DES MISSIONS DE TAP.IÏÀ
tentèrent plusieurs fois de soulever la Mission , mais ils ne purent heureusement en venir about. La population de la Tapera n’était, en 1799, que de soixantesept habitants, dont vingt avaient reçu le baptême. Cette Réduction était située à quatre lieues d’Iti, et à huit lieues à l’est-nord-est de Sauces, dont les habitants vivaien t alors dans des craintes perpétuelles des Chiriguanos. Plus d’une fois, les habitants de cette ville, dans la crainte d’une agression de la part des sauvages , avaient tous pris la fuite , en laissant leur curé seul.
A une demi-lieue de Sauces , dans un endroit appelé Pampas, se trouvait un village considérable , assez récemment formé par les Indiens Chiriguanos infidèles. Le curé et les habitants de Sauces qui ne voyaient pas sans quelque souci les barbares établis si près d’eux, et qui s’apercevaient que tous les malfaiteurs de la ville et des environs se donnaient rendez-vous dans ce village et s’efforçaient de les indisposer d’avantage contre les chrétiens, sollicitèrent des Pères qu’ils voulussent bien tenter de les assujettir; mais les circonstances empêchèrent ceuxci d’acquiescer à leur demande.
18° Azero, sur les bords de la rivière du même nom, était situé à treize lieues à l’ouest de la Tapera, et à huit lieues au nord de Sauces. Environ deux mille Indiens Chaneses, poursuivis par les Chiriguanos, leurs ennemis, s’étaient réfugiés, en l’année 1757, dans ce voisinage, sous la conduite d’un capitaine
HISTOIRE
nommé Chindiea, el la tranquillité des habitants des villageschrétiens delaLuguna deViilar et deSopachui en fut tellement troublée, que le gouvernement delà province fit immédiatement demander le secours du Collège de Tarija. Celui-ci envoya «aussitôt sur les lieux Fray Francisco del Pilar et le Père F. Thomas Amaya qui, au milieu de dangers immenses, et à force de persévérance, établirent les Indiens qu’ils avaient conquis par leur parole, partie dans une petite mission qu’ils appelèrent Pilipili , et partie dans celle de N. P. S. Francisco de Azero, dont l’église fut inaugurée le 12 novembre 1767.
La mission de Pilipili, qui se trouvait située à six lieues à l’ouest de celle d’Azero, ne prospéra point à cause de l’insalubrité de son climat, de sorte que l’on se décida à incorporer sa population, qui ne s’élait jamais élevée meme jusqu’à cent âmes, à celle d’Azero, ce qui eut lieu en 1792. Le village d’Azero est à une distance de trente lieues de Chuquisaca.
Les Réductions dont il me reste à parler, sont celles que le collège de Tarija établit au sud du Pilcomayo; elles étaient au nombre de trois à l’époque à laquelle se rapporte cette revue, et on les désignait par les noms de Salinas, de Ilau et de Centa.
19° Salinas. — Dès l’année 1607, les pères Ortega et G. de Villarhao avaient fait des tentatives pour convertir les Chiriguanos et les Mataguayos qui occupaient la partie du Chaco qui se trouve à l’est de Tarija; mais quoiqu’ils eussent obtenu dans les corn-