‹ Voyage dans les prairies à l'Ouest des États-UnisChapitre 19 sur 56 · VOYAGK DANS LES PRAIRIES · texte numérisé non relu

VOYAGK DANS LES PRAIRIES

été d'un perchoir voisin; le chant fut répété d'une cahute à l'autre y et bientôt il fut accompagné par le caquet des poules , les cancans des canards y les glougloux des dindons et les grognemens des truies. Enfin on eût dit que nous étions transportés au milieu de la cour d'une ferme , dont la population se trouvait en plein concert.

Après une mai*che assez courte y nous arrivâmes y dans cette matinée ^ à un sentier des Indiens extrêmement battu , et, en le suivant, nous atteignîmes le sommet d'une colline d'où l'on apercevait une vaste étendue de pays, mêlée de chaînes de rochers et des lignes onduleuses de beaux plateaux enrichis de bosquets et de bou« quets d'arbres variés par leurs teintes et par leur feuillage. Dans le lointain y à l'ouest y nous découvrîmes, à notre grande satisfaction, laRivièrè Rouge , qui roulait ses eaux troubles vers FArkansas , et nous trouvâmes que nous étions audessus de la jonction de ces deux courans. En cet endroit , les arbi'es étaient couverts de vignes énormes , qui formaient une sorte de cordage, et liaient les troncset les branches les uns aux autres. Il y avait en outre une sous-végétation de buis-* sons et de ronces , et une telle abondance de

houblons prêts à couper que nos cbeTauit avaient beaucoup de peine à se frayer un chemin. En plusieurs places y le sol était empreint dé traces de daims y et les griffes des ours avaient laissé des marques sur l'écorce de quelques arbres. Chacun avait l'œil et l'oreille au guet y dans l'espoir de voir lever du gibier. Tout à coup un mouvement y des clameurs y attirèrent notre attention sur une partie reculée de la ligne. « Un ours ! un ours I » était le cri. Nous courûmes tous y afin d'être présens à l'intéressante chasse ; mais y à mon inexprimable et très ridicule chagrin , je trouvai nos deux rares personnages y Tony et Beatte , commettant un meurtre inutile et honteux sur un misérable chafoin y ou putois. L'animal s'était caché sous le tronc d'un arbre tombé , et de la il faisait une vigoureuse défense à sa manière, si bien que les bois d'alentour étaient parfumés de sa subtile odeur. .

Les moqueries y les ccnnplimens goguenards , pleuvaient sur le chasseur indien. On lui conseillait de scalper la fouine et de porter son scalp comme un glorieux trophée. Cependant, quand on vit Tony et le métis déterminés à em-

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