‹ Voyage dans le sud de la BolivieChapitre 1 sur 84 · AVIS DE L AUTEUR · texte numérisé non relu

AVIS DE L AUTEUR

Le voyage qui fait le sujet de ce volume constitue environ la dixième partie de mes pérégrinations dans l’Amérique du Sud. Il n’était pas destiné à la publicité ; mais M. de Castelnau ayant désiré que le récit en fût placé à la suite de sa relation , me pria de revoir cette partie de mon j-ournal, et d’y faire quelques additions s’il y avait lieu. Ce travail, je l’ai fait, mais bien imparfaitement, à cause du peu de temps laissé à ma disposition par les préparatifs d’un nom veau voyage. Mes lecteurs voudront bien prendre cette circonstance en considération, et user d’indulgence à mon égard.

2 AVIS DE l’àUTEUH.

Parti de France, en avril 1843, avec le titre de Voyageur -Naturaliste du Muséum, et attaché, en même temps, comme médecin, à l’expédition scientifique de M. Castelnau, j’accompagnai cet explorateur pendant plus de deux ans, dans ses longues courses à travers les forêts et les déserts, et sur les fleuves de l’empire brésilien. Je m’en séparai le 24 mai 1845. Nous nous trouvions, en ce moment, dans un petit village de Matlo-Grosso, situé sur le rio Paraguay , et à une distance à peu près égale des deux Océans.

Après avoir visité les forêts à Ipecacuanha, qui constituent une des richesses principales de cette partie du Brésil, je me dirigeai vers la frontière de la république de Bolivia, que je passai, le 29 août de la même année. La province de Cbiquitos, si bien étudiée par M. Alcide d’Orbigny, s’offrit alors à mes regards. Mais je n’en eus pas plutôt atteint les premières habitations, et les Missions curieuses créées le génie des disciples de Loyola, que je me vis contraint de m’éloigner, frappé au vif par le soleil de ce climat embrasant.

Le 13 octobre, je traversai le rio Grande; et j’entrai, le jour suivant, dans la ville espagnole de Santa-

Page 1