CHAPITRE XIV
sa prière du matin, à genoux devant la Madone, notre protectrice pendant l’orage de la veille. Voici à peu près ce que j’ai pu recueillir de cet hymne:
« O mer, superbe mer, qu’avais-tu donc tout-àl’heure, si dure et si colère? Que t’avais-je fait pour me traiter ainsi?
« Tantôt tu te montres calme et enivrante, et lu te laisses aimer des imprudents ; tantôt tu te fâches; alors rien ne fait céder ton courroux.
« Autant tu es douce et caressante , quand tu cherches à tromper tes amants; autant tu es terrible, fantasque épouse, quand ton caractère s’irrite. Malheur à ces hommes faibles, qui ont cru pouvoir t’aimer, mais qui n’ont pas su vaincre tes résistances ! Mais , quelles joies pour celui qui a su te subjuguer !
« Adieu! l’aurore se lève; il faut partir. Mais, que dis-je?... partir...: je ne me sépare point de toi, perfide et séduisante bien-aimée. Car , du nord au midi, de l’est à l’ouest, c’est toujours toi que je retrouve, ô mer, superbe mer! »