‹ Voyage dans les petits cantons et dans les Alpes rhétiennes, trChapitre 34 sur 45 · ROUTE DE COIRE A LUCERNE , ETC · texte numérisé non relu

ROUTE DE COIRE A LUCERNE , ETC

traverser pour arriver à la route du S*-Gothard et regagner nos foyers.

Riche en propriétés communales, le bourg d'Embs, situé à peu de distance de Coire, est entouré de fort beaux fonds de terre. Cependant cet endroit ne paraît rien moins que florissant, et le meilleur terrain n'y vaut que six à huit batzen la toise carrée. A Tamins , à Trins , à Flins , les prairies , qui paraissent aussi fertiles que favorablement situées , sont de même d'une valeur numéraire au-dessous de ceUe à laquelle ces fonds sont portés dans la vallée du bas Rhin. Comme ces dernièreâ contrées sont trop peu fréquentées pour que le transit et l'entretien de chevaux y fasse hausser le prix du fourrage , et comme d'un autre côté les habitans , peu portés à s'éloigner de leurs foyers , ne sont pas dans le cas comme ailleurs de gagner dans l'étranger , et d'acquérir à leur retour des fonds de terre , il paraîtrait que le modique prix des produits, joint au défaut de concurrence , sont les principales causes qui y modifient la valeiû* numéraire des propriétés- territoriales. Les très-beaux pâturages de ces communes sont affectés aux propriétés , en sorte que tout propriétaire a droit de pâture non-seulement pour les bêtes qu'il hiverne , mais encore pour le bétail qu'il est à même de se procurer au printemps. Il est impossible qu'une

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pareille disposition permette d'exploiter aussi fructueusement ces pâturages que ceux des pro^ priëtaires bernois ou des communes qui en admodient.

La culture du maïs s'ëtend de là vallëe de

Domlesch jusque sur les hauteurs de Tamins,

qui sont exposées au midi. Comme Télévation

de ces lieux est de aooo à aSoo pieds au-dessus

du niveau de la mer, on peut en Conclure qu'une

pareille situation offre l'extrême limite ou ce

produit utile puisse encore parvenir à maturité.

Jusque entre Trins et Flims , la douce tempé'^

rature qui règne sur ces mêmes côtes , permet

aussi d'y cultiver le blé sarrasin , même après la

récolte du seigle d'automne , et à un degré d'é*

lévation qu'on peut estimer à 3ooo pieds. Ce

luxe de végétation offre une nouvelle preuve

combien les Alpes rhétiennes l'emportent sur les

bernoises , quant à la nature du climat.

A Tamins, nous fîmes une longue halte à côté de l'église et de la belle campagne de M. d'Albertini; delà nos regards embrassaient la perspective étendue qu'offrent les vallées des deux bras du Rhin et les montagnes lointaines qui bornent l'horizon. Derrière l'église est une large côte toutà-fait inculte, et ne produisant aucune espèce d'arbre ou d'herbe utile. Ce triste aspect nous fit songer au mauvais état de l'économie forestière

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dans nos Alpes , aux causes de cette négligence et à la possibilité d y remédier et même de mieux utiliser les forêts des hautes et des basses régions , en les faisant servir à augmenter les produits de réconomie rurale. Nous allons essayer de jeter quelque jour sur un sujet qui nous parait d^autant plus intéressant pour, la Suisse en particulier , qu'il est urgent d'y créer de nouvelles ressources à une population nombreuse et en partie pauvre et désœuvrée.

Souvent, en parcourant les Alpes , nous avons eu occasion d'y rencontrer des côtes d'une trèsgrande étendue qui , n'of&ant aucune trace de ciilture, sont peu utiles comme pâturages et moins encore sous le rapport des produits forestiers. «Pourquoi n'y plantez -vous pas des arbres?» demandions -nous aux montagnards»

c( C'est , nous répondait-on, que le fourrage est de première nécessité pour notre économie ; or , comme les arbres nuisent à la croissance de rherbe, nous les abattons même au Ueu d'en planter. » Et , dans la Suisse septentrionale , qui est moins montagneuse , le campagnard prétend que les produits forestiers lui sont moins profitables que ceux qu'il retire de ses champs ou de ses prairies. Il est certain que de pareilles objections n'admettent pas de réplique , surtout si l'on considère que le rapport des bois est réel-

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lement inférieur à celui qu*offre la culture des chan^ ou des prairies. Mais pourquoi le montagnard ne formeraîtril pas , sur les pentes inclûtes et inutiles , des plantations forestières qui lui procurassent des ressources alimentaires pour ses troupeaux ou de Fengrais pour ses prairies? On pourrait même disposer de pareilles plantations, de manière que les arbres très-clair-semës permissent au bétail de paître oommodémeni dans les intervalles ménagés. Quant à l'habitant de la Suisse septentrionale , nous pensons qu*il lui serait avantageux d'utiliser le terrain boisé de telle manière qu'il le fit servir alternativement , c'est-à-dire de période en période , à la culture de produits ruraux et forestiers.*

Avant de montrer les avantages que promettrait l'agriculture associée à la culture forestière, il est nécessaire de faire précéder ce que nous

* Cest à Testimable Cotta qu'appartient l'idée d'allier, par assolement, l'agriculture avec la culture forestière: il y a lieu d'espérer que cette méthode, partout où elle sera adoptée et convenablement suivie , offrira des résultats non moins avantageux que ceux qu'on doit a Tintroduction des pommes de terre. L'exposé qui suit, en tant qu'il se rapporte aux vues de Cotta, est tiré de son ouvrage. Voyez Die Baumfeldwirthschaft, von H. Cotta, Dresderiy 1819.

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avcms à en dire , de quelques principes gënéran que f expérience a ccmsacrës.

I* Un ferrain, qnoîqiie épuisé par la cnltare de plantes agricdes cm autres , conserve encore assez de fertilité pour produire des bois; tandis que, dans Fhypotbèse contraire, les premières pro^ièrent souvent singufièrement bien et sans engrais même dans un sol qu'auraient occupé des bcns de haute futaie ou des taillis.

a"" Quant à la reproduction des arl»res qui lui sont indigènes, le terrain forestier ne s'épuise guère, en eût -il même produit pendant des siècles; m^ de même que Taltemation est favoraUe aux céréales et aux plantes papilionacées , de même est-il bon d'alterner la culture forestière. Le chêne ou le hêtre, par exemple, prospèrent mieux dans le sol qui produisait des pins, et en général tout terrain forestier convient mieux aux arbres d'une autre espèce qu'à ceux qui Foccupaient pendant un long laps de temps.* Or donc , l'ensemencement naturel des ftH'êts fait perdre en grande partie les avantages qu'on pourrait obtenir si l'on s'appliquait à varier les espèces.

* Entendu cependant qae la natare et Texposition da 5ol convinssent également à tonte espèce de bois.

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y La foirte masse de /tumus , qui résulte de la putréfaction des feuilles , des racines , des branchages , et qui s*accumule dans les forêts pendant rintervalle de temps compris entre le principe de la croissance des arbres et l'époque de la coupe; ce humus n*est réellement profitaUe qu'aux jeunes plants, et tandis que la racine tire encore ses sucs nourriciers de la superficie du sol ; mais comme le rapport des jeunes bois est prçsque nul, il résulte que la terre végétale des terrains boisés reçte inutilisée pendant une génération au moins.

4'' Le sol qui a porté une forêt tellement épaisse que Therbe n'ait pu y végéter , ce sol enrichi d'une épaisse couche de terre végétale, en est devenu fertile au point que tout produit rural y prospère sans engrais; et lorsque cette fertilité se trouve épuisée , les arbres forestiers ne viennent pas moins bien dans le terrain labouré, pourvu qu'on les dispose à une distance convenable les uns des autres.

5** Plantés de cette manière, les arbres croissent infiniment plus vite que ceux qui, trèsrapprochés les uns des autres, ont pris naissance dans un terrain qu'on n'a pas remué; les premiers donnent aussi plus de semence ou de fruits, et tout autant ou même plus de bois.

6** Les arbres dont l'ombrage est peu épais ,

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ne nuisent guère à la croissance de l'herbe; ceux qui sont pourvus d'un feuillage propre à fertiliser le sol balancent en quelque sorte , par l'engrais qu'ils donnent, le préjudice qui pourrait résulter de l'ombre; il existe même, dans les pays montagneux, des contrées dont l'exposition est telle que la végétation forestière s'y montre plutôt favorable que contraire à la vëgëtaUon de l'herbe. H est certain que des plantations d'arbres, convenablement disposées, peuvent être salutaires aux plantes herbacées , là oà les pentes des monts ou les coteaux se composent d'an sol mugre et pierreux et sont exposées aux vents iroids ou aux ardeurs du midi. C'est ainsi par exemple que , sur les côtés des monts où l'ombre domine, les plantations de mélèzes bien espacées, sont te plus souvent efficaces à la croissance de l'herbe , tant par l'abri que par l'engrais végétal qu'elles procurent.

En conséquence des principes que nous venons d'exposer , l'exploitation des terrains boisés pourrait s'opérer de la manière suivante :

i" Dans l'hypothèse qu'un fonds de forêt occupât un plan horizontal ou peu in«Uné, et p conséquent susceptible A'èl à la pioche , etc. , que te elîm le sot d'une fertilité qui f pommes de terre ou des (

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hypothèse , il conviendrait d abattre peu à peu les arbres de coupe , d*extirper les troncs et les racines, et le terrain une fois préparé pourrait s'utiliser pendant dix ans au profit de léconomie rurale. Ce terme révolu, on planterait en alignement des arbres de bonne espèce et des plus utiles au propriétaiiie , de manière que les rangées fussent séparées par des intervalles plus ou moins grands, suivant que Teidgerait la situation des lieux ou le besoin de combustible , de fourrage ou de plantes alimentaires. On ménagerait en conséquence entre les rangées un espacement de quinze à trente pieds pour la culture des céréales ou d*autres produits ruraux , et on Tutiliserait jusqu'à ce que Tonibrage des arbres croissans ne permît plus ce mode d'exploitation.

a"" Si le climat d'une haute région ne convenait point à la culture de plantes alimentaires , mais que le terrain occupé par des forêts, quoique couvert de broussailles ou de mauvaises herbes, fût néanmoins fertile, commodément situé et propre à être converti en un fonds de prairie ; dans ce cas , on abattrait avec précau^ tion les anciennes forêts , pour leur substituer (toujours par rangées) des arbres alpestres de meilleure espèce, tels que cimbres, mélèzes, érables, etc. Quant au terrain disponible entre les rangées , on en ferait disparaître les brous-

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sailles et les mauvaises herbes, quon aurait soin de brûler sur les lieux, puis on y sèmerait des graminées ou des plantes alpestres. Cultivés de cette manière , de pareils fonds produiraient de nombreuses récoltes de foin avant que la végétation forestière, qui est toujours plus lente dans les régions froides , fût parvenue au point de paralyser la croissance de l'herbe. Du reste, supposé qu'un sol de la nature de celui que nous venons de décrire, ne fût pas susceptible d'être exploité fructueusement comme prairie à foin , il serait toujours possible d'en tirer parti pour la pâture, dès que les jeunes plants seraient assez formés pour n'être plus exposés aux atteintes du bétail.

3" Admettons , en dernière analyse , qu'une forêt située dans une région plus ou moins âpi^ ou tempérée, occupât des lieux si escarpés ou un sol tellement pierreux ou parsemé de pierres ou de rochers , que ce sol ne pût être utilisé d'aucune des manières que nous venons d'indiquer: on pourrait néanmoins tirer encore quelque parti de ce sol ingrat. H s'agirait pour lors , d'y planter des arbres de bonne espèce et d'un feuillage qui fût propre à nourrir le bétail ou à fournir de l'engrais.*

* Voyez Reiseûberden Bernardin, p. i^3.

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n est cependant des forêts qui, vu Futilîté qu'on en retire , ne doivent pas être comprises dans la catégorie de celles dont nous venons de parler : telles sont , par exemple , les forêts qui , par leur situation , forment un abri protecteur contre les avalanches ou autres accidens locaux , celles qui neutralisent f impétuosité ou l'âpreté des vents, enfin les forêts qui, destinées à fournir quantité de beau bois de construction , sont d'ordinaire épaisses et bien garnies. De pareils fonds forestiers doivent être utilisés d'après les meilleurs principes connus, et loin d'y former des plantations rurales , il est toujours prudent de les entretenir dans leur état primitif.

G>mme le mode de culture que nous prenons de recommander a déjà été introduit en partie dans quelques contrées forestières du canton de Berne, il nous reste à montrer les résultats qu'on en a obtenus.

Dans l'Emmenthal , par exemple , où les côtes des monts sont parsemées de bois , composés en grande partie de bouleaux , on est dans l'usage d'opérer la coupe radicale de ces bois au bout de vingt ou de trente années de croissance. Comme il existe, dans ce pays, à côté des grandes métairies, une foule de prolétaires; c'est à ceux-ci qu'on loue le terrain dépouillé. Ils le fertilisent en brûlant les menus branchages et le mort-

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bois qu'ils trouvent sur les lieux. Un pareil terrain , sans autre engrais que les cendres, donne d'abondantes récoltes de pommes de terre et de grains. Lorsqu'il se trouve épuisé, on l'abandonne à lui-même, et il donne naissance à un nouveau bois qu'on coupe derechef au bout de vingt ou de trente ans, etc. Les prolétaires. paient d'ordinaire en journées le fermage du terrain qu'ils utilisent. Ce mode d'exploitation qui, sous ce rapport, est déjà profitable aux propriétaires, leur allège en même temps le poids de l'impôt affecté à la mendicité; impôt qui serait sans doute encore plus onéreux dans l'Emmenthal , si les pauvres y étaient privés de la ressource que leur oflFre la culture du terrain forestier. Toutefois , il est de fait que ce terrain , promp tément épuisé pour la culture des pommes de terre et des céréales , pourrait être et mieux et plus long-temps utilisé. Au lieu d'abandonner à la nature le soin de reproduire la forêt, il conviendrait d'ensemencer très -épais le terrain de mélèzes ^ de bouleaux , d'aunes ou d'autres arbres d'un feuillage qui fût propre à engraisser le sol. Au bout de huit à dix ans, on arracherait en partie les jeunes plants de manière à ne conserver que les plus vigoureux et à ménager entre eux un espace de quinze à vingt pieds. Ce terrain , fertilisé par le feuillage des arbustes, serait

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susceptible d'être utilisé de nouveau , pendant plusieurs années, au profit de Téconomie rurale..

Parmi les forêts de cbéne qui existent dans le canton de Berne, celles des hauts-bailliages d*Aarberg et de Frauenbrunnen sont sans doute des plus anciennes; et comme les arbres , très-clairsemés, offrent entre eux d'assez grands intervalles de terrain, les habitans des communes circonvoisines en profitent de temps immémorial pour Y faire paître leurs bestiaux. De nos jours , M. le grand-forestier Gruber a fait faire des coupes dans ces forêts, et le terrain dépouillé a été cédé à de pauvres campagnards pour quatre à six années de jouissance, mais à charge d'j semer ensuite des glands ou de le garnir de plantards de chêne. C'est ainsi que des centaines d'arpens de terrain forestier, après avoir été utilisés d'une manière jusqu'alors inconnue au profit de rindustrie rurale et de l'indigence, se sont couverts de jeunes bois de la plus belle apparence.

Une disposition non moins efficace a eu lieu dans les forêts de la ville de Berne; ces forêts, administrées aussi par l'estimable fonctionnaire que nous venons de nommer, se distinguent par la plus florissante culture d'arbres indigènes et exotiques. Après avoir dépouillé le terrain des vieux pins qui l'occupaient, on a formé avec la

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mousse , les touifes d*herbe et le terreau superficiel, des couches larges et régulières; un étroit intervalle ménagé entre les couches a reçu la semence d'arbres forestiers , tandis que ces couches mêmes , cultivées par de pauvres gens , ont été plantées de pommes de terre , puis ensemencées de graines céréales pendant deux années consécutives. Ces cultures ont réussi singulièrement bien san,s secours d'engrais animal^ et, quant aux arbrisseaux abrités entre les pommes de terre et les céréales , ils ont acquis la plus belle .croissance .

De pareils exemples rïiojatrent que, dans la Suisse , le terrain forestier des hautes régions ou des pays parsemés de coteaux, pourrait aussi être mieux utilisé qu-il ne;ra été jusqu'à présent, et que l'introduction générale d'un mode de culture tel que celui que nous venons de recommander , serait peu difficultueuse. D est de fait que , partout oii il existe des bois de haute futaie dont le terrain est susceptible de culture rurale , la dixième partie de ce terrain pourrait être constamment utilisée à la culture de prpduits alimentaires, herbacés ou filamenteux. Eclaircissons cette proposition par un exemple.

Supposé que, dans la proximité d'une ville populeuse , il existât un .bois de haute futaie de la consistance de 5,ooo arpens , que le terrain

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fût arable, et que le bois même f ûit divisé eh cent portions, en sorte que la coupe circulaire de chacune eût lieu de cent en cent ans. Dans ce cas, on abattrait chaque annëe cinquante arpens de ce bois , et on pourrait en consacrer le ter|:ain à la culture rurale. Au bout de dix ans , on obtiendrait de cette manière la jouissance de cinq cents arpens. Dans la onzième année, les premiers cinquante arpens, puis les autres successivement,, retourneraient à la culture forestière : on aurait soin d'y former des plantations d'arbres les plus utiles pour la contrée , et de choisk* , à cet effet, les espèces qui, indépendamment du bois, donnassent pendant le long cours périodique de la croissance, ou du tan ou dés feuilles 'qu*on pût utiliser en guise de fourrage ou d'engrais. Au moyen d'une disposition semblable, l'elplbiiàtion rurale des 5,ooo arpens se succédei^iiit^eu à peu et sans diminuer le rapport ordinaire de la forêt. Dans un pays oh les besoins de la population excèdent la mesure des ressources écdnomiques qu'il {)assède , ou la taxe que nécessite^ mendicité va toujours en augmentant , où le terrain arable est cher , où la masse du peuple se compose en grande partie de prolétaires , où les restrictions commerciales des états voisins menacent la prospérité nationale , dans un tel pays , toute innovation tendant à augmenter le produit

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du sol, mérite toujours d'être prise en considération. Or , comme la Suisse se trouve dans une position à peu près semblable, qu'elle regorge de population , la Suisse ne doit plus continuer d'abandonner à la nature le terrain fertile de ses forêts; elle ne doit plus continuer d*utiliser ces forêts comme on le fait en Russie, où le Dfianque de bras apporte un obstacle invincible à la culture d'incommensurables déserts. Néanmoins , il est de fait que la culture des terrains forestiers, adaptée aux besoins nationaux, et conforme aux idées que nous venons de mettre au jour, ne pourra guère être introduite en Suisse, et surtout dans les hautes régions, qu'autant que la masse des préjugés aura été vaincue , que l'inertie intellectuelle aura été surmontée , et que l'habitant de la campagne aura mieux appris à connaître sa vocation.

A peu de distance de Flims , est une auberge solitaire dite la Waldau. Quoique l'extérieur en soit peu engageant , nous eûmes lieu d'être satisfaits de la propreté qui y règne , du bon traitement dont nous y jouîmes et de la modicité de notre dépense. Les villages de Fellris , de Lowin et d'Andest , qu'on rencontre en deçà d'Hanz , sont construits en bois suivant l'antique usage. Les habitans de ces villages sont exempts de la manie d'émigrer; ils trouvent non-seulement

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