‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 10 sur 159 · IV. — ROSCOFF · texte numérisé non relu

IV. — ROSCOFF

Je me rendis à Roscoff , accompagné dn citoyen Conversy. La route est étroite, mais belle. Roscoff, on en peut jugerparsesdébris,futlrès-vasteautrefois. Les champs sont entourés de fossés secs et sablonneux; la terre est grise et légère. C'est dans ces champs que, sans compartimens, sans ordre, naissent les légumes si beaux, si muHipliésqui nourrissent le Finistère. Ib croissent sous un ciel si favorable que l'on y eueille des artichauts tonte l'année, en pleine terre.

1 1 est à préiii mer qu'un port aussi avantageusement placé que celui de Roscoff a de tout temps été fréquenté ; qu'on a dù de tout temps habiter la terre " la plus riche, la plus féconde de ces contrées , le point enfin d'où les échanges, le commerce avec l'Angleterrese font avec le plus de facilité. Ce point était sans doute un rendez-vous commun , quand des liaisons de fraternité, d'amitié unissaient les deux Bretagne*. Roscoff était situé jadis dans la baie de Labér, à l'ouest de sa position actuelle (1).

Ko 1374, cette ville fut brûlée, saccagée, entière-

( i ) J'icaore d'après quel document Cambrj a pente que U ville de RoscofT était située jadis dan» U baie de Laber , el je ne pat* rien confirmer ni contredire i cet égard. Toici , dn reate , ce qne M. de Fréminville dit de celte localité dan* ton oui rage sur le> /énlifuite'i du Finistère :

• inconnue , et je n'ai pn trouver l'étymologie de aon nom , » qui pourtant est par celtique. Une tradition obscure existe

m Au milieu de cette ville est une pierre brute plantée île bout

• en terre , un véritable men-hir ou peul-ren , mai* qui n'a - que trois pied* et demi de baul. On appelle celle pierre le

• vieux Hottoff / elle existait eu ce lieu bien avant qu'on eut

• commencé i y bâtir des maisons , el c'est elle sûrement

» s quoi (sit-il allusion ? C'est ee que je n'ai pu découvrir. • < >u conserve , dans l> sacristie de l'église de RoicofT , on curieux lus-rriief en albâtre qui représente le supplice et la résurrection de notre seigneur J. C Celte sculpture est d'un druiu incorrect , mais les cositunes J sont lidtOe», et l'on y voit ce qnVuil l'art i cette époque. Du reste, le bswelic? de Rowofl'est eu tout scmbbblc * calot qui existait à Paris dau» l'église des Jacobins, es qui (ut conserve luog-tcmp* au Mutée det Moumncits fraiiçnii.

meut détruite; elle ne se rétablit qu'en 1404.-4 cette époque, le célébra Penboat,auiirfttde Bretagne, y rassembla , y ravitailla l'année navale avec laquelle il battit celle des anglais, à la hauteur de Saint-Mathieu.

Le duc François, père de la duchesse Anue , accorda des privUégesà quelques pajiuwliersde cette commune, en 1490.

En 1300 , les babilans, ne trouvant plus assez de profondeur dans l'ause de l'ouest, presque comblée par les sables, se transportèrent sur la rive*orientale de la péninsule , et firent la digue qui forme le port actuel.

Je passe sous silence de petite faits , des détails sur I arrière-ban, sur la construction de l'église, sur les obstacles qu'elle éprouva , etc. Ils ne peuvent iutéresser que les naturels du pays.

L'établissement de l'hôpital , fondé, bâti par les seuls habitans de Roscoff, date de l'année 1573.

En 1600, des lettres patentes de Henri IV accordent six foires à cette ville. En 1612, on y tiàtil un lazaret

En 1 7 1 $ on prolongea le quai ; il ne fut terminé qu'en 1743.

Deslaades et l'auteur des Monumens singuliers parlent d'une statue trouvée près du fort de Bloseon , vis-à-vis la pointe du quai de Roscoff, à trente pieds SOUS terre. C'est un enfant d'une figure assez douce, dont les cheveux ondulés tombent jusqu'au bas du visage , séparés sur la tète , à la gauloise , à la manière des -étrusques. Il se termine en gaine trouquée. Il est vêtu d'une tunique à fraude qui descend jusqu'à la moitié du corps. 11 porte une espèce de mantelet fort court , tet qu'on en voit encore dans ces contrées. Sur sa main gauche est une oiseau. Jadis on l'honora sous le nom de Saint-Pyriec, ancien évéque et comte de Léon.

On en voit la gravure dans les Monumens singuliers imprimes à Paris, en 1739. L'auteur termine ses remarques par cette observation : ■ Au reste ,

> c'est des bretounes que les dames françaises ont

> emprunté le mantelet qu'elles portent depuis » plusieurs années , et c'est à leur exemple qu'elles » l'accompagnent de tous les agrémens dont i) est ■ suseeplible. »

Presque tousles monumens gaulois sont accompagnés d'un chien, d'un oiseau. Qn a cru les oiseaux l'emblème de lame; on les consultait comme interprètes des volontés du ciel.

Les paysans oui plus de propreté dans les envi-

DISTHICT l»l HORIJttl t.* Il 'M.

rot» de cette eommnnc que dan» k reste du district ; oui» ils conservent l usage de vivre avec leurs «ni-1

jium dirr. 11» ont u n»> coiitiinif qui les conduit à b cécité, celle de fermer leur cheminée dans U f, pourseprésenerde la pluie; , scrtpaudautdans Imléria^lesétoutfe et les aveuajk. Tous eonserveut près de leurs maisons m cloaque» infects, nommé» vaut , qui pourrissent

L* port de RoscofT était détenu l'entrepôt d'uu foui«»rrw u-e>-con»idérabkavcc l'anglais. IksvaLsseaux interlopes venaient , avant la révolution , y prendre des tins, des eaux-de-vie, du thé, qui s'introduùaienl en fraude en Angleterre. lamr station •iouiuwt do prii aux productions des environs. G* avantages peuvent rcualtre avec la paix, surtout avec la liberté. On a senti , sous l'ancien régime p. que le moindre impôt, la moindre conlraink, les fraudeurs sur Gersey , sur unes , ou l'on trouve à peu près les pour ce commerce de contreliande. Ikpui» la guerre de 1763, une cinquantaine de lougres, de sloops et de haleaui , de quatre tonneaux et trois hommes

Ikxuok> , v rendaient de la côk d'Angleterre à lu^wwff. Ces voyage» se disaient tous les mois , ou (ours ; k même bâtiment en a bit deux par semaine. C'était un objet de plu» oV quatre million*. Le» maisons Foucault , sbrbulocb, Dkrt, Mege, Dix et Pierel en étaient ks pruxipaui ageos. Les eaux-de-vie de vin, k genièvre , qu'on faisait passer en Angleterre , ne se renfermaient pas dans des pièces facilesa confisquer. Un 1rs mettait dans de pctitshorib de trente à quapoU , qui se fabriquaient a Itosroff. Ces

un cable, »e (etiicnta la mer a I approche tirs rotes. Vo k» dérobait (>ar ce moyen aux yeux des commis aux douanes anglaises. On venait les chercher b nuit . quand les visites étaient terminées (I).

\r commerce de la graine de lin, dont Koscoff nrait un si grand avantage , qui fournissait à h Bretagne k moyen de produire ses toiles si répan- . ' A

i»»aa»r» aagU.to , d la Mutai** Im ar <j jrl'jur» fraaa* t«lt» avliuo, ro»m Uur> runtuiMiuaBJirw leur*», . y.<^„ *-««,l

due* , était bit par commission dans cette tille , où dix batimens de deux à trois cents tonneaux transportaient, cette marchandise de lliga , de Laberk, de Danl/tck, delà Poméranie suédoise, et les vendaient à des prix qu'ib établissaient à volonté. \/e préjugé qui persuade aux habita ns des campagnes que les graines du Nord sont préférables à rellesdu paysexistait; il dure encore (S) : il n'était pas de l'intérêt des habitai» de Rosroffde le détruire. <> commerce était un objet de S00,000 livres dans les plus fortes années. Observe* que ces bàttmen* du Nord passaient à Saint-Marlin-de-Ré , à Marennes, à Bordeaux, a Bayonne, et prenaient en retour du sel, de» vins, des eaux-de-vk, ce qui procurait encore un débouché considérabk aux denrées de ces contrées.

I oecemainedebarques et de navires, tarrtfrançaiN qu'étrangers , apportaient à Ivoscoff les vins , les eaux-de-vk, kse), k charbon de terre , du mrrrain surtout, pour former les barils qui servaient à b fraude des anglais ; des planches du Nord , mais pour la seule consommation du pays; du brai, du goudron , du fer, du cidre , etc. Ajouki-y quarante à cinquante bateaux dieppois , de &0 à lut) tonneaux, qui. gênés par la gabelle, achetaient, pour la pèche du maquereau , k tel dont les négociant de Hoscoff se fournissaient au f -rouir.

Depuis 17R3 jusqu'en 1787 , un négociant fit , à Sainl-l'ol-de-Leou, le commerce de graine de liu , mais pour son compte particulier. ( J'ai déjà dit qoe les commerçait* de lloscolf n'étaient que les commissionnaires de ceux de ItanUirk, de Lubeck, etc. , qui Im* donnaient trots francs par baril débité ,. Tous les ans, deux navires lui arrivaient de Hollande , dans b baie de Pempoul , chargés de cette denrée, de toiture, de planche», de goudrons, de chanvre. Cette concurrence effraya le commerce du Nord ; il baissa k prix de ces marchandises , et le pauvre homme fut ruiné.

Anciennement , Rosron" faisait passer une grande quantité de conf.

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: on le» nommait Hos-

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U1STJUCT DE MOULU M L> 1794.

En attendant le retour de la paix , les liabitans de Roscoll ' riilliM'iit la terre la plus riche , la plus féconde. Elle produit une incroyable quantité de légumes de toute espèce, qui naissent en plein champ : oignons, choux, navets, panais, choux-fleurs, asperges, artichauts. 1 1 eu part dix ou douze charretées pour Brest tous les jours; des charges de chevaux se rendent en outre à Morlaix , à tandivisiau , à l.esneveii. à Lindernean. J'ai vu souvent , dans les marchés de Lorient et de Quimperlé, une concurrence établie entre les jardiniers du pays et les légumiers de Roscoff, qui, malgré le long voyage qu'ils avaient fait et les frais du retour, donnaient au même prix . et même à meilleur marché , leurs denrées (1).

C'est avec le goémon que les champs sont fumés dans les environs de BoscofT. I-es terres en sont légères, sablonneuses. La disette de bois est telle , dans cette commune, que j'ai vu, dans le rude linéique nous venons de passer, un amateur du jardinage brûler de jeunes plants d'arbres fruitiers de la plus belle espérance (2) .

On faisait autrefois venir des bois des rivières de Peiué et de Pondéon, de Lannion et de Tréguicr ; mais cette ressource est perdue , faute de barques et de marins (3).

On ne brille, dans les campagnes, comme à l'île de Bas , que du goémon et de la fiente de vache. On s'y nourrit de bouillie, de far de blé noir et de pommes de terre.

Il n'existe sur la cote septentrionale du Finistère aucun port aussi avantageusement situé que celui de Boscon", mais il s'encombre. La mer y dépose

(i) Le roscovitr ctt ungulièrcinrnt entreprenant : m cela il m distingue de* autre* population* du pays de Léon. Il transporte ses légume* à de* dUtance* considérable* , à Saml- Brianc , i Pontiey , à Renne*. L'an dernier, l'un d'eus »'e»t •vité d'en aller porter à Pari* , cl il a trouve moyeu , avec le prix de tes denrre* , de se défrayer de son voyage et de eoir la capitale.

(») Ce bit , a 'il e»t exact , ne peut être explique qoe par le* eu constances particulière* du maximum et de la terreur. Dan* l'état actuel de* chose», il eat toujours extrêmement facile de ■e procurer du bois a Ro»coff , et nul n'aurait l'idée de sacrifier de* arbre* fruitier*. Le combustible même, quoique peu abondant , y est encore moin* cher que dan* toud^H grandes tille* de Bretagne.

(3) Cette exportation de boi» a repris et *e continue. Plusieurs gsbere» de* fivtèr*» de Pnue et de Pondron y sont rtn ployer*.

une telle quantité de sables qu'il serait impraticable en peu île temps, si , par des travaux m'eessuir on ne prévenait sa ruine. I.e bassin qui forme le port est fermé par un môle de 1 GO toises de longueur, et de 20 pieds de large.

On projette d'exécuter une seconde jetée qui, s'approchant île la première, ne laisserait qu'une passe de r> toises pour les vaisseaux , s'opposerait aux progrès des sables , augmenterait de beaucoup la surface et la sûreté du bassin , et présenterait de grands avantages.

Ce travail est approuvé. On a déjà fait parvenir des fonds pour le commencer, une difficulté le retarde. La commune donne au projet de perfectionnement imaginé toute I étendue possible, et place Il jetée plus loin que l'ingénieur Leroux; elle prétend gagnerdix pieds d'eau, et donnera des frégates le moyen de relâcher dans son port , et uiéme île s'y réparer.

Les objectionsde l'ingénieur, homme rempli d'intelligence et de talens, portent sur l'inutilité d'aussi grands uv.vaux dans un port de cabotage , sur les difficultés d'exécution, sur l'énormité des dépenses.

B lies monteraient, dans le projet de la commune, à la somme de 377,500 livres; dans celui de l'ingénieur, elles ne s'élèvent qu'à celle de M0,000 livres.

C'est au gouvernement à faire prononcer, à faire juger si les difficultés, les dépenses ne sont pas compensées par l'avantage qu'on retirerait du premier plan ; si les idées économiques du citoyen l*roux doivent être écoutées. J'avoue que, sur les lieux, j'étais pour l'opinion de la commune. Il me semblait qu'ayant un grand travail a faire, il ne fallait pas s'exposer au repentir de ne lui avoir pas donné l'étendue dont il est susceptible ; et qu'en supposant à Boscofl le commerce qu'il doit retrouver a la pni\. borner les dimensions de son port, c'était diminuer ses ressources (4).

Dans l'état actuel , ce bassin peut contenir une cinquantaine de barques ou navires , tirant de 7 à 20 pieds d'eau. Dans un cas de nécessité, on pourrait en placer un ou deux au bout de la jetée, de 5 à 600 tonneaux. On y peut entrer , on en peut sortir de tous vents.

Au bas de la jetée de RoscolT. il y a 22 pieds d'eau

(a) te bassin de RoscolT est resté tel qu'il était . et le» »*slr» travaux qu'on y arait projeté» n'ont point rte exécutes. Du retle, la jetre e»t bieu rulieirnur ri le poit ru bon état.

niSTKICT *C WBRLAIl 1.» 17»î.

mi coup de U pleine iuer,.daus les grande» marées ; iu ji- . dam In mortes eaux , une barque qui lire sept pied» d'eau n'est pas à flot. la? port assèche a loiii.-H le» marées.

I.i ville eslbitie sur le sable. les maisons sont petite». Ou v «oit beaucoup de magasin*. L'absence des .que la guerre appelle à nos armées, lui r m air triste , désert . un air de nudité que de* étaldissemea* ruines, couverts de lierre , que lundiaé du sable , que la privation de toute espèce de verdure augmentent encore. Il est indispensable de paver cette tille. Les charrois pour le commerce •«ut, dans l'état actuel, d'uuc dillkullé presque umucible.

lai population de Roseoffcst de mille individus; son arrondissement, d'environ trois quarts de lieue de longueur sur une lieue de large. (Ju.it c villages *.ut jiuchr> a <e chef-lieu ; il* contiennent l,Mf

La roule qui conduit à Sainl-Pol-de-Léou est bonne ; les autres chemins sont impraticables. A iii. r lasse , mi v rend facilement ain poste» de la cote. Je remarquerai , d'après l'obsenaliou de la commune de rtoscoff, qu'il serait à souhaiter qu'on changeât les pièces de trop bible calibre placées mit le» batteries. On voit, à celle de la Croix , des ration* dr i i l de VI ; ils devraient être tous de IN, de 24 ou de 36 livres de balles.

Croirait-on que , dans un port de mer où tant de vaisseaux abordaient, ou ne trouve pas une fontaine publique (I)? Cependant l'eau de» Capucin» pourrait être facilement conduite sur le port ; eJle n'en est éloignée que de 4 à 500 toises. Avec 2.400 livres, on exécuterait ce travail nécessaire. Ou profiterait des éroulemens de celle fontaine pour établir un abreuvoir , qui manque à la ville. Le lavoir est à réparer.

Tons leshabitans sollicitent un marché, que l'appniviMonnemeut d'une ville isolée, que l'arrivée d une multitude de batimens étrangers, que la subsistance de la garuison rendent indispensable. Ils désirent qu'où établisse une halle dans la place ou se trouve la chapelle de I I uiou - .

Les secours de la médecine et de la botanique sont nuls dans lavilleetdau» se» environs. I u terrain auw l'-cooden brunir*, que celui qui cerne lloscoff

(■) ta falini' fmbliqnr Jr RoMoff «M bon «4b. m»» rw tUmgwn én h«S«m«nit. Ln Imiin mmu rm boa rUI

(•) Il m'y « fu.M muât île kdlU ê KumuII.

serait tres-fa vocable .i la croissance, i l'enlreti'-u île» plantes exotique* et de ci-Iles de nos roulrérs qui peuvent être utiles a Usante de I homme (3).

Personne ne s'est présenté pour occupera RoM-off la place d'instituteur, les écoles primaires n'y sont pas établie* ; on n'y trouve point de maître d'hydrographie (4).

la seule pierre de» environs est une espèce de p-auit a Kr<»s pains, qui borde le rivage ; K ardoises y viennent de lavquiree et de C.hileaulin.

On demande que deux corvette» soient mise» en *t.itii.ii dans le « anal de l'Ile de lias; un \ trouverait le double avantage de faire une multitude de prises, et de surveiller de» rôles voiaiaef de Geney , de Guen»e»ey , de l'Angleterre.

Tous le» marins de OH parap-s d.'-Miviit un |. u sur l 'Ile de lias. \jl municipalité de Itoscofl un', rit « Nous vous avons exprimé noire idée particulière » siirla construction de ce phare, que iscroymis

• plus utile d'éclairer avec du charbon qu'avec de » l'huile. lle»tdémonlré,parrexpérience,quepre-

• risément , quand le temps est gros , chargé de

■ grains et de brouillards, le charbon flamlMiie da-

■ vanUge, tandis qu'alors les feux à réverbère se

• ternissent (5). ■

La commune désire qu'on I m donne deux barques de 50 à 60 tonneaux . |»our qu'elle piU se pn>rurer du bois et les denrées de preuùérr uécrssité qu elle n'a point à sa portée.

On» il fort tranquille dans ccttrr.uniuune. 0»alre cents hommes de £amisou s y comportenl bien Autrefois elle eut a se plaindre des iliipoailnwi de Samt-Pul ; ces deux communes vivent a présent dan» la meilleure intelligence. A la paix même, il serait indispensable d'avoir quelques troupes à ItoMoff. 1rs étrangers, les anglais surtout , coin mettaient des désordres, sans qu'on eût les moyens de les réprimer.

Il ne faut chercher dans cette espèce de aucun tisane ancien : ils ue se conservent que le» lieux infréqueutév I .i seule singularité que ruff m'ait offerte , e»t uu usage qui l

v 0 Xo— nom èrj» i* sja» ïmn

DISTRICT DE MOKUTT O 1791.

roi* avant les secousses des dernières années. Des femmes, après la messe, balayaient la poussière de la chaj>e||e nommée r/c ta Sainte- Union . la soufflaient du côlé par lequel leurs époux, leurs amans devaient revenir, et se nattaient, par ce doux sortilège , d'obtenir un vent favorable à leur amour, à leur impatience. Ce fait me rappelle une pratique originale d'un autre canton de la Bretagne ; c'est il la cote du Croizic. Un rocher s'élève sur la mer ; il tient au sol par une arrête en pente douce, l*s lillcs, les femmes du pajs, parées aver recherche, leNflieMiix épar>,ornéesd'ui) beau bouquet île (leurs nouvelles , couraient, s'élançaient sur la roche ; et là, les yeux au ciel, les bras élevés, chantaient ces mots :

• Godant, gocljni, • Ramcnez-oou» no» mari* et no» imini. •

Cet usage sentimeutal , cet appel aux oiseaux , n'a rien de la religion catholique ou des temps modernes ; il nous transporte aux âges reculés où nos pères prêtaient une ame , de l'intelligence , une espèce d'intendance aux animaux , aux volatiles surtout , qu'ils croyaient les ministres légers de la volonté des dieux et l'enveloppe ailée de nos aïeux punis , par la métempsycose , des fautes qu'ils avaient commises.

L'approche de Roscoff, quand la mer est basse, est difficile. Vous n'y |>arvenez qu'après avoir passé sur des rochers gtissans , couverts de goémon , en danger de v mis casser les jambes, de vous fracasser la tête. Vous trouvez des mares d'eau vaseuse où l'on entre jusqu'aux genoux. IS'étant prévenu par personne de ces inconvéniens , j'en fus victime. Je me permets cette note pour préserver les voyageurs de la peine qu'ils pourraient éprouver (1).

Nous traversâmes, pour aller aux sables de Sautée, des terrains où l'on pourrait nourrir d'im-

(i) M atl diftlrilr de comprendre ce que Cambry a voulu dire dan* relie note. S'il parte du raauimi» rut du chemin qui rondaiuit de Sainl-Pol » RotrolT, et par lequel on cuirait dam celle dernière Tille, il cal en contradiction arec luioièiue . car , plot haut , il dit celle roule belle et bien entretenu* ( ce qui Ml vrai ). D'aillrur», la mer hiw u «unit aucune inSuearc .lu» ce caa. Il faut donc eioiie qu'il parle de» abord* de RoacolT, dn colé de» commune» riveraine». Le» cnctuiaa de traverae oui cfiuimiitin|orut de cellea-ci à la rille •ont, en effet , fort nuuun, et il e»t profrrable de gagner la grève loraque la met le permet et lorvquc la cote rtle-mrmr e»t praticable. I >> rette, il y a en quelque» amelinritiou» tuait* ce» voie* de touimanirjtina.

menses troupeaux de moutons. Nom- passâmes des lagunes que la marée venait d'abandonner ; bientôt nous nous trouvâmes sur des plages éloignées des champs cultivés , sur les rivages de la mer. Vous qui vive/ dans la mollesse , dans des |ialais, sur l'édredon ; qui redoutez le sou file du zéphir ; que d'épaisses murailles, que de doubles châssis, que des rideaux de satin mettent à l'abri des orages ; qui . sans effort , trouvez toujours , à des heures réglées . sur des laides d'acajou . mit «les tissu- de neige de la Flandre ou de la Hollande , dans des services de vermeil, les mets du plus délicat sybarite ; qui , portés par de doubles ressorts , menés par un cocher habile . êtes si fatigués , si las , quand vous paraissez à Longchamp, au boulevard , à tous les spectacles . pour terminer votre journée par un brelan , dans un large fauteuil , ou sur les coussins d'un boudoir.... venez dans ces climats sauvages , et contemplez leurs habilans !

Battus des vents et des mages, ils sont vêtus de toile au milieu des hivers; leurs cheveux noirs, flottaiiNsiir leurs épaules, tombent sur leur front et leur couvrent les yeux; une barbe épaisse ombrage leur menton ; des sillons à trente ans vieillissent leur figure. Us vivent de quelques panais , de quelques choux. Leur demeure est un trou formé par des rochers que des goémons couvrent à peine. I n sable blanc blesse leurs yeux. Us ne sont en rapport qu'avec les vents et la tempête. \a nourriture insuffisante que leurs efforts arrachent a la terre naît sur des lieux que le sable couvrait. Quelle patience , quel temps il a fallu pour rendre ces terrains au soleil , a l'air , à la culture ! Voyez cette mère assise sur un long banc de sable, sur la roche de Men-Roignant ; quel lait peut-elle donner au triste enfant qu'elle nourrit? Les chimères de l'ignorance viennent encore la troubler. \jk nuit , dans ces affreux déserts, des fantômes hurlant parcourent le rivage; l'homme rouge, en foreur, commande aux élémens , et précipite dans les ondes le voyageur qui trouble ses secrets et la solitude qu'il aime. Ne prenez pas pour des déclamations, pour des oppositions faciles, le récit vrai que je vous fais ; c'est là , sur un rocher , que j'érrivis , et j'avais sous les yeux ce spectacle déchirant J

Nous arrivons aux sables blancs. Buflon décrit

(*) Quoi qnen di»e Cambry , il y * encore ici beanrnap

dciajciiliom.

DISTRICT DE HOHLAn ES 179i.

(affreux .Vnrioent <|ui rouvrit «1rs champs culti- | ir», «1rs châteaux , de» moulins, rt nova pour | pnuts l- - • auipagne» f.rtil«-s. I u mit «le nonl- —fd i»nesi engloutit, dans une nuit, soin U* sable, de* village» , Irur» bahitan» : Ir lendemain . on en lit U place. Ainsi disparurent , sous le» du Vrsuvr , Pomprla , Stahia , des pain», dr» i haumicre» et I.-. plains If» plus fécondes. Ir» sable» de Santrr rouvrent presque en entier I «Scliv de Treincnarh . «lont on »e «mail il y a prti d'année», la jolie ville de Pol-IVon rt 1rs champ» fertiles qui l'entourent vront bientôt ensrvelb , M , par les efforts de l'industrie , l'on ne parvient j 1rs sauver. 1rs /Ut* Bretagne affrr- I unr »«itnme annuelle .1 l'entretien d'une digue genêt» piqués verticalement en échiquier ; elle 1rs Ilots de sable qui s'amoncelaient a tes 1, sor une longueur de (iOOlnisrs ; mais bien- Mi celte digur léger* est rnlrv.se , cl 1rs sabirs accumules tolenl au premier veut rt recommencent leur ravage.

( , dans son lier (Elandicum et Gothlanr, imprimé a Stockholm , rn I74*« , in-H' , tarie de Xarumio arrnaria , commun ilans . ■» contrer» . propre à con»oli«lrr 1rs terrains , à s'opau\ ravage» .li s s,ilde» . par la longueur de Il serai! po»sihlr de s rn prorurrr dr» on ferait usage , et sur nos cote» , rt sur celles de la France menacées des mêmes malheur», (.'ingénieur lrrou\ a donné dr» projet» qu'où s'empressera d 'exécuter , si l'insouciance n'y ■et obstacle. Il propose de taire, entre les deux rocher» qui rouvrent la gorge que les sables ravagent , une digue en rrvétcineiil de gazon rt à angles sa il Uns rt renlrans, comme ceux de» fortifications ; de iiitaJtr et méleaienl d'une haie vive en 1 d en genêts épineux . qui viennent très-bien ee pays , rt particulièrement dans les terre» i ; de faire flanquer cette digue par un 1 de 1 1 nilri l llT|i»f nil 1I1 |n uplii 1 il'llilii Il présume que ci-» moyen» arrêteront , en tout ou en oartie . no fléau dont les ravage» sont incalculaide», rt qui Unira vraisemblablement par engloutir la villr dr Saint-Pol elle-iuéme, sur laquelle ■lrjj |r» grands vent» apportent une prodigieuse : cr* tables.

t d'exécution seraient dans l'étahlissrmeiit de deux ganliens aiTecté» a l'entreiieu de l'an- 1 dague et â la roule. Ion .le la nouvelle . en ml d «vain e |e« plan» ,|iM > vraieut iHVe»-

saires. t e travail coûterait environ 30,000 livres imlépendan nt <le l'entretien annuel.

Il ignore cr qui prul arrêter l'exéciition de ces mesures . qui ne sont pas «le nature à êtrr dirigée» par entreprise , mai» par économie , rt sou» la surveillance de la municipalité de l'ol-l/on (1).

J'ai vu , du grand chemin qui mène a Irsneven . la montagne de sable rffray ante qui menace la commune de \iint-l'.>l . et }>• frémis du ilanger prochain auqurl elle est exposée.

Sur cette cote est l'Ile de Sieck. Im SunrilUtntf , dans la guerre dernière , s'y relira pressée par les anglais, Kllr mouilla quatre ou cinq }our» a la pointe de Sieck , par le travers dr la roche à Gaulbedec.

On y Ausail jadis une |>érhe «le sardines asaei considérable ; on l'aharolonnr depuis I7K9. Il y a llr deux métairie» rt quelques vieux ma-

l/anse de I abrr , fort enfoncée dans les tenr» , pourrait , dans 1rs grandes marées , recevoir dr» hitimrns dr 200 à MM) tonneaux ; dans les mers morte» , de 10 a 40 tonneaux. Sur ces parages, la mer monte de 18 pied* dans le» grandes marée». Celte hauteur augmmtr sur Ira cotes 4e l'est , rt diminue sur « elles de l'ouest.

Le Qurrnir , à deux ou trois lieues de Sieck , est un petit port qui peut recevoir «!«•» lutimrii» de i> ou :*) tonneaux. Il offre une grève considérable , protégée par uu fort rn état dr ré»is|ancr.

C'est tous cr fort qur la llcllr-l'tmle se retira après Ma C— lut contre YJrtlhuse , en 1777.

Toute c.-tte cote est défendue par la nature, par un million «le rocher» avancé» , élevés à fleur d'eau, par «1rs brisaus impraticables.

Je («arlcrai «Ir Pontnsval dans |r district «le Irsnevrn. Le Corréjou , laber-N rac"h, sont de petites

n ia» lie» pour «les kir.pi.» .le m) a (•<> loi auv.

Nous sommes dans le district de Brest. Je miens au distnrt de Morlaix . aux environs de *s]iul-Polde-l>on.

Pbtugoiilm est une commune de 1 .720 habitai s ss,-s terres sont ex« clientes ; elles pr. .luis. ni | . 1 coup dr grain» , pru de légume». (> que j'ai dit de»

( 1 ) Dm tn<m nm» tu Uim. «rt l oti • rtm— s tm may-m fwmm éfmr «t <W

IHSTRltT Dï N0K11IX EN 1791.

mœurs cl des usages da reste du district s'applique à Plougoulm, ainsi qn'à Plouénan, autre commune du canton de Léon, qui contient 2,452 Ln-

§. V. — LAN ME UB, SAINT- JE AN- DU-DOIGT, PLOOGASNOU.etc.

Nous revenons a Morlaix , pour nous rendre de là à Lanmeur. Cette route est varice. A près d'une lieue de Morlaix, vous fouissez, sur une nioutagne, d'un point de vue très-étendo.

iimeur est un chef-lieu de canton. Trois autres communes en dépendent. La population générale est de 6,239 individus. Ce chef-lieu n'est qu'un ' bourg peuplé de 2,400 personnes. Rien de ce qui peut embellir la demeure des hommes ne s'y trouve. On n'y voit ni fontaines, ni halle, ni manufacture. Le cimetière est au milieu des habitations. Point de secours contre les incendies. Lue insupportable malpropreté corrompt l'air qu'on y respire. La municipalité grimpe par une échelle dans un galetas qui lui sert de salle d'audience. Le peuple, au milieu de ces désordres, vit cependant sans maladie, sans ; ; il est même plus gai que triste, et danse

hautbois. Les chemins viciuaux sont détestables ; il serait surtout nécessaire de réparer 1° celui qui mène à Brest , pour faciliter le transport des bois dans ce port et servir les communications qui doivent régner entre les communes environnantes; 2* celui de Plouégat-Guérand , sur une étendue de trou quarts de lieue, ouvert sur le devis du citoyen Loriot; 3* celui qui conduit de Guimaëc à Lanweur : ce dernier n'a qu'une demi-lieue (1).

Le commerce le plus important du canton est celui des bestiaux. La foire de Saint-Melair, où l'on vend des poulains d'un an, est une des principales de la Bretagne.

(i) IVraucoup de» observations que fait ici Cambry snr I-anmrur oc sentent plot jatte* aujourd'hui. Il y ■ nutalensnl <Imm cet endroit deux fontaine* publique* , la fontaine te r Hôpital et celle de SAorn ; celte dernière e*t remarquable par l'eicdleacc et la quantité de l'eau qu'elle fournil. Lanmeur *»' encore uns halle et un* mairie proprement dite*.

Quant au chemin» dont Cambry parle, celui de Lanmear * Brest ci actuellement en bon eut. Celui de Plouégat-Goér«*d e»t également bien entretenu , mai* la roule de Guimaëc

,f£*Dn cultive dans ce canton de l'orge, dn froment, du blé noir, des avoines; les pâturages en sont bons.

Ce pays donne peu de légumes , point de cidre , très-peu de bois. On y ttle beaucoup de lin. Les moutons y sont en très-petit nombre , les i en petite quantité.

Le saint délai (1). On voit, dans une chapelle souterraine de sou église, une fontaine où jadis on baignait les enfans quand le baptême se faisait par immersion. Ses eaux ont des vertus admirables. Saint-Médard eut une main coupée ; Dieu la fil repousser comme une patte d'écrevisse. Pour rappeler ce miracle, sa statue tient une main coupée qu'elle montre orgueilleusement

A deux portées de fusil de I unmeur était jadis le fameux pardon de Kernitroo (2). Cette vierge

(i) Lite* Saint-Helair et non Saùit-Slrdanl ; a la vérité, les g eu» dn pay» ont corrompu le nom , et prononcent Hclard.

L'églUe de Saint-Meuir de Lanmenr fut bâtie dan* le dirirme aiède; insu, réparée plusieurs fois déposa, elle a perdu «on caractère antique Ccpendmt on peut citer, comme appartenant à la construction primitive , le porche et le* colonne» du porUil, orne* de conclues sculptures. (Joint s l'église souterraine, tout porte à croire quelle est i a l'introduction dn christianisme en Bretagne, suri baissée* et ses colonnes monstrueuse» semblent sppartenir à l'architecture celtique , qui eut toujours te caractère massif et poissant. Sait» doute que b fontaine qui s'aperçoit i aujourd'hui dsu* ce crypte était une foutait» temps de» druide* ; ce qui le prouverait , c'est le nom tuèoie de Lanmeur. A cette époque, en effet, ai l'on en croit la

susidérable appelée Ker~

fumtun ( ville de la fontaine ). 11 est probable que , lorsque le christ uinisme pénétra dans ce* contrées , les premier» apôtre* chrétiens Créai pour l'église souterraine ce qu'ils avaient mit pou» ton* les monnmen* du cake druidique, il* changèrent sa destination et b ootuaerérent à 1» religion du Christ, 11 est po**sble qu'alors la fonbiine soit devenue , comme le dit Cambry , une cure pour le» baptêmes par immersion.

Le tombeau de Saiat-Melair se trouvait autrefois dans régisse supérieure, prés du mailrc-autcl. Il • dispara.

(3) L'église de Kernjtron ( lieu de madame la t'ierge ) est foct remarquable , en ce qu'elle a été conservée telle qu'elle fut bâtie ver* le dixième liècle.Soo architecture est le gotktaueroman , cette maladroite imitation de l'architecture romaiue qui précéda chex nom le style gothique-arabe , rapportante* des Croisade*.

L>> grilles de bois sculptée» qui, dan* 1 "égli»< de Wwa le chœur de U aef

D IST11ICT DE M OUI VU El 1794.

pt*e*dait ajox mariages, donnait , pour de* offrandes de rire, de grain* et d'argent, de ri< lies maris

Passons j Simt-J^an-du-noi^t, Mir le rivage de la «t. Cette chapelle est »i»uée dan» une anse où plats pourraient aborder aUémcul sur de sable blanc.

On demande, «Uns la section de Trébenvrl, une i de deux canons de 12 ou de H, qui puisse Ire l'approche.

I.i. 1,800 babitan» vivaient a laide? île* offrandes faites au doigt de Saint-Jean , de la dépense d'une multitude incroyable de («elerins qui s'y rendaient de la Bretagne, de la Normandie, des provinces les plus éloignées. Maigri- 1rs chemins impraticables qui l'environnent, plus de vingt mille iiersonnes de lotit âge marrhaienl pieds nus dans ce pèlerinage. Le site ru est riant, agréable et boni.1, la mer, par deux montagnes, [n-nètre sur un lit de tes flots meurent Mir des prairies coupées d ormeau* et de sapins. Del haies d'épines blanches et de rosiers sauvages entourent quelques vergers, 1 des toits de cluume , et coupent agréare délicieux paysage.

de la colline, dont la pente est presque s'élèvent les bilimens consacre» à Sainteau, vivifiée par l'index du saint, guérit toutes les maladifs, «M van» «-rose entourée de femmes et d'euums, d'hommes a Itarbe grise, qui se Uvent les mains, les y eux et 1rs genoux. Toutes les parties que la douleur attaque reçoivent du soupar cette liqueur admirable; elle < baron* dissipe les chagrins : le mol y des anciens, le serpent d'F.sculapc , tous les secrets de l'Ile de Cm , produisaient jadis moins d'effet ; et , dans les impo Modernes, l'Averne à Rome, Saint-Jacques

de t om|M>slrlle, le tombeau de Mahomet . et Vtrc-

Itamc de lurette, donnent moins d'indulgences au v idéies qui les visitent.

I. égttftt, dont l'architecture gothique est un chefd'œuvre de délicatesse et de légèreté , est dominée par un joli ciocticr couvert de plomb. I>es artistes t ticluient d'unir le merveilleux de arcau\ merveilles de l'imagination. Les , très-e' levées, qui supportent le comble de év idées ; elles n'ont pas deux pieds

Je vis dans celte église des rx-ioto , et la téta de Saint-Jean grossièrement sculptée, . ..lou e «le Liane et d'un gros ronge, placée près d'une boite ou I on dépose les offrandes. Sans la gravité du lieu, sans la piété d'une foule nombreuse dont je me . omiiiaiidais de respe» ter les préjugés . je n'eu-v* pu m 'empêcher de rire avec éclat de l'attitude, des contorsions , des grimaces d'un grand homme louche , de 50 ans , dont , pendant un demi-siècle, toute l'occupation consiste a verser, d'un vase d'étain, de l'eau dans un gobelet de plomb, à mannoler des patenôtres, à tourner un chapelet dans ses doigta, à recevoir l'argent qu'on lui prodigue. Héla»! si les dévots M conten ta ieut d'être imbécil le»l osais ils sont atroces, cruels, ambitieux, calomniateur»; ils égorgent au nom d'un dieu, ils empoisonnent pour le ciel , et ne pardonnent pas au nom de la religion et de la sainte église, en France comme en Arabie , et dans l'Inde comme en Espagne.

On brûlait le corps de Saint-Jean i Samarie , par ordre de Julien I Apostat : une pluie miraculeuse permet aux chrétiens d'eu dérober quelques reliques: uiideseadoigtsfutenvoyépareox à Philippe le Juste , patriarche de Jérusalem. Tècle , vierge normande , le transporte «Uns sa patrie , fait bilir une église dans laquelle elle le consacre à la vénération publique. 1 ii jeune bas-breton , natif de riougasnoii , se passionne pour cette pièce merveilleuse , et forme le projet de l'enlever. Le doigt n'attend pas cette violence , et se place , cuire cuir et chair, sous le poignet de son adorateur , sans qu'il se doutât de cette lionne fortune. Ce fut eu 1437 que. miraculeusement entraîné vers sa patrie, il se met en marche. Dès la première journée, passant dans une petite ville, les cloches sonnent d'ellesmêmes, des arbres s'inclinent, toute la nature s'émeut et de respect et de plaisir. Il passe pour sorcier ; on le saisit , ou l'enferme. Le leudemain . qui le croirait ? il s'éveille dans «m pays . .Uns la commune de IMougasnou. près d'une footaine qu'on nomme encore Feuntrtin tu Bit Fontaine du Doigt ). L'amant de U reine de Golronde ne fut pas

rU.» é'nm

DISTRICT UC MOHLAIX l\ 1794.

plus surpris, quand il reconnut , dans l'Inde, le site, le petit pont , et l'aimable laitière . premier objet, premier théâtre de son amour. Tout s'émeut dans Flougasnou ; la chapelle de Saint-Mériadec s'ouvre; la terre tressaille d'allégresse et se couvre ■le fleurs nom elles. A peine notre breton était-il à genoux que le doigt du saint se dégage et va se placer sur l'autel. Il reconnaît l'objet de son adoration ; les rierps s'allument , le peuple se prosterne. Le dur Jean, qui résidait a Vannes, accourt à cette nouvelle ; il amie d'élever une .'--lis.' a son patron. Que de miracles! les morts ressuscitent, les sourds entendent , les aveugles voient. LesolTraudes des fidèles facilitent la construction du nouveau temple. Li première pierre en fut posée par le duc Jean , le premier août 1440. Il ne fut ache\é qu'en 1513, par la libéralité de la reine Anne.

Cette princesse eut l'irrévérence d'envoyer chercher , sur un brancard , le doigt sacré ; elle voulait l'appliquer a son oil malade : le brancard se lu ise , la relique retourne à sa place. \nne, repentante . fait à pied le voyage , guérit , donne une boite de cristal , des chandeliers , un calice de vermeil , un encensoir an trésor de Saint-Jean. I ne partie «le ces objets furent vendus à l'époque des guerres de la religion (1). Le pied de la reine \une est empreint sur le piédestal d'une croix à Ijnn- Festour (2).

En 1489. quand Henri VII envoya des secours à la duchesse Anne, contre Charles \ III, roi de France , sous les ordres du général Itichard I cimille , ses vaisseaux enlevèrent le doigt de Saint-

(i) Le calice de vermeil donne par U reine Anne ni encore daiu U trtior da l'église de Sjint-Jcan-dn-I)oigt. • Ce calice

• ( dit Cembrjr , dani ton Catalngue, ) a Ireixe pouce* de

- haut ; ta coupe a craq pouce* six ligne* de diamètre. Sur

- cette bate tout exécuté» de* rameau* réuni* par un amour « qui ne cache rien. I-a pomme e*t orure drt buil médaillon*

- de* apôtre», en email. Sur la patène e»l un enfant Je* ut

- pie* duquel la Vierge et Saini-Jotcpii tout en adoration.

• Deax berger*, attentif» »ou» une arcade , contemplent cette

- terne. Ce joli raorreaa c»t circule en •-ni.nl , tur un fond

- de coulenr lie d* »in Le portrait , je I* prêtante , d'un de*

- mari* de U reine Anne , ett rn relief tur cette patent. • (») C'eal l'endroit où la ducheuc Anne mit pied à terre.

I »r cet endroit i Sainl-Jcan-da.Doigt elle voulut contraire an pattage couvert , *i l'on en rroil la tradition do par*. Ce pattage tarait terri de rrfuge aux pèlerin*; ma» on lui fît obvniri qu'il trrtirail au. m dji:lr aux malfaiteur», cl clic icuou' j à ton projet.

Jean. Arrivés au port d'Hampton , ils firent prévenir le clergé du riche trésor qu'ils apportaient. Quelle fut la surprise générale ! la boite se trouva voie; la sainte relique avait repris le chemin de sou domicile. Ainsi le Bambino, qui remplace Jupiter tonnant , à Home, enlevé par des voleurs, sut , malgré ses langes et son maillot , retourner à pied dans sa crèche; ainsi la ceinture de la Vierge ne peut quitter l'église de Pralo. L'homme tourne autour d'un petit cercle d'idées; et qui connaît un coin du monde , pourrait juger tout l'univers.

On n'avait rien négligé pourfrapperrimagination des nombreux pèlerins qui se rendaient dans ce ' séjour de miracles et d'enchantemens : les sentiers qu'on foulait en l'approchant étaient sacrés ; des siinis épars, grossièrement sculptés, peints, dorés, se trouvaient sur la route, auprès de cabarets où la téte se montait par les fumées de l'eau-de-v ie. On rencontrait , autour de la grande fontaine , des estropiés qui criaient au miracle, des clercs qui les expliquaient, des poètes qui les chantaient, h-s cérémonies religieuses se faisaient avec majesté; les prêtres étaienl revêtus .les étoiles |ts plus brillanles. La veille de la féte du saint, dans une profonde obscurité, une scène nouvelle donnait le dernier coup à la raison de ces bonnes gens. Un ange partait du sommet du clocher, éblouissant de feux et d'artifices; il allait à cent toises, sur un

i licule. allumer le l'eu de Saint-Jean, remontait

au sommet du clocher, et disparaissait dans les airs, sans qu'on put voir la corde sur laquelle il glissait en tournant pour opérer cet effet merveilleux (3).

1rs habitans de l'Ile de Malte disputent à ceux de ce canton la possession du vrai doigt de Saint- Jean. Lu grand esprit termina la querelle en assurant que les maltais avaient le médius , et les bretons l'index de la main droite. Il eut été plus difficile d'accorder les propriétaires de tètes du même saint , dont l'abbé de Villars baisait un jour la septième.

I a Bretagne est plus loin qu'aucune autre contrée de quitter ses extravagances. \jt gouvernement

(I) La fan de U S.sJeaa e*t lonjour* allume, dam la paraitte dr SaintsJean-du.Doigt , par un auge dc*ceudanl dn clocher. Mai* le mrcaniime de celle machine ett *i grottirr , ton appareil *i «i*ible, que le* pat m ai n'eu *onl nullement les dupe* et n'ont jamau pn l'être. Cette cérémonie a toujours en évidemment ponr bat d'amuser les pèlerins par une rrprcavuUtion iccniquc, et uuliruicul de le* tromper.

uivmicr DE MMUI1 I S 1794.

i ■ in | l.» ■ | .ii |. p»u- |ues , cl jamais li? délie leur» absurdité» ne put «. opérer ice peuple infortuné. Ou

• uls.nu uV lilol^mr dis li. m- .n- qill poll«aif||| I éclairer ; «ta eul soin de le prixer de toute insi . de lui conserver une Lingue particulière, le maintenir dan» un étal d'asscrvissemctii ' de comprimer sou caractère , dout un rele» fffrtv Jamais |.i toix de l.i philosophie ■ («eoeira dan* on contrée» ; et de» p.w don» el

H*» eMSatOlt» éleiglliri'lll jusqu'aux moindres rllll-

• de la lumière el du bon »ens. Il faut atuir tu i , fMMir se faire une idée de»

qu'un y débitait, de» bouffonnerie»

<|u.hi \ pr.iliqu.ui l.s M-mi.'ii, ,U- \|,n..| ri «le I ariette «oui de» pu» • > d • |.><|uruce , le» facétie» •1 \rlrquin , du hou sriis . »i unis li s < < • i > i ; • . ■ i

\t aux farce» des curé» el de» vicaires

le» IIIISM..US. des ilulo-u litre deux

lélr» 4e mort, mire de» damné» el I*-» aines ilu pur- ; I obscurité , de» menice» époutauUlde», « liant» logobre» , l'enfer daw utile» te» hurla ledrVspoir, l'éternité île» flamme» dc.o- >. de» serpeii» rouvrant le ru'ur , déchirant . , des crapauds g|j. . s s|i „rjiii surtoire . des chaudière» bouillant, s . ,,u I ou vous io»easibleiiieut , dont on \,,iis relirait ) replonger euro

. «V» «que letles .

de la plu» gn* iorruxable»

a*orlJnn

h urr . de» laldcaux moiipanlouiiine» , toutes |.>» ■ fourberie , produisaient i »'y déi titrait la poitrine; aflreux hui leinen» retendail» 1rs ra\eriie», dans |,> i^Iim- , , s fteiéculaicnl ; et, Imig -temps âpre» re» Mutâmes, la plu» noire iih-Luu olie , le l'état habituel de tout indmdu qui roodmre.

Je I ai dit. et je le réprie . quelque» ah»urdile» parto ulieres tarai lérisriil chaque rauton de l'uniter»; la Bretagne le» réunit toute». PaiTourei le» annale» de ce pa s s de réterie» et de men cille* (1) :

\ ou» «errei , pre» du château de la Huche- Mau-

f •) Lrpoqae de U pabl.rat.oe du Vm/m* *» Caaaary prêt t currrataoa mi I eaaerlnrac il* re f-r—tçr , qui daa» aoa «bit. Oe » ml mu rr action rae- •I biutal» . toaut U ratif ••>• caibuuqae , qai k |— — —I da h«c<c d eec —in» h la» qn« k leeepa i eppeaec tea

rHLJHÙL l l.u U

rice, pré» de l'ancienne fi.icte de Dmtrdoun (2)n un dragon il. \ni.ini el les animaux el le» hommes, que le rui llristokus apaise en lui livrant lou» le» samedi» un malheureux que le sort désignait I ...

Vous verrez le fameux Saiul-tiiiénolé. arrachniit l'iril de sa strur de l'e»|omac d'une oie <|iii l'avait

eolrree pbilotopb.qaea , ri que le rathobriamr drmi-roi>rl a'rtudir comme document liisfurii|nr bien |ilot i]iie dinar naiiunrr in.nif, <m rsl *%\ri de xn^-froid pour rUt jutlr

Si I» IVrtjgne • roosersé tan bu* ■ jf , «r» roaliart , u» •aper*tiin)B< , il ne !..m pmnl ra ■< •«< r le chn>lus»o>c Soa «rtiao, d«v« relie rnnliee rowa>e parlnnl , < rlr biea- Uiuale el cmlisjtnrtr < c»l lui qai , int uriifirn bamiin» , *ui miruis gnrrrirtct, • le frrnr* cuuiwh d'tfotftt U» keaff j;rt , a aabetilar la rtianlr neDgrli^aa. S'il a e pae extirpe loua Ira mica, il ■ ra a pai rree un eral.

Nr irrjr.ln paa Ir m..i ifu il a la»ae >ubu>ler , . lirnb.i Ir birn <jo il a f.ii. *

X on parlr< d abt'irdn rintinrn , dr ninairrira dr pirlrra, d iorplr« pffrdirjlMtaa , r'ral lura ; nui» priuri|uoi ur lira dire dru iet1ii« mullant dr rr% tiniinrn , dra bienfait» de rra prrlrea . dra edmirablra rbiaa tarira a rca irtami» ndirnlrt ? — Cnaipjrrt rrilf pnpaljii'ini rotanlr , aaer lemlea »ea rrrr m < , a relWa de tua tillrs ijni net rntrnda la r>ux Jr U a)Ai/mef'.ir. Mettra prra d an sfa tMM levant berlua» , rruignaml f rmfrr , le gaaiia de Pat ta aana foi , m aaun , ai loi , el qui n'a plua peur uur du aabae du farde aiuoiripal A«ec notra loatrurtioa publique lacoiaplrle , nuire prupafandr pbiloaop bique qui abat aaua t JiUrr , n iitia-tma que le un ail brau< oup à faguiT ra abambiunaol tuutea aea cToyacare» pont •rquetrr I <-«Iu<-j' >u batatde de »ulre peuple en I raaie ' — N..U . ne ronderanri paa Irgrrcateal relie fui »i»e de I "boaiaie dea ratapaenra. Riea , ai ton» le enulra , dra prrjucra aaaqurl% il rtanl aoaaara , tarbri aaênae de Ira detnure . aaaia n'allée paa plua ataot la portaal la main aar Ira «uprrtiitione , n* paaaea paa juaqn a «a rtoaeace» ; el , ea «llmiUnl qae 1rs pbi- Inaophra airal ronatitu* une atoraU prrferable a celle du cbnalunaMaae , nn aaatcaae rrlicmia nueua be el plat aeaace , prraartte*. a I auaar qui aouflie rl qui m pau«" de a'a- (irnuuiUrr el de mure qur qnrlqu'ua aotl aea eaaflc «orra el M pantreie. Voua ptiatca réfuter Ir litre d'été m— «n a»»e rable paeaaa btrtoa , aaaw Uiam-lui Dien rl aoa taac ee a ral |..m lira pour «oui , ain» • r»l racore luot poau laa.

( >) fMi pr. /i nJr , en rcltiquc.

(|t Vaacj I butoire de re dragua l>a teaapa qae b roi |t«i*l»a.u< rreaait à Rrral , Ir printr r'joea elait acifnear de U R... hr-Mattfire l a dracoa fataf ra.l U roatree , el , loua lr< vnurdis , le anel draaeaail a a* priaonnr pour lu. . trr liaree I r loar d r Jora était »eaa m aoatrat qu il ai an e«*a*« aana «ea feaa à aa pièce, ci 4 a* loi reniait plaa qae aa fecaene H aoa 61a. Uana cetta u exile poeaboa , il a» peenpala da nant de aafj i bàleaa dam U

Ht» df «si ib^jlirr» aMfidk», 11 mmi tir I #ct^-Vt m%r 9

DISTRICT DK MOULUS KH lîfM.

avait5 , el le remellant à sa |»laco , sans que cel œil perdit de son éclat, de sa beauté. <

Le collier de fer de Saint-Sané servait d'épreuve : il étranglait sur-le-champ les parjures. L'eau de sa fontaine procurait, pendant vingt-quatre heures, des vents favorables à ceux qui la puisaient et l'emportaient dans leurs vaisseaux. Des cailloux olivâtres, trouvés dans le tombeau du saint prélat, préservaient de la peste et des naufrages.

Les eaux de la mer en fureur engloutissent l'opulente ville dis, et noient l'impudique Dabut, fille du roi Gralon.

Saint-Vincent Ferrier, disant la messe à Vannes, va chercher ses gants , son parapluie à Rome, sans qu'on s'aperçoive de son absence.

Saint-Renan se transformait en bête brute.

Saint-Vouga traverse la mer sur un rocher.

Saint-Ké, surnommé Coladec, avait une clochette qui l'avertissait du bien qu'il devait (aire , du mal qu'il devait éviter.

Saint Efllameetses compagnons avaient pour cuisiniers des anges brillans de lumière.

Un loup mange l'âne d'un pauvre homme; Saint-Malo le contraint à faire l'office de l'animal qu'il avait détruit , ce qu'il fit avec zèle , sans toucher aux moulons renfermés avec lui dans l'étable.

On croit, en Bretagne, qu'en soufDantdes cheveux dans l'air , on les métamorphose en animaux ; on croit au petit béton qui se change en chien noir, en aigle , en lion , etc. ; à des animaux qui se rendent invisibles , à des aigles portant des hommes dans les airs, obéissant a des génies ; a des fées qui métamorphosaient en or, en diamant, la main des indiscrets qui souillaient les fontaines dont elles défendaient l'approche aux profanes.

/an gant e tan ( Jean et son feu ) est une espèce de démon qui porte, dans la nuit, cinq chandelles sur les cinq doigts, et les tourne avec la rapidité d'un dévidoir.

Des espèces de follets enlèvent la crème du lait.

Ils ont Yavel-fal, le mauvais vent.

Le chant du coucou, par sa répétition, vous annonce l'année de votre mariage.

Si la chemise de l'enfant enfonce dans l'eau de certaines fontaines, l'enfant meurt dans l'année;

<lr*f>on eu lui peuant Itar rriurpr «a eau cl le condaiuot se noyer prfc de Plauutour-Trtx , *o tien qui a'appclla depuis r»ul*ui-+f*l, ceet-e-dire, port de U bétt , et , par contraction y /VW'f; — i1*/ j on /VhiwmW.

il vit long-temps, si ce vêtement surnagé : on le met humide sur le corps de ces petites créatures, poulies préserver de tous maux.

Puisque la fontaine de Scrignac , où j'ai bu trois fois de l'eau à l'heure de minuit, ne m'a pas guéri de la fièvre tierce , je cesse tout remède , et je me décide à la mort , disait un paysan du district de Quimperlé.

Vous voyez , par ces traits , la quantité" de faits bizarres dont je pourrais charger ces feuilles ; ne démontrent-ils pas que les rêves des pythagoriciens, le démon de Socrate , les cailloux de Cybèle , les miracles de Vespasien , le bâton d'Abaris, les aventures d'Andromède , du Minotaure , de Deucalion , les épreuves , la puissance d'Eole , le culte des eaux , l'anneau de Gigès , le doigt de Pyrrhus; tous les rêves sur les démons , les fées , sur les auspices ; les ruses des jongleurs , des caperleta , des bonzes , des brachmanes, des hiérophantes , de tous les charlatans du monde, ont leursanaloguesdans la Bretagne?

Revenons à Saint-Jean-du-Doigt. On aurait de la peine à se faire une idée de l'espèce d'épouvante qu'éprouvèrent les spectateurs et la municipalité qui m'accompagnaient, quand j'osai toucher, examiner le saint doigt et le grand calice que je crois réellement un présent de la reine Anne. Il fallut

prescrivis cependant la plus grande réserve ; je défendis la moindre plaisanterie, la moindre irrévé- rence aux soldais qui s'étaient approchés, et qui, le chapeau sur la tête, la parole élevée, scandalisaient les habitans émus, inquiets, à genoux. Pauvres gens 1 le philosophe altier, l'homme du inonde, vous regardent avec dédain , et leurs querelles, et leur ambition, el leurs fureurs, méritent bien votre pitié! Le plus stupide des hommes est celui qui n'est pas indulgent (1).

Les habitans de Saint-Jean-du-Doigt demandent qu'on fasse réparer leur fontaine et les chemins qui mènent à Moriaix ; ils sont impraticables (2).

(0 l* foi de* bretons, relativement aux t cri ai da doigt de Saint-Jean , rat ai vive que , pendant la révolution , alora que lea église* étaient fermée* et Ira prêtre* en fnile , le* pèlerins ne ccaaèrent point de ae rendre a Sainl-Jean-dn-Doigt. Lea office! excepté* , la fête do aainl était célébrée daoa le bourg avec autant de lolennité que jamais, et lea payaana, agenouilles auto or de réglise , y invoquaient Saint-Jean comme par le passé.

(i) Cm eberara» ont été quelque peu réparé*, mni* sont quelques tuyaux do jet d'eau.

BSSTUICT h». MUHUll n l1Hi.

SI

«>n cultive, dan* . . p.-tit pas s, beaucoup d' r: cl.- Ii.iuiiiu. iliilin, peu de • hauvrc. |»eu d avoiue; on \ trouve quelques moutons.

l'amu b*» personnes que | avais l'ait rassembler l- ur leur demander des détails sur l'histoire du iavs . se trouvait un lioinitti' t \ln Jin-iuriit timide, instruit; il avait été l'an luviste de la ■ ceeuuussait In titres, les papiers. Ce », après beaucoup d'avance» et de », » ouvrit a moi. Jeu» le bonheur d r»ciler t. Il inr lit connaître uu de ce» êtres à singuliers, qu'on ne trouve a présent que dan» la ilreiaguc infréquculée, non polis \ar l a* tg;e et I uniformité de la .société; une de res > qui inoutreut et leur empreinte et leur dans uu étal de (urfaite rouserxalion. Il vit a i'Ioiigasuoii . sans fortune , et tire toutes se» d'une place île notaire, ilmil les |irnlil> nuls. Il me donna les détails le» plus sur l'état de sa patrie, séparée du 4e b Ibvtagne, ou les mu-urs et la manière de livre des temps les phisaw ieiis se sont conservées sans altération. |>c p«-uple qui l lulute ne se un ie laser les autres peuples ; |m-ii d'hommes s'. loil de b chaumière île leurs 'rere» ; les propriéii. » > divisent point ; ou ut eu commun sou* Btt patliardul. (Quelquefois rriil in- , droits sur b nëme champ. Ainsi vivaient les celles, les lu. ions, (elle manière d'être s'est eaasener dans les Iles multipliées qui bordent pet l'Irbiidc. I^s noms îles diverse» propriéce qu'ils étaient partout daos les les plus p i ni. s ; . II- s |, , i, < ev.iicul ili leur lion sur b montagne ou dau» l.i plaine, du

: i lirf • | il elles reulei lll.U. lit . >lll gland i lune qui

le» ombrageait, du misses aqui les traversait : ainsi dans b commune duul je vous parie.

Hougasn«u signifie peup/e du va! . ou d'en bat; (.uiinaee, peu/tle d'en liaut ; Plouéiorh, peupteftiut haut , Tloeun . ou l'Iouiehan , peuple ieptuikamtQ):

Les BXrur» de res peuplades sont relies de b tante sa simplicité. L'imagination les ; leur langage est iguré, rempli de méet de hanlievse. les amans ne s'y parlent qu eu «ers, soit qu'ils improvisent , soit qu il» ré-

aaas aWa i , t4ra w% i mtmmimtit aV Àfmm t 9t

ir pi*t Aaa/. fivMMrlliffllfif, t*lna M AtlwMM , (Sa .Km.i tatrvfow /.«.* | mi mry rrmmtr mttkn , ttmttm AaifuiMlrun, rte.

|M-ient d. s strophes que |j tradition h'iir apprit 1,. Il n'ast pas rare de les entendre , ou réciter un bit,

oïl • omposel „,„ , |, ,,,„,„ . ,.r>. m„|s p||fI„.s

l.i preuve .1 noire retour: |Viai* accompagné du -h. .vu iHiriTage, adnuaàstrateur éclairé, homme

plein d 'esprit et de lumière Nous Iroliv.imes, sur

la roule de Linmeur . un homme des environs de Saiul-JeaiMln-hoigt , qui, retournant à son vj|- 1 '-' ■ ii'i-gris. , h un U| bonheur et malir. ssi-. comme Sileueou l.s satyres de la suite d'Ariane et de Ibrcbus. La poésie naquit avant la prose; elle est l 'expression ardente des émotions de terreur, ' I " ":- ' ' • 11 adiniralm ou d'amour que l'homme de |.i nature éprouve arec un sentiment ph* vil JM I homme rivillsé. C'est prés de l'antre des rv. lop.-s , d.ois l.i M. ile; c'est sur les rocher» des llël.i ides ; . est au uilll. , ,^ ,»,ag.-s de la Nor-

' ; i liez les bardes, les stables et les sauvages qu'il faut chercher les expressions figurées . bar-

,|"- '1'" raract.rivnl la ( Homère poli par

I v urgue, par PisUtratr; \ irgile , le Tasae et RipiBe . nous ont donné de grands ouvrages . des i h. (s d u livre; nubt anlss.nl mirant, je suis bien

"'s • »'»■ |«r eux que par les chants hardis de

MiaksiMMrr . des poètes hei-, et des pro|>hrtes.

\ I Mougasiiou . comme dans prev|iie tous les villages du linistere. les i; i ., a marier se de iiiandeul en «en. U* aiaftsjifuli.-r. dans b*s mariages, a lieu dans cette commune et dans les emirons : quatre honiiui*s, «.tusdebbnc, portent, sur uue civière , une soupe aux marié»; quatre hommes . velus de la même couleur , portent . sur le même instrument . des serviettes, et Ceignent de leur essu ver b bourbe quand ils ont mangé, le pain qu'on leur présente est coupé ; les morceaux ,

is par uu til qui les traverse, sont un emblème de l'union conjugale.

Yoiri trois chansonnettes du pa>» :

Cammm» nn mmt fl— ■»!( ,

CbsnSjS mmomrmmtut /«a.

hm * gmr hmmmtt ,

*** al al 90 As ai aiésssw f g^T «fVsni •#*f #

(i) tt b* l«aaV«l pat fliaAl A la bon t» mm* dit in 1 jmt^r A Ploaf *Mioa , rnin iaw Voal 1» raatr 4a t HMti»r». U pat— né im-ctltmf , tarloal U ponx tlrf,*<fu*; mmn l'art aV l'aapin ilttaii att San tara , al aaaaat Ut «•*•

pfaj «fait. Cmt an «aâVaj mm'i Immt ait

Cbmront Ici amour» de Jeannette, Chantons Ici amours de Jcjn.

Jean aimait Jeannette, Jeanaelle aimait Jean; depuis que Jean e»l l'époui de Jan Jean n'aime plu* Jeanaelle, Ni Jeannette Jeu.

Je cite cette chanson épigrammalique et fine pour sa précision ; la seconde est dansJe genre espagnol. Lopez de Véga , dans une des siennes , a précisément la même idée et les raisons.

J'aime une jeune Bile infiniment jolie ; c, tcœpi d'aller la foir! J'ai le projet de lui

, et d'eiiger qu'elle le* adou

Qu'elle est jolie, celle que j'aime!

te n'ai-jc le ompter me»

•crait

«uixliirgè de papier, toutes les mers d'encre ; quand j'aurais les plumet aie tous le* oiaraui , je ne pourrai» décrite,

Bonjour , bonjour, ma chère Aliette; que de tempi t'est depuis le jour où je te via pour la dernière fois 2

— Je n'ai plot la moindre preuve de ton riistence. Hier , je respirait , près d'un jardin qui t'appartient , l'odeur de* roses , des œillet* , et , depuis le printemps , pas un bouquet n'a paré mon corset.

— A quoi me sert ent le* prêtent que je le fai* ? Ce ruban d'argent , celle bague jaune , qu'ont-ils produit f M'ai-cordaa-to la moindre faveur î et voilà cependant la luième paire de sabot» que j'use A la

— Ah ! ab ! ce sont des faveurs que tu désire* F Mon ami, trois chemins tablé* conduisent i ma demeure; prend* le r, le second, ou celui-ci, et n'u»e* plu*

Ȉl

La simplicité, la tournure naïve de cette chanson prouve son originalité. Mathanasius pourrait, dans un loog commentaire , en vanter la perfection. Je laisse à mon lecteur le soin de la décomposer, en l'engageant à ne pas précipiter son jugement sur la poésie des bretons. Chaque canton m'a fourni des

porrors brclons parfois admirables de naïveté et d'éurrgi? . mai* qui sont presque toujours l'outrage de prêtres, de noi Oc campagne , rarement de partant i

morceaux variés , dont il faut examiner l'ensemble avant d'arrêter son opinion. On y verra des contes ingénieux , des- idée? Unes , délicates. 1*8 grands morceaux de l'antiquité se sont perdus à la chute des bardes. Quelques recherches que j'aie faites , je n'ai pu trouver , dans la mémoire, ou dans les manuscrits des temps passés , ces chants majestueux qui conduisaient nos pères à la victoire, ces hymnes sublimes chantés au milieu des combats, sur l'Océan , sur les rivages de la mer, entonnés par un peuple invincible , et dont l'effet était semblable a celui du tonnerre ou des mers en fureur, au rapport des écrivains grecs et romains. La poésie a dû s'anéantir , dans la Bretagne , par les prêtres , qui voulaient détruire les traces de la sublime religion des druides; par les nobles, qui faisaient profession d'ignorance; par la stupidité, suite de l'esclavage qui régnait sur le tiers-état. Elle se ranima du temps des troubadours. Pierre Mauclerc , comte de Bretagne , et d'autres chevaliers , firent des chansons , des syrventes et des tensons ; mais l'amour fut alors la base de leurs chants ; la grande poésie n'exista pas à cette époque. Tout peut renaître avec la liberté.

I* pape Grégoire de Rostrenen (f) , dans le discours préliminaire de son Dictionnaire breton, dit : • Ce que j'ai trouvé de plus ancien sur la langue » celtique, ou bretonne, ça été le livre manuscrit, » en langue bretonne, des Prédictions de Guinclan, » astronome breton , très-fameux encore aujourdlui i » parmi les bretons , qui l'appellent le prophète

• Guinclan Il marque , au commencement de

• ses Prédictions, qu'il écrivait l'an du salut 240. » Grégoire corrige, dans sa grammaire, l'erreur

qu'il fait dans son dictionnaire, en portant à 240 l'année où Guinclan fit ses Prédictions. C'est en 4.50 qu'il écrivait , demeurant entre Roch-llellan et Porz-Guen ; c'est au diocèse de Tréguier, entre Morlaix et la ville de Tréguier.

Outre l'ouvrage du prophète Guinclan , écrit en vers bretons rimes , les bretons ont, dans leur langue :

1* l'ne Bible, qui contient lotis les livres canoniques , imprimée à Londres , au commencement du seizième siècle ;

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