‹ Voyage dans le Levant... 18171818Chapitre 9 sur 23 · SAINT-SÉPULCRE · texte numérisé non relu

SAINT-SÉPULCRE

L'ÉGLISE du Saint-Sépulcre comprend le saint- .sépidcre, le mont Calvaire et plusieurs autres lieux saints. Ce fut S." Hélène qui en fît bâtir une partie pour couvrir le saint-sépulcre; mais les princes chrétiens qui vinrent après, h firent augmenter pour y comprendre le mont Calvaire^ qui n'est qua cinquante pas du saint^pulcre.

Anciennement, le mont Calvaire était hors de la ville : c'était le lieu oii l'on exécutait les criminels

condanknës à mort ; et^ afin que tout le peuple y pût assister, il y avait une grande place entre le mont et la muraille de la ville : le reste du mont était environné de jardins , dont iun appartenait à Joseph d'Arimathie, disciple, secret de Jésus -Christ^ il y avait fait £iire pour lui un sépulcre ^ dans lecpiel fut mis le corps de Notre-Seigneur, La coutume, parmi les Juifs, n'était pas d'enterrer les corps comme nous le fiûsons : cha^ cun, selon ses moyens, faisait pratiquer dans quelque roche une espèce de petit cabinet, oii Ton mettait le corps , que l'on étendait sur une table du rocher même; puis on refermait ce li^u ..avec une pierre que l'on mettait devant la poi^e, qui nayût d'ordinaire que quatre pieds de haut. i i . c ,

L'Oise du Saint-Sépi|lGijP#«.e^{6rt irr^^ère^ car l'on s'est assujetti aux Keux que l'on voulait y renfermer : elle est àrpau;{^(ès faite en croix, ayant vingt pas de long et soixante-et-dix de large. Il y a trois dômes, dont celui qui couvre le -saint-sépulcre sert de nef à l'église; ii a trente .p^ia de diamètre, et il e^ ouvert par le haut^ comme la rotonde de Rome, n est vrai qu'il n'y a point de voûte ; la couverture en est soutenue seidement par de grands chevrons dé cèdre, qui ont été apportés du mont Liban. On entrait autrefois dans cette église par trois portes; mais au|ourd%uî il n'y en a plus qu'une , dont les Turcs gardejQt .soigneusement la clef, de crainte que les

pâeriiis n'y entrent nns patyer les neof sequins, ou

trente-six livres^ à ({uoi ils sont taxés. Cette porte €st toajonrs fennëe, et il ny a qu'une petite fe* nétre , traversée d'un barreau de fer^ par où ceux du dehors donnent des vivres à ceux qui sont dedans, fesqueb sont de huit nations diffikmtes*

La première est celle des Latins ou Romains^ que représentent les religieux côrddiers. Ib gardent le saînt-sépulcre , le lieu du mont Calvaire où Notre- Seigneur fut attaclié à la croix, l'endroit où la sainte croix fiit trouvée , la pierre de l'Onction, et la chapelle où Notre-Seigneur apparut à la Vierge, après aa résurrection.

La seconde nation est celle des Grecs, qui ont le chœur deïé^se, où ils oûicient, et au milieu duquel il y aunpetitcerdedeniariNrey dont ils estiment que le centre est le milieu de la terre.

La troisième nation est celle des Abyssins; ils tiennent la cliapelle où est la colonne d'Impropère.

La quatrième nation est celle des Coptes , qui sont les chrétiens d'Ég3rpte ; ib ohtnn petit oratoire proche du saint-sëpuicre.

La cinquième est cdle des Arméniens; ils ont k chapelle de S." Hélène, et celle où les habits de Notre- Seigneur furent joués et partagés.

La sixième nation est celle des Nesloriens ou Jaoo> bites, qui sont venus de Cbaldée et de Syriefils out unet

petite chapelle située pnès du lieu oii Notre*Se^eiir apparat à la Magdel^e en fonne de jardinier, et qui, pour cela , est appelée b chapelle de Magdelène.

La septième nation est celle des Géorg^iens, qui habitent entre la mer Majeure et la mer Caspienne ; ils tiennent le lieu du mont Calvaire ou fut dressée ia croix, et h prison oîi demeura Notre43eigneur en attendant que i on eût lait le trou pour la placer. • La huitième nation est celle des Maronites qui ha* bitent le mont Liban ; ils reconnaissent le Pape comme nous bisons.

Chaque nation, outre ces lieux , que tous ceux qui sont dedans peuvent visiter, a encore , dans les voûtes et dans les coins de cette église, quelque endroit parti» culier qui lui sert de retraite, et où eile fait i'oilxce sekm son usage; car les prêtres et les religieux qui y entrent, demeurent d'ordinaire deux mois sans en sortir, jusqu'à ce que, du couvent qu'ils ont dans la ville, ion y en envoie d'autres pour servir en leur piace. Il serait diiiicile d'y demeurer iong-temps saxi^ être malade, parce qu'il y a fort peu d'air, et que les voûtes et les muiailies rendent une firaicheur asses malsaine^ - ' . '

En entrant dans i'^iise, on rencontre la pierre de l'Onction, sur laquelle le corps de Notre-Seigneur fut oint de mynrhe et d'aloès, avant d'être mis dans ie sépulcre. A cause de l'indiscrétion de quelques

400 NOTES diverses:

pèlerins qui la rompaient, on a été contraint de h couvrir de mârbre bhnc, et de l'entourer d'un petit balustre de fer, de peur que ion ne marche dessus. Elle a huit pieds moins trois pouces de long, et deux pieds moins un pouce de large; et au-dessus, il y a huit lampes qui brûlent continuellement.

: Le sàint-sépulcre est à trente pas de cette pierre, justement au milieu du grand dôme dont j'ai parlé; c'est comme un petit cabinet qui a été creusé et pratiqué dans une roche vive, à la pointe du ciseau. La porte, qui regarde lorient, n'a que quatre pieds de haut et deux et un quart de lai^e ; dé sorte qu'if se . feut grandement baisser pour y entrer. Le dedans du sépulcre est presque carré : il a six pieds moins un pouce de long, et six pieds moins deux pouces de large ; et depuis le bas jusquii la voûte , huit pieds un pouce. II y a une tablé sdide de h même pierre y qui fut laissée en creusant le reste : elle a deux pieds quatre pouces et demi de haut, et contient la moitié du sépulcre; car elle a six pieds moins un pouce de long, et deux pieds deux tiers et demi, de laige. Ce fut sur cette table que le corps de Notre-Seigneur fut mis, ayant la téte vers l'occident, et les pieds à loriènt.

A l'entrée de la porte du sépulcre , il y a une pierre d'un pied et demi en carré , et relevée d'un pied^ qui est du même roc, laquelle servait pour appuyer

NOTES^ DIVERSES. 40 i

ia grosse pierre qui boachait la porte du sépulcre i c'était sur cette pierre qu était fange lorsqu'il parb aux Maries; et^ tant à cause de ce myst^ que pour ne pas entrer d'abord dans ie saint - sépulcre , ies^ premiers chrétiens firent une petite chapelle aù-* devant , qui est appelée ia chapelle de l'Ange. •

A douze pas du suint-sépulcre , eû tirant vers le septentrion , 1 on rencontre une grande pierre de marbré grisj qui peut avoir quatre piecb de diàniiètre, qiie Fon a mise là pour marquer le lieu oii Notre-S^gneui* se fit voir à ia Magdelène en forme de jardinier.

Plus avant^ est la chapeUe de l'Apparition , oii foii tient, par tradition, que Notre-Seigneur apparut pre* mièrement à ia Yiei]ge apirès sa résurrection. Cest le lieu où les reiigieiit oordeliers font leur office > èt où ib se retirent ; cslt, de là, ils entrent dans des chambres qui n'ont point d'autre issue que cette chapelle. ■

Continuant à faire le tour de l'église, on trouve une petite chapelle voûtée^ qui a sept pieds de long et six de large, qUe fon appelle autrement la prison de Notre-Seigneur, parce qu'il fut mis dans ce lieu, en attendant que fon eût bit le tro j pour planter ia eroiz. Cette diapdDb est à l'opposile^ înont Cal-* ¥aiie.:.

Assez proche de là; esl une autre chapeBe de ciii^f pas de long, et de trois de large, qui est au njéme lieu oti Notre-Seigneur fiit dépouillé par letsoUhts, Avant

402 NOTES DIVERâBS.

iétre attaché à b croix, et cm ses ▼étumens fiiien^

joués et partagés.

£n sortant de cette chapelle, on reneontre, à main gauche, un grand escalier qui perce k nurufle i% ïé^se, pour descendre dans une espèce de cave qui est creusée dans le roc. Âpràs avoir descendu tr^ta marches^ il y à une chapelle que l'on appelle vul* gairement la chapelle de Hélène, à cause qu'elle ëtait tk en prière pendant qu elle fiûsait chercher la sainte croix. On descend encore onze marches jusqu'à l'endroit oii la croix fut trouvée avec les dous, la couronne d'épines et le fer de la lance , qui avaient été cachés en ce lieu pendant plus de trois cents ans«

Proche du haut de ce degré, en thrant vers le mont (Calvaire, est une chapelle qui a quatre pas de long ft deux et demi de large, sous fautel de laquelle on voit une colonne de marbre gris, marqueté de taches Mires, qui a deux pieds de haut et un de diamètre : elle est appelée la colonne SImprapère , parce que Xon y fit asseoir Nôtre-Seigneur pour le couronner d épines.

. On rencontre, à dix pas de cette chapelle, un petit degré feit étroit, dont les marches scmt de boia au commencement , et de pierre à la fm. Il y en a vingt en tout, :par lesquelles on va sur le mont Calvaire. Ce lieu, qui était autrefois si ignomfaiieiix, ayant été sanctifié par le sang de Notre-Seigneur, les

premiers chrétiens en eurent un soin f^urticulier; et, après avoir ôté toutes les immondices et toute ia terre qui étaient dessus, Ss fenfermèrent de muiaiQes : de sorte que c'est à pr^nt çomme une chapelle haute^ qui est enclose duos cette grande ^iise. Bile est ire- ▼étue de maii>re par dedans , et séparée en deux par une arcade. Ce qui est vers le septentrion est l'endroit ob Notre-Seigneur fut attaché à la croix. 0 y a toujours trente-deux lampes ardentes , entretenues par les cordeiiers , qui célèbrent aussi tous les jours ia, messe en ce saint lieu.

Dans l'autre partie qui est au midi, fut plantée la sainte croix. On voit encore le trou qui est creusé dans le roc environ un pied et demi, outre la terre qui était dessus. Le lieu où étaient les croix des deux larrons, est proche de là : celle du bon larron était au

septentrion , et l'autre au midi; d^ manière que le premier était à la droite de Notre-Seîgneur, qui avait la fiice tournée vers loccident, et le dos du côté de Jérusalem, qui était k l'orient. Il y a continueSemenC cinquante lampes ardentes pour honorer ce saint lieu. Le mont Qdvaire est la dernière station du Sainte Sépulcre; car, à vingt pas de {à, l'on rencontre b pierre de l'Onction, qui est justement à l'entrée de i'^f^. (DlUlÂTBf , Voyage datu la Terre-Sainté.).

404 ILOTES 0IV£RSElâ.

LÂC ASPHÂLTITE

ou

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