‹ Voyage dans le royaume de GrèceChapitre 37 sur 154 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

s’échappait sans cesse, grâce au fanatisme des campagnes. A chaque instant, il était à craindre que la patience du général ne fût poussée à bout, et qu’il ne sévit militairement contre les révoltés. Heureusement, les circonstances prévinrent celte dure nécessité; Christophore fut un jour surpris au moment où il s’y attendait le moins, et enlevé précipitamment du sein de ses disciples. Ceux-ci, effrayés de cette nouvelle et voyant le thaumaturge enchaîné, lui demandèrent en vain d’opérer le miracle promis et de rompre ses liens; le prisonnier fut conduit au Pirée et jeté en prison. Les populations, convaincues de sa fourberie par son impuissance et redoutant les suites de leur rébellion, rentrèrent aussitôt dans l’ordre.

Dans la soirée , la femme de mon hôte revint des champs, portant sur la tète un fardeau de branches sèches. Je fus frappé de la noblesse et de la grâce de sa physionomie : ses longs cheveux descendaient en désordre sur sa tunique de laine blanche; son front un peu bas, d’un dessin pur et classique, s’unissait au nez par une courbe insensible; la lèvre supérieure, courte et un peu relevée, laissait la bouche légèrement entrouverte; son menton avancé donnait à son visage de la force et de la grandeur. Cette figure, empreinte d’un type antique, me rappela aussitôt la tète d’une superbe cariatide que j’avais remarquée dans l’acropole d’Athènes, dorée par le soleil , rehaussée des veines bleues du marbre , et soutenant de ses bras gracieusement relevés un angle du fronton du temple d’Ercclhée au Parlhénou.

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