LA DUCHESSE
a Asseycs-voua pré* de cette table , me* quatre chérie*. Ah ! mon coror éclate de dooleur , quand je la foreur du doc Emon votre père, qni n'a ai pitié ,
aemble
d'avoir pitié de
Ij duchesse appelle son intendant pour qu'il servir à dloer k ses fils. Les quatre fils Emoo se incitent à table et le duc trrire !... — On comprend d'atanc* la scène : elle est pleine de mouvement dans la tragédie bretonne.
Du reste, toutes les parties de ce drame ne sont point sur un ton aussi grave. L'auteur n'a pas plus négligé le comique que Schakespeare. Noos en i un seul exemple ; c'est la scène où l'en- Mogis, après avoir élé fait prisonnier, endort Charlemagne et toute sa cour, au de certains mots magiques qu'il prononce.
ioc.it et potsn:.
voir* piotrgc perde u jloitr ? «mi , dtidccu ■ < , «rnea loua m luultr pour qo» >e l'emporte
Poiiubl »e, Betaebul, Macuon lu Rciregur, E t« rrl d'ho mignon oeil brcatS t eoor f
i, naiovrii, na w, namuurua ,
Deut oll d'tm imii d» tout rictorlot t
Roit «cour d» Vuçi» d* rriu «a bouirn
i'ebiai to laqel vac * dreid b* daouaro.
Rie M bo coojnian m ha no Lcucalan ,
H*r ocli eut aep pouroar, da tout d'an aaiatào.
(kml e ra wm ww «Uocl , lue e a», • «k»JK-a.;.
Do ! bo t pot aoualc'a oa ; briatt ar obadrnnou : M* réj im da Cbarie* ba d'e briacel un dro.
Ur«l «to goueeoad* lier ; ba pa ùa dtul ua dcul ; llac evil pedea grac'b oe goe cm fora abri. Ha o« deu a gorfdco ar bara rcprucbel. Arabal c aaoe Roue, Prioç, aa Baroa , Ha moi parlivipaat loot «ban ea tricon.
iQrmn a r. ■««• ar IU.a k. •itarjOT *u>*ae< Tai a Tam.j.
Breaal pa mena dlu-mr nom lit biaa a gleaef *r, Ha euniaca Cbartca , et bo prcal en aller. Allûo , couraca, Mogiu Ab ! p«be. cWbamaot ! Ode te curnoct ebdU* ca oo ifUUat.
àl e yj coi roui , Cbftrltl t Bouc driucni M i Me» Bai brrljotit qrt ubrr coa i g nonne. , Peaat» e teo «l qui! brp qemettl coojo. Ma 10 bo tertwfcer ; a irao goode. Tculil pie JXHiacoodc ca cLomfac h rc.f couaqrt, K.uW, p. liTuafrc-b r «tc'b «ak clooel.
>«•»' • ral (.a« .. (.nata . a» «flr, aa e'klaae^aa, at> ,).
, wuauai ,
Se poorrail-il , Betaebot , Mamoo , DftTXIÈME PARTIE.
dn »o* aecoora a Mogia, alla qa 'il pu.*»» Uucr U far qui aood* ara tuaitu t* a«* pied*. Je rooa conjurai au oom dr
(IJ fait ^Mi,a#a attaaia *i aaa (fcaJaa* a* Wih«i .
Mo! bo U». — Ma coda iullard ' - Ma* chaîna* <oai n> morceau* .' — Il faal que j« joa* aa tour k Cbartaja ai k aa* priocea.
( Il avgarJa aatoar a« Uà V
• Qoaat i rniportrr , aotaat raol-U qoe j'rvportc bcao> coup qoe pru. J« o'ra aérai ai plot ai atoiea rolaer. — Ma foi , paiaqo* j'y aoia, j"j toi*. Ni roi, ai priaca , ai baroa a'y cebapptroat.
(Il [>Ma t la +0wmm i* n* rt lat *f*n aV« aaaaa f»n Ja Ftaaca).
Voit» bmw ailaii e. — Aitoaa, «owagr, Mogr*. — Qool cènageuieut. — Tu «Uia pnaaooacr ( il m aaat b n.ma< aaa U ) ta voit* cooroooé !
kr,f r***»»"1 *• CkatU-^j-» rt la Iwwim;. » Je m*aa rait. Chariot, roi da r'roaca, o>aia a atlca pa» •artoot aflMter eaooa dlgooraaoa et dira qu* ja a'ai paa pria eoage d* roua. Tai llioaaarar d rtre rraoir. — C* aoir , qoaod da •'é«eUlerool , je , ronl biaa i
On a pu le voir par ce petit nombre de cita-
c'est
U naïveté des sentimeos , la sincérité des élans. On n'y trouve point de mots a effet , peu de Uaits, presque jamais ces cris sublimes dont fourmillent les drames de Schakespeare, de Schiller, de Corneille; mais loul y est orné , tout coule du ctrur avec une loyauté sainte, un naturel religieux. Certes , les poètes qui firent ces œuvres , sans l'étode des auteurs , sans autre impression que leur propre intelligence , ne furent point des borunx-s médiocres. Leur ignorance de toute chose, qui perce k chaque pas dans ces ouvrages, est une nouvelle preuve de génie , car elle nous apprend que tous les instrumens de composition leur manquèrent. Enfin, il ne faut pas oublier que ces drames , transmis oralement depuis plusieurs siècles , ont dû subir un grand nombre d'altérations
capitales, et que nous n'en atons aujourd'hui que de pales lambeaux.
Une traduction complète du théâtre breton serait nn ouvrage historique. 11 appartiendrait aux une pareille publication,—
122 LÀSCIE ET
si les académies Dataient pas de leur nature d'oisives dormeuses qui acceptent à l'amiable la honte de leur inutilité.
Quant aux chansons bretonnes , j'ai dit qu'elles étaient innombrables. C'est en effet la branche la plus riche , la plus originale de notre littérature nationale. Cambry en a donné quelques-unes, mais qui n'ont point pour la plupart un caractère vraiment breton. Ce sont des imitations de chansons françaises, ou des compositions d'hommes lettrés imprégnés d'idées étrangères au pays et désaccoutumés du Taire populaire. Voici quelques ballades auxquelles on ne pourra point faire ce reproche; ce sont des chants vraiment armoricains , des chants qui sentent aussi réellement la fleur d'ajonc des montagnes et le goémon de nos grèves que le rantz des vaches sent le serpolet.
- Les petits oiseaux qui sont dans les bois sont joyeux pour leur âge !
» Quand je les entends chanter, j'ai regret du temps que je passe à pleurer.
» Pourquoi pleurer le temps passé ? Hélas ! il ne revient point ! Les petits oiseaux ne pleurent pas.
» Mais la roche laisse couler son eau goutte à goutte , ainsi il faut que le cœur de l'homme laisse couler sa source de larmes.
» Comme une plume sur l'eau , l'amour des
POESIE
» Comme une pomme mûre sur une branche , l'amonr des jeunes Allés est solide.
• Et comme une pomme piquée des vers , l'amour des jeunes filles est loyal.
» J'ai cent écus en argent blanc , et autant en or qui brille , pourtant je ne suis pas heureux ;
> Car j'ai appris qu'il fallait conduire ses affec7 tions comme un cheval ombrageux ,
» J'ai appris qu'il ne fallait pas se confier au vent du moulin ni aux paroles des jeunes filles.
» Le vent du moulin change souvent , mais le cœur des jeunes filles change toujours.
■ Jeunes gens , prenez pour exemple ma pauvre ame ; ma pauvre ame est bien malade , ma pauvre amc est bien éplorée.
» Quand vient le mauvais jour, plus on a aimé, plus on est séparé.
» Hélas 1 je suis maintenant une jeune bécasse
qui a l'aile blessée Je ne puis plus voler | à Kerbranel.
• Mon dessein était trop grand et mon pouvoir trop petit. J'ai voulu regarder le soleil et mes yeux ont été brûlés.
• Petits oiseaux , allez chanter à Kerbranel , car pour ici je n'ai plus besoin de votre voix.
» Là ils sont heureux , et ils ne pensent pas que mes pleurs troublent le ruisseau qui fait tourner mon moulin.
» Cette chanson a été composée près de Chiteaulin , par un jeune meunier , en piquant sa meule.
» Priez Dieu pour lui , et demandez à la vierge sainte que sa douleur n'ait qu'un temps. »
« Ma chère petite mère , faites-moi mon lit à l'aise , car mon pauvre cœur est difficile.
» Car mon pauvre cœur est difficile!-. — J'ai envie d'aller à l'aire neuve-
» — O mon fils adoré ! si vous aimez votre mère, vous n'irez pas à l'aire nenve;
« Car il y a la des gentilshommes de Lamballe, et ils ont résolu de vous tuer.
» — Qu'on le trouve bon ou mauvais, ma mère, j'irai à l'aire neuve.
- Et s'il y a des sonneurs (1) , je danserai, et s'il n'y en a pas , je chanterai.
» Le cloarec de Laoudour disait en arrivant à Keryaudet :
» — Bonjour et joie dans celte maison ; où est la penneres ?
* — Elle est là-haut, dans la chambre blanche ; elle est à peigner ses cheveux blonds.
» — Penneres , mettez vite votre bel habit violet pour aller à la fête avec le cloarec.
» Le cloarec joyeux disait en arrivant à l'aire neuve :
» — Jouez, sonneurs, jouez le bal, que ma douce et moi nous dansions !
> Jouez haut , sonneurs , jouez vite , que ma douce et moi nous entrions en plaisirs.
» Je vous donnerai à chacun un louis d'or . si vous réjouissez deux pauvres cœurs malades.
» Les gentilshommes de Lamballe disaient : — Le cloarec est arrivé à l'aire neuve.
(i) I>c» inoticifl».
um:ce
- U c Inaree est arrivé à Paire neuve, et sa douce p»lie a v« colés.
> I** gentilshommes de Ijmballe disaient ce jour-là an eioarec de Laoudour :
• — Tu as de bien beaux rubans a les habits ; apparemment que fa veux paraître Boire égal ?
• — Messieurs et barons, excusez-mot , votre bourse était fermée quâod ces rubans furent pas es.
■ Je oe me battrai pas avec vous comme un mendiant , messieurs ; mais pour jouer du sabre tant qu'il vous plaira.
> Avec chacun d eux était un sabre nu ; mais «Uns la main du cloarec U y avait un prn-àat !
• Oh ! dur eût été le cœur qui n'eut pas pleuré en voyant l'aire neuve !
• Eu voyant dans faire neuve l'herbe rougie et le sang des gentilshommes qui ruisselait.
» Mais ta penneret de Keryandet pleurait, et ne trouvait personne pour la consoler.
• Elle ne trouvait personne pour la consoler, excepté le cloarec ; mais celui-là la consolait
• Celui-là disait sans cesse : — Taisez -vous , jeune tille, ne pleuret pas.
• Taisez-vous , jeune fille , ne pleurez pas d'ici que vous ne voviez mon sang courir à terre.
• El quand vous verrez tomber la dernière goutte , alors seulement songez à mourir.
• Le cloarec de Laoudour disait en arrivant à her) audet :
• — Vieux [terrien , voici votre fllk- ; m elle est revenue à la maison , c'est moi qui en »ui< cau*e.
• \a voilà saine et pure telle qu'elle m'a été remise par sa mère.
. Mais, maintenant, je vais à Pans, car jai envie de trouver le roi.
• Quand il arriva à Paris , il demanda le palais du roi.
• Bonjour et joie à cette ville ou est le palais du
roi !
» — Don jour, roi et reine ! moi , jeune et bon breton , je suis venu dans votre palais
• — Cloarec de Laoudour , dites-moi , avezvous commis quelque tort ?
• — J'ai commis un grand tort , car j'ai tué des gentilshommes de Lamballe.
• J ai tué dis-huit gentilshommes de IjniMIe, et certes je mérite d'être pendu.
. Chacun d'eux avait un vabre nu ; itm ma il n'y
rr poésie. 123
• Mais la reine ne voulait pas que le cloarec fut puni
» — Mon petit page , cours à ma chambre et apporte-moi vite mon écriloire.
• Que l'écrive en rouge et en bleu , qu'il marche librement dans toute U France avec son pat-bas a
• Et il des jeunes lilles.
■ Et quand il sera rendu dans sou pays , de la il fera une dame ! •
■ Si je vais à U guerre , comme j'en ai la voloulé , ou mettrai-je ma femme , ou laisterai-je ma chère amie ?
■ — Envoyez-la dans ma maison , mon frère ! envoyez-la , si vous m'aimez ! et je la mettrai dans une chambre avec mes filles , qui sont des filles nobles !
• Il n'était pas encore sorti du château que tous , grands et petits , commencèrent à dire à la
• — Quittez votre robe rouge et mettez-en une blanche ; mettez une robe de tuile blanche pour aller dans les landes garder les mouloos.
• Pendant sept ou huit ans la pauvre jeune femme ne fil que pleurer ; mais après la huitième année , elle commença à chauler.
• Et un jeune gentilhomme qui revenait de l'armée entendit une douce voit qui chantait dans les landes.
• — Tiens, jeune page , tiens la bride de mon roursier , car j'entends une douce voit dans le* Ijntles , et c'est la voix de ma chère aimée.
• — Bonjour, jeune l^er^ère; vous chantez bien joyeusement ? Dites-moi, je vous prie, ou je pourrai trouver un lit et de U liltere pour mon coursier?
. — Messire , allez chez mon beau -frère . et vous serez lugé ; allez chez mon beau-frere , et vous trouverez de la litière pour votre coursier.
» — Merci, tenue fille; mais, dites-mot , 1 étal est-il donc de garder les moutons ainsi ?
• — Mon mari est à l'armée , et c'est on tu 'a forcée de garder les moulons.
■ C'était un beau jeune I il avait des