‹ Voyage dans les prairies à l'ouest des Etats-Unis [microforme]Chapitre 57 sur 76 · VOYAGE DANS LES PRAIRIES, CC · texte numérisé non relu

VOYAGE DANS LES PRAIRIES, CC

objets bruns qui se mouvaient au loin , et nous dit qu’ils appartenaient au troupeau attaqué la veille. Le capitaine se détermina à marcher vers un fond boisé à un mille de distance, et à s’établir là une couple de jours afin d’avoir une chasse aux buflles régulière et de renouveler les provisions. Tandis que les cavaliers défilaient le long du penchant de la colline, vers le campement désigné, Beatte nous proposa de nous mettre sous sa conduite mes compagnons de table et moi, en nons promettant de nous mener sur un excellent terrain de chasse. Nous laissâmes donc la ligne de marche pour gagner la prairie ; en traversant une petite vallée et un léger reuflement du sol. Arrivés au sommet de ce pli, nous vimes une troupe d: chevaux sauvages à un mille de nous ; à l’instant Beatte oublia les buffles , et, monté sur son vigoureux cheval demi-sauvage , le lariat pendu à sa selle , il se mit à leur poursuite, pendant que nous restions sur la hauteur à contempler ses manœuvres avec un vifintérêt. Profitant de l'avantage offert par une ligne de bois, il s’y glissa doucement , et parvint tout près des chevaux avant d'en être aperçu ; mais dès ie moment où il se présenta à leur vue, ils décampèrent avec la rapidité du vent. Nous

le suivions des yeux se dessinant sur l’horizon éloigné, semblable à un corsaire chassant un bâtiment marchand ; enfin il passa sur la crête d'une éminence, de là dans une vallée peu profonde, puis sur une colline opposée, en touchant presque l’un des chevaux. Bientôt il se trouva tête contre tête avec lui, et paraissait tâcher de l'enlacer; mais alors tous deux disparurent à l'ombre de la colline, et nous ne les vimes plus. Il nous conta ensuite qu'il avait en effet jeté le nœud sur un cheval superbe et très vigoureux, mais il ne put le retenir, et perdit son lariat dans

ses efforts.

Tandis que nous attendions son retour, nous vimes deux buffles. Ils descendaient une pente

conduisant à un ruisseau qui coulait au fond d’un ravin bordé d’arbres. Le jeune comte et moi nous tentâmes de les approcher sous le couvert des arbres. Quand ils nous découvrirent, nous étions encore à trois ou quatre cents toises d'eux, et se retournant aussitôt, ils firent retraite sur le terrain élevé. Nous poussämes nos chevaux à travers le ravin, et leur donnâmes la chasse. L’immense poids de la tête et des épaules rend les montées difficilés au buffle, mais accélère sa marche dans les descentes. En ce moment,

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nous avions donc l'avantage, el nous eûmes bientôt gagné les fugitifs, bien qu'il ne fût pas aisé d'obliger nos chevaux à s’en approcher, : leur odeur seule leur inspirant de la terreur. Le comte avait un fusil à deux coups chargé à balles ; il fit feu, et manqua. Alors les taureaux-buffles changèrent de direction, et galopèrent en descendant la colline avec rapidité. Comme ils prirent des chemins différens , chacun de nous s’attacha à l’un de ces animaux, et nous nous séparâmes. J'étais pourvu d'une paire de pistolets que j'avais empruntés à fort Gibson , et qui avaient évidemment vu plus d’une campagne: Les pistolets sont une arme très convenable pour: la chasse aux bufiles , parce que le chasseur peut arriver très près de l'animal , et tirer en couant ; tandis que les longues carabines , en usage sur la frontière , ne peuvent être aisément maniées ni déchargées avec justesse à cheval. Mon objet était donc de m'approcher du buflle à la portée du pistolet. Ce n'était pas chose facile. J'étais bien monté, sur un cheval sûr et vite, plein d’ardeur pour la chasse, et qui atteignait sans peine le gibier ; mais aussitôt qu'il se trouvait en ligne parallèle, il reculait en remuant les

oreilles avec tous les symptômes de l'aversion et

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