MEMNONIUM
Le colosse de Thèbes connu sous le nom de Mem^, nonium, a souvent été pris pour la statue d'Osy* mandyas. Strabon dit qu'on la nommait Ismandès^ Ces mots venaient d'Où Sinandi, donner un son, proi^iëté q|i elle avait, dit-on, au lever de laurore et au soleil couchant. Son véritable nom était Amenof phis (2). Germanicus la visita. On lit, sur les jainbes de cette statue, des inscriptions grecques et romaines
(1) Strab. Ceogr. lih. xvii.
(2) Son nom venait d'ame nouphi, apprendre une bonne nouvelle, parce que c'était à l'équinoxe du piintempSi si pr(k;ieut pour les Égyptiens, qu'elle prononçait, dii'On, Ie$ sept voyelles qui composent U mu'sique terrestre, image des sept planètes, dont le cours harmonique avait te^ des prâtm le nom de muti^tit teste,
41d NOT£â DIVERSES^
qui attestent le prodige des sons harmonieux que ren^
dait ce colosse^ qui prononçait distinctement les sep4 yoyeiles* On peut croire quune machine ingënieu** sèment inventée par les prêtres était h seule causq vraisemblable de ce miracle, qui cessa dansle iv/. sièdq après J. C. Une pierre de Mégare rendait aussi det sons, quand elle était frappée par un instrument de fer, L opÊnîon de plusieurs ^avans, et, entre autres, celle de M. Denon, est tout-à-fait contraire à l'idée que ç est Tune des deux statues qui sont encore del)0ut dans la pbdne , qui ait eu h propriété de rendre des sont harmonieux au lever du soleil. Voici ce qu'il dit du grand colosse qui est renversé près de ia porte <hi temple connu sous le nom de Memnonium : w Elle «avait soixante «quinze pieds de proportion^ on en » voit encore le torse et les cuisses : il y a sur le bras M une inscription hiéroglyphique. Il est probable que «c'était là la statue de Memnon, puisqtt*elle se trcNnre ï) devant l'édifice qu'Hérodote et Sti abon ont indiqué «comme étant le Memnonium, puisque l'on a mis «une grande volonté à le renverser, ce cpii suppose »un projet de découvrir un mystère célèbre ou de « détruire un objet de culte, et parce qu'elle est seule «au lieu des deux, de l'une desquelles on s'est obstiné «à faire la statue de Memnon. » Voyage en Égypte. )
KOTES DIVERSES. 419
EXTRiiepr
DO COltRRIBE DU MONT MOKATAM.
i8 ^tmtt i8x8.
Les Italiens, fiers d'avoir ëtë jadis inattres de rÉgypte, cherchent encore à se signaler dates ces contrées dîneuses. Le capitaine J. B. Givigiia voulut pàiétrery Tan dernier, dans k f(rande pyramide de Gyzeh ; elle était ouverte', et ion pouvait, avec quelques efibrts, monter aux appartemens du roi et de la reine. Son courage , toutefois , a levë tous les doutes sur le £uneux puits , et fait évanouir toutes les labiés inventées* et qu'on pouvait encore imaginer à ce sujet* Nous ne nous arrêterons pas à répéter ses opérations pltërieures, dont on a déjà bien assez p«ié, et sut lesquelles nous lui rendons toute h justice qui lui est due.
Tandis qae fe capitaine Caviglia explorait cette grande pyramide , le S.' Jean Beizoni de Rome fitfsàit transporter de k haute Égypte ie femeiui buste colossal dît du jeune Menmon , pour Tenvoyeé en Europe : dans ce même temps il observait la si* tuatîon de Thèbes, pour y découvrir quelques tom* beaux des anciens rois d'Égypte ; car les eaux du Nii liapidement accrues faû avaiekit £ut abandonner, daiu h Nubie, k découverte du grand temple d'AI)ounmboul, consacré à Osxris. Ses tiavaux de l'année
420 NOTES diverses;
dernière ont eu le phis heureux succès. II a découvert
six tombeaux, parmi lesquels en est un, sans contredit, du plus superbe travail que puissent offrir j à l'admiration les restes de la grandeur égyptienne. 11 est entré dans le temple d'Ahousamboul, qui passe pour être enfoui dès le temps des anciens Égyptiens. Ce temple, creusé' dans le roc, a cent cinquante pieds de longueur sur une laiigeur proportionnelle ; il contient quatorze chambres ( ou appartemens ) avec une grande salle, et huit colosses de la proportion de trente pieds chacun.
Aux envu'ons du temple de Karnak, il a découvert une ligne de sphinx en granit noir, enfouis à la profondeur de vingt pieds , et entourés d'une très-forte muraille; enfm il a trouvé la téte colossale dUorus> bien plus grande que celle du jeune Memnon;
Les travaux de cette année s'annoncent par des succès remarquables : «ans protection puissante, salis compagnons , sans souscriptions , il a , ces jours derniers , ouvert k seconde pyramide de Gyzeh , et trouvé h voie d*Orphée. On s'attend, d'un moment à l'autre^ à apprendre la découverte de toutes les routes sou* terraines et des chambres que cette pyramide renferme, pour communiquer au public des connaissances si iir portantes. CredeUjudœus, non ego, s écriera quelque envieux du nom italien : nuûs il est de &it que , jusqu'à présent, cette pyramide n'avait point été ou-
KOTES DIVERSES. 421
verte, et que la tradition ne nous a rien transmis qui puisse ie iaîre présumer. 11 était réservé à un Italien de f oayrir. GrAces soient toufours rendues au ^énie qui gouverne l'Egypte ! A l'ombre de son gouvernement libérai .9 on voit les taiens encouragés entj^eprendre de / nouvelles découvertes , et il semble que les arts et les sciences veuillent de nouveau revenir habiter ( jure pOêtUmimiJ ce sol, qu'ib avaient quitté pour iHastrer et la Grèce et les autres régions du globe.
Ammien Marcellm a nominë êyringes les rameaux par lesquels communiquaient entre eux les appartemens qu'on savait être à cent soixante pieds sous le fondement des pyramides.
Prosper Alpin assure que, pendant qu'il était en jÉSgypte^ qudqu'un, descendu dans le puits de la grande pyramide, était arrivé jusqu'à l'endroit 011 le souterrain se partage en deux branches y et qu'à l'aide de la bous* sole , il reconnut que Tune courait' vers ie sud , et que l'autre se rapprochait du rumb de l'est.
Le S.' Behoni n'a dû qu au grand nombre d'Arabes ^e la situation actuelle de FÉgypte et fa protection efficace dugouvemement permettent d employer à ces sortes d'ouvrages, l'avantage d'avoir pu emporter ia téte colossale d'une statue qu'on appelle^ sans savoir pourquoi 9 ia tête ou ie huate du jeune Memnon; les habitans des grottes de Qoumah, peuple sauvage^ qu'aucun gouveniemeni de l'Égypte n'avait pa
42â :not£s diverses.
dompter, ne se seraient jamais prét^ à une pareille opération en tout autre temps et en toute autre cir* constEuice. «
Le grand temple d' Abousamboul , près de la seconde cataracte, à^deux cents pas sur h rhre occidentale du Nil , n*a point ^të d^uvert par le Belzoni : l'honorable M« Banks, voyageur d'un très-grand méntey lavait vu avant bû , et, oé qui esl plus encore , il avait mesuré les parties supérieures des statues coiossides qui en garnissent la fiiçade. li n'y avait d autre obstacle à vaincre, pour y pénétrer, que des sables qui en obstruaient l'entrée, et qu'il était aisé de fiiire glisser dans le Nil, qui coule immédiate^ vient au-dessous de ce temple. Ces sables, poussés par les vents du sud , n'étaient cerlainenient pas là depuis les anciens Égyptiens. Tous les voyageurs^ €n examinant attentivement la rive gauche du ^d, depuis la première fusqua la seconde cataracte, se sont aper^ que quantité de terrains cultivables, dks maisons et surtout cFançiens monasières coptes, sont ensevelis sous les sables poussés par les vents du sud. En plusieurs endroits , ces vents sont d'une telle violence, que, malgré i'ëlévatîon des crêtes de la chaîne libyque, suj>tout dans le pays des Barabras, des btmbes énormes passent pardessus cesUMmti^gncs,^ et viennent s amonceler et ensevelir tout ce qui arrête kurs premiers eiToi ts.
NOTES DlV£RSEi|. 423
Quant aux sphinx (1) troUT^ à Karnak, M. Bèl*
zoni ne se vantera pas de les avoir découverts. Les França» avaient déjà Sût des louiHes dans f emplacement où il a trouve ceux qui appartiennent aètueltemeutà M. Sait et à lui; les Français avaient mémé TU ceux dont il s*est emparé : mais, ne pouvani les emporter, ils les firent recouvrir. Au reste, il est connu eù Ég^ypte que M. Bàrthow, Ammicain, en avait fait apporter deux au Caire pour le compté de M. Banks , long-temps avant que M. Bekonî skxy eupât de cliércher des antiquités.
U n'est point exact de dire que la dernière tété eolossaile portée au Gtire par ie S/ Béizonî soît d une plus grande proportion que la prétendue tcte dé Memnon , et i on ne sait trop sur quoM'ën se fondërait pour h croire une téte dHorus : le bonnet dont elle est surmontée ^ n'est pas un trait caractéristique ; les sculpteurs égyptiens en afiubhîent Osiris comme Horus, leurs rois et leurs prêtres, selon la représentation emblématique qu'ils vouiaîéRt leur donner. ' Mk Behoni a un droit pfais positif à la reconnais^ sance des voyageurs qui se rendent en Egypte pour eh visiter les raonumeds , par la persévérance avec
(l) Pourquoi M. Beizoni donne-t-il ce nom à des figures symboliques assises et rappelant les époques de l'inondation du Nil par i'emMème du Lion et de la Vierge? Ces ûgures sont g^-avëes avec flobi daos le gtvnd oumge de U Gommigtion d'Égjple.
laquelle il dupporte les peines et ks travaux qui font conduit à lo'uverture cTun tombeau des rois dans b vallée de Bybàn el-Molouk. Quoiqu'on assure qu'il ne doive* cette découverte qua k confiance qu'il sut inspirer à un Arabe de Qournah^ M. Beizoni n'en aura pas moins le mérite d avoir exposé à la curiosité des voyageurs un des plus beaux monumens et des mieux conservés qu'on voie dans l'ancienne Egypte. On s'empressera de rendre toute la justice due à son i)onheur. dans ces entreprises, s'il parvient à trouver un passage dans f intérieur de b seconde pyramide; mais on ne saurait lui passer la dénomination impropre qu'il vient de donner au souterrain dans lequel il travaille , et qu'il appelle la voie Orphée, Trop cfe mysticité finirait par ressembler à du , charlatanisme*