VI
Les habitons de l'île de Java sont ou des indigènes, ou des Eunqpéens, ou des ChinoiSy ou des Arabes, ou des ludous. Nous ne parlerons ici en détail ^e des indigènes ou Javanais. *
Les Javanais y peuple agricole qui sort rareqient de son Se, sont bien faits, d'une taille moyenne, laissent le corps garder sa forme naturelle, si ce n'est pourtant que, pour empêcher lé' ventre de grossir ou se rendre la taille extrêmement fine, ils se le • serrent le plus qu'ils peuvent ; usage nuisible surtout aux fenmies, qui détruisent l'élégance de leurs formes en tenant trop étroite la partie de leurs vétemens qui couvre leur sein. Les difformités sont trèsrares parmi eux. Ils ont les lèvres grandes et gâtent leur bouche, presque toujours belle, par l'habitude de scier et de noircir leurs dents , ainsi que par l'usage de mâcher du bétel et du tabac. Leurs cheveux sont noirs et droits, quelquefois cepen^^^^ ils tombant en boucles. Leur physionomie est douce, ti^^anquille et pensive, et exprime aisément le respect^ la gaîté, la gra^i^^;
ao7 l'indifférence, la timidité ou la craiiiie. La couleur de la peau des Javanais et des autres insulaires de l'Archipel est jaune plutôt que cuivrée ou noire } le plus grand éloge qu'ils puissent donner a la beauté d'une femme, est de dire qu'elle a la couleur de l'or pur. Les femmes sont en général moins bi^n que les'honmies. Dans les classes inférieures ce défaut de beauté vient de leurs travaux et de leurs fatigues , et de l'inconvénient d'être exposées à ji'effet d'un climat brûlant. Dans Tile deBali , si proche de Java, les femmes étant moins opprimées, sont très-belles^ à Java, les femmes des classes élevées sont égal^onent tr ès-remarqûables .
Les Javanais sont aisés et polis dans leurs maniérée , et respectueux jusqu'à la timidité^ ils ont un sentiment profond des convenances, et ne sont jamais^ ni grossiers ni brusques ^ leur maintien est souple et gracieux. Us sont généralement très-circonspects, et un peu lents dans leurs discours^ imitant en cela les Hollandais Ipurs maîtres. De même que dails Sumatra.,
ao8 quelques montagnards sont sujets aux goitres. Gomme ici on ne craint pas que la rareté des. subsistances ou du travail empêche d'élever des enfans ^ il y a beaucoup de mariages; les hommes à seize ans et les femmes à treize. L'éducation coù\e peu^'les enfans vont presque nus. Les lits ne sont pas en usage } les femmes sont tràsfécondes. Il est rare de trouver un homme célibataire à vingt ans, et encore plus de rencontrer une vieille fille. Aucun usage, aucune loi , aucune institution religieuse ne prescrivent le célibat, pas même aux prêtres, et personne ne s'y astreint. La prostitution est rare, excepté dans les capitales. Les Javanais'étant un peuple tranquille, peu hardi, peu enclin aux entreprises lointaines , difficile à provoquer à des actes de violence ou à l'efPusion du sang , il y a peu de crimes. La polygamie est permise à Java, mais peu pratiquée.
Ce ne sont que les chefs ou les souverains qui épousent plus d'une femme ,. outre leu^s concubines. Quelques chefs ont jusqu'à soixante enfans.
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Les Chinois qui haibitent lava dëmeu rent principalement dans les trois grandes capitales qui sont : Batavia , Samarang et Sourabaya. Il ne vient pas de femmes de la Chine à Java, mais les Chinois se marient à des filles de leurs compatriotes nées du mariage de ceux-ci avec des Javanaises.
Les Chinois sont gouvernés par leur roi.
£tant plus intelli gens , plus laborieux et plus sensuels que les Javanais, ils sont la vie et l'âme du commerce de l'tle, et les fermiers des revenus dans les portions de File oii les indigènes régnent encore. Les Javanais professent Fislamisme et peuvent avoir des esclaves. La plupart des esclaves possédés par les lloUandais servent à ceuxci de domestiques.
Bien n'égftle la beauté et le charme de$ villages peuplés^ ils ofirent l'apparence d'un bocage verdoyant, ou d'une toufife de grands arbres. Chaque village forme une communauté séparée qui a ses officiels «i ses prêtres ou panghoulous, qui desservent la mosquée, jugent tous les procès, et avertissent les habitans des Coques de
rannée les plltt pr^res aux travaux agrî' coles. Lorsque le cliefdu.vi]]Agev«itxm6* sembler tous les babitians en armes , il lui suffit de frapper un bloc de riz, et à lia manière dont il le bat , ils. savent si on les appelle pour repousser un bandit, tuer un tigre ou éteindre un incendie*. Les rues qui croisent les grandes vyies sont larges, bien alignées et très-propres. Ihi reste Tameublement des Javanais de la classe moyenne est très-simple y le lit consiste en ime belle natte avec plusieurs coussins } ils n'out ni tables ni cbaises. Les convives , assis les jambes croisées, ne mangent que de la main, droite , avec les doigts , consmè les autres M^ométans. Ils prennent les morceaux avec le pouce etTindex et les jettent dans leur bouche ;on ne se sevt de cuillers que pour les mets liquides, et presque jamais de couteaux et de fburcb^ettes. L'ameublement des personnes d'un rang élevé est plus somptueux. Les pauvres comme les riches aiment beaucoup, les illuminations et les représentations théâtrales.
Un usage général veut que d^s chaque
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finniHe on tisse les étoffes dont on est vêtu. Depuis la première épouse du souverain jusqu'à la compagne du dernier paysan, toutes se conforment à cette règle.
Dans chaque duaumière on voit un rouet et 'Une navette^ et toatkomnie, quel que sok son rang, s'enorgueillit de la belle qualité de l'étoffe tissée par sa femme, sa maîtresse ou sa fille: Les deux sexes laissent croître leurs cheveux, en quoi ils difflk*ent des Malaia et des Boudgis ou Bouguis qui les coupent. Les hommes les ramassent presque toujours en rond sur le sommet de la tête avec un p^gne : dans les hautes classes j en regarde comme une grande marque de respect de les laisser tomber en présence d'un supérieur; les princes et les che£s , à la cour des sultans de l'in-^ térieur, les laissent ordinairement flotter sur le cou derrière le dos; mais à Tcherijbon et dans les territoires orientaux, ils les laissent tomber en boucles sur les 4^ules. Lies hommes et les femmes de toutes les classes oignent leurs cheveux cZ'liuile. Les pi'étr'es sont vêtus en blanc et
portent un turban à la manière des Arabes.
Quand unr chef parait en public, tous ceux qui sont d'un rang inférieur s'asseyent sur leurs talons et restemt dans cette posture jusqu'à ce qu'il soît passé ^ la même chose a lieu dans l'intérieur des maisons.
Les Javanais étant >mahométans , font circoncire leurs garçons et leurs filles dès l'âge de huit ans.Ils s'abstiennent strictement de la chair de "porc; et ordinairemeit de liqueurs enivrantes* Ils vivent principalement de végétaux, et lé riz est chez eux, comme dans toute l'Asie, la base de la nourriture. Le peuplé aime beaucoup la chair de cheval > mais iLest défendu de tuer cet. animal pour le manger, à nacias qu'il ne soit Uessé ou malade. Le lait ni aucune de ses préparations ne font partie de la nourriture des Javanais. Ils ne liment pas toujours leurs dents autant que le font les autres insulaires , et ne les dorent pas comme font les habitans de Sumatra. Us n'alongent pas non plus le lobe de leurs oreilles comme on le £aiit àBali et ailleurs.
L'usage du pays veut que l'on fournisse
une, bonne hourriture et le logement à tout étranger et tout voyageur qui arrivent dans un village 5 en aucune contrée les droits deThospitalité ne sont plus religieusement observés. Les Javanais énervent malbeureuseniènt leur caractère en prenant deFopium; on en mange et on en fume. Cependant cet usage , quoique si répandu ^ passe pour honteux; on regarde les hommes qui s'y livrent comme des débauchés et on les méprise.
L'industrie de ces insulaires est assez ingénieuse, mais peu active, et ne s'étend pas au-delà de leurs besoins. Us déploient de riiabileté dans la construction des toits de leurs maisons et dans celle de leurs nattes } ils fabriquent très-bien le cuivre, ils en £pnt des marmites , des pots et des ustensiles de toutes sortes; ils sont bons charpentiers , et encore meilleurs ébénistes , car ce sopt eux qui font tous les meubles dont les Européens se servent dans l'archipel Asiatique; ils font très-bien des bateaux et des vaisseaux de petite dimension ; ils fabriquent leur papier avec Te-
ai4 corce de marier à papier ; ^Anales districU maritimes il y*a d'habiles pécheurs. '
On a beaucoup vanté la danse des Java* nais : elle n'est point vive et pétulante comme en' Europe , elle, consiste- en mou- ' vemens lents et gracieux des jambes , des bras et même des doigts. Les.plu3 habiles danseuses sont les scrampis ou les concubines du souverain. On les choisit parmi les plus belles personnes de l'ilé , et rarement elles ont plus de i4 ou i5 ans. Les hedayas , qui sont poiu* les nobles ce que les scrampis sont poiu* le souverain , exécutent des danses à huit personnes^ et non à quatre comme ces derni&res. Ijes rong^ gings ou les danseuses ordiiHÛres ressemblent aux bayadëres de l'Indostan , et ne sont pas d'une vertu plus austère ; elles forment des troupes qui exercent leur art pour l'amusement des chefs et du public.
Dans certaines fêtes tes nobles* et les chefs se joignent aux ronggings et daiisent avec elles, car chez les Javanais la -danse est pour les hommes de toutes les classes une partie essentielle de l'éducation. Os ont,
ni5 du reste, bon nombre d^nstnunens de musique; plusieurs ressemblent à des harmonica, d'autres à des violons, d'autres à des timbales : un assortiment complet d'jnstJrumens javanais coûte plus de 6,000 francs.
Un des spectacles que" les Javanais recherchent le plus c'est le combat du tigre et du buffle : ce qui étonne c'est que presque toujours le bufRe sort vainqueur. Les Javanais font aussi combattre les uns contre les autres des taureaux , des béliers , des sangliers, des cailles, des coqs et jusqu'à des sauterelles. Mai% ce qui devient barbare c'est l^paSse-temps que les grands se donnent en nourrissant près de leurs pahis des tigres destinés à combattre des hommes. Lorsque le susanan ou le sultan a condamné un homme à lutter contre un tîgr«,'on dresse ;sur la place publique un enclos circulaire de 20 à 3o pieds» de diamètre 9 fbiiné de poutres de bois assez serrées pour que le tigre ne puisse pas s^échappeT', mais assez distantes pour qu'on puisse aisément voir tout ce qui se passe
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dans Fintérieur. On y ménage deux ouvertures , l'uue pour le tigjre , et l'autre en face pour son adversaire ,,qui entre le premier, nù jusqu'à la ceintuve, tenant de la main droite un poignard , et de l'autre un morceaade bois garni de ponmieaux aux deux extrémités , moyennant quoi il peut fourrer imputiément le bras dans la gueule de l'animal qui ne saurait la refermer. Mais quelle que soit la force- qu'il mette à repousser l'animijd , il ne parvient jamais à r empocher de l'atteindre de «es griffes et de lui faire de profondes blessures. Si pourtant il réussit L se dégager du tigre expirant, il est ordinairement sauvé ^ mais si au lieu de porter à l'animal *\in coup mortel il n'a fait que le blesser ^ il est mis en pièces sur-le-champ.
Les Javanais ont trois langues difierentes, la vulgaire, celle' de la cour et la laitgue savante. Elle ont toutes trois une grande affinité avec le malais oulalangue commune de l'archipel Asiatique, avec le sanscrit de rindostan, et le pâli de Siam et d'Ava. La langue vulgaire se subdivise en quatre dia-
lectes bien distincts , savoir : le sonda queparlant les habitans des districts montagneux à l'ouest de celui de Tegal ; le javanais , parlé par tous les naturels de la côte septentrionale ^ le madoure et le bali , parlés dans les deux îles de Maduré ou Madoure et.de Bali, dépendantes de Java. Ces quatre dialectes s'écrivent avec le même alphabet. Le langage de cour, nommé hasa^krima ^ est celui qu'on emploie toutes les fois qu'on parle à son supérieur^ il contient beaucoup de sanscrit , un peu de malais et un quart des mots du langage vulgaire. Les Javanais connaissent tous le basa-krima , parce qu'ils sont habitués à se servir de cette langue dès l'âge le plus tendre, quand ils adressent la parole à leui* père , à leur mëre et à leurs parens âgés.
La langue savante est le kawiy mot qui signifie poétique : elle sert en effet aux compositions poétiques , et paraît dérivée en bonne partie du sanscrit. Les Javanais écrivent de gauche à droite sur du papier, avec de l'encre indienne 5 mais les habitans de Bali emploient le stylet pour gravi. 19
Ter leurs lettres sur des feuilles de palmier.
Terminons Tarticle de Java par quelques mots sur ses principales villes , toutes formées sur le même plan que les villages et entourées de jardins et de vergers^ ces villes sont Batavia, Bantam, Tcheribon , Samarang , Sourabaya , Soura-Rirta et quelques autres.
Batailla , capitale de Java et des possessions néderlandaises dans les grandes Indes y située sur la cote septentrionale de l'île , sur une baie très-large et pouvant contenir tous les vaisseaux qui doublent le cap de Bonne-Espérance , est environnée de marais et d'étangs d'où s'élève chaque matin , aussitôt que la brise de mer souffle, une immense quantité de vapeurs pestilentielles. Lorsque le soleil est dans son midi , ses rayons frappent les canaux vaseux qui sont dans les rues , et l'air se charge de miasmes corrompus^ enfin les arbres qui ombragent les quais et bordent les canaux , laissent échapper pendî^nt la nuit beaucoup d'émanations
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funestes. Il y a peu d'exemples que des étrangers aient séjourné long-temps à Batavia sans être attaqués de la fièvre. On croit que la moitié des. Européens de toutes les classes qui vont s'établir à Batavia , meurent avant que l'année soit révolue.
Les femmes sont moins sujettes à ces accidens que les hommes , parce qu'elles s'exposent plus rarement à la chaleur du «oleil , et qu'elles vivent avec plus de tempérance. La campagne est remplie de jardins , de canaux , de ponts-levis; elle a enfin tout ce qui peut la rendre agréable, hormis la salubrité. Il y a très-peu de rues qui n'aient un canal d'une largeur considérable; c'est une seconde Amsterdam, avec cette différence pourtant que les bâtimens publics sont vieux, lourds et de mauvais goût. La ville est fenuée par vin rempart 3 les grands magasins de la compagnie se trouvent dans le château du gouverneur général. Batavia compte aujourd'hui 3oo,ooo habitans , dont 100,600 Chinois, 1 0,000 Européens, et 1 90,000 Malais , Javanais , Indous et esclaves. Les en-
virons offrent de magnifiques promenades bien ombragées y et des maisons de campagne où les Européens vont chercher un asile contre l'insalubrité de la ville.
A 20 lieues plus à l'ouest on trouve J^antam y la première place de la partie hollandaise de l'île qui se présente au voyageur venant de Sumatra ; jadis trës-florissante , elle est presque entièrement déchue depuis l'élévation de Batavia, à 5o lieues E.-S-.E. de laquelle- on trouve le port de Tcheriboriy avec 10,000 âmes, lequel voit lui-même, 4o lieues plus loin sur la côte, la ville de Samarang^y où malgré de nombreux marais , l'air est plus sain que dans Batavia. On y remarque de belles miaisons, une belle église , un grand hôtelde-ville , et la population s'élève à 3o,ooo âmes. C'est la résidence d'un commissaire et d'autres employés hollandais. A. 60 lieues de là vient Sourahaya , peuplée de 20,000 à 3o,ooo âmes , sur la rade et sur un terrain plat, couvert de marécages et de mangliers. La rade a un aspect triste, les côtes de Java étant plates et bas<*
ses et fuyant dans le lointain, sans variété } celle de l'île de Maduré est plu9 riante. Sourabaya est sur les deux rives d'une rivière dont les bords sont encaissés à trois milles delà rade^ elle est divisée en divers quartiers, tels que celui des Européens , le Gampong chinois et les quartiers javans^ elle présente un grand nombre de maisons , habitées parades Européens ou de riches Chinoils^ offrant l'apparence là plus gracieuse et le séjour le plus agréable. Les Indiens se tiennent le plusordinairement dans des cabanes en feuilles de palmier. De nombreux basars sont placés en plusieurs points de la ville, des rues entières sont remplies de boutiques chinoises et malaises. Les Chinois sont ici renonunés par la bassesse et l'abjection deleur conduite commerciale et par l'astuce et la fourberie qu'ils apportent dans le négoce. Les habitans de Sourabaya se composent de Javans , de Malais , d'Arabes de Mascate et àe plusieurs autres insulaires des pays voisins; les coutumes sont mélangées ; mais la langue parlée est le ma-
alla
lais vulgaire. Les vivres sont extrêmement abondans et à bas prix. Une grande activité règne dans les rues et dans les ateliers du gouvernement 3 ce qui contraste avec la nonchalance et la mollesse des Javanais.
Gresik est un lieu remarquable, au nordouest de Sourabaya; et quant à Soura- Kirta, c'estla capitale du Susanam ou Susanan,sur latôte méridionale, avec 100,000 habitans , à i5 lieues nord-est de Youdjia- KirtUy résidence du sultan, peuplée de 90,000 individus.
Deux îles en quelque sorte inséparables de Java et les plus considérables de toutes celles qui l'entourent, sont Maduré et Bali. La première, appelée aussi Madouré^ séparée de Java par un canal étroit et peu profond , presque en face de Sourabaya , sur la côte nord-est, a 36 lieues de long sur 8 de lar^e , et 220,000 habitans , qui ont conservé la religion indoue; ils cultivent le coton et élèvent des bestiaux. On tire de cette île des bois précieux , et les cocotiers y prospèrent; son chef-lieu est Bankalan , résidence du roi , sur la côte
occidentale , vis-à-vis Tembouchure de la Solo. Baliy nommée aussi petite Java , séparée , au sud-est , de Java , par un étroit canal, dangereux et rarement traversé par des vaisseaux européens , a ^5 lieues de long sur 22 de large , et environ 800,000 âmes. Cette île est montagneuse, m^ais fertile ; le sol s'élève gi^aduellement depuis le rivage jusqu'à 3 lieues dans l'intérieur, qui est traversé de l'ouest à l'est par des montagnes que termine le pie volcanique de Bali , au pied duquel est assise la ville de Karang'Assem, sur la côte orientale, où elle a un bon port. Le riz est le principal objet de culture , ainsi que le coton.
A l'est de Bali se présente une longue rangée de petites îles , depuis le 1 13* jusqu'au i3i' degré de longitude orientale, et toutes viennent se rattacher au groupe des deux grandes îles de la Sonde ) passonsles rapidement en revue , avant d'aborder les autres divisions principales de l'archipel qui nous occupe.
SUMBAVA, FLORES', ILES TIMORIEPTNES.
Après avoir franchi le d'étroit ou canal quî sépare Bali de Lomhokj île de 20 lieues de long sur i5 de large, bien peuplée et bien cultivée, nous traversons le détroit d'Alias pour prendre terre à Tîle plus grande de Sumhavay offrant 60 lieues de long sur i5 à 20 de large. Une baie large et profonde, qui pénètre dans sa partie septentrionale, en fait presque deux îles distinctes. Six rajahs y régnent indépendans les uns des autres , en gouvernant autant de districts.
Les principales villes sont, Siunbava^ vers l'extrémité nord-ouest de l'île, et Beina, très-beau port à l'extrémité nord-est. Les Hollandais ont un établissement dans le district de Beina. On tire de cette île du bois de sapan, du riz, du nitre, du soufre, de la cire , du tabac , des chevaux , de la poudre d'or et du bois de teck.
De Sumbava le détroit de Sapy conduit
à la petite île de Commodo , qu'un second détroit sépare de celle de Florès ou d'JF/rdéj qui est, après Timor , la plus grande des îles situées à l'est de Java. Elle a 80 lieues de l'ouest à l'est, et sa largeur varie de 10 à 20 lieues } elle est montagneuse S et couverte de bois ; on n'y cite guère que % Laran-Touka , village où furent établis * long-temps les Portugais sur la côte orien- 1 taie. A 16 lieues sud de cette extrémité r orientale est Swnba , île de 70 lieues de circonférence et riche en bois de sandaK A l'est de Florès , dans un espace de 90 lieues^ sont rangées sur une seule ligne Solor y Sahraon , Lomblem , Pantaro et Ombay. Un intervalle de i4o lieues sépare cett-e dernière de Timor-Laot, la plus orien taie des Timoriennes, et un détroit de 6p,i2 et i5 lieues sépare Ombay de l'île de Timor.
Cette dernière île, longue de 100 lieues et large de 25 , a de hautes montagnes au centre , avec d'épaisses forêts de bambous, de bois de sandal , de tamariniers, de (atanicrs , de bananiers y de cocotiers et
d'orangers ; ces montagnes renferment des mines d'or et de cuivre } le ria, le maïs , les patates , le coton , le tabac , l'indigo y la canne à sucre et plusieurs sortes d'épi ces sont cultivées par les habitans.
Les Hollandais sont établis dans la partie méridionale , où l'on trouve Lefao et Coupan g, baie grande, sûre et belle, où la rade est fermée par l'île de Simao et l'île de Kdra^ qui est plate , couverte d'arbres, et qui est un lieu de rendez-vous pour, les riches habitans de Coupang , ville située à l'embouchure de la rivière dont elle porte le nom , et peuplée seulement de i ,5oo individus. L'île entière de Timor en compte 5o,ooo. Hommes et femmes chiquent ici le bétel et le tabac assaisonné de chaux qui brûle les dents et les gencives. La polygamie est permise entre eux , et le libertinage est d'ailleurs général. Les deux sexes laissent flotter sur les épaules leur chevelure qu'ils lavent constamment avec de l'eau et de la cendre, et à laquelle l'huile de coco donne un très-beau luisant. Timor a des Chinois et des Malais f les femmes
de ces derniers ont le sein nu, et ils livrent sans honte leurs filles aux Européens. A Coupang les Hollandais ont établi des lois que les Malais savent souvent éluder. Jamais on n'a fait ici une exécution publique , les criminels sont envoyés à Java. Le viol envers une hollandaise est puni de mort , et seulement du fouet envers une esclave.
Les îles de Letti, Moa , Lakar et Sermata , rangées ainsi de l'ouest à l'est , au midi de Roma , forment la prolongation de la pointe nord-est de Timor, et un intervalle de 70 lieues sépare Sermata de Timor-Laoty située entre 7 et 8° lat. S. , par i3o long. E. Cette île , dont le nom malais veut dire île du sud-est y comme celui de. Ximor signifie île du sud, a 3o lieues de long du nord au sud , et 1 5 de large. Assez près de la pointe septentrionale est la petite île Laarat} et le groupe des trois îles-flTe^, à 20 lieues N.-E. de Laarat , termine de ce côté la chaîne des lies Sumatriennes ou de la Sonde , au nord
desquelles nous remontons pour décrire Bornéo.