‹ Voyage dans les prairies à l'ouest des Etats-Unis [microforme]Chapitre 58 sur 76 · VOYAGE DANS LES PRAIRILS · texte numérisé non relu

VOYAGE DANS LES PRAIRILS

de la frayeur, sentimens du reste parfaitement naturels. Parmi tous les animaux, le bufle, quand il est pressé par le chasseur, a très certainement l'aspect le plus diabolique. Ses deux cornes noires et courtes se recourbant des deux côtés d’un large front hérissé, ses yeux semblables à des charbons ardens, sa bouche béante, sa langue d’un. rouge vif tirée en demi-croissant , sa queue redressée dont le bout pauaché flotte dans les airs, tout cela produit une image parfaite de rage mélée de terreur.

Avec infiniment de peine, je forçai cependant mou cheval à s’approchet à la distance convenable, et je tirai; mais, à mon grand chagrin , les deux pistolets ratérent. Les platines de ces vétérans étaient tellement usées que, pendant le galop, l'amorce était tombée du bassinet. Quand le second pistolet manqua, j'étais tout près du buflle, qui, dans son désespoir, se retourna , et avec un ronflement sourd se lança sur moi. Mon cheval tourna sur lui-même comme sur un pivot, prit un élan convulsif, et comme je me penchais de côté, le pistolet tendu, je faillis être jeté par terre, aux pieds du buffle.

Trois ou quatre bonds de mon cheval nous mirent hors des atteintes de l'ennemi, et celui-ci,

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