‹ Voyage dans les prairies à l'Ouest des États-UnisChapitre 35 sur 56 · CHAPITRE XXUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXUI

Digue de castors. — Traces de buliles et de chevaux. — Seutier des Pawnies. — Chevaux sauvages. — L'oUrs et le jeune chasseur.

A la revue générale y le lendemain matin 25 op« tobre y le vieux . Ryan et ses compagnons manqualHht encore; mais le capitaine avait une si parfaite confiance dans les ressources et l'habileté du vétéran qu'il ne jugea pas nécessaire de prendi^e aucune mesure par rapport à lui.

Pendant cette journée , nous marchâmes à travers la même sorte de contrée, inégale et rude, parsemée de tristes forêts d'yeuses, et coupée de ravins profonds. Les feux lointains des prairies s'accroissaient évidemment. Depuis plusieurs jours le vent soufflait du nord-ouest, et l'atmo-p sphè]::e était devenue tellement enfumée qu'on avait peine à distinguer les objets à quelque distance.

Dans le coiu*ant de la matinée, nousjÉÉfsàmes

un ruisseau profond, sur lequel une xigue de

>jgtea] x^uc

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castors bien complète y de tix)is pieds de haut y foiixiait un large étang y et contenait sans doute plusieurs familles de cet industrieux animal y bien que psft un ne montrât son nez au-dessus de l'eau. Le capitaine ne \oulut pas permettre que l'on troublât le repos de cette république amphibie.

Maintenant', à chaque instant, nous apercevions des traces de buffles et de chevaux sauvages. Les premières se dirigeaient constamment au sud , comme le montrait le sens dans lequel tes herbes étaient foulées. Il était évident que nous étions sur le chemin' des grands troupeaux émigrans, mais qu'ils avaient pour la plupart tourné vers le sud.

'Beatte, qui marchait oixlinairement à plusieurs toises de la ligne , afin d'être à portée de voir le gibier, et qui observait chaque trace avec les yeux exercés d'un Indien , rapporta qu'il avait vu des empreintes suspectes. C'étaient des traces d'hommes chaussés de mocassins , tels que les portent les Pawnies. Il avait senti la fumée du t')bac mêlé de sumach , en usage parmi les Indiens. Il avait vu des traces de chevaux mêlées à celles d'un chien , et une marque dans la poussière qui devait être celle de la longue bride que

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les Indiens laissent traîner derrière eux. U était évident que ces vestiges n'avaient pas été laissés par des chevaux sauvages.

Mon inquiétude sur le sort de ilbtre vétérair se réveilla • J'avais pris en grande amitié ce Bas d& cuir véritable; mais a l'expression de mes craintes à son égard on répondait toujours en ^disant que Ryan était en sûreté partout:, et savait se tirer d'affaire.

Nous avions accompli la plus grande partie de la marche fatigante du jour, et nous traversions une clairière , quand nous aperçûmes six chevaux sauvages, parmi. lesquels j'en distinguai deux superbes, un gi'is et un roan. Us marchaient fièrement la tête haute , et leurs longues queues flottantes offraient un contraste parfait avec nos pauvres coursiers harassés. Après nous avoir examinés un mioment, ils prirent le galop^ passèrent sous un petit bois , et nous les vîmes reparaître ensuite , montant au trot une pente douce à un mille de distance.

La vue de ces chevaux fut encore une rude épreuve pour le glorieux Tony, qui avait déjà la fourche et le lariat en main, et se disposait ;i s'élancer à leur poursuite quand il reçut Tordre de retourner h ses bétcs de somme.

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Après uue journée de quatoi^e milles dans la direction du sud-ouest, nous campâmes près d'un petitruisseau limpide, entre les limites nord dçs bois et les confins des vastes prairies qui s'étendent jusqu'au pied des montagnes de ix>chers. En laissant les chevaux libres d'aller chercher pâture , on prit soin de remplir de foin leurs sonnettes, pour empêcher que leur tintement ne fàt entendu de quelque hoixle de Pawnies errans. v

Nos chasseurs sortirent en différentes directions sans beaucoup de succès; car un seul daim fut apporté au camp. Mais un jeune chasseur avait une grande aventure à conter. En longeant le fouri'é d'un ravin profond, il avait blessé un daim mâle, et l'entendit tomber dans les buis4 sons. Il s'arrêta pour raccommoder quelque chose à son fusil et le. recharger; puis il s'avançait vers le taillis pour y chercher son gibier, lorsqu'il entendit un grognement sourd. Il écarta les branches, et, se glissant tout doucement à. travers le fourré, il jeta les yeux auifoud du ravin., et vit un ours énorme traînant la carcasse du daim le long du lit d'un ruisseau tari, et grognant contre quatre ou cinq loups officieux qui paraissaient disposés a partager son souper.

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Le chasseur tira sur l'ouïe, et le manqua. L'animal garda son poste et sa proie ^ et se montrait prêt à livrer bataille. De plus ^ les loups y fines bétes à ce quil semblait^ s'éloignèrent ^ mais seulement à une petite distance. La nuit approchait^ et le jeune homme se sentit un peu efl^yé

de. rester au milieu des ténèbres en ce lieu dé-

sert^ surtout en si singulière compagnie. U se i*etira donc à petit bruit, revint au camp les mains vides , et conta son histoire, qui lui valut maints quolibets de la part de ses camarades plus expérimentés.

Dans le cours de la soirée, le vieux Ryan et son disciple rentrèrent épuisés de fatigue, et forent, comme de coutume, cordialement accueillis au camp. Le vétéran s'était égaré la veille en chassant, et avait campé la nuit en rase campagne ; mais le matin il avait retrouvé nos traces , et les avait suivies. Il avait passé quelque temps près de la digue des castors, admirant l'adresse et Tintelligence déployées dans cette construction, ce Ces castors, disait-il, sont de petites créatures bien ingénieuses ; c'est la ver-^ mine k plus avisée que je connaisse; et je ga-^ . rantis qu'il y en avait une foule dans t'étang. — Oui , disait le capitaine , je ne doute pas

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t]ue la plupart des petites rivières que nous, avons passées ne fussent remplies de castors* J'aimerais à venir les trapper dans ces eaux pen* iiani un hiver entier.

— Mais TOUS risqueriez d'être attaqué par les Indiens , dit quelqu'un de la compagnie.

-*- Oh 9 quant à cela y on serait bien tranquille ici pendant l'hiver. Pas un Indien ne s'y montre avant le printemps , et il ne me faudrait que deux compagnon». Trois personnes sont plus en sûreté qu'un plus grand nombre pour trapper les castors. U faut que les, trappeurs fassent le moins de bruit possible;. et comme un ours tué peut nourrir trois hommes pendant deux mois y en prenant soin de mettre à profit toutes ses parties y ils sont rarement obligés de tirer. >^

On tint conseil sur notre direction future.

Nous avions marché jusqu'alors à l'ouest , et^ les forêts transversales étant passées ^ nous nous trouvions sur les confins de la grande prairie occidentale. Cependant nous. étions encore dans une contrée aride y où les.pâtiu*ages étaient rares. La saison était avancée^ les herbes trop sèches pour être broutées ; les pois grimpans des fonds boisés, qui avaient servi de nourriture à nos bêtes pendant une partie du voyage, étaient maintenant

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fanés, et , depuis plusieui^s jours, les pauvres animaux avaient tristement baissé sous le double rapport de Tembonpoint et du courage. Les feux des Indiens dans les prairies se rapprochaient au midi y au nord et à l'ouest ; ils pouvaient aussi se propager à Test, et laisser entre nous et la {rontière un désert bi^lé , dans lequel nos chevaux seraient morts de faim.

Il fut donc résolu que l'on n'irait pas plu& loin à l'ouest y et que l'on marcherait un peu plus à l'est afin de gagner^ aussitôt que possible , la branche nord de la Canadienne , où nous espé-* rions trouver une abondance de cannes qui^ dans cette saison , fournissent la meilleure pâture |K)ur les chevaux, et attirent en même temps une immense quantité de gibier. Ici se borna donc notre tournée à l'ouest : nous étions seulement a un ou deux jours de marche de la fipontière du Texas.

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