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Au boni de quelques heures, je fus tiré de mon sommeil par le ronflement homérique du capitaine et de son lieutenant, au milieu desquels je me trouvais couché. Je fus surpris de sentir notre embarcation tout-à-fait immobile et, n’étant qu’à demi-réveillé, peu s’en fallut que je ne me crusse en ce moment appelé à jouir d’un calme éternel au fond de la mer. Je me hissai promptement hors de l’infecte cabine et, une fois sur le pont, je m’assurai que nous étions à l’abri dans une anse charmante, l’anse de Kissy, paisible, inaccessible au vent, inondée des pâles rayons de la lune. Cette anse est située sur la côte de Roumélie, entre de hauts rochers; nous avions donc fait bien peu de chemin. En pleine mer, la tempête résonnait toujours avec fracas et semblait faire d’inutiles efforts pour pénétrer dans cet asile des nautonniers. A côté de nous , une embarcation semblable à la nôtre se balançait mollement sur son ancre; sa longue voile, seule visible dans une ombre projetée par la montagne , se reflétait dans les eaux ; ces deux formes blanches et indécises semblaient deux pâles fées se rencontrant. Le pilote de cette barque ne dormait pas et il chantait une de ces chansons, rares en Grèce, qui n’ont trait à aucun fait, à aucune aventure, à aucun homme en particulier. C’était l’hymne d’un matelot après la tempête , hymne populaire sur ces côtes, à ce qu’il paraît; car, le lendemain matin, au moment d’entrer au port , je l’e îtendis chanter et me la fis répéter par un petit mo .isse qui venait de faire