‹ Voyage dans le pays d'AschantieChapitre 2 sur 31 · CHAPITRE I." ' P · texte numérisé non relu

CHAPITRE I." ' P

Motifs qui déterminèrent l’envoi d’une ambassac!

d’Aschautie. — Instructions qui furent données aux. envoyés.

Bosman et Barbot disent que les Européens ont entendu parler , pour la première fois , du royaume d’Aschantie en 1700. Le dernier l’appelle Assiantie ou Inta, et dit qu’il est situé à l’ouest du Manding , et qu’il est limitrophe d’Akim, du côté de l’est. Il vante ses forces et ses richesses. Isert , médecin au service du Danemark, qui projetoit un voyage dans ce pays, dit que « le puissant roi de cette ' contrée possède un lingot d’or qu’il regarde comme y une espèce de talisman , et que quatre hommes' peuvent à peine porter; que d’innombrables es-

chtves travaillent pour lui constamment dans les montagnes, et que chacun d’eux doit lui remettre deux onces d’or par jour; que les habitons d’Âkim exploitaient jadis beaucoup de mines d’or, ce qui leur est maintenant défendu par le roi d’Aschantie, dont ils sont tributaires, de même que les ^Vquambous, nation autrefois très-formidable.» M. Dalzel entendit parler des Aschantes, dans le royaume de Dahomé , comme d’un peuple très-puissant ; mais il s’imagina qu’ils ne faisaient qu’une seule et même . nation avec les Inlas elles Tapalis. M. Lucas, lorsqu’il était a Mesurata, apprit qu'Assentai était la

aume de Tonouwah. Dans docteur Leyden sur les Dé-

couvertes en Afrique, donnée par M. Murray, on lit que» les frontières septentrionales d’Akim s’étendent jusqu’au Tonouwah , contrée nommée aussi Inla, Assienté ou Assentai, d’après la ville capitale qui porte ce nom, et qui est située à environ dix-huit journées de marche de la Côte-d’Or.

En 1807, une artnée d’Aschantes arriva sur les bords de la mer pour la première fois. Ici je demande la permission de renvoyer le lecteur à l’extrait de la Relation de la Côte-d’Or , par M. Meredith , -qui forme le n.° premier de l’appendix renfermé dans cet Ouvrage. Celte pièce intéressante peut servir d’iiilroduetion à ce qu’on va lire , et sera utile pour rectifier une erreur qui se trouve dans le dernier des ouvrages que je viens de citer, où il est dit qu'en t8o8, le roi d’Aschanlie s’empara du fort

capitale du puissant roy l’édition de 1’ ouvrage du

anglais d’Annamabou , ce qui Tient probablement de ce qu’on l’a confondu avec le fort hollandais de Cormanline, qui fut pris d’assaut a celle époque.

Les Asclianles firent une nouvelle invasion dans le royaume de Fantie en i8n , et une troisième en 1816. Ces attaques réitérées causèrent aux Fantes. les plus grands malheurs. Très - peu périrent les armes à la main , car ils osaient rarement faire face à leurs ennemis; mais ceux-ci en firent d’horriblès boucheries de sang froid, et en emmenèrent des milliers dans l’intérieur , pour les sacrifier à leurs affreuses superstitions. Une famine, à laquelle nul effort ne cherchait à remédier, succéda à la dévastation de leur territoire , les restes malheureux de la population s’abandonnant au désespoir. Le blocus prolongé du fort du Cap-Corse , pendant la dernière de ces invasions, causa tant de maux et fit courir tant de risques, que le gouvernement de ce fort , ayant écarté le danger imminent en payant pour les Fantes une somme d’argent considérable , pria vivement le conseil de lui donner l’autorisation et les moyens d’envoyer une ambassade pour demander l’amitié du puissant monarque d’Aschantie, prévenir le renouvellement de ces calamités, et donner plus d’activité à notre commerce avec ses états. Par le vaisseau de transport qui arriva en 1817, le conseil envoya des présens convenables pour ce prince, et, tout en s’occupant d’une mission projetée par la politique, n’oublia pas lesintérêls de la science.

comme on le verra, par les instructions suivantes :

« Pour vous mettre à portée de remplir les promesses faites au roi d’Aschantie, et attendu que nous avons conçu les plus vives espérances qu’il en pourra résulter des avantages , nous vous envoyons divers présens pour ce monarque, et vous pouvez y en -joindre d’autres pris dans les magasins publics , si vous le jugez à propos, pourvu que la dépense n’en soit pas trop augmentée. Le conseil désire vivement, et il est d’accord sur ce point avec l’opinion générale de ce pays, qu’on n’épargne aucun effort pour mieux connaître l’intérieur de l’Afrique, et il considère le moment actuel comme le plus favorable pour envoyer au roi d’Aschantie une mission qui sera chargée en même temps de faire des découvertes dans ses étals. Si donc, d’ici à ce que cette lettre vous parvienne , il n’est pas arrivé quelque événement qui doive faire renoncer à ce projet, nous vous engageons n faire demander au roi la permission de lui envoyer une ambassade dans sa capitale. S’il vous l’accorde , vous choisirez pour ce service trois personnes, tient l’une devra être versée dans la science médicale (i); vous les ferez accompagner par une escorte imposante , et vous leur

(i) Nous recommandons qu'elle ait un assortiment complet de tout ce qui peut être nécessaire pour la guérison des blessures, des contusions , etc. ; de sorte qu’elle puisse donner des secours à tous les nègres qu’elle rencontrera , qui pourront en avoir besoin. Des services de ce genre leur donnent une grande idée des blancs, et ils s’en souviennent toujours avec reconnaissance.

( li )

donnerez les instructions les plus complètes. Us devront particulièrement observer la nature , le sol et les productions du pays; le nom, la distance, la longitude et la latitude des principaux lieux; les objets les plus remarquables d’histoire natuturelle ; l’extérieur, le caractère et les mœurs des naturels du pays; leur religion, leurs lois, leurs coutumes et la forme de leur gouvernement. Quand ils seront en Ascbantie , ils tâcheront d’obtenir les détails les plus exacts sur les contrées les plus éloignées, dans toutes les directions; ils s’informeront » surtout si l’on y connaît de hautes montagnes , des lacs, de grandes rivières; à l’égard de celles-ci, quelles sont leur largeur, la profondeur de leurs eaux et leur cours; si les eaux de ces rivières et celles des lacs sont douces ou salées; jusqu’à quelle distance et au moyen de quelles précautions les blancs peuvent s’avancer, sans danger, dans l’intérieur, et particulièrement vers le nord. Us devront prendre les renseignemens les plus exacts sur l’étendue, lapopulatiou et les ressources du royaume. Us nous feront un rapport sur le tout, et y exposeront leurs opinions sur les habitans et sur les progrès qu’ils peuvent avoir faits vers la civilisation.

« Il faut les charger aussi de se procurer et de rapporter, avec le consentement des chefs, autant d’échantillons qu’ils le pourront, des productions végétales et minérales, et de s’assurer en quels lieux et de quelle manière les naturels se procurent de l’or; enfin quelle étendue on pourrait donner à

et commerce , ainsi qu’à celui de l’ivoire. Nous regarderions comme un avantage très-important qu’il fût possible de déterminer le roi et quelquesuns de ses chefs à envoyer quelques - uns de leurs enfans ait Cap-Corse, pour y être élevés aux frais du conseil ; ils pourraient y amener leurs domestiques pour les Servir, si on le désirait; le gouverneur ainsi que le conseil garantiraient leur sûreté personnelle, et s’obligeraient à les renvoyer aussitôt qu’on le demanderait.

« Un autre objet important serait d’obtenir du roi qu’il fit ouvrir et qu’il entretînt une route de , six pieds de largeur au moins, depuis sa capitale jusqu’aux confins de son tefritoire du côté du Cap- Corse , en vous obligeant, de la part du conseil, à >

la continuer jusqu’à ce fort. Nous présumons que ces travaux pourraient se faire à peu de frais, en payant tous les moss une somme convenue aux chefs de villages qui se trouvent sur cette ligne, à condition qu’ils veilleraient à ce que le chemin ne devînt jamais impraticable à cause des broussailles qui pourraient y croître, et qu’on pût toujours y passer librement.

« Ou apprendra peut-être que quelque grande rivière ou de hautes montagnes se trouvent à peu de journées de distance du royaume d’Aschantie. En ce cas, si ceux qui composeront l’ambassade croient pouvoir en fairç la reconnaissance sans danger et s’y trouvent disposés , nous vous autorisons à payer leurs traités pour toutes sommes raisonnables qui

lotir seront nécessaires à ce sujet,' cbmme pôur les objets*principaux de leur mission!'* ' ' * ' ' ' * •

■ w Outre l’escorté dont noùa*Évons, parlé , srjOâs croyons nécessaire, ou du moins- très-important, qute l’ambassade soit accompagnée de nëgres jouissant de qoelque crédit et d’une bonne réputation, cont< naissant la langue des Aschantes, et en qui l’on puisse avoir confiance. Vous en choisirez un dans chaque comptoir au Cap-Corse , Accra et Apollonia ; vous leur accorderez un salaire proportionné àleurs peines et au temps qu’ils auront employé.

« Nous avons dit que vous devriez demander au roi d’Aschantie la permission de lui envoyer une ambassade. Nous doutons qu’il fût convenable de lui demanderdes otages; mais nous présumons que vous penserez comme nous qu’il est nécessaire qu’avant que les députés partent du,Cap-Corse , le. roi y envoie . un homme de distinction pour leur servir de guide et de protecteur. En venant au Cap-Corse, il pourra s’entendre avec le messager que vous aurez dépêché au roi, pour fixer les lieux où la députation pourra faire halte , et donner des ordres pour tracer des chemins dans les endroits qui pourraient être couverts de bois. v

« Yous ne 'manquerez pas de recommander aux personnes dont vous aurez fait choix de ne critiquer aucune des coutumes des habitans ,' quelque absurdes qu’elles puissent être, et d’éviter tout ce qui pourrait les offenser. Ils ne pourront insister trop fortement pour imprimer dans l’esprit du. roi et. de ses sujets

que le seul but que sa majesté britannique ait en vue , est d'ouvrir un commerce plus considérable avec les habitansdu royaume d’Aschanlie , d’empêcher que leurs communications avec les bords de la mer ne soient jamais interrompues, d’apprendre à leurs enl'aos à lire , à écrire, etc. , ce qui sera d’un grand avantage pour les Aschantes , ainsi qu’il est facile de le leur démontrer.

« D’après ce qui vient d’être dit, vous concevez aisément, Messieurs, qu’en choisissant les personnes qui composeront l’ambassade, il est important que l’une d’elles soit en état, de déterminer la longitude et la latitude ; qu’elles soient habituées au climat, et d’une bonne santé ; qu’elles aient des talens , du sang froid, de la modération , du courage et de la persévérance, Vous aurez la même attention à l’égard des hommes qui composeront leur escorté. Il sera bon qu’il se trouve parmi eux un maçon , un charpentier, un armurier, un serrurier, un tonnelier, si vous pouvez deiir en.prqcurer, et qu’ils soient munis de tous les outils de leur profession. Nous désirons aussi qu’ils emportent.un certain nombre de certificats relatifs à l’expédition du major Peddie et de ses compagnons, pour les répandre le plus qu’il sera possible dans l’intérieur (Te l’Afrique; car, quoique l’époque à laquelle cetle' mesure aurait pu être utile à ces voyageurs soit probablement passée , il çst possible qu’elle serve à faire connaître généralement quel est le but du gouvernement en envoyant des blancs reconnaître ce pays. » . ,

On ne pouvait s’arrêter à l’idée de demander des otages , car il ne restait pas même assez de temps pour pouvoir communiquer avec le roi , et différentes circonstances concouraient à rendre nécessaire le prompt départ de l’ambassade. Pour ne parler que de la moindre, notre intérêt demandait impérieusement que nous nous missions en marche sur-lechamp. Si nous eussions attendu la permission formelle du roi pour partir , afin de diminuer les difficultés de l’entreprise , la saison des pluies aurait été trop avancée, et nous aurions perdu le moment favorable. Le gouverneur jugea donc à propos de faire partir la députation sans escorte , et l’on n’ajouta aux porteurs de bagages que deux soldats nègres. Ou lira sans doute avec plaisir les instructions du gouverneur. , *

« Du fort du Cap-Corse , le 19 avril 181 7. ; ) r

; iito

A M. Frédéric James.

,S.i '. .hoi r**

' , « Monsieur , ,

« En acceptant l’offre que vous avez faite •volontairement de vous charger de l’ambaÿsàde.près le roi d’Aschantie, j’ai tout lieu de croire que., tfâprès votre longue expérience et la connaissance " que "vous avez acquise du pays , ainsi que des'nioéurs et du caractère de ses habitans, elle sê terminera de manière à vous faire honneur et à être définitivement de la plus grande importance p’ourles intérêts

( ,6 ) ‘ commerciaux de la -Grande-Bretagne , ce qui est l’objet le plus immédiat de votre mission. Cependant, comme des sujets de recherches scientifiques peuvent s’y joindre, je les recommande particulièrement à votre attention. D’après ce motif , vous serez accompagné de M. Bowdich. Je ne douté pas qu’il ne soit très -capable de faire toutes les observations nécessaires , et que vous ne lui donniez tous les secours et toutes les facilités dont il aura besoin. Il sera muni des instruniens convenables pour déterminer la longitude et la latitude. M. Hutchison , écrivain , et M. Tedlie , aide-chirurgieu , seront aussi attachés à la députation.

« Les Aschantes qui vous sont donnés pour guides» ont été choisis par le capitaine aschante qui est ici en ce moment. J’espère qu’ils vous aideront et vous assisteront de tous les moyens qui sont en leur pouvoir.

« Indépendamment des instructions du conseil, dont copie est ci-jointe , vous aurez à faire attention à ce qui suit :

« Relativement au voyage , je me bornerai à vous dire que j’espère que vous tâcherez de voyager de manière à être exposé le moins possible aux ardeurs du soleil; les officiers qui vous accompagnent n’étant dans ce pays que depuis peu de temps, il est nécessaire de prendre toutes les précautions nécessaires pour la conservation de leur santé.

« "Vous verrez .le roi d’Aschantie le plus tôt possible après votre arrivée dans sa capitale, et

vous lui remettrez les divers présens qui lui ont été destinés par la compagnie d’Afrique, en les lui offrant comme des gages de l’harmonie et de l’amitié qui doit à jamais régner entre eux, et du désir que nous avons d’obtenir sa bienveillance pour les naturels qui vivent sous la protection de nos différens forts. Vous ne manquerez pas de lui donner une haute idée de la puissance, des richesses et de l’importance de l’empire britannique, et de lui faire voir que son intérêt et celui de ses sujets exigent qu’il assure à jamais à son royaume une libre communication avec la mer. Dans le cours de votre entrevue, les circonstances vous offriront sans doute d’autres objets dont il sera convenable de parler au roi, ce que je laisse entièrement à votre discrétion.

« Vous informerez ce prince que, pour assurer une correspondance régulière entre lui et moi , je le prie de permettre qu’un officier anglais réside habituellement à Coumassie; cet officier pourvoira luimême à toutes ses dépenses, et vous lui ferez construire une maison sans perdre de temps. Vous serez accompagné d’un charpentier, d’un maçon et d’un tonnelier, et vous les laisserez avec M. Hulcbison , qui restera à Coumassie en qualité de résident. A votre départ, vous lui donnerez des instructions détaillées pour régler sa conduite future, et vous m’en remettrez une copie à votre retour.

» Vous tiendrez un journal exact de tout ce qui présentera le moindre intérêt , et vous m’en enverrez copie par chaque occasion que vous pourrez trouver.

« Durant votre séjour dans le royaume d’Aschantie, vous saisirez toutes les occasious de vous instruire de, la politique de cette nation, de l’étendue et des limites de son territoire, du pouvoir du roi sur la vie et lesbiens de ses sujets, des forces qu’il peut mettre sur pied , du nombre de ses alliés , des sources et du montant de son revenu. Vous tâcherez de savoir s’il paie un tribut à quelque autre puissance , et s’il en reçoit de quelques nations voisines; à quelle somme montent ces tributs, et de quelle manière ils sont payés; quel est l’ordre de la succession au trône; quelle est la punition des crimes de toute espèce; quelles sont les personnes les plus importantes après le roi; le nom de leurs places ; l’étendue de leurs pouvoirs ; par qui et comment elles sont payées; quels sont les traits les plus remarquables du caractère, des mœurs et des usages de ce peuple, etc., etc., etc. ;

« Si l’on y sacrifie des victimes humaines, en quelles occasions et en quel nombre; ce que deviennent les prisonniers de guerre;

« De quelle nation sont les Mores qui fréquentent le royaume d’Aschanlie, et quels motifs les y amènent ;

« Quelle est la monnaie courante, l’or ou les cauris; à quel prix les Aschantes vendent ordinairement, dans leur pays, les marchandises qu’ils achètent des Européens sur les côtes, et quelle est l’éteudue de leurs relations commerciales dans l’intérieur. - y • • -fcï».

- vous vous informerez si l’on a vu quelques

voyageurs européens dans les contrées situées vers le nord, ou si l’on en a entendu parler, et ce qu’ils sont devenus; si l’on connaît quelque chose sur Je cours du Niger, ou du Joliba, comme l’appellent les naturels. Vous obtiendrez probablement ces renseignemens des Mores.

« Assurez-vous de la position du pays nommé iloncoe et de la ville de Kong. Consultez les voyages de Park, et tâchez d’acquérir tous les rensebmemens possibles sur les contrées situées entre le royaume (d’Aschantie et les derniers lieux par où • il a passé. En un mot n’oubliez rien de ce qui peut ajoutera nos connaissances géographiques, encore si imparfaites, sur l’intérieur de l’Afrique.

“ Vous trouverez ci-jointes de copies d’un certificat relatif à l’expédition du major Peddie; vous les distribuerez aux personnes que vous trouverez •' se disposant à voyager dans l’intérieur de l’Afrique.

« Il serait de la plus grande importance d’ouvrir une roule directe entre Coumassie et le Cap-Corse.

Vous Je ferez sentir au roi de la manière la plus forte. Vos observations vous mettront certainement en état d’indiquer par où cette route devrait passer.

" Je 1VOUS envole un Proiet de d’ailé, et il serait lort a desirer que vous pussiez en obtenir la ratification du roi. Il fera peut-être d’abord quelques * difficultés pour l’accorder; mais il est possible que, par votre adresse et vos raisonnemens , vous finissiez par l’y déterminer. S’il y désirait quelques légers changemens, je les laisse à votre discrétion.

• . ■ Vous informerez le roi que je désire qu'il reçoive à l’avenir le paiement que lui fait la compagnie, au fort du Cap-Corse, et non à Accra, comme ci-devant. S’il y demandait une augmentation, vous pouvez lui donner l’espoir qu’on la lui accordera jusqu’à concurrence d’une somme raisonnable, pourvu que l’objet de L’ambassade soit rempli , et «près qu’un an d’expérience aura prouvé la sincérité de son amitié pour le gouvernement britannique et pour les naturels qui résident sous la protection des differens forts anglais qui sont sur les côtes.

« D’après le caractère jaloux des indigènes d’Afrique, il est très-probable qu’en cherchant à obtenir des renseignemens, vous vous trouverez exposé à des soupçons défavorables j vous prendrez tous les soins possibles pour les dissiper, en donnant les explications les plus franches sur tout ce qu’on pourra vous demander,

« Vous ferez particulièrement connaître au roi les mauvais traitemens que les habitans du Cap- Corse ont éprouvés de ceux d’Elmina , ce qui a beaucoup augmenté la détresse à laquelle les premiers ont été réduits depuis quelque temps par suite de la grande disette de provisions , et il est à croire que lés derniers ne se sont portés à ces actes d’injustice que parce qu’ils se sont prévalus de leurs liaisons avec les Aschantes. Convaincu qu’ils ont agi à cet égard sans l’aveu du roi , je ne doute pas que, lorsque vous lui aurez convenablement

. ( ai ) .

détaillé cette affaire, il n’emploie son influence pour empêcher, ce qui est à craindre en ce momëht, que les habitans d’Elmiïia cherchent , à exciter une guerre entre eux et les habitans du Cap-Corse.

« Dans tous les cas qui ne se trouveront 'pas prévus dans ces instructions, vous avez nécessairement un pouvoir discrétionnaire dont je suis per-" suadé que vous ne ferez usage qu’avec réflexion et prudence , et avec le zèle convenable pour le service auquel vous êtes employé.

« Je vous souhaite un bon voyage et un heureux retour, et suis, monsieur, votre très-obéissant serviteur,

« John Hors Smith. «.

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