ILE DE PAQUES
Cette île que Boggeiveen découvrit en l'Ilot ^ et ou 64 ans plus tard séjourna 141 Pérouse , envers lequel les femmes des insulaires regardèrent l'oiïre de leurs faveurs comme le premier devoir de l'hospitalité, gît par 27'» 8' lat. S., et iia" 11' long. O. Les productions de la terre et les maisons y paraissent être en commun. Les habitans^sont d'un embonpoint médiocre, d'une taille moyenne, d'une tournure et d'une figure agréables; à la couleur pr^, qui est basanée , leur visage ressemble à celui des Européens; ils sont peu velus et peu barbus ; ils se tatouent la peau et se percent les oreîUes; .ils sont circoncis; ils nagent si parfaitement, que dans la plus
34i grosse mer ils vont jusq[U^à 2 lieues au large y et cherchent par plaisir , en revenant au rivage y l'endroit ou la lame se brise avec le plus de force. Ces insulaires vivent de patates, d'ignames, de bananes, de cannes à sucre , et d'un goémon qui croît sur les rochers au bord de la mer, semblable à celui qu'on nomme grappe de raisin, et que l'on trouve aux environs du tropique du Cancer, dans la mer Atlantique. Il y a aussi des poules et des cochons. Ijies champs sont cultivés avec beaucoup d'intelligence, et les bananiers sont alignés au cordeau.
De cette revue qui achève notre voyage dans les diverses contrées du globe, résulte la preuve que la civilisation est encore dans l'enÉance au sein des archipels du grand Océan, comme en Asie et en Afrique, et qu'il faut revenir chez les nations européennes poui' se former une idée
claire et positive des notions du juste et de l'injuste , de la liberté de la pensée, du développement complet des vertus socia^ les y et de la dignité de l'homme.