‹ Voyage dans le royaume de GrèceChapitre 154 sur 154 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

qui s’appelle Missolonghi, est devenue fameuse dans l’histoire , et la poésie l’a entourée d’une romantique auréole. C’est là que le cœur de la Grèce entière est venu palpiter dans un instant critique. Ils ont vaincu, les pécheurs de Missolonghi, et leur patrie a conquis sa liberté. Leur héroïsme a trouvé l’écho qu’il méritait dans les cœurs amis de la justice et du droit, et dans les âmes des poètes que la gloire captive. Byron mourut à Missolonghi , avant cette journée fameuse. S’il y eut assisté, il n’aurait pas désespéré de l’avenir de la Grèce et n’aurait pas répandu sur son passé perdu des larmes si pleines d’amertume ; surtout, il n’aurait pas traité d’esclaves les fiers Hellènes.

Quelques mois plus tard, je quittais le royaume de Grèce. Par une soirée splendide, je voyais ces rives sacrées s’évanouir dans le sein du soleil couchant et s’abaisser dans les eaux. Elles disparurent, et je me les rappelle encore fuyant à mes regards, environnées d’un océan d’azur et de lumière. Je répétais alors ces paroles du pèlerin de Byron :

« Belle Grèce, il est de glace le cœur qui te re- « garde sans ressentir ce qu’éprouve un amant « penché sur la cendre de celle qu’il aima. » (Childe-Harold , ch. II, str. 15 e .)

ACU AÏE. 387

Mais les splendeurs de cel horizon du soir, au sein duquel je la perdis de vue , me rendaient l’espoir d’un lendemain et me disaient : Elle ressuscitera !

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