‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 8 sur 53 · NOUVELLE-HOLLANDE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-HOLLANDE

CINQtriÈBtE CONTINENT. ^

Située au sud dei$ Moluqueâ et de la Nouvelle-Guinée , entre la mer des Indes et le grand Océan austral , par io° 38' ao^-Sg* lo* i5" lat. S. et iio*» 4o' o'*.i5i*» li* 55" long. E. , la Nouvelle-Hollande , dont le nom est dd bxlx navigateurs hollandais qui , dans le 17* siècle, en explorèrent les côtes occidentales et septentrionales, présente i^ooo lieues de longueur de Fest à l'ouest , et de 4oo à 769 lieues de largeur du nord au sud. Nous avons porté sa superficie k 385,000 lieues carrées; sa popu^ lation actuelle , y compris les indigènes , peut être d'environ a,ooo,ooo d'âmes. Les côtes 6nt un circuit de 3,oOo li^es.

Celles du nord-ouest , de Vouest et du

sud-ouest sont basses et marécageuses, sans ouvrir aucune ouverture qui se prolonge au loin dans l'intérieur; celles de l'est , qui ont été soigneusement relevées, parce que c'est là que s'étendent les colonies anglaises désignées sous le nom de Nouvelle- Galles du sud y ont un assez grand nombre de ces sortes d'ouvertures ou emboucbures àe fleuves ou de rivières j comme le shoalbaven y par ZS** 5o' à i degré sud de Botany-Bay ; le Hawkesbury , dans le Brokeii' Bay, au nord du port Jackson; le Hunter- River près Newcastle, plus au nord; le Manning-RiveTy par 3a** lat. S. > le Kin^^s River, au port Macquarie , par 3a** 4^' ^ J* rivière Brisbane , jqui débouche dans la baie de Moreton , par !i8<* lat. S. Toutes ces rivières descendent du versant oriental des Montagnes Bleues (i) , qui du nord au midi traversent le continent de la Nouvelle- HoUandje , en commençant au cap York ,

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(i) Voir les hauteurs de «(uelqaes-uns de le.un. «ominets , /i. 8 et 9 , suprà^

par lo» 4o' lat. S. , point le plus septentrional , et finissant par 39° au cap Wilson , point le plus méridional. Le versaqt occidenul parait envoyer dans d'immenaet marais intérieurs la rivière de Lachlan et U rivière Macquarie, dont le voj^eor anglais Oxley a en par^ suivi le coure en 181^ et 1818. Un voyage plus récent, celui de M. Cunningham (1), nous donne dea renseignemena curieux sur l'origine et le COUTS des rivières de la Nouvelle-Hol- Unde. Nous allons eu extraire le passage ci-après :

< En examinant la carte de l'Amériqus méridionale, on verra les immenses rivières de VOrénoque , des Ainazones et do la Plata , se pbrtager en diverses branches et se répandre jusqu'à une courte distance de la mer lïcîfique; rencontrant alors la

{■) Tfvo }/tar$ in Kcw^oatk-ffala , » tuIihdm. Iiondret, 1817. Une tiidactioa de cet iroportiat ooTnge pAi midame AleuodriDe Angon Ml -iii oomeot de paralbe.

grande chaîne des Andes , il est évident que leur cours extérieur doit continuer dans une direction di£Férente. Cette chaîne de montagnes, presque parallèle à l'Océan pacifique, termine les barres étix>ites de terres qui fbi*ment les républiques du Chili et du Pérou. D'après cette position géographique d'une nature particulière , il résulte évidemment que les rivières qui arrosent ces derniers pays ne sont autre chose que les torrens qui sortent des Andes, montagnes qui séparent les rivières orientales des rivières occidentales, et dont la pente est trop rapprochée de la mer Pacifique pour ne pas admettre que toute rivière qui prend sa source dans ces montagnes , parcourt toujours une assez longue distance pour recueillir d'autres eaux dans son cours , et devenir un fleuve important.

Quelque chose d'à peu près semblable existe dans la formation du continent d'Australie. D'après les recherches faites jusqu'à présent, on. n'a découvert sur les côtes orientales et septentrionale^ qu'un très-petit nombi'e de rivières, et leur peu

6, d'âeadue démontre clairement que leur Morce ne peut être k une distance Ibrt éloignée de U câte. On trouve, en effet, dans toute la partie orientale de la Nouvelle-Hollande une chaîne de montagnei qui , l'étendant presque parallèlement k )k c&te à une distance intérieure de cinquante millet , forme le sommet de l'élératiou qui détermine le cours que les rivières doivent suivre chacune de son càté, soit^l'eat, soit k l'ouest, he pays situé entre cette chaîne de montagnes et la mer n'est conséquemment qu'une bande étroite semblable RU territoire qui forme le Chili et le Pérou, et les rivières qui ont un cours direct vn« la mer, ne sont autre chose / que les ttnreni des montJignes. Tout porta également i supposer, d'après les renseintemeos pris jusqu'à ce moment, que les câtes méridionales et septentrionales , ainsi qu'une partie considérable de la côte occidentale, sont formées de la même manière, et que l'on ne trouvera dans ces directions aucune rivière qui ait une distance de plus de soixante à cent milles de la c6Ut. H

lu-rive même souveùt que celles des contrées orientales ^ au lieu de couler directement vers la mer, prennent une direction oblique et suivent même parfois , jusqu'à une certaine distance , un cours qui lui est parallèle. Pendant ce circuit, elles reçoivent les divers courans qui sortent des montagnes , et grossissent par ce moyen le volume . de leurs eaux. C'est ainsi que la rivière à^HoM^keshury-y qui prend sa source dans le comté d'Argyle, au si^d de Sydney, à environ soixante milles de la mer, au lieu de prendre à l'est, ^qui est le chemin direct pour s'y rendre , roule ses eaux vers * lé nord , et longeant la côte de la mer presque parallèlement, pendant une distance de cent quarante milles , traverse les anciennes colonies de Gambden et . de Gumberland , vient' border intérieurement les montagnes Bleues, à environ trente six milles ouest de Sydney, et se réunit enfin ^ l'Océan, en se dirigeant vers le nord.

Dans la province d'Argyle, cette rivière reçoit le nom de WoUondilly , dans celle de Gambden , celui de TVarragcunba , et

«9 dans le Cumbei^and celui d« Neptan ; enfin elle prend le nom d' Hawkesbury.

Cette diversité de noma provient de ce qu'elle fut découverte , en difGërens lieux , et par clifiFérentes peuplades» qui la nommèrent chacnne de leur câté , taaa se douter que tous ces noms s'appliquaient à nue seule et même rivière. Elle se grossit dans son cours de plusieurs petits courans qui viennent de l'est et de l'ouest , et qui se joignent à elle au comté-d'Âj^le. Bans le Giunberland , elle reçoit les rivières de Cox et de Grose } deux autres branches qui tirent leurs sources de la montagne nord-ouest; Is rivière de Cow ■• Posture } les eaux des anses est et sud , et la rivière George, qui , recueillant principalement toutes le» eaux de l'est, entre l'Haswkesbury et la mer, les déchaîne k Botany- Bay.

■ Le court trajet qu'aurait parcouru l'Hawkesbury en suivant un cours direct vers la mer , l'aurait empêché d'scquérir aucune importance , au lieu qu'en faisant an circuit autour de l'ancienne partie de

70 ' la colonie habitée ^ elle s'augmente dans sa route de tous les.courans qui descendent k angles droits de la montagne pour se réunir à elle; et par ce moyen elle devient navigable pour le cabotage jusques ÀWindsor, et) en courant de là , pour les bateaux d'un chargement moins considérable. Du reste , il est évidemment inïpossible qu'aucune riviàrs d'une grande étmidUe puisse exister du c6té où cette chaîne de monta-* gnes se tourne vers la haute mer. Sans suivre un cours circuiteux.

«Mais la question relative à Tembou* chure de toutes les rivières qui tirent leur source de l'inlérteur de cette chaîné de montagnes qui , semblable à une bande énorme^enloure presque toute laKouvelle- Galles du sud , est une question encore à résoudre et qui mérite une attention Sérieuse de la part du gouvernement anglais^ Il est évident qu'ielles ont une issUe quelconque d'après le débordement subit de la Mac-»

tjfuarîey qui, selon les observations de M. Ox< ley, inondait tous les marais intérieurs, et d'après la rapidité de son courant, même

7* après âtra Aorlie de son lit. On peut con* dure aussi d'après le manque total deploÎQ dans ce pays j qu'il ne peut y avoir de mers intérieures d'une grande étendue; il est plus que probable que ces marais commu- ' niquent ^vec les rivières Alligator découvertes par le capitaine King et qui se jettent dans le golfe de Yan-Diémen, vis-à-vis Melville et les îles Bathurst sur la cAte nord-ouest ^ direction vers laquelle tend le courant de» marais. La distance de la Macquarie depuis sa jonction avec ces marais jusques à ce point est d'environ dix -huit cent milles , tandis que d'après le calcul dé M. Oxley la hauteur de la rivière à cette jonction, serait de deux cents pieds audessus du niveau de la mer, ce qui donnerait une pente de quatre pouces par lieue jusqu'à la mei*, et ce qui rendrait le cours de cette rivière égal à celui du Nil, depuis le Caire jusques à Rosette- Cependant ce calcul, de deux cents pieds n'est qu'un résultat de conjectures et non le calcul ikijt d'après un baromètre^ mais une chose certaine j c'est que les rivières qui tirent leur

source de montagnes très^levées , sont poussées vers la mer avec plus de rapidité , dans les endroits même où. leur pente est le moins considérable^ que celles qui suivent également une pente adoucie tirent leur origine d'une source moins élevée; et cela, en ce que le choc que les unes reçoivent à leur sortie étant plus impétueux , il devra s'ensuivre naturellement une rapidité de courant constamment plus forte que dans les autres : ainsi la source de la Macquarie étant à deux mille six cents pieds au-dessus du niveau de la mer, il est clair qu'elle reçoit à cette extrême élévation une impulsiou/violente qui doit se faire sentir jusque dans les endroits les plus aplanis de son cours à son embouchure*

« Les trois rivières Alliffaêor ou risdères des Crocodiles y dont il vient d'être question, déchargent leurs eaux dans le^olfe de Yan-Diémen j à une si courte distance les unes des autres, qu'il est présumable que l'on découvrira que ces trois embouchures n'appartiennent qu'à une seule et même rivière. Le capitaine King remonta

le courant de deux d'entre elles ; Tune ayant à son entrée une barre de vase de douze pieds , mais qui au-delà laisse çix à huit brasse^ d'eau «au-dessus d'elle. L'autre ayyit, dans une direction de neuf milles en remontant , huit brasses de profon*deur y diminuait graduellement jusqu'à n'avoir plus que quinze pieds à maré^aute 9 à environ trente-six milles de son embouchure , dont là largeur était de cent cinquante verges; le fond et les bords étaient formés d'une vase molle mise à découvert, et le pays dans la direction de la souroe , ainsi que presque tout ce qui l'entoure , était si plat qu'on n'apercevait dans Téloignement aucune terre élevée.

9 Nulle autre partie de la côte n'offre comme celle-ci autant d'espoir de découvrir l'issue des rivières inténeures, et presque partout ailleurs les montagnes sont si rapprochées de la c6te , qu'il est impossible de présumer que lest rivières puissent se forcer un passage au travers , tandis qu'ici le. terrain est continuellement uni dans toute l'étendue que l'oeil peut émbras- VI. n

ser On a découvert que la ris^ière même du Régent y qui n'est pas à une distance très-éloignée de là , suit un cours presque parallèle 'à la côte, de même que la rivière d'Hawkesbury , par sa situation resserrée entra la mer et la chaîne de montagnes qui en. est si rapprochée î la profondeur de la Macquarie à Tendroit où M.Oxley en perdit la trace dans les marais , n'était que de cinq pieds seulement ; là , il avait perdu le coui*s réel de cette rivière , puisque immédiatement avant il avait en sondant trouvé trente pieds de pi^ofondeur ; à plus de cent milles en remontant son cours , on en trouve au moins dix et souvent trente , terme moyen, viligt; et elle est navigable beaucoup au-*delà de cent milles de distance. Si l'on acquiert la certitude que les marais de la Macquarie soient l'issue des rivières Alligator, et que l'on puisse établir une Communication entre elles et la Macquarie , ce sera un grand avantage d'obtenu pour la colonie, et un vaste champ de plus ouvert au commerce. Les récits faits souvent au sujet d'animaux semblables à

7.5 des crocodiles que l'on a vas dans la Maequarie, seraient une des raisons qui viendraient à Tappui de cette opinion y et qui prou versaient qu'elle a son embouchure dans la mer. »

Ce long passage , qu nous a paru digne d'être mis sous les yejix du lecteur, contient à peu près tout ce qu'on a pu recueillir de plus pQsitif Qur les rivières de la Nouvelle-Hollande, dont la partie orientala est^ seule un peu connue génqi^alement , c'està-dire jusqu'à la Un^te: des montagnes Bleues y qui, uous le. répétons, courent du nord au sud, et qui n'ont été franchies que très-récemînent , lorgque le manque de pâturages ou les sécheresses ont forcé les colons à chercher pour leurs troupeaux de iiouYclle* contrées ou ils pussent trouver leur aliment. Il s'est offert avec abondance au piqd du veraant occidental dans i%s vas • tes plaines deBathurst ou passe là rivière Macquarie , qui prend, de là une direction nord-ouest, en se grossissant de plusieurs afBuens, tels que la rivière Campbell et la rivière du Poisson ou Fish-Rivery par SS'»

3o' lat. S. et 149** 4o' long. E. du méridien de Greenwich , à 90 milles en ligne directe a Fouest-nord-ouest de Sydney ; tandis que le Lachlan, qui arrive du même point, se dirige au sud-ouest.

Le voyageur Oxley établit entre le Zachlan et le ou la Macquarie un parallèle dont il est nécessaire de rappeler quelques traits. Il paraît, que le Lachlan, quise grossit de quelques affluens du nord , teb que le LewiS'Creek et ,1e Bynès-X^reek , peu loin de sa naissance, n'en reçoit aucun du sud; après ces torrens , il office même le phénomène peu commun de n'en plus prendre aucun, soit à droite^ soit à gauche, sur une longueur de a5o milles , pendant lesquels on ne voit ni pierre ni caillou , jusqu'à sa perte di^ns un lac ou marais considérable. Quel contraste , s'écrie M. Oxley.

entre le Lachlan et le Macquarie! Celui-ci, augmenté par les estux de ses affluens , répand la fertilité dans les pays qu'il traverse; l'autre au contraire depuiis sa source jusqu'à son ^extrémité dissipe continuellement ses eaux dans des déserts bas et stér»-

lies , ne créant que des plaines et des maré^

cages inhabitables , et dans la longue durée de son cours sinueux n'est enrichi d'aucun affluent. Une autre observation du même voyageur tend à expliquer pourquoi il n'y a pas de rivière d'un cours continu à l'ouest des montagnes Bleues : il ne pleut jamais simultanément à l'ouest de ces montagnes et sur la cote^ i® parce que le Lachlan et le Macquane , é^nt les seuls canaux par lesquels les eaux quf tombent dans cette chaîne soient portées à l'ouest vers des terrains plus bas y sont toujours gonflés à 1 é* poque des grandes pluies sur la côte et dans ces montagnes j a* parce que l'hiver, c'està-dire l'espace de temps compris entre les mois de mars et d'août , est celui pendant lequel on peut s'attendre k voir tomber la plus grande quantité de pluie ; c'est en effet celui j[>endant lequel il en tombe davantage sur la côte : s'il était également pluvieux à l'ouest de la chaîne , les deux fleuves en éprouveraient l'effet; 3** parce que c'est en été , ou depuis septembre jusr qa'en février, période la plus sèche de rai>-

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Qée à la Nouvelle-Hollande , qu'il pleut à l'ouest des montagnes Bleues; mais la pluie tombant sur un pays uni et sablonneux , où il n'y a pas de courant d'eau y n'ajoute pas au volume du Lachlan et du Macquarie y qui alors sont par conséquent à peu près ou entièrement stagnans. C'est pour cola que les naturels' visitent les fleuves dans cette saison , ayant alors la facilité de se procurer les coquillages et les poissons d<Hit ils abondent.

Le mot saison qui vient d'être prononcé nous amène à parler du climat propre de la Nouvelle*Hollande. La température de l'air, très-ch)siude au mois de décembre , surtout à Test des montagnes Bleues , fait monter le thermomètre de Fahrenheit à 11^ degrés; on a vu les forêts et les arbres prendre feu ; le vent du nord-ouest brûler la terre et la réduire en poudre; souvent une pluie violente enfle subitement les rivières; quelquefois des gréions d'une dimension énorme ^ et qui ressemblent à de grosses pierres plutôt qu'à de la grêle, dévastent les cultures; mais en général le cli-

mat est trës-salubpe , particulièrement à Test des montagnes Bleues où s'étend la Nouvelle- Galles du sud. Les fièvres intermittentes , le typhus , la fièvre scarlatine , la petite vérole , la rougeole , la coqueluche y sont des maladies inconnues^ la dysenjterie y est commune, mais il est r^re que les gens sobres en nieui^ent , et même les gens d'une vie déréglée en guérissent facilement. Le vent du nord', en octobre et novembre , mois qui repondent à ceux d'avril et de mai des climats eiu'opéens , occasionent souvent des ophthalmies. La syphilis est ignorée ici , n^ais la gonorrhée très-çommune« Les vents sud-iest sont parfois àprm et p'erçans , et l'on est exposé au passage subit d'un vent glacial du nordpuest au vent brûlant du midi. Le tableau suivant présenté la hauteur moyenne du thermomètre dans l'ombre à l'heure d^ midi à Sydney , pendant la totalité de chaque mois 9 de mai i8ai à avril 182a, ainsi que le aombre des jours où il a plu.

Degrés du thermo «

MOIS. mètre de Fahren- ,

heit. plu.ieuw

Mai 61 »

Juin , 58 ^ 9

Juillet '54 8

Août 56 10

Septembre. . . k 6a 9 •

Octobre .......... 64 ;. 6

Norembre 6y 8

Décembre ^4 S;

Janvier 7a 7

, Février ; . 76 ï i4

Mars. 71 î , 9

Avril. ...... .K 6Sj la

Ce tableau indique une température presque uniforme pour toute l'année : on voit néanmoins qu'elle est plus élevée en novembre, décembre et janvier, qui sont les mois d'été de la Nouvelle-Hollande^ un peu moindre en février , maraet avrils qui sont les^ mois d'automne; plus basse en mai, juin et juillet, quisontjes mois d'hiver; et qu'elle se relève en août , septembre et octobre , qui sont les mois de printemps. Il est inutile de dire qu'ici les jours^

et les nuits sont plus longs qu'en Europe ^ et que quand nous avons midi à Paris , il est dix Heures du soir à Sydney , capitale de la Nouvelle-Galles du sud , où les constellations boréales sont invisibles.

Dans toute l'année il n'y a pas loo jours de pluie. La chaleur qu'on indique ici en un terme moyen estmoins accablante qu'en Angleterre à degrés égaux ; et même lors des vents secs et lorsque le thermomitre de Fahrenheit marque loo^ à Sydney, on y soufire moins que loraqu'en Angleterre il est à ao ou 3o« plus bas. Le général Brisbane a noté 3o pouces d^eau de pluie tombée dans l'espace de huitmpis à Paramatta; il en tombe 3o à 4o par année en Angleterre, mais plus régulièrement qu'à la Nouvelle- Galles méridionale^ où les vallées sont plus froides en hiver et plus chaudes en été que les collines médiocrement élevées , même quand le thermomètre n'indique , pour leur température relative, qu'une légère difKrence^ d'où il résulte que les chaleurs d'été brùlfent le gazon , et que les gelées d'hiver le saisissent dans ces vallées >

pendant que 9ur les coteaux Vherbe se con<r serve presque entièrement, et, durant Thiver , nourrit le bétail ainsi que lés kangarous. Les rosées dans la Nouvelle-Hollande sont très-abondantes vu la constante séré^ •nité du ciel; elles sont très-favprables aux guérets et à l'herbe dans les chaleurs esti* vales , où f durant le calme du soir y elle»

tombent comme une pluie fine.

Le territoire de la Nouvelle-Galles du, sud qui borde la mer est peu exposé à la gelée , assez aiguë la nuit et le matin dkns ^ l'intérieur des terres et près des montagnes Bleues. Les sécheresses sont ici d'ordinaire plus longues qu'en Europe y et les pluies, également abondantes 5 celles-ci ont ordinairement lieu à l'est desdites montagne»

pendant l'hiver , et à l'ouest pendant l'été. M. Oxley en a donné une explication satisfaisante en disant que les vents d'ouest qui régnent pendant l'hiver chassent les vapeurs de la mer, qui , étant attirées ensuite X>ar la base des montagnes Bleues, redescendent en forme de pluie sur la côte orientale , tandis qu'au contraire les vents

d'est qui lignent pendant l'été chassent ces vapeurs sur les montagnes Bleues d'où elles redescendent de même en pluie. La partie orientale des montagnes Bleues a un climat presque analogue à celui des provinces méridionales de l'Italie; la neige se montre en hiver sur les sommets^ sur les plaleaux, et sur les cimes les plus élevées, mais elle est presque un phénomène dans les lieux bas de la Nouvelle-Galles méridionale.

Ce que nous avons dit règne végétal de l'Australie eu général nous dispense de revenir sur celui de la Nouvelle - Hollande.

Ajoutons seulement qu'on y rencontre une espèce d'arbre incombustible , qualité qui parait provenir de l'énorme quantité de matière alun^neuse qu'il contient; si du charibon tombe sur un plancher fait de cette sorte de bois , au lieu de l'enflammer il s'é* teindra. LaNouvelle-Hollandepossèdeplus de cent espèces d'acacias dont elle tire une gomme arabique de la plus grande pureté; sur les deux versans des montagnes Bleues est une espèce d'eucalyptus qui produit une très-belle manne et en grande abondance;

elle se trouve en gros flocons sur la terre y ou attachée aux branches ou au tronc de l'arbre ; c'est un bon purgatif. La sécheresse du climat fait contracter ici plusieurs espèces d'arbres , comme ceux de charpente.

La Nouvelle-Galles du sud a surtout l'ortie , 1^ chanvre sauvage , l'avoine sauvage , le tabac sauvage > l'ivraie sauvage , l'indigo sauvage , la chicorée , le trèfle et la piniprenelle , toutes plantes qui viennent naturellement et ressemblent beaucoup à celles des autres pays. Néanmoins la pîmprenelle se confond presque avec la feuille du thé. Parmi les herbes naturelles on remar^ que le faux seigle , l'herbe des kangarous , le fourrage d'avoine et autres. £n général les pâturages sont peu touffus ^ parce que le sol est plus souvent sec qu'hum.ide; d'un autre côté ils sont fréquemment ravagés par de grosses chenilles qui laissent après elles une fiente dont la nature est venimeuse^ il n'y a que l'ivraie qui leur échappe , et qui heureusement est i*echerchée des troupeaux; ainsi que le chiendent. La framboise égale en parfum et en saveur celle d'Angle-

terre ^ la gi'oseille rouge est très -acide^ mais fait de bonnes confitures ; les cerises sont dépourvues de goût j les poires ne sont qu'une gousse renfermant la semence de l'arbre , et leur enveloppe extérieure est si dure que le cou^au le plus effilé a de la peine à y pénétrer. Les patates, qui forment la principale noumture des naturels , ont l'apparence aqueuse et le goût de Tyam.

Dans la Nouvelle-Galles du sud ou a acclimaté beaucoup de fruits d'Europe. Le raisin pousse avec abondance , mais est sujet à se gâter avant d'être mûr.

Dans le règne animal, il y a peu de chose à ajouter ici aux généralités sur l'Australie. La Nouvelle-Hollande est la patrie des kangarousy c'eàt du moins là qu'on en voit davantage 5 elle possède les autres animaux que nous avotis décrits. Elle a en outre une espèce à*aloiiette qui fait ouïr en s'élevant dans les airs quelques sons rappelant l'alouette de France ou d'Angleterre , mais qui, en retombant tout à coup, reste muette et se cadie dans l'herbe touffue , comme si elle avsuthonte de sa pauvre tentative; elle VI. »

a ^xfarbierou chanteur, qui est très-familier et très-beau ; le \\>he€'-whee dont le cri est aussi régulier que le balancier d'une pendule, et lejackass dit V horloge du colon, oiseaux qui tous, deux avertissent de l'approche du soleil; tandis que le soir le cour^ /iVaux accens plaintifs, et l'écureuil volant, au cri sinistre et perçant, préviennent de son coucher. Un sujet encore plus spécial regarde les habitans.

Les habitans de la Nouvelle-Hollande doivent être classés en deux séries : celle des indigènes et celle des colons ou exotiques. Les colons ou Européens n'occupent encore que les côtes orientales du cinquième continent, bientôt nous en traiterons au chapitre de la Nouvelle-Galles du sud; quant aux indigènes ^ ils sont si degradés, si misérables, qu'il est à peine permis de leur donner le nom d'hommes ; ils semblent n'appartenir à l'espèce humaine que par leurs formes extérieures; leurs facultés intellectuelles paraissent même audessous de celles de certains animaux. Les deux sexes vont nus et ignorent la pudeur ;

il« vivent de poisson ,' de gibier , de che-^ uilles, de fourmis, de yei*s, de larves, de racines de fougères, i.d'araignées, et de tout ce qu'on peut se figurei* dç plus dégodtant ; jamais on n'a pu parvenir à lei^r inculquer les moindres notions d'intelligence et de civilisation. Il y en a cependant qui sont d'assez bons mimes, en contrefaisant les individus qu'ils veulent rappeler à votre sogLyecir, comme on le voit chez les tribus voisines des cotes. Celles des montagnes sont plus sauvages, et pour ejles la vie d'un, homme n'est pas plus estimée que celle d'une chenille. Ils se bornent à reconnaître quelques chefs dont l'autorité ne s'étend que sur un petit nombre de familles. Ceux qui vivent dans les bois grimpent sur les arbres comme des orang-outangs. Tous ont une hache de pierre et une sagaie; ils se font de? cicatrices sur Ja poitrine , les bras et le denière , se passent un bâtonnet dans le cartilage du nez, se frottent la peau avec de l'huile de poisson ou de la graisse; on coupe aux femmes , comme nous l'a* vons dit^ les deux premières phalanges du

^petil doifii de la num gindie, et on arraclie aux adultes une dent à la partie •upérienre de la mâchonne. Us Tirent en plein air , comme nous l'aTons déjà remarqué dans les premières généradités, ou se bornent k élever de misérables buttes formées de Técorce d'un seul aibre , et oii ils couchent pèle ^ mêle. Les bommes ont plusieurs femmes qu'ils enlèvent en les meurtrissant de coups } étrangères à toute pudeur^ elles paraissent ignorer également les lois de la chasteté et de la fidélité conjugale. Une des superstitions de ces sauvages est de répandre du sang pour la mort de l'un d'eux ^ soit qu'elle arrive naturellement ou accidentellement; ils versent le sang d'une personne assassinée sur toutes les personnes de la famille du meurtrier, sans distinction de sexe ni d'âge; quand quelqu'un meurt naturellement ils se lancent des sagaies les uns aux autres. Us tuent les nouveau- nés lorsque les subsistances sont rares et qu'ils ont à craindre une famine. Ceux du voisinage de la Nouvelle- Galles du sud sont un peu moins barbares^

mais ils n'ont pas été plus accessibles que les auti'cs à des cfaangemens pour leur bieo-âtre; la vie sauvage est leur bonlieur suprême, et ils paraissent 7 altacliér encore plus de prix, après a,vt»r été^n moment les tëmoins de nos nu^es et de notre genre de vie.

Les différentes tribus indigènes de la Nouvel le-SoUande , qui se groupeut autour du rameau australien décrit daus les -généralités placées en tête de ce volume , «ont encore trop incomplètement connues pour qu'il nous soit possible de les esa-~ miner isolément. Cette impossibilité résulte surtout de, l'ignorance où nous sommes relativement aux contrées intérieures du cinquième conUneqt pn^rement ditf tâchous d'eu caractériser les cptes, qui seules ont été entièrement explorées. Indiquons rapidement celles dunord, de l'ouest et du sud , aâu de nous arrêter davantage sur celles de l'est- qui sont plus importantes.

La côte septentrionale, qui commence au cap York et finit à l'extrémité de la pres-^

qu'île Goburg, offre en ligne droite un pace de aoo lieues dont la moitié est occupée par l'entrée du golfe de Garpentarîe y qui a une ouverture de iio lieues et un enfoncement de 120 lieues. La terne dite de Carpeniarie^ it cause du navigateur Garpenter qui l'entrevit le premier , borne cçt enfoncement. Elle a à l'ouest la ferre laT^rnheim , qui a elle-même aussi à l'ouest la terre de Vcm^Qiemen , toute différente de l'ile du même nom, au sud de la Nouvelle- Hollande. Dans le golfe de Yan-Diémen , ■par II® lat. S. et lag'» long. E., se trouve Y île MeUeuilley où les Anglais ont depuis peu formé une colonie , qui dépendra probablement du gouvernement de la Nouvelle*Galles méridionale.

La côte occidentale s'étend du cap Yan-^ Biémen, par 1 1® 5' lat. S. et 127® 5o' long» E., au cap de Leuivin, par 34^ i4' lat. S. et I ra® 40' Jong., dans une longueur de 840^ lieues 9 partagée en cinq parties, savoir :

I** terre de Witty de la baie d'Anson au cap Nord-Ouest ou Ylaming , espace de 45o lieues; 2° terre de Dcunpiery enclavée

9« dans la tarre de Witt, entra i^* et ig° tat, S. ; 3° terre d'Endracht , depuU le cap Nord-Ouest jusqu'à la baie des Ghiens-Ma* ring.lespaoe d'environ i5o lieues; ^'teire d'Édel, depuis la baie des Chiens-Marins jusqu'à l'embouchure de la rivière des Cygnes ou Swan-BJver; 5° terre de Leuwin ou Leeuwin, de la rivière des Cygnes, par 36" 2o lat. S. , au cap de Nuyts situé au sud-ouest du cap de Len-ff in , espace de 90 lieues. Cette côte occidentale a deux inclinaisons ! l'une , depuis le cap Leuwin jusqu'au cap T4ord-Oueat, dans une longueur de 340 lieues , est presque directement au DOid; l'autre, depub le cap Word-Ouest jusqu'au cap Coburg , dans un espace de SoD lieues, est au nord-ouest. Entre les cap Leuwin et Nord-Ouest on voit le cap du Naturaliste, la baie du Géographe, la presqu'île Pérou , lé havre Freycinet , le havre Hamelin, les capsCuvier, Bossât; Lévéque, Voltaire, Bougainville et London-

La côte méridionale s'étend du cap Leuwin au cap Wilson, dans une l<Kigueur de

9^ 75o lieues^ sa direction générale est h Touest-nord-ouest^ elle forme un arc dont la courbure regarde le nord y elle est géné- ' ralement bordée de collines ou de montagnes qui circonscrivent l'horizon. Elle se partage en terre du roi Georges , à Test du cap de Nuy ts f terre de Nuyts, dans un espace de 3oo lieues, jusqu'au cap Bauer; terre de Flinders , qui iFut appelée terre Napoléon , du cap Bauer au golfe St-Viucent j terre de Freycinet et de Grant , du golfe St-Vincent au cap Wilson. Les golfes de St-Vincent et de Spencer forment deux larges œstuaires, où Ton n'a aperçu aucune embouchure de rivi&re*

Enfin hi cote orientale est proprement la Nouvelle-Galles méridionale , dont nous avons promis de traiter à part.

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