous marins ; les femmes travaillent la terre. 11 n'y a que deux charrues dans le pays. Les terrains qu'où ne peut labourer se travaillent à la bêche. On y compte environ deux cents vaches ou génisses. Le plus riche propriétaire n'en possède que six ou sept. Il y a quelques chevaux dans la commune, et des cochons engraissés par la ebair de berniques qu'on fait bouillir. Les berniques sont une espèce de lepas qui couvre les rochers de la Bretagne. Leurs coquilles se vendent ; on en lait de la chaux dans la paroisse de Uuiclan , et surtout chez les habilans des rives de Penzé , qui blanchissent beaucoup de toiles (*).
l*s terres #e fument avec du varech ; on en recueille en abondance.
Li mer est poissonneuse; mais les pécheurs sont au service.
I.a nourriture habituelle des habilans est un pain composé d'orge et de seigle , «lu lait , du beurre et «le la soupe au lard. Us n'ont ni granges, ni lavoirs ; ils *e servrnl , ponr blanchir leur linge, d eau de
( i ) 11 c c»i»te plu» de fours ou l'on Tassa de celte chaut. Pu rrslr . les lut>itans< de Pratr ne se Iment çmint au btundc» torle», et il» ne > » sont ;..m.is Uni s.
IHsTftltT UK MORUIt K*J 1794.
» «le pluiV recueillie «lans de* mares 'I • lil4lUMlUl eonvertes «le chaume. Je tjueslinnnai le* notables «lu pat s . assis an «ommei «l'un rocher . *ur la Initie «lu moulin , en- : -tir-- d'homme* dont j'admirai* la complaisance cl le rHr. (Jucllc rlarté , quelle *implirité «lan* lenr* idée*! Klles m* détendent pas »-n -m f;n f . un cercle étroit le* borne ; mai* comme il« mesurent . comme il* calculent , rummr il* onl pesé ce «ju'ils «lisent ! Om-||e précision , quelle concision ilan* l«iir langage ! Rien «le fa. le . point «lecomplimens, ■ftesdan* rette ile : mais nue honnête de* mnutctncn* protmnrés sans ru«le**e, «ddigeaiites «au* politc***- , «les *ertirc* réels tan* empressement , le serrement <le main «le la bonne foi , le rire «le la simplicité.
Il* me montrèrent, à l'est, le* sept Ile* . à la distance de huit Urnes ; au *u<l-e*t , le rhjte.ni du Taureau. 1rs rôles de Plotigasnou. «le Saint- It-aiMlu- Rtaigt ; en remontant à lest , la rote «le Tréguicr ; au *aH , R«>*roff, Pol-de-l>nn . la cote «le Santee ; pi» loin, les mimtagncs d'\res; au *ud-oue*t , immen*e chaîne «le rocher* qui «léfeml no* t; quelque* rlorhm «'par* dan* la campagne. Il* m'iniliquerent la place «les petit* (tort* qui hor- Ont le rivage jusqu'à l'extrémité «lu di«tiï«tde \r- •**<«? An nord est le canal , de tingt-huit lieue* . «qui «rpare la Rrvlagne «le l'xnglcterre. Noos soinns «m face «le Ph mouth.
Je m'occupai plu* «le* notion* certaines que je l-wai» acquérir «lan* «e conseil «le» pécheurs et «Je sage* que «lu théitre sublime «pie j'atai* «unis le* \m\. Qn«al *|>ecta<lc immen*e n |W<Ml ! quelle virW!
Ces Ilot* qui se déploient en értime sur ce* brisai»* prolongés dans la mer ; ce* mont* lointains , ce* caps , ces promontoires ; le bruit sourd et majestueux des tague* ; l'air traversé par le toi de* goclan* ; le tonnerre qui retentit dan* la profonde Çjoile du Serpent; le silence de la nature dan* l'intervalle «lu flux el du reflux ; l'étrange rri «le |.int d'oiwaux de mer: je ne «ai* quel sentiment, quelle exaltation dép«Mnlante de la maj«"*té «le ce*|MTtar|e. «•>* soutenir* qu'il a fait naître , «le IVtetnIue «ans br»roe* qu'il présente !....
Ton» ces objets tous pressent en masse. Il en ré-
(l) Il » » ».|><>iol rofur* Ar Utoir» . I .te Jr Hm II «rrail l MM j ..»«.L»1# .1 eu t .«.«min- . rt ér In •liiaratft ninni < r*m ét pants ca <lt uirtn.
suite une émotion matérielle, indéfinissable , qnc
je n'éprouvai que sur le* rixes de la mer . ou pr»s «les sommet* du Mont-Blanc . au col «le Ralme ou sur l'XIbi* , dans le* montagnes de la Suisse.
Douze pilotes sont en réquisition dan* l'Ile. <>s pilote* sont les meilleurs de la Manche , de l'aveu de* navigateur*.
Tous le* habitait* dn pays forment une seule famille. Il* aim«*nt leur |>atrie, malgré son ipreté , malgré le* xenl* el les t««mfM tes habituelle* «pii la «lésident. IN t sont «•«•ni*, ils t s,mt maître*, ils y titenleii liberté. Ce peuple était républicain axant la réx«dution. On ne (route riiez lui ni gens «le loi*, ni prêtre*, ni médecin*. Jamai* l'égalité ne fut ailleurs aussi complète. Ir* propriété* bien connues n'y causent point de procé*. Miaque famille po*sede une ou deux taches, milite en paix *on champ, soigne se* animaux , arrache aux flot* le goémon *nr la c«Mc , l'étend , le «èehe , le mei en muions , remploie.
1rs rixes «le la mer appartiennent a tous le* insnlaire*. On en red«HHe le partage On et l'ir-ti convaincu . si opération propo*ée par le gouvernement «'exécutait, que le* ritage* divises, snr lesquels on aurait de* dn»it* particulier*, seraient une source de haine, dedébatsetdexiidenee. K présent tout marche , tout «'arrange. Si de* contestation* s'élèvent, elles se terminent par quchpie* coups de poingt* . et ne sont jamai* vmmises au jugi-nn-ut de* trihniuux. la municipalité de l'Ile et celle de RosrofT appuient la pétition de ces bonnes gens , qui ne tentent |M«inl le partage «les communaux.
>e « lierchet ici ni la N-.iuté , ni les grâces , enfans «les climats plus heureux. Ir plus beau teint sy noircirait ; la p«-au la plu* lisse \ *eratt ri«lée , sillonnée par la sécheresse «le l'air , par la tiolenre du tetit , par les trataux «le la journée , | u les travaux plus rudes de la nuit. Imagine/ . api r* la faligue «le* champs , du labourage . quel r*J l'état d'une femme, obligée, dans les nuit* d'hiver, au milieu «!•■« tem|>ètes et des fureur* «le l'Océan, «lans une «dtsr urité profonde , sur un nicher glissant , tantôt dans l'eau jusipi a la moitié du corps . tantôt suspendue *ur l'abline . «le *ai*ir atec an râteau le goémon que la mer apportr !... Se* nuit* paisible* sont relies ou . fatiguée «l«*s outrages du jour , elle file, «lans les teilhv* , jus«pi j deux henn>* après minuit . pour «c procurer a grand'peinc le plu* minium . le plus strict nécesMtre. 1rs « i>nt«-. amusan* des teillérs boarguignoncs . delà ( b*»-
M.STIUCT DE M0IUAH l> 17'JI.
pagne ou de la Tourainr , l'amour <|iii délasse de tout , la musique , le chant , aucun de ces plaisirs versés sur la nature pour soulager les malheureux humains du fardeau de leur existenc e , n'a lieu sur ce» rochers sauvages (I). Les rêves de l'imagination, la poésie, qui , dans les contrées les plu» sauvages des pôles, consolent les humains de l'absence du soleil, n'existent \mnl dans celle Ile sans fleurs, sans rossignol et sans verdure.
Qui le croirait? les êtres qui semblent y végéter ne peuvent se résoudre à l'abandonner, l a présence du bien ne les y fixe pas ; ils y tiennent par l'absence de tout ennui , de tout chagrin . il toute ambition, de ces peines morales, de ces maux physiques qui nous tourmentent dans le monde.
La présence des étrangers les inquiète ; ils voient d'un mauvais œil ceux qui viennent s'établir dans leur patrie. Quelques habitant de la terre ferme \ possèdent de> propriétés ; mais très-peu d'étrangers s'y fixent, heureusement pour ces bons insulaires.
J'ai voulu connaître les fêtes , les jeux et les cérémonies du pays ; mes résultats ont été nuls. Le mariage est un arrangement sans festin, sans plaisir, et même sans amour : il semble que tout autre sentiment que celui de l'existence meure ici comme la \égétalion à l'approche du uord ou des sommets placés de la Savoie.
La religion , cette mère des fables , des rêveries et du mensonge, Délaisse aucun fantôme dans leur imagination; elles contes de reveuans, de sorciers, de démons , qu'on retrouve partout , n'existent poiul dans l'Ile de Bas ; on n'y pense plus même aux cérémonies superstitieuses qu'on y pratiquait il > a trois ans. Trop occupés par les Ira* aux du corps , ils n'ont le temps ni de se souvenir , ni de calculer , ni de rêver (2;.
(i) 11 v a ici une étrange exagération t.r* chants «ont an contraire , à l'île de Bai comme dan» tonte la Bretagne , l'accompagnement obligé dn filage. Outre lea guerz nationanz do I initier* , on y chante même cri nmanm maritimn ti hiurrr» , mai» parfois si énergiques el ai nait-es , que les marina ptoiacueot «or lootrs lea mers et apprennent tu retour à leurs li 11 ■ s rl lears femmes. , \ i) L absence de superstition, à l'île de Bas, n'est point anssi absolue que le prétend Cambry. En tous cas , il faudrait l'ai, tribun munis, su défaut de facultés poétique, cbex cette population, qu'au contact des marins qui apportent toujours ■l« lents rongea lointains une certaine émancipation qu'il
. oiuiiiumqiKnl a leurs pioches.
J interrogeai les femmes du pays, une entre autres qui parlait volontiers, qui s'exprimait aisément en français. J'employai tous mes moyens, tous mes ellorts ; je lui débitai cent fadaises pour qu'elle eu débitât , |>ar analogie , quelques-unes; elle me ramena toujours à des idées simples et naturelles. Je n'en pus obtenir que le récit d une espèce d espièglerie faite autrefois à des jeunes gens du pays. Des tilles traînèrent uu cheval mort à la porte de ces jeunes geus ; on rit beaucoup de leur surprise. Je ne saisi* ni l'esprit ni le sel de ce conte ; mais il avait marqué dans le pays , car toutes les femmes assemblées riaient à ce récit . s'empressaient . avec une espère de v ivacité . d'amour-propre . de v juite, d'assurer qu'elles étaient actrices dans celle aimable comédie.
Passons à la description de la rade du port de l'Ile de Bas.
Le tanal de l'ile est une excellente relâche pour tous les convois de la Manche. Us n'y craignent que le veut d oue-.! ; et s il devient trop fort, ils peuvent se sauver dans la baie de Morlaix , susceptible de recevoir de très-grands vaisseaux, mais dont la passe est fort éiroite. Sans < e désavantage , la compagnie des Indes eût probablement établi dans ce lieu les magasins qu elle a faits à Lorient , et le chef-lieu de son commerce ; elle en avait eu le projet. U>s vents d'est et d'ouest sout les plus favorables pour entrer dans ce canal , ou pour en sortir. Ceux qui régnent le plus habituellement dans ces (tarages courent du sud-ouest jusqu'au nord-ouest ; on les redoute.
On pourrait aisément faire un port plus commode et plus sur dans un beau bassin . de forme ronde, au sud de l'ile. On appelle ce bassin le port kernoc. l ue jetée décent brasses, bien maçonnée, bien faite de grands quartiers de pierres qu'on trouve sur la rive, produirait de 13 à 14 pieds d'eau dans la haute marée. Il pourrait recevoir des bàlimens de 150 à 200 tonneaux. Des capitaines qui fréquentent ce port et ceux du voisinage ont ouvert une souscription pour ce travail ; on en a déjà sollicité l'exécution près le gouvernement .
La municipalité , les notables, tous les habitant de l'Ile de Bas , demandent la construction d'un moulin à eau. On ne peut pas compter sur le seul qui soit en étal de servir. Souvent les habilans sont dans un mortel embarras. Quoique le passage qui sépare leur pays de la grande terre ne soit que de trois quarts de lieue , ils sont souvent huit jours
uns pouvoir le traverser. I>cs Jetées faites pour If amtiin Munirai de cale d'abordage. Il n'eu existe n»,«nne peut s'en pasM-r(|).
Ou ne «aurait Irop se hâter , au reste , nettoyer If port de kernoc , qui s'encombre à chaque
1 1 dm négociant de ReKotT. le riiaycn duvioudoiix . svndic des p-n» .).• mer . résidant .1 I . croient qu'un phare serait bien mieux l'Ile «le Ras que sur la tour de Ihion. On est pour ainsi dire au milieu des dangers , quand M aperçoit cette tour. I>es feux qu'on établirait sur l'Ile de Ras te verraient de plus loin , de la pleine mer surtout , en arrivant d'Ouessant tt).
Iles casernes seraient encore essentielles dans un pays où l'habitant ne possède rien au-delà du néle pins borné , et dans lequel il faut toiis troupes (4).
On taisait , mut la resolution , dans les mois de ni , Juin et juillet , une pèche de maquereau à iae ou six lieues au nord de l'Ile de lias. Rnscoff oyait six ou sept hatimens de dit à douze ;; leur produit se consommait dans le pays.
U est d'usage, dans l'Ile, que le fermier, quittant une métairie, prélève la moitié du produit de ! qui sait sa sortie , pour le dédommager soins et de ses engrais. Jamais on n'y donne (d'entrée pour le renouvellement des baux. Un Mat avec peine les étrangers qui s introduisent des» le pays rbauger relie vige coutume, et par la Caire tanalrr le prix de* fermages.
Nuis l'ancien régime, on favorisa ces insulaires de quelques privilèges. Moyennant un légrr abonluvec la province, les vies, leurs boàaseas ■un droit d'entrée.
. Le» deux grandes affaires du pays furent, autrefois, les prétculious de l évoque cl du séminaire de
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DISTMICT »t HOniAIX 15» 1794. 0
Sninl-l'ol-dc-I^on, qui voulaient, à litre de seigneurs et de censitaires, clore les terres vagues sur lesquelless'élalcnl cl se setheul les'goémomdoul ils s.' .lisaient propriétaires; et, dans le uniment actuel, l'inquiétude que ces terres, ces rivages, ces binas communaux ne soient partagés au tenue de la loi. Le gouvernement cédera sans doule aux demande*
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de ces bonnes gens, si dévoués au service de leur patrie, si bons pilotes, si nécessaires, si pauvres; qui n'ont de bonheur sur la terre que par le pénible travail qui féconde un rocher aride.
Les hahilaus de l'Ile de Bas sont sujets, dans un ige avancé, a des maux d'veux qu'on ne peut attribuer qu'a la violence .les »enls qui régnent sans cesse dans leur pays, sans arbres , sans abri.
1rs femmes, vêtues d'un (iipouet d'un rasaqiiin , portent, sur une premier»- coiffe de Unie, une coiffe de laine nu d'étoffe assez forte; las notasses, «les gilets de loile ou de gros drap, et de longues culottes a la matelote.
1rs séminaristes de Sainl-Pol nommaient le curé de l lle et son vicaire. Ils étaient pauvres , et percevaient pourtant la dîne i la douiième gerbe. I a solitude , l'ipreté du climat n'arrêtaient pas leur trie. Ils avaient adopté les asoMtr» des habita» , si vous en exceptez et le travail et la franchise.
lin compte environ quatre-vingts chevaux dans l'Ile. Un y trouve quelques lapins. Les rochers qui l'eutourent sont surrliargés d'oiseaux marins. Sans doute, dan» les temps reculés, l'Ile louchait à la grande terre. L'aspect m'en avait convaincu. Mal^r-1 la prodigieuse antiquité de leur séparation, Utraditiou en con».-rve encore quelque idée, a Du temps
• de Saiiil-I'ol . c'est-à-dire il v a des siècles, me
• dit uu vieillard, « panait de llle à la terre ■ sur une léle de cheval, a Un a beaucoup de peine i a* fasailiariser avec les plus faibles opéra tiousde ta nature; elles paraissent immenses à notre.
Llle de Bas lui ravagée, en I3K8, par les anglais. Un assure qu'eu I64M cette peuplade n'avait qu'une
idée confuse delarelip .ilholique, elque Mirbef
Noblet en devint I apôtre a cette époque (S).
J'ai vécu dans de grandes cités, an sein des émotioMénajces, l'Ile de Bas, alors, m'eut paru
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séjour da désespoir. J'y passerais à présent mes jours, beureux par l'absence des uoumies , loin de