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tés au camp, nous parvinmes, avec l'addition d’un bol de café, à faire un souper comfortable , après lequel je passai dans la cahute ou loge du capitaine, sorte de feu de conseil, et rendezvous de commérages pour les vétérans.
Tout en causant nous observâmes, comme nous l’avions observé les précédentes nuits, une clarté d’un rouge pâle à l'occident , au-dessus des sommets des rochers : cette clarté fut encore attribuée à des prairies brûlées par les Indiens, et l’on supposa qu’elle venait de l’ouest de l’Arkansas. S’il en était ainsi, le feu avait été allumé par quelque parti de Pawnies, car les Osages se risquent rarement dans ces cantons. Cependant Beatte, notre métis, affirmait que c’étaient les feux des Osages, et que ces feux étaient sur l’autre rive de l’Arkansas.
Alors la conversation tourna sur les Pawnies, sur les territoires desquels nous allions entrer. Il a toujours existé, pour les habitans de nos frontières , une tribu indigène guerrière et non apprivoisée , qui , pendant un certain temps, est la terreur des colons et le sujet de toutes sortes d'histoires effrayantes. Telle est actuellement la tribu des Pawnies, qui hante les régions situées entre l'Arkansas, la Rivière Rouge et les prairies
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du Texas. On les dit excellens écuyers, et presque toujours à cheval sur des coursiers véloces et pleins de courage, de la race sauvage des prairies. Ils parcourent ainsi ces vastes plaines, soit en chassant les daims et les buflles, soit en suivant des expéditions de guerre et de rapine; car, de même que les enfans d'Ismaël , auxquels ils ressemblent sous plus d’un rapport, ils font ia guerre à tous les peuples, et tous les peuples leur font la guerre: quelques uns n’ont point de demeures fixes, et vivent sous des tentes de peau faciles à transporter , en sorte qu’ils sont ici aujourd’hui, et ne savent où ils seront demain. Un vieux chasseur nous conta diverses particularités de leur manière de combattre. « Malheur , disait-il , à la bande de chasseurs ou de marchands qui serait aperçue dans les prairies, après une marche fatigante , par ces sauvages. Souvent ils emploient la ruse dans leurs attaques : ils se tiennent par une seule jambe sur leur selle , et cachent le reste de leur corps le long des flancs du cheval, et, de loin, ils ont l’apparence d’une troupe de chevaux sauvages sans cavaliers ; quand ils se sont ainsi suffisamment approchés de l’ennemi, ilsse remettent soudain en selle, et, plus rapides qu'un tourbillon de vent, avec leurs
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plumes flottantes, #gitant leurs manteaux et brandissant leurs armes, ils se précipitent en poussant de hideux hurlemens. Ils produisent ainsi une terreur panique parmi les chevaux, les-mettent en désordre, les poursuivent et les emmènent en triomphe. »
Le meilleur moyen de défense, suivant ce vétéran des bois, est de gagner quelque bosquet ou taillis ; et s’il n’en est aucun à portée, il faut descendre de cheval, attacher tous les chevaux assez ferme tête contre tête, pour qu'il leur soit impossible de se détacher ou de s’écarter, et gagner un ravin, on bien suivre un creux dans le sable où l’on soit à l'abri des flèches des Pawnies, leurs armes favorites. Ils sont excellens archers, tournent plusieurs fois autour de leur ennemi, et lancent leurs flèches en galopant. C’est sur la prairie qu ils sont par conséquent le plus redoutables, parce qu’ils peuvent courir sans obstacle, et qu’il n’y a point d’arbres pour détourner leurs traits. Il est rare qu’ils suivent leur ennemi dans les forêts.
Il nous conta ensuite quelques anecdotes sur la prudence et le secret avec lesquels ils rôdent autour d’un camp eunemi, en guettant le moment favoralile pour l’attaquer.
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