‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 4 sur 53 · VI, I · texte numérisé non relu

VI, I

ti^ens dont iï est composé ont été successi-' venient les objets de nos descriptions géographiques ; elles vont maintenant rouler sur un cinquième continent y c'est-à-dire le monde maritime, formé sous le nom d'Océanie y depuis que l'Océan a cessé d'être une immense solitude et nous a révélé de vastes archipels qui y en grand comme en petit , rappellent les enchantemens de l'archipel ionien. Transportons-nous par la pensée au sein de la mer du Sud, autrement appelée grand. Océan ou l'Océan par excellence , et , enibrassant d'un regard les différens groupes d'iles qui s'y trouvent parsemées y essayons de présenter un coup d'œil général sur leur ensemble , tant sous le rapport des accidens naturels y des producticxis et des climats y que sous celui des races humaines , de leurs caractères physiques y de leurs coutumes y de leurs langues, de leurs cultes et de leurs gouvememens^ matières auxquelles doit être consacrée la première lettre de ce dernier volum'e , comme péristyle de l'édifice. Jusqu'à présent les eaux de la

mer s'étaient offertes à nos yeux telles que des appendices des continens ; elles seront désormais ^ s'il est permis d'employer ce terme en sens inverse , con!Une un immense continent liquide où les terres sembleront autant de conquêtes sur l'Océan lui-même.

l/Océanie comprend toutes les ilesdu gmnd Océan , dont la principale y nommée Nouvelle-Hollande , est presque aussi considérable que l'Europe. Le grand Océan «'étend du pâle austral aux iles aléontienoes f ce qui lui donne une surface égale à celle des deux grands continens du globe.

Les limites astronomiques de l'Océanie sont au nord le 4^^ degeé de latitude , à l'est le iio* de longitude occidentale^ à l'ouest le 90* de longitude orientale , et au sud le 5o* de latitude méridionale , ou même ^ si l'on veut , le pôle antarctique.

hes limites naturelles sontau nord le grand Océan boréal , entre l'archipel des Sandwich et celui des Aléontiennes précitées ; à l'est la portion orientale du grand Océan équinoxiat située à l'ouest des deux Amériques; au sud l'Océan austral; à l'ouest

l'Océan Indien, et au nord-ouest le détroit de Malacca , qui borne FAsie au midi y en la séparant de. Sumatra , comme aussi la mer de Giine la* borne au sud-est en la séparant de Bornéo et des Philippines , dépendances de rOcéanie , qui également voit plus loin vers le nord une barrifei*e maritime entre l'archipel Magellan ou des Mariannes y son vassal^ et les Ues;du Japon.

Les points extrêmes de l'Océanie sont au nord l'archipel Magellan ou des Mariannes; à l'est l'ile de Pâques; au sud la Nouvelle-Zélande, et k l'ouest Sumatra.

L'Océanie, par la distribution de ses groutpes d'îles^ a trois grandes divisions: la, première , au nord-ouest, appelée Notasie ou improprement archipel Asiatique ^ formée d'îles rapprochées de l'Asie, surtout des Philippines , des Moluques , de Bornéo , de Célëbes, de Java et de Sumatra;- la seconde , au centre et au sud, nommée Atis^ tralie , comprenant la NouvellerHoUande , elle seule presque égale en étendue à l'Europe, comme je l'ai dît plus haut, la Nouvelle-Guinée , la nouvelle-Zélande et au^^

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très groupes voisins^ la troisième , la Pofynésie y embrassant toutes les îles à l'est dé l'Australie et de l'archipel d'Asie y comme les Garolines, les Mariannes , les Sandwich , les Marquises , l'Archipel dangereux et autres.

Ces trois grandes divisions peuvent donner à rOcéanie une sur/ace d'environ 7^,000 lieues carrées de aS au degré , avec une population de 39 à 3o millions d'âmes; surface et population réparties comme il suit :

Archipet Anatiqae. . 3So,ooo 27,000,000

Aastralie 4^99400 1,000,000

Polynésie 3,6oo i,3oo,ooo

ToTAx. 785,000 39,500,000

n n'est pas besoin de faire observer que ces estimations ne sont pas rigoui^euses; la balance politique du globe par M. Balbi les porte, la superficie à 3, 100,000 milles carrés de 60 au degré , et la population

seulement k ao^Soo^ooo habitans. Nous tâcherons de nous rapprocher de plus en plus de la vérité dans les subdivisions^ une donnée générale suf&t maintenant ànotre cadre. Continuons à le remplir en marquant à grands traits les principaux accidens naturels qui distinguent la cinquième partie du monde.

Nulle part , dit Malte-Brun , la surface du globe n'est plus hérissée d'inégalités , nulle part^ excepté en Amérique, les chaînes de montagnes n'ont une direction si frappante du nord au sud } en même temps ces chaînes présentent , vers le milieu y une grande courbure dirigée de l'ouest à Test.

La mieux marquée de ces chaînes est ceUe que forment les îles Mariannes, les îles Carolines y les îles Mulgraves , et qiii |^robablement y par l'île St-Augustin et quelques autres anneaux isolés , se joint à l'archipel des Navigateurs ou à celui des lies des Amis. La direction générale est du nord-ouest au sud-est. Même dans les Iles Garolinesy où cette chaîne polynésienne se tourne droit à l'est^ les chaînons particu-

liers jparaûsent se diriger du nord au sud. Une autre grande chaîae se montre dan»

Vile Luçon, qui est la plus étendue des Philippines ^ elle passe par File Palawan dans celle de Bornéo, qui dépend de l'archipel Asiatique > et sa direction est du nord-est au sud-ouest. Elle circonscrit d'un cdté, ajoute le même savant, le bassin de la mer de Chine. Plus à Test la régularité de la chaîne semble disparaître , ou du moins un grand nombre de chaînés peu étendues s'y réunissent en groupes d'une structure variée. Les chaînes de Célëbes et de Gilolo passent dans l'archipel Asiati que j mais une plus longue et plus haute traverse la Nouvelle^uinée , dépendance de l'Australie ;^lle renferme des sommets couverts de neiges éternelles. Dans la Nouvelle^all^ du sud, qui fait partie de la Nouvelle -Hollande, partie elle-même de l'Australie ou Océanie centrale , la longue série des montagnes Bleues nie se termine que dans la terre de Diemen séparée de la Nouvelle-Hollande par le détroit de Bass.

La quatrième grande chaîne commence

aux lies des Adamans et de Nioobar; eHleforme ensuite les iles de Sumatra , de Java^ de Timor et autres; elle se dirige en foi-me d'arc du noixL-ouest au sud-est , ensuite droit à l'est , mais passe vraisemblablement à la Nouvelle-Hollande par le cap Diemen.

Tous les archipels de l'Océanie orientale ou de la Polynésie sont dirigés du nord au sud; kl Nouvelle-Zélande , la Nouvelle-Calédonie , les Nouvelles-Hébrides forment des chaînes très-marquées. Celle des îles Salomon , courbée du sud -est au nordouest , ,est continuée par la Nouvelle- Irlande et la Nouvelle -Hanovre. Souvent aussi, observe encore Malte-Brun^ chaque petite chaîne est terminée par une île plus grande que les auti^es. Ainsi les iles d'Otaïti , d'Owaïhi (Sandwich) et la terre du Saint-Esprit se présentent à la tête d'une suite de moindres iles. Voici , du reste , les hauteurs des principales montagnes Océaniques :

Mowna-Roa *9^77 toises.

(Ilm Sandwich. )

Mont-Egmon a,^;!

(NoaTclIe-Zélande.) Opbîr 2,026

(He deSonutra»)

Sommet priocipal d'Otaîti • .... i)7o4 Parmaziin. . . ^ <,.... iiSja

(Ile Banc* »)

Mont-Tobronu ........ r . i,5po

(Otaïli.)

Mont d'Arfack i,i8S

( NouTelle-GainéOh ) Mont-Gét^ . . ^ i,3a7

(Ileiiçiara,)

Sommet dn Boaroa 1,088

( Molaqnea. )

Sommet de la nouTelle-Calédonie . 533 Corne du Buffle 485^

( Hé Waigîou. )

Piton de Borabora 36&

(lie de la Société.)

Piton d'Oualan 33?

(Uet Gazolinct.)

Plateau dans la terre de Yan-Diemen, 1,00?

( Anatxalie. )

Plus haute cime des montagnes ^ Bleues 591 ?

( NooTelIe-HoUande. )

La T^te noire 548

( Méuiea montagnes. )

Qauts de la rivi^e des Poissons. . . ^iS,

(No«T«lU.]IoUand«.)

lO

HkuU de !• rivière de Gambell. . . 547

( Nonvelle-HoIUade. )

Haalfl de la rivière de Gox 33(>

( Noavelle-Hollande . }

Lac Georges ....'. 53i.

( NooTelIe-Hollancie. )

Lac Bathurst 3aG

( NouTelle-HoUande. )

'Ces évaluations démontrent qu'il est de& lies océaniennes qui s'élancent à des hauteurs considérables. C'est la plupart du temps sous ime forme régulièrement conique , où l'on remarque^ soit des traces volcaniquQS, soit des volcans en pleine activité. L'Océanie compte plus de cinquante volcans. Il y en a 5 dans les Philippines; on en donne plusieurs à Bornéo et à Sumatra; 10 à 12 à Java y entre autres rArjuna, qui a 10614 pieds de hauteur; plusieurs dans les Moluques, notamment celui de Ternate, celui de Tidore, ceux de Gélëbes, et celui de Sanguir , entre Mindanao et Célèbes , un des plus grands volcans du globe ; on distingue le Tomboro à Sumbava; le Moivna-Roa ^ dans Owhyhée , une des Sandwich ; comme aussi les tt vol-

cans de la^Nouvelle-Guinée, les 3 delà Nouvelle -Bretagne et le» 9 de Tarchipel des Mariannes. Tous ces volcans sont peu éloignés de la mer^ ce qui démontre que Teau y joue un r61e important. D'un autre côté le bruit 'de leurs éruptions s'entend de trës^loin , car les détonations du Tomboro de Sumbava en 181 S retentirent jusqu'à Sumatra, qui en est à 3oo lieues en ligne droite; les explosions qui annoncèrent en 181 a la première éruption de cendres du volcan de St- Vincent , ne parurent pas plus fortes aux habitans de Tîle que celles d'un canon de gros calibre , et cependant , com* me le dit M. Ai^ago , on les entendit sur le rio- Apure , au confluent du rio-Nula , 4 t2io lieues du volcan, c'est-à-dire à la distance en ligne droite du Vésuve à Paris ) le bruit paraissait si bien transmis par l'air , qu'on le prit poUr àe^ décharges d'artillerie , et qu'il donna lieu , sur beaucoup de points du continent colombien , à des dis-" positions militaires.

Les tles basses de l'Océanie paraissent avoir pour base un rescif àe rochers de

corail^ ce qui pennet de croire qu'elles étaient anciennement couvertes par les eaux de la mer. De semblables rescife se rencontrent souvent dans les endroits les plus profonds de l'Océan y ou s'étendent d'île en île, ce (^ui y rend là navigation périlleuse. Cest ainsi que l'illustre et infortuné La Pérpuse a , dit-on , trouvé son tombeaudans les rescifs de l'archipel des Fidjis.

Ces mêmes rescifs ont donné lieu à la désignation de mer du Corail poiu* les eaux comprises entre la Nouvelle^alédonie , les lies Salomon , la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Hollande, ou autrement entre le tropique du Capricorne et le 70° lat. S., par 1 5o°- 1 60° long. . E.

Puisque nous en sommes aux désignations des mers dans ces parages, disons que le df^troit'de TorrèSy qui sépare ces deux dernières portions de ten*e, fait communiquer la mer du Corail avec la 771er de Lanchidoly qui au nord-ouest, entre 100° — i39°, long. E. et par 10° lat. S., sépare la Nouvelle-Hollande des îles Timôriennes, dépendantes de l'archipel Asiatique. Une

autre portion de mer entre les côtes orîen*

taies de la Nouvelle-Guinée et les côtes oc-

cidentales de l'archipel de 1^ Nouvelle-Bretag;ne9 par i45° long. £. et 5° lat. S., a reçu le nom de détroit de Dampier^ navigateur qui le premier le franchit en 1767.^ Nous avons déjà nommé le détroit de Malaccay qui sépare spécialement Sumatra de la presqu'île de Malacca, extrémité méridionale de l'Asie^ nous citerons encore le détroit de la Sonde j entre la pointe orientale de Sumatra et la pointe occidentale de Java; le détroit dç Balij entre la ' pointe orientale de l'île de Java et l'île de Sumbava; le détroit de Macassar^ entre les côtes orientales -dé l'île de Bornéo et les côtes occidentales de l'île de Célëbes, à l'est de laquelle s'ouvre le gi^and passage des Mojuques } tandis qu'au sud la Nouvelle- Hollande est séparée de la teiTe de Diemen par le droit de Bass , et que le détroit de Cook partageen deux îles la Nouvelle-Zélande.

Les i)ents et les courons qui régnent dans ce vaste océan suivent le mouvement géné-

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