‹ Voyage dans le sud de la BolivieChapitre 64 sur 84 · GUARANI · texte numérisé non relu

GUARANI

AYMARA.

QU I Cil U A • j

Un

Nalhedac

Pelei

ülaa ou Maya.

Une.

lieux

Cacayni ou A ’ivoca

1 lokni

inm ou Paya.

lskrty.

Trois

Cacaynilia

Mbohapi . . .

Qnimsa ....

Qnimsa.

Quatre

Nolnlupeyai

Yrundi ....

Puni

Tahna.

Cinq

Nivoca cacnynilio (trois et d ux.)

(Il n’y a pas de terme propre pour exprimer un nombre plus élevé. Pour d.re CINQ on se sert du mot r rt ei po (une main).

Piscka

Piscka.

Six. ..... .

Cacayni cacaynilia (deux f iis trois.)

Chokla . . . .

Zola u.

Sept

Nalhedac. cacayni cacaynilia ( un, et deux fois trois) . .

Pakallco . . •

Kanchis.

Huit

Nivoca naloiaprgat (deux fois quatre).

Quimsakallco

Puzak.

Neuf

N'Vora naloiapi qm naihedac {deux fois quatre et un).

Llallatunka (un peu moins que dix.)

Yiskon .

Dix

Les quantités supérieures à «tix s’expriment par les mots :

Cacayni nivoca nalompegat ( deux fois quatre et deux)

Mokoipo (deux mains)

Tunka

Chunka.

Beaucoup . . .

Layosou

Hela

Ascka.

Beaucoup-

beaucoup.

Innombrables.

Heta-Hela. .

Ndipapaliabi

Hunu-llumi . .

Manu yupuna (qui ne peut se compter).

Dans la matinée du 26, je pris congé des Matacos, et je traversai, sans accident, le Pilcomayo, pour regagner Yilla-Podrigo.

Le chemin que nous suivîmes fut le même que celui par lequel nous étions venus. A l’entrée de la nuit.

EXCURSION

nous arrivâmes sur les confins de la grande forêt de Palmiers-Carandaïs , que nous avions traversée en venant; et, comme il s’y trouvait de l’eau passable, nous nous décidâmes à y camper, quoique, d’un autre côté, il ne se trouvât au milieu de ces sables aucun pâturage pour les chevaux. Nous les attachâmes aux arbres, et nous allâmes nous placer, à peu de distance, dans un petit espace découvert, où nous allumâmes un grand feu. Enveloppé dans mon poncho, je ne tardai pas à rn’y endormir. Mais Célestino, qui ne dormait pas, à ce qu’il parait, ne me laissa pas longtemps jouir de mon repos. Il me réveilla pour me faire écouter les hurlements de deux ou trois tigres, qui se faisaient entendre autour de notre campement. Quoiqu’ils me parussent être à une distance raisonnable, je n’hésitai pas néanmoins à charger mon fusil qui ne l’était point, et nous ajoutâmes du bois à notre feu, dont la flamme s’éleva aussitôt et répandit sa clarté, au loin, sur le sol blanc de la forêt.

Les palmiers aux troncs argentés, et aux feuilles en éventail, ainsi illuminés, avaient quelque chose de fantastique.

Rien de nouveau ne s’étant fait entendre, je cédai encore au sommeil; mais je n’en jouis pas plus longtemps que la première fois ; j’en fus tiré par un saut subit que fit mon linguaraz sur ses jambes, et par les mots: El tigre! et tigre! qu’il répéta plusieurs fois. El tigre , senor! me dit-il encore, dès que je fus debout, en me montrant le ruisseau qui coulait à

DAiNS LE CHACO.

quinze pas de nous. Je regardais, sans rien voir, lorsqu’un grand rugissement partit du point indiqué; et cependant je ne vis encore rien. Mon fusil en avant, je courus vers le ruisseau, accompagné de Célestino qui tenait à la main une de ces carabines courtes que l’on connaît sous le nom d’espingoles. J’atteignis en un instant le bord du petit creux au fond duquel coulait le ruisseau; que l’on juge de la sensation que j’v éprouvai, en me trouvant face à face avec le tigre; et je m’y trouvai si inopinément, car je n’avais pas songé que ce creux le cachait, que, ma foi, il faut bien le dire, j’eus peur. Le serrement de cœur que j’éprouvai, ne dura, il est vrai, qu’un instant assez court; mais cet instant avait encore été trop long, car, lorsque je levai mon fusil, l’animal avait disparu ; il nous avait jeté un seul coup-d’œil et était allé, en un bond, se perdre dans les broussailles. Il faut croire qu’il avait eu encore plus peur que moi. Nous le suivîmes quelques instants, mais l’obscurité étant beaucoup trop grande pour que nous pussions continuer de le poursuivre, nous retournâmes sur nos pas, pour attendre, près de notre feu, que le jour parût.

Le 27, nous rentrâmes, sans aventure nouvelle, dans Villa -Rodrigo, où nous attendaient les félicitations de nos amis, sur le bon succès de notre excursion. Je passai le jour suivant à me reposer, et à cher cher à convaincre les habitants des avantages qu’ils retireraient de l'ouverture d’une communication di-

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