‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 21 sur 53 · SUMATRA · texte numérisé non relu

SUMATRA

La plus occidentale et la plus^grande des îles de la Sonde , Sumatra , que les Indous noDunent Indala ou Sumadra , s'étend du nord-ouest au sud-est, a ^ùo lieues d« long , 5o à 80 de large, et 7,000,000 d'habitans. Située au sud-ouest de la presqu'île de Malaya ou Malacca , dont elle est séparée par le détroit de Malacca , elle a

au sud'-ouest la mer des Indes, au sud-est Java qui en est séparée par le détroit de la Sonde , et à l'est Bornéo qui en est séparée par le^as de Gamérata.

L'équateur coupe obliquement Sumati*a en deux parties à peu près égales , et pourtant cette île jouit d'une température assez modérée , le thermomètre y dépassant rarement il^ de Réaumur, tandis que dans le Bengale il atteint Souvent 3i''. Cet avantage est dû à l'élévation des montagnes qui traversent l'île dans toute sa longueur, et dont les habitans font du feu durant les fraîches matinées. Le tonnerre et les éclairs sont firéquens, surtout pendant la mousson de iv[>rd-ouest , temps de la saisoii pinceuse , qui commence en décembre et Ânit en mairs^ l'autre, qui est sèche, commence .en mai et finit en septembre. Les gelées, la neige et la grêle sont inconnues à Sumatra.

Nous venons de dire que cette île est traversée dans sa longueur par des montagnes : eUes se tiennent , néanmoins, plus éloignées du rivage oriental que du rivage

occidental, et offrent de^ chaînes secon-^ daires. Les co^e^ sont généralement bas^ ses 9 marécageuses y souvent inondées et fort insalubres. An centre de l'île eçt le mont Ophirj placé inunédiatement squs Féquateur et élevé de a,oa6 toises au-dessus du niveau de la mer. Entre les monta-^ gnes se trouvent des plaines tràs-étendueS| couvertes de bois et parsemées de IttcSj qui émettent leurs eaux par des torrens rapides ou par des cascades imposantes^ Il y a aussi beaucoup de volçctns eu activité j celui à^ Ayer-Ra^ya est éleyé de 1377 pieds au-dessus de l'Océan.

Sur le versant occidental des montagnes, qui de ce côté ne s'écartent jamais de plus de 8 à 10 Ijeues de la me)*, il n'y a que des torrens ou de petites rivières, ^excepté la Sinkely qui sépare les terres du roi d'Achem de celles des Hollandais y mais j sur le versant opposé , des plaines de près de 60 lieues de large sont arrosées par de grands cours d'eau , tels que \^Siak et Yfndragene, dan^ le royaume de Siak ; la Jamhie , entre le royaume de ce»

i89 nom et celui de Paiembang} et la 7buiangf grQssie de la Mousi^ da^s ce der^ nier royaume.

Jue sol 4e Sumatra p'eçt pas d'fme gr^nàe fertilité, mais il est riche en subs-^ tances minérales^ telles que fer, cuî* yre , étain , or, soufre , nitre , charbon , ocre 9 etc. Les Malais de Padang et de Menang-Kabou vendent annuellement de 10 à i2,ooo onces d'or obtenu principa-r lement par le lavage. L'ét^in, <|ui est un objet d'exporta|ion, se trouvé surtout prè»

de Paiembang. Les productions 'éégétaks consistant «n ri?, huile de sésame^ ^ucre noir extrjdt du palmier anou, qui fournit également du sagou et une liqueur spiritueuse } en noix lâuscade , clou de giro* fie , gingembre ; tabac , mangoustan , et surtout en poivre, dont la graine pen4 à une plante qui resseipible à la vigne : s^ fécondité, qui commence à la troisième année , s'étend quelquefois jusqu'à la vingtième. Le camphrier , qui croît spontanément dans la partie chaude de Sumatra / égale en hauteur les plus grands arbres do

construction et a souvent jusqu'à i5 pieds de circonférence; le benjoin est la gomme ou résine d'une espèce de sapin ; le cassia, sorte de cannelle grossière , est encore indigène; les rotins sont expédiés en Europe pour servir de cannes; le coton de soie abonde, ainsi que l'ébénier, le teak, .e^le bois de fer dont on exporte à Palembang des mâts de 66 pieds de long sur 7 de large.

Dans Iç^ règne animal ti faut citer le buffle employé aux travaux domestiques , Féléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, le tigre royal, l'ours noir, la loutre, le porcépic, les orang-outangs, les daims, les sangliers , les civettes , et beaucoup de singes , particulièrement nine espèce à menton barbu, que l'on croit inhérente à cette île, dont le faisan est d'une, rare beauté. Les poules d'Inde , les insectes et surtout les termites y fourmillent; le lézard des maisons court sur le plafond des chambres; l'hirondelle ou la salangane, dont on mange les nids ,' est également très-commune.

Les HoUandai& possèdent sur U, c^te occidentale de Sumatra lue étendue de a5o lieues^ et sur la côte orientale, dans la partie ^ud , environ 90 lieues d'étendue.

Ce sont les seuls Européens qui aient des possessions dans l'ile; -leurs principauxcomptoirs sont Padang et Bencoulen , sur la côte occidentale , et Palembangf dans la partie de Test. Cette dernière ville, bâtie sur les deux bords de la rivière Mousi , qui dans cet endroit est large de plus de noo pieds , a un bon nombre de maisons consti:uites sur de grands radeaux de bois ancrés près du rivage , et qui s'élèvent et s'abaissent avec la marée ^ derrière ces maisons il y en a d'autres bâties sur pilotis. Le palais du sultan est d'une structure magnifique ; il est bâti en briques et entouré de murailles. La population, de la ville de Palembang est de âS^ooo âmes.

Les indjjgènes comptent plusieurs royaumesj notamment : i® celui A^Achem^ autrefois si puissant , dans la partie septentrion nale de SUmatra , ayant pour capitale la ville d'Achem, située à la pointe même de

rtle^ «Téc 4o,ooO' habhans, qui ton^ les jours peurent se donner la récréation àe contempler les goo éléphans de leur monarque; ^ le pays des Battus , k l'est du pays d'Acliem et dans Fintèrieur ; 3» celui de Mentmg-Kabou , dont dépend Indmgfsriôj au centre; 4* celui de Siàk sur la côte orientale, avec Siak,sa capitale, à 1 5 lieues dans les terres, sur une rivière qui Se perd dans le détroit de Malacca; 5** celui de Palembangy à Test ies montagnes qui longent la partie occidentale de Ftle. Les Redjangs sont dans l'intérieur; et les Lampongs occupent l'extrémité méridionale de rile , tandis que l'état de Jambie est au midi de celui de Siak. Un journal anglais de T827 , le Sincapore^hronicle y fournit sur ces contrées quelques détails nouveaux qui trouvent ici leur place.

Depuis l'extrémité d'Achem jusqu'à Tonvertiu^ orientale du détroit de«Banca, la côte nord' ouest de Sumatra s'étend au moins sur une étendue de goo milles. Cette longue ligne est divisée par la nature en trois parties. Celle qui se prolonge du dé-

troit de Bancâ à la rivière de Haèan est ha$se etunie, elle est privée de montagnes; eUe possédé dç grande» rivières, et la mer qui la borde est couverte d'îles et de banç0 de sable; c'est le pays qui fournit le sagOU^ les rotins, le sang de dragoii et le benjoin; ellç a une longueur de 5oo milles. La/econde partie, conxpreDaiyt environ n^o milles, commence à la rivière de Racan et finit à la pointe du Diamant; la côte y est encore basse, mais moins marécageuse que dans la première partie; elle n'a ni ri« vières considéraUtes, ni grandes Sles; elle fournit le poivre notr« La troisième partie^ ' qui a 1 5o milles^ co^rt de la pointe du Dia^ nuuQt à celle d'Achem : ici la cote txow aux flots de la baie duBengaley esi hérissée de rodïer» et mdntagneiïs»; c^estpeiit être le pays du monde qui produit le {^H»

de palmiers; il fournit à Tliide occidentale et à la Qkine une énorme quantité de ndîx de bétel.

Toute cette côte immense est censée af^artenir à cinq souverains^ savoir s ceux dePalerabang, de Jambie^ d'Indragetie, de VI. 17

Siak et d'Achem; mais il s*y trouve un grand iiombre d'autres petits chefe qui sont réellement indépendant. De tous ces états, le plus fertile et le plus populeux est celui de Palemhang, Il y a environ 4oo ans qu'une colonie de Javanais en fit la coi^^éte, s'y établit, et, se mêlant auxMa" lais , les initia aux arts et à l'industrie de Java. Le dialecte de cette ile vint se mêler aussi à celui du pays, et aujourd'hui l'i»

diome de la cour est presque le pur javanais. La population de Palembang doit à cette fusion avec une race plus éclairée, les connaissances agricoles et l'attachement au sol qui la distinguent des autres tiîbùs de Sumatra. Une insurrection récente parait avoir af&anchi le pays de toute domination eunqpéenne. Jambit n'est qu'une pauvre contrée de peu d'importance ; les principaux habitans sont Malais, mais il y a dans rintérieiu> une caste appelée Rubu, dont l'active industrie s'attache à la ré-' coite du benjoin et du sang de dragon ; la riviëre de Jambie a quatre embouchures dont deux sont navigables pour les .petits

bâtimens; la capitale Tanak^PUeh^teTre choisie), qui renferme 4>ooo ames^ est k, une journée au-dessus du vieux Jambie, qui est éloignée de 60 milles de la mer.

Indragene^ mot qui si^ifie montagne d'Indra , est une province plus petite encore et moins importante que Jambie; le sol y est fertile en riz, dont on fait' de grandes exportations à Sincapore ; les habilans, en général, appartiennent à la racé malaise. L'état de Siak est. la principauté la plus étendue de la cote septentrionale , mais ses diverses parties ne sont pas bien liées entre elles } elle s'étend inclusivement de Campar à Dili, et est bornée au sud par le territoire d'Indrfigerie , à l'ouest par Menang-Kabou, et au nord parles Battas et Achem. A partie du sud, le premier endroit considérable est Camp4ir^ sur la rivière de ce ce nom, grande, mais dangereuse par unie subite intumescence de la marée à son emibouchiu>e. La ville appelée Pulo-Lawan est située à quatre journées de la mer, et fournit à l'exportation du café, du swre et de la cire; c'est en ce moment un des éta^

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blifsemeos maUb les plus ftorissans du détroit de*Malaccà. L'ile Rankao, sur ce détroit y produit le meilleur sagou perlé.

Enfin , la ville de Siak , sur la rive droite de la plus grande rivière de Sumatra, à 65 milles de la Iner, eat petite y n'a que 3oo maisons, et gémit sous un gouvernement despotique, vicieux et oppressif.

NouB avons plus haut cité les Baitas comme habitant l'intérieur de Sumatra, vers l'est du royaume d' Achem : il est bien avéré que ces sauvages sont cannibales; mais, comine le rapporte im autre journal anglais , les occasions et la manière de satisfaire ce penchant pour la chair humaine sont peut être sans esmnple dans l'histoire.

Non seulement ils mangent les prisonniers de guerre, conune font les autres peuples sauvages et anthropophages, mais la punition de certains crimes consiste à être dévoré par ses compatriotes. Il est cinq cas où cette peine est {affligée } le principal est l'adultère. Le jugement est prononcé solennellement daàs rassemblée de cheft, et eiécuté trois jours après en présence de

»97 tout le Yoiâîiiage, La victime est liée, lés mains étendues: on demande à Foifensé quel morceau il' désire } s'il demande To* reille, elle est coupée à l'instant, et il la mange crue avec du juB de. citron et du j poivre, ou bien il l'a fait griller; ensuite ckacun des assistans découpe ce qui lui fait plaisir et s'en régaje. Ainsi le mJalbeu-* reux est réellement dévoré tout vif et avec un sang- froid et une tranquillité inconce*' vables. Quand tout le monde est rassaSié^ le principal ennemi du patient lui coupe là tête, l'emporte en triomphe et la place sur le faite de sa maison. L'offensé a aussi le choix de recevoir une compensation en argent, et, par bonheur pour le coupable, souvent l'avarice l'emporte %ur la goiu-mandisé.

Autrefois les Battas mang;eaient lHir»

parens devenus trop vieux pour qu'ils fussent utiles; cette coutume est abolie depuis quelque temps. Quoique si barl>ares , ces peuples en fait de véracité et d'honneui* sont aussi supérieurs aux BengalieD3 que les Européens lé sont à ceux*

"9^ ci. Leur attitude et leur démarche sont mâles et fermes. Quelquefois ils poussent leurs scrupules jusqu'à la folie. Vn homme ne peut pas épouser une femme de sa tribu, il. faut quSl la choisisse dans une autre.

Quiconque enfreint cettre règle est dévoré. Lorsque deux hommes ont ensemble une difficulté qui ne peut pas s'arranger, ils se battent; avant d'en venir là, il faut qu'ils se déclarent la guerre sur la place puBlique, afin que tout le monde en soit instruit : si un Battas en tue un autre avant cette notification , il est condamné à être dévoré; cette formalité remplie, il peut le faire périr. Comme il ne s'agit que d'une quenelle particulière , le vainqueur n'a pas le drftit de manger son ennemi : ce n'est que dané les graiides occasions , lorsque toute la nation se* met en campagne , qu'il est permis de se repaître de la chair des vaincus.

Jamais sur là place publique il ne se commet de violences ni de perfidies, l'honneur le défen^* Si quelqu'un y vient* avec un fusil , il met îin rameau vert dans le

>99 canon, en signe çianifeste de se$ inteniion»

pacifiques. .

Les Battas ont une écriture et des livres sur divers sujets. Les habitans de Tintérieur - ont de l'aversion pour la vue de la mer, ils la regardent conune la demeure des mauvais esprits, et considèrent les hommes. qui vivent sur ses bords comme étant d'une espèce dégradée.

Les femmes ne prennent, dit-on, aucune part aux repas de chair hiunaine.

Les hommes disent que l'intérieur des mains et la plante des pieds passent pour les morceaux les plus friands ) ils ajoutent que*la chair des jeunes gens est douce et succulente , mais que- celle d'un homme qui commence à avoir des diieveu:^ gris est meilleure.

Le rajah de Tana-Jfava sur la côte orientale de Sumatra , est si accoutumé à la chair humaine, que s'il n'en mange pas tous les jours , il éprouve de violentes douleurs d'estomac. Quand il n'a pas de prisonniers à sa disposition , il envoie ses esclaves par-ci par-là dans des contrées un.

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peu plu8 éloignées pour loi tuer un homme; la chair est découpée en morceaux et gardée parmi des hâtons de hamhou dans la terre, où après quelques jours , elle devient plus douce et de meilleur goût.

Quand le Bottas va à la guerre, il emporte toujours dans une bour^ du sel et des citrons ;^ celui qui a le premier mis la main sur un ennemi , jouit du privilège envié d'arracher avec les dents un morceau ie chair qu'il assaisonne aussitôt. La tète est sur-l&*champ séparée du tronc , et ces barbares en boivent avidement le sang, en la tenant par les cheveux au-dessus de leur bouche.

Quittons cette terre d*anthropophâges et cherchons au sud-est Pile de Java.

JATA,

L'île de /atia, séparée de la pointe mé-^ ridionale de Siunatra par le détroit de Isk Sonde, s'étend de l'ouest à l'est, en s'inelinant un peu au sud , dans une longueur de 34® lieues, de io3p k iis* long. S. 5

elle est ooup^ obliquement par le *]f degré de lat. S. ; sa largeur varie de i4 à 5o lieues; sa superficie est évaluée à 5^g43 lieues., et ^population à 49600,006 habitans f dont les deux tiers sont sous la domi* nation hollandaise, et l'autre tiers forme des états indépendans. La partie hollandaise est principalement tout le coté qui regarde le détroit delà Sonde, ensuite la partie septentrionale et son extrémité orientale. La partie méridionale, la seule indépendante^ forme deux états distincts dont Içs che& sont distingués par les titres de sult^m et de susanan. ' «'*

Java , dont le nom éstmalais et dénote , selon les uns , une grande tle , selon d'autres, une espèce de grain* qui y croît, domine par sa position les principales en* trées des mers qui baignent l'Asie orientale. En grandeur, elle ne vient qu'après Sumatra et Bornéo ; mais en population et en richesses industrielles , elle tient le premier rang dans l'archipel Asiatique.

Une sorte de golfe très^uvert suf la côte septentrionale , resserre le centre de l'île

qui s'élargit à Pest et à Fouest. les indiçënes emploient cette division naturelle de leur ile en deux parties ^ et donnent à celle de Test le nom de Java et à celle de l'ouest, celui de Sunda , d'où est venu celui du détroit de Sunda ou de U Sonde.

Java est traversée dans sa longueur par une chaîne de montagnes fort élevée»; oa sont plusieurs sommets volcaniques,^!^ autres celui de Gelé^k 13117 toises audessus de la mer. Cette chaîne conmence à l'ouest du cap Java sur le détroit de la Sonde , et finit à l'est au cap Sendttio sur le détroit de Bail; eUe est généralement trës-rapprochée de la cdte méridioDsle}^^ envoie au nord les seules rivières que ^ sède File, comme celle de Chidou à Feuest de Batavia , celles de Chitarum et de Chei' nanuk entre cette ville et Tchériben^^^ celles de Solo et de Sourahaya ou Kdbi) dont lés embouchures peu éloignées appartiennent au détroit de Maduré.

Les c6tes septentrionales de Java passent pour très-makaihes; cependant lacbaleur

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y parait supportable. A Sourabaya , près de rile de Madurë , le thermomètre s'élève à 37*» Réaumur ; mais cette chaleur varie de 10 à m? de minuit à midi. Le climat n'est surtout pestilentiel pour les Européens j k Batavia, Samarang et autres endroits de l'île, que parce qu'il y existe des marais , outre les eaux stagnantes de* canaux', la multiplicité des arbres et la malpropreté des habitans. A la lieues dans l'intérieur, il y a des collines où l'air est sain e) frais , où les naturels sont Vigoureux et biens portans j tout l'intérieur jouit des mêmes avantages.

Les mêmes /circonstances qui rendent Batavia et ses environs malsQsiins, en font aussi le meâleur pays du globe pour les productions végétales. Le riz, le blé, le millet, les ignames, les. patates et autres plantes légumineuses y croissent en abondance^ on y recueille ^vec bien peu de culture de superbes cannes à sucre ; on exporte une grande quantité de poivre , de gingembre et de bétel y les raisins sont

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très-bons et les citrons peu rares ^ les arbres fruitiers sont le bananier, l'ananas, la goyave ^ Tiambos , le badamier et le jacquier ; les mangoustahs , les melons d'eau, les pampelmousses se trouvent aussi dans cette île , qui produit deux espèces de coton. A Batavia et dans plusieurs autres villes on vend des fleurs dans les rues, tous les soirs , au coucher an soleil ; plusieurs arbres y forment de belles allées et procurent de l'ombrage j les forêts sont vastes et iiombreuses , principalement dans le centre de File , où elles se coiaposent en grande pallie du dtfati ou âek, bois remarquable par sa dureté^ elles renferment aussi des bois recherchés pour h construction , la mâture , la teinture et l'ébéiiisterie ^ enfin elles recèlent encore l'arbre a poison , nommé oupas à Java et ipo à Bornéo <et à Célèbes. On distin^e deux espèces de poison oupas : celui qui se tire de l'arbre et celui qui s'extrait d'une grande liane ; l'effet de l'un et àe l'autre est d'amener la mort en peu "^

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minutes. L'ombrage de cet arbre est, comme celui du mancenillier, trës-funeste aux personnes délicates.

Parmi les animaux indigènes on distingue le buffle , une race de chevaux petits et vigoureux , des taureaux , des chèvres, des brebis ; l'éléphant y est rare et on n'y trouve ni chameaux, ni ânes , ni mulets; dans les forêts errent le tigre noir, espèce qui paraît particulière à Java , le sanglier, le rhinocéros unicorne , le taureau sauvage ou banteng , le chacal , l'axis , espèce * de daim, le léopard ou chat sauvage , diverses espèces de singes et plusieurs sortes de reptiles dangereux , entre autres , dans les marais , le boa constrictor qui avale des volailles et des chevreaux entiers. Les dragons volans voltigent autour des villes, comme les chauve-souris en Europe, tandis que la cicade musicale se perche sur les arbres et. fait entendre un cri trèsperçantqui ressemble au son d'une trompe.

Enfin Java produit en abondance ces fameux nids d'oiseaux ()^it' t^gttilldnTient la volupté chinoise. • ' 'if

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