‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 41 sur 53 · VI. 3o · texte numérisé non relu

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plus grande y entre FTémen et l' Abyssinie; la température de ses eaux est trës-élevée, parce qu'elle s'étend entre des plages que n'abritent des vents de l'Afrique, ni hautes montagnes , ni forêts épaisses y et que ne rafraîchissent les tributs d'aucun flmive. 4® Méditerranée persique , unie par un dé»

troit à rOcéan qui lui communique aussi les mouvemens du flux et du reflux } elle diminue insensiblement par les attérissemens des deux grands fleuves qui y débouchent par un même canal. 5® Méditerranée sinique^ située principalement entre la Chine et le Japon », et s'étendant du sudouest au nord-est, depuis la ligne équinoxiale à peu près jusque vers le 54** lat.

N. : ici M. Bory se livre à de nombreuses conjectures pour établir que plusieurs détroits de cette mer seront avec le temps fei'més par l'élévation des bancs madréporiques qui déjà y rendent la navigation dangereuse. 6* et 7» Mer d^Ochotsk ou Okotsk et mer de Behring y qui doivent être considérées , dit M. Boi*y, comme deuxntéditerranées boréales; la première

devant être prochainement séparée de la si nique par les accumulations madréporiques. 8" Enfin Méditerranée colombienne f entre les côtes orientales d'Amérique et les Antilles.

Les méditerranées ne sont pas toutes sujettes aux marées , ou le sont d'une façon moins rég;uliëre que les régions océaniques ; les grands cétacés y pénètrent rarement 3 les vents ne suivent guère à leur surface de marche fixe , y étant subordonnés à la direction plus ou moins resserrée des côtes; un courant général, ordinairement parallè\e à la principale direction des rivage y semble en faire graduellement le tour, comme si ce courant , dit M. Bory, partait de l'Océan pour venir recueillir le tribut des fleuves et le lui rapporter après s'être grossi de ce tribut qui adoucit le courant , mais qui n'exerce point la même influence sur le vaste espace où rentre celui-ci.

Après les méditerranées viennentles caspiennes , ou mers qui , telles que de grands lacs, sont entièrement fermées par les

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terres et 8ont pourtant salées. M. Bory n*en a signalé que quatre , savoir : la mer Caspienne proprement dite j plus longue que large et d'une forme un peu sinueuse , dimensions que nous avons données page 17 de notre tome 3*, dans les généralités sur l'Asie ; la mer d^ Aral y plus petite que la précédente y et où l'on assure que se rencontrent des phoques , de même que dans les eaux de la Caspienne ; le lac Baikalj dont on ne sait pas bien encore si les eaux sont douces ou salées^ et la mer^Morte aussi appelée lac AsphalilCy soit parce que des bitumes flottent dans quelques parties de son étendue, soit pance que des croyances religieuses ont établi que des villes brûlées par des matières combustibles envoyées du ciel, y furent noyées après leur destruction. Il est ube cinquième Caspienne oubliée par M. Bory : c'est le lac Tzad découvert au centre de l'Afrique par les voyageurs anglais Denham et Claperton , et dont nous avons fait connaître l'étendue page a68 de notre quatrième volume.

De ces indications trës-somn^aires sur la distribution des eaux salées, nous arrivons naturellement aux phénomènes physiques y relatif , tels que la coloration , la phosphorescence, la température , la profondeur de la mer , et lès mouvemens qui s'emrceni'dajis sa masse par les marées f les vents et les courans.

Les habitans de l'intérieur qui voient la mer pour la première fois , admirent sa nuance d'un vert plus ou moins pur et brillant le long de ses rivages; leur surprise augmente, lorsqu'aydnt puisé de son eau dans quelque vase , ils n'y distinguent plus aucunç teinte particulière, et la trouvent d'une entière transparence. Quand le soleil, par un temps serein, pénétre la masse des flots, on s'y croit sur une prairie liquide. A mesure que la nef s'éloigne du bord et que l'on gagne lés hauts parages , la teinte verte se change en bleu; et dans la haute mer l'eau devient couleur d'azur, dès cinquante ou soixante brasses. Le retour de la nuance verte annonce quelques bas-fonds ou l'approche des côtes aplanies }

car le k)ag de celles qui sont coupées à pic et près desquelles la sonde descend beau-* coup, le bleu d'azur persiste et semble devenir d'autant plus intense que la profondeur est plus grande. Il parait, dit Malte-Brun , que cette couleur apparente de la mer . ne provient que des mêmes causes qui rendent les montagnes bleues dans l'éloignement, et qui donnent à Tatmosphëre sa couleur azurée^ les rayons de lumière bleus , comme les j^lus réfrangibles de tous, sont renvoyés en plus grande quantité par le fluide aquatique, lequel leur fait subir une forte réfraction en raison de sa densité et de sa profondeur. Les autres nuances dans la couleur des eaux maritimes dépendent des causes locales et quelquefois des illusions ; la mer Vermeille a reçu son nom de la couleur rouge qu'elle prend souvent.

La lumière de la mer parait être produite par un petit animal appelé ver luisant de mer , lequel a le corps extrêmement mince, délicat, transparent, d'une étonnante mobilité , et jette une lumière vive

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et 8cintillante ^ il paraît que l'Océan con* tient encore d'autres animaux lumineux , surtout des scolopendres et des polypes; les m^éduses lancent de leurs antennes une forte lumière semblable à celle d'une bougie , tandis que leur corps reste obscur; la pennatula marina jette une si grande clarté qu'elle fait distinguer pendant la nuit les autre& poissons pris dans le même filet; tous les zoophytes et les mollusques semblent posséder la phosphorescence à un degré plus ou moins considérable; il y a aussi du phosphore échappé des putré* factions marines , et qui , dans le calme et après de grandes chaleurs , contribue à rendre la mer lumineuse.

Sur plusieurs golfes de la mer des Indes, et notamment dans la rade de l'île du prince de Galles et vers Sincapour, les copps qui produisent ce phénomène se rencontrent en si grande quantité , que la nuit \ on peut, à la distance de plusieurs milles,

I distinguer aisément un navire. Cette lu-

miière n'est pas moins vive que celle d'une torche , et elle semble jaillir du sein des

flou sillonnés par le g^ouvernail ou battus par les rames. Durant le jour les vagues sont d'une couleur verdâtre , semblable à celle de la couche végétale que Ton voit communément à la surface des étangs ou des mares d'eau. M. Finlayson , lors de sa mission à Siam et à la G>chinchine , il y a peu d'années, recueillit. une grande quantité de cette eau, et s'assura que la couleur qui la distingue pendant le jour, et la lueur phosphorique qu'elle jette dans la Buit, étaient dues à la présence de la même substance. Les causes de ce phénomène lumineux varient sur divers points de l'Océan. Nous savons que le poisson de mer, lorsqu'il est mort, donne aux flots une lueur pareille , et M. Finlayson s'en assura en jetant à la mer du poisson qu'ii avait tué. On attribue ce phénomène au frai y ainsi qu'à la putréfaction des matières animales. Dans l'expérience qu'il a faite , M. Finlayson a remarqué que la lueur provenait du mouvement communiqué à une quantité innombrable de molécules visqueuses, de la ^grosseur d'une tète d'é-

pingle. En prenant de Teau dans le creux de la main y il les voyait se mouvoir avec une extrême rapidité pendant une ou deux secondes 9 après quoi elles rentraient dans leur état d'inertie y et ne jetaient plus au-? cune lumière.

La température de la mer change moins soudainement et moins facilement que celle de l'atmosphère , l'eau étant un mauvais conducteur du calorique. D'un autre côté, Bouguer a calculé que les rayons solaires n'y pénètrent que jusqu'à ii3 toises; au* delà de cette limite , la mer ne reçoit plus de lumière , mais il est possible que le ca- ^ lorique descende davantage. Pérou a constaté les faits suivans : i<* la température de l'Océan est généralement plus froide à midi que celle de l'atmosphère observée à l'ombre; 2^ elle est constamment plus forte à minuit; 3p le matin et le soir, les deux températures sont ordinairement en équilibre; 4^ le terme moyen d'un nombre donné d'observations comparatives entre la température de la surface des flots et celle de l'atmosphère, répétées quatre fois

par jour , à six heures du matin , à midi , à six^heures du soir , à m.inuit et dans les mêmes parages, est constamment plus fort pour les eaux de la m.er , par quelque la* titude que les observations soient faites; 5** le terme moyen de la température des eaux de la mer à leur surface et loin des continens, est donc plus fort que celui de l'atmosphère avec lequel les eaux sont en contact. Le froid n'augmente pas , néanmoins , à mesure que Ton s'enfonce audessous des mers, car lorsque les glaces en couvrent la surface , le dessous est liquide. M. Bory penche pour une diminution de température en descendant de la surface des mers dans leurs abîmes , mais que devient alors la chaleur centrale du globe terrestre dont parlent MM. Fourier et Cordier, qui ont prouvé que la température s'accroît à mesure qu'on se rapproche du centre?

Puisqu'il s'agit de profondeur , c'est le cas de dire en passant ce qu'on a pu savoir de celle de l'Océan : on pense qu'elle n'est jamais au-delà de 3o,ooo pieds , par

analogie avec le sommet des plus hautes montagnes* La plus grande profondeur qu'on ait essayé de mesurer est celle qu'a trouvée lord Mulgrave dans le grand Océan :

il laissa tomber une sonde très-pesante et fila du câble jusqu'à 780 toises ou 4^80 pieds, ssms trouver le fond« Mais ces sortes de mesuremeut ne sont point très-exacts , surtout au-dessous de 4 ^^ 5oo mètres , à cause des courans sous-marins qui peuvent faire dévier la sonde.

Les courans maritimes, bien distincts des marées^ dues à des causes sidérales dont nos lecteurs pourront trouver l'explication détaillée dans nos Lettres sur Tastronomiey sont le résultat du mouvement progressif qui s'exerce dans les fluides en raison de l'impulsion que leur impriment la différence des niveaux et la dilatation ou la raréfaction des milieux environnans.

On a cherché, dit M. le colonel Bory, que nous allons suivre en l'abrégeant^ une multitude de causes qu'il serait U^op long d'é- Bumérer. a Quelque hypothèse qu'on ait imaginée sur la différence du niveau de

certaines parties de l'Océan , il est impo»

sible de concevoir que diverses mers soient beaucoup plus élevées qued'autres, et les lois de la nature auxquelles obéissent les fluides ne sauraient permettre une altéra* tion capable de renverser toutes les idéea reçues. D est vrai que le niveau de la mer Rouge se trouve ^ pendant le flux, élevé de quelques mètres au-dessus de l'extrémité syiiaque de notre Méditerranée, et qu'on a des raisons de supposer que la surface des eaux, au fond du vaste golfe mexicain, est un peu plus baute que celle du reste de l'Océan ; mais ces deux exceptions, les seules avérées sur de grandes masses d'eau , tiennent à des circonstances particulières ^ la première , à la foime de la mer Rouge où TOcéan indien, la pousse comme nous voyons quelquefois les vents s'engoulirer dans une impasse et en sortir moins vite qu'ils n'y sont entrés; la seconde à la pression latérale que doit exercer contre les côtes qu'il longe le grand courant connu «des marins sous le nom de Gulf-Sireani. Il est même proba-

ble que le fond de plusieurs grands golfes aloDgés et rétrécis , particulièrement de la plij^art de ceux qui ne se lient k l'ensemble des mers que par un seul détroit, sont dans le cas des cornes de là mer Rouge , sur lesquelles les nivellemens des officiers de l'immortelle expédition d'Egypte ont opéré. Ainsi y la mer Noire et l'extrémité de la Baltique pourraient bien être un peu plus hautes que l'Océan. De même celui des côtés d'un courant qui longe un rivage pourrait bien être un peu plus élevé que le coté opposé , auquel l'étendue des eaux ne présente pas tant de résistance } cependant ces faits certains ou probables , mais isolés, ne sont rien contre d'imprescripti* blés lois. Les fluides tendent sans cesse à se mettre en équilibre , et ce n'est que de la forme de leur contenant que résulte, pour les eaux de la mer, la direction' des courans divers qui s'y remarquent.

» Les ruisseaux, les rivières et les fleuves nous indiquent la marche que suit partout la nature dans la production et pour la direction des courans. Les eaux de VI. 3i

ceux-ci , suivant la pente du terrain , roulent avec fracas, se ralentissent ou coulent avec une sorte de mollesse, selon que le terrain devient rapide ou s'aplanit^ en débouchant dans la mer le courant des fleuves y continue à travers une niasse d'eau qui repose sur un fond anfractueux, et il doit nécessairement suivre encore, en s'y écoulant , les anfractuosités du sol sous-marin , tout en ralentissant sa progression. La réunion de ces courans divers et l'opposition invincible que leur présente bientôt le poids de la masse totale des eaux qu'ils viennent grossir, doivent produire un courant gén^^al ^ vaste fleuVe m^in à peu près parallèle aux côtes , proportionné en étendue et en rapidité aux tributs qu'il reçoit des continens , et dont les rivages sont d'un côté ceux des continens^ méoies, et de l'autre la masse centrale des flots.

» Les courans se distinguent aisément dans les rivières et les fleuves par leur rapidité toujours plus grande ; et des objets immobiles de comparaison se présent ent

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aux environs comme pour faire- apprécier leur vitesse. Il n'en est pas de même de ceux de la haute mer , dont le navigateur éprouve souvent les effets sans en distinguer d'indices. Cependant des corps entraînés , quelquefois une teinte différente du reste des eaux qu'ils traversent, et une ligne sinueusemeot superficielle , formée d'écimie et de débris flottans , servent à faire reconnaître certains courans des hauts parages. Ces. traces écumeuses doivent être soigneusement observées par les natuitalistes voyageurs. Lesi débris qui les composent et qu'entraînent les courans marins leur indiqueront la direction de ceux-ci : s'ils y trouvent dans la zone.torride des productions du nord, ils conclurojat que le cpurant. passe par le voisinage d'un cercle polaire ^ si, au contraire, vers les glaces septentrionales , on y ob-.

serve quelque» fragmens de productions intertropicales , ils concluront que le courant vient du voisinage de Féquateiu*. Au milieu de la confusion des corps, entraînés, les naturalistes pourront trouver des ob-

jets inconnus, mais alors ils doivent se garder d'ipdiquer le lieu de leur découverte comme en étant la patrie. »

La marche de certains courans pelagiens y continue M. Bory , est aujourd'hui aussi exactement déterminée que le peuvent être sur une carte géographique le cours de la Seine ou celui de la Loire. De tous les courans marins, le plus remarquable est le grand courant Atiantique septentrion^ , vulgairement appelé Gulf- Stre€un; il parcourt un cercle de 3, 800 lieues. Des Canaries, vers lesquelles il circule à partir des côtes d'Espagne , il pourrait conduire en i3 mois aux cotes de Caracas. Il met 10 mois à faire le tour du golfe du Mexique, d'où il se jette, pour ainsi dire , par une accélération de vitesse, dans le canal de Bahania^ après lequel il prend le nom de courqnt des Ftorides 'y il longe alors les États-Unis et parvient en 2 mois vers le banc de Terre- Neuve , qui se trouve au point de contact d'un autre grand courant septentrional , déterminé, peut-être, pai' le fleuve Saint-

Laurent. De Terre-Neuve aux Canaries , en passant près des Açores et se dirigeant vers le détroit de Gibraltar, d'où il se courbe au sud- ouest , le Gulf-Stream achève de parcourir la fin de sa révolution qui dure presque 3 ans 1 1 mois.

Un autre courant, qui part de l'équateur en se dirigeant au nord-est , se porte au fond du golfe de Guinée, et passant ensuite entre les îles du Prince , de Saint- Thomas et la côte voisine, se perd vers l'embouchure du Zaïre. On trouve un autre courant dans l'hémisphère austral et qui , se dirigeant vers le cap de Bonne-Espérance, s'y embranche avec un courant qui parait venir du canal de Mozambique, doubler la pointe méridionale de l'Afrique et longer vers le nord des côtes désolées qui s'étendent dans la même dinection.

Dans les mers de l'Inde lea courans pa* raissent alterner et suivre la marche des vents alises ou des moussons. La Polynésie est remphe de courans contraires et peu connus , dont plusieurs sont fort danl^ereux. Du sud de la Nouvelle-Hollande

partent encore de grands courans y et To* céan Pacifique a aussi son Gulf-Stream.

En g;énéraly les courans partiels longent les côtes , tournent les caps et deviennent plus rapides dans les passages rétrécis.

C'est ainsi qu'on en trouve de violons dans le détroit de Magellan et dans le canal de Mozambique. Dans le golfe de Gascogne on observe un courant trës-sensible qui court au nord-est ; il reçoit en suivant la France les eaux de la Garonne^ de la Charente, de la Loire et de la Vilaine, et passant entre les îles et la côte de Bretagne , il va se perdre dans l'Océan. On assure que la Manche n'en offre pas de traces bien sensibles , non plus que le pourtour 4e6 Ile&-Britanniques. La côte du Labradors son courant qui^ dans toutes les saisons, se dirige du nord au sud. Depuis le mois de. mai jusqu'en octobre un courant de la mer des Indes se dirige dans le golfe Persiqùe, qui semble se dégorger durant les six autres mois. £n général , les cour rans partis du grand Océan , se portent par les détroits dans les différentes mers

intérieures j c'est ainsi qu'on voit les eaux de TAtlantique entrer dans la Méditerranée sous la forme d'un large courant, dont, la vitesse est accélérée par le rapprochement des côtes. Les eaux affluentes, intror duitespar le détroit de Gibraltar, suivent la lisière septentrionale , tournent entre l'Ile de Crète et les côtes de Syrie, et baignant ensuite les côtes d'Afrique, s'enfoncent dans les régions inférieures de la Méditerr ranée , d'où elles rassortent par dessous , de façon qu'entre la pointe méridionale de l'Espagne et l'extrémité septentrionale de l'empire de Maroc, il existe un courant sijipérieur et un courant inférieur. On observe un fai^ semblable dans le canal de Bahama.

L'on a pen^é que le mouvement de rotation dft: globe déterniinait les courans :

si ce mouvement , dit M. .Bory, en était la v^aie cause ^ tous les courans suivraient uiie même direction. Nous avons vu qu€ plusieurs se dirigeaient perpendicul^irer ment à l'écliptique , et que ceux qui se rapprochaient le pins de cette ligne, ne le

fitisaient qu'obliquement. Ce mouvement de rotation, ajoute le même savant , ne doit pas avoir plus d'influence sur les eaux que sur le continent , si ce n'est par rap> port aux marées, que l'on ne considère pas comme l'efiet des courans, maié comme siil>ordonné6 à l'influence sidérale. La vitesse des courans est souvent très-rapide } elle tient à la pix)fondeur des vallées sousmarines qui les déterminent.

L'air a aussi ses courans , et ils influent dans beaucoup de circonstances sur ceux des eaux ; les deux principaux sont les vents alises et les moussons.

Les {^enls alises^ qui règnent entre les deux tropiques d'orient en occident, ce qui les a fait nommer vents d'est y sont dus aux deux courans, l'un supérieur et chaud allant de l'équateur aux pôles , l'fiutre inftrieur et frais venant des pôles h l'équateur, qui s'établissent pendant la rotation de la terre. On commence à rencontrer ce courant frais qui est celui des vents alises^ dès les 30** degrés nord et sud ; il ne cesse d'acquérir de la forte et de la fixité à

mesure qu'on approche de la ligpiie; toutefois avant de l'atteindre, les vents alises s'éteignent vers le lo* degré, comme pour céder la place aux moussons.

Les moussons f mot qui vient du malais moussin , c'est-à-dire saison , ne sont point des vents constans comme les vents alises qui durent toute l'année; ils sont périodiques et de deux espèces : l'une de sud-est , l'autre de nord-est; chacune est de six mois, la première <]|epuis le mois d'octobre jusqu'au mois de mai , la seconde depuis mai jusqu'à octobre. Les moussons n'existent guère que dans l'Océan indien.

Nous pourrions développer longuement ce phénomène et quelques autres qui se rattachent de même à l'Océan , tels qjiie la diminution de ses rivages en certains points , leur progression en d'autres , l'explication de la salure de son eau , la difficulté de la rendre potable , etc. ; mais le pea que nous avons dit , nous le croyons suffire à notre plan : ceux de nos lecteurs qui désireraient de plus amples détails les

trouveront dans les traités spéciaux. Nous devons d'ailleurs laisser encore quelque place pour les tableaux qui vont terminer ce dernier volume , comme élémens utiles à l'intelligence de l'ouvrage entier.

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