‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 5 sur 53 · VI · texte numérisé non relu

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rai de Tatmosphère et de là mer de Test à l'ouest y en sens inverse de la rotation du globe. Le vent perpétuel d'est suit la même direction que les eaux entre les tropiques. Auï environs des Philippines et pr^ de la Nouvelle-Calédonie, la rapidité du courant qui porte à l'ouest est extrême; mais5 observe Malte-Brun , les grandes terres écbaufiées par le soleil attirent souvent vers leur centre l'atmosphère maritime environnante, ce qui fait naîti*e des vents opposés aux vents alizés : tels sont les vents d'ouest qui régnent sur les côtes occidentales de la Nouvelle-Hollande. Chaque île a SCS brises de njer et de terre, les unes pendant le jour , les autres pendant la nuit. Naturellement les grandes terres de rOcéanie étant situées sous la zone tor* ride , y compris même une bonne partie de. la Nouvelle-Hollande, qui est traversée par le tropique du Capricorne, lequel n*en laisse pas les deux tiers à la zone tempérée^ éprouvent les influences d'un soleil vertical ; néanmoins l'élévation du sol , les brises de mer et autres circonstances locales,

ortrent une plus grande variété de climuts délicieAix qu'aucune autre partie dumonde.

I^es îles, hautes et de peu d'étendue , sont autant de paradis nouveaux ; l'air est sans cesse renouvelé par les brises de terre et de mer qui se partagent l'empir^e des jours et des nuits ,. et ce printemps perpétuel n'est que rarement troublé par les orages.

Les productions naturelles répondent à la beauté du cL'mat. Le règne végétal de rOcéanie se compose de plantes entièrement indiennes ou analogues à celles de l'Inde équatoriale; il diminue de sa richesse en avançant vers l'est, mais il est magnifique près de la ligne. D'abord imposant sur les lies de la Sonde , progressivemient il se développe sur les nombreuses possessions malaises et tidoriennes, et étale toute sa pompe sur Içs Moluques orientales etja Nouvelle-Guinée. C'est là que les palmiers y les cycas , les fougères obtiennent toute leur croissance et se distribuent avec les arbres à pain et les muscadiers par forêts j où l'on retrouve les plantes nourricières desCkéaniensetdelongues lianes ar-

borescentes. Le même luxe est reproduit dans la Nouvelle-Irlande' et la Nouvelle- Bretagne , où les aréquiers , les sagoutîers , les grandes fougëres peuplent encore les forêts. A mesure qu'on s'élève en latitude vers le sud, comme aux Hébrides et à la Nouvelle-Calédonie, le nombre et la beauté des mêmes végétaux diminuent. Cependant la Nouvelle-Zélande a un sol riche en divers genres , comme le piper , l'oléa et le phormium. Pour ce qui est de la Nouvelle- Hollande, la splendeur de la végétation de sa partie orientale, dite Nouvelle-Galles du sud, est passée en proverbe. Toutes les îles Océaniennes , hautes , à peu -d'exceptions près, suivant M. Lesson, qui dans son beau travail sur les races humaines nous fournit ces détails, sont plantées de fruits à pain sans noyau , de taro , de cannes à sucre, de bananiers, qui y viennent presque spontanément pour contribuer à la vie paisible et heureuse des insulaires. C'est principalement au cocotier, ennemi des hauteurs, qu'est réservé leprivilége de couvrir les teiTes basses et ces bandes plîatea

«7 d^écueils jetés au milieu des vagues à quelques toises au-dessus de leur niveau ; il y forme d'épaisses forêts dont rien n'égale la grâce et la beauté. Sur toutes les îles du grand Océan on retrouve à peu près les mêmes productions végétales et le plus souvent les mêmes noms pour les désigner.

De sem^blables rapports se manifestent dans le règne animal. Partout le cochon se retrouve dans l'état de domesticité; l'analogie des espèces de perroquets est parfaite entre l'Australie et la Polynésie; les casoars, les kangarous sont communs à plusieurs contrées de l'Océanie centrale; toutefois les grands quadrupèdes de l'archipel Asiatique et de la Nouvelle- Hollande manquent aux divers archipels'de la Polynésie.

On ne connaît pas bien encore les animaux de l'archipel Asiatique , notamment ceux de Bornéo et de Sumatra; on ne possède^ non plus , que des notions incomplètes sur ceux de l'intérieur de l'Australie , où il parait que la nature s'est livrée à des écarts prodigieux y en créant des oiseaux sans ailes y de la gi*and*eur du daim^ et dont le

i8 corps au lieu de plumes est couvert de poils ^ des quadrupèdes à bec de canard ^ des chiems sans aboiemeus^ des cygnes noirs et des aigles blancs. Les reptiles diminuent en nombre dans l'Océanie à mesure qu'on s'éloigne des tw^ûquea et qu'on s'avance dans la zone tempérée. lie crocodile^ si abondant à Java, à Bornéo, à Timor, à Bourdfu y existe encore à la Nouvelle^^Gui^ née, mais il n'est plus représenté à la Nouvelle^Irlande que par un grand tubinambis dont la peau sert à recouvrir les tamtom.

lies lésards et les scinques sont d'autant moina nombreux qu'on avance vers l'est.

Sur toutes les terres hautes existe la poule domestique^ bien que dans certaines îles elle ne serve point à la nourriture* La Nouvelle-Guinée est la patrie des oiseaux de paradis > comme la, NouveUe-fiollande est proprement celle des Laugarous , bien qu'on en retrouve une espèce aux Moluques. Enfin les poissons du grand Océan , des mers d'Asie et des Indes se composent presque entièrement d'e^èces analogues | plus on s'eng^e dans les canaux étroits et

»9 «ouvent réchauffés par le soleil équatorial^ qui séparent en totis sens les innombrables îles de la Polynésie , plus l'ichtyologie est riche en nombres et en espèces nourriciè- 1^^ il est des îles où les poissons deriennent le seul aliment qui entretienne la vie de l'homme y lequel dans l'Océanie est distingué en plusieurs races dont le chapitre exige son tour.

Les habitans de TOcéanie ou les Chéttnitns peuvent être groupés ^i trois principales races : l'indoue-caucasique , la mongolique et la noire, La race indoue^caùsor sique offire deux radeaux , le malais et l'océanien propre; la mongolique^ le rameau carolin ^ et la noire , le rameau cafro^madécasse et le rameau dit afflourou. Le rameiiu mtUais occupe les archipels nom* iMreux des Indes orientales ou de la Polynésie 5 le rameau océanien proprement dit, les îles éparses du grand Océan ; le rameau carolm ou' mongol -pélagien, la longue suite de l'archipel des Garolines, depuis les.m^ilippines jusqu'aux îles Mul^aves^ le rameau ctffro-madécasse , subdivisé en

^- - ik.

papou et tasmanien, occupe, la variété pa* poue , le littoral de U Nouvelle-Guinée et des îles des Papous; la variété tasmanienne, là ten*e Diemen; enfin le rameau alfourouy subdivisé en endamëne et australien , habite, la variété endamènej l'intérieur des grandes îles de la Polynésie et de la Nouvelle-Guinée , et la variété australienne j le continent entier de la Nouvelle-Hollande.

M. Lesson va encore être notre guide dans la définition ou distinction de ces Variétés de l'espèce humaine , que dans le voyage autour du monde à bord de la corvette la Coquille^ il a pu étudier sur les lieux.

Les Malais ont leur type pur dans les îles encore indépendantes y comme Gud>é, Oby j Gilolo, Florès , Lombok, Bali , etc.; il s'est altéré chez les Javans ou Javanais.

Les Malais , dont l'existence politique est moderne et dont les légendes de Malacca ont conservé l'histoire , reçurent lentement et successivement de leurs rapports commerciaux avec les Maures et la mer Rouge, quelques coutumes arabes et surtout Tislamisme. Dans tous leurs gouverne^

mens ils ont ^consacré la forme despotique des Indiens. La personne de leurs rajahs est sacrée , on lui prodigue les plus serviles hommages. La perfidie la plus noire, la duplicité , une soif ardente de vengeance caractérisent ces peuples : la mauvaise foi m.alaise est aussi célëbre que le fut jadis celle des Carthaginois. La polygamie est paimi eux générale; ils sont vains, trèsadonn^ aux plaisirs sensuels, et très-jaloux; ils ont le cœur avili et corrompu; ils n'ont d'égaux en débauches inouïes que les Chinois et les Japonais; ils consomment beaucoup d'opium, de trépangs, recherchent avidement les nids d'oiseaux et mâchent force bétel. Les hommes sont petits de taille , jaunes cuivrés , bien faits , et ont un système musculaire dessiné avec vigueur. Les ftmmes ont des formes arrondies et comrtes, des mamelles volumineuses, une bouche très-ouverte , des cheveux rudes et très-noirs, des dents qui seraient belles si elles n'étaient corrodées par le bétel. Le caractère des deux sexes est inflam* mable, irascible , porté à la vengeance et èi

Tartifice ^ bas et rampant sous le joug du plus fort 9 barbare et sans pitié pour leurs eonemis ou leurs esclaves. La langue malaise ou malaie est douce, harmonieuse } simple dans ses règles et pleine de tournures orientales et figurées. En i^ecevant la religion des Arabes et leurs sciences f les Malais adoptèrent leur alphabet et leur usage d'écrire de di*oite à gauche, tandis ^ue les habitans de Sumatra , les Javanais et plusieurs autres peuples indiens écrivent cemme nous de gauche k droite.

La race océanienne proprement dite y éparse dans la plus grande partie des iles placées au sud-est de la Polynésie y et i.

Test de l'Australie, vers le tropique du Car piicome, parait n'avoir envoyé au nord y et sous le tropique du Cancer , qu'une seule ccrfonie qui a peuplé les U^s Sandwich.

On retrouve cette race dansies iles des Amis et de la Société^ un essaim égaré s'est avancé jusque sur l'ile de Pâque&i la moitié de la pofralation des Fidjis et des iles des Navigateurs appartient à ce rameau qui s'anrâte au nord sur l'île de Rotouma.

Les Ooéaniens propres ont en général une haute stature y une physionomie mâle , arec une feinte douceur et une férocité souvent réelle ^ des .yeux gros, à fleur de tête 9 protégés par d'épais sourcils^ la peau d'un jaune clair, le née épaté, les narines dilatées , la bouche grande, les Iferres grosses, les dents très - blanches et trfesbelles, et les oreilles fort petites. Les femmes sont remarquables par une certaine élégance dans leurs traits, par des yeux grand» et ouverts , des dents du plus bel émail , une peau douce et lisse , une longue chevelure noire, et un sein régulièrement demi sphéri<{ue; la teinte de leur peau est presque blanche. Leshabitans des îles Mendoces et de Rotouma sont les mieux faiUj viennent ensuite les Taïtiens , les Sandwichiens et les Tonga. Placés dans la zone intertropicafe , les Océaniens proprcç n'ont que des vétemens très-légers , faits d'une étoffe qu'ils fabriquent eux* mêmes , et qu'ils enduisent d'une sçirle de caout - chouc pour la rendre imper^ méable ià la pluie. Tous aiment beaucoup

la parure ; les Taitiens , les Sandwichiens se couronnent de fleurs ; les habitans des Marquises et de l'île Washington y de même que les naturels de Rotouma et des Fidjis , attachent le plus grand prix aux dents de. cachalot ; les Zélandais et les habitans de rile de Pâques remplacent les fleurs par des touffes de plumes qu'ils mettent dans leur chevelure, et ils passent des bâtonnets peints dans les lobes des oreilles^ les Rotoumaïens , comme les insulaires des archipels de la Société, des Fidjis et des Potomous, ont des visiëres de feuilles de cocotier pour se garantir des rayons du soleil. Les Océaniens ont tous le goût des frictions huileuses , ils s'oignent le corps et les cheveux. Les Sandwichiennes et les Rotoumaïennes se poudrent la chevelui*e avec de la chaux de corail. Un genre d'ornement codkmun à tous les insulaires de la mei* du Sud est le tatouage.

Ceux de Pomotous se couvrent le corps de figures tatouées ) les Sandwichiens et les Taïtiens ont le visage entièi*ement recouvert de traits toujours disposés d'api*ès des

principes reçus et significatifi. Lw femmes àla Nouvelle-Zélande, comme aux îles Marquises, se fout piquer de dessÎDS les sourcils , les I^res et le menton. Tous les Océaniens font cuire leurs alimeug daus des fours souterrains à l'aide de pieiTes chaudes; ils se servent de feuilles de végétaux pour leurs besoins divers ; ils convertissent le fruit à pain , la chair du coco, le taro , eu bouillie; tous boivent le kava ou l'ava , suc d'un poivrier qui les enivre.

Quant à leurs demeures, plusieurs familles y logent sans parois closes; mais partout on remarque l'usage de traiter les affaires avec recueillement et dans la position assise , et les personnes les plus élevées en 4fgnité se couchent seules sur ^des nattes.

N'oublions pas de citer les pirogues , objet sur lequel les insulaires déploient toutes les ressources de leur industrie; citons encore les armes qu'ils emploient dans, leurs guen'Cs, telles que l'arc, la flèche et le Casse -tâte; les Sandwichiens ont même des casques surmontés d'un cimier. Enfin, pour le gouvernement, tous les Océaniens

i^econnaissent l'autorité des chefs, dont les distinctions honorifiques sont identiques en beaucoup d'îles^ pour la religion le fétichisme est le plus répandu , sans exclure le principe de la THnité iheconnu par tous les Océaniens j et pour la langue , bien que simple en apparence , elle est riche en tournures orientales , mais a des rfegles di& férentes du malais pur , dont le génie est entièrement opposé.

Les Carolins différent de même des Océaniens propres par ^ensemble de leur organisation et de leurs habitudes; et des rapports généraux servent à réunir lés divers groupes de cette famille, qui s*est avancée de Test à l'ouest jusqu'au 172® long. £. et jusqu'à Jl'équateur, sans dépasser ces deux limites dans le grand Océan. La physionomie des Carolins composant le rameau mongol - pélagien est agréable; la taille des individus est communément moyenne ; leurs . formes sont bien proportionnées , mais petites ; la peau est brune , la chevelure très - noire , la barbe ordinairement grêle et rare ; le

iîxint est étroit , les yeux «ont obliques , les dents très - belles. Il y a une certaine gravité dans le caractère* Les fenanies sont sissez blanches 9 potelées et grasses; elles ont le visage élargi transversalement ^ le nez un peu épaté, la taille courte. De jnème que tous les insulaires intertropicaux , les Carolina ne portent pour tout vêtement qu'une étroite bande d'étoffe qui leur ceint le corps , ou parfois ils jettent sur les épaules deux morceaux de natr tes tissées qui ressemblent au poncho des Araucanos du Chili. Tous les Océaniens' proprement ditâ emploient pour leur fabrication des écorces battues et amincies 80IU8 forme de papier^ lesCarolins, au cofilraire j se servent d'un petit métier pour assembler les fils et composer une toile. Ils pratiquent le tatouagei. Leur genre de vie difïëre peu de celui des Océaniens :

ce sont les mêmes productions servant aui; mâmes usages, le fruit à pain^ le cocotier, le tare et La p^be. Tous aiment à entrelacer des fleurs rouges dans leurs cheveux, pu des feuilles odorantes et des spadicef

!t8 d'arum dans les oreilles dont le lobe est toujours très-fendu. Certains Carolins se servent de bracelets faits avec des portions de coquilles et d'os polis. Ils construisent mieux leurs pirogues que tous ïes autres insulaires. Us n'^ont de culte pour aucun objet extérieur, pcrint de cabane servant de temple , point d'idoles. Leurs instrumens de guerre sont simplement des frondes , des pierres , des bâtons pointus et des haches de coquilles. Ils ne suivent pas l'usage des Océaniens de prostituer leurs filles ou les esclaves enlevées à leurs familles; ils paraissent chatouilleux sur le point conjugal, et la polygamie semble être réservée exclusivement aux chefs.

Quant à leur caractère , il est enjoué et bienveillant } leur abord est pl^m de douceur, mais ils exercent l'art de la dissimulation , Sans manquer de foi dans leurs échanges commerciaux, ni de franchise dans leur langage. Us aiment la musique , notamment le bruit du tamtam. A Tégard de leur idiome , il semble varier à l'infini presque dans chaque tle. On dit que les

^9 Carûlins , par une singulière exception , n'avaient pas , comme les autres insulaires de la mer du Sud y le cochon ni le chien dans leurs îles avant l'arrivée des Européens , et que la même exception existait pour les Mariannes.

Au sud des Garolins et près de l'équateur^ nous découvrons dans la Nouvelle- Guinée le sol natal des Papouas ou Papous, dont la couleur noire varie en intensité 9 dont la chevelure n'est ni lisse ni laineuse, et qui, négro-malaîs / ont emprunté à ces deux races les habitudes qui les distinguent , ce qui explique pourquoi les uns professent la religion musulmane , les autres le fétichisme. La masse offre des hommes d'une constitution grêle et peu vigoureuse; la teinte de leur peau est très-claîre , mais souvent recouverte de cette lèpre surfuracée si abondamment répandue sur les peuples de race noire de la mer du Sud. Leurs traits ont une certaine délicatesse , leur taille est petite , leur caractère timide^ Les habitans nègres des c&tes se désignent par le nom HArfakis

ou jnontagnard» y les liverains par celui de J*apouas, et ceux de l'intérieur par le nom [d'Endamèaes ou Alfourous. Ces peuplades sont toujpurs en guerre les unes arec les sailres^ et vivcxit par tribus éparses et isolées y dans un état continuel de. défiance et d'inc[uiétude. Les villages des Papouas y placés sur l'eau et sur des pieux;. se composent d'un petit nombre de cabanes ^gouvernées par TautoEité de chefs A^é%. La couleur de leur peau est d'ui^ noir mêlé d'un huitième de jaune ;. leur chevelure noire est très-épaisse et maédiocrement 4aineuse^ ils ont l'habitude de la, porter ébouriffée ou de la laisser retomber sur le cou en mèches longues et flexueuses; le menton est petit et bien fait^ la barbe rare; les femmes sont laides. Les deux sexes vont nus, sans méme/:acher le» organes sexuels y à l'exception de q[uel- .^es Papous héhrides, comme ceux de Doréry. Un goût commun est de se couvrir les épaules et la poitrine d'incisions en tout genre; un autre usage est de se couvrir k tète de poussière d'ocre mêlée

ai

^ de la graisse , et de j^iunir ainsi leur chevelure et leur visage ^ comme encore de porter des amulettes , des bracelets et autres colifichets analogues ^ de se percer les narine» pour y pendre quelques ornemens , et de mâcher du béteL

Nou& venons de dire que l'autorité ches les X^pous est dana les mains de chefis 4g^s > qui gouvernent les villages composés de cabanes : la construction de ces cabanes ofire des différences tranchées. Les huttes des zi^turels de la Nouvelle-Irlande sont de forme arrondie, couvertes de paille, avec une porte étroite et basse; celles de la Nouvelle -Guinée et de "Waigiou sont établies sur l'eau même des grevés , supportées par des pieux , et accessibles seulenaent au moyen de ponts grossiers qu'ei^ cas d'alerte du coté des terres on peut enlever en un cliurd'œil , tandis que par mer la fuite est facile sur les pirogues placées sous le plancher à jour de ces ajoupas.

Ceux qui habitent l'intérieur ont leur gîte sur des arbres et sur les lieux élevés dont l'approche est défendue par des palis-

sades ; ils y arrivent par une échelle qu'ils retirent chaque soir dans la cabane y et donnent sur des tas de flèches préparées pour repousser toute agression.

A la suite des Papous y première variété du rSmeau c^fro -madécasse , viennent les Tasmaniens qui en sont la deuxième variété. Ces habitans de la terre de Van- Diemen sont d'un noir foncé ^ ils ont le crâne déprimé^ les cheveux courts, lai* neux et très-recoquillés , le nez écrasé, et l'angle facial médiocrement aigu. Ils se couvrent les cheveux d'argile ferrugineuse très-rouge , se font naître des m.amelons ou des cicatrices en relief sur la peau^ couchent sur la terre près de grandis feux y façonnent des omemens divers, placent des huttes coniques sur les tombeaux de leurs parens, et sont polygames. On ne retrouve point chez euxl'ai^t de 'construire des cabanes, ils se bornent à élever des abris t^nporaires.

Nous avons déjà nommé .les Alfourousendamènes : ces peujples à peau noire , à cheveux rudes, mais lisses , que nous avons

trouvés à la Nouvelle-Guinée , vivent encore dans des heux inaccessibles de toutes les terres polynésiennes, principalement aux Philippines et aux Moluques. Leur existence est trës-sauvage et encore pltu misérable } ils sont toujoui^s en guerre avec leurs voisins 5 ils ont une physionomie repoussante 9 ils vont tout nus , ils se font des incisions sur les bras et sur la poitrine y et portent dans la cloison du nez un bâtonnet long de prfes de 6 pouces; leur caractère est silencieux, leurs mouvemens sont irrésolus et s'exécutent avec lenteur.

Enfin les Australiens , dernière variété indigène dont nous ayons à traiter, sem* blent encore plus stupides que les Alfourous. Ces nègres austraux montrent partout une profonde ignorance , une grande misère et une sorte d'abrutissement moral; ils sont réunis pai* tribus peu nombreuses qui n'ont point de communications entre elles; ceux de la Nouvelle^ Hollande ,' et sui*tout de la partie de ce continent appelée Nouvelle-Galles du sud, n'ont jamais pu acquérir les premières

notions de notre civilisation; ils n'ont pris des Européens que leurs vices et un goàt désordonné poui* les liqueurs spiritueuses^ Aucune idée de pudeur ne les a jamais portés à voiler les parties naturelles, et l'immodestie native de cette race ^ observe M. Lesson , fait un contraste d'autant plus iprand , que chaque jour elle brave y au sein même d'une colonie européenne très-po* licëe , les lois de l'honnêteté publique^ La liberté est pour ces noirs un besoin de première nécessité; ils gaodent leur indépendance au milieu des cantonS' rocailleux où ils habitent en plein air autour de grands feux , et ils* se* garantissent de la pluie ou du vent par quelques branches d'arbres dont l'écorce leur fournit un toit naturel pendant la nuit. Leur taille est d'ordinaire au-dessous de la moyenne; leur chevelure n'est point laineuse y elle est dure , très -noire et abondante ; ils la partent flottante et sans ordre y le plus souvent courte; leur barbe est rude et touffue y leur face aplatie , le nez trëaélargi , avec des narines presque transveis

sales; leurs lèvres -sont trës-épaisses , la bouche est très - fendue ; les dents sont un peu proclives ^ mais du plus bel émail 5 les yeux à demi voilés par la laxité des paupières supérieures donnent à leur physionomie sauvage un aspect repoussant.

Les femmes sont laides et avec des formes presque toujoiu-s flétries.

Chez les Australiens indigènes les mariages ont lieu par le rapt; il est également d'usage d'arracher une dent incisive aux hommes et découper une phalange aux femmes. Ces naturels se couvrent la ' tète et la poitrine de matières colorantes rouges; e^t leur unique ornement ^ dans leur nudité absolue , est de se charger parfois les épaules d'une peau de kangarou en guise de manteau , et en s'entourant aussi le front avec des filamens tissés en réseaux. Un grand nombre de familles se fichent des bâtonnets dans la cloison du nez. Les Australiens sont très-superstitieux; aussi punissent-ils les sortilèges et ont-ils des jongleurs. Leurs différends sedécident par des sortes de duels à nombre égal ou

a armes égales. A la Nouvelle-Galles du sud on emploie la sagaie y sorte de javeline effilée ; ou s'attaque le plus souvent avec ime espèce de sabre de bois recourbé ^ on a aussi le casse- tête ou le woudah, avec lequel un naturel frappe sur le crâne de son ennemi. L'industrie de cjes peuples se réduit à la fabrication de filets pour la chasse ou la pèche, dont on mange le produit sur le lieu même en le faisant rôtir sur des charbons , car ces sauvages portent toujours du feu avec eux, et ils dédaignent leurs femmes, auxquelles ils laissent tous les plus durs travaux. Ils ont l'idée d'une autre vie puisqu'ils honorent les morts , mais n'ont pas de culte extérieur ; et quant à leur langue, elle diffère de tribu à tribu.

De ces considérations générales et rapides sur les races humaines de l'Océanie résulte cette vérité , que la civilisation y est encore dans l'enfance , qiie partout le plus fort écrase le faible , et que les idées de vertu , de probité , d'humanité , en général, n'y sont encore que de vains mots.

Partout les mœurs et les usages sont plus ou moins barbares ; presque partout c'est la nature humaine au plus bas échelon dé sa grossière férocité ou de sa dégradation y depuis les terres brûlantes de Sumatra, de Java , de Bornéo et de Gélëbes , jusqu'aux &oides régions de la Nouvelle -Zélande ; en exceptant toutefois les archipels polynésiens où se remarque une moins grande cruauté dans les coutumes et dans le caractère des indigènes. Les formes du gouvernement y k quelques exceptions près , sont arbitraires ou despotiques , et le sacerdoce presque partout y joue un rôle plus ou moins notable , par l'effet de son insatiable ardeur de commandement et de domination , comme on l'a vu dans les diverses contrées des autres parties du monde. Les langues sont très-variées, et presque aussi nombreuses que les milliers de peuplades ou de .ti*ibus éparses de TOcéanie , mais avec la prépondérance de ri« diome du rameau malais. Enfin les religions dans cette cinquième partie du monde, excepté l'islamisme très-répandu dans l'ar- VI. 4

chipel nommé Asiatique , et le christianisme introduit dans quelques îles, ne semblent toutes que des variations du féti* chisme. Il est encore plusieurs contrées où de même qu'à Bornéo ^ à Sumati*a et à la Nouvelle-Zélande, les sacrifices humains et l'anthropophagie sont regardés comme des pratiques religieuses agréables aux monstrueuses divinités reconnues par les naturels. Nous signalerons ces différences à mesure qu'elles s'ofïriront dans les pays que nous allons explorer ^ nous commencerons pai* le plus important , TAustralie^

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