‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 14 sur 53 · II · texte numérisé non relu

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et qui est peut-être maiatenAat de près de iSyOoo âmes y possMe au moins 450|OOo acres de terre, 4>ooo chevaux , 72,000 bètes à corqes , aôS^ooo moutons. La Nouvelle* Galles du sud a une population de plus de 45|000 babitans, qui possèdent 700,000 acres de terre , au-delà de 5,5oo chevaux , 125,000 bètes à cornes, et 355, 000 moutons, Cette dernière colonie consomme chaque .année pour 35o,ooo livres sterling de marchandises manufacturées en Angleterre; elle exporte pour 100,000 liv. st. de produits indigènes , et son revenu colonial dépasse 5o,ooo liv, sterL Les colons^ de la terre de Yan-Diémen emploient dans le commerce intérieur et extérieur un çapi-> tal de 25o,ooo livres sterling. Dans Tune ^t l'autre colonie , qui opt de beaux fleuves et des ruisseaux en abondance, la terre est douée d'une telle fécondité , surtout à la Nouvelle-Galles du sud , qu'elle peut , ei^ quelques endroits, rendre pendant trente a,ns de suite, et en d'autres pendant quinze ou vingt ans, sans recevoir d'engrais et sans se feposer» Voyons quelles poUrrpnt

être les ressources de la Nouvelle -Zé« lande au sud-est.

NOUVELUE-ZÉLANDE.

La NouveUc'Zéleinde se compose de deux grandes îles que découvrit le hollandais Tasman , dans l'année 1642. Elles sont séparées l'une de l'autre par le détroit de Gook, ainsi nommé par Gook lui-même qui le découvrit en 1770. Elles sont com* prises entre 34^7** lat. S,, et 164**- 179' long. E. Le détroit de G>ok , à peu près situé à la même hauteur que celui de Bass^ en est éloigné de 5oo lieues à l'est.

Une chaîne de montagnes , dont quelques pics sont couverts de neiges perpétuelles , traverse les deux îles dans le sens de leur longueur. Du flanc de ces montagnes descendent nombre de rivières. Le climat de ces deux îles est à peu près celui de Paris dont elles sont les antipodes. Les productions consistent en beaux arbres propres à tous les usages de la marine , en phormium ou lin soyeux , et en phoques

ia8 dont la fourrure e«t exportée à la Nouvelle-Galles du sud. On n'a guère trouvé sur les côtes en fait de quadrupèdes, qwe des chiens et des rats. Quant au pbormium , cette plante , qui pousse en général dans les marais et près de la mer , dont on connaît plusieurs variétés , et dont la tige atteint 1 4 pieds de haut , fournit les habillemens , les couvertures des cabanes, les cordages y les filets les plus grands, et le fil pour attacher les pièces dont se composent les pirogues.

Les deux grande» îles de la Nouvelle- Zélande se nomment y la septentrionale, Ea1ieinom€iuwe ou Eikunamauwi (0> ^^ la méridionale, Zlawaif-Poèhawi/noi^ (»)• ^ première offre à l'ouest un grand nombre de rivages sablonneux^ on y remarque toutefois une rivière importante , la Sho"

(i) Ce qui vent àvre poisson demauwi.

(a) C'est -à-direVowsim produisant la pierre de jaa^ vert., pierre aussi précieuse dans ces contrée» q"* l*est pour nous le fer.

1^9 oukianga y que les navires aiigki» Mquen-tant depuis peu d'années; une barre en rend l'entrée fort dangei^use ; il n'y reste de basse mer q[ue 9 pieds d'eau , mais la marée y monte de ^ à 10 pieds; sa po^ sition est par 35^ âa' lat. S. Le havre de Kaïpara , situé par 36<* 38', est formé par 4 riviërés dont les eaux s'y réunissent. Le port de Manoukao est à 5o où 6a milles au^ud de Kaïpara y par 37^ 30' lat. S. Le lac Kotodoua a 10 lieues de long et 6 de large ; ses eaux douces sont alimentées par une dizaine de riviërîes ou ruisseaux.

L'ile de Tawaï-Poénammou est encore peu connue à cause de l'humidité constante du sol et de la férocité dès naturels.

Le havre Milford^ sur la côte occidentale, se trouve par 4^^ 55' lat. S. ; la baie Chqlky , par 44^ ; la baie Préservation par 46® 3o'. Sur la côte sud le port Mac^ quarie est le seul connu. Entre cette ile el celle de Stewart vient le détroit de Fo- ¥eauoc , qui a beaucoup de ressemblance avec celui de Bass. Toutefois , les courans sont plus violens dans le premier que dana

Id iie«9ifed; let l«s iwirées Mmt aussi diSé^ renias. ▲ U pl^ioe de ces belles liyiirQB de rile du nord <{uî portent dans des ports ](K>«oJ>reux le tribut de leuiss eaux^ ou qui fiwmeat eUcis-mèmes à leuis embouchures des baies aussi spacieuses que sûres , ou ne rencontre dans Tîle du sud que de Testes ^l£es dont les bras rami&âs conduisent la mer dans l'intâ*ieur des terres) et k Pcxtrémité de ces profondes découpures on ne voit que de nds^ables ruisseaux.

XjCS NouveauX'-Zélandais sont peutrétre de tous les peuples de la mer du sud le plus remarquable par son intelligence, sa hardiesse et sa férocité. Us sont supérieurs en civilisation aux naturels de la Nouvelle- HoUande, mais trèsrinférieurs à ceux de la Polynésie. Leur cannibalisme invétéré, leur passion pour la guerre et leur manière de la faire, leur inhumanité à l'égar^ des femmes , leur saleté dégoûtante , augmen-»

tée encore par Fodeur de phoque dont ils s'imprègnent le corps ; leur antipathie pour les véHemensi la violence , l'habitude du vol , celle de se nourrir de chaiji* hu-*

mAine aussi bieni que de toute autre viande ^ caractérièeDt ee6 insulaires. Touteis lewrs pensées sont tournées Ter» les combats^ c'est le plàinr de toute leur Vie ^ deptiis Fénfance jtiscfu'au déclin de l'âge^ Lea ma^ rîâges se font par achat et par des pr^ens k la famille de la fiancée. L'adultère est pimi sévèrenMlit si le mari ne Fa poiiit permis f mais les filles sont inaltresses de leur personne et libres de fiiire autant dlieureuiL ^'il leur piah. Comitte elles ^noreftt l'usage des corse ts> les orbes de leur poitrine f dit M. Lesson , le dispidtent an. -marbre en dureté ^ et elles les coiïser* Tcwt long-temps dans cet heureux état^ yU que d'ailleurs le sein n'exerce aucune itt<* floence sur les seus des Nouyeaun^Zélan* dais; ce ne sdntà leurs yeux que des réservoirs où l'enfant puise la vie. Gepen»

dant les travaulL , les* enfaatem^as y les jouissances nombreuses et précoces vieillissent proraptement une Zélandaise, surtout les jeunes filles esclaves , vouées de droit k la prostitution par les propriétaires , qui les envoient à bord des navires

«aropéens solliciter le prix de leurs faveurs. Le prétrè consacre les ihariages par une certaine cérémonie.

Nul peuple ne conserve plus longotemps que les Nouveaux-Zélandais le désir de la vengeance , et il leur faut toujours du sang pour effacer la moindre offense (r) ; ce principe , étendu' aux diverses tribus y qui forment autant de républiques, enti*etient des guerres éternelles. La perte des parens ou des chefs distingués est vivement sentie par une tribu : les babitans en deuil sacrifient des esclaves; les femmes et les fiUes se déchirent le sein , les bras et la figure , en se sillonnant la peau avec une dient tranchante de chien de mer; plus le sang ruisselle , plus l'offrande est censée plaire au mort , car on professe pour les morts le respect le plus religieux; oh les embaume avec un art supérieur à celui qui

(i) Les pluti grands bienfaits et l'amitié la plus longae n'obtiennent pas grâce, même ponr l'offense irréflécbîé d'un moment.

étiiit employé pour les momie» d'Egypte* . Gmnibales dans. toute la force du mot, également adonnés au vol et au mensonge > les Nouveaux-Zélàndais vivent dans une défiance continuelle; chacun d'eux a dans les bois une retraite particulière où il cache tout ce qu'il possède. Le crime n'est pour eux qu'un mot vide de sens. U n'y a que la vieillesse qui soit un objet de vénération , et les centenaires ne sont pas rares, ce qui n'empéche'point qu'après leur mort on. ne mange leur corps , excepté la tète qu'on embaume et conserve. Les os des ennemis vaincus servent à faire de» hameçons , des flûtes et d'autres objets qu'on porte comme des trophées.

Les Nouveaux-Zélàndais bâtissent leurs villages sur des lieux élevés , près de la mer y afin de voir arriver les pirogues et les navires. Leurs cabanes sont propres et solides; il y a près d'elles des jardins où l'on cultive des pommes de terre, des choux et d'auti*es plantes potagères introduites par les Européens. Les pirogues sont bien construites et décorées de sculp-

Vi. lîl

i34 tures. Lee dktmitaoiiit régis par dfllcli^»

et néanmoina dan» un village ib Et ont aueiin pouvoir particulier } seulement ils nt font vien^ et reçoiveut en nature unedteie sur les provisions des outres familled. Ot" dinairement on nomme chef celui qui fetr side la réputation la plus étendue de brK^ Toure, d'intrépidité et d'indépendance fi la guerre ses avie prévalent. Le pins légar prétexte l'allume ^ et souvent les quercUst durent une longue suite d'amiées; la gé^ nération présente fait souvent «ne inTasioft pour venger une défaite arrivée il y a ua deni^^iède. Le combat ne ccmimence qn'i-* près le sacrifice de quelques esclaves. Ixtrs» que ces formalités sont remplîe»^ les oom* battans entonnent le chant de guerre > tirent la langue en signe de défl et de m^ pris , poussent de grands cris et Se char" gent avec fureur. Le parti victorieux àé* coupé f rôtit et dévore les prisonnief9 ^ les morts ^ dont les os sont lUstribués p0^ des instrumens. Les tètes sont préparée ^ vendues aux Européens pour de la poudra' Les tribus séjournent sur le champ de c^

Q£ige ta^t qu'ell^opjul de Is^ cJMirbun^âné k mangar; eUes envoient même k leurs&miU les des piècesde ceshorrible^'hapquetA.tS'i) y a quelquefois ds^ prisopi^iers gardés ri^ vans ^ on n£ 1^ copserye que pQUI* les ré« diiire i^ la plus durç (leryituda , et leurviû n'est jamais ^^uré^ f car o» les tue au pr^ iniôr signe du Infiltre,

J^ STouyeaux-'Zélandaîs chassent ^ pè* çhent , bâiissent les maâsons y conlruisevi Iqs pirogues et travaillent au jardin; maie ils aîsAeraient mieus.- mourir que de porter leurs provisions ; les femmes sont chargéea de tous les fardeaux. Pendant la belle sai«< son > ils tuent des albatros , des poules sau-* vages f des pboques ^ des rats et autres ani-* maui^; Us les fument et les «Mlservent^»* tiers, enferma dans des sacs pendant plu* sieurs ou>is; ces provisions sont mises à l'abri des rats sur une plate^forme. Ces in< sulaires se procurent du feu en frottant vivement un bâton pointu dans une rai-»

nure du même bois, dont la poussi&re s'en« f|jf¥WT|f%A en un instant* Ils ratissent la viande ou le poisson sur le feu ou entre des pier-

rc8 rougfee. Us n'ont que des idées confuses de religion; ils ciH)ient qu'un élre suprême a tout créé , à^l'exceplion de ce qui est rouvi*ag^ de leurs mains ; ils croient à un esprit nocturne , cause de la mort , des maladies et des accidens^ ils ont Dieu le pëte ,' Dieu le fils et Dieu Totseau ou Fesr prit. Dieu le përe est le plue puissant et se nomme Nui-atiia, le maître du monde; toutes les divinités lui sont subordonnées ^ mais chaque naturel a son -A tua ou sa divinité secondaire. Le» pi^étr^s se nomment arikisy et leurs femmes remplissent les fonctions de prétresses» v -

Une des nombreuseSs superstitions des Nouveaux-Zélandais, sur laquelle nous reviendrons ailleurs , a du moins quelquefois des résultats utiles : c'est celle qui consacre un; individu ou un objet quelconque, et rend criminels ceux qui en approcheraient; cela s'appelle tahouer. Ainsi un terrain en culture et les cultivateurs sont taboues à Yépoque dés semailles. On pense bien que les chefs ne manquent pas de tabouer avec'soio ce qu'ils veulent s'approprier. La manière

•3, la plus commune de tabouer est d'entourer l'objet d'une corde en annonçant qu'il a reçu le tabou. Une autre habitude est celle-ci : au départ ou au retour de l'un* d'entre eux, son plus proche parent approche son nez du sien; ses autres parens et ses amis s'attachent à ses })ras, à ses épaules , à ses jambes , consei'vant tous là même position pendant une demi-heuï'a au moins, et poussant continuellement dei sanglots et des hurlemens; après quoi ilê reprennent leur gai té • habituelle , et s'en*-" tretiennent avec le nouvel arrivé de tout ce qui s'est passé pendant leur séparation.

L'âpreté du climat fait qu'on n'use jamais de baios; hommes et femmes sont toutefois d'excellens nageui*s« Les cabanes sont des gites petits et si bas, qu'on ne saurait y pénétrer qu'en se traînant sur le& genoux et sur les mains, et les familles y dorment pèle - mêle sur de la paille. C'est avec les fibres du phormium qu« les femmes tissent leurs nattes élégantes , ornées de dessins, et qui en se drapant forment un habillement presque analogue

à Tancien costume civil des Rqiaaiog. Les patates douces , les pommes de terre et les radis importés > et la racine ligneuse d'une fougue qui couvre toutes les plai-r neSf sont aujourd'hui les végétaux alimenr taires dès Nouveaux-Zélandais. I^es mets accessoires consistent en coquillages, langoustesy cochons et chiens. Quant à la chaîp humaine y c'est , dit-on y un mets religieux plutôt que journalier. Les Nouveaux-Zélan-?

dais mangent avec sensualité les poissons demi pourris. L'eau pure est leur unique boisson^ si quelques-uns hoivent de l'eaunlevie ce n'est que par suite de leurs relations avec les navires européens. Enfin -le chant des Nouveaux-Zélandais est grave y monotone ^ guttural; nos plus jolies romances , nos airs les plus martiaux sont sans pouvoir sur leurs fibres épaisses ; et pourtant leur chant de guerre les entraîne aux plus violens accès de fureur : tant il est vrai , oIh serve M. Lesson , que dans l'effet produit par la musique se mêlent des souvenirs et des idées locales* Quittons ces peuples inhospitalievs , et^

retournftptvers le norcl> vertons dbfirçberen deçà du GaprieoFoe la Nouvelle-Calédouie, en pas^nt par Ttle Norfolk y située prèsqu'à moitié chemin de ce$ deus^ archipels.

NOUVELLE.CAJLÉDONIE.

lia Nouyelle-Cdiédome est une île de go^ lieues de long sur 1 5 de lurge; elle est située par io°-a3° lat. S. et i6a°-i65*» long.

£. Elle fut découverte par le capitaine Ckiok en 1774* Une chaîne àe montagnes assez élevées la traverse'dans toute sa lon-^ gueur; ces montagnes paraissent renfer*^ mer de riches mines métallicjues* Le sol > quoique peu fertile , nourrit le cocotier, qui cQuvre les flancs de plusieurs vallées; la cfinne à sucre et l'arum; le bananier »

qui forme de belles allées; l'hibiscus tiliacusy dont les habitans mâchent les jeunes pousses } le dolichos tuberosus , dont ils mangent les racines ^près les^avoir fait griller sur des charbons; et ranthotoiaft»

un des plus beaux arbustes du pays, J^êS oiseaux les plus communs sont une espèce

de pie, de gros pigeons et des corbeauï* Les filets de Taraignée calédonienne sont assez forts pour qu'en les déchir<ant on éprouve une sorte de résistance. Elle sert à la nourriture des naturels , qui ressemblent à ceux de la Nouvelle-Hollande. Gook.

vante leur douceur , mais d'Ëntrecasteaux et Labillardiëre les peignent comme cruels, perfides et voleurs. Les femmes s'y vendent pour un clou , et la grandeur du clou varie selon la beauté de la personne. Lte Nouveaux-Calédoniens manient la sagaie, la massue et la fronde 5 ils vivent principalement de coquillages , de poissons et de racines; ils passent aussi pour anthropophages. Les deux sexes vont nus, à part une légère ceinture que portent les femmes , pour cacher ce que la pudeur ne permet pas de montrer. Les cabanes ont la forme d'une ruche , avec des battans sculptés.

Au nord-est de la Nouvelle-Calédonie se présente l'archipel du Saint-Esprit ou de TEspiritu-Santo.

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