‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 6 sur 53 · AUSTRALIE · texte numérisé non relu

AUSTRALIE

Gëaéralités diverses. Divisions géographiques de l'Australie. ContiDent de la Nouvelle- Hollande et ses côtes. Nouvelle -Galles du sudtf .

Le cinquième continent a pour centré ou du moins pour noyau principal l'im^ mense île connue sous le nom de Nou* veile-Hoilande , à laquelle se rattachent d'autres grandes iles^ ses appendices naturels y et qui forment avec elle ce que les derniers géographessont convenus d'ap* -peler Ausirmie ou tems Australes y paixe

qu'elle» se trouvent en effet au sud de la ligne équinoxiale et se développent sui^ le grand Océan , de l'équateur au pôle austral oti antarctique. Le sens du mot ainsi fixé, nous pouvons le regarder comme universellement admis , et sans autre préambule aborder le territoire qu'il embrasse.

U Australie y qui se distingi|.e des deux, autres grandes divisions de l'Océan ie par sa situation méridionale et par l'extraordinaire étendue de la principale de ses îles y repose entre O: — 50** lat.. S. et iio** — 180'* long. £. Elle est bornée au nord-ouest par la Notasie ou l'archipel Asiatique , dont la séparent la mer de Lanchidol, commune aux îles Timoriennes et aux côtes septentrionales de la Nouvelle-Hollande 9 et par le détroit de Bampier, commun à l'archipel des Moluques et à la côte nord-ouest de la Nouvelle - Guinée; au iwrd par l'é-k quateurf à l'e^^ par le grand Océan oriental où s^éten4 la Polynésie^ au sud par le grand Océan austral; et à Y ouest par la mer des Indes. Son extrémité '^eptenti^onale esfMa pointe nord-ouest de la Nou-v

velle-Guinée ou terre des Papous , et son exti*émité méridionale est la pointe sud de la Nouvelle-Zélande ^ ce qui donne à l'Australie une direction du nord-ouest au sudest;

Sa superficie totale est d'environ ^^0,006 lieues carrées , dont les f sont fournis par la Nouvelle- Hollande. L'Europe ayant So^yOGO lieues carrées ^ l'Asie 2,200,000 , l'Afrique i^6oo,ooo,l'Amérique 2, 160,000, et la Nouvelle - Holknde seule 385,ooo , pour base du cinquième continent, ces cinq parties du mondé sont à peu près dans les rapports de 3 : 4 : 17 • 12 : 17*

La population de FAustralie , loin de répondre à sa surface , n'est ^ère que de 1 ,3oo,ooo habitans. Voici au, reste les évaluations pour les divers groupes d'îles composant l'Australie; nous y joindrons leurs surfaces respectives^

Sui^e en lie* an«CraUeiui««. . 5 *u ^ Popalation.

gre.

NouTelle-HoUande , ou Aas-

tralie propre .•••... i38»4oo 60,000 (1) Terre de Diémen, ou Tm-

manie , i,336 16,000

IVouvetie-Guinée i5,ooo 5oo,ooo

Nouvelle-Zélande >99V i5o,ooo

ISToorelUs-Brelagne - 680 F So^ooo

No^Myelle-Irlande 44o iS^ooo

Archipel Salomon. . . . i . 4ooP . 5o»oqo

NouTelle-Galédonîe 525 5o,ooo

Nouvelles-Hébrides ' i5o ^00,000

Arckipel Santa-Cruz. ... 80 F 60,000

Arohipel de la Louisitde. . 3o? i5,ooof

lyl46,00O

Il faut ajouter pour Jes sauvages de la Nouvelle-Hollaade, doot le nombre est incertain,, environ 4549OO0

Total précité. . . . i,3oo,ooo

Cest dans les terres Australes que se

(1) Ces 60,000 habitans sont des colons euro^

«IP^"^M«P"^^*qiP

trouvent nos antipodes (i); les phénomènes relatifs aux saisons et aux courons atmosphériques s'y passent donc à rebours de chez nous. Aussi pour un Européen qui arrive en Australie tout se présente à ses reg;ards comme un monde renversé : il trouve Tété pendant que nous avons l'hiver, et Tau* tomne q[uand nous avons le printemps; il voit le baromètre descendre à l'approche du beau temps et s'élever pour annoncer l'orage } le vent du nord est le vent chaud , celui du Éuà le vent froid; les plus misérables chaumières sont construites en bois de cèdre, et le myrte sert de bois de chauf- &ge« Dans le règne animal et le règne végétal une foule d'anomalies ou d'écarts aux règles ordinaires de la nature nous frappent de toutes parts : ici, dans le kangarou que nous décrirons ^ s'offre un animal qui tient k la fois de l'écureuil et du

péeos; les indigènes oc sont pas compris danses nombre , je les ajoute plus bas.

(1) A l'est de la NoureUe-Zélande,

daim ; il- a cinq griffes à ses pattes de de^ yaBt, ti^ois à celles de demëre, ainsi qu'un, oiseau, et s'élance en s'appuyant sur sa.

qu€ue; là un quadrupède, espèce de taupe ( ornithorynous paradoxus ), a le bec d'un canard et est ovipare ^ là un oiseau ( meb'phaga ), au lieu de langue, a dans son bec une sorte de balai ^ là se voit un poisson^ dont la moitié du corps appartient au genre raîa et l'autre moitié à celui des squalus ; là brillent des cygnes noirs et des aigles blancs; ici croissent des poires' formées d'une substance ligneuse ( xylomelum pyriforme) et qui ont la queue placée à la partie la plus large 5 et là des cerises ( exo-. carpus cupressiformis ) grossissent avec leurs noyaux à l'extérieur; plus loin des fougères et des orties s'élèvent à la hau-^ teur de nos chênes ;^ plus loin «ncore ,.

comme à la Nouvelle-Hollande où éclatent surtout ces divers phénomènes , des fleuves , tels que le Macquarie et le Lacblan , dont nous parlerons, au lieu de joindre l'Océan, coulent ,. dit-on , en sens inverse et vont se perdre dans des maràia inté^

l'ieurs^ ^^^^ partout les arbres sont cou-

verts d'une- étemelle verdure en dépit des neiges , et des gelées dans les plaines , et et les mêmes espèces végétales, et animales se retrouvent daps un rayon de trois ligues comme dans un r%yon de cinquante lieues.

Tout enfin est nouveau pour un £m*opéen dans ces contrées lointaines , dont le ciel sans nuages hii montre encore des astres qu'il ignorait ou que du moins il n'avait pu encore apercevoir.

Le climat de l'Australie i^e varie guère dans une année que ^e quelques degrés y du moins pour ce qui regarde la Nouvelle- Hollande et plus exactement la partie de ce continent nommée la Nouvelle-GaUes du sud 9 comme on l^e verra plus t^rd. Les parties de territoire qui se rapprochent de l'équateur^ comme le nord-est de la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Guinée, ont une température naturellement plus élevée que les parties centrales ou voisines du tropique du Capricorne , et celles-ci de même sont plus chaudes que les contréeG( plus au.str2Ue$ y çoijume U terre de Diémei^

et la Nouvelle-lSélande. Nous indiquerons leur climat pi'opre, en traitant de chacune d'elles , aprës les généralités.

Nous venons de citer quelques-uns des v^étaux et des animaux de l'Australie; les espèces communes aux divers groupes sont assez nombreuses. Et d'abord y en ce qui regarde .le règne végétal , les plus grands arbres sont les eucalyptus; on remarque aussi beaucoup de mimosa y qui au ^lieu d'avoir le feuillage constamment penné délicatement , comme celui des espèces de l'ancien continent , offrent le singuliei* caractère d'avoir dans leur jeune âge des feuilles pennées et mélangées avec des feuilles simplek; plusieurs mimosa donnent des gommes; les eucalyptus sont des arbres à feuilles simples , alternes ^ rarement opposées ; les fleurs sont réunies en tètes ou en ombelles axillaîres ; elles produisent un eflRst très-agréable , lorsqu'après la chute de l'opercule leurs nombreuses étamines s'élancent hors du calice en foime d'aigrette. L'écorce de l'eucalyptus est employée par les sauvages dans la construc-

tion de leurs caves ou de leurs radeaux.

L'eucalyptus résineux est d'une grande taiUe j son bois qui n'est bon qU'à brûler contient beaucoup de résine; l'eucalyptus robuste^ aussi nommé l'acajou de l'Australie f est dur , pesant et peut remplacer à certains égards le m^diogoni des Antilles | l'eucalyptus globulus a le bois dur , liant y très-bon pour les.constructions navales , et son éçorce , ses feuilles et ses fruits sont aromatiques; enfin l'eucalyptus cordata ou gigantesque , le^ plus grand et le plus vigoureux de l'espèce y est aussi l'arbre le plus commun de l'Australie ; car il croîf depuis les rives de l'Océan jusqu'au sommet des plus bautes montagnes de l'intérieur , et il y en a des espèces qui produisent de la manne, comme le frêne de Calabre et de Sicile. Les xanthoraea, plantes de la famille des asphodèles , ont une résine odorante dont les sauvages se servent pour boucher les sutures de leurs canots en écorce et pour souder la hampe de leurs sagaies avec le bois dur qui leur tient lieu de pointe , et fixer 1q manche à leurs ha-

ches de pierre. Les 'épis du xanthorsa arborescent laissent fluer une liqueur vis* queuse, sucrée, dont ces mêmes indigènes sont très-friands. Il y a grand nombre de belles fleurs dont la plupart sont .aromatiques, comme les metrosideros, les melaleuca et les laptospermum. Il y a des ai*bres sans feuilles , comme les casaruina ; ils ne dépassent guère i^ pieds de haut ; leurs rameaux gi^éles , verts y pendans , nombreux et toufIFus ^ composés de pièces articulées comme ceux dei éphedra, leur donnent un aspect singulier et pittores^ que^ leur bois est dur, liant, très-compacte, d'une gi*ande force) les sauvages en font des massues , des cassé-têtes , des lances , des manches d'outils et divers autres ouvrages. Enfin les forêts de l'Australie , à peu d'exceptions près , se composent d'arbres toujours verts. Ils ont m.oins de bran- ^ ches , les étendent latéralement beaucoup moins que ceux de notre vieille Europe , s'élancent plus droit dans les airs et ont moins de feuilles. La plupart ont l'écorcc tombante, et quelqucs-uns^, comme nou*

venons de le voir, distillent une gomme utile. La nouvelle écorce ressemble si exaçteiment à un arbre mort et pelé , qu'en la comparant à l'ancienne qui est pendante , on s'imagine que les forêts australiennes ne sont formées que d'arbres morts; il faut, pour dissiper cette illusion, que vous regardiez le sommet des arbres , où des feuilles verdoyantes attestent la vie du tronc y ce qui est confirmé par la sëve que vos incisions y découvrent. Les diénes australiens ont peu d'affinité avec ceux d'Euit>pe; le cëdre ressemble à celui d'Honduras. Les acacias ont de bonne heure le tronc cireuse par des fourmis.

Dans le règne animal de l'Australie ne figure aucun des grands quadrupèdes de l'ancien monde ni de l'archipel Asiatique. Le premier de ceux qu'on y remarque est le kangarou , là plus grande entre 5o à 60 espèces ; il a la taille d'un daim ou d'un mouton. On dirait que chez cet animal toute la partie antérieure a été sacrifiée àlapartie postérieure ; les pieds de derrière sont d'une force et d'une longueur VI. 5

étonnantes , et la queue par l'épaisseur et la vigueur de ses muscles rend autant de 8ei*vices qu'une troisième jambe ^ les extré* mités antérieures au contraire sont trës^petites et grêles y ainsi que la tête et les parties antérieures du corps ^ les pattes de devant ne servent que pour porter y comme les écureuils y la nourriture k la bouche.

Cette conformation permet au kangarou de se tenir debout, la queue servant de ressort ou trépied. lies pieds de devant ont cinq doitgs et ceux de derrière n'en ont que quatre ; les oreilles sont de grandeur médiocre et très-mobiles; la langue est douce et lalèvre 8upériem*etrès-fendue. Il y a sous le ventre des femelles une poche qui reçoit leurspetits. Ces animaux ne se nour^ rissent que de substances végétales; ils vivent en troupes composées d'une douzaine d'individus, conduits par les vieux mâles; ils se tiennent dans les lieux boisés. Leur chair est bonne à manger, on l'a comparée à celle du chevreuil. Ils courent trèsvite et pendant des heures entières tout d'une haleine; ils bondissent en s'appuj^nt

5i sur les pieds de devant et en faisant un grand saut qui les transporte à plus de trente toises de distance } ils passent si lestement par dessus les broussailles et les buissons, qu'il est très-difficile aux chiens de Jes attraper; un chien seul n'oserait d'ailleurs jamais, attaquer un gros kangatovL y qui d'un coup de griffe lui fendrait le ventre. Les deux pieds de devant ne touchent pas la terre , excepté lorsque l'animal broute Fherbe ou quelque plante favorite.

On a vu des kangarous poursuivis par des thiens, en -emporter trois, quatre, pendwj après qux et qui ne voulaient point lâcher leur proie. Mais lorsque l'animal est près dTêtre atteint par la tneute , il lient ferme comme le sanglier , s'appuie sur sa queue' et ses pattes de derrière,. et livi-e un Tude combat avec celles de devant, se tournant adroitement pour faire face à l'ennemî. S'il parvient à le saisir, il agira comme l'ours et'le serrera au point de l'étouffer, ou Téventi'era avec les griffes acérées éont ses pieds de derrière sont ai*més,

un seul coup suffisant pour faire sortir les intestins du ventre de l'asçaillaut. Il e&t trës-dangercux pour Thomme de s'approcher d'un kangarou réduit à défendre sa vie. Aussi quand il y en a un d'abattu, les chasseurs se hâtent-ils de lui couper les jarrets } les noirs indigènes se contentent de lui donner sur les reins un grand coup de leur massue/ qui paralyse les jambes de derrière.

La femelle du kangarou ne porte qu'un petit à la fois , qu'on peut voir attaché par la bouche au bout de la mamelle dans l'intérieur de la poche dont nous avons parlé, et qu'elle a sous le ventre. Il n'est d'aboid pas plus grand ni mieux formé qu'une souris qui vient de naître , et sans poil , de la même manière que le placenta chez d^'^utres animaux est attaché à l'utérus. Sa bouche se contracte autour du bout de I9.

mamelle , qui se gonfle comme une grosse cerise, et qui parait le nouriir par abr sorption ; il faudrait un grand effort pour Ten arracher. Quand le foetus arrive à l'âge de téter, il se détache^ de lui-m^me, et

c'est aloi'8 seulement quc^^^^- peut dird que l'animal est né. Il reste ce^^i^ant encore dans sa poche , et reçoit en »«çaat le lait de sa mère, une. nourriture toutt. diflérente de celle qui l'avait fait subsistea^ jusqu'alors. Il est amusant de voir le jeune langarou tendre sa tête hors de son; sac pendant que la-mëre pâture, et essayer lui-.

même de saisir quelque brin d'herbe qu'elle a laissé en passant. Lorsqu'il a atteint la grandeur d'un cihien ordinaire , il s'aven-^ ture davantage , en gambadant près de la mère , ;mai8 de façon à. pouvpir touj6ui*s regagner sa retraite au moindre bruit. S'il y a danger réel , la mère i'acréte soudain ^ présente ses pattes de devant , rejette le nourrisson pour être plus légère et s'apprête à combattre en se retirant ; mais il est rare qu'elle l'abandonne ainsi , ou , si elle le fait, ce n'est point sans lui lancer de tendres et lléchirans adieux.

Nous avons dit que l'on distinguait de 5o à 60 espèces de kangarous : les plus communes sont le grand kângarou des bois , de éouleur grise, avec le >poil long; le

54 ' wallarou , 4^' couleur noirAtre , arec le poil courut rude, et vivant sur les moBtagnes/le l^cmgarou rouge , avec le poil.

couK , doux et serré , habitant les clairières ou les bois moins épais , et portant une fourrure semblable à celle de la loutre de mer ; le wallabie et le paddimala , qui habitent les collines et les broussailles; le kangatou de roche , beaucoup plus petit et qui se plaît dans lès contrées pierreuses et les fentes des rochers; le kangarou rat ou pour mieux dire kangarou lapin y qui est de la taille du lapin et vit dans les creux des arbres d'o& il s'élance 9U moindre bruit; les naturels le nomment potoroUé U y a aussi le phâlanger qui n'est pas plus gros qu'une souri» , et qui habite les terriers sur les e6tes de la Nouvelle*Hollande, de la terre de Diémen et de la Nouvelle-Zélande. On trouve une petite espèce de kangarou qui s'aprivoiae et qui aime beaucoup les gâteaux, les fruits crus ou confits; il est de la grosseur d'un jeune lapin ; ce petit animal , créature innocente , se suspend par la queue aux

branches et se balance d'un arbre à Tautre , au gré de l'homme qui Ta privé.

Parmi les autres animaux sauvages de l'Australie figurent le chien , le chat j le renaixi volant, l'ours natif, l'aigle blanc ^ YéxavL ou le casoar, le cygne noir, la poule , le faisan de montagne, le wombat, l'ormthorynq[ue , le dasynre, et quelques au-

Le chien de l'Australie est dépouVvu de la floche ou du faux utérus qui taractérise nos autres quadrupèdes; il ressemble lt>eaucoup au chacal ou au chien chinois , comme lui est d'une couleur sombre ou roogeAtre; il est trës«velu , a la queue Ion* gue et touffue , la tète large , le nez et les oreilles pointues; il court avec une vitesse extrême , et mord dans l'attaque ou la défense; il n'aboie pas , mais il hurle d'une façon lamentable lorsqu^îl rôde & la recherche de sa proie; il a une odeur particulière très-forte , qui empêche d'abord les chiens européens de l'attaquer ; il porte souvent la terreur parmi 1^ troupeaux de moutons; il n'est qu'un petit nombre de

chieiu européens qui oMOt lui livra- combat; sa morsure est venimeuse, et il est rar* qu'on ea guérisse.

Le chat indigène est après le chieu l'a- DÎmal le plus Carnivore de l'Australie; il est petit, a te corps long , une longue queiic et de* griffes comme le chat domestique; son nez ressemble à celui d'un cochon; ilgrimpe aux "arbres et va surprendre lee' oiseaux dans leur nid.

Le renard volant est une énorme chauvesouris d'un aspect horrible. Il 7 a aussi l'opossum gris, qui , eu sautant de branche enbraocfae entortille sa queue àl'uned'^ les pour s'élancer avec plus de tbrce ; Vopossum blanc, quia entre lepied de devant et celui de derri^ une meinbranc semblable à l'aile d'une chauve - souris ; ïécureuil volant , couleur d'ardoise , et avec une fourrure extrêmement reohercliée ; le bandicout, quatie fois gros comme un T»l, sans queue et se blottissant dans la terre ou dans le creux des arbres. Tous ces animaux ne sortent guère que la nuit.

L'ours natif 011 le kouia est de la taille

d'un. chien médiocre; il a le poil long, toufFu et d'une couleur sale; il n'a point de queue y et ses griffes et ses pattes ressemblent à celles de l'ours européen; \\ grimpe lestement sur les arbres et se nourrit de feuilles; il devient trës-gras, et sa chair est très -estimée des naturels; la femelle porte long-temps son petit sur son dos.

Le wonibat on phascolome j animal de la grosseur d'un chien-mâtin ^ creuse la terre pour s'y tapir, se nourrit d'herbes et de racines et devient trës-^as ; le poil qui le couvre semble avoir -été artistement pei-. gné en rayons réguliers qui partent du ne& comme d'un môme centre; tous ses mouvenins paraissent gênés ; il est lourd et, paresseux ; un homme , pour peu qu'il coure, peut rarrètef lonqu'il est en plaine; il se gratte, à la manière des singes; son naturel est doux e( traitable, mais néan-.

moin^ susceptible de colère ; il mord avec violence^ Cet animal est très-commun dans, la Nouvelle-Hollande , la terre d^'.Piémea et rîlades Furneaux,

UomiAorynque forme le passage entre le quadrapëde et l'oiseau , entre les vertébrés vivipares et les vertébrés ovipares; il réunit des points d^ôrganisation qui se rapprochent des mammifères, des oiseaux et des reptiles; il a le bec pareil à celui du canard , et des pattes comme celles de cet oiseau; mais ses jambes et son corps sont comme les jambes et le corps d'un quadrupède) il est couvert d'un poil rude et épais y et sa queue large lui sert de gouvernail ; il abonde dans les riviëi^es; on le voit de temps à autre monti*ant sa tête audessus de Teau pour respirer 9 comme ferait un veau marin, puis plonger de nouveau pour aller chercher sa proie; oh croit qu'il pond ses œufs ; il a dans l'intérieur de sa patte une griffe contenant un tube par lequel il introduit im fluide venimeux dan»

la blessure qu'elle fait ; lorsqu'il est atta« que il frappe ses pattes l'une contre l'autre et les attache sur son ennemi comme pourrait faire un cVabe. La structure analpmique de l'ornithorynque paraît analogue à celle des requins et des reptiles. Cet anî-

mal f long d'un pied sept pouces ^ et couvert d'un poil court , sort bien rarement de l'eau; s'il vient à terre , il rampe plu- ^t qu'il ne marche , parce que ses quatre pattes sont très- courtes et que le veiitre touche le sol.

Quant aux oiseaux de l'Australie , le casoar ssuis casque ou Yémeu ou ému n'a guère moins de 6 pieds de haut, il est plus grand que celui des Indes ; il n'a ni langue ni plumes y ni ailes; il est couveit d'une fourrure qui tient le milieu entre le poil et les plumes , et il a quelque chose sur les câtes qui ressemble à deux petites ailes, mais dont il ne peut jamais se servir pour voler; cependant il court bien, et évite comme les kangarous , la poursuite des chiens ; qui, au reste, se gardent de toucher à la chair de cet ani^ial, dont l'odeur, leur inspire une répugnance extrême et les rend même malades. Rien de plus délicat néanmoins que la chair des jeunes cmus. La femelle pond six ou sept œufs à la ibis et de la grosseur de ceux de l'autruche. L'ému est polygame , et a , comme

6o le casoar.des Inde» , le naturel U'fes-faixïuche; il est commun dans la Nouvelle-Hollande , à la terre de Diémen et à la Nouvelle-Zélande , contrées où l'on voit aus# si beaucoup d'aigles blancs et de cygnes noirs. Les aigles blancs dévorent les émus , les gros oiseaux et les petits kangarous; les cognes noirs sont un peu plus gros que nos cygnes blancs , ont de belles formes ^ et un chant qui ressemble au cri d'une girouette rouilléc. On a désigné par le nom àe faisan ou menure un oiseau également trë»-commun dans les parties montagneuses des terres australes, où SQnt si répandus les perroguep de toute espèce, ainsi que dés corneilles , des outardes , des pigeons , des oies y des hirondelles , des pétrels et des poules sauvages. Le marnera superba ou V oiseau de paradis est plus particulier à la Nouvelle-Guinée.

Enfin dans l'Australie on ne rencontre point de bétes féroces 5 mais il y a des couleuvres veniiùeuses et un petit animal qui est également chargé de venin , et qui a une foule de petits pieds sous le ventre ^

on le nomme par cette raison le centipède.

Tontes les couleuvres ont la vue trës-per^^ çante, mais n'entendent pas; l'ouïe leur manque. Elles prennent la fîrite tout d'abord qu'elles vous aperçoivent^ mais si elles se trouvent placées d& manière à ne pouvoir fuir , elles . se recourbent alors , dressent la tête et font entendre un sifflement , puis en alongeant leur cou qui se grossit considérablement elles s'élancent sur vous; et s'il arrive qu'elles vous atteignent d'un coup de langue , vous mourez de la morsure avant la fin de la journée. Le centipèdf , qui est l'autre espèce veni-> meuse/ habite communément le bois sec^ tel que celui des souches et racines d'arbres morts } elle est presque noire et a environ 6 pouces de longueur et un de circonférence ; si on a le malheur de marcher sur quelque morceau de bois qui la recèle , ou de le toucher avec la main pour le ramas* ser, le dard de l'animal imperceptible^ pour ainsi dire, vous pique; et si on ne traite pas bien la plaie , là gangrène s'y met.

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