XIV INTRODUCTION
pensée stagnante de Jonathan. Il est fier de son indépendance et même de ses défauts. La vieille Europe esclave lui inspire un souverain dégoût. Plein de morgue , il hait l'aristocratie ; sa supériorité à lui, celle des dollars, est la seule qu'il estime. D'ailleurs, il ne conçoit qu'un genre de probité, celui qui paie ses billets à échéances ; une vertu, celle de faire fortune ; un délassement, celui de compter ses écus. Ennuyeux personnage, dont vous ferez un colon , un planteur, un homme de comptoir, jamais un héros, un poète, un homme hors de ligne. S'il bâtit des villes , elles sont rectilignes , aérées , jamais pittoresques. Sans goût pour les arts, sans nouveauté dans la pensée, sans autre énergie que celle d’une patience qui thésaurise , et d'une avidité qui ne se lasse jamais; il réunit en lui presque tous les traits désagréables et repoussans de l’humanité.
Un tel portrait ne peut ètre fidèle ; rendons justice à Basil-Hall : quoiqu'il appartienne à l'armée des tories, ce n’est pas sous de telles couleurs qu'il a présenté les Américains. Son récit est exempt d'amertume ; il met les défauts bien moins
en saillie ; il fait ressortir bien davantage les qua-
de son vieille légoût.
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