SUR
Quod vidi tester.
Beaucoup de livres publiés sur les landes prouvent que cette contrée a toujours attiré l'attention et l'intérêt, quoiqu'elle ait été trop souvent injustement condamnée.
Dans ces derniers temps, les études de MM.
Thore, St- Amans, Poyféré de Cère, Deschamps, Billaudel et la Raillette:
Plus récemment, les écrits de M. le baron
d'Haussez, du vicomte d'Yzarn de Freissinet , de
M. Hennequin, du comte de Bonneval et du vicomte de Métivier :
Enfin , les observations , notes, discours et rapports de MM. le duc de Montmorency, Bayvet, le comte de Divonne, le baron deCoulanges, Ch.
Choisnard, A. Guyardin, le comte Auguste de Puységur, le vicomte Goupy de Beauvolers, ainsi que les renseignements écrits dus à messieurs lç
comte de Blacas , Wissocq et Cazeaux , ont éclairé cette question des landes, qui se présentait vague et coufuse aux idées des agriculteurs et aux prévisions des spéculateurs.
Avant ces éléments de clarté et de précision, on renfermait dans le même cercle de stérilité les 3,ooq kilomètres carrés qui composent cette vaste étendue de terres sablonneuses , formant un triangle borné par l'Océan , la Gironde et l'Adour , tandis qu'on rencontre dans cette contrée de grandes parties de landes éminemment propres à la culture et susceptibles de donner de bons produits,
La preuve de cette vérité ne tarda pas à me frapper dans une partie du trajet même de Bordeaux à la Teste, lorsqu'après avoir traversé pendant plusieurs lieues un des pays les plus nus et les plus tristes, j'arrivai au pont de la Leyre et me trouvai sur une route bordée de riches cultures , de belles forêts, et bientôt au milieu de villages po puleux, dans un pays qui ne ressemblait en rien à celui que je venais de quitter.
En voyant ainsi une végétation luxuriante succéder au désert des Argentières, je cherchai à m'expliquer comment on avait pu si longtemps frapper de réprobation et accuser d'une stérilité générale un pays où j'apercevais de telles productions; je pensai alors que les antagonistes des landes en avaient observé l'ensemble trop rapidement, ou n'avaient parcouru que des localités incultes, ou bien s'étaient bornés à répéter, sur la foi de
ceux qui l'avaient dit avant eux , que toutes les landes étaient Infécondes et désertes. — On ne voulait pas se mettre en contradiction avec la chose jugée. On rendait, sans en calculer la portée, des impressions prisés au hasard, et parce qu'un auteur n'avait vu que des marais fangeux ou des sables brûlants , on s'écriait :
. Eq uepal„dosa S iccishu ra u Sar eta^ ;
» Quaeque sitim tulerant, stagnata paludibus hument. »
(Ovid., Métam.)
Enfin les landes , en masse , étaient, à la vérité, prises en compassion et en pitié, mais elles étaient encore condamnées et abandonnées.