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matinée nous ne pümes sortir. Vers midi le temps se leva ; mais les chemins ouverts par les colons étaient tellement glissans et remplis d’eau, qu’on pouvait à peine y marcher. Nous arrivämes à une habitation dont le propriétaire n'était établi que depuis deux mois. Dans ce court espace de temps , il avait défriché et ensemencé sept acres de terre. Cet homme était venu avec les colons de 1825. Ne possédant pas un seul dollar , il se mit au service d’un émigrant établi à Péterborough, et au moyen des économies qu'il fit sur ses gages, il put cultiver avantageusement le lot qui lui avait été accordé par le gouvernement. En me promenant dans sa propriété, j'aperçus un chêne magnifique, et je témoignai le chagrin que:j'éprouvais en pensant qu'un aussi bel arbre füt destiné à l'usage du foyer. Je finis en priant le propriétaire de le laisser debout pour l'amour de moi. Il me le promit de la meilleure grâce du monde , et me demanda mon nom, afin qu'on le gravät sur l'arbre pour lui servir de sauve-garde. « Après moi, ajouta-t-il, mes enfans le « respecteront, »
Depuis je reçus une lettre de ce pays, lettre où se trouve le passage suivant :
« J'ai été visiter les bons habitans de Péterborough ; «ils ont conservé un agréable souvenir de la visite «que vous leur fiîtes avec madame Hall; l'émigrant «irlandais a menacé des châtimens les plus sévères « celui qui causerait le moindre dommage au chêne « du capitaine Hall, »
La lettre suivante est écrite par un fermier qui a
demeuré long-temps au milieu des nouveaux colons. Je ne veux pas l’abréger de peur de nuire à sa naï- L 1 veté ; je la donnerai telle qu’elle m'est parvenue , en
réponse à plusieurs questions que j'avais faites.
Otanabée, 16 avril 1828.
« De retour chez moi après une longue absence , je trouve mes affaires tellement arriérées , que je ne pourrai donner aux questions que m'adresse le capitaine Hall, toute l'attention qu’elles méritent. L + ‘ « Si un homme laborieux, ayant, je suppose, une femme et cinq enfans, arrive au Canada avec 10 livres st. dans sa poche ; s’il a l'habitude du travail , s’il est industrieux et qu'il puisse vivre avec une grande frugalité , il fera bien d'aller dans les terres 8 sauvages. Il arrivera probablement en temps utile pour L oc la moisson, et il pourra gagner suffisamment pour b acheter une vache, et même quelques provisions. Il q devra habiter ses propres terres le plus tôt possible ; £ et, comme les anciens colons ne se font jamais prier s pour former ce qu'on appelle une ruche, ou le ras- s semblement de plusieurs dans l'intérêt d'un seul, sa
maison sera bientôt bâtie. Il aura le temps de la ren- L « dre confortable , et d’élaguer les taillis qui l’entoure- | ront avant que l'hiver soit venu. Si la neige n’est pas trop abondante, il pourra défricher, c’est-à-dire abat- DE tre les arbres durant tout l'hiver ; mais si le temps D
l'empêche de se servir de sa hache, il faut qu’il aille Li manier le fléau chez ses voisins, qui lui donneront
x colons.
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du blé en échange de son travail ; il devra reprendre la hache aussitôt que la saison le lui permettra. En défrichant, il faut surtout sauver les pièces de bois qui peuvent servir à faire des barrières , et les laisser de la longueur nécessaire. Le colon n'aura pas beaucoup de peine à nourrir sa vache, ou même trois ou quatre autres têtes de bétail, les jeunes branches des arbres qu'il abattra au printemps, avec une bonne quantité de sel, lui suffiront pour cet objet.
« Si quelqu'un de sa famille peut l’aider , toutes ses terres seront défr.chées en hiver, et ensemencées de pommes-de-terre , de blé de Turquie et de navets. S'il n’a pas d'aide, il en pourra défricher deux acres, par échange de travaux avec un autre colon qui laidera à abattre le bois et à le transporter. Lorsque sa récolte sera rentrée et ses haies établies , il faudra qu’il se procure des provisions, afin d'acheter une couple de bœufs. Il pourra travailler davantage cetteannée, parce que sa famille prendra soin de couper le blé et de l’égrener. Si ses pommes-de-terre et ses autres récoltes sont faites à temps, il pourra semer du blé d'automne, sinon il fera mieux de semer au printemps.
« Je pense qu’une famille peut venir de la plupart des ports d'Angleterre, dans le haut Canada , pour environ dix livres st.; et, en supposant qu'elle possède dix autres livres st., les émigrans qui suivront le plan que je viens de tracer se trouveront au bout de quatre ou cinq ans dans une situation prospère, pourvu qu'ils soient travailleurs et sobres. Beaucoup de colons autour de moi, qui ne possédaient que la somme né-
cessaire pour payer leur passage, ont maintenant de bonnes terres, des moutons, des porcs et de la volaille.
« Je souhaite que ces renseignemens puissent être de quelque utilité au capitaine Hall, ou à mes compatriotes.
« J'ai l'honneur , etc. »
tenant de de la vo-
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