CHAPITRE' IX
Maladies et Remèdes,
C e qui a rapport à la botanique , à la médecine et à la chirurgie , était lé seul objet dont je ne fusse pas chargé. Ce soin regardait M. Henri Tedlie, aidechirurgien, qui, comme on l’a vu, faisait partie de l’ambassade. C’est donc à lui qu’on est redevable de ce qu’on va lire dans ce chapitre, et je le laisserai parler lui-même. Sa mort, que j’ai apprise depuis mon retour en Angleterre, a mêle des regrets bien sincères au souvenir de mon séjour avec lui en Ascbantie. Ses vertus sociales, ses talens, son esprit actif, rendent . cette perle aussi fâcheuse pour la société que douloureuse pour moi. Il avait beaucoup souffert, à Coumassie, d’une dysenterie intermittente. Je m’étais flatté qu’il en guérirait au Cap- Corse ; Dieu en ordonna autrement , M. Tedlie mourut à l’âge de vingt-sept ans. Durant notre séjour en Aschantie, il donna des soins aux habitans arec une patience dont peu de gens auraient été capables ; se relevant la nuit, même quand il était malade. L’importance des cures qu’il effectua ne fut pas inutile pour nous concilier les esprits, et contribua ainsi au succès de notre entreprise.
« Pendant le commencement de notre séjour à Coumassie, dit M. Tedlie, la saison était assez favorable pour recueillir des plantes, mais il ne nous était alors permis de sortir que très-rarement, et jamais nous ne pouvions quitter l’enceinte de la ville. Lorsqu’on eut pris meilleure opinion de nous, et que nous eûmes la liberté de faire de plus longues courses sans être suivis, les pluies mirent obstacle à mes recherches, et les rendirent même inutilës, car je ne rencontrai plus que des plantes dépouillées de fleurs, et dans un état qui ne permettait plus de les conserver. Il était donc impossible d’en faire la classification , comme on ne le verra que trop par la liste suivante des plantes que les Aschanles emploient comme remède.
1 . Cottorasoub ( Chrysanthemum propumbens. Persoon, V erbesina jnulica. Wildenovv ). Petite plante dont la décoction est purgative ; il faut la froisser avant de la faire bouillir.
2. Adumba ( espèce de figuier). On fait bouillir avec du poisson i’écorceet le fruit de cet arbre, en y joignant de la maniguette et une petite plante nommée Aûuhintey-Ouhinting; deux doses de cette décoction, prises dans le troisième mois de la grossesse, causent, dit-on, l’avortement.
5. Koufoubah ( Gloriosa superba. Linné). On la broie avec de la maniguette, et on l’applique sur le pied ou sur la cheville dans les entorses.
4. Tandouroui ( peut-être un Cupani a ou un Trichilia ). L’écorce pilée et bouillie avec la maniguette
est employée contre la colique et agît commè purgatif- *
5. Bissey ( S terculia acuminala. Palissol de Beauvois). Les Aschantes en mâchènl sans cesse le fruit, surtout quand ils sont en voyage; ils prétendent qu’il empêche de ressentir la faim et qu’il fortifie l'estomac. Il est aromatique, astringent, un peu amer, et il excite la salivation quand on le mâche.
6. Attouéh ( Blighia sapida. Hort - Kewensis , édit. II, t. III, p. o 5o . Akeesia A f ricana, T u ssac. Flore des Antilles ). La décoction de l’écorce passe pour un antivénérien ; on en mange le fruit.
7. Le Ricim ( ÏUcinus commuais. Linné ). Cet arbre, très-connu, s’élève ici à trente pieds de hauteur, tandis que sur la côte ce n’est qu’un arbrisseau; les Aschantes ne l’emploient pas en médecine.
8. Apouder ( deuxième espèce de Leucas, dont l’une est à peine différente du Leucas Martini censis. IIort-Kew. t. III, p. 409; l’autre est peutêtre .une espèce nouvelle). On se sert des feuilles broyées et mêlées au jus de limon contre les inflammations.
9. Houghong ( espèce à’ ortie ). Les femmes enceintes prennent les feuilles broyées et mêlées avec de la craie pour guérir les aigreurs et les âcretés de l’estomac.
10. Accocotto cotoraouah ( Helitropium indi cum. Linné). Le suc de cette plante se met dans les narines, dans les grands maux de tête. On en respire aussi la fumée.
il. Croouera ( Acaljpha ciliata. Wild,). Se broie avec la graine du petit cardamome, pour s’en frotter la poitrine et le côté, quand on y éprouve quelques
douleurs. ■ *
' 12. Enminim (espèce de vigne ). Plante sarmenteuse. On fait entrer le suc des feuilles dans les yeux des personnes attaquées d’ophtalmie. „
j 3. Secoco ( peut-être le Leplanlhus ). Petite plante dçs marais. On la broie, on y ajoute du jus de limon , et l’on en frotte le corps des personnes attaquées d’une espèce de gale très-opiniâtre.
14. Aramo. Le suc , de cette plante s’applique sur les coupures et les contusions.
15. t'etey. Les feuilles broyées s’appliquent en guise d’emplâtre sur les clous et les furoncles em-
flammés. , '