‹ Voyage dans le Levant... 18171818Chapitre 15 sur 23 · GAZA · texte numérisé non relu

GAZA

Gaza» ville de Palestine » que le teiue bëbreu nomme Haza, appartenait, comme Ascaion/àux Phi» iistins» et formait une de leurs cinq satrapies; elle )Missa suGoessiyement anx Hébreux, aux Chaldéena et aux Perses : Alexandre le Grand la prit ensuite et la ruina. H y a eu deux villes de ce nom : Is^ petite^ ou k nouvelle Gaza, que les anciens appelaient navale, était située sur ia mer , «t a été surnommée Migtana, tandis que l'ancienne en était à une petite lieue. Antiochus en dépoi>:>cda les rois d'Egypte et la saccagQi; .elle a éprouvé, au reste , une fouie de vicissitudes. Voici ce quen dit Thévenot, d^ son Voyage au X4eyant ;

a Cette ville était autrefois fort iHustre, comme » on peut voir par ses ruines \ car tout y est plein de j»cofonnes de marinre de tous côtés : et même |y ai 9 vu des cimetières dont tous les sépulcres étaient D entièrement de marbre ; entre autres, il y en a un j 1» fermé de murailles, qui appartient à quelque fionille «particulière de Turcs, lequel est rempli de beaux t sépulcres, faits de grandes pièces de fort beau marbre, » qui sont des restes et des témoignages de l'ancienne » splendeur de cette ville. C'ét^t une de^ cinq sa* 1» trapies des Philistins , à qui Samson fit tant de mal^ «et même il emporta un jour sur ses épaules les

#pôrl)ê8 de cette ville. Proche de la Tifleest le dlÂteau,

• qui est tout rond, avec quatre tours^ savoir , une à m chaque coin , le tout en bon ordre ; il a peu de

• circuit, et a deux portes de fer. Auprès de ce •château est ie sérail des femmes du badia^ et au»

• desstis , près de ce séraH , un resté de masure, qui » est si bien lié, qu'on n'en saurait rien rompre avec » le marteau; c'est le reste d'un château des Rcmiains.

• La ville est fort petite -, il y a un besestein en assez

• bon ordre* *

N II y a une église des Grrecs assez grande , dont » i'arcade du^ milieu est soutenue par deux gros piliers » de marbre avec leurs corniches d'ordre corinthien* »Ik disent que la Sainte Vierge y fut trois jours ^

• lorsqu'elle s enfuit en Égypte. U y a encore une

• ^lise d'Arméniens.

• On voit à Gaza le lieu oii était le palais des Phiiis-

• tins, queSamson fit écrouler : ce n'est plus qu'un » monceau de ten e. Il y a hors de la viile plusieurs » belles mosquées 9 toutes bien revêtues de marbre en

• dehors ; je crois que toutes ces places étaient de »la ville ancienne. » ...

LE GRAND CÂIRE.

Le grand Caire a été bâti par Giouaher, général de Moëz ie-dyn-iilah^ premier calife de krace des

414 WTES DIVERSES.

FfttiniiM en Égypt^, faa 368 4e fiiégire» w fm

968 dç J. C. Le çultan Saiab ed-dyn fit entourer cette ville de mwSk$* L epgque jifo se pta9 grande spkn» 4einr a été aons le règne des sultans mamloiiks. Se décadence date de celui du sultan Sélim, qui en fit la conquiéte en 1517« Son commerce eviit déjà oom« mencé à décliner, à 1 époque de la découverte du cap

dévastèrent plusieurs fois. Un sultan, bi-amr-iUah ^ y fit mettre ie feu en 1 0 1 9 ; et les fiammes en consumèrent tu mofaishqiiatriiinepifftîe. Lapau<» vreté toujours croissante des habitans a long -temps empêché d'^ reconstnikè les meisons ; cependant, toutes les richesses s'y trouvant maintenant concen-» trées, on rebâtit peu à pea sur les décombrea des anciens édifices abandonnés. Sa popuhtmil aetu^k oûire une masse denviron cinq cent mille âmes, répartie entre Boulaq et le vieux Caire» On y compte environ quatre cents mosquées à minarets, où ion fait la prière, et dont les princqiales sont celles d'el^ Adiar (1) et de Sultm iimn-.

(i) Espèce d*iimvernté du- Caîra. Dm franea gens viennent de tous les côtés de TAsie et de rAfri^ue pour s'^ instruire |dans les langues orientales.

NOTES PIVERSES.

THÈBES ou DIOSPOLIâ.

u La grande Diospolis, que les Grecs ont nom- V mëe Thèb^» dit Diodore de Sksky avait six lieues »de circuit. Busiris, son fondateur, y éleva des ëdi- II fices superibes, qu il enrichit de magnifiques prësens. » Le bruit de sa puissance et de ses richesses célébrées N par Homère a rempli l'univers. Ses portes et les ves-: » tibules nombreux de ses temples engagèrent ce poète » à lui donner le nom d'Hécatompylej ou de ville aux » cent portes. Jamais cité ne reçut autant d'olbandes en i> or, en argent, en ivoire, en statues colossales, et en a obélisques d'une seule pierre. On y admirait sur-tout N quatre principaux temples. Le plus ancien était d'une » grandeur et d'une somptuosité surprenantes ; il avait «une demi-lieue de tour (1) : des murailies de vingtïi quatre pieds d'épaisseur et de soixante-dix d'élévation 9 en formaient l'enceinte. La richesse et le fini de ses • omemens répondaient à sa majesté. Plusieurs rois » contribuèrent à l'embellir. Il subsiste encore ; mais «for, l'aiigent, l'ivoire et les pierres précieuses en M furent arrachés , lôrsque Cimbyse mit le feu à tous les » temples de l'Egypte (2). »

(1) Diodure de Sicile comprend dans cette enceinte les avenues de sphinx, les portiques, les édifices et Us cours qui enviiOBoaient le temple proprement dit.

(2) Diodore de Sicile, Bibtiolk. hùt. liv. i.

« Thèbes OU Diosf^0ê nofire plus que les débris de

»sa grandeur, répandus dans un (^space de quaUej> vingts stades de long. On y remarque encore un

• grand hombre tfe temples ^ déduits en partie par » Cambyse. Les habitans se sont retirés dans les bourgs 9 situés en Ambie, oii est la irille actuelle, et sur h

• rive opposée, près du Memnonium (1). On admire » en cet endroit deux colosses de pierre placés à côté » rûn de Tautre. L un subsiste en entier. La partie su- «périeure de l'autre a, dit-on^ été renversée par ^n » tremblement de terre (2). Si IV» en croit l'opinion «générale, la partie de cette statue demeurée sur la «base rend un son une fois chaque jour. Curieux •tTexaminer la vérité de ce fait, je m'y transportai j»avec .^us Gailus, qui était accompagné de ses namb/ et suivi d'un nombreux cort^e de soldats : r> j'entendis en effet ce son vers la première heure ndu jour; mais je n oserais affirmer s'3 sortait de h » base ou du colosse, ou s'il avait été produit par queli» qu'un des assistans; car on est tenté d'imaginer «toute autre. cause, plutôt que de penser qu'il soif n l'effet d'une certaine disposition des pierres. Au-delà

(0 Strabon appelle Memnonium un temple pièsdu<juei était la statue de Memnon.

(2) Strabon est le seul des anciens qui ait attribué îa'chute dtf ce colosse à un tremblement de terre : tous s'accordent à dirç qu'il fut renv«rsé par i'oidr« de Cambjse.

NOT£S DIVERSES. 4l7

» du Memnonium , sont les tom^caïuç des rois, creusés »à h pointe du ciseau dans ie rocher : on en compte ' » envircm quarante ; le travail en est merveilleux , et » digne de fixer rattention des voyageurs. Des obén lisques placés auprès portent diverses inscriptions ' » qui attestent la richesse de ces souverains, leur puis- " «sance, et 1 étendue de leur empire, qui comprenait «h Scythie, h Bactriane, Tlnde et llonie actuelle; » elles détaillent aussi la grandeur des tributs qu'ils j» avaient imposes, et ie nombre de leurs soldats, qui: montait à un million d'hommes (1). » \

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